3 – Poudlard
Harry poussa son charriot le long de la voie 9¾. Il était encore tôt et le quai était calme. Le garçon s'arrêta devant un vendeur de journaux et lui acheta l'édition du jour de la Gazette du Sorcier. Il ne savait pas combien de temps allait durer le trajet et il voulait un peu de lecture légère en plus des innombrables livres qu'il avait fait rentrer dans sa malle. Harry monta d'abord la cage de Nyx à bord du train puis hissa sa valise. Il trouva un compartiment vide à l'écart des autres élèves et s'y installa. Il sortit un livre de sa malle et commença à lire, ne prêtant aucune attention aux élèves qui se pressaient et à la foule qui grossissait à mesure que l'heure du départ approchait.
Le train avait déjà quitté la gare lorsque quelqu'un frappa à la porte du compartiment. Cette dernière s'ouvrit sur un garçon aux cheveux roux.
– Je peux m'assoir ? demanda-t-il. Tous les autres compartiments sont pleins.
Harry leva les yeux de son livre et hocha la tête. Le garçon roux vint s'assoir face à lui. Deux autres garçons roux plus âgés, de toute évidence des jumeaux, entrèrent à leur tour dans le compartiment.
– Ah, tu es là Ron, dit l'un.
– On va rejoindre Lee dans son compartiment, continua l'autre.
Puis l'un des jumeaux remarqua Harry.
– Salut, lui dit-il.
– Salut, répondit Harry.
– Première année ? demanda le second jumeaux.
– Oui, répondit Harry.
– Fred et Georges Weasley, se présentèrent-ils à l'unisson.
– Harry Potter.
Les jumeaux le dévisagèrent puis échangèrent un sourire.
– Tu es vraiment Harry Potter ? demanda l'un d'eux.
– Euh, oui, répondit Harry.
– Whaoh… fit le garçon prénommé Ron.
– Bon, on file, à plus tard Ron.
– A plus tard Harry.
Et les jumeaux quittèrent le compartiment. Une fois que Ron se fut remis de sa stupéfaction à découvrir la véritable identité de Harry, les garçons commencèrent à discuter. Ron lui parla de ses frères et de sa sœur et après un certain temps Harry reporta son attention sur son livre.
Puis dans l'après-midi, on frappa à la porte. Un garçon blond, joufflu et à l'air timide était accompagné d'une fille aux cheveux bruns ébouriffés.
– Vous n'auriez pas vu un crapaud ? demanda-t-elle d'un ton autoritaire. Neville a perdu le sien.
– Non, pas vu, répondit Harry alors que Ron se contenta de secouer la tête. Mais je crois savoir comment le retrouver.
– Vraiment ? demanda timidement Neville.
– Est-ce que tu as essayé d'utiliser un sortilège de localisation ? s'enquit Harry.
– Un quoi ? demanda Ron.
– Un sortilège de localisation, répéta Harry. Comment s'appelle ton crapaud ?
– Trevor, répondit faiblement Neville.
– Il existe plusieurs sortilèges de localisation, continua Harry. La formule c'est Pointe-moi et tu rajoute ce que tu cherches, pour ton crapaud ça donne Ponte-moi Trevor, et ensuite tu n'as qu'à te laisser guider par ta baguette. Je pense que tu pourrais aussi utiliser Revelio, mais je ne connais pas la formule spécifique pour les crapauds.
Neville et Ron le regardèrent avec des yeux ronds.
– Je n'ai jamais entendu parler de ces sortilèges, dit la fille. Ils ne sont pas dans notre manuel, où est-ce que tu les a trouvés ?
– Non ce n'est pas au programme de la première année. Je les ai trouvés dans un livre de sortilèges plus avancés, répondit Harry.
– Oh toi aussi tu as lu des livres en plus de ceux de la liste ? demanda-t-elle intéressée et elle vint s'assoir sur la banquette à côté de Harry. Moi aussi. Mes parents sont tous les deux des moldus, alors dès que j'ai su que j'allais aller à Poudlard, j'ai lu tous les livres du programmes et des livres en plus pour ma culture générale. Oh mais je ne me suis pas présentée, je m'appelle Hermione, Hermione Granger.
– Harry Potter et oui j'ai lu beaucoup de livres qui n'étaient pas sur notre liste, répondit Harry.
– Harry Potter ! J'ai lu tellement de livres sur toi et sur comment tu as vaincu Tu-Sais-Qui.
