4 – La forêt interdite

La faible lumière de janvier filtrait difficilement entre les arbres, projetant des ombres timides sur le sol gelé de la forêt. La clameur des élèves qui assistaient au premier match de Quidditch depuis la rentrée était totalement étouffée et on ne pouvait entendre que le bruit des animaux et le bruissement du vent dans les branches. Harry suivait le sentier qui menait au cœur de la forêt, invisible aux yeux de ses habitants. Il arriva dans une large clairière d'où partaient plusieurs sentiers. Le garçon choisit d'emprunter celui de droite. Sa progression devint rapidement difficile entre les épaisses racines qui sortaient de terre.

Harry se figea lorsqu'il entendit des bruits de sabots. Il se plaqua contre un arbre et observa attentivement la forêt autour de lui. Les centaures apparurent au loin entre les arbres. La horde s'arrêta un instant et repartit au galop dans la direction opposée. Harry reprit son exploration. Un peu plus loin le sentier formait une fourche. Harry se demandait quelle direction suivre lorsqu'il entendit un craquement sec au-dessus de sa tête. Il releva brusquement la tête et vit huit yeux le regarder. L'araignée qui se trouvait dans l'arbre était gigantesque. Elle devait avoir la taille d'un gros chien. Harry fit un pas sur le côté et scruta les branches des arbres avoisinants. D'autres araignées tout aussi immenses tissaient leurs toiles. Harry se résolut à revenir sur ses pas. Il retourna à la première clairière et prit un autre sentier. Il marcha encore quelques minutes et s'arrêta dans une nouvelle clairière. Un peu plus loin, la forêt s'arrêtait sur la rive du lac. Harry venait de trouver le lieu idéal, invisible depuis le château, lumineux et partiellement abrité par les arbres. Il retira sa cape d'invisibilité, s'assit sur une souche et sortit son manuel de maléfices.

Le soleil commençait à descendre dans le ciel lorsque Harry se décida à regagner le château. Il venait de pénétrer dans la large clairière qu'il avait traversé plus tôt dans la journée, lorsqu'il vit une silhouette marcher dans sa direction. Harry se figea et s'assura que sa cape le couvrait entièrement. La silhouette marcha jusqu'au centre de la clairière. Il s'agissait du professeur Quirrell. Il scruta les environs, une expression d'angoisse sur son visage. Harry réfléchit à un moyen de quitter la clairière sans être remarqué par le professeur mais une deuxième silhouette venait d'émerger d'entre les arbres. Harry reconnut immédiatement le professeur Rogue. Il arriva au niveau de son collègue en quelques enjambées.

– Je n…ne sais pas pour…pourquoi vous avez t…tenu à me ren…rencontrer ici, Severus, bégaya Quirrell.

– Je tiens à ce que notre échange reste confidentiel, répondit Rogue d'une voix glaciale. Après tout, les élèves ne sont pas censés connaître l'existence de la pierre philosophale.

– Où vou…voulez-vous en ve…venir ? demanda

Quirrell en faisant un pas en arrière.

– Vous savez exactement où je veux en venir Quirinus, rétorqua Rogue en s'avançant. Avez-vous trouvé un moyen de passer devant ce monstre sans vous faire dévorer ?

– Mais, Sev…Severus, je…, bafouilla Quirrell en faisant un nouveau pas en arrière.

– Je vous assure, Quirrel, que vous ne voulez pas que je sois votre ennemi, lui lança Rogue en s'avançant, le regard menaçant.

– J…je ne com…comprends p…pas, répondit Quirell.

Il recula de nouveau et sursauta lorsque son dos entra en contact avec un arbre.

– Très bien, si c'est à ce petit jeu que vous voulez jouer. Nous aurons bientôt une autre discussion, menaça Rogue. Et j'espère que vous aurez choisit votre camp d'ici là.

Rogue se retourna et quitta la clairière en direction du château, laissant Quirrell recroquevillé contre le tronc de l'arbre. Harry avait assisté à l'intégralité de l'échange. A présent une multitude d'hypothèses s'entrechoquaient dans son esprit. Sa réflexion fut interrompue par le professeur Quirrell. Ce dernier se redressa et quitta à son tour, chancelant, la clairière.


Le lendemain matin Harry avala rapidement son petit-déjeuner. Il observait Hermione à la table des Griffondors. Elle se leva et se dirigea vers la porte. Harry l'imita et vint à sa rencontre.

– Harry, dit Hermione. Où étais-tu hier après-midi ? Je t'ai cherché dans toute la bibliothèque et tu n'étais pas au dîner non plus.

– Viens avec moi, répondit-il. Il faut que je te raconte.

