Bonjour à tous !

J'espère que vous avez passé une bonne semaine (dernière des vacances pour ceux qui sont encore à l'école malheureusement) mais bon vous les terminez avec joie puisque voici le chapitre 8 (humhum)

C'est le plus long que j'ai écrit, et un des plus difficiles aussi, il ne se passe pas graaaand chose, il est encore une fois plus ciblé sur les relations inter-personnages. (si vous n'aimez pas Blaise et Pansy, je suis désolée, ça risque d'être un pequeño ennuyant...)

J'avais toutefois quelque chose à vous expliquer, de triste, mais il faut bien que je passe par là un moment donc s'il vous plaît, lisez ça.

TO READ CAREFULLY: et bien il se passe que nous sommes le 2 septembre (bientôt le 3 puisque je poste le soir) et que, comme la plupart d'entre vous, c'est la rentrée demain pour moi. J'ai passé mon bac S en juin, que j'ai eu haut la main et maintenant, je vais intégrer ce qu'on appelle des CPGE donc des classes prépa qui comme leur nom l'indiquent, préparent aux gros concours en France. Si vous avez déjà entendu parler de ces classes, vous savez sûrement qu'elles demandent énormément de travail, et qu'il sera compliqué, TRÈS compliqué pour moi d'écrire des chapitres le soir en rentrant dans ma petite chambre d'internat. Je n'ai pas du tout le syndrome de la page blanche, bien au contraire, j'ai plein d'idées à organiser, mais je vais cruellement manquer de temps... Je l'avais dit dans le premier chapitre en plus, que le temps serait notre pire ennemi... Et bien voilà :/ J'essaierai si je peux de continuer à écrire, mais ne me gronder pas si vous attendez la suite, c'est pas que je ne veux pas je vous jure... Mes études passent quand même avant une petite fiction à laquelle je tiens quand même beaucoup. Surtout que le chapitre 9 comporte actuellement... moins de 300 mots. Ouais jetez moi des tomates, mais entre les valises à faire, les devoirs à faire (j'avais des devoirs ouioui) et tout le reste, ça devenait tendu tendu...

J'espère que vous comprendrez et que vous ne m'en tiendrez pas trop rigueur, mais en tout cas, je n'arrête pas la fic, il y aura une suite, mais je ne sais juste pas quand elle arrivera :) Merci !

RAR:

Lalite: et bah oui c'est tendu, heureusement ce serait trop facile sinon mouahahaha j'espère que tu aimeras ce chapitre !

SwanGranger: Je suis contente que tu aies ressenti cette intensité entre Dray et Hermione, c'était vraiment ce que je voulais obtenir en écrivant, de l'intensité, mais pas nette, il y a toujours du flou, puisque l'on ne sait pas tout des personnages encore ! Mais pour se rebeller, elle se rebellera ne t'en fais pas, simplement, peut-être pas de la façon dont tu l'imagines. Et pour Blaise et Pansy, te voilà servie et resservie hahaha je les aime bien ces deux-là. Merci pour être encore là !

Lilaaaas: Je suis contente que tu adoooooooores XD Mais Drago est relou, tu peux le dire x) il a ses raisons toutefois, même si on ne les connaît pas toutes encore. Mais idem, pour Blaise et Pansy, vous en demandez, en revoilà :D je pense que ce chapitre te plaira bien :) Dis moi tout ça !

lisou: merci pour ta review elle est super constructive ! J'ai essayé de mieux relire ce chapitre, j'espère que ça ira mieux, mais j'ai la fâcheuse tendance de faire des lapsus... tout le temps. Même à l'oral, c'est vraiment bizarre des fois x) Je suis contente que le début te plaise, je suis encore désolée de ne pas pouvoir publier la suite très rapidement :/

Nedwige Stew: ohhhhh merci pour ta review elle est adorable ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira tout autant :) xx

EliseL05: Contente que tu aimes, voilà la suite, bonne lecture ;)

Précédemment: Pour en apprendre un peu plus sur la Prophétie de la Lune, Blaise et Hermione sont allés à la bibliothèque, où les indices mènent fortement à penser qu'Hermione est l'enfant dont parle la prophétie. Harry et Ron continue leur enquête pour tenter de la retrouver, et sont remontés jusqu'à Zacharias Smith, un loup de la meute. Après avoir montré sa tâche de naissance aux trois Serpentard, Hermione a tenté de fuir du Terrier mais a croisé Drago sur le passage. Elle a pu faire plus ample connaissance avec ses poings et le mur. (ouah j'aime mon humour)

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CHAPITRE 8 : Be our guest


« There's all sorts of shapes that I bet you can make

When you had to escape, say the word.

Well I know that getting you alone isn't easy to do

But with the exception of you I dislike everyone in the room. »

Stop the World I Wanna Get Out With You, Arctic Monkeys

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{Il y a toutes sortes de formes que je parie que tu peux faire

Quand tu veux t'échapper, dis le moi.

Je sais que t'avoir seule n'est pas chose facile,

Mais, à l'exception de toi, je n'aime personne dans la salle.}


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Le sol était de plus en plus dur et froid au fur et à mesure que le temps passait, interminablement. Hermione n'avait pas bougé depuis que son bourreau l'avait laissée pour morte en plein milieu du couloir, le visage en sang et le dos plus que mal en point. À même le sol, elle s'était mise à apprécier la fraîcheur de la pierre humide et n'avait pas tardé à fermer les yeux pour mieux la ressentir, et puis pour plusieurs autres raisons. Trop nombreuses à son goût.

L'humidité du sol était entretenue par ses larmes, mêlées au sang, qui coulaient le long de ses joues meurtries tandis qu'elle se remémorait difficilement les derniers événements. Quatre jours auparavant, elle vivait encore chez Anthony, dormait dans des draps souples et contre un torse chaud et chaleureux qui vous empêchait de cauchemarder dès lors que vous fermiez les yeux. À présent, elle reposait par terre, dans une de ces galeries interminables, et fermait les yeux en ayant pour seul confort une robe de sorcière trop fine pour la réchauffer et qui pourtant, s'avérait être la seule chose qu'elle avait encore en possession.

Elle avait mal, elle avait froid, elle avait envie de hurler son malheur à la première personne qu'elle voyait, elle avait envie de pleurer jusqu'à aller mieux -quelle naïveté-, elle avait tout simplement envie de vomir.

