La réunion avec Max et mon père avait duré environ une heure mais je n'avais retenu qu'une seule chose : Initiation avec les transferts supervisée par Quatre.
« Un dernier point sur lequel j'insiste, Jo, je ne veux pas un écart de conduite ces prochaines semaines, si quoique ce soit me revient aux oreilles tu seras renvoyée sur le champ, est-ce que tu m'as compris ? », je connaissais mon père et je savais que ce n'était pas du bluffe. Lorsqu'il avait appris pour l'incident avec Uriah, il était entré dans une colère noire et l'hématome sur mon visage en était le malheureux stigmate.
« EST-CE QUE TU M'AS COMPRIS ! », aboya-t-il à nouveau.
« Oui », articulais-je péniblement.
« Bien », Mon père se leva sans même m'adresser un dernier regard et quitta la salle.
Des Leaders de cette faction, ils étaient 8 au total, mon père se plaçait tout en haut de la hiérarchie et il ne se privait jamais d'user et d'abuser de sa position. On murmurait que même Jeannine Matthews le craignait et cela ne me semblait pas spécialement étonnant quand on connaissait l'homme en question.
L'Initiation commençait officiellement le lendemain matin et à l'heure qu'il était, Eric ou Quatre devaient être en train de faire le tour du propriétaire aux transferts. Je n'allais pas partager le dortoir avec les autres et le seul repas que j'avais le droit de faire dans la cafétéria était le lunch. En dehors des entrainements, je devais rejoindre l'appartement familial et y rester enfermée. Cas exceptionnel, mesures exceptionnelles comme dirait mon géniteur. Je trouvais cela parfaitement ridicule de me laisser avec les transferts mais mon père semblait penser que moins j'aurais à faire à des adversaires agressifs, moins je risquais d'en tuer un par erreur. Pas faux.
C'est ainsi que le lendemain matin, Jay m'escorta à travers le dédale de couloirs jusqu'à la salle d'entrainement.
« Est-ce que ça va ? », me demanda Jay qui voyait bien que je trainais des pieds.
« Oui, c'est juste que je ne suis pas passée par là depuis des années… Je ne sais pas, c'est… », j'étais à court de mots tout simplement car je ne de parvenais pas à identifier ce que je ressentais depuis mon retour à Chicago il y'a six semaines. Je me sentais comme une étrangère dans un lieu pourtant si familier.
« ça va aller », murmura-t-il en poussant les deux battants de la grande salle.
La totalité des initiés étaient déjà présents. A ma gauche, les natifs étaient déjà à l'entrainement avec Tori et à ma droite les transferts étaient avec Quatre. Peu importe leur faction de naissance, tous me regardèrent comme une bête curieuse.
Quatre me salua d'un signe de tête et je l'imitais sans plus de cérémonie avant de m'adosser à une colonne et de l'écouter épiloguer sur les différentes techniques qui permettaient de parer les attaques d'un adversaire. Je regardais un à un chacun de mes camarades d'initiation. Certains avaient l'air terrifiés, d'autres prêts à en découdre mais tous n'aspiraient sûrement qu'à une chose : réussir l'initiation et ne pas se retrouver sans-factions.
Bizarrement, cette perspective ne m'effrayait plus peut-être parce qu'aujourd'hui j'avais le sentiment de n'avoir plus rien à perdre. J'évoluais au sein de ce complexe, au milieu de cette Faction comme si je sortais d'un univers parallèle. Etre là sans être vraiment présente. Je m'étais demandée si Mendes me manquait et si j'étais atteinte d'une forme aigue du Syndrome de Stockholm ou un truc du genre. Mais non bien que je ne détestais pas Sean Mendes. Uriah avait même évoqué un Syndrome post-traumatique mais pour être parfaitement honnête je ne savais pas très bien ce que cela voulait dire. De toutes façons, chez les Audacieux, il n'y avait pas de psychiatres, il n'y avait pas de compassion, pas de « dorlotage » à outrance : on subit, on digère et on avance.
