6 – Menaces sur Poudlard
Hermione parvint à stopper son charriot avant d'entrer en collision avec Harry.
– Harry, s'exclama-t-elle, parvenant à peine à couvrir les piaillements affolés de Nyx. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
– Je ne sais pas, la barrière ne m'a pas laissé passer, répondit-il en redressant la cage de sa chouette.
– Je vais essayer, répliqua-t-elle.
Harry se poussa et la laissa passer mais son charriot fut aussi arrêté par la barrière.
– Il y a un problème ? demanda M. Granger.
La réponse d'Hermione fut interrompue par l'arrivée d'un groupe d'élève.
– Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda un garçon.
– Le passage vers la voie 9 ¾ ne fonctionne pas, répondit Hermione.
– Laissez-moi essayer, fit une sorcière qui devait être la mère du garçon.
Cette dernière s'avança vers la barrière et après avoir constaté que le passage était bel et bien fermé, elle sortit sa baguette et la tapota à différents endroits de la barrière. A présent un groupe important s'était amassé et le volume des conversations s'en allait grandissant. Harry regarda sa montre : onze heures moins dix. Un homme mince, roux et au crâne dégarni fendit la foule.
– Bonjour Beth, tout va bien ici ? demanda-t-il.
– Ah, Arthur, bonjour, lança la sorcière. Nous avons un problème.
Elle lui expliqua la situation et le dénommé Arthur essaya à son tour d'utiliser sa baguette sur la barrière.
– Rien à faire, dit-il en secouant la tête.
– Je vais au Ministère, répliqua Beth. Mais j'ai peur qu'il ne soit déjà trop tard, ils ne pourront sûrement plus retarder le départ du train.
– Bonne idée, je vais contacter Poudlard. En attendant, il vaudrait mieux partir d'ici avant d'attirer l'attention des Moldus. Percy, veille sur ta sœur.
Beth et Arthur disparurent dans la foule. Il était onze heures quinze lorsqu'ils revinrent pour annoncer que le Poudlard Express n'avait pas pu être retardé et que les élèves devaient se rendre au Chaudron Baveur et regagner l'école par cheminette. Un premier groupe d'élèves partit pour le pub. Harry et Hermione partirent avec le groupe suivant. Lorsqu'ils arrivèrent au Chaudron Baveur, les élèves avaient commencé à former une ligne devant l'imposante cheminée.
– A ton avis, qu'est-ce qu'il s'est passé avec la barrière ? demanda Hermione.
– Je pense que l'elfe a essayé de m'empêcher d'aller à Poudlard, répondit Harry pensif.
– C'est un peu gros quand même. Tu ne trouves pas ?
– C'est vrai, mais la barrière fonctionnait très bien jusqu'à ce que j'essaye de passer. J'ai vu le groupe qui marchait devant nous passer sans problème.
– Tu penses que l'elfe disait la vérité, qu'il y a réellement un danger qui nous attend à Poudlard ?
– Je ne sais pas, mais après les évènements de l'année dernière, il vaudrait mieux ouvrir l'œil.
Harry et Hermione arrivèrent un peu plus tard dans l'une des grandes âtresde la Grande Salle. Ils saluèrent le Professeur Flitwick qui inscrivait le nom des élèves sur un grand parchemin et déposèrent leurs bagages le long du mur d'où les malles disparaissaient les unes après les autres pour réapparaître dans les dortoirs. Seules deux tables avaient été dressées pour le déjeuner. Padma et Parvati étaient attablées un peu plus loin et leur firent de grands signes de la main.
– Bonjour Padma, bonjour Parvati, les salua Harry en prenant place à côté d'Hermione et en face des deux sœurs.
– Vous aussi, vous avez été bloquées par la barrière ? demanda Hermione.
– Oui, répondit Parvati, mais nos parents ont tenu à nous accompagner jusqu'à Poudlard.
– Vraiment ? demanda Harry.
– On a transplané depuis Londres jusqu'à Pré-Au-Lard et ils nous ont accompagné jusqu'à l'entrée du château, répondit Parvati horrifiée. Tu te rends compte ? Ils auraient quand même pu nous laisser à la grille.
– Je pense qu'ils ont eu raison, l'interrompit Padma. Tu as entendu ce que papa a dit. Ca aurait très bien pu être un coup de Mages Noirs qui auraient voulu profiter du désordre pour attaquer des élèves. Ca aurait pu être dangereux.
– Vous pensez ? demanda Hermione inquiète en échangeant un regard avec Harry.
– Je ne sais pas, répondit Padma. Papa a parlé de la guerre, il a dit que même Tu-Sais-Qui n'avait pas réussi à attaquer ni Poudlard, ni le Poudlard Express mais qu'il y a toujours des sorciers qui lui sont fidèles. Que ça pouvait être une attaque.