24h qu'elle n'avait pas avalé un semblant de nourriture, ayant déclinés les sandwichs que Zabini lui avait proposés à la bibliothèque lorsqu'ils travaillaient sur la prophétie et pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle devenait de plus en plus insoutenable. Mais la bile lui remontait sans cesse en gorge depuis qu'elle était arrivée ici. Tellement elle trouvait la situation absurde, paradoxale, tellement elle la trouvait improbable.

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« Allez Grangie, lève-toi. »

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Elle, Hermione Granger, sorcière dont les parents sont moldus et dentistes, dont les médias s'accaparent l'image sans cesse, et ce depuis son adolescence, à travers la personne de Harry, son meilleur ami, le Survivant, l'Elu. Elle, la jeune femme studieuse et acharnée, dont tout le monde jalousait les résultats, mais se moquaient éperdument de sa façon de travailler ou de son physique, moins avantageux à l'époque, puis surtout dont l'adolescence avait été endommagée par ce Mage Noir qui les poursuivait sans cesse.

Elle serait donc à l'origine d'une prophétie ? Qui plus est, semblait être vitale pour les lycanthropes ? Mis à part Rémus, elle les considérait tous de la même façon que Fenrir Greyback, c'est-à-dire d'une manière déplorable. Elle se retrouvait aujourd'hui dans un lieu qui lui était encore inconnu -était-elle en Angleterre au moins ?- entourée de cette espèce qui semblait sorcière dans son ensemble, avec à sa tête l'une des personnes les plus détestables qu'elle ait connue.

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« Granger, bouge. »

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Malgré le fait qu'il n'ait pas vraiment été un mangemort à part entière, Drago Malefoy restait toujours le fils de son père, qui est ce qu'il est, et son ennemi de toujours. Il avait beau avoir été jugé, innocenté, sa mère avait beau avoir sauvé la vie de son presque frère et lui-même aidé Harry à vaincre Voldemort, c'était lui et lui seul qui lui avait fait autant de mal dans ses années à Poudlard. Les remarques cinglantes sur son statut de sang, sur ses dents, ses cheveux, sur sa passion à lire et sa soif d'apprendre. Dans ce cas, personne n'avait eut besoin de le forcer et de l'obliger à prononcer ces mots. Tout aussi détestables que sa propre personne.

Pourtant elle avait voulu essayer. Quand elle se retrouvait malencontreusement en binôme avec lui en cours, elle s'efforçait de lui parler gentiment, de ne pas le sous-estimer comme elle avait tendance de le faire avec la plupart de ses camarades durant les expérimentations -parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même-, rien n'y faisait. Les efforts duraient au maximum le temps d'une ou deux heures, une maigre collaboration pouvait s'apercevoir avec un minimum d'attention, mais c'est tout. Si tôt sortis, le sourire narquois et mauvais ré-apparaissait sur ses belles et fines lèvres et les insultes et remarquent coulaient à nouveau à flots. Vers la cinquième année, elle s'était plusieurs fois étonnée elle-même en le fixant un peu trop longtemps, s'attardant sur les traits fins de son visage ou sa musculature prenant forme au fil des années. Il était beau et avait un charisme indéniable, c'était une évidence, mais le charme s'évanouissait en quelques millièmes de secondes dès que de dernier ouvrait la bouche plus de deux secondes et souriait d'un rictus tordu et malveillant.

Et même maintenant, quatre ans plus tard, il était toujours la source de ses malheurs et cauchemars.

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« Bon je ne répéterai pas une quatrième fois, debout ! »

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Hermione sursauta quand elle prit conscience de la voix qui s'adressait à elle dans son dos, qu'elle reconnut comme étant celle du meilleur ami du blond. Elle tenta lourdement de se redresser, mais totalement vidée de ses forces, retomba vainement sur le sol, tâchant sa robe avec son sang présent sur la pierre du sol. Blaise soupira et finit par se baisser et la soulever avec ses bras comme s'il portait un vulgaire sac de quelques kilos à peine. Déconcertée par la force du noir, Hermione se risqua à ouvrir les yeux pour se rendre compte qu'il la portait, un bras sous ses genoux et l'autre dans son dos, et s'était remis à marcher dans une direction inconnue. En tournant légèrement la tête, elle remarqua la présence de Pansy, qui marchait à côté de Blaise en silence, soucieuse.

« Tu l'as mis en colère Grangie. Et crois-moi, un Malefoy en colère fait les mêmes dégâts qu'un ouragan partout où il passe. Il t'a frappée ailleurs qu'au visage ? » demanda comme si de rien n'était Blaise.

« Je... Dos, côtes » articula douloureusement l'ex-Gryffondor.

À ses mots, Pansy les doubla rapidement et héla la première personne qu'elle trouva, qui s'avéra être une femme qui semblait plus âgée qu'eux et qui se rendait dans la direction opposée à la leur.

« Toi, j'ai besoin que tu ailles à l'étage du dessus et que tu me ramènes des serviettes propres, des bandes et du Poussos dans mes quartiers, maintenant. »

« Non mais tu... »

« Fais ce qu'elle te dit. » la coupa Blaise, sans s'arrêter.

À la plus grande surprise d'Hermione, la femme inclina la tête et se hâta dans la direction demandée. Pansy la remercia et rattrapa son ami en trottinant, un léger sourire sur les lèvres.

« Les autres t'obéissent ? » demanda faiblement Hermione à son porteur.

« Être le second de l'Alpha permet quelques avantages. Bien que certains ne les prennent pas au sérieux et se font ratatiner par sa seigneurie Drago après. »

« Ça Blaise, ça n'arriverait pas si tu n'étais pas une grosse cafteuse et un enfant qui s'amuse de la souffrance des autres. » le charria Pansy.

« Moi ? Mais non Pans' il y a une erreur de jugement, je n'emmerde que toi. »

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Ils ne tardèrent pas à arriver dans l'aile où vivait Pansy, laquelle était beaucoup plus chaleureuse et accueillante que la plupart des couloirs de ces lieux le parquais habituel et la pierre avaient été remplacés par une moquette assez épaisse, et la lumière était plus tamisée que dans les autres salles. Blaise s'avança vers un canapé dans le salon pour y déposer Hermione délicatement. Pansy quant-à-elle, se dépêcha d'aller dans une salle adjacente, et revint quelques instants plus tard avec une bassine d'eau chaude dans ses mains, au moment où la porte s'ouvrit sur la femme rencontrée dans le couloir. Cette dernière s'empressa de donner le matériel rapporté à Blaise et ressortie aussitôt en grommelant de légères insultes envers les deux ex-Serpentard.