– Ah…fit Harry d'un ton las.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione.
– Rien, c'est juste que je n'aime pas lire des livres sur moi, répondit Harry. Les auteurs me voient comme un héro alors que j'avais juste un an quand ça s'est passé, je ne me souviens même pas de cette nuit, et surtout ils écrivent sur moi sans même me connaître.
– Mm… je comprends, n'en parlons plus. Est-ce que tu as aussi essayé de faire de la magie ? Moi j'ai essayé et tous mes sortilèges ont fonctionné.
– Oui, j'ai déjà lancé plusieurs sortilèges et j'ai aussi déjà fait des potions.
– Oh vraiment ? fit Hermione impressionnée. Je pensais que tu avais été élevé par des moldus.
– J'ai tout appris dans les livres.
– Je suis vraiment impressionnée. Est-ce que tu veux aller à Serdaigle ?
– Je ne sais pas, répondit sincèrement Harry.
– Je suis sûr que j'irais à Poufsouffle, se lamenta Neville. J'ai déjà perdu Trevor.
– Mieux vaut Poufsouffle que Serpentard, lança Ron.
– Pourquoi est-ce que tu dis ça ? demanda Hermione.
– Tout le monde sait que Serpentard est rempli de futurs mages noirs, répondit Ron.
– Ce n'est pas vrai, répondit Harry. Il y a eu des mages noirs issus de toutes les maisons au cours de l'Histoire.
Ron le regarda avec des yeux ronds, comme s'il ne croyait pas un mot de ce que Harry venait de lui dire. Et pourtant c'était bien vrai, bien que Charles eut été un élève de Serpentard, Enid, elle, avait été une élève de Serdaigle.
– Et moi, qu'est-ce que fais pour Trevor ? demanda timidement Neville
– Tu devrais utiliser le premier sortilège que je t'ai conseillé, lui dit Harry. Tu te souviens ? La formule c'est Pointe-moi Trevor.
– Je ne peux pas, j'ai oublié ma baguette dans mon compartiment.
– Et bien retourne la chercher dans ce cas.
– Sinon, demande à un préfet, lui conseilla Ron. Mon frère Percy m'a dit qu'ils sont là pour nous aider quand on est en première année.
– D'accord, dit Neville et il quitta le compartiment.
– Et toi dans quelle maison tu veux aller ? demanda Hermione à Ron.
Mais Ron n'eut pas le temps de répondre car la porte du compartiment venait de s'ouvrir sur trois garçons que Harry ne connaissait pas. L'un d'eux était blond au teint pâle. Il entra, suivi par deux garçons grands et massifs qui restèrent en retrait.
– On dit partout que Harry Potter est dans ce compartiment, lança le garçon au teint pâle. C'est toi ?
– Oui, répondit Harry.
– Lui c'est Crabbe, et lui c'est Goyle, moi je m'appelle Drago Malfoy, dit ce dernier.
– Salut, répondit Harry.
– Hermione Granger, se présenta celle-ci.
– Granger ? répéta Malfoy d'un ton hautain. Jamais entendu ce nom avant. Est-ce qu'au moins tes parents sont des sorciers ?
– Non, mes parents sont des moldus, répondit fièrement Hermione.
– Des moldus, répéta Malfoy avec dédain. C'est une honte qu'on laisse des gens comme toi fréquenter Poudlard,
– C'est quoi ton problème avec les gens comme elle ? demanda fermement Ron qui s'était levé d'un bond de son siège.
– Inutile de te demander ton nom, lui répondit Malfoy en observant son interlocuteur de la tête aux pieds. Mon père m'a appris à reconnaître les Weasley : des cheveux roux, des tâches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir, ou leur payer des vêtements neufs.
Ron était devenu écarlate et Hermione avait ouvert la bouche indignée.
– Fais bien attention à qui tu fréquentes Potter, ajouta Malfoy. Tu ne devrais pas traîner avec la racaille. Si tu veux éviter les gens douteux je peux te donner des conseils.
– Je n'ai aucun mal à repérer les gens douteux dans ce compartiment, répondit Harry en balayant Malfoy, Crabbe et Goyle du regard.
– Fais attention à ce que tu dis Potter ou tu vas finir comme tes parents.
– Tu penses me faire peur ? lui demanda froidement Harry. Est-ce qu'au moins tu est capable de mettre toi-même ta menace à exécution ? Ou bien tu vas demander à ton père Mangemort de le faire à ta place ?
