Ma toute première fanfiction

Harry Potter appartient à J. K. Rowling

Harry Potter le nécromancien

1 - La maison du nécromancien

La seule chose que Harry pouvait sentir était l'odeur du thuya. Un peu plus tôt Dudley et Piers avaient décidé de jouer à leur jeu favori, la « chasse au Harry ». Ce dernier avait alors dévalé la rue à toutes jambes, puis arrivé au bout de la route, avait tourné brusquement sur la droite. A ce moment-là, à bout de souffle, il avait vu une cachette. Il avait parcouru les quelques mètres qui le séparait de la haie et s'était glissé entre cette dernière et le mur.

A présent, haletant, Harry tendit l'oreille. Les voix de Dudley et de Piers se rapprochèrent… puis elles s'éloignèrent. Harry attendit, une branche lui appuyait douloureusement sur les côtes mais il n'osa la déplacer de peur d'attirer l'attention sur lui. Il attendit encore puis, le rythme de sa respiration redevenu normal, la seule chose qu'il pouvait entendre était le bruit des véhicules sur la voie rapide. Il réfléchit – Dudley avait été particulièrement tenace ce jour-là et Harry avait dû fuir bien loin de Privet Drive – il pouvait rentrer, soit en revenant sur ses pas puis Oxford Street et ensuite Long Hill Road, soit en continuant sur la route où il se trouvait actuellement, puis en tournant sur Oak Lane qui longeait la voie rapide il pourrait reprendre Park Road et enfin arriver à Privet Drive. La deuxième option était clairement la plus rapide et avec un peu de chance, son gros benêt de cousin n'y aurait pas pensé.

Harry quitta sa cachette et observa avec attention la rue. Un couple âgé promenait leur chien un peu plus loin sur le trottoir opposé. Autrement, la rue était vide. Harry pris la direction de Oak Lane d'un pas rapide. Dudley et Piers n'était toujours pas en vue. Plus que deux cent mètres avant de déboucher sur Park Road. A cet instant, un vélo se présenta au loin, c'était Piers. Harry se figea. Un second vélo fit son apparition, c'était Dudley. Harry fit volte face et commença à courir. Il s'arrêta et tourna brusquement pour descendre la rampe menant au souterrain qui passait sous la voie rapide. Il se glissa entre les barrières et pénétra dans le tunnel, courut en direction de la sortie et se glissa de nouveau entre les barrières. Il vint ensuite se plaquer contre le mur, invisible de l'intérieur du tunnel. Il tendit l'oreille. Il y eu un bruit métallique du vélo qui heurta la barrière et la voix de Piers :

– Harry ! Où est-ce que tu coures comme ça ? On veut juste jouer avec toi !

Piers ricana puis Dudley maugréa quelque chose comme « le vélo passa pas », mais Harry ne l'entendait plus, il avait déjà repris sa course. Il n'était plus à Little Whinging. De ce côté c'était Lower Woodside et il ne connaissait pas aussi bien les rues ici. Il ralentit et regarda autour de lui, il devait prendre la direction du square, le traverser et ensuite… Ensuite aller où ? Il accéléra de nouveau puis tourna à gauche. Une autre option se présenta à lui : il pouvait se trouver une nouvelle cachette, attendre que Piers et Dudley rentrent, et attendre plus longtemps cette fois-ci, et ensuite rentrer chez lui par le tunnel. Oui, c'était la meilleure solution, les muscles de ses jambes commençaient à le faire souffrir.

Harry pouvait de nouveau entendre les vélos et les cris de Dudley. Il tourna dans ce qui semblait être une allée puis il se figea. C'était une impasse. Au fond se tenait un portail de fer rouillé. Les mauvaises herbes qui avaient poussé dans tous les interstices disponibles indiquaient qu'il n'avait pas été ouvert depuis des années. Harry s'approcha et jeta un coup d'œil dans un espaces entre deux plaques de fer. Le jardin était en friche et la maison semblait abandonnée. Dudley et Piers ne devaient plus être bien loin, Harry devait prendre une décision. La maison pouvait ne pas être abandonnée et il allait encore servir de punching ball à Dudley. Harry avait fait son choix.

Les barres de fer et les ornementations qui constituaient le portail offraient des prises faciles malgré la plaque de métal qui bouchait la vue sur le jardin. Harry se hissa en quelques instant.

– Eh ! Qu'est-ce que tu fais ? cria Dudley de l'entrée de l'impasse. T'as pas le droit !

Harry ne l'écouta pas et passa sa tête au dessus du portail. La face intérieure entièrement lisse n'offrait aucune prise, et c'était beaucoup trop haut pour sauter. Harry saisit les pierres du mur qui encadrait le portail et se hissa sur le faîte. Un arbre se tenait à quelques mètres, une branche épaisse passant aux pieds de Harry. Ce dernier y sauta et en une enjambée il vint brutalement enlacer le tronc de l'arbre. De l'autre côté du mur le bruit des vélos jetés au sol se fit entendre.

– Harry ! appela Piers en donnant un coup de pied dans le portail.

– On rentre ? lui demanda Dudley. J'ai reçu un nouveau jeu sur l'ordinateur, on pourrait y jouer.

– Ouais, c'est quoi ? répondit Piers.