Il l'entraîna dans un couloir désert et entra dans une salle de classe vide. Il ferma la porte derrière eux et s'assit sur l'une des tables. Hermione l'imita.

– Alors qu'est-ce que tu voulais me dire ? demanda-t-elle.

– Hier j'ai été dans la forêt, commença-t-il.

– Toute l'après-midi ? Mais je croyait qu'une dose de potion ne durait que quelques heures.

– Je n'ai pas eu besoin de la potion.

Harry se leva et sortit la cape d'invisibilité de son sac.

– Je l'ai reçue pour Noël, expliqua-t-il. Elle appartenait à mon père.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.

– Une cape d'invisibilité, répondit-il en la posant sur ses épaules.

Hermione regarda avec des yeux ronds la tête de Harry qui flottait dans les airs. Le garçon retira la cape et repris sa place sur la table. Hermione prit un pan de la cape entre ses doigts et examina attentivement le tissu. Puis son expression changea. Elle pinça les lèvres et regarda Harry avec suspicion.

– Qui te l'a offerte ? demanda-t-elle.

– Je ne sait pas, répondit Harry. La carte n'était pas signée.

Il sortit la carte de son sac et la tendit à Hermione qui la saisit.

– Mmm…Je vais aller à la bibliothèque, dit-elle. Il existe peut-être un moyen de retrouver l'expéditeur.

– J'y suis déjà allé pendant les vacances, rétorqua-t-il.

– Et ?

Harry sortit un carnet de notes de son sac, l'ouvrit à la page voulue et le tendit à Hermione.

– Tous ces sortilèges permettent de retrouver l'expéditeur ou bien le chemin suivi par une lettre ou un paquet, expliqua-t-il.

– Ils ont fonctionné ? demanda-t-elle.

– Non, la personne qui m'a envoyé le paquet a dû penser que je pourrais utiliser ces sortilèges pour le retrouver. Il ou elle a jeté d'autres sortilèges sur le paquet pour empêcher ceux-là de fonctionner.

– Tu as donc déjà fait « bon usage » de ta cape ? constata Hermione en rendant à Harry la carte et le carnet.

Harry lui raconta alors ce qu'il avait vu dans la forêt et il finit son récit par l'échange qu'il avait surpris entre les deux professeurs.

– La pierre philosophale, dit Hermione pensive. Est-ce que tu crois que c'est ce qu'il y a…

– Sous la trappe, gardée par le Cerbère, l'interrompit Harry. Oui je crois c'est ça.

– Et le professeur Rogue voudrait forcer le professeur Quirrell à récupérer la pierre ? Il faudrait peut-être prévenir Dumbledore ?

– Non, on n'a aucune preuve, et on ne devrait pas savoir pour la pierre. Et Dumbledore voudra savoir comment je suis au courant et je ne veux pas qu'il sache que j'ai une cape qui me permet de me promener invisible dans le château, ni que j'étais dans la forêt, et encore moins ce que j'y faisais, expliqua-t-il.

– Et qu'est-ce que tu y faisait ?

– J'ai trouvé un endroit où je pouvais m'entraîner à lancer certains sortilèges.

– Mais je pensais qu'on travaillait nos sortilèges ensemble ? s'indigna Hermione.

– Ceux-là ne sont pas au programme de Poudlard, éluda Harry.

– Oh…

– Mais tu pourras venir la prochaine fois et on pourra s'entraîner ensemble.

Harry savait qu'en révéler autant pouvait être risqué mais il faisait confiance à Hermione. Il savait pertinemment que s'entraîner avec quelqu'un lui permettrait de progresser plus vite. De plus il voulait s'entraîner au duel et il était sûr qu'Hermione pourrait devenir rapidement un partenaire redoutable.

– D'accord, dit Hermione avec un grand sourire.


– J'aimerais bien faire cette potion, dit Hermione sans relever le nez de son livre. C'est une potion pour soigner les petites blessures. Je pense qu'elle pourrait nous être utile si on veut s'entraîner au duel. Comme ça on n'aura pas besoin d'aller voir Mme Pomfresh si on se blesse. Voyons, je pense avoir tous les ingrédients.

Elle était dans la bibliothèque, assise à une table à l'écart en compagnie de Harry. Ils attendaient Terry et Padma qui devaient les rejoindre pour réviser

– Oh non, continua Hermione. Je n'ai plus de bile de tatou.

– Il m'en reste un peu, répondit Harry. Je t'en passerai.

– Merci Harry, est-ce que tu as aussi des pétales de crocus-de-lune ?

– Non, mais il y en a dans la forêt, on en a vu dans la clairière la dernière fois.

