J'étais triste, blessée et surtout furieuse. Oh, je savais très bien qu'il y avait déjà eu des précédents et qu'il n'était pas rare qu'un natif se retrouve avec les transferts car il était considéré comme trop faible pour progresser et se former correctement avec les membres de sa propre faction d'origine. Contrairement à ce que prétendaient nos chers leaders, ce type de changement en cours de formation n'avait rien de « pédagogique » , ce n'était pas pour le bien d'un adolescent en difficulté mais bel et bien une ultime punition visant à humilier le natif en question et c'est exactement le sentiment que j'avais à ce moment précis. J'étais humiliée et traînée dans la boue par ce sadique d'Eric Coulter qui m'avait pris en grippe car j'étais une « fille de ».
Je ne décolérais pas, mes mains étaient moites et j'avais le sentiment d'avoir avalé un sac de plombs au petit-déjeuner. Coulter me punit d'être la fille de mon père, il va voir exactement ce que c'est qu'une fille de leader ! Je marchais d'un pas rapide et décidé en direction de la seule personne capable de faire changer d'avis Max et Eric et ainsi m'éviter une humiliation certaine : mon père.
Le bureau de mon père se trouvait au cœur d'un dédale de couloirs souterrains particulièrement sombres et étroits. Leader incontesté et incontestable, Marshall passait le plus clair de son temps enfermé dans un bunker lourdement gardé par des membres d'élite de notre faction. Les mêmes hommes qui stationnaient d'ailleurs régulièrement devant notre appartement. Mon père était la cible de nombreuses critiques et beaucoup le traitaient de paranoïaque, d'homme cruel et l'accusaient d'intensifier l'agressivité des opposants au système avec son intransigeance et sa répression violente. Pour sa défense, il avait été la cible de nombreuses attaques d'un groupe redouté de Sans-Factions qui s'étaient établis de l'autre côté du mur et qui menaient des raids meurtriers contre l'ensemble des factions et en particulier les Fraternelles et les Audacieux. C'était au cours d'un de ces raids que ma mère était morte et mon père ne se l'était jamais pardonné.
Au détour d'un couloir de béton mal éclairé par un néon industriel, deux hommes lourdement armés et que je connaissais bien, montaient la garde devant une porte en métal à moitié rouillée.
Sans leur adresser un mot, je pris une profonde inspiration tout en continuant mon chemin. Comme il fallait s'y attendre, ils me bloquèrent le passage.
« Vous voulez vraiment que je sois désagréable ? », sifflais-je sèchement. A défaut de vous intimider physiquement…
« Nous avons des ordres », me répondit Jay, un transfert d'Erudit arrivé il y a quatre ans et qui s'était montré redoutable au corps à corps
« Oui alors ça j'imagine bien mais moi je dois le voir tout de suite », j'essayais de conserver mon calme mais intérieurement je bouillonnais, « c'est important, je dois vraiment lui parler, Jay, s'il te plaît », j'avais murmuré les derniers mots avec douceur, implorant l'homme en face de moi de désobéir.
Jay me dévisagea un instant et je pouvais aisément le voir hésiter mais soudainement, il raidit et regarda par-dessus mon épaule. Oh non mais quoi encore ?!
« Tu comptes vraiment pleurnicher auprès de ton père pour défier mes ordres, et tu te demandes encore pourquoi on te rétrograde », je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel en entendant aboyer Eric. Jay me jeta un regard navré et redevint un soldat froid et stoïque.
« C'est injuste », lui lançais-je avant de me retourner lentement comme une enfant que l'on vient de surprendre en train de commettre une bêtise. Ce n'était pas la carrure impressionnante d'Eric qui était intimidante mais son regard glacial qui vous transpercez.
« Mon père est au courant de tes magouilles avec Max me concernant ? », demandais-je avec une étonnante sincérité, comme quelqu'un qui n'a plus rien à perdre. Foutu pour foutu.
Coulter fronça les sourcils et me dévisagea un court instant se demandant sûrement d'où venait cet élan suicidaire. Il fit deux pas en avant afin de couvrir l'espace qui nous séparait et il saisit brutalement mon bras et me traîna hors de vue des deux gardes avant de me pousser contre un mur à l'abri des regards.