– Je t'interdis de dire du mal de mon père, Potter. Tu ne sais pas à qui tu as affaire, lança Malfoy.
– Ne t'en fais pas, je sais très bien à qui j'ai affaire et je ne ferais pas la bêtise de sous-estimer mes adversaires, rétorqua Harry. Et puis, j'ai le droit de dire que ton père était un soldat de Voldemort.
Ron émit un couinement, et Malfoy, Crabbe et Goyle, regardèrent Harry d'un ton livide. Malfoy l'avait vraiment énervé. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Dudley quand il entendait Malfoy parler.
– On ne prononce pas le nom du Seigneur des Ténèbres, dit Malfoy entre ses dents.
– Je l'ai déjà vaincu une fois, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas dire son nom, répliqua fièrement Harry.
– Je vais le dire à mon père, dit Malfoy d'un ton hargneux.
Il tourna les talons et quitta le compartiment suivi de ses deux comparses.
Harry s'était attendu à beaucoup de choses en ce qui concernait le moyen avec lequel les élèves étaient répartis entre les différents maisons, mais pas à un vieux chapeau rapiécé qui parlait. Il observa les élèves s'avancer à tour de rôle. Le chapeau entrait-il dans l'esprit des élèves pour déterminer leur personnalité ? Mais Harry n'eut pas à tergiverser longtemps car le Professeur McGonagall appela son nom. Un murmure s'éleva dans toute la salle et Harry s'avança vers le tabouret. Les regards de tous les élèves étaient posés sur lui. Il s'assit et posa le Choixpeau sur sa tête.
– Mmh…, fit une voix dans la tête de Harry. Beaucoup de talent, oui, et quel esprit ! Tu pourrais réaliser de grandes choses.
Vraiment ? pensa Harry.
– Oui vraiment, lui répondit le Choixpeau.
Le chapeau était bel et bien entré dans son esprit, il avait entendu sa pensée et lui avait répondu. Harry se demandait de quel type de magie il pouvait bien s'agir. La bibliothèque de Poudlard était très réputée, il espérait y trouver la réponse.
– Et quelle soif de savoir, tu ne t'arrêtes donc jamais de réfléchir ? poursuivit le Choixpeau. Je sais exactement où t'envoyer : SERDAIGLE !
Harry se leva sous les applaudissements et se dirigea vers la table de Serdaigle. De nombreux élèves de sa nouvelle maison s'étaient levés pour venir lui serrer la main et lui souhaiter la bienvenue. Harry se contenta de répondre d'un signe de tête, ne sachant pas exactement comment répondre à ce genre de situation. Lorsque le calme fut retombé, Harry vint s'assoir en face d'un préfet du nom de Terence Branton, et le professeur McGonagall appela les noms suivants de sa liste. Après que les derniers élèves eurent été répartis, le professeur Dumbledore se leva
– Bonsoir à tous, dit-il. Je tenais tout d'abord à vous souhaiter la bienvenue pour cette nouvelle année, et je vous demande de saluer le retour parmi nous du professeur Quirrell. Le professeur Quirrell rentre d'une année de préparation sur le terrain et il sera votre nouveau professeur de défense contre les forces du mal.
Un homme portant un grand turban violet se leva. Il fit un signe de tête timide à l'assemblée et se rassit rapidement. Le regard de Harry se posa alors sur le professeur assis à côté du professeur Quirrell. Il s'agissait d'un homme aux cheveux noirs longs et gras et au nez crochu. Harry était sûr de déjà l'avoir vu mais il ne parvenait pas à se souvenir où.
Mais la réflexion de Harry fut interrompue lorsque la table se couvrit de victuailles. Il resta un moment bouche bée, puis il entendit son prénom.
– Harry ? répéta Terence. Tu ne manges pas ?
– Euh… si, si, répondit-il hâtivement.
Il remplit son assiette de nourriture et commença à manger.
– Qui est le professeur à côté du professeur Quirrell ? demanda Harry à Terence.
Le préfet tourna la tête en direction des professeurs avant de faire de nouveau face à Harry.
– C'est le professeur Rogue, répondit-il. C'est le professeur de potions et le directeur de Serpentard.
– Mais tout le monde sait qu'il est très savant en magie noire, renchérit un autre élève assis un peu plus loin. Ca fait des années qu'il demande à Dumbledore de lui donner le poste de défense contre les forces du mal.
