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Harry Potter appartient à J. K. Rowling

2 – Vis in sanguine est

Malheureusement pour Harry, Dudley reprit son jeu de « chasse au Harry » et il avait réussi à le surprendre une après-midi à la sortie de l'école. Harry essuya le sang qui coulait de sa lèvre fendue d'un revers de manche. Il sentait déjà son œil gauche gonfler. Dudley l'aurait sûrement frappé plus longtemps si Piers ne s'était pas sauvé en courant. Harry sourit en se remémorant la scène. Il avait réussi à faire de la magie sans baguette. Quand Piers lui avait maintenu les mains dans le dos alors que Dudley le frappait, Harry avait pensé à la première fois qu'il avait tenu une baguette magique et qu'il avait senti sa magie, cette décharge qui avait traversé son corps. Et il l'avait sentie à nouveau, tout comme Piers. Ce dernier avait poussé un cri et avait lâché Harry avant de regarder ses mains endolories. Puis il avait regardé Harry qui lui lançait un regard mauvais et il avait fui. Dudley quant à lui avait arrêté de frapper Harry et avait regardé sans comprendre d'abord Piers puis Harry mais ce dernier en avait déjà profité pour s'enfuir à toutes jambes.

A présent Harry était dans la chambre de la maison de Milton End. Il cherchait un vêtement qui lui permettrait de passer inaperçu sur le Chemin de Traverse. Il sortit une cape marron à capuche de la penderie. Elle était beaucoup trop longue et en partie rongée par les doxys, mais elle comportait une poche spéciale pour ranger une baguette et une autre munie d'un enchantement d'extension où il pouvait tout faire rentrer. Elle ferait l'affaire avec un sortilège pour la raccourcir.

– Minuit, appela-t-il. Tu vas venir avec moi.

Le chat qui était lové sur le lit se leva et s'approcha du garçon. Ce dernier ouvrit la poche extensible de la cape et l'animal y sauta.

Harry avait pris un vieux bonnet de Dudley avant de partir. Le bonnet était noir et trop grand et quand Harry l'enfonça profondément sur sa tête il put cacher entièrement sa cicatrice. Il ne voulait pas être reconnu, même si la capuche de sa cape venait à glisser. Une fois dans Charring Cross Road, il s'arrêta sans un renfoncement entre deux immeubles, retira son manteau, le mit dans la poche de la cape et enfila cette dernière.

Le Chemin de Traverse lui paraissait tout aussi bondé que la première fois qu'il y avait été, mais cette fois-ci les passants marchaient plus calmement, prenant le temps d'observer les vitrines et d'admirer les décorations suspendues un peu partout en cette période de fête. Il irait sûrement lire quelques livres dans Fleury et Bott, mais ce qu'il voulait visiter en premier, c'était l'Allée des Embrumes. Cette dernière était beaucoup moins fréquentée et les seules décorations qu'il vit, encadrant l'entrée d'une taverne miteuse, étaient démodées et délavées.

Harry observait la devanture d'une librairie lorsqu'une main noueuse et décatie se posa sur son épaule.

– Tu es perdu mon garçon ? lui demanda la vielle femme.

– Non, je sais où je vais, répondit-il avec assurance.

– Tu es là pour acheter ?

Elle lui sourit dévoilant une bouche édentée et désigna d'un geste de la main son plateau suspendu devant elle. Harry observa les différents organes trempant dans des bocaux.

– Ou bien tu es là pour vendre ? poursuivit-elle. Tu es jeune, je t'offrirais un bon prix pour tes dents, ou tes doigts.

– Non merci, je ne suis pas intéressé, répondit poliment Harry.

Il savait pertinemment que ces organes pouvaient repousser avec une potion adéquate mais il n'allait pas commencer à les vendre au marché noir. Il se détourna et commença à s'éloigner lorsque la sorcière l'attrapa par un pan de sa cape.

– Laisse-le tranquille, vieille folle, s'exclama une voix derrière eux.

Un homme se tenait dans l'entrée d'un immeuble avoisinant. Il était maigre et pâle et observa la scène devant lui de ses yeux aux iris rouges.

– Personne ne t'a demandé ton avis, vampire, retourne dans ton trou, lui lança-t-elle.

La sorcière raffermit sa prise sur Harry.

– Ou un lobe de ton foie. Qu'en dis-tu ? proposa-t-elle.

– Toujours non.

– Je pourrais très bien te le prendre sans te demander ton avis.

– Je vais devoir refuser, encore.

Harry perdait totalement le contrôle de la situation. Il avait besoin d'y trouver rapidement une solution avant de finir en morceaux.

– Refuser ? Tu penses que tu peux donner ton avis ? s'exclama la sorcière en portant sa main à sa baguette.

– Minuit, appela Harry et en un instant le chat bondit hors de la poche de sa cape.

La sorcière pointa sa baguette sur l'animal et lança un premier maléfice avec une dextérité étonnante. Minuit esquiva sans peine. Puis elle en lança un second qui glissa sur son pelage.