Je fermais les yeux en attendant que mon dos ne heurte violemment le béton mais l'impact attendu n'arriva jamais. A ma grande surprise, Eric avait soigneusement placé ses mains entre mon dos et le mur afin d'amortir le choc. Et le leader particulièrement redouté pour son imprévisibilité me déshabillait d'un regard qui était tout sauf glacial et je sentais mon cœur s'emballer. Le visage d'Eric était à quelques centimètres du mien et j'en profitais pour détailler les traits de son visage.
« Tu vas aller avec les transferts parce que je veux te garder à l'œil et que je ne veux plus entendre parler de tes petites séances privées avec Quatre, est-ce que c'est clair ?!», je mordis mes lèvres tout en essayant de choisir mes mots.
« Donc je dois être humiliée devant toute ma faction à cause de ta gueguerre avec Quatre, tu es cinglé », je n'eu pas le temps de finir ma phase que Coulter retira la main qui se trouvait entre mes omoplates et le mur et la plaça sur ma gorge. C'est nouveau ces tendances suicidaires.
« Je viens de te le dire, Marshall, je veux vous avoir à l'oeil! », Eric perdait patience et je savais qu'il ne supportait pas que quelqu'un questionne ses décisions. Qu'Eric soit au courant de mes séances avec Quatre n'avait rien de surprenant mais que cela lui pose à ce point un problème était inédit.
« Tu n'as juste pas le cran de me virer à cause de mon père, ça n'a rien à voir avec Quatre », Eric resserra son étau autour de ma gorge et je pouvais le voir serrer ses mâchoires.
« Contrairement à ce que tu penses, Marshall, ce n'est pas ton père qui rêve de te garder ici », Ouch, ça fait mal.
« C'est drôle, Quatre disait la même chose, c'est pour cette raison qu'il s'est proposé de m'aider et pas de me faire passer pour une grosse conne devant tout le monde », je savais que je venais d'ouvrir la boîte de Pandore mais je ne pouvais résister à la tentation.
« Ferme-là Jo, tu ne sais rien ! » siffla Coulter avant de rapprocher son visage du bien. Je pouvais voir son regard se poser sur mes lèvres qu'il effleura de son pouce, il me regardait comme il allait m'embrasser mais il n'en fit rien.
« je ne veux plus te voir t'entraîner avec Quatre, c'est un ordre ! », murmura-t-il à mon oreille.
« Donc si on suit ta logique, tu me colles dans son groupe... Tu m'étonnes que tu ne sois pas resté chez les Erudit! En plus, ce n'est pas interdit », fis-je remarquer avec insolence. J'étais frustrée de le voir jouer avec moi et mon corps tout entier ne rêvait que d'une chose : qu'il m'embrasse avec cette ardeur et se savoir-faire qui était légendaire.
« Ce n'est pas interdit ? Tu plaisantes j'espère ? », j'ai hyper envie de plaisanter, « Aucun initié n'a le droit de bénéficier d'un traitement de faveur et tu devrais t'estimer chanceuse de pouvoir changer de groupe ». Il a picolé ou quoi ?!
« Vas-te faire foutre », sifflais-je exacerbée par son soudain respect du règlement.
« Tu vas ramener docilement tes fesses en salle d'entraînement, Marshall, et je ne veux plus te voir ou entendre que tu t'es retrouvée seule avec Quatre durant ton initiation pour autant je que ne décide pas de te foutre dehors prématurément », la tension entre nous était plus que palpable et je ne savais pas si je le haïssais ou si je l'aimais. Eric sembla sentir mon hésitation et il poussa un profond soupir avant de passer sa main sur son visage.
« Jo », murmura-t-il. Sa voix, soudainement plus douce, me fit perdre pied et toute la tension retomba d'un coup. Je sentis une larme couler le long de ma joue.
« Pourquoi tu t'acharnes comme ça ? Parce que j'ai été une petite peste avec toi quand j'étais gamine », je m'exprimais difficilement entre deux sanglots mais j'étais à bout, la situation était devenue ingérable et c'était à cause de lui. Eric prit mon visage entre ses mains et il posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Sans hésiter, j'entrouvris mes lèvres, le laissant ainsi approfondir ce baiser avec passion. Il prit possession de ma bouche et je glissais mes mains derrière sa nuque musclée envahie. Lorsqu'il mit un terme à notre baiser, je posais mon front contre son torse, savourant se moment.
« Tu vas rester à distance de Quatre », ce n'était pas une question mais une affirmation. Nos regards se croisèrent et je souris.