– Comme tous les ans, expliqua Terence avec un soupir. Et on a toujours un professeur différent. J'espère que le professeur Quirrell est compétent, je passe mes BUSE à la fin de l'année.
Très savant en magie noire ? Cette information en était des plus intéressante. Harry se souvint alors où il avait déjà vu le professeur Rogue. C'était dans la librairie dans l'Allée des Embrumes. Harry l'observa furtivement mais le professeur Quirrell se pencha à ce même moment et tourna la tête vers le professeur Rogue pour lui parler. Le garçon dut s'avancer un peu plus sur son siège pour voir le visage du professeur de potions. Ce fut à ce moment que Harry ressentit une vive douleur au niveau de sa cicatrice. Il émis un sifflement de douleur et plaqua sa main sur son front.
– Tout va bien, Harry ? lui demanda Terence.
– Oui, ça va, répondit Harry en retirant la main de son front.
Mais Harry n'eut pas à donner plus d'explications. L'attention des élèves fut attirée par les desserts qui venaient d'apparaître sur la table.
– Les première année, par ici, appela Terence à la fin du dîner.
Après avoir gravi de nombreuses marches et parcouru de nombreux couloirs, le groupe d'élèves s'arrêta devant une porte de bois munie d'un heurtoir d'argent en forme d'aigle.
– A la différence des autres maisons, il n'y a pas besoin de mot de passe pour entrer dans la salle commune, expliqua une préfète du nom de Pénélope Deauclaire. Tout ce qu'il faut, c'est savoir répondre à la devinette.
Pénélope frappa un coup au heurtoir et celui-ci s'anima.
– Qu'est-ce qui fait le tour du bois sans pouvoir y entrer ? demanda le heurtoir.
– Oh, je sais, s'exclama une élève d nom de Padma Patil, l'écorce.
– Bonne réponse, répondit le heurtoir.
La porte s'ouvrit et Harry suivit le groupe d'élèves à l'intérieur. La salle commune était spacieuse et circulaire. De hautes fenêtres en arcades s'élevaient à intervalle régulier. On pouvait y voir les montagnes environnantes. Entre les fenêtre, les murs étaient couvets de hautes bibliothèques ou de tentures bleues et bronzes. Un peu plus loin, un feu crépitait dans l'âtre. De nombreux fauteuils ainsi que plusieurs tables entourées de chaises étaient disposés dans la pièce. Les préfets s'arrêtèrent au centre de la salle commune, où un petit professeur les attendait déjà.
– Bienvenue à Serdaigle, leur dit-il d'une voix fluette. Je suis le professeur Flitwick, directeur la maison Serdaigle. Vous êtes ici parmi les plus érudits et les plus studieux des élèves. Votre soif de connaissance est sans limite et votre nouvelle maison est là pour vous aider à atteindre votre objectif. Consacrez-vous à vos études et quand vous quitterez cette école, vous ferez la fierté de votre maison. Avant de vous laisser regagner vos dortoirs, un dernier mot : restez loin de cette querelle puérile qui oppose les Serpentards aux Griffondors. La porte de mon bureau vous est bien sûr toujours ouverte, si vous en avez besoin. Vos emplois du temps vous attendent dans vos dortoirs, vos préfets vont vous y conduire.
– Les filles, suivez-moi, appela Pénélope.
– Les garçons, avec moi, lança Terence à son tour.
Harry suivit le préfet. Ils se dirigèrent vers le fond de la salle commune où se tenait une statue de marbre blanc. Celle-ci représentait une femme vêtue d'une longue robe et portant un diadème. Une plaque posée sur le piédestal indiquait Rowena Serdaigle. Pénélope avait ouvert la porte se trouvant à droite de la statue et faisait signe aux filles d'entrer. Terence l'imita en ouvrant la porte située à gauche. Ils montèrent un escalier en colimaçon et après avoir gravi plusieurs étages, ils s'arrêtèrent devant une porte. Cette dernière portait 1ère année en lettres de bronze.
– Voici votre dortoir, annonça-t-il en poussant la porte. Vos bagages ont déjà été apportés et vos emplois du temps sont sur votre lit, comme annoncé par le professeur Flitwick. Cette porte mène à la salle de bain. Je vous laisse vous installer, bonne nuit.
– Bonne nuit, répondirent en chœur les garçon.