Harry n'en crut pas ses oreilles lorsqu'il entendit les garçons reprendre leurs vélos et repartir. Sa surprise fut telle qu'il n'avait même pas saisi toute leur conversation. C'était comme si en un instant ils avaient totalement oublié l'existence de Harry. Ce dernier n'allait pas s'en plaindre. Il reprit son souffle et se laissa tomber sur la branche inférieure. Il répéta encore l'opération et sauta au sol. Harry ne put s'empêcher de sourire en se disant que sa tante Pétunia aurait détesté avoir un jardin comme celui-ci. Les herbes folles lui arrivaient jusqu'aux épaules et se mêlaient aux ronces et aux orties. Le jardin n'était pas bien grand et les hauts murs de pierre qui l'entouraient semblaient démesurés. Au centre se tenait une petite maison de pierre eux fenêtres ternies et aux tuiles couvertes de mousse. Au rez-de-chaussée, on pouvait voir une porte et une fenêtre de chaque côté, le premier étage, sous les toits, ne comportait qu'une fenêtre.

Harry prit une profonde inspiration et remarqua que l'air semblait différent ici, ce n'était pas le soulagement d'avoir échappé à Dudley, ni une odeur. C'était autre chose, de plus profond, qu'il aurait été incapable d'expliquer. Il marcha en direction d'une des fenêtres du rez-de-chaussée et vint y coller son nez. Il s'agissait d'un salon avec un sofa, deux fauteuils, une cheminée sur le mur de gauche et une bibliothèque. Harry tourna la tête vers la droite et aperçut le bas d'un escalier. Il s'éloigna de la fenêtre et entreprit de faire le tour de la maison. Une extension composée d'un pièce unique était collée à l'arrière de la bâtisse. Harry vint de nouveau coller son nez à la fenêtre. Ce qu'il vit dans cette pièce l'intrigua énormément. Il n'arrivait pas à savoir si cette pièce était un bureau, un atelier ou un laboratoire : sur la gauche un bureau était collé contre le mur, au centre se tenait une grande paillasse couverte de chaudrons, de livres et d'instruments de verre ou de métal que Harry ne savait identifier, et sur la droite il pouvait voir une bibliothèque et une grande armoire.

Harry resta un long moment à contempler la pièce devant lui avant de se résoudre à reprendre son exploration. Au moment où il tourna à l'angle de l'extension, il s'arrêta. Il y avait une porte en partie couverte de lierre et Harry ne put s'empêcher de vouloir essayer de l'ouvrir. Le garçon arracha avec difficulté le lierre et saisit la poignée, il y eu un déclic, et Harry poussa avec force. Les gonds grincèrent et Harry parvint à entrebâiller suffisamment la porte pour pouvoir se glisser à l'intérieur. Il s'arrêta un instant, l'oreille aux aguets. Mais seul le silence l'entourait. Après avoir manipulé tous les objets étranges posés sur la paillasse, faisant fuir les araignées qui y avaient élu domicile, Harry s'approcha d'un épais livre. Ce dernier était couvert d'une épaisse couche de poussière et Harry utilisa la manche trop longue de son sweat pour le dépoussiérer. Le titre était gravé dans l'épaisse couverture de cuir noir et on pouvait lire Les secrets de la magie la plus noire. Le cœur de Harry fit un bond dans sa poitrine, il y avait le mot interdit dans le titre du livre. Les Dursley lui avaient interdit de parler de tout ce qui pouvait sortir de l'ordinaire et Harry avait découvert qu'il ne devait jamais, au grand jamais, prononcer le mot « magie ». Mais ce mot était là, en toutes lettres dans le titre d'un livre. Harry ne put s'en empêcher, il ouvrit l'ouvrage et commença à lire.


Harry se faisait porter par ses jambes, son esprit toujours rempli de ce qu'il avait lu dans le livre. Les auteurs expliquaient comment appeler l'âme des morts, arracher celle des vivants de leur corps, comment relever les morts et les diriger comme des marionnettes, et Harry n'avait lu que les premiers chapitres. Il devait retourner dans la maison. Avant de partir il avait jeté un rapide coup d'œil aux tranches des livres dans la bibliothèque et il n'avait pu s'empêcher de sourire lorsqu'il avait pu y lire plusieurs fois le mot interdit. Son sourire disparu, il ne pouvait en parler à personne et les Dursley ne devaient surtout pas connaître l'existence de cette maison. Non, cette maison serait son secret, l'endroit où le mot « magie » n'était pas interdit.

Harry sortit de sa rêverie quand il déboucha sur Privet Drive. Le garçon prit une profonde inspiration pour se donner le courage d'affronter la colère de son oncle et de sa tante. Il était déjà tard et si Dudley avait répété qu'il avait vu Harry rentrer dans un jardin en escaladant un portail, il allait recevoir une bonne correction. Il rentra au numéro quatre et commença à retirer ses chaussures dans le hall quand la voix de sa tante se fit entendre.

– Alors c'est à cette heure-ci que tu rentres, s'exclama-t-elle. Où est-ce que tu as encore été traîner ? Viens préparer le dîner, et en vitesse, sinon tu iras au lit sans manger.

Ce soir-là, étendu sur son matelas dans le placard sous l'escalier, Harry eut du mal à trouver le sommeil. Il pensait à tous les trésors dont la maison pourrait regorger, à toutes les pièces qu'il pourrait explorer et à tous les livres qu'il pourrait lire. Finalement cette journée ne fut pas si mauvaise.


