Disclaimer : Shaman King est la propriété de Hiroyuki Takei.


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XLIX

Orages

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Contrairement à son habitude, c'était Lyserg qui avait lancé l'invitation, ce soir-là. Wat en trépignait d'impatience. Il n'arrivait plus vraiment à se concentrer sur quoi que ce soit en dehors de son petit ami. Il le contemplait en cours, sans rien écouter. Il le contemplait à la barre, oubliant ses propres pas. Il le contemplait lorsqu'il s'élançait au milieu, lorsqu'il jouait en cours de musique ou devant Kadow. Il le contemplait aussi lorsqu'ils allaient en cours de maintien, chez Matamune, ou quand ils composaient en art floral, chez Talim. Et il le contemplait lors des séances de shamanisme, ignorant le regard pesant de Jackson sur ses épaules.

Le professeur de shamanisme ne l'approchait plus. Wat avait cessé de le craindre. Son esprit était libre pour rêver de Lyserg à sa guise.

Il négligeait ses études, il négligeait sa variation. Il vivait pour le retrouver dans les toilettes, sous les escaliers, dans sa chambre. Et il se foutait pas mal des regards haineux de Daitaro – qui était, sans doute en raison de l'approche des sélections, plus virulent que jamais –, tout comme des œillades narquoises de Chocolove qui semblaient dire « j'ai connu ça moi aussi ».

Ce soir-là, sans même prendre le temps d'inventer un prétexte, Wat se drapa dans son châle et quitta la chambre. Ses colocataires savaient, de toute façon. Et il s'en foutait pas mal.

Arrivé à la porte de Lyserg, il faillit même oublier toute prudence et lui sauter au cou dans l'embrasure, sans avoir refermé le battant. Mais son ami, prudent, le retint et l'attira à l'intérieur.

Je te veux, pensait-il en l'embrassant. Tellement, tellement…

Mais il se contenait furieusement, respectueux de ses souhaits. À mesure que le temps passait, pourtant, il comprenait de moins en moins. Comment pouvait-il supporter, prendre plaisir, même, à des caresses aussi poussées sans jamais vouloir les mener à leur terme ? Comment pouvait-il goûter une situation aussi frustrante ? La plupart du temps, ils finissaient par se regarder bêtement, rouges et échevelés, la peau agacée d'avoir été touchée sous toutes les coutures, le souffle court, incapables de franchir le mur érigé par Lyserg. Et, le désir n'étant jamais assouvi, ils en étaient réduits à se calmer quelques minutes, avant de recommencer. C'était un cercle vicieux. Et ça devenait franchement pénible. D'autant plus que le temps leur était compté. D'ici peu de temps, la sélection arriverait. Ils seraient peut-être séparés. Peut-être définitivement. Wat ne savait pas ce qui pourrait être pire : perdre Lyserg après avoir couché avec lui ou le perdre avec le regret éternel de ne pas l'avoir fait. Non, en fait, le deuxième choix lui semblait le plus atroce. Insupportable. Surtout pour l'imaginer en d'autres mains que les siennes.

– Tout va bien ? interrogea Lyserg. À quoi tu penses ?

– Rien de très important, mentit Wat.

– Tout ce à quoi tu penses est important pour moi.

– Je pensais à la visite de Hao, en fait.

Lyserg perdit le sourire.

– Tu ne devrais pas penser à ça, dit-il enfin.

– Pourquoi pas ? Ça approche, non ?

Il le sonda du regard, troublé par sa réaction.

– Qu'est-ce que tu feras ? Si tu es choisi, je veux dire.

– Eh bien, articula lentement Lyserg, j'imagine que je n'aurai pas le choix.

– Et c'est tout ce que ça te fait ?

Lyserg ne répondit pas. Ses yeux papillonnèrent, indécis.

– Tu sais… ça ne sera peut-être pas moi.

Pour toute réponse, Wat leva les yeux au ciel. Une vague de colère le submergea.