La douleur ressentie précédemment et la fatigue avait eu l'effet d'anesthésier d'Hermione, qui luttait terriblement contre le sommeil. Cependant une fois installée sur le canapé plus que confortable, elle ne put s'empêcher de fermer doucement ses paupières, ne laissant passer qu'un trait de lumière. Elle réussit à apercevoir une cascade de cheveux noirs près d'elle, juste avant d'être prise par un puissant sentiment de froid, qui lui glaça l'échine. Ses frissons alertèrent la jeune femme qui la soignait, si bien qu'elle se mit à la recouvrir d'une couverture du canapé et de lui jeter un léger sortilège de rafraîchissement.

« Qu'est-ce qui lui prend ? » chuchota Blaise, resté en retrait derrière elles.

« Elle commençait à avoir de la fièvre, je lui avais lancé un sortilège pour la prévenir, les frissons m'ont indiqué que mon action n'a pas été inutile. Ça devrait aller maintenant, il faut juste qu'elle se repose. » lui répondit-elle tout en lui administrant la potion restée dans ses mains.

Hermione se débattit faiblement quand le liquide entra dans sa gorge, le goût étant tout bonnement horrible et cela lui donna l'impression d'être encore plus mal en point qu'auparavant.

« Pans' je veux pas être rabat-joie, mais on est vendredi aujourd'hui, et Drago a insisté tout-à-l'heure pour qu'elle soit présente, tu devais d'ailleurs lui faire une robe adéquate. »

« Remettons les choses dans l'ordre et à leur place tu veux bien ? » souffla-t-elle bruyamment, énervée « Premièrement, je ne devais pas lui faire de robe, Loki s'en charge, il a pris ses mensurations je ne suis pas encore bonne à tout faire et que Merlin m'en préserve ! Deuxièmement, il est hors de question qu'elle y aille si elle est toujours dans cet état. Et puis, tu tiens vraiment à l'amener alors qu'elle ne connaît rien à vos traditions et ne connaît personne ici à l'exception de Dray, toi et moi ? »

« Et bien tu n'as qu'à lui donner plus de Poussos ou une autre potion stimulante ! »

« Blaise Zabini ! Tu ne veux pas que je lui donne une potion aphrodisiaque tant qu'on y est imbécile ? » cria-t-elle en se tournant vers lui.

Ce dernier s'approcha de deux pas vers elle, un sourire bien significatif sur ses lèvres.

« Non celle là, tu peux la garder pour ce soir, quand on sera tout les deux dans ta... Aïe ! » couina le noir lorsqu'il se reçut le flacon de potion dans la figure sous les rires de la Gryffondor.

« Je... Ça fait longtemps que vous êtes ensemble tout les deux ? »

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La voix rauque et vidée d'énergie d'Hermione se fit faiblement entendre dans la pièce pendant que Blaise se frottait le torse en couinant et que Pansy le foudroyait du regard. Sous les mots de la lionne, cette dernière se retourna vers elle, les yeux grands ouverts.

« Pardon ? »

« Ça fait longtemps que vous sortez ensemble tout les deux ? » répéta Hermione, hésitante.

« Quoi.. ? Je.. nous ? Non !

« Sortir ensemble, on dirait qu'on a dix ans. » ricana Blaise.

« Oh, pardon, j'avais cru... enfin avec les remarques de Blaise aujourd'hui, je pensais que vous étiez plus proches que de simples amis. »

« Oh mais crois-moi Granger, on l'est ! Surtout la nuit, nos libidos s'expriment encore mieux en général. »

« Blaise, la ferme. » répondit l'ex-Serpentard entre ses dents.

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Le tableau qu'ils offraient était amusant à regarder. Hermione, toujours allongée sur le canapé, s'était légèrement redressée malgré ses courbatures et observait désormais le couple en face d'elle avec une grande attention et curiosité, bien qu'un léger rouge habitait ses joues, témoignant de sa compassion envers l'autre jeune femme et les remarques qu'elle subissait. Cette dernière, définitivement cramoisie, s'était éloignée de son camarade d'enfance et menaçait de lui relancer la potion s'il continuait dans cette lancée. Blaise lui, abhorrait toujours son rictus au coin des lèvres, et sondant profondément Pansy du regard, les yeux brillants de passion.

« Étonnamment, j'aurais plus pensé que tu finirais au bras de Malefoy Pansy. »

« Je l'espérais également quand j'étais plus jeune. Je regrette un peu cette époque, je suis tombée bien bas maintenant. » sourit-elle malicieusement sans que le noir s'en aperçoive.

« Ne dis pas des choses que tu ne penses pas Parkinson. Surtout lorsque tu es autant voire plus consentante que moi pour ce genre de choses. »

« Et comment c'est arrivé ? Vous deux je veux dire. » rétorque rapidement Hermione avant que Pansy ne balance une énième pique.

Les deux concernés se turent à l'annonce de la question et la fixèrent d'un air surpris. Ne s'attendant pas vraiment à cette question, la jeune brune bredouilla quelque chose d'incompréhensible avant que Blaise se décide à intervenir.

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« A vrai dire... il y a une explication assez simple à tout ça. Tu vois Hermione, le désavantage d'une louve en général, c'est qu'elle n'a ses périodes de chaleur qu'une fois par an, deux peut-être exceptionnellement. C'est évidemment différent chez les lycans, mais ça affecte parfois la libido des femmes. Et bien au contraire, tu peux considérer que Pans' elle, attire les mâles parce qu'elle est tous les jours en chaleur. Alors forcément, vois-tu... » lui expliqua-t-il en se baissant rapidement à la fin pour éviter le Poussos qui lui arrivait dessus à nouveau.

Il ne put malheureusement pas éviter Pansy qui lui sauta dessus à son tour pour le frapper de ses petits poings sur son torse.

« Pansy chérie, arrête tu me chatouilles. » se moqua-t-il en riant.

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Elle se leva, furieuse, sous ses ricanements et se précipita à l'extérieur de la pièce tandis qu'il se relevait, époussetant son t-shirt de particules apparemment invisibles aux yeux d'Hermione, qui avait assisté à la scène d'un œil incrédule.