– Mais on est en sécurité à Poudlard, assura Parvati. On ne craint rien avec Dumbledore ici et avec notre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal.
– Tu sais qui sera notre nouveau professeur ? demanda Harry.
– Gilderoy Lockhart, lui-même, répondit-elle avec un grand sourire.
– Il l'a annoncé lors de sa séance de dédicace, poursuivit sa sœur.
– Oh, s'exclama Hermione. J'ai déjà lu tous ses livres. C'est dommage qu'on ait loupé la séance de dédicace.
– Bien sûr que tu les as déjà tous lus, rétorqua Parvati.
– Ne l'écoute pas, la rassura Padma. Elle aussi a déjà lu tous ses livres.
– Il a vécu tellement d'aventures, et il est si courageux, s'exclama Parvati avec admiration.
– Et il a de si beaux yeux, poursuivit Padma.
– Euh… commença Harry avec incertitude en balayant les trois filles du regard
– Il est tellement séduisant, ajouta Hermione avec un soupir rêveur.
– Quoi ? s'exclama Harry. Je pensais que vous alliez apporter une critique constructive sur son travail, pas parler de… de ça !
Hermione sursauta et le regarda comme si elle venait de se souvenir de sa présence. Ses joues prirent une teinte rouge vif et elle s'empressa de baisser les yeux sur son assiette.
– Tu as raison, dit Hermione les yeux toujours rivés sur son assiette. Est-ce que tu penses qu'il sera un bon professeur ?
– Je pense que ses livres manquent de détails à certains endroits, surtout en ce qui concerne l'approche pratique des sortilèges, commença-t-il. J'ai noté les différentes questions que je me suis posé. J'ai hâte de pouvoir avoir les explications de l'auteur lui-même.
Dumbledore était assis à son bureau observant à tour de rôle le feu qui crépitait doucement dans l'âtre et l'horloge qui indiquait vingt deux heures trente. Trois coups secs furent frappés à la porte.
– Entrez, appela-t-il.
La porte s'ouvrit et Rogue entra.
– Vous vouliez me voir, Albus ? dit ce dernier.
– Severus, assieds-toi, invita le directeur d'un signe de la main.
Rogue prit place dans l'un des fauteuils qui faisaient face au bureau. Il déclina d'un bref signe de tête la coupelle de sucreries que le directeur lui offrit.
– Est-ce tu as revu le Nécromancien depuis notre dernière entrevue ? demanda Albus.
– Je ne l'ai croisé qu'une seule fois cet été mais d'après mes contacts il fréquente régulièrement l'Allée des Embrumes.
– A-t-il fait d'autres victimes ?
– Pas à ma connaissance.
– Des indices sur ses activités, ses intentions ou son identité ?
– Non, il est toujours aussi discret. Cependant il semble fréquenter un vampire du nom d'Edward Whitley. A part ça il a très peu de contacts.
– Whitley ? Etait-il dans les rangs de Tom ?
– Non. Whitley n'est qu'un petit contrebandier sans grande influence.
– Bien, bien… poursuivit Dumbledore le regard sérieux et les mains jointes devant lui. Severus, j'aimerais que tu gardes un œil sur tes Serpentards.
– Vous pensez sérieusement que le Nécromancien est l'un de mes Serpentards ? demanda sèchement Rogue.
– Je ne t'apprends rien en te disant que l'un d'eux est un descendant des Nécromanciens.
– Et ce serait lui ? Il a douze ans.
– Je ne sais pas Severus, mais je m'inquiète. Surtout après ce qu'il s'est passé à King's Cross ce matin.
– Il faisait parti des élèves qui ont réussi à embarquer, l'interrompit Rogue.
– Possiblement pour mieux brouiller les pistes, répliqua Dumbledore. Et avant que tu ne m'interrompes à nouveau, je sais pertinemment que l'incident de ce matin pourrait n'avoir aucun lien avec le Nécromancien. Certains de tes anciens camarades auraient pu chercher à attaquer les élèves.
– Si c'est le cas, je n'ai malheureusement pas été convié.
– Ce n'est pas le moment, Severus. Nous devons nous estimer heureux que tous les élèves aient regagné l'école sains et saufs.
– Comment s'est passé votre entretien avec Fudge ?
– Une enquête est en cours. Les Aurors n'ont aucune piste pour le moment.
– C'était prévisible, répliqua Rogue avec dédain.
– Et c'est pour cette raison que j'ai besoin de toi Severus, poursuivit le directeur qui ne releva pas la remarque du professeur. Lorsque nous avons dû mettre en place la connexion par cheminette avec Londres, les enchantements de protection ont été diminués. N'importe quoi aurait pu pénétrer dans l'enceinte de l'école. Tom a réussi à entrer dans l'école l'année dernière et une autre menace a éclos entre temps. Il nous faut être vigilent.