Harry dut attendre une semaine avant de pouvoir retourner dans la maison. Il avait bien essayé d'y aller l'après-midi après l'école mais si ce n'était pas Dudley qui l'en empêchait, c'était sa tante qui lui avait fait désherber le jardin. A présent, samedi après-midi, Dudley était à l'anniversaire d'un camarade de classe et Harry avait fini les corvées données par sa tante. Celui-ci quitta la maison en silence et prit la direction de Lower Woodside. Il prit le temps de lire le panneau à l'entrée de l'impasse qui indiquait Milton End. Cette fois-ci il essaya de rentrer dans la maison en passant par la porte d'entrée mais celle-ci était obstruée par un immense massif de ronces et Harry, les mains écorchées, dut se résoudre à entrer par la porte de derrière. Il traversa le laboratoire et entreprit d'explorer le reste de la maison. La cuisine était bien loin de la modernité de celle de tante Pétunia. Une cheminée s'élevait sur la gauche, l'âtre comportait encore des charbons au-dessus desquels une marmite vide était posée sur une grille de fer noirci. Sur le même mur se trouvait un évier de pierre au-dessus duquel étaient suspendus poêles, casseroles, et autres ustensiles de cuisine. Les seuls autres meubles présents dans la pièce étaient un vaisselier, un garde-manger et une table entourée de quatre chaises. Harry traversa la pièce avant d'entrer dans le séjour. Son regard fut attiré par le grand tableau accroché au manteau de la cheminée représentant une femme endormie dans un fauteuil, puis se posa sur la bibliothèque. Le garçon se détourna et se dirigea vers l'escalier. La première marche grinça et il se figea et quand il fut sûr d'être seul, il gravit le restant des marches. Le premier étage comprenait une chambre à coucher munie d'un lit, d'une armoire et d'une commode, et d'une salle de bain avec baignoire. Harry occupa le reste de l'après-midi à ouvrir les tiroirs, fouiller les placards et feuilleter les livres. Enfin il se décida à rentrer avant que son absence ne se fasse remarquer.

Le lendemain, Harry était de retour, il se dirigea d'un pas décidé vers la bibliothèque du séjour et saisit Magie théorique et principes fondateurs qu'il avait repéré la veille. Il se laissa tomber dans le fauteuil, répandant un nuage de poussière autour de lui, ouvrit le livre et commença à lire. Après plusieurs minutes, Harry avait presque fini le premier chapitre, quand tout à coup.

– Tu es revenu.

Harry se leva d'un bond du fauteuil faisant tomber le livre sur le sol et tourna la tête en direction de la voix. Mais il n'y avait personne dans la pièce, enfin pas exactement. La femme du tableau ne dormait plus, elle s'était redressée dans son fauteuil et observait Harry d'un regard attentif. Le garçon s'était figé, son cœur battant à tout rompre, il voulait fuir mais ses jambes ne lui obéissaient plus. Non, les personnes représentées dans les tableaux ne pouvaient pas bouger, et encore moins parler, c'était impossible. Et pourtant. Il observa alors la toile : la femme portait une longue robe noire bordée de turquoise et brodée de fils argentés, sa longue tresse de cheveux châtain clair reposait sur son épaule, et ses yeux bleus étaient intelligents et calculateurs. Harry constata bien qu'elle bougeait, ses paupières clignaient régulièrement et ses doigts pianotaient sur l'accoudoir du fauteuil sur un rythme impatient. Il essaya de dire quelque chose mais les mots n'arrivaient pas à se former. Il fit mine de commencer à parler et ce, plusieurs fois, ce qui lui donnait l'air d'un poisson hors de l'eau.

– Eh bien, jeune homme, l'interpela le tableau, l'éloquence n'est pas ton fort.

Harry sursauta, fit un bond en arrière et heurta le guéridon ce qui le sortit de sa stupeur.

– Mais vous… vous pouvez parler…et … et bouger ? bégaya Harry en massant sa hanche endolorie.

– Bien sûr, voyons, je suis un portrait, répondit-elle comme si c'était une évidence.

– Oh… fit Harry en hochant la tête à plusieurs reprises. Vous êtes un portrait magique alors.

– Evidemment, répliqua-t-elle en balayant Harry du regard de la tête au pied. Dis-moi, quel est cet accoutrement ? Est-ce ainsi que s'habillent les sorciers à présent ?

Harry baissa les yeux et regarda ses vêtements trop grands et élimés.

– Oh, ça, ce sont les anciens vêtements de Dudley. C'est mon cousin, expliqua-t-il. Je ne sais pas comment s'habillent les sorciers aujourd'hui.

Le portrait répondit d'un haussement de sourcils surpris.

– Je suis désolé, s'empressa d'ajouter Harry embarrassé.

– Tu n'as pas à être gêné, rétorqua-t-elle. Tes parents ne sont-ils pas des sorciers ?

– Mes parents, des sorciers ? Je ne sais pas, ils sont morts quand j'étais bébé.

– Je suis désolée de l'apprendre.

– Merci. Mais je ne pense pas qu'il étaient des sorciers. Ils sont morts dans un accident de voiture parce que mon père avait trop bu.

– A oui, je me souviens de cette invention moldue.

– Invention quoi ?

– Moldue, répéta le portrait. Nous appelons Moldus les personnes qui n'ont pas de magie.

– Oh… Mais quand vous dîtes « nous », vous voulez dire les sorciers ?

Le portrait hocha la tête.

– Mais vous êtes une sorcière alors ?

– Evidemment, mais le « nous » t'englobe aussi, jeune homme.

– Quoi ? Vous pensez que je suis un sorcier ? Non ce n'est pas possible, s'exclama-t-il.

– Bien sûr que tu es un sorcier, tu n'aurais pas pu trouver la maison si tu n'en étais pas un.