Quand Terence eut refermé la porte derrière lui, Harry prit le temps d'observer le dortoir qu'il partageait avec ses deux camarades, Anthony Goldstein et Terry Boot. La pièce comportait trois lits à baldaquin munis de rideaux bleus et chaque élève disposait en plus d'un bureau et d'une petite bibliothèque. Le mur était percé de hautes fenêtres et ils bénéficiaient de la même vue que depuis la salle commune. Harry se sentait épuisé, il enfila machinalement son pyjama, et se laissa tomber dans son lit. Il s'endormit lorsque sa tête toucha l'oreiller.
Sa première semaine de cours touchait à sa fin et Harry se rendit à la bibliothèque. Il ne lui restait que ses devoirs d'astronomie et de métamorphose à finir et ensuite il pourrait explorer pleinement la bibliothèque. Il se dirigea vers une table un peu à l'écart, lorsqu'il vit Terry, déjà installé à une autre table. Ce dernier lui fit signe de venir le rejoindre et Harry s'approcha.
– Padma ne va pas tarder, chuchota Terry. Elle est allée chercher sa sœur dans la tour des Griffondors. On s'était dit qu'on travaillerait ensemble sur le devoir de McGonagall. Tu peux travailler avec nous si tu veux.
– D'accord, répondit Harry en s'installant en face du garçon.
Il venait à peine de sortir ses livres, du parchemin et des plumes que Padma arriva.
– Parvati n'est pas là ? demanda Terry.
– Non, elle m'a répondu que ce n'était que la première semaine de cours et qu'elle ferait ses devoirs plus tard, répondit-elle.
– Je lui ai dit qu'elle avait tort et qu'il fallait prendre de l'avance dans son travail, rétorqua une voix derrière Padma.
– Salut Hermione, dit Harry lorsque la fille entra dans son champ de vision.
– Salut Harry, répondit-elle en venant s'assoir à côté de lui.
– Comment s'est passé ta semaine ? lui demanda-t-il.
– Bien, même si le cours de potions de cette après-midi était vraiment horrible, répondit-elle. Le professeur Rogue a passé son temps à favoriser les Serpentards, c'est tellement injuste, il leur a donné des points mais ne m'en a pas donnés alors que ma potions était bien meilleure et il a retiré des points à Neville lorsqu'il a dû partir à l'infirmerie après avoir fait fondre le chaudron de Seamus.
– Je crois qu'il me déteste, dit Harry.
– Qui ?
– Le professeur Rogue.
– Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-elle.
– La façon qu'il avait de me regarder, répondit Harry. Il m'a posé plusieurs questions au début du cours et…
– Et Harry a su y répondre à chaque fois et le professeur Rogue ne lui a même pas donné de points, ajouta Padma.
– Ne t'en fais pas, de toutes les façons, Rogue déteste tout le monde, le rassura Terry. Et Hermione vient de confirmer ce que j'avais déjà entendu, qu'il ne donne de points qu'à ses Serpentards. Ca n'a rien à voir avec toi.
– Tu dois avoir raison, répondit simplement Harry.
Harry ne vit pas passer ses deux premiers mois de cours. En effet, il avait pleinement de quoi se tenir occupé, d'abord par les devoirs donnés par les professeurs, mais aussi par du travail qu'il s'était lui-même donné. Tout d'abords, il consacrait une heure tous les soirs à travailler son Occlumencie. Il devait absolument apprendre à correctement fermer son esprit surtout depuis que le professeur Rogue avait essayé de rentrer dans son esprit durant le cours de potions. De plus il travaillait dans son lit, les rideaux fermés, les maléfices indiqués dans les livres qu'il avait dissimulé dans le compartiment secret de sa malle. Mais ce n'était clairement pas un environnement de travail propice, et surtout c'était dangereux. Il risquait de se blesser dans cet espace confiné ou de blesser ses camarades. Harry devait trouver un lieu où il pourrait s'entraîner sans être vu. Il avait bien sûr pensé aux salles de classe inutilisées, mais il prenait le risque de se faire surprendre par un élève ou par un professeur, ou pire de rentrer par accident dans l'aile droite au deuxième étage, lieu formellement interdit d'accès par le professeur Dumbledore. Harry repensa alors au discours du directeur le soir de la rentrée et une idée lui vint à l'esprit. Il existait un autre endroit où il était sûr de ne pas être vu, la forêt interdite. Le garçon se rendrait à la bibliothèque pour préparer son escapade.
– Les animaux fantastiques ? demanda Hermione.
