Je voudrais remercier toutes les personnes qui prennent le temps de me laisser une review. Vous n'avez aucune idée à quel point cela me motive et me pousse à écrire. Alors, , Courtney Ackles, Divdi, Donfinx28, Laulau240. . MERO Julie, LO, MERCI BEAUCOUP
Depuis mon interrogatoire, s'il pouvait être qualifié de la sorte, je vivais recluse chez mon père en attendant que quelqu'un se décide à prendre une décision me concernant et donc à me laisser sortir du loft. Non seulement j'étais confinée dans un espace restreint mais pour couronner le tout, tout le monde semblait m'éviter. Si l'absence de mon père dans son propre appartement était normale, ce qui l'était moins, en revanche, était la quasi-disparition d'Hayley qui prétextait être perpétuellement en mission.
Dans mon malheur, j'avais la chance de servir d'oreille à Uriah qui venait désormais quotidiennement me voir pour s'épancher sur ses problèmes de coeur.
« Tu as vu ma sœur récemment ? », demandais-je à Uriah tout en essayant de faire fonctionner la machine à café.
« Pas vraiment, elle est tout le temps en mission ou avec Quatre », je sentis mon corps se crisper avant de donner un grand coup dans le malheureux appareil éléctoménager.
« Quelle merde ce truc ! », Uriah vint s'adosser à l'ilot de cuisine qui se trouvait juste derrière moi.
« Tu lui en veux toujours à Quatre n'est-ce pas ? », penses-tu…
Je fermais les yeux en appuyant sur le bouton off avant de pivoter sur mes talons, « j'attends toujours qu'il vienne me parler, ce serait la moindre des choses ».
« Et le fait que ta sœur adorée passe tout son temps à s'occuper de lui te blesse alors que tu aurais plus que jamais besoin d'elle », et après son initiation, Uriah passa un diplôme en psychologie.
« Je pense que ma réaction est humaine », un sourire discret se dessina sur les lèvres de mon ami de toujours.
« Oui, mais tu verrais la tête de Quatre, je comprends que sa copine ne le lâche pas quand elle n'est pas en mission », je levais les sourcils incitant silencieusement Uriah à poursuivre.
« La rumeur veut qu'Eric a flanqué une raclée à Quatre dans la salle d'entrainement mais bien sûre, ce n'est qu'un énième bruit de couloir et il n'y a pas de raison qui justifierait que notre leader adoré colle une danse à un subordonné à moins bien sûre… », j'eus bien du mal à intégrer ces nouvelles informations.
« C'est une plaisanterie ? », articulais-je tout en peinant à contenir mon excitation.
« Non, mais comme toujours princesse, je ne t'ai rien dit », Uriah joint le geste à la parole et fit mine de sceller ses lèvres.
« Pourquoi il aurait fait un truc pareil ? Eric risque gros si il passe devant le conseil", mumurrais-je presque à moi-même.
« Je ne sais pas, un contentieux à régler apparemment mais j'ai entendu mon frère dire qu'il avait dû demander l'aide de deux autres mecs pour les séparer », tout en parlant, Uriah venait de rallumer la machine à café qui sembla fonctionner comme au premier jour. Je choisis d'ignorer ce détail particulièrement agaçant afin de ne me focaliser que sur l'essentiel.
« Tu viens de me dire que c'était un bruit de couloir ! », lui lançais-je, « si ton frère était présent ce n'est pas qu'une rumeur ! ».
« Bah c'est une information officieusement confirmée, disons que c'est une rumeur officielle », il se fout de moi ou quoi.
« Et c'était quand ? », parce que ça c'est hyper important. Uriah inclina la tête sur le côté comme il le faisait toujours lorsqu'il avait une information qui allait faire mouche. Il le savait et je le savais.
« Le jour de ton interrogatoire », je mis ma main gauche devant ma bouche comme pour réprimer un petit cri de surprise et d'excitation.
« Tu penses qu'Eric s'est battu avec Quatre à cause de moi ? », Eric Coulter n'était pas un mec bien je le savais et si j'avais un minimum d'instinct de survie, je ne devais pas me réjouir de cette perspective. Je n'ai aucun instinct de survie, c'est officiel.
« Je ne sais pas ce qui lui a pris mais visiblement il avait sacrément besoin de passer ses nerfs sur Quatre », Uriah marqua une pause comme pour prendre pleinement la mesure de ce qu'il allait dire, « tu sais ce qui est amusant ? ».
« Non », rétorquais-je quelque peu sur mes gardes.
« Aussi violent, cruel et impitoyable que soit Coulter, il n'agit pas sans une bonne raison ou sans avoir pleinement pris la mesure de ses actes or Zeke m'a dit qu'il était fou de rage, comme si quelque chose ou plutôt quelqu'un avait réussi é lui faire perdre la raison et on parle d'un mec qui est né Erudit », je me mordis les lèvres en essayant de réprimer mon sourire, en vain.
