Le Vrai Problème


Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ni l'univers, du reste. Ils sont la propriété de Hiromu Arakawa. Pour ma part, je m'amuse juste à leur fournir un script stupide :3

Base : FMA (manga)

Rating : T

Genre : Romance – Humour – Adolescence – Shônen-ai (Edvy) – OS

Résumé : Envy le savait, quand il l'a choisi : Edward venait en pack, avec pas mal de problèmes. Mais parmi eux, l'un d'entre eux semblait supplanter tous les autres.

Musiques : Home – A house on the hill (FMAB, OST 1), Dun Dun (Everglow), Nocturne of Amestris (FMAB, OST 2), Interlude (FMAB, OST 1)

Note : Voici un petit moment que je n'ai pas écrit de fic à partir de rien (ces derniers temps, je me suis principalement concentrée sur de la réécriture de fics, un exercice assez différent). Je me suis dit que la Saint-Valentin était l'occasion idéale pour ce faire ! Voilà, du coup, de quoi agrémenter ce recueil qui n'a pas connu de M.à.J depuis un moment. Pour ne pas déroger à la règle, cette année encore, cet OS sera placé sous le signe de l'humour (mais pas que) ! Mais je n'en dis pas plus ;) Bonne lecture ~


« Al ! C'est moi, je suis rentré ! » claironna Edward en refermant la porte derrière lui.

Aussitôt qu'il pénétra dans le vestibule du petit appartement qu'Alphonse et lui louaient à Central City, une douce odeur de patates grenailles grillées à l'ail vint chatouiller ses narines encore engourdies par le froid du dehors. À ce subtil parfum vint s'ajouter celui, plus sucré, de délicieuses escalopes de poulet à l'orange, que le blond entendait crépiter dans la poêle jusque-là. Le tout, relevé d'épices soigneusement dosées, avait de quoi mettre l'eau à la bouche. Son estomac, d'ailleurs, ne s'y trompa pas. Il réagit au quart de tour en accueillant ce délicat fumet aux mille et une saveurs par un long gargouillement, aussi bruyant qu'approbatif. Nul doute, Alphonse préparait un copieux dîner. Le cœur d'Edward, engourdi par la morsure du vent glacial auquel il échappait enfin, se réchauffa à cette idée. Son cadet s'était mis aux fourneaux rien que pour lui, comme bien souvent. Cette pensée réconfortante chassa même les ruminations du jeune alchimiste d'État, dont le visage fatigué se para alors d'un léger sourire.

« Nii-san ! » l'interpella Alphonse peu après. Il avait passé une tête hors de la cuisine, dans le couloir qui desservait le reste des pièces de leur logement, au bout duquel Edward se dévêtait déjà. « Je commençais à m'inquiéter ! Tu as vu l'heure qu'il est ?

- Oui, merci, je sais bien ! » répondit son aîné dans un soupir, tout en se tortillant pour se dépêtrer de son écharpe et de son manteau couvert de neige par endroits. « Tu n'auras qu'à te plaindre au colonel. Il m'a filé un dossier interminable, j'ai cru que j'allais y passer la nuit… » Le blond jeta ses affaires sur le porte-manteau, puis se débarrassa de l'épais pull en laine vert qui lui avait servi à affronter la froidure de ce mois de février. Il bâilla allègrement en remettant correctement son débardeur, qui avait voulu se faire la malle en même temps que le reste, puis confessa : « Je t'avoue que je n'ai qu'une hâte : me coucher. Surtout vu l'heure à laquelle on doit partir, demain matin…

- Oui ! » confirma Alphonse, qui agita la cuillère en bois dégoulinante de sauce qu'il tenait pour appuyer ses dires. Couplé à son beau tablier de cuisine, ce simple ustensile donnait au cadet des deux frères un air de parfaite petite ménagère. « Il ne s'agirait pas de manquer le train ! Il n'y en a pas d'autre avant un moment, avec toute cette neige. Winry et mamie ont hâte de nous revoir, alors pas question d'être en retard. D'ailleurs, tu ferais bien de finir ta valise avant d'aller manger. Sinon, je te connais, tu feras tout à la dernière minute demain matin », recommanda l'armure avant de repartir surveiller ses plats.

Edward lui tira la langue pour la forme en achevant de se déchausser nonchalamment, sans même prendre la peine de se servir de ses mains. Puis, alors qu'il contemplait, las, ses chaussettes détrempées, il entendit Alphonse lui préciser depuis la cuisine :

« On mange dans vingt minutes ! Profites-en pour aller te débarbouiller un peu ! »

Je vais surtout en profiter pour piquer un petit roupillon… songea Edward en traînant les pieds jusqu'à sa chambre, au fond du couloir où ne filtrait qu'un maigre rai de lumière par la porte entrebâillée de la cuisine. Honnêtement, l'alchimiste avait beau mourir de faim, il ne savait pas s'il aurait la force de seulement mâcher son repas. Après une pleine semaine de travail et de longues heures sup', il était éreinté. De profonds cernes s'étaient creusés sous ses yeux et s'il tenait encore debout, ce n'était que parce que son estomac entendait faire entendre son point de vue à son cerveau. Mais rien qui ne l'empêcherait de fermer les yeux cinq minutes sitôt qu'il serait allongé. Il mourrait d'envie de le retrouver.