– Bien, j'ouvrirais l'œil.
Tous les espoirs que Harry avait eu d'avoir un professeur compétent en la personne de Gilderoy Lockhart s'envolèrent dès le deuxième jour de cours de l'année. Harry arriva en avance à son cours de Défense contre les Forces du Mal et entra le premier dans la salle de classe. Il déposait ses livres sur la table lorsque le professeur vint se poster face à lui.
– Ah, Harry Potter ! s'exclama-t-il avec un grand sourire. Nous nous rencontrons enfin. Ah, Harry, Harry, Harry. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à voir le sauveur de la Grande-Bretagne à Serdaigle.
– Euh…
– Mais ne viens pas penser que c'est un reproche. Je suis ravi de voir que tu es un membre de mon ancienne maison. Je pense que tu as parfaitement raison de vouloir consacrer tes jeunes années à ton éducation. Tu auras largement le temps de vivre des aventures plus tard. Mais je connaîs les défauts de Serdaigle et tu ne devrais pas rester uniquement le nez dans tes livres. Rien de tel que l'expérience pour forger un sorcier.
– Oui, je…tenta de répondre Harry.
– Je ne voudrais pas me vanter, mais je suis moi-même, ce qu'on pourrait appeler, un homme de terrain et un expert en défense. Et c'est pour ça que je suis prêt à t'offrir des cours particuliers si tu le souhaites.
– Merci, c'est…
– Mais je suis aussi prêt à t'offrir des conseils dans d'autres domaines. Tu es célèbre Harry, et si tu veux mon avis, tu ne devrais pas négliger cet aspect-là de ta vie. Ca pourrait t'être très utile une fois que tu auras quitté Poudlard. Et je sais que ça peut être difficile à gérer. Harry, je te le dis solennellement aujourd'hui, si tu as besoin de conseils je suis là pour toi.
– Merci, monsieur.
– Non, Harry ne me remercie pas.
Les autres élèves étaient arrivés et le cours commença. Lockhart leur fit passer une interrogation écrite composée des questions les plus stupides et les plus hors-sujet que Harry n'ait jamais vu. La fin du cours fut consacré à la reconstitution d'un passage de son livre Randonnée avec les Trolls. Harry voulu profiter du moment pour poser ses questions mais il se retrouva contraint de jouer le troll.
Harry venait de quitter la Grande Salle en compagnie d'Hermione et s'appétait à gravir le grand escalier en direction de la bibliothèque lorsqu'un jeune garçon s'arrêta à leur niveau. Il portait une robe de sorcier aux couleurs de Griffondor et tenait à la main un appareil photo.
– Bonjour Harry, je m'appelle Colin Crivey. Est-ce que je peux prendre une photo ? demanda-t-il sans reprendre son souffle.
– Une photo ? demanda Harry sans comprendre.
– De toi. Pour prouver que je t'ai rencontré. Je sais tout sur toi, comment tu as tué Tu-Sais-Qui, ta cicatrice, tout ça. Ce serait formidable si je pouvais avoir une photo de toi, comme ça je pourrais l'envoyer à mes parents. Ce sont des moldus, tu vois. Est-ce que tu penses que ton amie pourrait prendre la photo ? Comme ça je pourrais être avec toi dessus. Oh et est-ce que tu voudrais bien me la dédicacer ?
– Quoi..? commença Harry interloqué.
Mais à cet instant Lockhart apparut au pied de l'escalier.
– Qu'est-ce que j'entends ? demanda le professeur. Harry, tu dédicaces des photos ?
– Non, je… répondit Harry avec véhémence.
– Mais c'est une excellente idée. Et vous savez ce qui est une bien meilleure idée ? Un double portrait, bien sûr ! Nous vous signerons tous les deux la photo. Qu'en dites-vous Mr Crivey ?
– Je ne suis pas sûr… dit Harry.
Mais Harry ne parvint pas à finir sa phrase. Lockhart vint se placer à côté de lui, une main sur son épaule et Harry fut subitement ébloui par le flash de l'appareil photo.
– Merci Harry, merci professeur, dit Colin avec un grand sourire avant de partir en direction de la Grande Salle.
– Ah, Harry, Harry, Harry, commença Lockhart
Il se tourna pour faire face au garçon et lui posa une main sur chaque épaule.
– Je m'en veux tu sais, poursuit-il. Je sais que c'est de ma faute. Tout ça c'est à cause de la discussion que nous avons eu sur la célébrité. Harry, Harry, Harry… Il valait beaucoup mieux que je sois avec toi sur la photo. Sinon tes amis auraient pensé que tu cherchais à te mettre en avant. Un petit conseil, dédicacer des photos à ce stade de ta carrière, ce n'est pas très raisonnable. On va dire que tu as la grosse tête. Mais le jour viendra, où comme moi, tu auras besoin d'avoir toujours des photos dans ta poche, mais je pense que tu n'en es pas encore là. Et n'oublie pas, je suis là si tu as besoin de conseils.