« Jo, un conseil d'ami, Coulter n'est pas un tendre et ce n'est certainement pas le mec que je voudrais voir s'intéresser à ma meilleure amie tout simplement car il est malsain. Tu n'étais pas là durant deux ans et ce mec a tout simplement enchainé les conquêtes. Il dispose des gens comme d'objets et pourtant tu sais combien je l'apprécie en tant que Leader », je fronçais les sourcils car je commençait à voir où il voulait en venir et cela ne me plaisait pas.
« Tu penses que je ne suis pas assez bien pour qu'il s'intéresse à moi ? », Uriah me regarda avec la même pitié que je pouvais voir parfois dans les yeux félins d'Hayley.
« Tu te souviens de toi durant l'initiation ? Tu as vu l'humiliation qu'il a fait subir à ta sœur ? Ta sœur qui n'est autre qu'HAYLEY MARSHALL, une légende chez les Audacieux ! Tu es mille fois trop bien pour n'importe quel mec de cette faction mais pas pour Eric Coulter tout simplement car aucune femme ne trouve grâce à ses yeux, c'est tout ! », la partie rationnelle de mon cerveau était parfaitement d'accord avec les propos d'Uriah mais j'avais tendance à ne pas l'écouter ces derniers temps.
« J'ai beaucoup changé, je pense largement valoir ma sœur aujourd'hui », Uriah soupira.
« Tu viens de passer deux ans captive de ce taré de Mendes, évidemment que tu as changé, c'est un vrai traumatisme », malgré la compassion dans sa voix, il y avait quelque chose que mon ami d'enfance semblait ne pas vouloir admettre et qui m'irritait particulièrement.
« Je ne suis PAS traumatisée, je n'ai pas été une simple captive, Mendes a fait de moi une vraie guerrière », j'ignorais si c'était la réalité, si j'étais réellement assez forte pour ne pas ressentir de traumatisme mais si cela n'était qu'une illusion alors elle me convenait.
« Donc tu penses avoir juste passé deux années en bootcamp warrior & cie sans aucune séquelle ? », il y avait une pointe d'ironie dans la voix d'Uriah.
« Oui », articulais-je froidement tout en l'invitant à ne pas poursuivre sur cette voie, « je pense même être devenue bien meilleure et bien plus forte que n'importe lequel d'entre vous ».
« Oh, je vois…Et tu crois que c'est ce qu'Eric a tout de suite décelé ça chez toi ? Si c'est le cas, pourquoi est-ce qu'il passe ses nuits avec une jolie métisse aux jambes fuselée ? Peut-être parce qu'elle n'a pas de balafres sur son visage et qu'elle a dix doigts », Uriah n'eut pas le temps de finir sa phrase que je saisis un couteau qui se trouvait sur le comptoir de cuisine a ma portée. Avec rapidité et précision, je parvins à l'immobiliser en le bloquant avec le poids de mon corps puis à plaquer la lame sur sa gorge. Je pressais volontairement le métal froid contre sa peau jusqu'à voir une goutte de sang perler entre la lame et mes doigts fins.
« JO ! », s'écria Uriah et je pouvais voir la peur dans ses yeux mais cela m'était égal, j'étais comme en transe, je pouvais sentir l'adrénaline couler dans mes veines. Chez Mendes, j'avais appris à aimer dominer, j'avais compris qu'il n'y avait rien de plus grisant que de tenir son adversaire à sa merci.
« JOSEPHINE ! », je fermais les yeux en entendant la voix de Jay. Je retirais le couteau en le jetant machinalement dans l'évier avant de reculer d'un pas sans lâcher Uriah du regard, je tenais ma tête haute, le menton presque parallèle au sol.
« Tu as changé, en effet », murmura Uriah en prenant un torchon pour arrêter le saignement en le pressant contre sa gorge.
« Va à l'infirmerie », ordonna Jay, « et ne dis pas un seul mot sur ce qui s'est passé ! Tu as compris ? ».
Uriah hocha la tête et me jeta un dernier regard avant de partir sans demander son reste.
« Qu'est ce qui s'est passé ? », demanda Jay d'une voix calme même si ce n'était qu'une apparence.
« On s'est expliqué », fis-je en haussant les épaules avant de tourner le dos à mon garde attitré et de me remettre à bricoler la machine à café.
« Tu viens de saigner un membre de l'équipe d'intervention des Audacieux, une faction dont, je te le rappelle tu ne fais même pas partie », je n'aimais pas le ton paternaliste de Jay qui n'était par ailleurs ni mon père ni mon leader.
« C'est une égratignure », le liquide noir coula dans une tasse mal lavée.
« Et il se serait passé quoi si je n'étais pas intervenu ? », la question était logique.
