Bonsoir !
Voici le deuxième OS, avec mon bébé Magnus Wilkes. Il est court mais plutôt "complet". C'est une scénette, disons.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas.
Bonne lecture !
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Légilimencie
(Jeunesse)
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Début juin 1965.
Le soleil brillait au zénith sur le sud-ouest de l'île d'Emeraude, près de Galway. Pourtant, un petit garçon d'à peine six ans avait décidé de jouer à l'intérieur. Il courait à travers les couloirs de la vaste demeure où il résidait avec ses parents, un Manoir ancien aux allures de vieux château irlandais, pourtant bien entretenu. Il était agréable d'y vivre mais l'endroit restait pittoresque et perdu au milieu de nul part. Difficile pour une londonienne de naissance de s'exiler dans ce genre de contrée quelque peu rurale. Combien de fois Maxine Wilkes, née Bletchley, avait voulu en changer la décoration, principalement car elle s'inquiétait pour son fils qu'elle perdait facilement de vue. Il y avait beaucoup trop d'armures rouillées, de meubles antiques, de tapis antédiluviens en son sein qui rendaient l'endroit dangereux pour un enfant laissé sans surveillance. D'ailleurs, c'était lui qui venait de tourner au coin d'un corridor sombre.
« - Mag, reviens-ici, c'est vraiment l'heure de ton bain ! s'exclama-t-elle, d'une voix agacée. Ne m'oblige pas à appeler ton père ! »
Ledit Magnus rit un peu d'un air malicieux, continuant de courir aussi vite qu'il le pouvait. Mais alors qu'il se retournait pour s'assurer qu'il distançait toujours sa mère, il fonça dans un obstacle sans pouvoir s'arrêter ni en connaître immédiatement la nature. Trop concentré sur les pensées de la femme qui le suivait, il n'avait pas fait attention à cette personne qui se dressait devant lui. C'était un vieil homme à la chevelure blanchissante qui laissait malgré tout deviner son ancien blond vénitien naturel. Son visage était parsemé de quelques tâches de rousseurs -comme le petit à ses pieds-, quelques peu cachées par ses rides régulières. Ses prunelles bleutées semblaient aussi froides que la glace, si bien qu'il ne put que se durcir en voyant que son petit-fils venait de percuter ses jambes.
« - Magnus, dit alors l'homme d'une voix traînante mais qui se voulait douce. Tu ne m'as pas entendu ? Tu ne savais pas que j'étais là ? Je pensais et mon esprit était ouvert.
- Oh, bonsoir Grand-Père ! répondit alors Magnus d'une voix plus enjouée. Non, je suis désolée, je…
- Tu ne te souviens donc déjà plus de ce que je t'ai dit la semaine dernière ? Il faut entretenir ton don si tu veux le maîtriser… Tu veux finir par entendre tout ce qui se trame autour de toi sans pouvoir te contrôler ? Ou ne plus rien entendre du tout ?! »
Maxine arriva enfin à la hauteur du vieil homme et de son fils. La belle brune se baissa alors à la hauteur de son fils pour le relever délicatement, sans oublier cependant de le sermonner. Elle ne prêtait pas attention à Alistair Wilkes, son beau-père suprémaciste, qu'elle ne portait pas vraiment dans son cœur. Etant elle-même ce qu'il appelait vulgairement « une simple Sang-Mêlée », ce dernier n'était pas très heureux de son mariage avec son propre fils au sang si pur, Duncan Wilkes. Mais ils étaient amoureux, depuis Poudlard, et personne n'avait jamais pu les séparer. Ils s'étaient moqués de l'avis défavorable du patriarche des Wilkes concernant leur union, et même de l'avis défavorable de la majorité de l'aristocratie sorcière. Et de cette union était né le petit Magnus assez rapidement, conçu avec amour, élevé de la même façon. Magnus était donc un Sang-Mêlé, comme sa mère. Pourtant, Alistair avait tenu à éduquer son petit-fils dans l'espoir de le rallier à sa cause et donc de rattraper les dégâts causés par Maxine. Si son fils Duncan ne voulait en aucun cas devenir un Mangemort, alors peut-être Magnus le voudrait volontiers. Le vieil homme s'y attelait tous les jours, lui inculquant ses valeurs avec passion. D'ailleurs, le mariage de Maxine et Duncan n'avait été possible seulement parce qu'ils avaient accepté à contre-cœur que le patriarche des Wilkes ne s'occupe d'une grande partie de l'éducation de son petit-fils. Et c'est précisément ce qu'Alistair comptait faire en cet instant. Il comptait récupérer Magnus et lui rappeler la leçon de Légilimencie de la semaine dernière. Cette faculté était une bénédiction des Wilkes qui sautaient plusieurs générations. Selon certains, ce n'était qu'une malédiction, un fardeau à porter, une punition infligé un sorcier vengeur des temps immémoriaux de l'ancienne Irlande celte. La Légilimencie de naissance pouvait être difficile à supporter. Entendre des voix non-sollicitées dans sa tête pouvait être insupportable. Mais quel avantage cela pouvait-il être au combat, dans la vie de tous les jours, pour son travail ! On ne savait jamais vraiment quel bébé en serait doté. Il fallait donc l'entretenir et s'en servir au profit de la famille.