Dès qu'il arriva dans sa chambre, et après avoir mollement tenté d'actionner l'interrupteur – mais sans succès – Edward laissa ses pieds le guider naturellement jusqu'au lit, sur lequel il s'étala comme une crêpe.

Qu'il avait hâte de dormir… Qu'il avait hâte de faire l'amour à ce matelas… De l'étreindre passionnément jusqu'au petit matin…

Il gémit de plaisir en lovant sa tête dans son oreiller.

Oreiller bien dur, soit dit en passant. Et oreiller fort étrange, puisqu'il se permit de lui susurrer :

« À t'entendre gémir comme ça, je vais finir par être jaloux de ce matelas. Ou croire que c'est une invitation, au choix. »

Edward releva aussitôt la tête, incrédule. Depuis quand les oreillers faisaient-ils des allusions salaces ?! Paniqué à l'idée, il prit appui sur le matelas de ses deux mains pour se redresser – et vérifier cette découverte folle qui allait bouleverser son monde –, mais sentit soudain ses poignets être saisis avec force. La peur de l'alchimiste, ainsi privé de son seul moyen de défense qu'étaient ses mains, redoubla d'intensité. Son cœur saisit le message. Il envoya une dose d'adrénaline suffisante à son cerveau pour dissiper le flou artistique que le sommeil avait commencé à y disséminer. D'un coup, l'adolescent se cambra en arrière, tira sur ses bras, que l'oreiller retenait, et inspira puissamment. Mais, alors qu'il s'apprêtait à hurler à plein poumons, la pression sur son poignet gauche s'effaça subitement et une main fusa vers sa bouche pour taire le cri naissant.

Le mouvement, violent, précis, propulsa Edward en arrière. En un rien de temps, il fut plaqué dos contre le matelas. Le souffle coupé par la surprise et le choc, l'adolescent resta figé un instant ; celui qui suffit à la pression pour revenir, mais sur ses hanches, cette fois. Plus importante, plus présente : c'était celle d'un corps, à n'en pas douter. Rien à voir avec un oreiller inoffensif, c'était clair. Il y avait quelqu'un dans la pièce, avec lui, sans doute animé de tout, sauf de bonnes intentions à son égard.

L'adolescent fronça les sourcils. Cette sale journée n'aurait-elle donc pas de fin ?! Voilà qu'il se faisait agresser jusque chez lui, maintenant ! Les gens ne pouvaient-ils donc pas attendre de faire ça à des heures décentes, quand il était de sortie ? Il savait qu'il était un aimant à embrouilles, mais tout de même, un peu de tranquillité, c'était trop demandé ? Enfin, qu'à cela ne tienne, il allait lui botter les fesses, à cet intrus, tiens !

Ni une ni deux, le jeune garçon précipita sa main droite vers celle qui lui interdisait la parole. L'autre allait vite comprendre qu'en matière de pression, le métal l'emportait sur la chair. Pourtant, son assaillant ne sembla guère surpris par la poigne de son automail. Au contraire, il raffermit la sienne, puis se pencha sur sa victime pour lui souffler :

« Shhh, chibi. »

Edward écarquilla les yeux lorsque ce surnom sans équivoque perça le tumulte de sa respiration erratique pour s'engouffrer dans son oreille droite. Son corps raidit se détendit, son cœur ralentit sa course, son souffle se stabilisa. Enfin, sa main se décrocha du poignet plus si étranger que ça dont la main, à son tour, relâcha sa mâchoire. Edward secoua la tête puis, sitôt qu'il eut retrouvé l'usage de la parole, s'exclama :

« Envy ?!

- Tout juste. Mais je m'attendais à un meilleur accueil, quand même », souligna l'homonculus, non sans faire la moue. Il glissa souplement sur le côté de manière à laisser Edward se relever, mais prit soin de croiser les bras pour afficher son mécontentement. C'était son petit côté drama queen.

« Oh, tu m'en vois désolé ! » ironisa son petit blond dès qu'il se fut redressé. Edward ne se leurrait pas, l'agacement d'Envy n'était qu'une façade de convenance. Il voyait bien, malgré la pénombre, le sourire narquois qu'affichait le brun. Il était content de son petit effet, le sale… ! « Et quel autre accueil tu aurais souhaité, au juste, Monsieur je-rentre-par-effraction-chez-les-gens ? Éclaire-moi, je suis tout ouïe ! »

Envy, confortablement installé en tailleur, tourna instantanément vers Edward un regard très intéressé. Il haussa les sourcils, puis répondit, ravi :

« Alors ça tombe bien que tu poses la question, parce que j'ai PLEIN d'idées !

- Est-ce que tu viens réellement de sortir une liste de sous ta jupe-short, là ?

- J'avais pensé à un classique : que tu m'attendes un soir en boxer dans ton lit et… non, plutôt nu, en fait. Allons à l'essentiel.