– J'ai failli acheter la collection complète chez Fleury et Bott cet été mais je n'avais plus de place pour les porter, expliqua Harry. Je veux être prêt le jour où j'irai dans la forêt interdite.
– Tu veux aller dans la forêt interdite ? demanda Hermione. Mais c'est dangereux et surtout c'est interdit.
– Je sais que c'est dangereux, répondit Harry, et je ne vais pas y aller aujourd'hui. Mais je compte bien y aller un jour et pour ça je dois être préparé. Si je sais déjà ce que je peux y rencontrer alors ce sera moins dangereux. Et puis je commencerais par y aller en plein jour, et j'éviterais la pleine lune, évidemment.
Il devait se montrer d'autant plus prudent qu'il avait laissé Minuit à Lower Woodside de peur que l'un des professeur ne le remarque. Il ne pourrait compter que sur lui-même. Hermione se pencha au-dessus du livre.
– Tu penses qu'il y a des centaures ? demanda- t-elle en désignant la page du menton.
– D'après le livre, il y en a dans toute l'Europe, répondit Harry. Mais le seul moyen d'être sûr c'est d'y aller.
– Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de te promener seul dans la forêt interdite.
– Tu pourrais m'accompagner.
– Non, je ne veux pas avoir d'ennuis, et je dois faire mes devoirs pour la semaine prochaine.
Harry n'avait pas réussi à convaincre Hermione, et il se dirigea seul vers la forêt interdite. Il s'avança entre les arbres et repéra un champignon qui ne poussait que dans les forêts magiques. Il s'arrêta et le ramassa. Il en ramassa un autre un peu plus loin et se figea lorsqu'une immense silhouette se dessina au loin entre les arbres. Il se précipita vers un arbre avoisinant et se cacha derrière son tronc massif. Harry entendit un chien aboyer et il jeta un coup d'œil furtif vers la forêt. Il poussa un soupir de soulagement. La silhouette n'était que celle de Rubeus Hagrid. Le garde chasse s'approcha, accompagné d'un énorme molosse noir.
– Harry, c'est toi ? demanda-t-il.
– Bonjour monsieur, répondit le garçon en sortant de sa cachette.
– Pas de monsieur avec moi, Harry, appelle-moi Hagrid comme tout le monde. Tu devrais pas aller dans la forêt tout seul.
– Oui, je sais Hagrid, mais regardez ce que j'ai trouvé.
Harry sortit de sa poche le champignon et le montra à Hagrid.
– C'est un Chapeau bleu, c'est un champignon très rare, il ne pousse que dans les lieux où la magie est présente. Il est utilisé dans la confection de nombreuses potions, notamment…
– Doucement Harry, l'interrompit Hagrid. Comment tu sais tout ça ?
– Je l'ai lu dans Mille herbes et champignons magiques.
– Un vrai Serdaigle, répondit Hagrid avec un sourire. Viens, on sort de là.
Il fit un signe à Harry et le garçon le suivit jusqu'à ce qu'ils eurent quitté la forêt.
– Dites, Hagrid, vous devez bien connaître la forêt ? demanda Harry.
– Oh, oui, ça fait partie de mon travail comme garde-chasse, répondit-il.
– Vous devez rencontrer des animaux dangereux parfois.
– Moi, j'ai rien à craindre là-bas, les animaux me connaissent, mais toi, Harry, je veux pas de voir y retourner. Pas question d'aller chercher un champignon que t'as vu dans un livre, compris ?
– Oui Hagrid, mais vous pourriez peut-être me parler un peu de toutes les bêtes qui y vivent.
– Oh, oui, je peux t'en parler, et autour d'une tasse de thé si tu veux.
Harry suivit Hagrid jusqu'à sa cabane à la lisière de la forêt. Harry comptait bien retourner dans la forêt et il espérait que Hagrid lui donnerait des informations utiles sur les dangers qu'il pouvait y rencontrer. De plus, il ne se ferait pas prendre la prochaine fois, si Hagrid lui avait laissé finir son explication sur le champignon, il aurait su qu'il s'agissait du principal ingrédient de la potion d'invisibilité.
Harry suivait du regard les chauves-souris qui volaient dans la grande salle spécialement décorée pour le dîner d'Halloween. Il se dirigea vers la table des Serdaigles. Il ralentit lorsqu'il arriva au niveau des sœurs Patil qui échangeaient des mots rapides à voix basse. Parvati rejoignit la table des Griffondors et il entendit Padma marmonner sur le ton de l'exaspération quelque chose qui ressemblait à « pff, les garçons… ».