« Vous êtes vraiment bizarre vous deux... »

« On est pas bizarre Grangie, on couche ensemble. Enfin appelle ça comme tu veux après tout. »

« Et pourquoi toi et pas un autre ? »

« Qu'est ce que c'est que toutes ces questions ? Il n'y a absolument rien de romantique dans cette histoire, il est vrai que Pansy a nombre de prétendants ici, car elle est la seule sorcière sans un quelconque gène de lycans ici. Simplement, Drago a tout bonnement interdit à quiconque de la toucher sans son accord, prétextant qu'elle était ici pour des raisons particulières et non pour se faire sauter dessus par nos hormones débordantes certains sont vraiment lourdingues avec ça à la longue. Et donc pour moi, il faut dire qu'être le meilleur ami de Drago et celui de Pansy m'a autorisé certains avantages. Même si je suis sûr qu'il est au courant, je suis censé obéir aux mêmes règles que les autres, mais il ne m'a jamais rien dit. C'est tout de même la raison pour laquelle on se cache et qu'on ne sort pas publiquement ensemble comme tu dis si telle était ta question. »

« Tu admets donc que tu aimerais bien plus ? » sourit-elle, d'un rictus presque amical.

« Évidemment. J'ai acquis ce côté possessif symbolique des lycans, provenant du loup. Mais on n'a pas toujours ce que l'on désire, je ne suis même pas sûr qu'elle soit d'accord si on en avait l'occasion, vu ses réactions... Quand bien même, il me faudrait la permission de Dray. »

« Sa permission ? »

Le noir s'agenouilla devant elle alors qu'elle le fixait d'un œil surpris.

« Oui, un Bêta ne peut avoir de 'compagne' sans l'autorisation de son Alpha. Nous vivons sous des codes. »

« Mais c'est absolument horrible ! » s'indigna-t-elle.

« Ah, Granger la justicière est de retour. Tu veux faire un truc contre ça, comme pour les elfes de maisons ? La SALE c'est ça ? » ria-t-il sous son regard mauvais. « Rassure-toi, en général, ils la donnent, à part si ton Alpha en question a des vues sur la demoiselle. Ou le damoiseau »

Son rire cristallin et contagieux finit par donner le sourire à Hermione qui l'encouragea à continuer du regard.

« La relation entre Dray et Pans' a été mal comprise par tout le monde à Poudlard. Tous pensaient qu'elle voulait mettre le grappin dessus, mais il s'est avéré que c'était le contraire. Bien qu'il est vrai qu'elle ait eu un petit béguin pour sa gueule d'ange durant les deux premières années, elle s'est vite fait à l'idée que leur relation n'avait pas l'amour pour but final, et aujourd'hui encore, Dray la considère presque comme sa petite sœur. Tu comprendras que ça, ajouté au fait que Drago soit encore plus possessif que toi et moi réunis -supposons que tu le sois un minimum-, rend la chose en peu compliquée en terme d'accord de relation. »

« Si tu ne lui demandes pas tu ne le sauras jamais. » rétorqua la sorcière avec évidence.

« Après Granger la romantique et Granger la justicière, voici Granger la conseillère. T'as pas mieux à faire ? »

« Euh... pas vraiment non, je suis bloquée ici je te rappelle. »

« Bien vu. Bon à présent, une sérieuse discussion s'impose. Je viens de te dire que nous vivions sous des codes. Et bien, en plus de ces derniers, une meute a toujours pour habitude d'en voter d'autres, ce qui fait toute sa singularité et par conséquent, la différencie des autres. Tu me suis jusque là ? » reprit le noir.

Elle lui adressa un regard interrogateur à son tour et s'assit plus confortablement sur le canapé.

« Oui, même si je ne vois pas vraiment où tu veux en venir... Je doute que tu veilles me fournir des informations confidentielles sur votre meute. »

« Détrompe-toi Grangie, elles n'ont rien de confidentiel, les autres meutes sont au courant si elles veulent l'être. Je te disais ça car nous avons toujours profité d'être une petite meute pour être toujours proches et amicaux entre nous. Tu comprends bien qu'avec Drago à sa tête, cela ne peut que se traduire par des petites... réunions. »

« Des réunions vraiment ? » Hermione leva un sourcil moqueur.

« Le genre de réunions qu'il y avait à Serpentard. On discute certes, on règle des problèmes certes, mais avec trois verres de Whisky Pur-Feu devant nous, des cigarettes, des filles » ajouta-t-il, lui rendant son air moqueur « et récemment, Pansy a demandé à Drago d'organiser un bal pour fêter l'équinoxe*. »

« L'équinoxe ? Mais ça se fête vraiment ça ? » s'étonna-t-elle.

« Absolument pas. Sauf que l'on ne contredit pas Pansy lors de ses débuts de cycle si tu vois ce que je veux dire. Nous ne fêtons habituellement que le solstice, et Mademoiselle a décrété que c'était injuste de fêter l'un et pas l'autre. » soupira-t-il désespéramment, faisant sourire la sorcière en face de lui.

« Je suppose, en vu des dernières discussions, que ce fameux bal, c'est ce soir ? »

« En effet. Pansy pense qu'il vaut mieux te briefer avant d'y aller, puisque tout le monde doit obligatoirement être présent et que tu risques d'être le principal sujet de conversation ce soir. Malgré ce que je viens de te dire, ça reste une soirée mondaine, où Dray a gardé l'habitude de conserver les règles pédantes des réceptions aristocratiques. En somme, celles des cérémonies de Sang-Purs. »

La sorcière ne répondit pas tout de suite, préférant fixer un point sur le mur en face et afficher un air sérieux, qui montrait l'étendue de sa réflexion. À ses côtés, Blaise attendit patiemment qu'elle finisse et lui réponde, tout en jetant de temps à autre un coup d'oeil à sa montre en platine, qu'il portait sur son poignet gauche.

« Je n'ai pas vu votre meute dans son intégrité et n'ai aucune idée de votre nombre, mais vous n'êtes pas tous de Sang-Pur je me trompe ? Je veux dire... ce serait vraiment compliqué, à moins d'avoir transformer la moitié de la population des Sang-Pur d'Angleterre ! » finit-elle par répondre.

« Non, tu as raison. Mais il y a deux choses tout à fait évidentes à savoir sur nous, je vais profiter de ta question pour te l'expliquer plus amplement. Tout d'abord, je n'ai aucun besoin de te rappeler notre condition, ainsi tu avoueras sans trop de problème qu'avec le gène lycan, il est totalement superflu et absurde de critiquer ne serait-ce qu'un statut de sang. Je veux dire, que tu sois Sang-Mêlé ou Né-Moldu, tu es un loup-garou, ça réduit quand-même vachement la pureté de ton sang. Enfin, plus vraiment pour nous, mais c'est ce que pensent tous les autres, toi compris, ne nie pas. Et puis ensuite, n'as-tu pas remarqué l'élément principal présent dans toutes les pièces que tu as vues ? Quelque chose que tu appréciais beaucoup à Poudlard ? »

« Les bibliothèques... » chuchota-t-elle pour elle-même.