– C'est quoi ç…

Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Minuit lui sauta à la gorge et arracha un large lambeau de chair. Le sang jaillit de la plaie béante et la sorcière tomba au sol en émettant un gargouillement. Harry se figea. Il avait appelé Minuit pour qu'il l'aide à se débarrasser la vieille femme mais il ne pensait pas que le chat irait aussi loin. Il se ressaisit. Minuit avait commencer à dévorer le visage de la sorcière.

– Ca suffit, ordonna Harry.

Le chat s'arrêta et examina les alentours de ses yeux morts, puis il vint se frotter à la jambe de son maître. Il régnait un silence épais dans l'Allée. Les badauds qui s'étaient arrêtés pour observer l'échange s'étaient empressés de se sauver ou de rentrer dans leurs boutiques. Il ne restait plus que Harry et le vampire. Le garçon sortit la baguette et fit léviter la sorcière. Il parvint à la faire entrer entièrement dans la poche de sa cape. La sorcière était âgée mais ses organes constituaient néanmoins des ingrédients puissants pour les prochaines potions de Harry. Ce dernier s'apprêtait à reprendre son chemin, lorsqu'il sentit les yeux du vampire posés sur lui.

– Voilà bien des années que je n'avais vu pareille œuvre de nécromancie, dit-il à Harry en faisant un pas vers lui.

Le garçon l'observa un instant mais ne s'attarda pas sur ses yeux. Il avait lu et il savait que soutenir le regard laissait une opportunité aux Légilimens de pénétrer son esprit. Harry ne voulait prendre aucun risque pour le moment.

– Je suis Edward Whitley, se présenta le vampire en s'inclinant légèrement. Qui es-tu jeune nécromancien ?

– Vous n'avez pas besoin de connaître mon nom, répondit Harry. Souvenez-vous juste que je suis le Nécromancien.


Harry savait pertinemment que ces situations ne se reproduiraient pas s'il n'était pas si petit et s'il n'avait pas l'air si chétif. Il était le plus petit de sa classe et à la différence de Dudley, Harry n'avait pas le droit de se resservir à table et il était souvent envoyé au lit sans dîner. Il avait trouvé le rituel adéquat dans Les secrets de la magie la plus noire, un moyen rapide de reprendre des forces et de regagner ce qu'il lui manquait en taille et en poids. Tout ce qu'il lui fallait, c'était un sujet en bonne santé et il ne pouvait pas se servir de Dudley. Il attirerait bien trop l'attention si un membre de son entourage venait à disparaître.

Une occasion se présenta une après-midi de décembre. La pluie tombait drue et il faisait déjà sombre. Harry arpentait le bois qui bordait Lower Woodside à la recherche d'ingrédients pour ses potions. Il mit le morceau de lichen qu'il venait de décoller d'un tronc d'arbre dans son sac et remis ce dernier sur ses épaules. Il utilisa une main pour maintenir la capuche du son ciré en place et regagna le sentier. Par ce temps il n'avait croisé aucun promeneur et fut surpris de voir un jogger un peu plus loin sur le sentier. L'individu était vêtu d'un pantalon de sport et d'un k-way. Harry accéléra le pas, longeant le bord du sentier, et raffermit sa prise sur sa capuche. L'homme le croisa au pas de course. Les bruits des pas s'éloignèrent puis, après un court instant de silence, se rapprochèrent de nouveau. En quelques foulées l'homme arriva au niveau de Harry.

– Bonjour mon garçon, dit-il. Qu'est-ce que tu fais tout seul sous la pluie ?

– Bonjour, répondit Harry qui continuait à marcher.

– Tu ne devrais pas te promener seul en forêt. Est-ce que tes parents savent que tu es ici ?

– Oui, et ils m'attendent, mentit-il. Au revoir monsieur.

Harry accéléra le pas mais le jogger se maintint sans peine à sa hauteur.

– Tu ne devrais pas rentrer seul. Viens avec moi, je vais te raccompagner, proposa l'homme qui lui saisit l'épaule et le stoppa.

– Non, je vais rentrer tout seul, s'exclama Harry en essayant de se dégager ce qui fit glisser sa capuche.

– Tu pourrais faire de mauvaises rencontres. Dis-moi où tu habite je vais te raccompagner, insista l'homme.

Le jogger passa sa main dans les cheveux du garçon et Harry eut un frisson.

– Allons soit un gentil garçon, poursuivit l'homme.

Harry releva la tête et prit le temps d'observer l'homme. Il devait avoir entre 35 et 40 ans, ses cheveux blonds étaient coupés courts et en considérant sa silhouette, il devait régulièrement faire du sport. Il constituerait un très bon sujet sain pour son rituel et Harry décida d'accepter sa proposition.

– D'accord, concéda Harry. J'habite dans Milton End mais on a une porte dans le jardin qui mène directement dans le bois. C'est par là.

Harry désigna la direction à suivre entre les arbres et hors du sentier. Il avait découvert ladite porte l'été dernier entièrement dissimulée derrière des pieds de sureau hièble alors qu'il récoltait des plantes pour ses potions,.

– Tu as raison, passons par là, dit l'homme en prenant la main de Harry. Comment tu t'appelles ?

– Harry, répondit celui-ci alors que le jogger l'entraînait entre les arbres.