- Fais-moi peur : tu sais ce que c'est, le second degré, hein ?

- Sinon, je me disais la même chose, mais sur le lit, les hanches relevées et…

- Mais il continue, en pl-… Attends, QUOI ? »

Affolé, Edward arracha des mains d'Envy le bout de papier incriminé pour le parcourir en diagonale. À mesure qu'il décryptait l'écriture en pattes de mouches du métamorphe, le rouge gagna ses joues. Il ne connaissait pas le Kâmasûtra, mais ce qu'il tenait entre les mains devait en être un bon condensé. Choqué, le plus jeune s'indigna :

« Ça va pas bien, hein !

- Je suis ouvert aux suggestions, tu sais !

- C'est pas le problème ! »

Edward déchira le papier sans cérémonie pour en faire de jolis confettis – qui emportèrent avec eux une partie de son innocence. Passé le premier temps de panique et assuré que cette liste des ténèbres n'était plus qu'un lointain souvenir (Envy : Tu sais qu'elle est gravée dans ma tête, chibi ?), l'adolescent (plus si) ingénu (que ça) leva enfin les yeux vers son « invité ». Celui-ci, loin d'être triste d'avoir perdu son bien, paraissait au contraire encore plus fier de lui, comme le renseigna son éternel sourire en coin. Pour le plus jeune, le message était limpide : l'homonculus tirait un malin plaisir à le faire tourner en bourrique de la sorte. Le blond, déstabilisé, ne parvint pas à soutenir ce regard lubrique plus longtemps et détourna rapidement le sien.

Cela faisait à peine six mois qu'Envy et lui avaient décidé de sortir ensemble, après pas mal d'atermoiements – de son côté, principalement. Une longue période, pour l'adolescent qu'était Edward, mais un clignement d'yeux pour l'être séculaire qu'était Envy et, somme toute, une goutte d'eau à l'échelle d'une vie humaine moyenne. Ainsi, même si l'adolescent avait multiplié les nouvelles expériences au cours du dernier semestre, au contact de son tout premier partenaire… beaucoup de choses lui échappaient encore, surtout en matière de sexualité ; il en avait bien conscience. Par conséquent, et bien qu'il connût à présent mieux le brun qu'au tout début, celui-ci restait malgré tout sur bien des points un authentique mystère ; à commencer par son rapport à la sexualité – qui différait du sien selon toute vraisemblance.

En tout et pour tout, Envy et lui avaient franchi le « cap » trois fois. Edward en concevait une certaine fierté, lui qui ne s'était jamais imaginé pouvoir vivre ça un jour avec qui que ce soit. D'autant plus que malgré quelques incidents de parcours (à commencer par un fichu quiproquo sur la place de chacun), il en avait gardé de précieux souvenirs. Mais pour Envy, ça semblait être une autre histoire. Loin de se contenter de ces quelques moments intimes, il n'avait été que plus insistant depuis, comme s'il n'était jamais rassasié. L'équation était simple : plus ils le faisaient, plus Envy en demandait. Le malaise que ressentait Edward présentement n'y était pas étranger. Ces derniers temps, le brun était venu plus d'une fois à l'improviste, le soir venu, pour tenter sa chance. Sauf que, ce jour-là, pour Edward, ça n'aurait pas pu tomber plus mal, puisqu'il devait être sur le pied de guerre le lendemain aux aurores pour son train. Tout ce qui s'apparentait à des galipettes, de près ou de loin, était donc proscrit.

Tandis qu'il réfléchissait à tout ça sous le regard intrigué d'Envy, qui se demandait à quoi pouvait bien cogiter sa crevette, le silence s'installa peu à peu. Pendant une bonne dizaine de secondes, seul le bruit des poêles crépitantes résonna dans la pièce. Cette douce mélodie ramena Edward à une réalité déplaisante : il n'était pas seul dans l'appartement et s'il devait éconduire Envy, il préférait le faire la porte close. Il s'empressa donc d'aller fermer celle-ci après s'être assuré d'un coup d'œil qu'Alphonse n'avait pas été alerté par son échange à mi-mots avec l'homonculus, puis alluma la lampe de chevet afin de leur offrir un peu de lumière, que la porte close leur avait ravie.

Edward déglutit. S'il partageait bien un trait de caractère avec Envy, c'était son côté tête de mule. Alors pour lui faire entendre raison et obtenir qu'il reparte sagement chez lui, c'était loin d'être gagné – il en savait quelque chose. L'adolescent inspira profondément, s'arma de courage pour mener une discussion qui s'annonçait orageuse mais, alors qu'il cherchait encore ses mots pour se montrer le plus diplomate possible, vit l'herbe lui être coupée sous le pied par son amant :

« Alors ? »

Edward tiqua. La main encore sur la poignée, il tourna la tête et demanda, perplexe :

« Alors quoi ? »

Le blond fronça les sourcils. Il se retourna complètement pour faire face à Envy et remarqua immédiatement son attitude, pour le moins anormale : assis au bord du lit, penché vers lui, le brun l'observait attentivement, comme s'il l'analysait. Son air goguenard était bien loin. Il avait laissé place à un sérieux que l'alchimiste lui avait rarement vu. Plus étrange encore, les pupilles du brun, plus fendues que d'ordinaire, révélèrent à Edward que son partenaire scrutait le moindre ses mouvements, à l'affût d'une réaction particulière. Alors qu'Edward tentait de décrypter la raison de ce comportement inhabituel, Envy insista :

« Ben… Alors, quoi ! Avec ton frère, c'est bon ou pas ? »

Oh. Merde.