– Mais les fleurs doivent être ramassées au clair de lune.

– On ira les récolter cette nuit alors.

– Cette nuit ? Je ne sais pas si c'est une bonne idée.

– Ne t'en fais pas on sera tous les deux. Je surveillerai les alentours et tu ramasseras les fleurs.

– D'accord, passe me prendre à la tour des Griffondors ce soir à vingt deux heures.

A vingt deux heures, Harry, couvert pas sa cape d'invisibilité, arriva devant le portrait de la Grosse Dame. Il n'eut pas à attendre longtemps. Le portrait pivota et la tête d'Hermione apparut dans l'entrebâillement.

– Je suis là, s'annonça Harry en découvrant sa tête.

Hermione lui sourit et s'avança vers lui. Le garçon les recouvrit tous les deux de sa cape. Ils quittèrent le château et traversèrent la pelouse qui s'étendait devant l'école, éclairés par le clair de lune. Ils contournèrent la cabane de Hagrid et s'arrêtèrent. La forêt s'étendait, noire et silencieuse, devant eux.

– La végétation est dense en cette saison, chuchota Hermione. On devrait pouvoir allumer nos baguettes dans quelques mètres sans être vus.

– Allons y, dit Harry.

Ils s'engagèrent sur le sentier et après avoir parcouru une cinquantaine de mètres, ils glissèrent leurs baguettes hors de la cape.

– Lumos, dirent-ils à l'unisson.

L'extrémité de leurs baguettes s'illumina et diffusait une lumière vive sur le sentier qui s'étendait devant eux. Peu avant d'arriver dans la clairière, Hermione s'arrêta brusquement.

– Regarde, chuchota-t-elle.

Il y avait une petite flaque d'un liquide argenté sur le sol.

– Est-ce que tu crois que ça pourrait être…, commença Hermione.

– Du sang de licorne, finit Harry. Il doit y avoir une licorne blessée pas loin d'ici.

– Dépêchons-nous alors de ramasser les crocus. La bête qui l'a blessée est peut-être encore dans les parages.

La clairière était entièrement baignée dans le clair de lune et ils éteignirent leurs baguettes. Les fleurs couvraient une petite parcelle sur un côté. Elles diffusaient une faible lueur rosée et semblait vibrer à la lumière de la lune. Hermione sortit de sous la cape et s'accroupit près des fleurs. Elle remplit un bocal de pétales alors que Harry faisait le guet un peu plus loin. Son regard se posa sur une masse blanche et brillante de l'autre côté de la clairière.

– J'ai fini, murmura-t-elle.

– Regarde, en face, souffla-t-il en soulevant un pan de cape pour permettre à Hermione de se glisser sous l'étoffe.

– On va voir ? demanda-t-elle.

Ils s'approchèrent de la masse blanche. Ils s'agissait d'une licorne. Elle était morte, son flanc profondément entaillé, et de nombreuses éclaboussures de sang argenté parsemaient le sol. Ils entendirent un bruissement provenant des profondeurs de la forêt et se figèrent. Il y eut un nouveau bruissement semblable au son d'une cape qui traînait sur le sol. Puis soudain, une silhouette encapuchonnée entra dans la lumière de la clairière en rampant sur le sol. Harry raffermit sa prise sur sa baguette. La silhouette s'arrêta sur la plaie béante de l'animal et commença à boire son sang. Harry et Hermione observèrent la scène en silence et parfaitement immobiles.

Des bruits de sabots se firent entendre plus loin dans la forêts. Lorsqu'ils se rapprochèrent, la silhouette releva la tête et scruta la clairière alentours. Au moment où elle regarda au travers de Harry, ce dernier fut foudroyé par une intense douleur provenant de sa cicatrice. Le garçon poussa un gémissement et tomba à genoux sur le sol. Hermione maintint fermement la cape autour d'eux et s'accroupit à ses côté. Une flèche siffla au-dessus de leurs têtes et vint ce planter dans un arbre, manquant de peu la silhouette encapuchonnée. Cette dernière se retourna précipitamment et disparut entre les arbres. Un groupe de centaures traversa la clairière au galop. De nouvelles flèches sifflèrent et les centaures disparurent à leur tour dans l'obscurité, dans la direction prise par la silhouette. L'un des centaures resta en arrière et se pencha sur la licorne morte. Harry et Hermione n'osaient pas bouger. Le centaure sembla renifler l'air. Il se tourna dans leur direction et se dirigea vers eux.

– Qui est là ? demanda-t-il. Je peux vous sentir.

Hermione fit glisser la cape et se remit debout. Harry l'imita. Ils étaient à présent visibles aux yeux du centaure. Ce dernier les détailla du regard.