– Merci, mais je dois aller à la bibliothèque, expliqua précipitamment Harry qui voulait fuir la compagnie du professeur au plus vite.
– Ah, oui, bien sûr, répondit Lockhart avec un grand sourire. A une prochaine fois Harry.
Le professeur tourna les talons et partit en direction de la Grande Salle.
– Est-ce que tu pourras me dédicacer une photo aussi ? demanda Hermione un sourire aux lèvres.
– Ce n'est pas drôle, répliqua Harry sur la défensive. Je ne veux pas distribuer de photos dédicacées.
– Je le sais bien, répondit-elle en riant. Tu aurais dû voir ta tête.
– J'avais pensé qu'on pourrait s'entraîner au duel cet après-midi, dit-il pour changer le sujet de la conversation.
– Excellente idée, répondit-elle.
Septembre passa rapidement et calmement. Le seul bémol était le nouveau « fan club » de Harry : Colin Crivey qui le suivait partout et qui le prenait constamment en photo, et Ginny Weasley qui, quand elle n'accompagnait pas Colin, guettait Harry dans la bibliothèque. Il l'avait surprise à plusieurs reprises assise à une table à l'épier cachée derrière un livre. Lorsqu'elle s'aperçut qu'elle était découverte, elle s'enfuit à toutes jambes, le visage écarlate et son livre abandonné derrière elle.
Mais ce fut à partir de la fin du mois d'octobre qu'une série d'évènements étranges prirent place. Le premier se produisit un soir alors que Harry rentrait à la tour des Serdaigles en compagnie de Terry.
Si affamé… depuis si longtemps…
Harry se figea et fit signe à Terry de se taire. La voix semblait se déplacer. Harry s'élança dans le couloir, laissant derrière lui Terry qui avait une expression interloquée.
Je sens l'odeur du sang… tuer…
Puis aussi soudainement qu'elle fut apparue, la voix se tut.
– Hominem revelio, lança Harry.
Mais il n'y avait que lui et Terry dans le couloir.
– Heu, Harry ? demanda Terry. Tout va bien ?
– Tu as entendu ? répliqua Harry précipitamment.
– Entendu quoi ?
– Une voix, juste là.
– Je n'ai rien entendu.
Terry le regardait à présent avec une expression inquiète.
– Tu as raison, ça devait être le vent, se justifia rapidement Harry
Le deuxième évènement étrange se produisit le matin du 31 octobre. Harry avait quitté son dortoir avant l'aube et s'était dirigé, dissimulé sous sa cape d'invisibilité, vers la lisière de la Forêt Interdite où il avait ramassé les ingrédients qu'il lui fallait. Il s'était ensuite dirigé vers les potagers qui s'étendaient près de la cabane de Hagrid. Il espérait y trouver quelques baies de morelle qui poussait en bordure des allées de légumes. Harry s'engagea entre deux rangées de citrouilles puis il se figea. Il y avait quelqu'un qui marchait dans sa direction. Il suivit la silhouette du regard puis il reconnut Ginny Weasley. Ses yeux était fixés sur l'horizon et elle ne semblait pas voir ce qui l'entourait. Ginny tourna en direction du poulailler. Intrigué, Harry contourna les citrouilles et la suivit. Il s'arrêta à bonne distance lorsque Ginny stoppa devant l'un des enclos.
– Immobilus, lança-t-elle en direction des poules.
Elle rangea sa baguette, ouvrit la porte et traversa. Elle s'arrêta brusquement et saisit le coq par le cou. Elle posa son autre main un peu plus haut sur l'animal. Il y eu un craquement sec lorsqu'elle lui rompit le cou. Elle lâcha le coq qui tomba mollement sur le sol, fit volte-face et quitta l'enclos. Puis elle répéta l'opération dans l'enclos voisin. Harry était absolument immobile. Il n'osa bouger que lorsque Ginny repartit en direction du château et suffisamment éloignée.
Harry n'eut pas beaucoup à attendre pour constater le troisième évènement étrange. Le soir même, après le festin de Halloween, il quitta la Grande Salle en compagnie de Padma, Terry et Hermione. Il était encore tôt et ils avaient le temps de faire une partie du chemin avec Hermione avant de repartir vers la tour des Serdaigles. Un petit groupe d'élèves de Griffondor les précédaient dans le grand escalier en discutant et en chahutant. Il ne restait que quelques marches à gravir pour Harry lorsqu'il l'entendit à nouveau.