À cette question, Edward sentit son cœur s'arrêter net. Envy ne venait pas pour réclamer une partie de jambes en l'air, loooooin de là. Une fois n'était pas coutume, c'était lui qui avait eu les idées mal placées. Si Envy était là ce soir, c'était pour une tout autre raison… qu'Edward aurait tout fait et tout donné pour ne plus voir amenée sur le tapis. Laquelle, me demanderez-vous ?

Tout simplement celle de son coming out.

« Chibi ? » appela son amant pour récupérer son attention. « Tu lui as dit ou pas ? »

Sous la pression qui s'intensifiait, Edward se fit violence pour se composer une ébauche de sourire – peu convaincante, en vérité. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches et, tout en se découvrant une passion dévorante pour ses chaussettes, répondit évasivement :

« S… Si on veut. »

La réaction ne se fit pas attendre : Envy plissa les yeux, suspicieux.

« Je suis peut-être pas très bon pour détecter le second degré, mais t'inquiète, question mensonge, j'en connais un rayon. Si tu veux vois ce que je veux dire. »

Edward rigola nerveusement, le regard fuyant. C'était même peu de le dire, puisque ses yeux agrippaient tout autour de lui dans le vain espoir de trouver un sujet potable à amener pour dévier cette conversation atroce vers autre chose – ou carrément de trouver une issue de secours qui n'incluait pas de passer devant Alphonse ou de se jeter du sixième étage. Avec le stress, les mains du jeune garçon se joignirent devant lui pour se frotter l'une contre l'autre à un rythme effréné. Par chance, peut-être que leur danse réussirait à meubler ce silence gênant, ou à défaut, à occuper l'esprit d'Envy.

Peine perdue :

« Tu lui as pas dit », accusa tout de go le brun, qui ne comptait pas laisser à son petit menteur le temps de rebondir.

« C'est juste que… j'ai pas trouvé le bon moment et…

- T'es pas sérieux ?! Tu me l'as déjà fait, ce coup-là ! » s'énerva Envy, qu'Edward tenta malgré tout d'enjoindre au silence à grand renfort de « Shhh ! » ainsi que de signes de mains appuyés. L'homonculus ne baissa pas pour autant le ton, tant s'en faut. « Y aura jamais de bon moment, pour le lui annoncer, tu le sais très bien ! Tu te cherches juste des excuses, là ! Et en attendant, moi, je suis obligé de passer par la fenêtre comme un vulgaire voleur quand je veux te voir ! Tu parles d'un pratique !

- Je sais ! » se désola Edward, dont la tête était rentrée dans ses épaules face à ce déluge de reproches. Si seulement il avait pu être une tortue… Il se serait barricadé dans sa carapace. « Je sais ! Mais écoute, ce… c'est pas facile de…

- De quoi ? De porter un peu tes couilles ? Franchement ! Si t'as honte de sortir avec moi, dis-le carrément, que je sois fixé !

- Mais ça n'a rien à voir ! » se défendit le blond, qui commençait à comprendre que c'était définitivement une journée de merde et que sa soirée ne serait pas aussi pépère que prévu. « Laisse-moi un peu de temps !

- Je t'ai laissé six mois ! » rétorqua Envy, abasourdi.

« Eh ben laisse-m'en encore un peu, ça coûte rien ! Et puis… Et puis… Et puis ''six mois'', pour toi, c'est quoi ? C'est rien, quand tu relativises !

- C'est surtout cent quatre-vingt PUTAIN de jours, Ed ! Et au moins autant d'opportunités. Mais si j'attends après toi, faut croire que je pourrai t'enterrer avant que tu te décides à bouger !

- Sympa.

- Oh, je t'en prie, tu sais très bien que c'est vrai. Je commence à te connaître : pour foutre le bordel dans nos plans, y a toujours du monde, mais alors pour mettre de l'ordre dans ta vie, d'un coup, y a plus personne !

- Eh ben si vous me connaissez tous mieux que moi, vous avez qu'à faire les choses à ma place, hein ! Vous les ferez certainement mieux que moi, aussi, apparemment ! » s'agaça Edward en se rappelant les paroles d'Alphonse, un peu plus tôt. Il détestait être pris en faute et acculé comme ça !

Cependant, il regretta immédiatement son coup de sang :

« Si y a que ça… » laissa planer Envy en prenant appui sur ses cuisses pour se relever. Il contourna un Edward incrédule, puis se dirigea d'un pas décidé vers la porte.