– La forêt n'est pas sûre en ce moment, Harry Potter, dit-il les yeux fixés sur la cicatrice du garçon. Vous devriez tous les deux retourner au château.

– Qu'est-ce que c'était que cette chose ? demanda Harry.

– Sais-tu ce qui est caché dans l'école en ce moment ? fit le centaure.

– La pierre philosophale, répondit Harry.

– Et sais-tu à quoi elle sert ?

– A transformer les métaux en or et à fabriquer l'élixir de longue vie, répondit précipitamment Hermione.

– Exactement, répliqua le centaure. Ne connaissez-vous pas quelqu'un qui a passé des années à guetter dans l'ombre une occasion de retrouver sa puissance et son pouvoir ?

– Voldemort, répondit Harry.

– Cette chose, c'était Tu-Sais-Qui ? demanda Hermione.

– Plutôt ce qu'il reste de lui, poursuivit Harry.

– Vous devriez rentrer, je vais vous raccompagner jusqu'à la lisière, dit le centaure.


Une semaine s'était écoulée et Harry ne parvenait pas à se concentrer durant les cours. La seule chose à laquelle il pensait était sa rencontre avec Voldemort. Il marchait d'un pas distrait en direction de la bibliothèque lorsqu'il vit Hermione s'avancer vers lui d'un pas décidé. Elle s'arrêta devant lui les mains sur les hanches.

– Harry, il faut qu'on parle, lui dit-elle d'un ton autoritaire.

– De quoi ? demanda-t-il

– Tu sais très bien, de ce qui s'est passé dans la forêt, répondit-elle dans un murmure.

– Je…

– Tu n'es plus toi-même depuis cette nuit-là. Terry aussi l'a remarqué.

– D'accord…soupira-t-il.

Ils quittèrent le château et marchèrent jusqu'à la rive du lac. Ils s'assirent sur un rocher.

– Alors… ? le pressa Hermione.

– Ca fait une semaine que je n'arrête pas d'y penser, commença Harry, j'ai retourné le problème dans tous les sens, et il y a quelque chose qui ne me paraît pas logique.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– D'après le centaure, cette chose était Voldemort. J'arrive très bien à comprendre ce qu'il faisait là : il boit du sang de licorne pour survivre jusqu'à ce qu'il puisse obtenir la pierre. Dans tous les livres que j'ai lu, il était clairement indiqué que son corps a été détruit la nuit où je l'ai vaincu. Ce qui veut dire que cette chose était son esprit ou son âme et il a besoin de l'élixir de longue vie pour se fabriquer un nouveau corps.

– Mais ?

– Mais, s'il n'a pas de corps, je ne vois pas comment il pourrait mettre la main sur la pierre. Et je repense à la conversation entre Rogue et Quirrell.

– Tu penses toujours que le professeur Rogue veut forcer le professeur Quirrell à voler la pierre ?

– Oui, mais avant, je pensais que Rogue voulait la pierre pour lui, et maintenant, je crois que s'il la veut, c'est pour la donner à Voldemort.

– Je ne sais pas, Harry…

Ils restèrent un instant à observer le lac.

– J'ai une question, finit par dire Hermione. Cette nuit dans la forêt, quand Tu-Sais-Qui nous a regardé, tu...

– C'était ma cicatrice, l'interrompit Harry. Elle s'est mise à me faire mal au moment où il a regardé dans notre direction. Et ça aussi c'est une chose que je ne comprends pas. Je passe dix ans sans problèmes et dès que j'arrive ici ma cicatrice me fait mal.

– Et tu pense que Tu-Sais-Qui déclencherait la douleur de ta cicatrice ?

– Je… non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Enfin, je ne sais pas… Je voulais dire ici à Poudlard, pas dans la forêt.

– Ce n'est pas la première fois alors que ta cicatrice te fait mal ? demanda-t-elle.

– Non, répondit-il. La première fois, c'était au dîner le jour de la rentrée alors que je regardais Rogue, et la deuxième fois je croisait Quirrell dans un couloir. Mais je ne vois pas le lien entre toutes ces situations.

– Mmh…Donc ta cicatrice te fait mal en présence du professeur Rogue, puis du professeur Quirrell, et enfin de Tu-Sais-Qui.

– Attends ! Non, deux fois en présence du professeur Quirrell ! Au dîner, Quirrell était assis à côté de Rogue.

– Donc deux fois en présence du professeur Quirrell. Tu te rends compte que ça fait de lui notre principal suspect.

– Oui je sais, et j'ai du mal à y croire, il a peur de son ombre.