– Comment peux-tu être aussi insouciant ? gronda-t-il.

– Je ne le suis pas, protesta Lyserg.

– Si tu l'es. Tu fais comme si ça n'existait pas. Tu ne te rends pas compte que tu es le favori en lice ? Que tu vas peut-être partir ? Qu'on ne se verra plus ? Tu comprends ça ou tu es complètement bouché ?

Lyserg recula et éleva les mains.

– Je t'en prie…

– Non, pas de ça. On va en parler maintenant. Tu peux me refuser tout ce que tu veux mais pas ça. Ce n'est pas juste toi. C'est de nous deux qu'il s'agit. Et de ce qu'on va devenir.

Le regard de son petit ami s'emplit de détresse et plongea vers le sol.

– Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

– Je ne sais pas, mais trouve ! À moins que tu n'aies envie d'être pris ? C'est ça ?

Lyserg secoua la tête.

– Bien sûr que non, cracha-t-il. Je n'en ai aucune envie ! Je ne veux pas y aller ! Plutôt crever. Je veux rester ici, avec toi. Je t'aime.

Wat crut avoir mal entendu. La crispation de ses épaules retomba soudain. Tout comme sa colère.

– Tu…

Sa voix s'étrangla dans sa gorge. Wat reprit son souffle. Il mourait d'envie de lui faire répéter sa phrase. L'entendre encore, et encore.

– Moi aussi, murmura-t-il. Je t'aime.

Lyserg ferma les yeux et sourit. Wat voulait l'embrasser mais ne bougea pas. Il ne comprenait pas pourquoi ils avaient mis tant de temps à se le dire. C'était pourtant évident. Que de mal ils s'étaient fait pour rien !

Cependant, s'il exultait intérieurement, sa tête continuait à travailler.

– Dans ce cas, souffla-t-il, on n'a qu'à se planter. Tous les deux. Comme ça, on ne sera pas choisis.

Lyserg eut un rire amer.

– On pourrait.

– Alors faisons-le.

– Ce n'est pas si simple.

– Bien sûr que si.

– Je t'assure que non. Tu sais que plusieurs membres de ma famille ont déjà fait partie des élus ?

– Oui, je sais. Vous êtes l'une des familles dans lesquelles Hao pioche la plus allègrement. Avec les Asakura et les Paches.

– Exact. Eh bien sache qu'il y a quelques années, un de mes cousins était pensionnaire ici. Il était doué, très doué, en absolument tout. Mais le jour des sélections, exprès ou pas, il s'est planté. Il s'est mal réceptionné après une pirouette et il s'est étalé au sol comme une crêpe. Il a été choisi quand même. C'est pour ça qu'on parle encore de lui dans ma famille.

Une poigne glacée se referma sur le cœur de Wat.

– C'est des conneries, réagit-il. Des trucs qu'on t'a raconté pour te dissuader de…

– Oh non, et ce n'est pas le seul. L'année dernière, il y avait d'autres candidats que Yôken Asakura qui auraient pu remplacer Namari ou Mohammed. Tu te souviens qu'il s'est trompé de mesure dans son morceau ? C'est quand même lui qui a été pris.

– Oui c'est vrai mais…

Wat s'interrompit. C'était vrai. En dehors des deux suscités, Zen et Ryo avaient bien plus leurs chances que Yôken.

– Certaines années, on ne comprend tout simplement pas ce qui se passe, poursuivit Lyserg. En fait, ce n'est pas juste le niveau qui compte. Si Hao a jeté d'emblée son dévolu sur tel ou tel élève… ou alors, ça peut être la politique. S'il peut être avantageux d'avoir avec soi tel ou tel rejeton d'un clan ou d'employer un moyen de pression contre sa famille. Tu vois…

Après une courte pause, il conclut :

– Sans compter que, si tu te plantes exprès, ça se voit. Il y a un type qui l'a fait, l'année juste avant qu'on arrive. Il s'est fait griller. Ils l'ont viré de l'école.

Wat ouvrit de grands yeux.