– Je ne comprends pas…

– Mon frère a posé de puissants enchantements sur cette propriété pour s'assurer que les Moldus ne s'en approchent pas, expliqua-t-elle.

– C'est la maison de votre frère ? Je devrais peut-être partir avant qu'il rentre, dit Harry en se tournant vers la porte.

– Malheureusement je crois que Charles ne rentrera jamais, dit la femme d'un air triste.

– Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

– Je craignais qu'il n'ait été capturé par nos ennemis, mais personne n'a trouvé la maison depuis toutes ces années ou décennies. Je ne sais pas vraiment combien de temps s'est écoulé depuis son départ, je ne suis qu'un portrait, répondit-elle. Il doit être mort à présent.

– Il reviendra peut-être, rétorqua-t-il avec espoir. Est-ce que vous vous souvenez quand il est parti ?

– C'était au début du printemps 1901.

– 1901…répéta Harry incrédule. Votre frère est parti il y a 89 ans. Nous sommes en mai 1990.

L'expression du portrait était toujours attristée et elle resta un moment à contempler le vide. Harry sentit que c'était le moment de changer le sujet de la conversation.

– Mais je ne connais pas votre nom, dit-il. Je m'appelle Harry.

– Enchantée Harry, répondit le portrait. Je suis Enid Akenham, Maître alchimiste et nécromancienne.

Harry avait rencontré les termes alchimiste et nécromancien dans les livres qu'il avait lu. Ces domaines de la magie étaient pointus et Harry en conclut que la sorcière devait connaître beaucoup de choses sur la magie. Il pouvait donc lui poser des questions, et des questions, son esprit en débordait. Il ramassa le livre, le posa sur le guéridon, puis il fit pivoter le fauteuil et s'assit face au portrait.

– Qu'est-ce que vous avez voulu dire avec « les Moldus ne peuvent pas s'approcher de la maison » ? demanda-t-il.

– Pour s'assurer de ne pas être remarqué des Moldus, Charles a lancé un enchantement repousse-moldus sur le terrain. Ainsi ils passent devant le portail sans s'apercevoir qu'il est là, et s'ils le voient ils l'oublient et leur vient l'idée qu'ils ont quelque chose de plus important à faire ailleurs.

Alors c'était pour ça que Dudley l'avait complètement oublié lorsqu'il avait commencé à escalader le portail, pensa Harry.

– A vrai dire il a lancé de nombreux enchantements pour être en sécurité, continua Enid. Ils ont pour but d'empêcher d'autres sorciers d'entrer sans y être invité et il est impossible de transplaner dans l'enceinte du jardin. Charles a aussi rendu la maison incartable, elle ne peut pas apparaître sur une carte ce qui signifie que si l'on ne sait pas que la maison est ici, on ne peut pas la trouver.

– Mais j'ai réussi à la trouver et à entrer, répliqua-t-il.

– En effet, et j'aimerais savoir comment tu y es parvenu. Les enchantements sont faits pour arrêter les sorciers adultes, ceux qui représentent une vraie menace, mais ils ne t'auraient pas laissé utiliser la magie pour franchir le mur. Alors comment as-tu fait ?

– J'ai escaladé le portail, je suis monté sur le mur et j'ai sauté dans l'arbre pour redescendre.

– Tu es très agile, commenta Enid l'air sincèrement admirateur. Et pourquoi as-tu voulu rentrer ?

– Heu…, se contenta de répondre Harry gêné.

Puis après un court silence il lui expliqua les circonstances qui l'avaient poussé à franchir le mur, puis il lui parla de Dudley, des Dursley, de comment ils le traitaient, de ce qu'ils penseraient s'ils avaient connaissance de la maison et de la façon dont ils détestaient tout ce qui n'était pas normal.

– Ce garçon est ignoble, finit par répondre Enid outrée. Ces Moldus sont absolument méprisables, te traiter comme un elfe de maison…

– C'est quoi un elfe de maison, l'interrompit-il.

– Les elfes sont les serviteurs des sorciers.

– D'accord, répondit-il en hochant la tête.

Harry avait tellement de questions, il ne savait pas par où commencer. Il voulait lui demander ce que « transplaner » voulait dire, mais aussi pourquoi il n'avait jamais rencontré d'autres sorciers mais c'était peut-être parce qu'ils cachaient tous leur maison.

– J'ai encore des questions, dit-il. Est-ce que tous les sorciers mettent autant d'enchantements pour cacher leur maison ?

– La plupart des sorciers protègent leur maison avec des enchantements et elles sont bien sûr cachées des moldus qui doivent absolument ignorer notre existence, mais ils utilisent rarement autant de sortilèges. Mon frère craignait pour sa sécurité. Face à la menace qui planait sur lui, Charles a établi ici un refuge caché au milieu des maisons moldues. Nous étions les deux seuls à connaître son existence.

– Mais pourquoi votre frère était en danger ?

– Charles était un Maître nécromancien très renommé. Malheureusement notre Art déplaisait à de nombreux sorciers. Ce mouvement qui avait pour but de bannir la magie noire est devenu beaucoup plus puissant entre 1870 et 1880. Ils ont réussi à porter leur voix jusqu'au Magenmagot – c'est l'assemblée des sorciers – et ils sont allés jusqu'à faire interdire la pratique et l'enseignement de notre Art. Avec d'autres sorciers, nous nous sommes opposés à cette décision mais rien n'y a fait. Lorsque la situation est devenue intenable, Charles a caché ici le contenu de notre laboratoire et les résultats de nos travaux puis il a fini par venir s'y installer après ma mort.