– Justement, ça fait de lui la victime idéale, s'exclama Hermione.

– Mais bien sûr ! s'écria Harry. Voldemort pourrait très bien le forcer ou l'envouter, ou autre chose de cet ordre.

– Mais on n'a pas de preuve.

– On va en chercher.

– Peut-être qu'on trouvera quelque chose dans son bureau, proposa Hermione.

– Tu veux dire, fouiller dans son bureau ? demanda Harry incrédule.

– Exactement.

– Mais c'est risqué, et si tu te fais prendre…

– J'irai pendant l'heure du dîner.

– C'est une très mauvaise idée, dit Harry.

– Tu as autre chose à proposer ? demanda Hermione.

– Non, concéda-t-il.

– Ce soir, au dîner, répéta-t-elle.

– D'accord, mais je viens avec toi et j'apporte la cape.


Harry et Hermione s'arrêtèrent devant la porte de la salle de défense contre les forces du mal. Tous les élèves étaient dans la Grande Salle pour le dîner. Ils entrèrent dans la salle de classe et la traversèrent jusqu'à atteindre la porte qui menait au bureau du professeur Quirrell.

– Alohomora, murmura Hermione.

Il y eut un déclic et la porte s'ouvrit. Ils ne savaient pas par où commencer à chercher mais il devait bien y avoir quelque chose qui pourrait prouver que Quirrell voulait voler la pierre ou que Voldemort le forçait à le faire. Ils avaient ouvert tous les tiroirs du bureau et s'apprêtait à fouiller la bibliothèque lorsqu'Hermione regarda sa montre.

– Le dîner sera bientôt fini, dit-elle.

– Est-ce que tu as trouvé quelque chose ? demanda-t-il

– Non, rien. Et toi ?

– Juste des carnets où il parle de son voyage en Albanie, mais rien de plus.

– On ferait mieux d'y aller.

– Encore quelques minutes.

– Je vais faire le guet dans le couloir, proposa-t-elle.

– D'accord, répondit-il en sortant la cape d'invisibilité de sa poche. Si dans dix minutes je n'ai rien trouvé, je viendrais te rejoindre.

Hermione attrapa la cape et disparut. Harry, feuilleta quelques carnets de notes. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé lorsqu'il entendit la porte de la salle de classe claquer. Il se figea. Quirrell avait-il fini de dîner ? Où était Hermione ? Il rangea précipitamment les carnets et se précipita vers la porte du bureau. Il s'arrêta de justesse avant de percuter le professeur Quirrell.

– Potter, qu'est-ce que vous faites ici ? demanda-t-il.

– Bonsoir, professeur, je…j'avais une question concernant le dernier devoir, répondit hâtivement Harry.

– Vraiment Potter ?

Et ce fut à ce moment-là que Harry fut frapper par la différence d'élocution du professeur.

– Mais vous ne bégayez plus ! s'exclama Harry. Alors c'est bien vous ! J'en étais sûr !

Quirrell ne répondit pas. Il se contenta d'avancer dans la pièce. Il fit un geste de la main et la porte du bureau claqua. Harry entendit le verrou se mettre en place.

– C'est moi quoi, Potter ? demanda le professeur.

– C'est vous qui voulez voler la pierre pour la donner à Voldemort, lança Harry.

– Vous êtes beaucoup trop curieux, Potter, et beaucoup trop futé pour votre bien.

Quirrell claqua des doigts. Des cordes surgirent de nulle part et ligotèrent Harry.

– Vous ne vivrez pas bien longtemps, Potter, le menaça Quirrell. Mon Maître sera ravi de votre disparition.

– Je vous tuerai avant que vous ne retourniez le voir ! cracha froidement Harry.

– Vraiment, et comment comptez-vous vous y prendre ?

A ce moment, Harry entendit un murmure provenant de derrière le professeur. En un instant la manche de ce dernier s'enflamma. Les flammes remontèrent rapidement le long de son bras et il poussa un hurlement de douleur. Harry vit alors l'extrémité d'une baguette qui semblait flotter dans les airs. Elle se pointa vers lui.

Finite incantatem, fit la voix d'Hermione.

Les cordes qui ligotaient Harry disparurent instantanément et le garçon saisit sa baguette. Mais Quirrell avait réussi à éteindre les flammes. Il se précipita vers Hermione et saisit la cape d'invisibilité. Cette dernière glissa et dévoila la jeune fille qui pointa sa baguette sur le professeur. Mais elle ne fut pas assez rapide et Quirrell la frappa violemment d'un revers de main. Hermione s'effondra sur le sol.

– Vous allez payer pour ça, rugit Harry. Nervos glaciare !