« Exactement les bibliothèques. Sans compter en plus dans la Grande Salle, la présence d'échiquiers, de zones de combats... il y a même quelqu'un qui se charge de l'éducation des plus jeunes. Et avant que tu ne le demandes, sache simplement que c'est l'une des choses qui comptent le plus aux yeux de Drago. Le savoir. C'est notre force principale, en plus de savoir se battre en tant que sorcier, nous savons nous battre en tant que loup, que moldu. Nous savons comment les autres guildes vivent, comment ils se battent, comment ils réagissent. Nous connaissons leurs coutumes, leurs règles, leur mode de vie. Nous savons survivre sans baguette, nous maîtrisons l'Occlumencie et la Légilimancie et certains arrivent même à résister à l'Impérium. C'est notre plus grande force, et nous sommes devenus très bon grâce à ça. Tous les livres que tu as pu croiser, plusieurs personnes les ont lus, j'en ai moi même lu énormément durant les deux dernières années. Tu peux donc comprendre que tous ici connaissent les coutumes et mœurs des Sang-Pur sur le bout des doigts, au plus profond d'eux-mêmes. »

Hermione en resta bouche-bée. Elle savait Drago appliqué et sérieux -après tout, il avait toujours été dans le top 5 à Poudlard- mais elle n'aurait jamais pensé qu'il le soit autant. Néanmoins, sa stupéfaction resta brève, lorsqu'elle réalisa qu'à présent, la majorité, si ce n'est la totalité, des personnes présentes ici savaient plus de choses qu'elle en avait jamais su. Son esprit de compétition ne l'avait jamais quittée, si bien qu'elle bougonna en répondant à Blaise.

« Très bien, dans ce cas ramène-moi un bouquin sur vos mondanités barbantes, bien que j'en connaisse déjà la plupart. Histoire que je ne me fasse pas remarquer dès la première seconde ce soir. »

« Oh, je pensais que c'était un caractère des Gryffondor, de se pavaner devant tout le monde et de se faire remarquer. » se moqua-t-il.

« Pas de cette façon. Et puis, c'est plus commun aux Serpentard et à votre stupide fierté. »

« Toujours moins stupide que votre courage. »

Pour la seconde fois de l'après-midi, la voix traînante de Drago Malefoy résonna dans la pièce où ils se trouvaient, et pour la seconde fois, Hermione et Blaise tournèrent la tête pour le regarder, l'un d'un air agacé et apeuré à la fois, et l'autre en souriant légèrement, qu'il perdit lorsqu'il vit le rictus amusé sur les lèvres de Pansy, toujours derrière le blond. Cette dernière lui lança un regard malicieux avant de se rapprocher volontairement de leur meilleur ami au visage toujours neutre et vide de toutes émotions.

« Je cherchais Pansy pour lui demander comment se déroulait l'organisation des derniers préparatifs et imprévus, » commença-t-il en regardant l'ex-Gryffondor du coin de l'oeil, « quand cette dernière m'a fait part d'égards de conduite envers elle-même, tu vois de quoi je parle Blaise ? »

« Non ça ne me dit rien. » dit-il en fusillant du regard la brune.

« Vraiment ? Aucune raison que cela ne se reproduise donc ? » reprit le blond d'une voix égale.

« Aucune. »

« Parfait. Comment va le vilain petit strangulot ? »

Hermione lui lança un regard noir suite à son interrogation, -purement rhétorique de plus est- tandis que Pansy s'approchait à nouveau d'elle pour reprendre sa température.

« J'aurais pu aller mieux si tu savais retenir tes pulsions. » cracha la sorcière visée.

« Fais attention, si tu continues à me tenir tête comme ça, ces pulsions pourraient s'avérer être d'autant plus efficaces et te faire plus que du mal Granger. Elle pourra être sur pied dans deux heures ? » continua-t-il à l'attention de Pansy.

« La potion a bien fait son effet, sa température a baissé. Par contre, il faudra qu'elle soit vraiment prudente, ces blessures ne seront pas tout à fait consolidées. Je vais m'occuper de ses migraines en priorité. »

« Bien, merci Pans'. Je te laisse la préparer en plus, Blaise et moi avons à faire. Loki apportera vos tenues dans une heure. »

« Merci Dray, a toute à l'heure. » finit-elle.

Les deux hommes prirent congé, non sans un regard mauvais de la part du noir, auquel Pansy répondit d'un sourire éclatant en haussant les sourcils. Une fois sortis, cette dernière alla attraper une autre potion sur une étagère qu'elle tendit à Hermione pour qu'elle l'avale sans tarder.

« Dis Parki.. euh Pansy pardon, je peux te poser une question ? » demanda cette dernière hésitante.

« Tu peux, je te répondrais en fonction si j'en ai envie. » lui répondit l'autre sorcière d'une voix égale.

« Oh... et bien j'ai eu l'occasion de parler avec Blaise avant toi et je me demandais simplement.. Comment t'es-tu retrouvée avec eux ces deux dernières années alors que tu n'es pas comme eux ? »

Pansy poussa un long soupir tout en continuant à s'activer à chercher une potion non loin d'elle.

« Après la Guerre, j'ai eu... une énorme dispute avec ma famille lors d'un repas et je me suis faite jetée comme une malpropre juste après. J'ai voulu me réfugier chez Blaise sauf qu'une fois arrivée chez lui, c'est Drago qui m'a accueillie. Il m'a dit que Blaise était occupé dans sa chambre, et après une longue discussion entre nous deux, il m'a proposé de le suivre. »

« Tu savais à ce moment ? Je veux dire, qu'ils étaient... »

« Non. » la coupa-t-elle, « En réalité, pendant que je discutais avec Drago ce jour-là, Blaise était dans sa chambre en train de subir la torture de la transformation, seul. Dray venait de le mordre juste avant que j'arrive et avait insonorisé la pièce, c'est quand le charme a rompu et que les hurlements de Blaise ont retenti dans tout le manoir qu'il a consenti a m'expliquer, pendant que je tentais tant bien que mal d'aider son premier Bêta. »

« Et ça ne t'as pas fait peur ? » s'étonna Hermione.

Pansy attrapa une fiole qu'elle examina attentivement avant de s'approcher encore une fois d'elle.