Il y eut un long silence au cours duquel Harry contempla ce qu'il venait d'apprendre.

– J'ai encore une autre question, finit-il par dire.

– Seulement une ? demanda Enid avec un léger sourire.

– Euh non… plus qu'une. Si je suis un sorcier, est-ce que ça veut dire que je peux faire de la magie ?

– Evidemment.

– Oh… Et est-ce que vous pourriez m'apprendre ?

Pour toute réponse Enid se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, les yeux rivés sur le garçon et elle lui adressa un sourire.


Harry retourna à la maison le lendemain. Il salua Enid et vint s'assoir dans ce qui était devenu son fauteuil. Plusieurs piles de livres s'élevaient à présent sur le guéridon. La veille, Enid lui avait indiqué les ouvrages à lire afin de débuter son apprentissage. Mais Harry ne pouvait pas s'absenter trop longtemps s'il ne voulait pas attirer l'attention de son oncle et de sa tante. Il ne pouvait passer que quelques heures une à deux fois par semaine à lire les livres et à parler à Enid, et son apprentissage s'en trouvait ralenti. Il réfléchissait à un moyen de passer plus de temps dans la maison lorsqu'il entra par la porte du laboratoire et posa sa veste sur le dossier de la chaise.

– J'ai bien cru que tu ne reviendrais pas.

Harry sursauta et se tourna vers le tableau. Il ne s'était toujours pas habitué à ce qu'Enid puisse passer de tableau en tableau.

– Oui, je sais, se lamenta-t-il. Je n'ai pas pu venir la semaine dernière. Mon oncle devient suspicieux, il n'a pas arrêté de me demander où j'allais. Mais ne vous inquiétez pas je ne lui ai pas parlé de la maison. Je lui ai dit que j'allais à la bibliothèque municipale.

– Cependant tu n'as pas pu venir, l'interrompit-elle.

– Mon oncle m'a répondu que je n'avais rien à y faire et qu'il savait que j'étais en train de préparer un mauvais coup. Mais je sais qu'il ne veut pas qu'on pense que je suis plus intelligent que Dudley.

– Pff… moldus ignorants, souffla-t-elle.

– En tous cas je vais pouvoir venir plus souvent, la semaine prochaine c'est les vacances. Enfin si ma tante ne me donne pas plein de ménage et de jardinage à faire.

Harry soupira et se laissa tomber sur la chaise en face de la paillasse et feuilleta d'un air las le livre qui y était posé.

– Il n'y aurait pas une potion que je pourrais utiliser sur ma tante pour qu'elle me laisse venir ici ? demanda-t-il.

– Dans ce livre-ci, non, commença par répondre Enid.

Harry se redressa brusquement et son regard s'alluma.

– Ce genre de potion existe ? demanda-t-il.

– Bien sûr, dit-elle en désignant la bibliothèque d'un geste de la main. Contrôler l'esprit et la volonté, troisième étagère, sur la droite.

Harry se précipita vers la bibliothèque et en sortit l'ouvrage en question. Il se rassit ouvrit le livre à la page voulue : Radices cogitatus agere. Il lut les quelques pages d'instructions et se tourna vers le tableau.

– Je ne pense pas que je vais pouvoir faire cette potion, finit-il par dire sur un ton de défaite.

– He bien, jeune homme ! Reprends-toi, s'exclama Enid. Je ne te pensais pas du genre à t'avouer vaincu avant même d'avoir commencé. Ce n'est pas une potion difficile, avec les instructions du livre et les conseils du manuel que tu as déjà lu, tu y arriveras parfaitement.

– Ce n'est pas ça, expliqua-t-il. C'est que je ne sais pas où je vais trouver tous les ingrédients.

– Dans le placard, dit-elle simplement.

Harry se dirigea vers le placard et l'ouvrit. Des étagères garnies de bocaux et de fioles s'élevaient devant lui. Malheureusement la grande majorité étaient trop vieux et inutilisables et Harry dut se résoudre à les jeter. Il ne put conserver pour sa potion qu'un bocal d'yeux de scarabées et des ailes de doxy en poudre. Il fit la liste des ingrédients qui lui manquaient et la lut à Enid.

– Tous ces ingrédients ont faciles à récolter, tu pourra le faire seul, expliqua-t-elle. Une fois que tu auras tout rassemblé, tu viendras ici commencer la potion.


Harry revint le premier jour des vacances. Certains ingrédients avaient été très faciles à récolter : il avait déterré les racines de pâquerettes du jardin de sa tante et il avait trouvé l'armoise dans le jardin de Mrs Figg. Elle lui avait même donné un billet de cinq Livres pour avoir désherbé son jardin. Les autres plantes il les avait récoltées sur le talus entre Oak Lane et la voie rapide ou bien dans le jardin du nécromancien. Le plus difficile avait été de trouver les grenouilles.

– Bonjour, lança Harry en entrant dans le laboratoire une fois qu'il eut récolté tous les ingrédients.

– Bonjour Harry, répondit Enid en entrant dans le tableau. As-tu tous les ingrédients ?

– Oui, répondit-il avec un grand sourire en posant son sac à dos sur la paillasse.

Il avait enveloppé les plantes dans du papier journal et avait enfermé les grenouilles dans une vieille boîte de glace qu'il avait pris dans la poubelle. Il relu une nouvelle fois les instructions ainsi que les chapitres les plus pertinents du manuel Trucs et astuces pour la préparation de potions.