« Uriah est mon ami, c'était une discussion un peu houleuse », Jay me dévisagea un court instant sans rien ajouter.
« je vais devoir en référer à mes supérieurs, Jo », lâcha-t-il en se dirigeant vers la porte.
« C'est ça », grommelais-je avant de me diriger vers ma chambre.
L'adrénaline commençait à se dissiper et je m'allongeais sur mon lit, épuisée. Machinalement je levais ma main droite afin de contempler mes quatre doigts à la lumière du plafonnier. Elle n'a pas de balafre sur son visage et elle a dix doigts. Les paroles d'Uriah tournaient en boucle dans mon esprit. Je repensais à ma réaction et l'expression d'horreur sur le visage de mon meilleur ami. En l'espace d'une demie seconde, une conversation amicale avait failli se transformer en bain de sang. J'avais le sentiment d'être devenue un monstre aussi bien physiquement que mentalement. J'avais été dressée pour tuer à la manière d'un doberman. J'avais menti à Jay, la vérité étant que j'ignorais ce que j'aurais fait s'il n'était pas intervenu. Chez les Sans-Factions, on ne se bat pas sur des tatamis sous le regard d'un instructeur, on ne nous arrête pas quand on prend un coup trop fort. On se bat à mort, on se bat jusqu'à ce que le sang coule. J'avais été laisser pour morte maintes fois lors de mes premières semaines en tant que Petit Oiseau puis j'avais appris à rendre les coups et même à les donner en premier. C'était le prix d'une paix et d'une sécurité toute relative dans l'antre de Mendes. Ce n'était pas l'insulte d'Uriah qui m'avait fait perdre pied, c'était le fait qu'il avait très probablement raison : Eric ne me regarderait jamais comme je voudrais qu'il me regarde. C'était une réalité. Peu importe ce qu'il m'avait dit dans ma chambre d'hôpital, peu importe le fait qu'il ait utilisé ma souffrance pour se battre avec Quatre car après tout, les deux hommes se haïssaient et Coulter avait sûrement trouvé un prétexte idéal.
Un peu plus tard dans la soirée, je regardais la pluie tomber sur les grandes vitres du loft, un verre du whiskey de mon père à la main. Ce n'était pas le premier verre de la soirée ni même le dernier. Mendes, à défaut de nous nourrir, avait l'habitude de nous servir un verre quand il était satisfait de nous et en tant que snipper d'élite, j'y avais régulièrement droit. Je n'aimais pas spécialement le goût du whiskey mais le liquide ambré particulièrement prisé chez les Sans-Factions était le seul qui parvenait à me faire oublier le merdier dans lequel je me trouvais.
Avec le bruit de la pluie, je n'entendis pas tout de suite que quelqu'un frappait à la porte et ce n'est que quand cette dernière s'ouvrit violemment que je sortis de mes contemplations.
« Tu es devenue sourde en plus d'être suicidaire ! », la voix tonitruante d'Eric raisonna dans la pièce.
« Je t'en prie, entres », lui lançais-je sarcastiquement.
Eric portait encore sa tenue de mission et ses vêtements étaient trempés. Le leader fixa le verre que je tenais à la main, « tu te mets à boire seule ? », fit-il remarquer tout en saisissant la bouteille sur le bar pour se servir à son tour un verre avant de marcher jusqu'à moi et de s'asseoir sur un fauteuil à quelques centimètres du mien. Je remarquais qu'il avait pris la bouteille avec lui et j'en déduis qu'il avait les nerfs dans le même état que les miens.
« J'avais bien quelqu'un pour me tenir compagnie mais il a dû partir précipitamment », lâchais-je tout en portant mon verre à mes lèvres.
« ça te fait rire d'avoir envoyé ton ami d'enfance à l'infirmerie ? », demanda-t-il froidement.
« A toi de me le dire, tu y as envoyé Quatre il n'y a pas longtemps, non ? », du coin de l'œil je vis Eric laisser échapper un rire discret tout en buvant une gorgée.
« Jay pense que tu ne serais pas aller plus loin, personnellement, et après ce que j'ai vu durant ton interrogatoire, je crois qu'il se plante », Eric posa son regard franc et glacial sur moi.
« J'ai toujours de vieux réflexes », murmurais-je en reportant toute mon attention sur l'orage qui faisait mine de s'intensifier.
« De vieux reflexes qui pourraient bien te faire virer de cette faction », je réfléchissais à ce que j'allais répondre mais le whiskey embrumait mes pensées.
« Tu n'as aucune idée de ce que c'est et.. », je n'eus pas le temps de terminer ma phrase que le charismatique Leader m'interrompit abruptement.
« J'étais là, Jo, j'ai vu ce que tu avais traversé », Eric serra la mâchoire et finit son verre d'une traite avant de se resservir.