« Jo ! », Quatre et la totalité du groupe me fixaient comme si j'étais censée faire sortir un lapin de mon chapeau.
« Oui ? », je pris un air dégagé en veillant à dissimuler au mieux ma surprise. J'ai loupé un truc là, non ?
« Je t'attends sur le ring pour faire une démonstration », le regard de Quatre trahissait sa nervosité malgré la placidité de son visage et la neutralité de sa voix.
Je marchais d'un pas tranquille vers le ring. Je n'avais pas écouté un traitre mot de ce qu'il avait dit mais je savais me battre et me défendre alors cela n'allait pas être un problème d'improviser.
« Je veux que tu bloques toutes mes attaques », murmura-t-il alors que nous prenions place l'un en face de l'autre.
« Tu ne veux pas plutôt que je t'attaque et tu nous montres comment tu te défends… Sans fuir j'entends », notre instructeur ne rebondit pas mais il avait parfaitement compris mon allusion.
Quatre lança une première offensive que je repoussais sans même avoir à me déplacer. Il enchaina ensuite avec un uppercut que je bloquais puis une série de coups de pied que je parais sans la moindre difficulté. Chez Mendes, j'avais appris à m'attendre au pire, à repousser des attaques violentes venues de nulle part. Inutile de dire qu'a mes yeux, les coups de pieds et les droites de Quatre, peu importe les petits bonds qu'il faisait sur place ou l'élan qu'il prenait, cela ressemblait à un jeu d'enfants.
« Voilà ce que vous devez faire pour vous défendre : anticiper et bloquer au tout dernier moment », conclut Quatre après sa pathétique démonstration.
« Bon boulot », me lança-t-il alors que je descendais du ring.
« Merci », lâchais-je froidement.
« Mettez-vous par groupe de deux et entrainez-vous ! Marshall, avec moi ! », vociféra Quatre avant de m'attraper le bras et m'entraina à l'écart du groupe, « tu attends quoi de moi, Jo ? des excuses ? A ma place tu aurais fait exactement la même chose que moi ce jour-là ! Je suis vraiment désolée pour ces deux dernières années parce que tu ne méritais pas ça, crois-le ou non, je tiens à toi mais je refuse de ramper devant toi pour quelque chose dont je ne suis pas responsable, tu te trompes de cible, le responsable de tes malheurs c'est Mendes », lorsqu'il termina enfin sa tirade, je restais à le fixer un long moment sans ajouter un mot, il avait raison…Sûrement… De toutes façons, je ne pouvais pas revenir en arrière et ses excuses ne pourraient en aucun cas changer les horreurs que j'avais vécu ces deux dernières années.
« Ok », lâchais-je. Quatre me regarda comme si un troisième œil venait d'apparaître sur mon front.
« Ok… C'est tout ce que tu as à me dire ? même pas un va te faire foutre ? », S'il essayait de faire de l'humour c'était complètement loupé.
« Que veux-tu que je te dise ? Oui, Mendes est responsable des pires horreurs mais il m'a peut-être permis de devenir un meilleur soldat, une grande guerrière. Peut-être que c'était une chance parce que qui c'est, sans lui, je serais peut-être en train d'errer dans les rues à mendier ma nourriture », je pris une profonde inspiration avant de poursuivre, « je crois sincèrement que ce jour-là, tu aurais peut-être pu te mettre un peu plus en danger pour m'aider si tu tenais vraiment à moi comme tu dis mais ça n'a plus aucune importance aujourd'hui, Quatre. Tu crois peut-être être une légende vivante ici, l'homme aux quatre peurs mes fesses ! Je vais profiter de chaque moment de cette initiation pour te montrer à quel point je suis meilleure que toi : plus forte, plus intelligente, plus rapide. On dit que rien n'arrive par hasard, alors ainsi soit-il », J'ouvris les bras en tournant les mains vers le ciel comme pour faire mine de recevoir une bénédiction quasi-divine.
« Tu penses vraiment ce que tu dis ? », me demanda-t-il perplexe.