– L'art des Potions demande organisation, rigueur et concentration. Une discipline à appliquer dans tout domaine académique, lui rappela-t-elle lorsque Harry disposait son matériel sur la paillasse.

Sur ce, le garçon se mit au travail, respectant à la lettre les instructions, et après plus d'une heure de travail, il retira le chaudron du feu et observa son contenu. La potion était d'un vert profond et des bulles nacrées venaient éclore régulièrement à la surface. Son aspect était exactement celui décrit dans le livre et Harry ne put empêcher un sourire de s'étendre sur ses lèvres.

– Très bien, dit Enid en observant la potion. C'est cette qualité de travail que j'attends de ta part. Tu vas pouvoir mettre la potion en bouteille. Ensuite tu laveras ton matériel et tu rangeras la paillasse. N'oublie jamais qu'un environnement ordonné permet un travail de qualité.

Harry remplit une petite fiole de potion qu'il glissa dans sa poche et versa le reste du chaudron dans des bouteilles qu'il rangea dans le placard. Il y rangea aussi les restes de plantes qu'il n'avait pas utilisé, ainsi que les organes de grenouilles restant. Après avoir lavé et rangé son matériel, et pris dans son élan, il entreprit de remettre de l'ordre dans le laboratoire. Il retira la poussière qui couvrait abondamment les surfaces et remis de l'ordre sur le bureau. Charles Akenham avait laissé de nombreux carnets et parchemins en plan lorsqu'il avait quitté la maison pour la dernière fois. Harry les ordonna et en fit des liasses qu'il attacha avec de la ficelle qu'il avait trouvé dans un tiroir.

Lorsque Harry allait ranger la pelote de ficelle dans le tiroir, quelque chose attira son intention. Il s'agissait d'une boîte en marqueterie. Le garçon la sortit du tiroir et la posa sur le bureau. Il laissa ses doigts tracer les ornementations du bois et, quand la curiosité devint impossible à ignorer, il ouvrit la boîte. Cette dernière contenait une dague composée d'une lame en argent gravées de runes et d'un manche en os ouvragé. Harry prit la dague et la fit tourner entre ses doigts avant de la poser sur le bureau. Le second objet contenu dans la boîte était fin, long et enveloppé d'une étoffe bleue. Le garçon le déballa et, lorsqu'il comprit de quoi il s'agissait, un sourire illumina son visage. Il s'agissait d'une baguette magique. Celle-ci était faite d'un bois clair et roux veiné d'un ton brun-rouge. Harry la fit tourner entre ses doigts puis il l'empoigna et prit la posture qu'il avait vu dans les illustrations de Magie théorique et principes fondateurs. Il raffermit sa prise, se concentra sur la sensation du bois dans sa main, puis il sentit la magie. Elle était là, au fond de lui. Il la sentit se déplacer du plus profond de son être vers son bras, puis sa main, et… Avec un grand fracas l'encrier qui trônait sur le bureau explosa en une myriade d'éclats de cristal. Harry bondit en arrière et lâcha la baguette.

– Il est plus difficile de faire de la magie avec une baguette qui ne nous appartient pas, surtout au début, expliqua Enid.

– Je suis désolé, murmura-t-il timidement.

– Cependant il serait préférable que tu attendes de recevoir ta lettre avant d'acquérir ta propre baguette, poursuivit-elle. Ce serait suspect qu'un jeune sorcier issu d'une famille moldue, et qui devrait tout ignorer de la magie, ne se la procure si tôt. Je ne voudrait que l'on se pose des questions et que quelqu'un vienne fouiner ici et ne découvre la maison.

– Je ne comprends pas, quelle lettre ? demanda-t-il.

– Ta lettre d'admission pour Poudlard.

– Poudlard ?

– L'école de magie et de sorcellerie.

– Il y a une école ? De magie ? Est-ce que c'est près d'ici ? A Londres ?

– Non pas à Londres, il y a trop de moldus. Elle est en Ecosse.

– Et ils vont m'envoyer une lettre ?

– Oui ils envoient une lettre à tous les enfants sorciers de Grande-Bretagne autour de leur onzième anniversaire.

– Je dois attendre d'avoir onze ans ? Mais c'est dans un an.

– Ne sois pas impatient, tu as tous les livres de la maison pour commencer à t'entraîner.

L'idée d'aller dans une école avec d'autres enfants sorciers plaisait énormément à Harry, et puis si elle était en Ecosse, il devait s'agir d'un pensionnat. L'idée de partir loin des Dursley plaisait encore plus à Harry. Mais en pensant aux Dursley, il se rembrunit.

– Qu'y a-t-il ? demanda Enid.

– Les Dursley, répondit-il sombrement. Ils ne voudront jamais me laisser y aller, et je n'ai pas d'argent, et ils ne payeront jamais pour que je parte apprendre la magie.

– Ne t'en fais pas, si l'argent est ton problème, l'école offre des bourses pour les élèves qui en ont besoin. Et puis n'oublie pas que tu es un sorcier, tu ne vas pas laisser quelques moldus t'empêcher d'aller à Poudlard.


Harry eut du mal à trouver le sommeil ce soir-là. Il repensait à ce qu'il avait appris : dans un peu plus d'un an il quitterait cet endroit que les Dursley le veuillent ou non. Mais surtout, il pensait à ce qu'il aurait à faire le matin venu. Quelques gouttes de potion dans la théière, et il n'aurait plus à se préoccuper des Dursley.