Ils marchèrent quelques minutes et étaient à présent trop éloignés du sentier pour être vus ou entendus par quelques potentiels promeneurs.

– C'est par ici, expliqua Harry.

– On va plutôt passer par là, lui répondit l'homme.

Ce dernier raffermit sa prise sur la main de Harry et l'entraîna dans la direction opposée. Après quelques pas ils s'arrêtèrent près d'un arbre et le jogger se rapprocha, bloquant Harry.

– Pourquoi on s'arrête ? demanda le garçon.

– Tu seras un gentil garçon, n'est-ce pas Harry ? lui dit l'homme en caressant une nouvelle fois le visage du garçon.

La situation ne prenait pas la tournure qu'il espérait. Il aurait dû agir plus tôt mais ils avaient été encore loin de la maison et Harry n'avait pas voulu avoir à transporter l'homme inconscient sur une trop longue distance.

– Enlève ton sac et retire ton manteau, continua le jogger. Laisse-moi te toucher.

Harry se dégagea mais il ne put pas faire deux pas que l'homme le rattrapa. Mais ça n'avait pas d'importance, Harry avait pu saisir la baguette.

Stupefix ! lança-t-il.

Un éclair rouge frappa l'homme dans la poitrine, il fut projeté en arrière et tomba lourdement au sol. La force du sortilège fut telle que Harry tituba et se rattrapa contre un arbre. Harry rangea précipitamment la baguette dans sa poche et guetta le bois environnant dans l'attente d'une personne qui aurait été alertée par l'éclair de lumière. Mais personne ne vint. Harry laissa échapper un soupir de soulagement puis son regard se reporta sur l'homme. Il était inconscient. Harry sortit de nouveau la baguette, la pointa sur l'homme et le fit léviter. Il remis sa capuche en place, saisit un pan du k-way, et traîna le jogger derrière lui.

Il posa la baguette sur la serrure et la porte s'ouvrit avec un déclic. Il tira l'homme jusqu'au laboratoire et le laissa tomber sur le sol. Il utilisa sa baguette pour allumer les bougies.

– Qui est-ce ? s'enquit Enid en désignant l'homme d'un signe de menton.

– Un moldu, je l'ai croisé dans le bois et il a voulu me toucher.

A ce moment l'homme émit un grognement, il commençait à reprendre conscience. Harry le stupefixa de nouveau. Il se pencha sur lui, le déshabilla et déposa ses affaires dans un coin de la pièce. Il sortit un livre de la bibliothèque et le posa sur la paillasse.

– Que comptes-tu faire, demanda Enid.

Vis in sanguine, répondit Harry.

– Tu obtiendrais un meilleur résultat avec un sorcier, et un résultat bien meilleur encore avec une créature.

– Je sais, mais je vais devoir me contenter d'un moldu.

Harry utilisa la baguette pour tracer des runes au sol autour de l'homme. Il retira son t-shirt et traça d'autres runes sur leurs torses en prononçant l'incantation. Ensuite il utilisa la dague pour faire couler le sang de l'homme dans une grande coupe. Il prononça le reste de l'incantation, les runes s'illuminèrent et il but le sang. Harry se rhabilla. Les runes sur son torse, toujours lumineuses, ne s'effaceraient que lorsqu'il aura totalement absorbé la force de l'homme. De ce dernier il ne resterait alors qu'un tas de cendres que Harry pourrait utiliser dans la confection de potions.

Harry prit les vêtements de l'homme et en fit un tas dans le jardin. Au moment où il allait jeter le sac banane il se ravisa et l'ouvrit. Il en sortit deux barres hyperprotéinées qu'il mit dans sa poche et un portefeuille d'où il sortit un peu plus de cent Livres. Il empocha l'argent et jeta le reste sur le tas. Il utilisa la baguette pour y mettre le feu.


Harry ne ressentit les effets du rituel que le lendemain matin. Il fut réveillé de bonne heure par la douleur. Tous ses os lui faisaient mal et ses muscles étaient douloureusement contractés. Il se retourna sur son matelas et gémit de douleur. La maison était silencieuse et Harry se résout à se lever. En se redressant sa tête heurta violemment le haut du placard. Il sortit à pas mesurés et se dirigea vers la salle de bain. Il s'observa dans le miroir et remarqua qu'il avait grandit durant la nuit et qu'il faisait à présent la taille de Dudley. Ses membres s'étaient épaissis et ses muscles s'étaient développés. Il n'avait plus l'air maigre et chétif. Il avait enfin la stature d'un enfant en bonne santé.

Il descendit dans la cuisine et commença à préparer le petit déjeuner et prenant soin de verser une dose de potion dans la théière. Alors qu'il faisait cuire les saucisses, il entendit sa tante descendre l'escalier.

– Harry ? Tu es déjà levé ? appela-t-elle du couloir.

– Je suis dans la cuisine. Bonjour tante Pétunia, répondit-il lorsque celle-ci entra dans la pièce.

Elle s'était arrêtée dans l'embrasure de la porte et observait Harry avec des yeux ronds. Elle ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit et son expression de surprise fut remplacée par une d'effroi.

– VERNON ! cria-t-elle.