« Bien », dit-il avec satisfaction. On se regarda longuement comme pour prendre la mesure de ce qui venait de se passer entre nous puis le leader s'éloigna de moi et disparu. Eric Coulter vient de m'embrasser. Je souris bêtement à la seule pensée de ce qui venait de se passer entre nous.
Un peu plus tard, en arrivant en salle d'entraînement, je passais silencieusement devant un groupe de natifs qui me regardaient désormais avec un mélange de pitié et de dédain. Super la solidarité. Marlene essaya de venir me voir mais je lui fis signe que c'était inutile. D'autant que mon esprit était soudainement bien plus focalisé sur ce qui venait de se passer avec Eric que sur mon petit changement de groupe. Hormones quand elles vous tiennent.
Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, les transferts ne furent pas particulièrement plus sympathiques avec moi et un petit merdeux prénommé Peter ne manqua pas de me faire remarquer combien il devait être difficile de se retrouver humiliée devant sa propre Faction. Note pour soi-même, ne pas hésiter à viser « accidentellement » Peter lors de notre prochain entraînement.
« Initiés ! Aujourd'hui nous allons aujourd'hui nous entraîner au tir avec des armes blanches », la voix autoritaire et sans émotions de Quatre raisonnait sans le hangar vide et la scène entre Hayley et lui au petit-déjeuner me revint comme un boomerang. Grâce à Eric, je n'avais pas tellement eu le temps d'y penser mais en voyant le visage parfait et impassible de l'homme aux quatre peurs, une envie furieuse de le gifler me prit aux tripes. Note pour soi-même bis-repetita, demander à Hayley si elle couche avec lui ou non.
Quatre nous conduisit jusqu'à une quinzaine de cibles à forme humaine qui se trouvaient dans un recoin de la salle d'entraînement. Sur une table en bois, des couteaux aux lames parfaitement aiguisées étaient alignées et n'attendaient que nous.
« Une cible chacun ! Souvenez-vous que le maniement des armes et votre dextérité peuvent vous sauver la vie », Eh ben, on n'est pas sorti du sable. En bons petits soldats, les initiés prirent chacun plusieurs couteux et se placèrent devant une cible.
Déjà particulièrement crispée, je m'approchais à mon tour de de la table afin de prendre mes couteaux. Je pouvais sentir le regard de l'instructeur posé sur moi mais je choisis de l'ignorer. J'étais humiliée et blessée mais le baiser d'Eric m'avait donné envie de me battre et de réussir. De plus, je m'en voulais d'avoir pu imaginer une seule seconde qu'un garçon comme Quatre aurait pu me voir comme autre chose que la petite sœur ratée d'Hayley Marshall. La situation était certes merdique mais il fallait voir le bon côté, j'avais touché le fond et à ce stade, la situation ne pouvait pas être pire.
En me plaçant face à la cible, je posais les couteaux au sol et n'en conservais qu'un seul dans ma main droite. Je me concentrais au maximum, faisant fi de l'agitation des autour de moi. Je saisis le couteau par la lame avant de le lancer en prenant un maximum d'élan. La lame se planta à environ quinze centimètres de l'endroit que je visais et en résumé, c'était raté. La deuxième tentative s'avéra tout aussi manquée et ma troisième lame passa complètement à côté de la cible pour venir s'échouer au sol. Pour la dextérité, on repassera.
Quatre nous observait et distillait des conseils aux uns et aux autres. Lorsqu'il se plaça derrière moi, mes mains devinrent subitement très moites et inutiles de préciser que ma énième tentative se solda par un cuisant échec.
« Il faut que tu sois plus précise, Marshall, tu manques de rapidité, de force et de précision », Non, tu crois ? je choisis de l'ignorer plutôt que de lui répondre.
Cette séance ô combien enrichissante dura encore une bonne heure avant que Quatre ne nous annonce qu'il était temps de faire une petite pause avant de se mettre à travailler notre aptitude au combat.
La pose était la bienvenue et j'en profitais pour prendre une bouteille d'eau et m'asseoir dans un coin à l'écart.
« Je pense qu'ils vont finir par nous achever », fit une petite brune qui n'avait pas la langue dans sa poche, « je m'appelle Sabrina ». Elle me tendit la main tout en affichant un sourire béat.
« Je sais », lâchais-je froidement tout en lui serrant la main, « je m'appelle Jo ».