« Très honnêtement, j'essaie toujours de m'en convaincre mais une chose est sûre, ma sœur t'aime et il se trouve que j'aime ma sœur donc je dois faire des compromis et accepter que la situation soit comme elle est au risque de la perdre définitivement ! », Je pouvais voir cette douceur caractéristique dans le regard de Quatre, cette humanité qui le rendait si différent des autres membres de cette faction.
« Donc on est cool », je levais les yeux au ciel et esquissais un sourire.
« Faut pas exagérer non plus, je vais continuer à te botter le train tous les jours et quand j'en aurais marre, on pourra en rediscuter », le sourire sur son visage angélique, aussi discret soit-il, témoignait de son soulagement.
Au moment où je regagnais mon groupe, Quatre m'interpela, « fais attention avec Eric, il est dangereux ».
Je ne répondis rien tout simplement car il n'y avait rien à répondre sans compter que cela ne concernait absolument pas Quatre. Je le tolérais pour ma sœur et uniquement pour elle mais Quatre et moi n'étions plus amis, si nous l'avions été un jour.
Cela faisait quatre jours que je n'avais pas vu Eric. Comme à son habitude, il avait disparu après avoir opéré ce qui ressemblait beaucoup à un rapprochement. A sa décharge, la dernière fois, c'est moi qui me suis fait enlever et séquestrer pendant deux ans.
« Marshall ! Tu peux t'entrainer sur les sacs de sable », Quatre désigna deux sacs accrochés au plafond pendant qu'il observait les initiés qui tentaient de faire Dieu sait quoi avec leurs mains et leurs jambes. Je pris sur moi pour ne pas lui dire que j'avais meilleur temps de faire une sieste jusqu'à l'heure du déjeuner mais mon père avait été claire sur mon sort si je continuais à me faire remarquer.
Je commençais à fermer les poings et à alterner les uppercuts et les coups de pieds contre le sac de sable. J'eus soudainement un flash de mon entrainement deux ans auparavant et les heures passées à frapper ce maudit sac de sable. Aujourd'hui l'exercice me semblait facile : je ne perdais plus l'équilibre, je dansais aisément sur mes pieds et surtout le sac tournoyait à chaque impact, preuve, s'il en fallait encore, que j'avais développé une force considérable. Cet exercice me détendait et je repensais naturellement à cet arrogant d'Eric Coulter. Tout le monde me mettait en garde contre lui et ils avaient surement de bonnes raisons.
« Putain d'Eric Coulter ! », marmonnais-je et assénant trois énormes coups de pieds dans le sac de sable qui finit par s'écraser au sol dans un énorme bruit sourd. Je n'avais pas besoin de tourner la tête pour deviner que tout le monde avait les yeux rivés sur mon. Je basculais ma tête en arrière en soupirant et en fermant les yeux, « putain je le crois pas ».
« Tout le monde ! Pause ! », s'écria Quatre qui en avait sûrement déjà marre de l'initiation. Je regardais le cadavre du sac au sol.
« Marshall ! Toi aussi tu peux aller à la caf' », je levais mon pouce par-dessus mon épaule pour signifier à Quatre que oui, je comprenais bien ses ordres.
Avant de me rendre à la cafétéria avec les autres, j'avais besoin de passer ma tête sous l'eau, « tu peux m'attendre ici », lançais-je à Jay avant de m'engouffrer dans les toilettes.
Une fille était en train de se remaquiller et lorsqu'elle vit mon reflet dans son miroir ses yeux s'écarquillèrent et elle ramassa précipitamment ses affaires avant de filer.