Il est temps de tuer…
Il s'arrêta et se tourna brusquement en direction de la voix. Mais il n'y avait personne.
– Harry ? l'appela Hermione à partir du palier du premier étage.
Il se ressaisit et la rejoignit rapidement, l'oreille aux aguets. Les seuls voix qu'il entendait à présent étaient celles de Padma et Terry et celles des élèves qui les précédaient et qui venaient de disparaître à l'angle du couloir. Puis ce fut le silence complet. Lorsqu'ils atteignirent à leur tour le couloir, un attroupement s'était formé au centre. Tous les regards étaient braqués sur le même pan de mur où une inscription en lettres rouges avait été tracée. Ne parvenant pas à distinguer les mots, Harry se faufila entre les élèves. Une fois arrivé au premier rang, il se figea. Le couloir était en partie inondé. La large flaque reflétait la lueur dansante des torches. Sur le mur on pouvait lire :
LA CHAMBRE DES SECRETS A ETE OUVERTE
ENNEMIS DE L'HERITIER, PRENEZ GARDE
Miss Teigne était raide et pendue par la queue à la torchère voisine. Harry fit volte-face et retourna auprès de ses amis. Il était au milieu du récit de ce qu'il avait vu lorsque les professeurs arrivèrent.
– Ecartez-vous, lança la voix autoritaire du Professeur McGonagall.
Cette dernière se fraya un chemin entre les élèves suivie de Dumbledore et de Rusard.
– Qu'est-ce qui est arrivé à ma chatte ? hurla Rusard. On a assassiner ma chatte. Je veut qu'on trouve le coupable
Les murmures redoublèrent parmi les élèves malgré les paroles rassurantes de Dumbledore. D'autres professeurs arrivèrent à ce moment et les élèves furent envoyés dans leurs dortoirs.
Les archives se trouvaient dans une pièce à l'écart de la bibliothèque. Harry et Hermione étaient les seuls élèves présents. Des siècles de journaux et de registres d'anciens élèves étaient alignés sur les étagères. Harry était assis à une table, un registre entre les mains, Tom Jédusor n'avait pas été difficile à trouver. Harry regarda une nouvelle fois la photo en noir et blanc mais une autre idée tournait dans sa tête et l'empêchait de penser à autre chose. Ses parents devaient être ici aussi, quelque part dans ces registres.
– Tu as trouvé quelque chose d'autre ? demanda Hermione.
Elle était installée à une autre table sur laquelle étaient étalés des vieux numéros de la Gazette du Sorcier.
– Je me demande si mes parents sont ici, répondit-il.
Hermione répondit quelque chose mais Harry ne l'écoutait pas. Il parcourut les tranches des registres du regard. Les étagères grincèrent puis Harry perçu un mouvement au-dessus de sa tête. Il leva rapidement des yeux. Son exclamation de surprise se bloqua dans sa gorge. La bibliothèque s'effondrait. Il vit le flot de registres se rapprocher. Puis ce fut le noir complet.
Il avait mal. C'était la première pensée qui traversa l'esprit de Harry lorsqu'il reprit connaissance. Il entendait des voix autour de lui. Il tenta d'ouvrir les yeux mais la lumière était trop forte. Il avait l'impression que sa tête allait se fendre en deux.
– Tout va bien M. Potter, dit la voix de Mme Pomfresh qui s'emblait parvenir de l'autre côté d'un très long tunnel.
Il sombra de nouveau. Lorsqu'il ouvrit une nouvelle fois les yeux Mme Pomfresh était penchée au-dessus de lui.
– Comment vous sentez-vous, M. Potter ? demanda-t-elle.
– J'ai mal…, répondit-il dans un râle.
– C'est compréhensible vu l'étendue de vos blessures. Je vous apporte une potion.
– C'est grave ?
– Clavicule cassée, luxation de l'épaule et traumatisme crânien, expliqua-t-elle en aidant Harry à se redresser et en lui présentant une fiole. Rien que je ne puisse pas soigner. Vous survivrez. Mais je préfère vous prévenir tout de suite, vous ne quitterez pas l'infirmerie avant quelques jours.
Harry but et se laissa retomber sur son oreiller. En quelques instants la chaleur de la potion se diffusa dans ses membres et il s'assoupit.
Pop.
Harry ouvrit les yeux. Il était toujours dans son lit à l'infirmerie. La bougie qui était posée sur sa table de chevet diffusait une faible lumière et faisait danser des ombres sur le plafond. Harry se tourna lentement et il sursauta lorsqu'il vit la paire de gros yeux globuleux qui l'observait.
– Dobby ? chuchota-t-il en s'asseyant.
– Harry Potter ne devait pas retourner à Poudlard, murmura l'elfe. Dobby a pourtant mis en garde Harry Potter.
– Oh, non, le coupa Harry consterné. Ca ne va pas recommencer.