« Bien sûr que si. C'était la première fois que quelque chose m'effrayait autant, je ne suis pas une peureuse d'ordinaire. Surtout que j'avais eu ma dose d'émotion pour la journée à mon goût. Sur le coup, Drago était vraiment embêté, parce qu'en plus de devoir gérer Blaise, il ne pouvait pas se permettre de me laisser partir, pour peu qu'à cause de la peur, j'en vienne à les dénoncer ou parler d'eux... Nous avons donc fait une sorte... d'échange. Je ne disais rien et restais avec eux et en retour, il s'engageait à subvenir à mes besoins et de me faire suivre une formation accélérée de Médicomage. »

« Vraiment ? C'était une autre question que je voulais te poser d'ailleurs. Je pensais que tu ne voulais pas faire d'études après Poudlard. »

Hermione attrapa le verre que lui tendait la sorcière en le regardant d'une façon septique. Pansy avait dilué un fond de potion dans du jus de citrouille au préalable, ce qui lui laissait fortement penser à quel point la potion était imbuvable.

« Cul-sec, ça passera sans doute mieux. Et oui en effet, il était initialement prévu que je ne continue pas mes études et que je me marie presque directement en sortant de Poudlard, comme toute bonne fille de Sang-Pur. Enfin, je connais des femmes qui ont fait des études et avaient un travail, mais mes parents n'étaient pas du même avis, et je n'étais pas du genre à les contrarier à l'époque. Jusqu'au jour où ils m'ont mis dehors et que je me suis retrouvée face à un Blaise qui hurlait de douleur en se tordant dans tous les sens, alors que j'étais devant lui, à genoux, et tout à fait impuissante. Je n'avais jamais ressenti cela d'une manière si forte et je ne veux jamais le revivre un jour, d'où ma demande subite à Drago. C'est d'ailleurs aussi pour ça que depuis ce jour, je suis au chevet de Blaise à chaque lendemain de pleine lune, parce que même deux ans et une formation après, je me sens toujours aussi coupable. »

Après avoir grimacé pendant les trente secondes qui ont suivies l'ingurgitation de la potion, Hermione était à présent bouche-bée devant la révélation de la sorcière. Cette dernière avait fini par s'asseoir à ses côtés sur le canapé et la regardait d'un air à la fois triste et nostalgique.

« C'est... vraiment courageux de ta part. Merci Pansy. » admit-elle, en lui souriant vraiment, pour la première fois depuis son arrivée.

« De quoi ? D'avoir répondu à ta question ? »

« D'avoir été honnête. On ne se connaît pas vraiment, tu n'étais pas obligée de l'être. »

« Qui te dis que je l'ai vraiment été ? Dois-je te rappeler ma maison ? » répondit l'ex-Serpentard narquoisement.

« Tu l'étais vraiment. Je l'ai vu dans tes yeux. Quant au Choixpeau, tu peux être sûre qu'il t'a envoyé à Serpentard juste à cause de ta famille et de ton sang. Tu as toutes les qualités d'une Gryffondor. »

« Mais qu'est ce qu'il ne faut pas entendre... »

Et les deux femmes échangèrent une autre fois un vrai sourire, aussi sincère pour l'une que pour l'autre.


« … Et à présent, trouvez moi tout ce que vous pouvez sur Zacharias Smith ! Blundell, je voudrais te parler deux minutes. »

Harry descendit de la chaise d'où il venait de faire son premier briefing sans l'aide ou la présence de Kingsley -bien que celle de Ron, qui se tenait debout à ses côtés fut indispensable. L'Auror interpellé précédemment par le brun s'avança vers le duo la mine sérieuse, un carnet dans les mains.

« Potter ? »

« Je voulais savoir si la liste que tu nous as envoyé tout-à-l'heure était complète, ou si tu avais des doutes et incertitudes quelconques sur un ou plusieurs cas. » s'expliqua-t-il.

« Puisque tu me le dis, je dois avouer que j'ai été surpris à un moment. Dans ma liste, j'ai bien spécifié la date de recensement, qui est normalement obligatoire, et l'origine de la transformation quand nous la connaissions. Vous savez tout deux qui est Greyback, j'ai entendu dire que vous aviez eu une confrontation dans le passé. Et bien, quand on entend tout ce qu'il se dit sur lui et sa fâcheuse tendance à mordre, je trouve ça surprenant qu'il n'y est pas beaucoup de victimes recensés. »

« Elles ne sont pas recensées ? » demanda Ron.

« Je ne sais pas. Soit les rumeurs sont fausses, ce qui pourrait être le cas étant donné le ramassis de conneries qui circule au Ministère, soit elles ne sont effectivement pas recensées. »

« On estime le nombre de non-recensés à combien ? » questionna à son tour Harry, soucieux.

« Encore une fois, nous n'en savons rien. Les loup-garous recensés sont ceux qui ont été aperçus ou sont vraiment connus, ou ceux qui sont déjà passé à Sainte Mangouste pour une demande de traitement. Mais vous comprenez bien qu'il est beaucoup plus évident pour un loup-garou de vivre caché, ne serait-ce que pour l'obtention d'un travail. Ils sont plus que marginalisés. »

« Notre professeur de Défense contre les Forces du Mal de troisième année était un loup-garou, et je crois bien qu'il n'a été découvert qu'à la fin de l'année scolaire... Enfin, seul Dumbledore et Rogue savaient à propos de sa condition. »

Le rouquin continua alors de lui expliquer l'épisode du Saule Cogneur et de la Cabane Hurlante. Son meilleur ami paraissait vraiment soucieux et réfléchissait, une main collée sous le menton, se grattant discrètement sa barbe de deux jours.

« Tu vois, il vivait bien mieux caché, tout le monde a commencé à le juger par la suite. Harry ? Tout va bien ? » se risqua Léo Blundell.

« La liste est beaucoup trop vague pour nous faire une idée réelle de la situation... On a aucune idée de proportions. »

« Tu oublies qu'on a tout de même Smith. D'ailleurs Léo, tu avais noté quelque chose à son sujet sur la liste ? » lui demanda Ron.

« Comme un certain nombre, non rien. Pas de date de recensement, on ne sait pas qui l'a mordu ou pour quel motif. Aucun traitement suivi à Sainte Mangouste. Juste avant que vous ne m'interpelliez, j'étais en train de chercher qui l'avais identifié. »

Les trois hommes se déplacèrent vers le bureau de l'Auror, envahi de parchemins de tout genre. Blundell continua de fouiller rapidement pendant que Ron et Harry attendait, lorgnant sans discrétion les parchemins qui leur passaient devant le nez.