– Comment tu peux savoir ça ?

– Parce que son frère a été mon premier copain.

Wat avait le cœur au bord des lèvres. Il alla s'asseoir sur le lit, défait.

– Qu'est-ce qu'on fait ? souffla-t-il. On attend bêtement que Hao te cueille comme une fleur ?

Lyserg vint s'asseoir à côté de lui en enfouit sa tête dans ses mains. Au début, Wat crut qu'il sanglotait mais, comme il allait pour le consoler, il s'aperçut qu'il riait.

Un petit rire saccadé, sarcastique.

– Qu'est-ce qui te fait rire ?

– Il y avait un moyen et je l'ai laissé passer. Bêtement.

– Comment ça ?

– Daitaro.

– Qu'est-ce qu'il vient foutre là, celui-là ?

– Il m'a coincé après la répétition. Il voulait que je me débrouille pour rater mon passage. Ou que je me blesse.

– Pardon ?

– Il t'a menacé aussi. Il a dit qu'il savait des choses sur toi…

– N'importe quoi.

– Il n'est pas stupide. Je suis sûr qu'il a déjà fouillé dans tes affaires. Il peut te causer du tort comme ça lui chante.

– Jamais il n'aura les tripes. Je le connais. Il est lâche.

– La délation est une arme de lâche.

Wat se tut un moment.

– Et c'est à ça que tu songeais ? Tomber malade la veille des sélections ? Mais comment tu ferais ça ?

Lyserg rit encore amèrement.

– Je pourrais me blesser, sinon, hasarda-t-il. Tomber dans l'escalier.

Les entrailles de Wat se nouèrent.

– Tu es dingue.

– Pourquoi pas ?

– Et si tu te blesses pour de bon ? Qu'est-ce que ça arrangera, si tu finis estropié ? Tu partiras quand même. Et puis ça pourrait être encore plus grave. Tu pourrais te briser la nuque. Te tuer.

Wat entendit sa propre voix chanceler. Il lui saisit les mains avec ferveur.

– C'est une mauvaise idée. On trouvera autre chose. Un autre moyen.

– Il y en a un, renchérit Lyserg. Et je suis surpris que tu n'y aies pas encore pensé.

Wat déglutit et avoua :

– Bien sûr que j'y ai pensé.

Il ajouta :

– Mais tu ne veux pas, alors…

Un gloussement nerveux échappa à son camarade.

– Qu'est-ce qui te fait rire ?

– Daitaro aussi y avait pensé.

Wat ouvrit la bouche pour répondre et mit quelques secondes à comprendre ce que son ami venait de dire. D'abord il crut s'être mépris. Puis il vit la ligne dure que formait la bouche de Lyserg. Son regard glacé. Ses épaules resserrées. Et ses jointures blanchies.

– C'est pas possible, souffla-t-il.

Il posa une main sur le dos de Lyserg et rassembla toute sa maîtrise de lui-même pour demander :

– Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

– Il m'a menacé. C'est tout. Il m'a flanqué par terre et j'ai bien cru y passer mais ce n'était que des paroles en l'air. À un moment, il est devenu bizarre. Il a eu une sorte de crise… Je crois qu'il s'est servi des esprits pour me retenir mais ça s'est retourné contre lui, visiblement. Alors j'ai pu partir.

Wat le dévisagea, stupéfait. Ses tempes bourdonnaient. Il avait du mal à croire que tout cela était réel. Aussi insupportable et prétentieux que soit Daitaro, jamais il ne l'aurait cru capable de telles choses. Non, il était en train de faire un cauchemar, voilà tout.

Puis, il réalisa. La rage remplaça peu à peu la stupeur. Une bouffée de haine lui monta jusqu'à la gorge.

– Je vais le tuer.

Lyserg tenta de le retenir mais Wat s'était levé sans l'écouter.

– Je vais le faire. Je l'étoufferai dans son sommeil, je l'étranglerai avec une ceinture, peu importe comment mais je vais le tuer.