– Quelque chose ne va pas ? lui demanda Harry.
– C'est Parvati, elle m'a raconté ce qu'il s'est passé durant son cours de Sortilèges, commença Padma. Ron Weasley est allé dire des choses vraiment horribles à Hermione. Il a même été jusqu'à lui dire que c'était normal qu'elle n'ait aucun ami, et tout ça juste parce qu'elle a su lancer un sortilège que Ron n'a pas su lancer. Hermione a passé l'après-midi enfermée dans les toilettes à pleurer. Parvati a essayé de la faire sortir pour le dîner mais elle n'a pas voulu.
Padma alla s'assoir à la table des Serdaigles et Harry la suivit en réfléchissant à ce que sa camarade venait de lui apprendre. Il avait souvent passé du temps à la bibliothèque avec Hermione au cours de ces deux premiers mois de cours. Ils ne parlaient pas beaucoup mais étudiaient ou lisaient en silence à la même table. Est-ce que partager ce genre moments était ce que faisaient des amis ? Est-ce que Hermione était son amie ? Est-ce que Terry, Anthony et Padma étaient ses amis ? Harry ne le savait pas vraiment. Après tout, il n'avait jamais eu d'amis avant.
– Tu ne manges pas ? lui demanda Terry.
Harry sortit de sa rêverie. Son assiette était toujours vie alors que tous les autres élèves s'étaient déjà servis. Il se leva de son siège et observa la table des Griffondors. Hermione était toujours absente. Harry se résolut à agir. S'il se dépêchait, il pourrait être de retour dans la Grande Salle avant la fin du dîner, et avec Hermione si tout se passait bien.
– Où est-ce que tu vas ? demanda Padma.
– Chercher Hermione, répondit simplement Harry et il quitta rapidement la Grande Salle.
Il s'apprêtait à gravir l'escalier lorsqu'il aperçut le professeur Quirrell courir en direction de la Grande Salle. Harry se précipita derrière une tapisserie. Il jeta un coup d'œil de sous la tenture et lorsque ses yeux se posèrent sur le turban du professeur, le garçon fut frappé par une douleur intense au niveau de sa cicatrice. Il plaqua une main sur son front et une autre sur sa bouche afin d'étouffer son cri de douleur. Heureusement le professeur ne l'avait pas entendu et Harry sortit de sa cachette. Il gravit les marches quatre à quatre et courut en direction des toilettes des filles.
Harry s'arrêta devant la porte, hésita un instant puis se décida à l'ouvrir. Il passa la tête dans l'entrebâillement et le bruit de quelqu'un qui reniflait lui parvint de l'une des cabines.
– Hermione ? appela-t-il.
– Harry ? répondit-elle d'une voix tremblante. Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Je suis venu te chercher, bien sûr. Tu vas louper le dîner et en plus on a un repas spécial pour Halloween.
– Je n'ai pas faim, et je ne veux pas être à la même table que Ron.
– Aller, viens. Ron est juste jaloux parce que tu es plus douée que lui en magie.
Hermione se moucha et Harry l'entendit retirer le verrou de la porte de la cabine.
– Je t'attends dehors, dit Harry.
Il sortit des toilettes, mais au moment où il fit un pas dans le couloir, il fut submergé par une odeur nauséabonde. Il entendit un grognement sonore et il se retourna brusquement. Il se figea. Un troll avançait vers lui. Il était immense et sa tête frôlait le plafond à chaque pas qu'il faisait. Un nouveau relent pestilentiel parvint aux narines de Harry et le garçon sortit de sa stupeur. Il se précipita dans les toilettes, faisant sursauter Hermione qui était penchée au-dessus d'un lavabo.
– Hermione, cria-t-il. Il faut partir d'ici, vite.
Il la saisit par la manche et la tira vers la porte. Il stoppa net. Le troll s'était arrêté devant la porte ouverte des toilettes. Hermione poussa un hurlement strident lorsque le troll se pencha et entra dans la pièce. Harry sortit sa baguette.
– Impedimenta, cria-t-il.
Mais la peau du troll était trop épaisse et le sortilège ricocha. La créature fit un nouveau pas en avant.
– Incarcerem, lança Harry en visant les jambes du troll.