– Oui, Pétunia ? répondit la voix étouffée de son oncle au premier étage.

– Viens vite, c'est Harry ! VERNON !

– Qu'est-ce q…

Mes les mots de l'oncle Vernon moururent sur ses lèvres lorsqu'il vit Harry. Ce dernier se demandait s'il n'aurait pas plutôt dû mettre une dose de potion dans le dîner la veille au soir. Il fit glisser les saucisses dans une assiette et se tourna vers son oncle. Il fit comme si tout était normal et rien n'avait changé.

– Bonjour oncle Vernon, dit-il en disposant les victuailles sur la table.

– HARRY ! rugit son oncle son teint virant au cramoisi. Qu'est-ce que tu as fait ?

– Le petit-déjeuner, répondit-il malicieusement. Thé, toasts, saucisses et…

– Ne joue pas au plus malin avec moi, hurla son oncle dont le teint devint violacé. Je sais que tu as encore fait des choses étranges. Ne nous mens pas. On voit très bien que tu as grandi pendant la nuit.

Harry voulait répondre mais ça ne servirait à rien, tant qu'ils n'avaient pas bu leur thé, il ne pouvait pas mettre de nouvelles idées dans leurs esprits. A ce moment-là, son oncle le saisit par le t-shirt, le traîna hors de la cuisine et le poussa dans son placard avant de fermer la porte avec le verrou. Il entendit les pas de Dudley qui descendait l'escalier, les bruits de chaises et enfin le bruit des couverts. Ils allaient boire le thé et ils laisseraient sortir Harry, c'était une question de minutes.

– Oncle Vernon, appela-t-il.

– Silence, mon garçon, lui répondit son oncle. Tu es puni.

– Mais je ne devrais pas être puni. C'est normal d'avoir grandi pendant la nuit, tous les enfants font ça.

– Mmh…

– D'ailleurs, je commence à être un peu trop grand pour dormir dans le placard, tenta Harry.

Il dut attendre le début d'après-midi pour que sa tante ne le laisse sortir. Il entendit des éclats de voix en provenance du salon.

– Mais je veux pas, gémit Dudley. C'est ma deuxième chambre, c'est mes affaires.

– Nous avons déjà pris notre décision, ta mère et moi, lui répondit l'oncle Vernon.

– Mais non…je veux qu'il reste dans son placard, pleurnicha Dudley.

– Harry, appela sèchement sa tante.

Le garçon se tourna vers elle. Elle tenait toujours la porte du placard ouverte.

– Prends tes affaires et dépêche-toi, ordonna-t-elle.

Harry s'exécuta et rassembla toutes ses affaires sur le matelas Il utilisa le drap pour en faire un baluchon.

– Suis-mois, continua-t-elle sèchement.

Il suivit sa tante à l'étage jusqu'à la deuxième chambre de Dudley. Elle ouvrit la porte et s'effaça sur le côté.

– Avec ton oncle, nous avons décidé que tu étais trop grand maintenant pour dormir dans le placard, expliqua-t-elle. Tu dormiras ici mais ne touche pas aux affaires de mon Dudley.

Elle regarda une dernière fois le garçon avec répulsion et s'en alla. Harry entra dans la chambre et sourit. Il adorait tout ce qu'il pouvait faire avec la magie.

Harry fit profil bas et son oncle et sa tante recommencèrent à l'ignorer comme à leur habitude. Il retourna plusieurs fois à Londres. En zone moldue il se rendait dans les fast-foods où il pouvait manger ce qu'il voulait puis il visitait le Chemin de Traverse. Ce qu'il préférait était de loin les librairies. Il pouvait passer des heures à lire et tous les sujets l'intéressaient. Enfin, pas exactement. Il n'aimait pas lire les livres qui parlaient de lui et qui le décrivaient comme un héro, le sauveur des sorciers. Mais il dévorait les livres d'histoire moderne ainsi tout ce qui pouvait l'aider à comprendre ce monde qu'il venait de découvrir et il lut même quelques chapitres assommants d'un livre de droit. Harry ne pouvait pas toujours aller à Fleury et Bott car les employés commençaient à le repérer, alors il explora le Chemin. Il découvrit d'autres librairies plus modestes installées plus loin ou à l'écart dans des cours. Il explora aussi l'Allée des Embrumes avec Minuit qui marchait à ses côtés. Il y croisa le vampire et s'arrêtait parfois pour lui parler.


Harry se demandait comment réagiraient les Dursley lorsqu'un hibou volerait par la fenêtre ouverte de la cuisine pour venir déposer une lettre dans les mains de Harry à la table du petit-déjeuner. Mais ce ne fut pas ainsi qu'il reçut sa lettre par un matin ensoleillé de juillet. Comme tous les jours, il quitta la cuisine et ramassa le courrier, quand une lettre insolite attira son attention. Celle-ci était faite d'un parchemin jauni et était adressée à Harry Potter dans la plus petite chambre du 4 Privet Drive. Enfin ! Harry l'avait tant attendue, et elle était arrivée. Il avait du mal à contenir sa joie mais les bruits de couverts en provenance de la cuisine le ramenèrent à la réalité. Il se ressaisit, jeta un coup d'œil furtif en direction de la cuisine, et cacha sa lettre dans son pantalon. Il regagna la table le plus normalement possible et y posa le reste du courrier. Il se força à manger calmement.