– Rassieds-toi, s'il te plaît.

Wat se retourna et croisa le regard brillant de Lyserg.

– Tu sais très bien que tu n'es pas capable de tuer quelqu'un. Pas pour de bon. Et si tu t'en prends à lui…

Lyserg serra les dents.

– Je ne veux pas qu'il te fasse du mal.

Wat resta un moment interdit et se rendit compte qu'il respirait très fort. Il tourna le dos à Lyserg et se mit à faire les cent pas. La lucidité lui revenait peu à peu. Si seulement on pouvait régler son compte à son colocataire.

– Il mériterait que je lui explose la face contre un mur, siffla-t-il entre ses dents.

– C'est toi qui serais puni, soupira Lyserg. Laisse tomber, écoute. Je n'aurais pas dû te raconter ça. Après tout, il ne s'est rien passé…

Wat fit volte-face et se précipita sur lui.

– Ne dis pas ça, chuchota-t-il. Ce n'est pas rien. Ça s'appelle une tentative de viol. Et c'est impardonnable.

Lyserg eut un sourire triste.

– C'est drôle que tu dises ça… du viol, y en a partout dans les livres que tu lis.

– C'est pas pareil, protesta Wat. C'est du fantasme. Ça n'a rien à voir avec la réalité.

– Ah bon ?

Wat secoua la tête. Les larmes lui venaient. Spontanément, il enlaça Lyserg et enfouit sa tête contre sa poitrine.

– Il ne te t'approchera jamais plus, jura-t-il avec ferveur. J'y veillerai.

– C'est gentil, fit Lyserg d'une voix étouffée. Mais surtout, ne lui laisse pas l'occasion de te nuire.

Ses bras vinrent entourer Wat et serrer de toutes leurs forces.

– J'ai honte, l'entendit-il murmurer.

– Honte de quoi ? se récria Wat, le nez enfoui dans ses cheveux. Ce n'est pas à toi d'avoir honte. C'est lui, qui...

– Ce n'est pas ça.

– Quoi alors ?

– J'aurais dû saisir l'occasion.

– Ne dis pas n'importe quoi, s'alarma Wat.

Il n'osait pas le dire mais l'idée de Lyserg avec Daitaro… Non, c'était insupportable. Quelle horreur.

– Ou j'aurais pu simplement lui donner ce qu'il voulait. Promettre que j'allais me louper et puis voilà. Je ne sais même pas pourquoi je ne l'ai pas fait. Je crois que j'étais furieux à cause de toi. J'aurais dû céder, mentir, pour qu'il me foute la paix. Je ne pensais pas que ça irait jusque-là. Je ne pensais pas…

Wat le laissa achever et murmura :

– Ça ne sert pas à grand-chose de se dire ça.

Lyserg ne répondit pas. Ils restèrent de longues minutes enlacés. Le silence reposait sur eux, ponctué par le tic-tac apaisant de l'horloge. Wat osait à peine respirer de crainte de rompre le calme enfin revenu. Il avait l'impression qu'il pourrait rester ainsi pendant des années. Le corps de Lyserg était chaud contre le sien et son souffle lent caressait son ventre. Wat se demanda s'il ne s'était endormi contre sa poitrine.

Un soudain fourmillement lui apprit qu'il n'en était rien. Il se demanda d'abord ce qui se passait, puis compris qu'il s'agissait des doigts de Lyserg. L'effleurant. Puis courant sur lui, aériens comme des pattes d'araignée.

Wat se redressa, interloqué, comme s'il venait de s'éveiller d'un long sommeil.

– Qu'est-ce que tu fais ? murmura-t-il.

Sa voix était éraillée, comme s'il ne l'avait pas utilisée depuis longtemps. Wat avala un peu de salive.

La bouche de Lyserg s'était mise elle aussi à courir le long de son ventre. Les doigts de Wat se crispèrent sur ses épaules. Un rire étranglé lui échappa.

– Tu es sûr de toi ?