Une corde apparut et vint lier entre elles les jambes du monstre. Ce dernier tituba et perdit l'équilibre. Il s'écrasa sur les cabines dans un craquement sonore. L'énorme massue qu'il tenait à la main décrivit un arc de cercle dans le airs.
– Maintenant, hurla Harry.
Il courut vers la porte, tenant toujours fermement la manche d'Hermione. Ils esquivèrent de justesse la massue qui retomba sur les lavabos dans un bruit de faïence brisée. Ils s'apprêtèrent à prendre la direction de la Grande Salle lorsqu'ils entendirent des bruits de pas précipités.
– Par ici, dit Harry en entraînant Hermione dans la direction opposée.
Ils tournèrent à l'angle du couloir juste avant l'arrivée des professeurs. Ils s'arrêtèrent après avoir parcouru un autre couloir, à bout de souffle.
– Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda Hermione.
– Un troll des montagnes, répondit Harry.
– Je sais, ce que je veux dire c'est, qu'est-ce qu'un troll faisait dans les couloirs de l'école ? rétorqua Hermione.
– Bonne question, dit Harry en regardant sa montre. On a loupé le dîner.
– Je vais retourner dans mon dortoir.
Elle regarda Harry un instant en se tordant les mains et pris une profonde inspiration.
– Merci, finit-elle par dire. Pour tout à l'heure avec le troll.
– De rien, répondit-il.
Hermione tourna les talons et prit la direction de son dortoir. Harry l'observa s'éloigner et lorsqu'il se décida à prendre la direction de la tour des Serdaigles, il entendit des bruits de pas se rapprocher. Il se retourna et vit Hermione courir vers lui en lui faisant signe de partir.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il sans comprendre.
– Miss Teigne est dans le couloir, répondit-elle précipitamment. Rusard ne doit pas être bien loin et on ne devrait pas être là à cette heure-ci.
En effet, Miss Teigne s'approchait d'eux et Harry se décida à suivre Hermione. Ils gravirent une volée de marches mais ils furent arrêtés par une porte fermée à clef. Hermione sortit sa baguette et la pointa sur la serrure.
– Alohomora, murmura-t-elle.
La porte s'ouvrit avec un déclic et ils se précipitèrent de l'autre côté. Ils venaient d'entrer dans un couloir éclairé par la lumière vacillante de quelques torches. Ce fut lorsqu'ils virent l'énorme chien à trois têtes qu'ils réalisèrent qu'ils venaient d'entrer dans le couloir interdit du deuxième étage. Harry se figea et Hermione émit un couinement de surprise. Les trois paires d'yeux se tournèrent simultanément vers eux. Ils firent volte-face et quittèrent rapidement le couloir.
– Et ça c'était un cerbère, annonça Harry une fois en sécurité derrière la porte fermée.
– Mais pour lui j'ai ma petite idée du pourquoi il est ici, dit Hermione. Tu as vu sur quoi il se tenait ?
– Oui, j'ai vu, il est là pour garder quelque chose, caché sous la trappe.
Harry se réveilla le matin de Noël seul dans son dortoir. Il se leva et commença à s'habiller, puis s'arrêta. Son regard venait de se poser sur la pile de cadeaux posés au pied de son lit. Il n'en revenait pas, il n'avait jamais reçu de cadeaux auparavant. Il saisit le premier cadeau de la pile. Il s'agissait d'un paquet de chocogrenouilles offert par Hermione. Le deuxième cadeau était un paquet de Dragées Surprise de la part de Terry. Enfin Harry ouvrit son troisième et dernier cadeau. Un morceau de tissu argenté très léger glissa sur le sol à ses pieds. Il le ramassa et le tourna et le retourna dans tous les sens. Il s'agissait d'une cape. Harry s'avança devant le miroir et la posa sur ses épaule. Il sursauta lorsqu'il constata que seule sa tête était visible dans le miroir. Il se souvint alors de ce qu'il avait lu dans L'Art de l'Invisible. Les capes d'invisibilité étaient extrêmement rares. Harry prit la carte qui était tombée du paquet :
Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Fais en bon usage. Joyeux Noël.
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il savait exactement quel usage il en ferait. Mais la carte n'était pas signée et Harry devait réfléchir à un moyen de trouver l'expéditeur. Le soir venu, Harry descendit dans la salle commune. Cette dernière était déserte et le garçon enfila sa cape. Cela faisait déjà plusieurs mois qu'il voulait aller explorer la Réserve de la bibliothèque.
Il y aura plus d'action dans le chapitre suivant ;)