– Pourquoi Harry Potter n'est pas rentré chez lui après avoir raté le train ?
– Alors c'était toi, j'en étais sûr. Tu te rends compte du bazar que tu as mis en bloquant la barrière. Tu sais que le Ministère enquête ?
– Oui, Dobby sait et après ça Dobby s'est brûlé les mains avec un fer à repasser, annonça l'elfe en lui montrant ses doigts entourés de bandages.
– Le danger dont tu m'as parlé, est-ce que ça a quelque chose à voir avec la Chambre des Secrets ? demanda Harry.
– Dobby ne peut rien dire.
– Bon alors moi, je vais te dire ce que je sais. Si l'héritier de Serpentard est à Poudlard et qu'il veut poursuivre les actions de son ancêtre, il y a de fortes chances qu'il vise les nés-moldus. Mais je ne suis pas né-moldu donc je ne suis pas directement menacé. Et donc il n'y a pas de raison que je quitte Poudlard.
– Non, non, Harry Potter doit comprendre, c'est dangereux. Harry Potter doit rentrer chez lui. Dobby pensait que l'incident de la bibliothèque suffirait mais…
Mais l'elfe n'eut pas le temps de finir sa phrase que Harry le saisit par la taie.
– Alors ça aussi, c'était toi, s'exclama-t-il dans un murmure rageur. Tu as essayé de me tuer ? Je pensais que tu voulais me protéger.
– Dobby pensait que si Harry Potter était sévèrement blessé, ils le renverraient chez lui, se justifia timidement l'elfe.
– C'est fini maintenant, Dobby.
Harry lâcha la taie d'oreiller que portait l'elfe et saisit le cou de la créature qui émit un glapissement de surprise. Il glissa son autre main sous son oreiller et en tira sa baguette qu'il pointa sur l'elfe.
– Je n'ai pas la patience de jouer aux devinettes avec toi, poursuivit-il. Alors tu vas parler, tu vas me dire qui veut s'en prendre à moi. Comme ça je pourrais le tuer avant de me faire tuer, par lui ou par toi.
Les mains de l'elfe tentèrent en vain de desserrer l'emprise de Harry et une expression de terreur traversa son regard.
Pop.
Dobby avait disparu. Harry soupira et se laissa tomber sur son oreiller. Il avait de nouveau mal à la tête. Il était trop énervé, et savait pertinemment qu'il ne parviendrait pas à se rendormir pour le moment. Il resta alors de longues minutes à contempler le plafond.
En un instant il était hors du lit, sa baguette au poing.
Je sens l'odeur du sang…
La voix. Elle était de retour. Elle était là, tout près.
– Lumos, dit Harry en traversant l'infirmerie.
Il pointa sa baguette en direction de la voix.
– Hominem revelio.
Mais il n'y avait personne.
Il est temps de tuer…
La voix s'éloignait. Harry tenta de la suivre mais le silence se fit de nouveau. Il regagna lentement son lit. Il ne savait plus quoi penser. Les choses devenaient vraiment étranges.
Harry était sur le point de se rendormir lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit. Il rabattit rapidement les couvertures sur sa tête et se tourna vers la porte. Dumbledore entra à reculons. Il était accompagné du professeur McGonagall. Ils portaient ce qui ressemblait à une statue et la posèrent sur un lit. Le professeur McGonagall traversa rapidement l'infirmerie et revint quelques instants plus tard aves Mme Pomfresh.
– Qu'est-ce qu'il s'est passé ? chuchota-t-elle.
– Il y a eu une nouvelle attaque, répondit Dumbledore. Minerva a trouvé M. Crivey dans l'escalier.
– Pétrifié ?
– Oui.
Dumbledore se pencha alors sur le garçon et arracha l'appareil photo qu'il tenait entre ses mains pétrifiées.
– Albus, murmura le professeur McGonagall. Est-ce que vous pensez qu'il aurait pu prendre son agresseur en photo ?
Le directeur ouvrit l'appareil. Un jet de vapeur en sortit en répandant une odeur de brûler.
– Albus ?
– La pellicule a entièrement fondu. Malheureusement, ce que je redoutais est avéré. La Chambre des Secrets a bel et bien été ouverte une nouvelle fois.
Mme Pomfresh laissa Harry quitter l'infirmerie deux jours plus tard. Il retrouva Hermione dans la salle des archives de la bibliothèque. Il commença le récit de ce qu'il avait appris de sa première nuit à l'infirmerie.
– Oui, je sais, finit-elle par dire lorsque Harry lui annonça que la Chambre des Secrets avait déjà été ouverte.
– Comment ? demanda-t-il.
– J'ai trouvé l'information par hasard. J'ai voulu chercher pour quelle raison Jédusor avait reçu sa récompense. J'ai cherché les journaux de cette année-là.