– Certain, souffla Lyserg.

Porté par ses baisers, Wat poussa un long soupir et se tendit comme un arc. Il sentit ses doigts défaire les cordons de son pyjama et le dévêtir, tandis que Lyserg poursuivait son exploration. Il se mordit les lèvres et enfouit ses doigts dans ses cheveux.

Non, non, non, pensa-t-il soudain, ça va trop vite.

Il repoussa gentiment Lyserg tout en s'écartant. Le regard de son petit ami lui apparut, rempli d'incompréhension. Wat le rassura d'un baiser et le poussa doucement en arrière. Puis se glissa à ses côtés.

C'était une étrange chose que de déshabiller ce corps, qu'il connaissait si bien. Il avait vu ces membres, ces attaches, ces muscles, ciselés par la trame fine des vêtements de danse. Il l'avait vu se dévêtir un nombre incalculable de fois dans les vestiaires, que ce soit volontaire ou non. Pourtant, il avait l'impression de le redécouvrir. Lyserg le fouillait sous toutes les coutures, lui aussi. Ils rirent silencieusement en comparant mutuellement leurs charmes et se récrièrent, protestant chacun que c'était l'autre le plus beau. La question ne se posait même pas, selon Wat. Mais Lyserg n'était jamais à bout d'arguments. Pour y couper court, Wat se jeta à nouveau sur lui et prit la direction des opérations. Lyserg se laissa faire et bientôt, se tordit entre ses bras, la tête renversée, le poignet entre les dents pour ne pas crier.

Pour le moment, c'était facile. Wat aurait pu se contenter de ça, de leurs corps enclos, moites de sueur et des doigts agiles de Lyserg lui prodiguant ses caresses. Mais ça ne laissait pas de trace. Rien de tout ceci ne le protégerait efficacement de la royale sélection.

Lyserg finit par se retourner contre lui et s'appuya contre ses hanches, en lui jetant un regard lourd de sens par-dessus son épaule. Wat vit un frisson courir le long de son échine menue et ne sut en identifier la cause.

– Je n'ai rien de ce qu'il faudrait pour ça, chuchota-t-il à son oreille.

– Je m'en fiche.

– Pas moi. Je vais te faire mal.

Lyserg lui jeta un regard excédé par-dessus son épaule.

– C'est toi qui me repousses, maintenant ?

Wat enfouit son nez dans son cou et capitula.

Hélas.

Il fallut bien se rendre à l'évidence : ça n'allait pas. Wat finit par cesser ses efforts.

– Je n'ai pas mal.

– Tu mens.

– Wat...

– Je ne peux pas.

Lyserg se retourna et le sonda. Wat enfouit son visage dans l'oreiller, incapable de le regarder en face.

– Je n'ai jamais fait ça, lâcha-t-il. Peut-être que c'est pour ça.

Il se sentait déshonoré.

Les gestes et les paroles rassurantes de Lyserg ne le consolèrent pas. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Jamais il n'avait eu de relation aussi catastrophique. Non seulement il était mauvais mais il ne pourrait pas protéger le garçon qu'il aimait. Ça ne changerait rien. Lyserg serait choisi et lui resterait là, à moisir entre les quatre murs qu'il partageait avec Chocolove et cette pourriture de Daitaro, avec pour seule consolation le souvenir de ces avortons d'ébats grotesques.

– Je suis désolé, chuchota Lyserg à son oreille.

– Ce n'est pas de ta faute, grommela Wat.

– Ce n'est pas la tienne non plus.

Wat lui rendit son étreinte, toujours bouleversé.

– N'en parlons plus, décida Lyserg.

– Je voulais t'aider, tu sais, je…

– Je sais…

Lyserg embrassa son oreille.

– Nous aurons d'autres occasions.

Wat serra les dents. Ce n'était qu'un vœu pieux. Un de plus.

Il resta éveillé toute la nuit, entre les bras de Lyserg, sans qu'une once de sommeil n'entre dans son œil.

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