« - Magnus, viens avec moi. On va s'entraîner un peu dans le salon, d'accord ? reprit alors Alistair d'un ton plus aimable, en s'emparant de la main de son petit-fils.
- Non, Alistair, je suis désolée mais il doit prendre son bain. Ne pouvez-vous donc pas faire cela demain ? Je vous laisserais même le loisir de choisir l'horaire ! Son cousin Walden sera là aussi, ce serait une bonne occasion. Il est beaucoup trop tard pour cela maintenant. »
Maxine, bien qu'ayant fréquenté la maison Serpentard durant sa jeunesse, ne manquait pas de cran. Il en fallait pour survivre à ce monde cruel des aristocrates sorciers britanniques. Par amour pour Duncan, elle se soumettait plus ou moins aux règles mais ne perdait rien de sa verve originelle qu'elle avait même transmis à son fils. Et par la même occasion, elle avait appris à tenir tête à Alistair… Mais pas assez pour avoir plus d'influence que lui. Personne ne pouvait dire quoi faire à cet homme au charisme d'un ancien temps. Le ton de la femme avait été sans appel, mais ce n'était jamais suffisant pour Alistair, qui lâcha un petit rire amusé. Personne dans cette famille n'imposait plus le respect que sa personne, crainte et glorifiée. Il représentait à lui seul l'ensemble de la famille Wilkes, si ancienne et connue dans tout le monde anglo-saxon.
« - Et moi, je pense qu'il est temps d'entraîner sa Légilimencie. Dois-je vous rappeler notre accord, ma chère Maxine ? répliqua-t-il sèchement. Magnus, viens mon petit. »
Magnus leva les yeux vers son grand-père, un petit sourire aux lèvres. Il ne comprenait pas encore les rapports de force entre sa mère et ce dernier. De plus, il admirait bien trop son aîné pour ne pas l'écouter. A vrai dire, Alistair était l'une des seules personnes capables de contenir ou canaliser les colères de l'enfant, et cela sans avoir besoin de crier. Alors sans un mot de protestation, il le suivit en marchant à ses côtés, tournant légèrement la tête vers sa mère pour lui offrir un mouvement de main et un autre léger sourire pour lui dire « au revoir ». Cependant, une moue triste déforma un peu son visage lorsqu'il lut un peu de frustration et de déception dans l'esprit de sa mère. Était-ce pour lui ? L'enfant ne le savait pas trop, et pourtant, comme cela pouvait le blesser. Il ne voulait jamais décevoir sa mère. Même s'il était un enfant quelque peu turbulent, magiquement puissant et colérique, il l'aimait plus que tout. Alors pour se rassurer, il regarda à nouveau son grand-père pour essayer de lire dans son esprit. Cette fois-ci, un silence complet s'offrait à lui. Il semblerait qu'Alistair ait remis en place ses barrières d'Occlumens accompli. Voilà qui ne réconfortait pas vraiment le petit Magnus, qui soupira donc et redirigea son regard vers le bout du couloir, un air las au visage.
Voilà ! Avis ?