Le lendemain matin, lorsque tante Pétunia tambourina à la porte du placard, Harry sauta du lit et s'habilla en vitesse. Il porta la main à la poche de son pantalon et sentit la fiole sous ses doigts. Il entra dans la cuisine et se força à faire disparaître le sourire qu'il avait sur le visage. Il salua sa tante et commença à préparer le petit-déjeuner. Ce fut lorsqu'il mit le bacon à cuire qu'une occasion se présenta. Ni son oncle, ni Dudley n'étaient encore descendus et tante Pétunia venait de quitter la cuisine pour entrer dans la buanderie. Harry se tourna vers la théière, souleva le couvercle et y versa la potion. Le thé prit une couleur verte et Harry commença à paniquer. Ca n'allait pas fonctionner. Ils ne boiraient pas un thé de cette couleur. Mais une volute argentée s'éleva hors de la théière et le thé reprit sa couleur usuelle. Harry laissa s'échapper un soupir de soulagement.

Harry déposa le courrier sur la table puis il prit place et mangea en silence. Son oncle et sa tante burent leur thé de façon habituelle. Pour le moment rien n'avait changé dans leur comportement.

– Je vais aller à la bibliothèque aujourd'hui, commença Harry.

– Mmh…grommela oncle Vernon derrière son journal.

– Et je pense que j'y retournerais quasiment tous les jours cet été.

– Mmh… laisse-moi lire mon journal maintenant, se contenta de répondre son oncle.

– Tu as la vaisselle à faire et le linge à étendre avant de partir, ajouta tante Pétunia.

Ce jour-là Harry se rendit réellement à la bibliothèque où il emprunta quelques livres qu'il vint lire ostensiblement sous les yeux de son oncle et de sa tante. La potion avait bien permis de mettre dans leurs esprits que c'était tout à fait normal que Harry passe toutes ses journées à la bibliothèque. Cependant il avait jugé préférable de fabriquer quelques preuves et il prenait réellement goût à la lecture. Harry trouva ainsi une routine qui lui convenait parfaitement. Le matin il préparait le petit-déjeuner et apportait le courrier. Sa tante lui donnait un peu de travail dans la maison ou dans le jardin. Il se rendait toutes les semaines à la bibliothèque et ramenait des livres différents à lire le soir dans le jardin ou sur le perron d'où il saluait Mrs Figg. Cette dernière lui avait plusieurs fois demandé de venir l'aider à désherber son jardin ce qui avait permis à Harry, en plus de récolter des plantes pour ses potions, d'empocher quelques Livres. Il se rendait quasiment tous les jours à la maison de Milton End où il occupait son temps entre la lecture des livres, la pratique de la magie, la préparation de potions et la collecte des ingrédients. La récolte des plantes était ce qu'il y avait de plus facile, alors qu'attraper de petits animaux était plus difficile. Mais ce problème fut résolut lorsque Harry parvint à suffisamment maîtriser la baguette pour pouvoir immobiliser grenouilles, rats, salamandres ou souris d'un simple sortilège. Il fit aussi la découverte de son don lorsqu'il essaya de capturer une vipère et Enid fut ravie de savoir qu'il était fourchelangue.


Harry comptait l'argent qu'il avait amassé durant l'été en réalisant de petits travaux dans le voisinage. Il pouvait largement se payer un aller-retour en train pour Londres. Il voulait profiter des derniers jours de vacances pour voir le Chemin de Traverse. Le lendemain matin il quitta Privet Drive juste après le départ de son oncle. Lorsqu'il arriva dans Charring Cross Road le soleil d'été avait été remplacé par une pluie fine et Harry rabattit la capuche de son sweat sur sa tête. Le vêtement trop grand lui tombait sur les yeux. Le garçon n'eut aucun mal à trouver le Chaudron Baveur et quand il entra il fut submergé par l'atmosphère du pub. La salle était bondée et remplie du bruit des conversations. Harry se faufila entre les clients, notant au passage leurs tenues étranges, robes, capes et chapeaux pointus, traversa la salle et sortit dans la cour. Il y trouva un couple accompagné de ses deux enfants qui ouvrait le passage dans le mur. Il se glissa derrière eux et vit pour la première fois le Chemin de Traverse.

Harry parcourut le Chemin sur toute sa longueur sous la pluie. Il était invisible aux yeux des passants qui se pressaient avec leurs enfants pour des achats de dernière minute à quelques jours de la rentrée scolaire. Il comprit rapidement que les Livres Sterling qu'il avait en poche ne lui permettraient pas d'acheter quoi que ce soit. Enid lui avait bien indiqué comment trouver la rue commerçante, mais avait oublié de lui dire que les sorciers n'utilisaient pas la même monnaie que les moldus. Mais ce constat n'entama en rien la bonne humeur de Harry. Ce dernier s'arrêta un long moment devant la vitrine de Fleury et Bott avant de se décider à entrer. Il arpenta les allées, fasciné par la quantité de livres et la diversité des sujets traités. Bien sûr il ne trouva aucun livre de Nécromancie mais il savait que ce genre de livres ne pouvaient être trouvés que dans l'Allée des Embrumes.