« Woh, woh, woh ! » l'arrêta Edward sur-le-champ. Il se posta devant lui pour lui interdire l'accès au couloir. « Tu vas où, là ?

- Me présenter à ton frère, quoi d'autre ? Oh, attends, je crois qu'il me connaît déjà, non ? » s'enquit Envy d'un ton faussement ingénu, où pointait un sarcasme corrosif. « Mais il me semble, je suis pas sûr, hein, qu'il avait gardé de moi l'image ultra flatteuse d'un monstre métamorphe qui avait tabassé son frère au point de l'envoyer à l'hôpital. Un truc comme ça, je crois. Après, j'avoue, j'avoue… » concéda-t-il en levant les mains pour attester de sa bonne foi, « Y a un peu de ça – même si c'est pas moi qui t'avais ouvert le bide, à la base, on s'en souvient. Mais tu vois, je crois qu'il faudrait quand même lui remettre les pendules à l'heure, à ton frère, histoire qu'il sache que je fais pas que te mettre des coups dans la gueule, maintenant. Ou en tout cas, que si je t'en mets, c'est plutôt plus bas. Je sais pas, tu vois… Histoire que si, par hasard, un jour, peut-être, on se croisait dans ces soixante mètres carrés, ce qui n'est pas à exclure, il soit pas tenté de m'envoyer valser par la fenêtre. Une idée, comme ça. »

Pas besoin d'avoir un doctorat en psychologie pour comprendre qu'Envy était furieux. Edward, quant à lui, n'en menait pas large. Il était tout penaud, la tête basse, et paraissait plus petit que jamais – un comble. Mais dans une telle situation, qu'aurait-il pu faire ou dire d'autre ? C'était sa première vraie dispute avec Envy depuis qu'ils s'étaient mis ensemble. Il n'était pas habitué. Sans compter qu'il ignorait à quoi il s'exposait, avec le brun, s'il laissait sa mauvaise humeur à lui aussi prendre le dessus. Cela risquait tout bonnement d'envenimer la situation. Edward se rendait compte, à son grand dam, que s'il s'avait gérer sans souci un Envy hors de lui en combat, lorsque sa colère touchait au domaine plus intime des sentiments, il était complètement démuni.

Certes, il aurait voulu répliquer. Certes, il n'aimait pas que l'androgyne haussât ainsi le ton envers lui. Mais voilà, le problème – et Edward le savait – c'est qu'Envy avait parfaitement raison. Il était tout à fait dans son droit, en l'invectivant comme ça. Le fait était qu'en voulant préserver le secret de leur relation, qu'il ne tenait pas à voir ébruitée, pour son petit confort, il l'avait blessé. C'était compréhensible, même pour lui, qui avait un zéro pointé en tact.

Il s'en voulait.

« Écoute… » commença le blond, prêt à faire amende honorable.

Malheureusement, Envy ne l'entendait pas de cette oreille. Il était lancé, il allait finir :

« Non mais c'est bon, te fatigue pas. J'ai pigé, tu sais. C'est parce que je suis un homonculus, c'est ça ? C'est vrai que ça ferait tache, au milieu d'humains. »

Sur le coup, Edward fit deux pas en arrière tant la hargne contenue dans ce simple et dernier mot, qu'Envy venait de lui cracher au visage, était palpable. Toutefois, il reprit rapidement du poil de la bête devant l'ineptie de cette accusation et s'exclama :

« T'es complètement à côté de la plaque !

- Ah ouais ? Parce que tu vas me dire que c'est pas ça, le fond du problème, peut-être ? Je ne suis pas stupide, tu sais.

- Mais n'importe quoi ! » contesta le plus jeune, estomaqué. C'était donc ça qu'Envy pensait ? Qu'en vrai, il le méprisait à cause de sa nature et pire, qu'il en avait honte ? « Je ne sortirais pas avec toi si ce genre de détail me posait problème ! Tu devrais le savoir !

- Alors c'est QUOI, le problème ? Vas-y, je t'écoute ! »

Edward sut, à cet instant, qu'il était au pied du mur – et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'Envy l'eût entretemps forcé à reculer jusqu'à être plaqué contre le bois dur de la porte. Son cœur battait à mille, sa tête était prête à exploser et les mots se mélangeaient dans sa tête. Pour ne rien arranger, l'homonculus était plus proche que jamais. Le blond sentait son souffle sur son visage, ses yeux vipérins étaient plongés dans les siens… Un cocktail parfait pour faire rosir les joues de l'adolescent, qui se sentit perdre encore un peu plus ses moyens. Quand Envy était près, comme ça, ça… ça le perturbait.

« Je perds patience, chibi », avertit l'androgyne. « Si tu ne me donnes pas sous trois secondes une raison qui justifie que je ne puisse pas m'afficher avec toi sous ce toit, je vais voir ton frère moi-même pour régler une fois pour toutes le problème.

- …

- Un…

- …

- Deux…

- …

- Tr…

- O.K., O.K. ! C'est bon, t'as gagné ! », céda Edward, yeux clos, pour se ravir au regard perçant de son amant. « Je… le problème, c'est que… C'est que… que…

- Parle plus fort, j'entends rien.

