Informations :
Titre : Perdus
Genre : Gros drabble (+/- 500 mots), angst/drama, spiritual
Contexte : Bataille du Sanctuaire – pré-LME
Personnages : Gold Saints
— Je ne peux pas accepter ça !
Le rugissement de colère de Milo se répercuta dans tout le Sanctuaire endeuillé. Si la résignation avait pu avoir une apparence à ce moment-là, elle aurait pris le visage que le chevalier du Bélier renvoya à son congénère pour seule réponse.
Le regard du Scorpion se posa un instant sur les corps allongés et drapés à leurs pieds. Non, il ne comprenait pas pourquoi Mû avait accepté une requête aussi futile qu'elle était folle dès lors qu'Athéna avait tourné le dos pour se dévouer aux Chevaliers de Bronze grièvement blessés. Dernière volonté ou pas, il s'était agi des paroles d'un homme que la lucidité avait quitté depuis trop longtemps pour qu'on pût accorder un quelconque crédit à ce qui avait pu s'échapper de ses lèvres prêtes à s'ouvrir sur un dernier souffle.
— Nous nous devons de tous les rendre à la terre, Mû ! Comment pourront-ils connaître la paix autrement ? Déjà qu'on ne retrouvera jamais ni DeathMask, ni Shura, ni Aiolos… Il faut retourner le chercher !
— Milo… avait tenté d'intervenir Aiolia en posant sa main sur celle du concerné qu'il sentait se refermer pour former un poing serré.
Une paire de bottes dorées s'arrêta alors face à celles de l'armure du Scorpion dignement revêtue. Quand Milo releva le visage, plus que le chevalier du Lion, c'était celui de la Vierge qu'il vit. Ses paupières s'étaient ouvertes sur deux orbes céruléennes d'un calme et d'une brillance sans pareille aucune.
— Tu sembles confondre deux préoccupations différentes : celle du cheminement de leur âme dans l'au-delà et une autre, plus terrestre, qui est de ne pas pouvoir leur rendre hommage et être rassurés par un vestige de leur présence. Milo, ne t'inquiète pas pour Saga, parce que maintenant qu'il a été englouti par la mer, il y a trouvé l'Achéron et la paix de l'esprit. Inquiète-toi plutôt pour toi, qui crains de les oublier si tu ne peux plus les voir.
— Bien sûr que j'aurais préféré l'enterrer avec les autres, ajouta Mû. Mais cela ne nous empêchera pas d'en faire le seuil de transmettre leur mémoire.
— Laquelle, de mémoire ? objecta Aiolia. On va encore parler de traîtres sur le papier ?
Ce fut au tour de Milo de calmer Aiolia. Silencieux et solennel depuis de très nombreuses minutes, Aldébaran finit par hocher légèrement la tête.
— Ne nous emportons pas. Je suppose que pour écrire ce que les générations futures retiendront d'eux et de nous, il faut laisser le temps nous donner les réponses adéquates. On ne va pas faire ça alors que ça vient de se passer et que nous sommes tous affectés. Maintenant qu'Athéna est parmi nous, j'ai nul doute qu'on sera bien guidés pour ça. Du reste, il faut d'abord s'occuper des dégâts, et de nous…
— De nous… ?
Milo eut alors un petit rire sans joie. D'un drap au sol rendu humide par la glace fondue qui se tenait dessous, ses yeux privés d'éclat allèrent croiser ceux de chacun de ses camarades survivants.
— … Mince, quelqu'un sait comment on fait ça ?