Je regardais mon visage dans le miroir en détaillant les traits de cette fille que j'avais bien de la peine à reconnaître. Si on m'avait demandé de me décrire auparavant, j'aurais simplement dit que j'étais une version ratée de ma sœur. Aujourd'hui, je ne voyais plus beaucoup la ressemblance avec Hayley. Peut-être les yeux en amandes, peut-être les pommettes hautes mais c'était tout. J'ouvris le robinet et passa de l'eau sur mon visage, laissant le bout de mes doigts effleurer une balafre qui mesurait quelques centimètres le long de ma joue gauche. Je me sentais si différente, si loin de la Joséphine que j'avais abandonné brutalement à Chicago il y'avait deux and de cela. Je savais qu'il me faudrait du temps pour apprivoiser cette jeune femme sauvage à l'air mutin qui semblait me défier dans le miroir.
Jay m'attendait patiemment comme toujours, « tu es prête ? ».
Je pris une profonde inspiration, « je crois, oui ». J'appréhendais mes premiers pas dans ce haut lieu de vie tout simplement car je n'avais aucune idée des réactions que j'allais susciter et à en croire la tête de cette fille dans les toilettes, mon arrivée risquait d'être épique.
Chaque personne que l'on croisait me avec un mélange de curiosité, de dégoût et de crainte. Je reconnaissais la plupart de ces visages et pourtant, même Molly ou cet abruti de Peter ne m'adressèrent même pas un salut de la tête.
En passant les portes de la cafétéria, le brouhaha se réduisait à mesure que je m'enfonçais dans la grande salle laissant bientôt place à un silence pesant.
« je ne peux pas », murmurais-je d'une voix tremblante à l'attention de Jay qui posa sa main en bas de mon dos et me poussa à avancer. Je pouvais sentir les regards me transpercer et je n'avais qu'une envie, faire demi-tour et partir en courant.
Il me fallut des trésors de self-control pour ne pas baisser les yeux. Je n'avais pas le droit de leur donner ce plaisir, de me faire me sentir comme une étrangère. Je scannais les différentes tables quand mon regard se posa naturellement sur Quatre qui était seul, en bout de table. Nos regards se croisèrent et à ma grande surprise, il se leva et me fit signe de s'asseoir avec lui. J'échangeais un regard avec Jay qui, d'un petit mouvement de tête, m'intima l'ordre de mettre ma fierté de côté.
Lorsque je fus assise à côté de Quatre, j'articulais discret « merci », du bout des lèvres tandis que Jay posa sa veste mais resta debout, « je vais nous chercher à manger ou tu arrive à vivre d'air et d'eau fraîche ? ».
« Heu oui, oui, bonne idée », bégayais-je encore choquée par la scène qui venait d'avoir lieu. Autour de nous, les gens me jetaient des regards en coin mais les conversations reprirent et le bruit fut rapidement assourdissant.
« Ca va leur passer, il n'y en a pas beaucoup qui t'avaient vu depuis ton retour », lâcha Quatre tout en reportant son attention sur son assiette.
« Tu es certain que ce n'est que de la curiosité ? », demandais-je tout en connaissant déjà la réponse.
« Non, ils te craignent aussi et te voit comme une menace pour la Faction mais à toi de leur prouver le contraire », la réponse de mon instructeur avait le mérite d'être claire et concise.
« Je n'ai rien fait de mal », rétorquais-je à juste titre.
« Tu veux que l'on reparle de la marque sur le cou d'Uriah », mes yeux s'écarquillèrent en entendant l'impudence de Quatre.
« Il avait l'ordre de se taire », je regrettais immédiatement mes paroles.
« Rien ne reste secret bien longtemps ici, tu devrais le savoir et cela ne change rien à la gravité de ton geste », je mordis mes lèvres soudainement mal à l'aise par la remarque de Quatre.
« C'était un accident », je regardais instinctivement à la table des Leaders et l'espace d'un instant, mes yeux croisèrent le regard glacial d'Eric. Le jeune Leader nous observait avec sa froideur et son dédain habituel avant de rire à une remarque de Max.
« Il y a deux ans, si je t'avais rapporté une scène similaire, tu aurais cru quoi ? », j'étais sur le point de pleurer et je pouvais sentir le gout métallique du sang dans ma bouche à force de me mordre l'intérieur des joues pour ne pas faire une scène maintenant ici.