Il dut attendre le départ de son oncle, puis une fois que la table était débarrassée et la vaisselle lavée, il sortit. Il quitta Privet Drive au pas de course et ne reprit son souffle qu'une fois arrivé dans la maison de Milton End.

– Ca y est, je l'ai reçue ! s'exclama Harry.

Il sortit la lettre de son pantalon et l'agita devant Enid avec un grand sourire. Il s'assit dans le fauteuil, décacheta la lettre et se releva. Il ne tenait pas en place, faisant les cents pas dans le salon exigu. Il commença à lire le courrier à haute voix. Quand il eut fini, il se précipita dans le laboratoire et prit un parchemin vierge dans un tiroir. Il rédigea sa réponse, la glissa dans son sac à dos avec quelques livres Sterling et son bonnet.

Harry entra dans Gringotts en récitant dans sa tête ce qu'il allait dire au gobelin. Il avait discuté de la stratégie à adopter avec Enid. Il ignorait si ses parents avaient réellement laissé de l'argent à la banque pour lui mais le gobelin n'avait pas besoin de le savoir. Le garçon se présenta au guichet et s'éclaircit la gorge.

– J'aimerais accéder à mon coffre, dit Harry.

– Votre clef, exigea le gobelin.

– Je n'ai pas ma clef, répondit-il simplement. Elle a été détruite la nuit où mes parents sont morts.

– Votre nom ?

– Harry Potter.

Ce dernier fit glisser son bonnet ce qui révéla sa cicatrice. Le gobelin l'observa un instant puis il sortit un parchemin et y inscrivit quelque chose.

– Bien, asseyez-vous, dit-il en désignant une porte à côté du guichet et le parchemin s'envola.

Harry remit son bonnet et se dirigea vers la porte. De l'autre côté, se trouvait une pièce avec plusieurs fauteuils et Harry s'assit dans l'un d'eux. Il n'eut pas à attendre longtemps pour qu'un gobelin ne vienne le trouver.

– Mr Potter ? demanda-t-il.

– Oui, répondit l'intéressé en se levant.

– Suivez-moi.

Harry le suivit jusqu'à un bureau de l'autre côté de la galerie. Lorsque la porte se referma derrière lui, il retira son bonnet.

– Asseyez-vous, l'invita le gobelin en prenant place derrière le bureau.

Harry s'exécuta et le gobelin sortit un parchemin et une plume.

– Bien, Mr Potter, vous avez sollicité le service des clefs perdues. A quand remonte la perte de votre clef ?

– Elle a été détruite la nuit où mes parents sont morts, relata Harry.

– Pourquoi vous ou votre tuteur ne vous êtes pas présentés plus tôt ? demanda le gobelin qui commençait à écrire.

– Ma tante est une moldue, répondit Harry. Et je viens de recevoir ma lettre pour Poudlard aujourd'hui. Je n'avais pas besoin d'accéder à mon coffre avant.

Le gobelin hocha la tête, inscrivit encore quelques mots et présenta le parchemin à Harry.

– Signez ici, lui dit-il en désignant du doigt le bas du document.

Mais le gobelin ne lui donna pas sa plume. Il en sortit une autre, noire et longue. Harry comprit de quoi il s'agissait lorsqu'il ne lui donna pas d'encre non plus. Le garçon commença à tracer les lettres de son prénom. Elles avaient la couleur rouge de son sang. Lorsqu'il eut apposé la dernière lettre à son nom, l'inscription s'illumina. Le gobelin se saisit du parchemin et se leva.

– Patientez un instant, dit le gobelin.

Y avait-il réellement un coffre à son nom ou serait-il contraint d'échanger les billets qu'il avait glissé dans sa poche en galions ? Il ne tenait pas en place. Il se leva et fit les cents pas dans la pièce. L'attente lui sembla interminable alors qu'en réalité seule une dizaines de minutes s'étaient écoulées. La porte s'ouvrit enfin et le gobelin entra dans le bureau. Il arriva au niveau de Harry tenant un petit objet doré dans la main.

– Voici Mr Potter, dit-il en lui tendant sa clef. Ne la perdez pas. Les frais de fabrication de votre nouvelle clef ont déjà été prélevés dans votre coffre.

Harry laissa s'échapper un soupir de soulagement et pris la clef.

– Combien y a-t-il d'argent ? Est-ce que je peux y accéder ? demanda-t-il précipitamment.

– Vous devez vous présenter au guichet pour cela, répondit le gobelin en ouvrant la porte du bureau et en lui faisant signe de sortir.

– Oh… bien sûr, dit Harry une fois dans la galerie. Merci beaucoup Maître Gobelin.

Le garçon s'inclina.

– Bonne journée Mr Potter, répondit le gobelin en s'inclinant à son tour.

Harry n'avait fait que quelques pas en direction du guichet lorsqu'un homme l'aborda.

– Est-ce que j'ai bien entendu ? Mr Potter ? Harry Potter ? demanda-t-il et ses yeux se portèrent sur son front.