- C'est que t'es un MEC, voilà ! » avoua enfin l'adolescent, dont les yeux s'étaient rouverts… mais fixaient résolument un point indéfini sur sa droite, loin, très loin des océans d'améthyste qui le dévisageaient.

Envy pencha la tête sur le côté, comme si Edward s'était mis à lui parler en drachman.

« T'es au courant que je suis polymorphe, rassure-moi ? Si c'est vraiment ça, le souci – quoique je ne suis pas sûr de vouloir changer de sexe pour tes beaux yeux…

- Mais j'ai pas envie que tu te transformes en une fille ! Enfin… Je m'en fiche, fais comme tu veux ! » s'embrouilla Edward. Il daigna finalement regarder l'homonculus, auquel il expliqua : « Le problème, c'est pas toi… C'est moi.

- C'est pas ce que vous dites généralement avant de larguer l'un de vos congénères, ça ?

- Je suis sérieux, Envy. Je… » Edward soupira puis, rouge comme une écrevisse, s'ouvrit un peu à lui : « Que tu sois un homonculus ou autre, je m'en moque. Pareil pour Al. Il n'y trouvera rien à redire, vu… vu son état actuel. Il sait que la nature ne fait pas tout, et qu'être ''humain'' ne se résume pas à posséder un corps qui rentre dans les normes. C'est pas un problème, pour nous.

- Mais l'homosexualité, si, visiblement. Vos priorités me dépassent.

- C'est pas ça. C'est juste que… » Edward se dandina. « C'est pas le fait de sortir avec un mec qui m'ennuie, c'est ce que les gens vont en penser. Ou plutôt… en ''imaginer'' », tenta de clarifier le blond.

Sans succès, manifestement :

« Et en amestrien, ça donne quoi ?

- Que je ne veux pas qu'après, que ce soit Al ou quelqu'un d'autre, les gens se demandent si je suis au-dessus ou en dessous, voilà ! » s'exclama l'adolescent, les joues en feu. « Ou pire, qu'ils me le demandent carrément, ce serait encore plus l'horreur ! »

Envy cligna des yeux. Il sentit sa colère partir comme elle était venue ; à la différence près que là, elle fut chassée par un éclat de rire irrépressible. Edward l'accueillit plutôt mal :

« Mais te marre pas, c'est très sérieux !

- C'est surtout complètement con ! » s'esclaffa l'androgyne, qui dut se tenir les côtes tant il avait mal à force de se gausser. Mort de rire, il tituba jusqu'au lit sur lequel il s'effondra puis se recroquevilla, pour finalement étouffer son hilarité dans l'oreiller, qu'il ramena contre son visage.

Vexé, Edward le rejoignit pour lui arracher le coussin des mains et continuer la discussion, qu'il relança par un magistral :

« Facile à dire, quand on a été tout le temps dessus, jusque-là !

- Comment ça, ''jusque-là'' ? » releva d'emblée le brun, dont le fou rire s'évanouit instantanément. Il dévisagea son amant, comme s'il ne l'avait jamais vu auparavant. « C'est pas parti pour changer, hein.

- Ça, on verra plus tard.

- Qu…

- En tout cas, sache qu'à partir du moment où je vais annoncer à qui que ce soit que je sors avec un mec, c'est obligé, la personne va s'imaginer des trucs. Ma main à couper. Or, je veux PAS que les gens s'imaginent CES trucs.

- Ou alors, si c'est inévitable, tu peux juste te dire que c'est un mauvais moment à passer. Comme ça, on passe à autre chose et zioup ! problème réglé.

- On voit que c'est pas ton amour-propre qui est en jeu !

- Ah mais c'était donc çaaaaaaaa le problème ! » réalisa tout à coup Envy. « Monsieur a son ego de petit mâle ! Faudrait surtout pas le froisser !

- Je t'emmerde.

- C'est vraiment con que la place de Pride soit pas libre, elle t'irait comme un gant.

- Ne me mêle pas à vos délires bizarres. Et puis… et puis j'ai le droit de pas vouloir que mon petit frère se fasse une fausse image de moi !

- Ben, s'il t'imagine en-dessous, à quatre pattes, ce sera pas si faux que ça, techniquement. »

Edward ouvrit les yeux grands comme des soucoupes. Envy eut l'impression qu'il aurait pu cracher sur la tombe de sa mère qu'il aurait obtenu le même résultat.

« Al ne pourrait pas imaginer ce genre de choses, voyons ! Il n'y connaît rien, à tout ça, il est encore tout innocent et… » Edward pointa brusquement du doigt Envy. Il sortit carrément les crocs. « T'avises pas d'aller lui raconter des conneries – je vois tes petits yeux fourbes, là, t'en as envie. Al est sensible, tu le traumatiserais ! Il est trop jeune, pour ça !