« J'aurais dit que la fille était folle à lier et qu'elle n'avait pas sa place chez nous », je regardais les gens autour de moi, « tu penses que je suis folle ? ».
Quatre prit son temps pour répondre, « non, tu es juste paumée et c'est cocmpréhensible, tu as vécu deux ans en mode vivre ou mourir, c'est comme un modus operandi que tu as du mal à abandonner et c'est bien pour cette raison qu'on ne te lâche pas dans le complexe de peur que tu te grilles définitivement ».
Je fronçais les sourcils, « tu as lu le rapport de mon interrogatoire ? ».
« Pas la peine, je vis avec ta sœur », je n'eus pas le temps de lui préciser que ces informations étaient hautement confidentielles que Jay était de retour et qu'il lâcha un plateau devant moi.
« J'espère que je n'interromps rien », fanfaronna-t-il en en s'asseyant en face de moi et en nous regardant tour à tour.
« Penses-tu, on évoquait le menu du jour », en parlant je regardais ce que Jay m'avait pris à manger.
« Pourquoi tu m'as pris deux tartelettes aux fraises ? J'ai horreur de ça », lâchais-je en fronçant le nez.
« Je sais, mais ils ont refusé de m'en donner deux de plus pour moi », tenta-t-il d'articuler la bouche pleine.
Du coin de l'œil, je vis Eric traverser la salle et s'arrêter à hauteur d'une jeune fille que je reconnus comme étant la charmante et insignifiante Mia. Eric passa son bras musclé autour du bras de la frêle métisse et l'embrassa fougueusement avant de lui murmurer quelque chose à l'oreille. La jeune femme gloussa comme une oie et Eric rejoignit Max qui l'attendait déjà à l'entrée de la cafétéria. Le plus âgé des Leaders tapa dans le dos d'Eric comme pour le féliciter de sa prise.
« Cesse de le fixer ! », siffla Quatre en me faisant sursauter.
« Je ne le fixe pas ! », rétorquais-je sur le même ton.
« Chi tu le fixes », Jay devenait de plus en plus familier avec moi mais d'un autre côté il était devenu comme mon ombre alors je pouvais difficilement le blâmer.
« De grâce, fermes la bouche », lui lançais en prenant un air dégoûté.
« Rien de ce que fait Eric n'est le fruit du hasard », je détaillais le visage de Quatre pour essayer de décoder ce qu'il voulait dire.
« Tu crois qu' il essaie de me rendre jalouse ? », Quatre me regarda comme si j'étais une demeurée complète.
« Tu ne penses pas que tu as assez d'emmerdes comme ça, Jo ? Eric est un sadique, il aime jouer et là, il se marre bien avec toi », les paroles de Quatre n'étaient pas en soit une révélation pourtant…
« Pourquoi moi ? de toutes les filles ici, pourquoi moi ? », J'avais envie d'entendre le rival de Coulter me dire que c'était parce que j'étais unique, parce que j'étais une fille qui le méritait mais Quatre ne partageait pas ma vision et mes espérances.
« Pour se venger », lâcha-t-il comme si c'était une évidence, « Avant d'être élevé au rang de Leader, ton père a fait de sa vie un enfer surtout quand il a fait de l'un des meilleurs initiés de son année ton babysitter attitré, c'était une terrible humiliation pour lui », j'acquiesçais sans rien dire tant je me sentais idiote. Mon père était un sadique de première catégorie et si Eric avait été son souffre-douleur, pas étonnant qu'il ait la rancœur tenace.
« Tu n'as pas idée du nombre de filles qui sortent en pleurs de chez lui au petit matin et ça va faire bientôt quatre ans que je suis en poste prèsà côté de chez lui", renchérit Jay qui avait le chic pour mettre son grain de sel partout.
« Et tu pensais me le dire quand ? », crachais-je en le fusillant du regard ce genre d'information aurait pu être très utile.
« T'as jamais posé la question », Jay haussa les épaules tout en s'attaquant à sa première tartelette ce que je pris comme le signe que le chapitre était clos. Pour l'instant.