– Et ?
– Plusieurs élèves ont été pétrifiés durant l'année, le même message avait été écrit sur le mur. Mais cette fois-ci une élève est morte. L'article dit que la cause de la mort n'a pas pu être identifiée. C'était un vrai scandale à l'époque. Le directeur de l'époque, un certain Dippet, était en très mauvaise posture. Il a même été question de fermer Poudlard. Et c'est là que Jedusor entre en scène. Il résout le mystère, chasse le monstre et dénonce le coupable, et il reçoit sa récompense.
– Et donc la solution du mystère ?
– C'est là que ça devient vraiment étrange. Le coupable serait Hagrid, il avait treize ans à l'époque, il été renvoyé de l'école pour ça. Et le monstre serait une acromantule.
– Ca ne colle pas, répliqua Harry. Quand Hagrid m'a dit qu'il y avait des acromantules dans la forêt, je me suis renseigné. Leur venin est mortel mais j'ai lu nulle part qu'elles pouvaient pétrifier, et on aurait retrouver des traces de morsure sur le corps de cette fille. Et puis Hagrid, l'héritier de Serpentard ? Les élèves qui ont été pétrifiés, est-ce qu'ils ont confirmé que c'était ce qui les avait attaqué ?
– Justement, non, répondit Hermione. Un seul des élèves a accepté de donner une interview pour le journal. Il a dit qu'il avait été attaqué par derrière. Il ne sait pas ce que c'était. Il se souvient juste avoir vu le reflet dans la vitre de quelque chose de grand derrière lui.
– C'est tout ?
– Oui, et tu veux savoir le pire ? Personne n'a demandé aux autres victimes. Personne n'a cherché la confirmation de l'accusation de Jédusor.
– Et si Jédusor était responsable alors ?
– Tu penses ?
– Oui, pourquoi pas. Voldemort ne cache pas qu'il veut voir tous les nés-moldus et les cracmols morts. Il se serait fait la main alors qu'il était à l'école. Même si on ne peut pas prouver qu'il est le sang le descendant de Serpentard, il est l'héritier de ses idées.
– C'est une idée intéressante. Et Hagrid ?
– Il accuse Hagrid pour couvrir ses traces.
– Et le directeur ne remet pas l'accusation en question car si le responsable n'est pas identifié, il pourrait perdre sa place et l'école pourrait fermer.
– Donc on cherche un autre monstre.
Harry était déçu. Il avait lu avec intérêt le parchemin épinglé au tableau d'affichage de la salle commune. Un club de duel venait d'être créé. Harry s'entraînait assidument au duel avec Hermione mais il avait hâte de se mesurer à d'autres adversaires et de recevoir les conseils pratiques de duellistes aguerris. Après tout Flitwick était un ancien champion de la discipline. Malheureusement, lorsque Harry arriva dans la Grande Salle, il n'y avait aucune trace du professeur de Sortilèges. Lockhart, quant à lui, se tenait souriant sur l'estrade qui avait été dressée au centre de la salle. Il était accompagné de Rogue et Harry se dit que tout n'était peut-être pas perdu. Le professeur de potions passait ses cours soit à ignorer Harry, soit à lui retirer des points pour des raisons absurdes, mais au moins il était un sorcier compétent.
– Approchez-vous, lança Lockhart. Tout le monde m'entend ? Tout le monde me voit ? Parfait ! Je vous souhaite la bienvenue dans ce club de duel que j'animerai avec mon assistant, le professeur Rogue.
Lockhart poursuivit ses explications sous le regard meurtrier de Rogue et Harry en conclut que Lockhart était vraiment stupide pour ne pas fuir à toutes jambes. Ce sentiment fut confirmé lorsque le professeur de Défense fut éjecté de l'estrade par un simple expelliarmus et percuta le mur avant de s'effondrer mollement sur le sol. Lorsqu'il se releva, ses cheveux étaient dressés sur sa tête, et sa robe était froissée.
– A votre tour, maintenant, annonça Lockhart lorsqu'il eut regagné l'estrade chancelant. Vous allez désarmer votre adversaire, et je dis bien désarmer.
Avec l'aide de Rogue, il répartit les élèves en équipes de deux. Harry désarma son adversaire du premier coup et prit alors le temps d'observer ce qu'il se passait autour de lui. C'était le chaos : des sortilèges volaient dans tous les sens et une épaisse fumée s'élevait dans un coin de la Grande Salle. Puis quelqu'un poussa un cri. Harry se tourna en direction du son et vit Hermione, un sourire satisfait sur le visage. Son adversaire, une élève de Serpentard, tenait son visage entre ses mains en sanglotant.
– Stop ! cria Lockhart qui perdait le contrôle de la situation.