Harry avait retiré sa capuche et parcourait du regard les tranches des livres lorsqu'il se figea. Son nom était écrit sur un livre. Il relut le titre une nouvelle fois : Comment Harry Potter a provoqué la chute du Seigneur des Ténèbres. Non, ça pouvait pas être lui, ce devait être un homonyme. Le garçon lut les titres des livres suivants et il revit le même nom écrit à plusieurs reprises. Son oncle et sa tante lui avaient toujours dit qu'il portait un nom très courant et absolument banal, mais c'était apparemment le nom d'un sorcier célèbre. Harry prit un livre sur l'étagère : Mages célèbres du XXe siècle. Il parcourut la table des matières des yeux et ouvrit le livre au chapitre consacré à ce Harry Potter. Il commença à lire et sentit son cœur battre de plus en plus vite au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture et ses yeux s'arrêtèrent sur la dernière phrase du chapitre .

Et encore à ce jour, personne ne sait comment, en cette nuit fatidique du 31 octobre 1981, le jeune Harry Potter alors âgé de 1 an, a put provoquer la disparition du Seigneur des Ténèbres et y survivre avec pour seule séquelle une cicatrice en forme d'éclair sur le front.

Harry referma brusquement le livre et plaqua sa main sur son front. Il jeta un coup d'œil inquiet autour de lui mais personne ne l'avait remarqué et il rabattit sa capuche sur sa tête. Il se décida ensuite à lire le chapitre consacré à ce Seigneur des Ténèbres, puis il prit un autre livre. Il s'aperçut alors que tous les livres de cette section ne parlaient que du même sujet. Il y passa plusieurs heures et appris de nombreuses choses sur ses parents, son père un sorcier issu d'une vieille famille de sorciers aux sang pur et sa mère une sorcière née d'une famille de moldus, et sur la manière dont ils avaient été tués. Il appris aussi qui était ce Seigneur des Ténèbres du nom de Lord Voldemort qui avait tué ses parents et dont tout le monde avait peur de prononcer le nom. Il savait que les Moldus ne devaient rien savoir sur les sorciers et se demandait si sa tante savait de quelle façon sa sœur était morte et mentait à Harry, ou bien si elle l'ignorait. Il fut sorti de sa réflexion par une voix qui s'éleva derrière lui.

– Tu es tout seul petit ?

Il s'agissait d'un employé de la librairie qui dirigeait de sa baguette une impressionnante pile de livres.

– Je ne faisais que regarder, répondit précipitamment Harry en reposant le livre à sa place dans le rayonnage.

– Fais attention avec les livres, continua l'employé. Où sont tes parents ?

– Ils sont ici, mentit Harry en désignant le reste de la boutique d'un geste vague de la main. Je pense qu'ils ont fini maintenant, je dois y aller. Au revoir.

Le garçon s'éclipsa derrière le rayonnage et quitta la boutique avant même que l'employé n'ait eut le temps de répondre, ou pire de commencer à chercher ses prétendus parents dans la librairie.


Harry fit part de ses découvertes sur ses origines à Enid et, fort de sa découverte s'appliqua encore plus dans son étude de la magie et il appliqua la méthode et la rigueur inculquée par la sorcière dans son travail scolaire. Il ramenait à présent de bien meilleurs résultats que Dudley, à la grande satisfaction de son institutrice et au plus grand déplaisir de son oncle et de sa tante. Mais ce déplaisir fut de courte durée, car avec quelques gouttes de Radices cogitatus agere, ils trouvèrent tout à fait normal que leur neveu ait de meilleures notes que leur fils.

Harry fit ses premiers pas en nécromancie une après-midi nuageuse d'octobre. Il avait quitté l'école et se dirigeait vers Lower Woodside lorsque son regard fut attiré par une masse immobile sur le bord de la route. Il s'agissait d'un chat au pelage gris tigré. Harry passa sa main dans sa fourrure. L'animal était mort depuis peu, sûrement percuté par une voiture. Il n'avait pas de collier. Harry le souleva et l'emporta dans la maison du nécromancien. Il entra dans la maison, ferma la porte avec le pied, le chat toujours dans ses bras et salua Enid dans son cadre.

– Que ramènes-tu ? demanda-t-elle.

– Je vais le relever, répondit-il en se dirigeant vers le laboratoire.

Il posa l'animal au centre de la paillasse et ouvrit Les secrets de la magie la plus noire au chapitre voulu. Il avait trouvé le rituel durant l'été : Anima carnis morticinae. En suivant les instructions du livre, Harry saisit la baguette et traça les runes sur la paillasse tout autour du chat en récitant l'incantation. Il sortit la dague de la boîte et retroussa sa manche gauche puis énonça la suite de l'incantation tout en entaillant son avant-bras gauche à l'aide de la dague. Son sang coula sur l'animal où il fut absorbé instantanément, puis les runes s'enflammèrent et la chair du bras du garçon se ressouda sans laisser de trace.

Harry observa l'animal toujours immobile et en un instant ses yeux s'ouvrirent. Le chat se remit sur ses pattes puis s'étira et Harry put entendre le craquement des os qui reprenaient leur place. Il tendit la main et le chat vint y frotter sa tête.

– Bonjour, lui dit Harry.

L'animal tourna la tête et regarda attentivement le jeune nécromancien de ses yeux morts.

– Je vais t'appeler Minuit, qu'est-ce que tu en penses ?

Le chat émit un ronronnement d'approbation et sauta avec agilité sur le sol où il vint se frotter à la jambe de Harry.

– Génial…

Il se sentait à présent très fatigué mais il ne pouvait pas oublier la sensation quand la dague avait tranché dans sa chair et que son sang avait coulé. C'était la chose la plus exaltante qu'il n'ait jamais fait et il ne pensait déjà qu'à recommencer.