Harry se rendit alors compte que dans son excitation il n'avait pas pensé à remettre son bonnet.

– C'est un honneur, continua l'homme.

Ce dernier retira son chapeau pointu et serra vigoureusement la main de Harry.

– Euh…, hésita Harry.

– Rhys Jones, se présenta celui-ci. Je me dois de vous remercier pour ce que vous avez fait. Vous nous avez tous sauvés. Surtout quand je pense à mon cousin Lewis. Il était Auror. Ils sont venus le tuer avec sa femme et ses enfants. C'était en 1979… terrible nuit…Mais vous nous avez libérés de Celui-Dont-On-Ne-Doit- Pas-Prononcer-Le-Nom. J'ai du mal à trouver les mots pour vous dire à quel point je vous suis reconnaissant.

Cette conversation commençait à mettre Harry mal à l'aise. Il enfonça son bonnet sur sa tête et décida de couper court à la discussion.

– Enchanté Mr Jones, mais je dois y aller, dit-il en désignant le guichet.

– Oui, bien sûr. Au revoir Mr Potter.

Une fois hors de la banque il contempla la rue qui s'étendait devant lui. Jamais il n'avais pensé pouvoir posséder un jour autant d'argent. Et pourtant, son coffre était rempli d'or et le garçon en avait mis de grosses poignées dans son sac à dos. Harry allait enfin pouvoir s'acheter des choses qui seraient vraiment à lui. Il devait trouver un hibou pour envoyer sa réponse mais la toute première chose qu'il voulait acheter était sa baguette. Il se dirigea vers la boutique d'Ollivander mais il constata qu'elle était bondée et que plusieurs personnes attendaient déjà à l'extérieur. Il poursuivit sa route en direction d'un autre fabricant de baguettes qu'il avait découvert lors de ses explorations passées du Chemin.

Une clochette tinta lorsque Harry poussa la porte. Harry entra dans ce qui n'était pas vraiment une boutique mais plutôt un atelier. Plusieurs tables de travail se tenaient au centre de la pièce et des rayonnages s'élevaient le long des murs. Les étagères supportaient des morceaux de bois de toutes sortes et d'autres éléments qui entraient dans la composition des baguettes. Un jeune homme était assis à l'une des tables. Il travaillait le manche d'une baguette à l'aide d'un petit instrument.

– Bonjour, lança Harry.

Le jeune homme lui répondit mollement, toute son attention portée sur la baguette qu'il avait entre les mains. Il finit par relever la tête et scruta Harry.

– C'est pour quoi ? demanda-t-il.

– J'aimerais acheter une baguette, répondit Harry.

– Première baguette ?

– Oui.

– Maître Bromley, appela le jeune homme. Un client pour vous.

Il reprit son travail et un homme à l'air bougon entra par une porte située au fond de l'atelier. Il était plus âgé et portait une barbe poivre et sel.

– Première baguette, hein ? On n'en fait pas beaucoup ici, dit-il. Par ici.

Harry suivi l'homme jusqu'à l'une des tables un peu à l'écart. Il sortit un mètre ruban et ce dernier commença à prendre seul les mesures de Harry.

– Il va falloir retirer le bonnet, grommela Bromley qui disposait différents morceaux de bois sur la table.

Le garçon s'exécuta et le mètre prit les mesures de sa tête. Bromley releva les yeux et se figea lorsque son regard se posa sur le front de Harry.

– Par la barbe de Merlin ! s'exclama-t-il. Tu es Harry Potter !

– Euh oui…, répondit faiblement celui-ci.

– Harry Potter dans mon atelier ! Ce sera un grand honneur pour moi de fabriquer votre baguette, Mr Potter, réplica l'artisan d'un ton solennel.

Harry ne sut quoi répondre mais Bromley le fit s'approcher de la table. Le garçon passa sa main au-dessus des morceaux de bois jusqu'à trouver celui qui s'alliait le mieux à sa magie. Il fit ensuite de même avec l'élément qui viendrait constituer le cœur de la baguette. Lorsqu'il eut finit, l'artisan reprit la parole :

– Votre baguette sera prête dans une heure Mr Potter.

Harry était de retour sur le Chemin de Traverse. Il prit la direction du bureau de poste quand il s'arrêta pour réfléchir. Ne serait-il pas plus pratique d'avoir son propre hibou ? Surtout s'il voulait recevoir son courrier lorsqu'il était à Milton End ? Il savait que la maison étant incartable, les hiboux qui ne s'y étaient pas déjà rendus ne pourraient pas la trouver. Et puis ce serait beaucoup plus simple que de toujours avoir à aller au bureau de poste pour envoyer une lettre. Harry fit demi-tour et entra dans Le Royaume du Hibou. Il prit son temps et étudia les différentes espèces de hiboux et de chouettes juchés sur des perchoirs. Finalement il quitta l'animalerie avec une chouette hulotte. « Considérée comme très banale par certains mais parcourt sans problème le territoire britannique et atteint sans peine le continent. Un bon investissement et un très bon choix pour un premier hibou » lui avait assuré le vendeur.

– Je vais t'appeler Nyx, lui dit Harry qui la fit sortir de sa cage.