« Chaque fois que je me bats, il faut que j'aille au bout, je ne me contrôle plus », j'étais moi-même surprise pas ma franchise et ma transparence.
« Je sais ce que c'est mais ça risque de poser un ou deux petits problèmes pour la suite des évènements », Nous échangeâmes un regard et je savais que lui, plus que quiconque, savait ce que c'était que de se battre et d'éprouver du plaisir à dominer l'autre.
« Vous allez vraiment me faire repasser l'initiation ? », Eric soupira bruyamment.
« Malheureusement, oui », j'éclatais de rire.
« Je vois que la perspective de devoir me former te réjouit », le leader serra son poing comme pour relâcher la tension.
« Ce qui me réjouit c'est de te voir déconner comme aujourd'hui et et te transformer en putain d'animal sauvage », je posais mon verre et me levais subitement.
« Là d'où je viens, Eric, c'est soit tu apprends à te comporter comme un putain d'animal sauvage comme tu dis, sois tu crèves ! », le regard intense d'Eric me fit taire.
« Je sais d'où tu viens, Jo ! J'étais là durant ton interrogatoire ! J'ai vu les horreurs que tu as subi ! », il se leva à son tour, son visage était impassible à l'exception de son regard animé de colère et de haine,« Mais tu proposes quoi, Jo?! On accepte le fait que tu puisses tuer n'importe quel membre de cette faction sous prétexte qu'il t'a regardé de travers », je me mordis la lèvre inférieure en réalisant ce qu'il était en train de dire.
« Je n'en sais rien, Eric », soupirais-je, « je n'ai aucun contrôle sur moi dans ces moments-là ».
« Je te conseille vivement d'apprendre à te maîtriser rapidement », il pointa son index vers moi et l'espace d'un instant je cru qu'il allait m'embrasser.
Eric était sur le point d'ajouter quelque chose mais il se tut. Il finit son verre d'une traite avant de le reposer bruyamment sur le rebord de la fenêtre me faisant légèrement sursauter. Le leader m'adressa un dernier regard sombre avant de se diriger vers la porte me laissant seule avec mes interrogations et mes frustrations.
« J'imagine que ta métisse t'attend bien au chaud dans ton lit ? », Eric s'arrêta net et fit demi-tour.
« la jalousie ne te va pas, Jo », il affichait un sourire aussi sadique que triomphal.
« Tu peux dégonfler ton égo, Coulter, je ne suis pas jalouse d'une transfert », lâchais-je froidement.
« J'avais oublié, tu es une Marshall, une quasi-royauté chez les audacieux », cracha-t-il sarcastiquement tout en se rapprochant de moi, « Que tu avais l'air déçue l'autre jour quand tu as vu Mia ».
« Mia ? », j'avais articulé le prénom de ma rivale avec autant de venin que possible et tout ceci semblait grandement amuser Eric.
Le redoutable Leader se tenait devant moi, massif, imposant, terrifiant et terriblement séduisant.
« Et que voulais-tu ? », il approcha son visage à quelque centimètre du mien, il approcha ses lèvres du lobe de mon oreille droite et commença à le mordiller délicatement avant de s'interrompre pour voir ma réaction.
« Te parler », ma voix était légèrement plus aigue et plus essouflée que je ne l'aurais voulu.
« Juste me parler? », susurra-t 'il à mon oreille tout en continuant à la mordre avec ferveur tout en faisant glisser sa main droite le long de ma mâchoire avant de m'agripper fermement le visage. Sa main gauche m'attrapa fermement la taille. Ses mains étaient puissantes, comme tout le reste chez lui. N'y tenant plus, je plaçais son visage entre mes mains avant de l'embrasser. Il entrouvrit les lèvres, retournant ma fougue. Notre baiser était pressant et impatient. Il n'y avait aucune douceur, aucune tendresse dans la manière avec laquelle il me tenait fermement. Tout en m'embrassant, il laissa sa main caresser ma hanche puis descendre le long de ma cuisse avant de s'approcher de mon entre-jambe. J'avais terriblement envie de lui et dans l'excitation, je laissais échapper un soupire pour l'inciter à ne surtout ma arrêter ce qu'il était en train de faire. Je sentis un sourire se dessiner sur ses lèvres. Il trouve ça drôle. Eric rompit notre baiser et s'écarta de quelques centimètres de moi afin de rompre tout contact.
« C'est ce que je pensais », la satisfaction sur son visage me donna en vie de le gifler.
« On peut savoir à quoi tu joues ? », demandais-je avec agressivité.
« Je voulais vérifier quelques chose », fanfaronna-t-il en me laissant seule avec mon désir inassouvi.
« Va te faire foutre, Coulter ! », m'écriais-je en lançant mon verre contre la porte avant qu'il n'eût le temps de l'ouvrir.
« Tu as vraiment un problème de self-control », me lança-t-il par-dessus son épaule.