- Non, non. Je me disais jute qu'un des quatre, il faudrait vraiment qu'on se pose pour parler sérieusement de ton frère et de l'image que toi, tu en as. Parce que là, je suis plus tout à fait sûr de savoir lequel de vous deux a le plus les yeux en face des trous. Et pourtant, on parle d'une âme qui flotte dans une armure. »

Sentant qu'Edward se braquait et comprenant qu'il n'était pas encore prêt à voir la vérité en face – à savoir qu'en matière de sexualité, la boîte de conserve devait probablement en connaître un rayon bien plus large que lui, vu comme il était plus perspicace que son aîné –, Envy enchaîna :

« Ce que je veux dire, surtout, c'est que tu vois, je pense pas que ton frère soit à ce point naïf. Ou, à défaut, je pense pas qu'il soit sourd. Vous vivez dans un trois pièces, chibi. S'il a pas encore compris que tu vois quelqu'un en cachette dans ta chambre parfois, c'est qu'il est ou sourdingue, ou vraiment long à la comprenette. Honnêtement, je vais te le dire comme je le pense : à mon avis, ton frère a juste la décence – et l'infinie patience, que je n'ai pas – de te laisser tranquille pour te donner l'occasion de choisir quand faire le premier pas. En vrai, il doit attendre qu'une seule chose : que tu abordes le sujet avec lui, spontanément. »

Les arguments d'Envy firent mouche, parce qu'Edward afficha l'air ébaubi de quelqu'un qui avait eu une révélation. Il réduisit l'écart entre lui et le brun, puis questionna, suspendu à ses lèvres :

« Tu… Tu crois ?

- Mais oui ! » En fait, j'en sais rien, mais si je veux que les choses avancent, un petit mensonge ne fera pas de mal. « La situation actuelle n'est bonne pour personne : moi, je galère à me faire discret, toi, tu balises dès que je débarque et PIRE, ton petit frère se retrouve complètement isolé, mis à l'écart de ta propre vie. Et la cerise sur le gâteau ? Tu lui mens. Franchement, c'est pas cool. »

Et ce qui l'est encore moins, c'est que je peux pas te faire couiner quand je te prends parce qu'il faut faire doucement, mais ça, mieux vaut que je le garde pour moi… pensa Envy, sans cesser pour autant de feindre l'affliction au sujet du pauvre-Al-délaissé.

« Hm… » fit Edward. Il hocha plusieurs fois la tête. « Tu dois avoir raison. » Il attrapa ses pieds et joua avec, pensif. « Ça ne peut plus durer, tout ça. Pff… De toute façon, si je ne le dis pas à Al, il finira par le deviner, si ce n'est déjà fait, comme tu le penses. Ouais… Mieux vaut que je prenne les devants, quitte à… quitte à ce qu'il me pose la question qui fâche.

- Je pense pas qu'il te la posera. Il doit pas avoir envie d'en savoir autant, si tu veux mon avis. Il veut juste la vérité ; les détails, il s'en passera. » Envy sentit que le moment était propice à une approche. Il glissa donc sa main jusqu'à l'oreille d'Edward, derrière laquelle il glissa une mèche de cheveux rebelle. « Tu te fais des films, petite crevette. Ta vie sexuelle n'intéresse pas autant de monde que ça ; ta vie tout court, par contre, oui. Et si tu veux que j'en fasse partie, sans redouter à chaque fois une venue intempestive au pire moment qui soit, tu peux pas en cacher indéfiniment tout un pan, comme ça. » Il s'attrapa le menton, songeur. « Si ça peut te rassurer, je peux t'accompagner, pour le lui dire. Ça m'enchante pas, parce que je sens que mon apparition soudaine va créer des embrouilles, mais si ça peut te décoincer, pourquoi pas. »

Si Envy avait regretté à l'instant même où il prononçait ses mots de proposer son concours, il changea d'avis dès qu'il vit le sourire sincère qu'Edward lui offrit en retour. Il n'y avait vraiment que ce blondinet pour lui sourire de cette façon, sans arrière-pensée ; un sourire de bonheur, simple et sincère, dont il était l'unique destinataire et qui lui rappelait, s'il le fallait encore, pourquoi son cœur avait cédé pour ce petit bout d'humain.

« C'est gentil. » L'alchimiste lova sa joue dans le creux de la main de son partenaire, restée bloquée à hauteur de son oreille. « Mais comme tu le soulignes, mieux vaut procéder par étapes. J'amènerai mieux la chose si je suis seul avec lui. Mais un jour, oui, il faudra que tu sois là pour que je te présente en bonne et due forme ; ou plutôt, qu'on refasse les présentations dans un cadre qui n'inclue pas un laboratoire d'expérimentations chelou en plein effondrement. » L'adolescent se tut quelques instants, comme s'il s'adonnait à quelque intense réflexion. « Ça me fait penser que finalement, c'est pas si mal, ce voyage, demain.

- Ce ''voyage'' ? Tu pars quelque part ? » s'alarma son amant. Où ça ? Pourquoi ? Et pour combien de temps, surtout ?

« Ah, oui ! J'ai oublié de te prévenir la dernière fois, mais Al et moi, on va passer une petite semaine à Resembool, chez mamie. Histoire de souffler un peu ; moi, surtout. J'ai besoin d'un peu de vert, là, la ville me pèse – le colonel aussi, mais c'est un autre problème.