Le maléfice frappa Quirrell à la jambe. Il tomba lourdement sur le sol en se tordant de douleur. Harry pointa sa baguette sur la gorge du professeur et prépara son nouveau maléfice lorsque…

– Dis-moi Harry, où as-tu appris ce maléfice ?

Le sang de Harry se glaça. La voix qui avait parlé était froide et semblait venir de Quirrell mais ce n'était pas lui qui avait parlé. Cette seconde d'inattention de la part de Harry fut suffisante. Quirrell claqua des doigts et la baguette du garçon vola de sa main jusqu'à celle du professeur. Il claqua une nouvelle fois des doigts et la baguette d'Hermione qui gisait sur le sol vola à son tour dans sa main.

– Mon Maître t'a parlé, Potter, dit Quirrell. Réponds lui.

– Voldemort est ici ? demanda Harry qui s'était figé.

– Bien sûr, mon Maître ne me quitte jamais.

– Laisse-moi parler au garçon, ordonna la voix.

– Mais, Maître, vous êtes encore faible… gémit Quirrell.

– Ne me contredis pas, Quirinus, poursuivit la voix.

Le professeur se redressa difficilement et commença à défaire son turban avec son bras valide. Harry était pétrifié. Le turban tomba au sol et Quirrell pivota sur ses talons. A la place de son crâne, un visage fit face à Harry. Le visage avait des yeux rouges et deux fentes à la place des narines.

– Dis-moi Harry, était-ce la première fois que tu lançais un maléfice ? demanda Voldemort.

Mais Harry resta silencieux. Il devait absolument trouver une solution et quitter ce bureau.

– Et tu connais l'Occlumencie, poursuivit Voldemort. Je suis impressionné. Qui t'a appris ?

Harry resta silencieux. Il y eut un mouvement sur le côté et Harry vit Hermione reprendre connaissance. Elle se redressa et lorsque ses yeux se posèrent sur la scène devant elle, elle poussa un hurlement.

– Silence ! hurla Voldemort.

Hermione plaqua sa main devant sa bouche, ses yeux remplis de terreur. Voldemort reporta alors son attention sur Harry.

– Tu ne veux pas me répondre, soit. Tu as beaucoup de potentiel, Harry et de telles capacités ne devrait pas être gâchées. Viens avec moi. Nous commencerons par nous procurer la pierre philosophale et nous aurons des montagnes d'or et la vie éternelle. Je t'apprendrais des domaines oubliés de la magie que tu apprendras nulle part ailleurs. Tu auras la connaissance et nous savons tous les deux que le savoir c'est le pouvoir.

– Je ne veux pas de l'or, et je n'ai pas besoin de vous, répondit Harry.

– Je pourrais t'apprendre à ramener tes parents, qu'est-ce que en dis ?

– Je ne suis pas stupide, je sais que c'est impossible de réellement les faire revenir.

– Soit, tant pis pour toi, Harry. Si tu ne veux pas me rejoindre, tu finiras comme tes parents. Quirinus, tue-les, et commence par la Sang-de-Bourbe.

– Non ! hurla Harry en se précipitant sur le professeur.

Mais ce dernier fit un geste de la main et Harry fut projeté en arrière et heurta le bureau. Quirrell se dirigea en boitant vers Hermione. Cette dernière essaya de fuir mais il l'attrapa par les cheveux et elle poussa un hurlement. Harry ignora la douleur et se releva. Il se précipita sur Quirrell et se jeta sur lui. Le professeur lâcha Hermione et saisit Harry par le cou. Le garçon fut frapper par une douleur aiguë au niveau de sa cicatrice. Puis Quirrell relâcha sa prise. Le professeur poussa un cri de douleur et regarda ses mains se couvrir d'ampoules.

– Tues-le, ordonna de nouveau Voldemort.

Quirrell se jeta sur Harry et ils tombèrent tous les deux sur le sol. Harry essaya de se dégager et sa main entra en contact avec le visage du professeur. Ce dernier poussa un nouveau cri lorsque sa joue se couvrit de cloques. Hermione profita de ce moment pour le saisir par le col et le séparer de Harry. Ce dernier parvint à se redresser et il fit tomber Quirrell à la renverse. Il se jeta sur lui et couvrit le visage du professeur de ses mains.

– Hermione, aide moi ! lança Harry alors que Quirrell hurlait et se débattait.

Hermione s'appuya de tout son poids sur les épaules de Quirrell pour essayer de le maintenir immobile. Le visage du professeur se couvrit de d'ampoules et l'odeur de chair brûlée se répandit dans la pièce. Harry ne voyait plus rien, la douleur qui lui traversait le crâne l'aveuglait totalement. La seule chose qu'il pouvait entendre était les râles d'agonie de Quirrell suivis du bruit de verre brisé. Puis ce fut le silence et la douleur se dissipa.