Rogue s'approcha d'Hermione et celle-ci se rembrunit.
– Je retire dix points à Griffondor, dit Rogue. Miss Parkinson, accompagnez Miss Busltrode à l'infirmerie.
– Je crois que je devrais d'abord vous apprendre à neutraliser les sortilèges hostiles, annonça Lockhart de retour sur l'estrade. Prenons deux volontaires. M. Potter ? Et…
– J'aimerais suggérer un élève de ma maison, le coupa Rogue. M. Malfoy, venez.
– Excellente idée, répondit Lockhart. Harry, M. Malfoy, approchez.
Harry soupira, monta sur l'estrade et rejoignit le professeur.
– Voilà ce que vous allez faire, poursuivit Lockhart. Drago va essayé de te désarmer, Harry, et toi tu va bloquer le sortilège. Je te montre comment faire.
Le professeur sortit sa baguette et exécuta une série de gestes compliqués jusqu'à ce que sa baguette lui échappât des mains.
– Merci, professeur, je crois que j'ai compris, répliqua hâtivement Harry.
Il ne prit pas la peine d'écouter ce que disait Lockhart en ramassant sa baguette, et il se dirigea vers son extrémité de l'estrade. A l'autre bout, Rogue chuchota quelque chose à l'oreille de Malfoy qui lança alors un regard de défit à Harry. Le professeur donna le signal et les garçons levèrent leurs baguettes.
– Serpensortia ! lança Malfoy.
– Protego ! lança Harry.
Harry observa le long serpent noir sortir de la baguette de Malfoy et tomber sur l'estrade. L'animal se dressa et observa son environnement. C'était un sortilège intéressant, pensa Harry, mais Malfoy l'aurait mieux exploité en le lançant sur Harry au lieu de le faire tomber au centre de l'estrade. La foule des élèves recula en poussant des cris de terreur et Harry était tenté de lancer le serpent sur Malfoy ou sur Lockhart mais il se ravisa.
– Où suis-je ? siffla le serpent.
Harry se figea. Il venait de comprendre. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?
– Je m'en occupe, dit Lockhart qui se tenait derrière Harry.
Il s'avança d'un pas décidé vers le centre de l'estrade mais Harry avait toujours son bouclier dressé devant lui et le professeur le percuta de plein fouet. L'action sortit Harry de sa réflexion. Il baissa son bouclier et pointa sa baguette sur le serpent.
– Confringo !
Le serpent explosa. Les lambeaux à moitié calcinés de l'animal volèrent et Malfoy poussa un cri lorsqu'il en reçut sur les cheveux.
– Expelliarmus !
Harry prit Malfoy par surprise et sa baguette lui échappa des mains. Les Serdaigles applaudirent discrètement alors que Malfoy lançait un regard noir à Harry en ramassant sa baguette.
– Excellent ! dit Lockhart. Très bonne démonstration.
Mais Harry ne l'écoutait pas. Il descendit de l'estrade et repéra Hermione qui se tenait un peu plus loin.
– Viens, on y va, lui murmura-t-il lorsqu'il arriva à son niveau.
– Mais c'est pas encore fini, dit-elle.
– Il faut que je te parle c'est important.
Ils quittèrent discrètement la Grande Salle et Harry vérifia qu'ils étaient seuls avant de parler.
– J'ai trouvé, je sais ce qu'il y a dans la Chambre des Secrets, dit-il précipitamment. Le monstre est un serpent.
– Un serpent ? demanda Hermione.
– D'après la légende seul Serpentard était capable de contrôler le monstre. Il était le seul fourchelangue de Grande-Bretagne à cette époque. Si le monstre est un serpent alors il était sûr d'être le seul à pouvoir le contrôler. Et c'est pour ça qu'à chaque fois j'ai été le seul à l'entendre.
– Le seul à entendre quoi ?
– Je ne t'ai pas tout dit. Avant qu'ils n'apportent Colin à l'infirmerie, j'ai entendu le monstre. Et avant l'attaque de Miss Teigne aussi.
– Et c'est maintenant que tu me le dis ?
– J'étais le seul à l'entendre ! se justifia Harry. Mais ça veut surtout dire que Voldemort aussi est un fourchelangue.
– Il serait réellement un descendant de Serpentard ? demanda Hermione.
– Je ne sais pas, il a vécu il y a mille ans, je ne suis pas sûr d'être moi-même son descendant.
– Et aujourd'hui ? Qui a ouvert la chambre ? Est-ce que tu crois que ça pourrait être de nouveau lui ?
– C'est une possibilité qu'on ne peut pas éliminer. Il aurait réussi à posséder quelqu'un d'autre et se sert de cette personne pour ouvrir la Chambre. Mais l'année dernière je sentais sa présence. Je n'ai rien senti pour le moment