La chouette émis un hululement d'approbation et Harry lui tendit sa réponse pour Poudlard qu'elle prit dans son bec.

– Apporte ça à Poudlard, lui dit-il. Ensuite tu viendras me retrouver à Privet Drive. Mais attends-moi dehors, je ne veux pas que les Dursley te voient.

La chouette hulula et prit son envol.

Il restait encore un peu de temps à Harry avant de devoir retourner chercher sa baguette. Il sortit sa liste et décida de commencer par ses nouvelles robes de sorcier. Il entra chez Mme Guipure Prêt à Porter pour Mages et Sorciers. Tous les employés étaient déjà occupés avec les clients et Harry déambula dans la boutique. Il examina les vêtements exposés en attendant son tour.

– Mon garçon, c'est à toi, l'interpela l'une des employée.

La jeune femme lui fit signe de la suivre et Harry monta sur un tabouret en face d'un grand miroir.

– Première année ? demanda-t-elle en lui faisant essayer une robe noire.

– Oui, répondit Harry.

Harry observa les clients autour de lui alors que la jeune femme ajustait le vêtement. Il y avait un autre garçon sur le tabouret voisin. Il devait avoir entre seize et dix-sept ans et était vêtu d'une robe noire de Poudlard bordée de jaune. Il discutait avec entrain avec un autre garçon et une fille du même âge et ils ne remarquèrent pas Harry. Ce dernier dut retirer son bonnet pour essayer son chapeau pointu et bien que l'employée eut remarqué sa cicatrice, elle ne fit aucun commentaire.

– Ca y est, dit la vendeuse. Je prépare tes vêtements et tu pourras les récupérer en caisse.

– J'aimerais me faire faire d'autres robes en plus, expliqua Harry.

Et il dicta à l'employée les articles qu'il souhaitait acheter alors que la jeune femme prenait des notes sur un calepin. Il choisit un ensemble de robes pour la mi-saison et un pour l'hiver ainsi qu'une cape marron foncé à capuche.

– Et il me faudrait un enchantement sur la capuche pour l'empêcher de glisser, et aussi une poche munie d'un enchantement d'extension, ajouta-t-il.

– C'est noté, par contre ça va prendre du temps, il faudra repasser cet après-midi, expliqua-t-elle.

– Pas de problème.

L'heure était écoulée, et Harry se présenta une nouvelle fois à l'atelier de Maître Bromley. Cette fois-ci l'apprenti ne le quitta pas des yeux lorsqu'il entra et son regard était rempli de fascination ce qui mit Harry une nouvelle fois mal à l'aise.

– Voici pour vous, Mr Potter, lui dit l'artisan en posant une boîte étroite devant Harry.

Ce dernier l'ouvrit et en sortit la baguette. Il la prit en main et fit un mouvement ample du bras. Il sentit sa magie monter en lui, et quand elle atteint sa baguette, elle la parcourut avec fluidité. Une gerbe d'étincelles multicolores sortit de la baguette.

– Vingt-huit centimètres, bois de prunelier et crin de sombral, énonça l'artisan avec une expression de fierté. Combinaison très puissante et à l'image d'un héro tel que vous.

– Parfait, s'exclama Harry avec un grand sourire.

Il s'acquitta du nombre de pièces d'or nécessaires et quitta l'atelier pour se rendre chez Petterson Maroquinerie Magique. Il voulait se procurer un étui pour pouvoir transporter sa baguette. Il avait lu sur l'importance de bien choisir son équipement dans la préface de L'art du duel. La boutique offrait une grande variété de modèles. Harry choisit un étui polyvalent enchanté pour être invisible aux yeux des moldus et qui permettait de porter sa baguette à la ceinture, au bras ou à la jambe. Il acheta en plus un nouveau sac à dos pour aller en cours, une bourse pour ranger son or et une malle. Il choisit le modèle supérieur avec multiples compartiments et un compartiment secret pouvant être ouvert uniquement par lui.

Harry entendit son estomac gronder et prit un déjeuner rapide au Chaudron Baveur qu'il conclut par une grande coupe de glace achetée chez Florian Fortarôme. Il se rendit ensuite chez Fleury et Bott où il acheta de nombreux livres en plus de ceux indiqués sur sa liste. Il dut se limiter lorsque la pile d'ouvrages qu'il avait dans les bras l'empêchait de voir où il mettait les pieds. Il mit le tout dans sa malle. Il y mit aussi le reste de ses achats du jour qui consistaient en un télescope, tout le matériel nécessaire à la préparation de potions ainsi que des plumes, parchemins, et divers carnets de notes et encres colorées qui semblaient lui être utiles pour ses études. Ensuite il retourna chez Mme Guipure pour récupérer sa commande puis il appela le Magicobus d'un mouvement de baguette.