Harry se détacha du professeur et roula sur le sol. Il passa ses mains sur son visage et ouvrit lentement les yeux. Hermione n'avait pas bougé, elle plaquait toujours Quirrell sur le sol ou plutôt ce qu'il en restait. Là où s'était trouvé le professeur, il ne restait qu'un cadavre carbonisé. Il se rapprocha et elle détacha ses yeux du cadavre.

– Harry qu'est-ce qu'on a fait ? dit-elle d'une voix tremblante. On a tué un professeur.

– Est-ce qu'on a réussi à tuer Voldemort ? demanda-t-il.

– Non, il s'est enfui, dit-elle faiblement en portant son regard sur la fenêtre brisée. Il s'est enfui par la fenêtre.

Harry se releva et regarda par la fenêtre. Bien sûr il n'y avait plus aucune trace de Voldemort.

– Viens, dit Harry en tendant sa main à Hermione. Il faut partir d'ici.

Elle saisit sa main et il l'aida à se relever. Harry ramassa ensuite leurs baguettes qui avaient roulé sur le sol, puis la cape d'invisibilité.

– Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Hermione.

Mais Harry n'eut pas le temps de répondre. La porte du bureau vola hors de ses gonds et le professeur Dumbledore se précipita dans la pièce.

– Mr Potter, Miss Granger, que s'est-il passé ici ? demanda Dumbledore.

– Le professeur Quirrell était possédé par Voldemort et il a essayé de nous tuer, répondit froidement Harry en regardant ses pieds.

– Il dit la vérité, renchérit Hermione. On est au courant pour la pierre philosophale et on sait que le professeur Quirrell essayait de la voler pour que Vous-Savez-Qui puisse l'utiliser. Mais ne punissez-pas Harry, c'était mon idée de venir dans le bureau du professeur.

– Ne vous inquiétez pas, je ne punirai personne, dit Dumbledore. Qu'est-il arrivé à votre professeur ?

– Je ne l'ai pas fait exprès, dit précipitamment Harry. Quand le professeur Quirrell a voulu me toucher, ses mains ont commencé à brûler.

– Vous devez le croire, professeur, Harry ne l'a pas brûlé avec un maléfice, dit Hermione.

– Ne vous inquiétez pas Miss Granger, je crois Mr Potter, répondit Dumbledore d'une voix douce. Et je ne pense pas qu'il ait lancé le moindre maléfice. Venez avec moi, à présent, je vais vous conduire tous les deux à l'infirmerie.


Mme Pomfresh les laissa quitter l'infirmerie le lendemain midi. Hermione était déjà partie et Harry finit de s'habiller. Il se dirigeait vers la porte lorsque le professeur Dumbledore entra.

– Ah, Harry, je vois que tu t'es déjà remis, dit-il. J'aimerai te dire un mot avant que tu ne rejoignes tes camarades pour le déjeuner.

– Bien sûr, professeur, répondit Harry.

Il reprit la direction de son lit, prit une profonde inspiration pour être sûr d'avoir bien fermé son esprit, et s'assit. Le directeur s'assit à son tour sur une chaise à côté du lit.

– Miss Granger et toi vous êtes très bien débrouillés hier soir, commença Dumbledore.

– Pas suffisamment bien, rétorque Harry. Voldemort s'est enfui.

– Tu es très dur avec toi-même Harry. Hier soir, vous avez tous les deux retardé Voldemort dans son retour au pouvoir.

– Mais ça ne l'arrêtera pas, il continuera à chercher la pierre.

– Ne t'en fais pas pour la pierre, Harry. Elle sera déplacée et cachée dans un endroit que même Voldemort ne trouvera pas.

– Mais alors il cherchera d'autres moyens de revenir.

– Oui, sûrement, mais tu n'as pas à t'en préoccuper pour le moment.

– Et vous n'allez vraiment pas nous punir ? Ou nous dénoncer aux Aurors ? Même après ce qui est arrivé au professeur Quirrell ?

– Non, Harry, je ne vous punirez pas et bien sûr que non, je ne vous dénoncerai pas aux Aurors. Tu n'es pas responsable de la mort de Quirrell.

– Professeur, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Quand le professeur Quirrell m'a touché…

– Harry, quand ta mère est morte, elle est morte pour te sauver la vie. Voldemort a toujours été incapable de comprendre l'amour, et encore plus l'amour d'une mère prête à se sacrifier pour sauver son enfant. Cet amour est si fort qu'il laisse une marque, une marque invisible mais bel et bien présente au fond de toi. Quirrell partageait son âme avec Voldemort et par conséquent il ne pouvait pas supporter de te toucher.