« … Et voilà. Margaret Smith. Sa grand-mère donc. Elle possède le troisième œil, et avait affirmé avoir vu son petit-fils se faire transformer. Le cousin de Zacharias est donc allé chez lui afin de détromper sa grand-mère, mais l'a surpris en fin de transformation un lendemain de pleine lune. Ça s'arrête là. »

« Les gens sont vraiment inconscients de se rendre chez un potentiel loup un lendemain de pleine lune ! » s'écria Ron.

« Trouvez-le moi. Est-ce que quelqu'un sait ce qu'est devenu Greyback depuis la fin de la Guerre ? » cria finalement Harry pour que tout les Aurors l'entendent.

« Il est mort il me semble. On a trouvé sa dépouille quelques jours après le fin de la Bataille de Poudlard, je vais chercher le dossier ! » lui répondit tout aussi fort Turner.

Il se leva et partit vivement en direction des archives, tandis que le duo soupira en même temps.

« Un élément de moins, un... » murmura Ron, « c'est dans ces moments-là que j'ai envie de sauter sur Hermione pour qu'elle trouve une solution. »

« Je n'abandonnerai pas Ron. S'il faut que je torture Smith, je le ferais. Il est hors de question qu'on ne retrouve pas Hermione, et j'aimerai d'autant plus qu'elle soit saine et sauve. »


« Putain j'ai le trac. Tu le crois ça ? »

« Je t'ai connue plus battante et polie que ça Hermione, tu me déçois » lui répondit Pansy sarcastiquement.

Après leur discussion, elles s'étaient mises à se préparer pour la fameuse soirée de l'équinoxe. Bien qu'Hermione ait trouvé l'idée complètement stupide, voir l'enthousiasme de Pansy lors de leur préparation l'avait fait rire. Dès lors que Loki était rentré dans le salon de la jeune femme, accompagné des tenues des deux sorcières, elle s'était mise à sautiller dans tout les sens, et ne s'était calmée qu'une fois la porte franchie, habillée, coiffée et maquillée. Elle avait à présent revêtit un parfait masque d'indifférence, ou aucune émotion n'était visible, et marchait la tête haute, rien ne trahissant son excitation sinon ces pommettes légèrement plus rouges que prévu avec le blush. Et ce masque, Hermione le jalousait vraiment. Si elle avait été calme dans les appartements de sa nouvelle amie, elle était maintenant dans un état où son appréhension était hautement palpable, et se triturait régulièrement les doigts, témoignant de son angoisse.

« Je n'ai pas pour habitude d'être sur le point de pénétrer dans l'antre des serpents figure toi » se plaignit-elle en traînant des pieds.

« Hum, c'est plus l'antre du loup qu'autre chose quand-même. »

« Pansy ! Tu ne me rassures pas là ! »

« Je ne veux pas te faire peur, mais les loup-garous sont capable de ressentir les émotions, calme toi où tu vas tous me les émoustiller. » indiqua la brune, un sourire aux lèvres.

« Oh. Mon. Dieu. Je vais mourir ! »

Les conseils vestimentaires et esthétiques de Pansy s'étaient avérés bien utiles précédemment, quand Hermione avait du enfiler sa robe. Sa robe était d'un vert sapin qui imposait le respect tout en restant doux et non extravagant mais une fois sur elle, elle avait été incapable de savoir quel type de chaussures, quelle coiffure et quel maquillage adopter. C'est à ce moment-là qu'elle avait sentie des mains appuyer sur ses épaules pour la forcer à s'asseoir, et que Pansy lui avait demandé de fermer les yeux, et de ne les rouvrir qu'après son autorisation finale. La sorcière s'était prêtée au jeu, et fut littéralement estomaquée lorsque Pansy eut fini de la toucher. À son plus grand plaisir, elle ne portait que très peu de maquillage ses yeux étaient soulignés d'un trait d'eye-liner et de mascara et ses lèvres légèrement brunies par du rouge à lèvres tandis qu'une touche de blush faisait ressortir ses pommettes. Ses cheveux avaient été magicalement remontés en un chignon bas, d'où s'échappaient des mèches venant encadrer son visage. Pansy avait vite fini de se préparer pendant qu'elle s'examinait toujours dans le miroir placé devant elle puis finalement, après avoir enfilé une paire de chaussures convenables, les deux femmes s'étaient dirigés vers la sortie, et avaient emprunté les couloirs pour se rendre vers le lieu de la soirée.

Hermione, commençant à être peu à l'aise, avait repris une conversation plus joyeuse avec Pansy pour se détendre du mieux qu'elle le pouvait. Elles ne croisèrent personne dans les couloirs -à son plus grand plaisir- et avaient fini par se retrouver devant les fameuses immenses portes en bois de la Grande Salle, où l'ancienne Gryffondor avait commencé à exprimer son appréhension d'une manière plus franche.

« Bon, avant qu'on ne s'enracine ici, je te propose qu'on rentre ? » lui dit Pansy d'une voix ironique, « il est bientôt 19h, et il ne faut pas que l'on rentre en même temps que Drago. »

« Encore un privilège de sa seigneurie ? »

« Tu peux voir ça comme ça si tu le souhaites » ricana-t-elle, en s'avançant pour pousser les portes.

Si les pieds d'Hermione avaient été ancrés au sol pendant les deux dernières minutes, il fut impossible pour elle de ne pas s'avancer une fois que la sorcière eut ouvert les portes. L'ambiance de la salle était telle qu'elle s'empressa, bien que toujours prudemment, de s'avancer jusqu'à la rambarde pour voir le spectacle qui s'étendait sous ses yeux, quelques mètres plus bas. Toutes les bibliothèques avaient été écartées -certaines semblaient même avoir disparues-, l'estrade réservée aux duels avait elle aussi disparue, et c'était également le cas des échiquiers et autre zone de la Salle. Il ne restait plus que des tables dans une partie de la pièce, auxquelles se rajoutait un bar et plusieurs buffets devant lesquels bavaient plusieurs adolescents. L'autre moitié de la salle était entièrement vide si l'on omettait les petites tables hautes et rondes sur le bord où étaient disposées des flûtes de champagne. Sûrement la piste de danse.

Lorsqu'elle tourna la tête, elle aperçut avec étonnement Blaise, dont elle n'avait pas perçu la présence plus tôt, qui parlait avec Pansy, bien que cette dernière soit, encore une fois, à deux doigts de lui sauter dessus et l'étrangler.