« Pourquoi t'ont-ils transféré dans le groupe des transferts ? », donc on sait une chose, Sabrina n'est pas un transfert d'Erudit.
« Parce que je suis trop nulle pour être avec les natifs », rétorquais-je avec amertume. Sabrina hocha la tête avant de s'éloigner sans demander son reste
Quatre, qui avait observé toute la scène s'approcha de moi, « cette attitude ne te mènera nulle part ».
Je fis face à mon instructeur, « mon attitude ne te regarde pas », Judas.
« Je sais que tu es furieuse mais c'est pour ton bien », murmura-t-il en faisant attention de ne pas être observé.
« Tu sais quoi ? Je pense que tu devrais arrêter de penser à mon bien et me foutre la paix ! », crachais-je tout en le fusillant du regard avant de me diriger vers les punching-balls auprès desquels se trouvaient la plupart des transferts.
Quatre annonça le début de la session « cassage de faciès »et je commençais à frapper de toutes mes forces tout en essayant de maintenir au maximum mon tronc droit et fixe. J'avais gagné en équilibre et en jetant un rapide coup d'œil autour de moi, je pouvais aisément me rendre compte que j'étais largement à niveau dans ce groupe en tout cas physiquement parlant.
« Al ! Marshall ! Dans le ring ! », en me retournant, je pouvais voir Quatre et Eric plantés à l'autre extrémité du ring.
« Yeah ! On va voir ce que les natifs valent vraiment… Ou pas », s'écria Peter. Lui, je vais vraiment lui coller une droite dont il se souviendra.
Al était plus grand que moi ce qui n'était pas en soit un exploit. Je pouvais voir qu'il était hésitant en revanche moi, je l'étais beaucoup moins. J'attaquais la première en lui assénant un coup de pied dans les côtes et je fus surprise de ne pas me retrouver par terre mais de revenir rapidement à ma position d'origine. Sans hésiter, j'enchainais avec un coup de poing, puis un deuxième qui fit reculer mon adversaire.
Al tenta de se défendre mais je me dégageais rapidement sur la droite puis sur sa gauche avant de lui administrer un puissant coup de pied au niveau de sa tête ce qui l'envoya au sol. Je fus déséquilibrée mais je parvins à me rattraper de ma main droite avant de revenir sur mes deux pieds. Autour de moi, l'ensemble des transferts était silencieux. Je tournais autour de mon adversaire qui tentait de se relever avant de le plaquer au sol avec un pied et de passer mon bras droit autour de son cou.
« Assez ! », s'écria Eric afin de mettre un terme au combat, « si vous être impressionné, dites-vous que Marshall est très loin du niveau des autres natifs ». Quel enfoiré. Nos regards se croisèrent et l'espace d'un instant je crus le voir me faire un clin d'œil.
« Cet après-midi, vous aurez la chance de voir le mur de près, soyez à 13h00 sur la passerelle de chargement des camions ! », s'écria Eric à l'ensemble des initiés qui échangèrent des regards excités. Pour ma part, j'avais souvent accompagné mon père là-bas et le coup de la visite guidée m'enchantait moyennement.
« On va visiter le mur ! J'ai jamais vu les champs d'en haut ! », me lança Sabrina au bord de l'hystérie.
« Tu es une fraternelle ? », demandais-je en lui glissant un regard. Question bête.
« Oui, mais j'ai toujours su que j'étais différente », à la bonne heure, « ça doit être bien de rester dans sa faction d'origine, je t'envie ». Une partie de moi éprouvait une envie furieuse d'expliquer à Sœur Sourire que je n'avais pas vraiment une position envieuse mais elle avait quelque chose de touchant dans sa naïveté et pour une fois que quelqu'un était sympathique.
« Oui, c'est agréable de rester près des siens », lui répondis-je en feignant un sourire amical.
A 13h30, nous étions tous assis à l'arrière d'un camion bâché qui longeait le mur par l'extérieur de l'enceinte afin de nous faire prendre conscience de sa hauteur. C'était une zone particulièrement dangereuse et Quatre s'était assis juste en face de moi et chaque fois que nos regards se croisaient je baissais les yeux ou reportais mon attention sur quelqu'un d 'autre. Je constatais que notre instructeur s'était équipé d'une arme de combat et je repensais à ce que m'avait dit ma sœur concernant des groupes de Sans-factions qui s'étaient procuré des armes et attaquaient les groupes d'Audacieux. Uriah m'avait dit que les natifs visitaient l'armurerie avec Eric et Max aujourd'hui. Ce n'était pas surprenant, tous les natifs avaient déjà vu le mur des dizaines de fois.