– Mmh, d'accord…

– Oui, je sais, tu aimerais plus d'explications et tu vas réfléchir encore longtemps à ce que je viens de te dire. Si ce n'était pas le cas, le Choixpeau ne t'aurait pas envoyé à Serdaigle. Mais, ne pense plus à tout ça, Harry. Tu es encore jeune, tu devrais penser à t'amuser avec tes amis et à étudier. Le déjeuner doit être servi à présent, je ne retiens pas plus longtemps.


Le dimanche suivant, Harry et Hermione étaient assis sur le bord du lac. Il lui avait relaté la conversation qu'il avait eut avec le directeur. A présent ils regardaient en silence les nuages se refléter sur la surface du lac.

– Donc Tu-Sais-Qui reviendra ? finit par dire Hermione.

– Tu t'es battue contre lui, je pense que tu peux l'appeler par son nom maintenant, rétorqua Harry.

– Donc Voldemort reviendra ?

– Oui, et la prochaine fois je le tuerai. Je serai prêt. Il avait raison quand il a dit que la connaissance c'était le pouvoir. Je vais étudier plus, m'entraîner plus, et je serai prêt.

– Nous, Harry.

– Quoi ?

– Nous étudierons, nous nous entraînerons, et nous serons prêts la prochaine fois.

– Je…

– Oh, ne fais pas cette tête Harry ! Tu ne penses pas que je vais te laisser seul face à Voldemort. Il a aussi essayé de me tuer. Je sais très bien ce qu'il pense des gens comme moi, et après ce qu'il s'est passé, je sais qu'il cherchera de nouveau à me tuer.

Il restèrent un moment à contempler le paysage en silence.

– Tu es sûre de vouloir m'aider à vaincre Voldemort ? demanda Harry.

– Absolument sûre, répondit Hermione. Et tu n'arriveras pas à me faire changer d'avis. Quel est ton plan ?

– Les examens de fin d'année sont dans moins d'un mois, donc pour le moment on révise. Ensuite on aura une semaine de libre avant de rentrer chez nous. J'aurais besoin de ton aide pour faire des recherches dans la Réserve de la bibliothèque.

– Qu'est-ce que tu cherches ?

– D'abord à éclaircir toute cette histoire de sacrifice de ma mère et de Voldemort qui ne peut pas me toucher. Si Dumbledore a raison, je veux savoir comment je peux utiliser ça contre Voldemort dans l'avenir. Ensuite je veux savoir comment il a fait pour ne pas entièrement mourir et pour maintenir son âme sur terre.

– D'accord, on fera ça.

– Et si la réponse n'est pas dans la Réserve de la bibliothèque, j'aurais accès à d'autres livres cet été.

– Où ça ? demanda Hermione intéressée.

Mais Harry ne répondit pas. Il se contenta de regarder la surface du lac.

– Je sais que tu me caches des choses, annonça Hermione. Je t'ai dit que tu pouvais compter sur moi. Je ne trahirais pas tes secrets.

– Je sais, dit Harry. Je sais que je peux compter sur toi. Ce n'est pas ça le problème.

– Alors c'est quoi ?

– Est-ce que tu as commencé à lire le livre d'Occlumencie que je t'ai prêté ?

– C'est donc ça qui t'inquiète. Ne t'en fais pas, je l'ai fini et j'ai commencé à m'entraîner.

– Tu dois continuer à t'entraîner, dit Harry. Et tant que tu n'es pas sûre de pouvoir entièrement fermer ton esprit, tu ne dois pas…

– Maintenir longtemps le contact visuel, enchaîna Hermione. Je sais, tu me l'as déjà dit.

– Je sais, mais tu dois faire attention. Surtout face à Dumbledore et à Rogue.

– D'ailleurs, en parlant du professeur Rogue, on ne sait pas quel était son rôle dans cette histoire.

– Il aurait pu être complice, dit Harry.

– Ou bien vouloir la pierre pour son usage personnel, poursuivit Hermione. On ne sait rien de lui.

– Je me renseignerai sur lui.

– D'accord, mais tu ne m'as toujours pas dit comment tu auras accès à plus de livres cet été.

– C'est une longue histoire.

– J'ai toute l'après-midi.

– Je vais te raconter mais il faut que tu viennes me rendre visite cet été. Il y a un endroit que j'aimerais te montrer et quelqu'un que j'aimerais te présenter.

Et bien sûr un grand merci pour vos reviews :)