« Allez quoi ! Je t'ai déjà dit que j'étais désolé, bien que je pensais entièrement tout ce que j'ai dit. D'ailleurs regarde, j'ai arrêté Loki juste avant qu'il ne vienne dans tes appartements pour voir la couleur de ta robe et que je puisse lui demander de me faire une chemise de la même couleur. Regarde on est accordé comme ça ! Salut Herminione, je dois dire que tu es extrêmement belle ce soir. » ajouta-t-il en voyant la sorcière se rapprocher.

« Tu n'es qu'un gamin débile Blaise, j'espère que tu en es conscient au moins. » grogna Pansy.

« Tu dis toujours ça. Si mesdemoiselles veulent bien se donner la peine, il nous faut descendre avant que sa Majesté Blondie ne débarque. Il était en rogne quand je l'ai quitté, alors ne l'énervons pas davantage, voulez-vous. »

C'est à ce moment qu'Hermione réalisa quelque chose qui la fit pâlir instantanément. Elle allait devoir descendre ces escaliers, dont elle avait vanté la prestance par deux fois déjà, droits et interminables, avec ses talons, qui, bien qu'assez bas, restaient tout de même un handicap sérieux, surtout lorsque vous vous appelez Hermione Granger et que vous disposez de deux pieds gauches. Blaise, qui avait semblé remarquer ce qui la tracassait, lui tendit amicalement son deuxième bras, le gauche, l'autre étant déjà occupé par Pansy. Elle l'accepta timidement, et le noir poussa doucement les deux femmes à avancer et à amorcer la descente vers le reste de la meute, alors rassemblée en bas sur la piste non loin des tables.

Extrêmement tendue au début, Hermione se détendit au fur et a mesure, fermement agrippée au bras de Blaise, qui ne brochait pas et tendant l'autre main vers la rampe, prête à se rattraper en cas de glisse. Un petit coup d'oeil en coin l'informa que Pansy, qui portait cinq centimètres de talon de plus qu'elle, se débrouillait impeccablement, toujours en abhorrant que pour seule émotion visible la fierté, et que Blaise, souriait, tout aussi fier, si ce n'est plus. Alors qu'ils entamaient les dernières marches, une voix forte et rieuse retentit dans la salle, faisant sursauter Hermione que le noir rattrapa en la tirant à l'aide de son bras.

« Bah alors Zabini, on vient bien accompagné dis-moi ! »

« Que veux-tu Ashton, ça doit être grâce à cette prestance que j'ai et que tu n'auras jamais. » sourit-il à l'inconnu qui se précipita sur lui pour le bousculer joyeusement.

Un louveteau, qu'elle reconnut comme étant Nate, le petit garçon qu'elle avait vu lors de sa précédente visite, se joignit à eux et gambadait en sautillant dans leurs jambes. Hermione eut peur que les deux adultes, jusqu'ici pas si matures que ça, le blessent, mais ces derniers le virent et firent plus attention dans leurs mouvements. Elle rigola franchement lorsqu'elle vit l'air absolument blasée de Pansy devant leurs gamineries, et cette dernière leva les yeux au ciel et les montrant de la main, comme pour se justifier de leur action.

Les conversations reprirent bon train quand tout à coup, toutes se stoppèrent, Hermione légèrement en retard, ne sachant pas à quoi ce silence était du au départ. Elle se rendit à l'évidence lorsqu'elle vit apparaître une chevelure blonde en haut des escaliers, qui sonda la foule du regard, avant d'entamer sa descente, sans un seul rictus présent sur le visage. Bien qu'elle avait toujours beaucoup de mal à supporter la présence de son ennemi, d'autant plus depuis qu'il l'avait jetée contre le mur, elle dut admettre qu'il avait toujours gardé cette classe naturelle qu'il avait déjà au collège. Toujours la tête haute, l'allure souple et presque féline, le visage neutre et surtout des vêtements impeccables. Sauf ces cheveux, qui bien que lui donnant un air royal, étaient toujours ébouriffés en une cascade de mèches blondes qui lui retombaient sur tout le front, presque sur ses yeux. Yeux qui étaient toujours aussi gris, et qui n'avaient pas lâchés une seule seconde la meute.

Lorsqu'il arriva en bas, tous s'écartèrent pour le laisser passer, plus par respect que par soumission, le plaçant ainsi en plein milieu de la foule, juste devant Blaise, Pansy et elle. Un petit rictus put se voir sur son visage lorsque son regard se posa sur ses meilleurs amis et qu'il remarque l'assortiment de couleur de leur tenue de soirée, puis son regard se posa sur Hermione, qu'il sonda de la tête aux pieds avant d'agrandir son sourire et de lancer, sans la quitter des yeux :

« Que la fête commence ! »


And I don't wanna lie but I don't wanna tell you the truth

Get the sense that you're on the move and you'll probably be leaving soon

So I'm telling you,

Stop the world cause I wanna get off with you.

{Et je ne veux pas, mais je ne veux pas dire la vérité

Je comprends que tu es en train de bouger et que tu vas bientôt partir.

Donc je te le dis.

Arrête le monde parce que je m'en aller avec toi.}


*équinoxe : c'est le 'contraire' du solstice. Si cela ne vous aide pas car vous ne savez pas du tout ce qu'est le solstice (je vous comprendrais ne vous en faites pas) je vous propose une petite définition issue de Wikipédia (je cite mes sources c'est important) :

Un équinoxe est un instant de l'année où le plan équatorial terrestre traverse le Soleil ; changeant d'hémisphère céleste. Ce jour-là, le Soleil est exactement au zénith sur l'équateur terrestre.

Pour faire très simple, c'est un événement lié au changement d'hémisphère du Soleil, ça ne met pas en jeu madame la Lune, alors les loup-garous sont contents contents :)

Pour alors, qu'avez vous pensé de ce chapitre ? Beaucoup de discussion entre Hermione et Blaise/Pansy à leur tour, on en apprend plus sur les deux, ensemble et séparément. Une idée de ce que peut bien être la dispute avec sa famille dont parle Pansy ?

Zacharias le boulet ? (on ne change pas une équipe qui gagne... euh perd pardon)

Le chapitre suivant sera sur le bal :)

Laissez moi des reviews, j'y répondrais en message privé quand je le peux, sinon les autres devront patiemment attendre le prochain chapitre...

Je vous souhaite une bonne reprise, et une bonne continuation !

Bien à vous,

A.