- AH. » Donc, en compagnie de la fameuse chieuse de service. Je vois, gronda intérieurement Envy, l'air rembruni.

« On peut même dire que ça tombe à pic, en fait », poursuivit Edward, sans remarquer l'ombre qui planait à présent sur le visage de son interlocuteur, au doux nom de « jalousie ». « Comme ça, je ferai d'une pierre trois coups. Si j'annonce à Al que je ne suis plus célibataire, autant le dire à tout le monde du même coup. Ça m'évitera des problèmes par la suite. Puisque je suis lancé… Mieux vaut crever l'abcès en une seule fois.

- Euh… » lâcha Envy, dubitatif. « Mais t'as pas peur que ça lui fasse faire une crise cardiaque, à l'ancêtre ? Le jugement de ton frère, c'est pas possible, mais celui de la mère grand, ça passe ? Je pensais que vos vieux étaient super à cheval sur ce genre de trucs, les traditions, la famille… un garçon, une fille, tout ça… C'est pas plutôt à elle que tu devrais avoir peur d'annoncer que les filles, c'est pas trop ton truc ?

- Déjà, je suis bisexuel, donc les deux me vont. ENSUITE… » Edward afficha un large sourire, teinté de sérénité. « C'est ma mamie, elle me jugera pas.

- Si seulement tu pouvais m'accorder autant de confiance quand je suggère des positions.

- Dans tes rêves », rétorqua Edward. « Non, c'est surtout que vu les échos que j'ai déjà eus au village sur ce qu'elle a pu faire quand elle était jeune, je pense que ça va, je suis large. Si je lui dis que je sors avec un gars, ça ira. Ça devrait pas trop la choquer, elle s'en remettra.

- O.K. Mais… » Envy plissa les yeux. Il savait qu'il allait amener un sujet délicat, mais c'était trop tentant. Il ne pouvait pas l'éluder. Il fallait qu'il sache. « Et ta mécanicienne, alors ? Ça ira, pour elle aussi ?

- Hein ? » Edward haussa un sourcil, surpris. « Pourquoi ça n'irait pas ? Winry est super ouverte là-dessus, je me fais pas de souci. » Il rit. « Ah, je sais ! J'ai compris ! T'es jaloux parce que j'avais un petit béguin pour elle, à un moment. Hé hé. Moi aussi, je te connais, tu vois ! » se moqua-t-il, tout sourire, en envoyant un coup de coude complice à Envy. « Mais c'est du passé, maintenant. Je t'ai toi, et c'est tout ce qui compte. » Il attrapa le visage de l'homonculus entre ses mains et, avec une bouille aussi angélique que possible, sortit la plus grosse ânerie de la journée : « Et puis, c'est pas comme si Winry était amoureuse de moi ! »

Envy resta bouche bée. Non, il était scié, plutôt. Se pouvait-il que son chibi fût à ce point aveugle ? Il fallait croire que oui, car pour le coup, l'androgyne ne détectait aucun mensonge ou sarcasme dans la voix de son jeune amant. Non. L'alchimiste candide croyait sincèrement ce qu'il disait.

L'homonculus ne put empêcher un rictus mauvais de se dessiner sur son visage d'éphèbe lorsque Edward lui tourna le dos pour descendre du lit, guilleret. Mais comment ne pas jubiler alors que sa pire ennemie, sa plus grande rivale, allait déchanter dans moins de vingt-quatre heures, mise plus bas que terre sous le coup de cette innocence délicieuse qui confinait – il fallait le reconnaître – à la nigauderie ? Ainsi, tandis qu'Edward, face au miroir, s'entraînait déjà à annoncer à Alphonse la grande nouvelle pour officialiser sa relation, Envy, lui, songeait.

En fin de compte, le vrai problème… N'était-ce pas plutôt qu'Edward n'avait définitivement pas les yeux en face des trous ? Cela aurait au moins eu le mérite d'expliquer ses goûts abominables en matière de décoration.

Mais bon.

L'homonculus haussa les épaules, amusé. Pourquoi s'en plaindre, finalement ? Après tout, c'était aussi ce manque de jugeote, sans doute le vrai problème de son blondinet, qui lui avait permis de trouver sa place à ses côtés.


FIN


Alors, ça vous a plu ? :D Je dois dire que j'ai eu un peu de mal à démarrer cette fic. Au début, je voulais la placer sous le signe exclusif de l'humour, mais je me suis rapidement heurtée au décalage qui s'est créé avec l'arrivée de la dispute. Difficile, ensuite, de doser justement les différentes atmosphères ! Pourtant, petit à petit, j'ai réussi à trouver un bon équilibre, il me semble, et finalement, j'ai pu insérer quelques répliques rigolotes dans un ensemble plus sérieux. La thématique principale n'était pas non plus très évidente à amener. Bref. J'espère que vous avez passé un bon moment ! :p Je vous dis à une prochaine ;)

Bisous à tous et à toutes !


Rédaction et édition : White Assassin

Correction : Couw-Chan