Harry prit une nouvelle fois le Magicobus pour retourner à Londres le lendemain matin. Il n'avait pas eu le temps d'aller chez l'apothicaire la veille et il avait des courses à faire dans l'Allée des Embrumes. Pour cette raison il avait fait rentrer Minuit dans la poche de sa nouvelle cape. Il fit sortir le chat une fois arrivé dans l'allée et il se rendit d'abord chez l'apothicaire où il acheta bien plus ingrédients qu'il n'était demandé sur sa liste. Ensuite il se rendit dans une librairie sombre et poussiéreuse du nom de Darkley et Cabby. Il n'y avait qu'un seul autre client. Il s'agissait d'un homme aux cheveux noirs et gras qui lui tombaient sur les épaules. Il feuilletait un livre dans la section « potions » de la librairie. Il s'écarta vivement lorsqu'il vit Minuit et le laissa passer puis il observa attentivement Harry. Il ne pouvait pas voir son visage dans l'ombre de sa capuche. Harry l'observa un instant en retour avant de porter son attention sur les étagères remplies de livres. Il quitta la librairie avec un manuel d'occlumencie qui offrait bien plus d'explication sur sa mise en pratique que le livre qu'il avait trouvé dans la maison de Milton End et un ensemble d'ouvrages écrits par un ancien professeur de Durmstrang sur l'emploi des maléfices. La veille au soir il s'était aperçu que sa nouvelle baguette ne lui permettait pas d'ouvrir le portail. Il pensait trouver un livre qui traitait des enchantements de protection des bâtiments dans la librairie mais il n'avait rien trouvé qui lui convenait. Il chercherait dans les notes de Charles Akenham une solution à son problème.

Il arriva à Little Whinging dans l'après-midi et il fut accueilli à la sortie du Magicobus par un hululement. Sa chouette le rejoignit en un battement d'aile et vint se poser sur son épaule. Harry retira l'enveloppe qu'elle tenait dans le bec et la glissa dans sa poche.

– Je vais te montrer un endroit où tu pourras m'apporter mon courrier quand je ne serai pas à Poudlard, lui dit-il.

Il fit entrer Nyx dans la maison de Milton End et le rapace vint se percher dans sa cage ouverte posée sur le guéridon.

– J'ai reçu une réponse, informa-t-il Enid en décachetant la lettre.

Cher Mr Potter,

Nous avons bien reçu votre hibou. Veuillez trouver ci-joint votre billet. Il vous sera nécessaire afin de monter à bord du Poudlard Express.

Bien à vous,

Minerva McGonagall

Harry occupa le reste de l'été à lire ses manuels scolaires et à s'entraîner avec sa baguette. Tous les sortilèges lui paraissaient beaucoup plus faciles maintenant qu'il utilisait une baguette qui ne lui résistait pas. Ce fut quand arriva la fin du mois d'août que Harry se dit qu'il était peut-être temps d'annoncer aux Dursley qu'il irait à Poudlard dans quelques jours et non dans le collège publique de son secteur. Il avait mis la dernière dose de Radices cogitatus agere qui lui restait dans le thé et posa les victuailles sur la table de la cuisine lorsque les Dursley entrèrent dans la pièce. Harry attendit que son oncle ait bu la première gorgée de son thé pour prendre la parole.

– Je voulais vous dire, je pars dans deux jours et je reviendrait en juin prochain.

– Mmh… ? fit l'oncle Vernon.

– J'ai été accepté dans une école qui s'appelle Poudlard, c'est un pensionnat, c'est pour ça que je serai parti pour toute l'année scolaire.

Le marmonnement d'approbation de son oncle fut couvert par le couinement de sa tante qui plaqua ses mains sur sa bouche. Elle regarda Harry avec une expression d'horreur. Le garçon se rendit alors compte qu'il avait été trop rapide et que sa tante n'avait pas encore bu son thé.

– Comment as-tu découvert l'existence de Poudlard ? demanda-t-elle dans un souffle.

– Tu savais ! l'accusa Harry en bondissant de sa chaise. Je me demandais si tu savais pour ma mère, mais apparemment tu en sais beaucoup plus.

– Bien sûr que je sais pour ma sœur. Nos parents étaient si fiers quand elle a reçu cette maudite lettre, si fiers d'avoir une sorcière dans la famille. Mais moi, je la voyais comme elle était vraiment, un monstre. Et toi bien sûr tu es comme elle et comme ton père, un monstre anormal et dégénéré.

Dudley s'était figé, il observait la scène devant lui sa cuiller de céréales immobile à quelques centimètres de sa bouche grande ouverte.

– Il est hors de question que tu y ailles, s'exclama Pétunia d'une voix suraiguë. Avec Vernon, on s'était promis qu'on mettrait fin à tout ça, n'est-ce pas Vernon ?

– Je suis sûr qu'oncle Vernon est d'accord pour que j'y aille, coupa Harry.

– Tu peux y aller, répondit-il simplement.

– Qu'est-ce que tu as dit ? demanda Pétunia les yeux ronds.

Elle dévisagea son mari puis regarda Harry. Une lueur d'effroi traversa son expression lorsqu'elle comprit la situation.

– Harry, qu'est-ce que tu lui as fait ? Je sais que tu lui as fait quelque chose ! hurla-t-elle.

– J'ai juste fait de la magie, je suis un sorcier après tout, répliqua Harry.

– Mais pourquoi lui faire ça ? demanda-t-elle.

– Parce que je peux le faire, répondit-il simplement. Et parce que c'est plus facile comme ça.