« C'est énorme ! Je n'étais jamais venue dans cette zone ! C'est trop dangereux, on avait interdiction de s'en approcher », les yeux de Sabrina pétillaient d'excitation et l'espace d'un instant je repensais à ma mère. J'avais un très mauvais présentiment et je jouais nerveusement avec son médaillon.
Je n'eus pas le temps de répondre que notre camion percuta un objet et s'arrêta de rouler. Il y eut des échanges entre le conducteur et un groupe d'hommes. Je regardais Quatre qui nous fit signe de nous taire. Je n'étais pas une experte mais Quatre, aussi fort soit-il, n'était pas de taille contre un groupe armé.
La bâche du camion s'ouvrit brutalement me faisant sursauter et un homme que je reconnus comme Sean Mendes, le leader des sans-factions, passa sa tête dans l'embrasure et nous sourit. Du coin de l'œil, je vis Quatre armer son arme, prêt à tirer.
« Qu'est-ce que nous avons là, des petits soldats en formation », fit-il d'une voix nasillarde. Un de ses acolytes arriva derrière lui et pointa son arme sur nous. J'avais le sentiment de vivre la scène au ralenti. C'était irréel. Mendes était particulièrement redouté. On le disait à moitié fou, sadique. Il haïssait le système et s'estimait dans son bon droit. Il ne se contentait pas de tuer, il torturer quiconque se trouvait sur son passage. Il avait réussi à dérober des armes aux Audacieux et au fil des années, il s'était constitué un solide arsenal.
Comme j'avais toujours beaucoup de chance, j'avais trouvé le moyen de me mettre juste à côté de la bâche, à l'entrée du camion et je pouvais sentir l'odeur de transpiration et de crasse du chef des sans-factions. Mendes commença à me fixer et d'un geste brutal, il saisit mon visage en m'attrapant la mâchoire de ses doigts moites. Quatre tenta d'intervenir mais le deuxième sans-faction pointa son arme sur sa tempe et de sa main libre, il confisqua l'arme de notre instructeur et il ne fallait pas être devin pour savoir que tout cela allait mal se finir.
« C'est mon jour de chance ! Regardez ce que nous avons là, tu es une Marshall, je reconnaitrais votre gueule entre toutes, ta salope de sœur m'a arrachée un doigt avec une balle me tirant dessus », je pouvais effectivement sentir son moignon passer sur ma joue. Ce type me donnait la nausée et pas juste en raison des effluves corporelles qui émanaient de lui. Etre une Marshall c'est vraiment une source d'emmerdes sans fin.
Je regardais Quatre en le suppliant d'intervenir mais il était impuissant.
« Combien tu crois que ton paternel serait prêt à lâcher pour te retrouver saine et sauve ? », Mendes me tira par le bras et et de me jeter sur le bitume au pied du camion. Je pus voir le corps du chauffeur au sol, il avait eu la gorge tranchée nette. Il y avait au moins une dizaine d'hommes armés jusqu'aux dents. En fait, j'avais tort, la situation peut toujours être pire.
« Mon père ne cèdera jamais à un chantage », m'écriais-je d'une voix tremblante.
« Moi je propose que l'on essaie et au pire, une jolie fille comme toi pourra toujours servir, nous sommes des hommes très seuls », j'essayais de crier mais rien ne sortit, j'étais tétanisée, terrifiée. Tout s'était passé si vite, c'était terrifiant. Un des sbires de Mendes m'attacha les poings avec une corde avant de me jeter à bord d'un pick-up. Je fermais les yeux tout en essayant de retenir mes larmes.
Un grand merci à toutes les personnes qui ont le courage de me lire, il en faut! Cette histoire est vraiment le fruit d'un petit délire perso et je n'ai pas de grandes prétentions d'autant que je sais que je ne respecte pas l'histoire de Divergent.
Bref le Ratings passe à M en tout cas pour les deux prochains chapitres car ils vont être un peu plus Dark et plus violent... Je me suis dit que ma petite Jo allait être servie question renforcement de caractère...
Quant à la romance car je suis une vraie fleur bleue archi-romanesque, les histoires de coeur ne seront pas en reste.
