Bonjour tout le monde, comme promis, me revoilà avant la rentrée ! (ouf) Pour la première fois, je ne suis pas en retard sur les délais annoncés, j'ai passé ma soirée à corriger tout le chapitre, j'espère avoir traité la plupart des fautes.
Pour commencer, un grand merci à toutes celles qui postent leurs reviews à chaque chapitre, merci d'être là, et de me faire part de toutes vos impressions, questions et remarques, c'est vraiment le seul cadeau que touche un auteur sur cette plateforme, alors merci vraiment. ( à tous ceux qui ont mis l'histoire dans leurs favoris aussi !)
Demain, dimanche donc, je reprends la dure voie de mes études qui ne me permettra pas de poster régulièrement. Je suis désolée, mais je pense qu'il est compréhensible que mon concours passe avant ff. net :/ Le prochain chapitre sera peut être publié à toussaint, j'essaierai de faire au mieux !
Fini le blabla, je vous laisse découvrir ce chap, on se retrouve en bas !
****** Réponses aux reviews anonymes ******
lulu : merci bcp pour ta review ! je suis super contente quand je lis ce genre de choses ça met vraiment du baume au coeur ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant :)
Chapitre 13 : The girl I wanted to marry
Most of the time we'd have too much to drink
And we'd laugh at the stars and we'd share everything
Too young to notice, and too dumb to care
Love was a story that couldn't compare.
Terrible Things, Mayday Parade
[La plupart du temps, on avait beaucoup trop bu, on riait aux étoiles et on partageait tout. On était trop jeune pour s'en rendre compte, et trop idiots pour s'en faire. L'amour était une histoire incomparable.]
« Je vous le répète une dernière fois si jamais vous sentez que le flux est trop fort ou que vous lâchez prise, vous le dites immédiatement. Et vous rompez le contact avec Blaise. Me suis-je bien fait comprendre ? »
Le lendemain aux alentours de midi, Drago, Hermione, Pansy et les deux ''louveteaux'' s'étaient rassemblés dans la spacieuse infirmerie du Terrier. Autour de Blaise, Lucie et Louis avaient chacun leur main droite posée sur la poitrine du blessé et se regardaient, une expression sérieuse sur le visage. Les cheveux relevés en un chignon presque parfait, Lucie dégageait une aura princière qui envoûtait d'une certaine manière son camarade, bien que plus âgé. Lorsque ce dernier eut vent des événements à venir par Hermione, il s'était soigneusement préparé au rassemblement, s'habillant d'une chemise et essayant tant bien que mal de coiffer sa chevelure capricieuse.
Ils avaient été briffés par Pansy sur la procédure en détail du transfert de magie, accompagnées par les recommandations incessantes d'un Drago Malefoy qui semblait nerveux et agité.
« Tu nous l'as dit au moins vingt fois, on a compris ! » rouspéta la petite blonde en direction de l'Alpha.
Il l'a foudroya du regard pour seule réponse. Hermione sentit Louis se tendre face à l'énervement du loup, bien qu'il ne soit pas la cause de son agissement. Elle vint alors poser sa main sur l'épaule de l'adolescent qu'elle massa doucement.
« Calme-toi, tu transmets toutes tes émotions à Blaise et ça ne va l'aider. Respire et ignore-le. » murmura-t-elle en désignant Malefoy du regard.
Le garçon ferma les yeux sous la chaleur dégagée par la jeune femme et inspira profondément jusqu'à sentir le flux magique circuler dans le corps inerte devant lui. En le voyant, Lucie se mit à l'imiter alors qu'Hermione se reculait pour leur laisser l'espace nécessaire.
« Très bien vous deux. Concentrez-vous. Quand vous vous sentirez près, levez doucement la main de quelques centimètres. Hum levez très peu votre main. » se corrigea Pansy en songeant à Lucie, qui n'avait pas encore l'âge de comprendre ce qu'était un centimètre.
Cette dernière, peu sereine à présent, entrouvrit un œil pour voir les réactions de son compère, qui semblait plongé dans sa bulle. Il finit par s'exécuter quelques secondes après, entraînant avec lui un aura magique qui s'agitait entre sa paume et la peau de Blaise.
« Parfait ne bouge plus. Lucie, n'aie pas peur, fait la même chose que lui. Excellent. » s'exclama-t-elle quand la petite fille eut obtenu le résultat attendu. « Restez ainsi, je vais prononcer la formule. »
Une fois persuadée que les enfants étaient stables et avaient bien intégré ses explications, elle commença à psalmodier, agitant légèrement sa baguette au dessus de la poitrine de son ami. Aussitôt, un air électrique se répandit dans la pièce, et un long souffle s'éleva du corps, faisant se soulever les cheveux des trois personnes autour.
« Louis, compte jusqu'à dix puis lâche tout. Lucie, princesse je te dirais quand ce sera le moment. Tenez bon. »
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Elle eut à peine le temps de finir sa phrase que la petite fille vacilla et chuta en arrière sous l'impact de la rupture du lien entre les deux magies qui s'unissaient. En deux secondes, Drago fut sur elle, la prit dans ses bras et l'éloigna brusquement de la table en lui tapotant les joues avec angoisse, Hermione à ses côtés. Pansy déboussolée, jeta un regard inquiet dans leur direction, laissant son bras et sa baguette figés au dessus de Blaise.
Pour Louis, il avait senti le choc qu'avait subi Lucie si fort, qu'il manqua de tout lâcher à son tour par douleur. Serrant au plus fort sa mâchoire, il renforça le lien qui unissait sa magie à celle de Blaise qu'il recevait et continua à compter en tremblant sous la puissance du flux, qu'il contrôlait à moitié.
« Louis stop ! » cria Hermione en apercevant le garçon continuer alors que Pansy se ruait à son tour vers Lucie, qui venait de perdre connaissance dans les bras de Drago.
Mais Louis continua et décida de compter jusqu'à vingt. Les tremblements s'étaient transformés en spasmes répétés et de la sueur commençait à sérieusement couler le long de ses tempes. Il entrouvrit un œil afin de voir ce qu'il était arrivé à Lucie mais la magie qui l'entourait l'empêcha de paniquer à son tour.
« Louis par Merlin romps le lien ! » s'écria Pansy à son tour, choquée de le voir debout après la quantité absorbée.
Il leva sa main trois secondes plus tard, qui semblèrent en durer 100 de plus pour les deux femmes. Il fut étourdi par la rupture du lien et recula de deux pas, fixant sa main d'un regard vide. Il ne sentit pas Hermione arriver à côté de lui, ni ses épaules être secouées. Il sortit néanmoins de sa transe quand elle lui administra une claque, son regard transpirant d'inquiétude.
Louis cligna des yeux plusieurs fois et prit une grande inspiration avant d'observer la scène qui se déroulait à côté de lui. Hermione le tenait toujours par les épaules tandis que Pansy examinait rapidement Lucie, que Drago avait déposée sur un lit opposé. Si Hermione lui avait semblé paniquée, l'état du sorcier était bien pire. Il passait frénétiquement sa main dans ses cheveux toutes les dix secondes, et ses joues étaient d'un rouge soutenu. Il criait à moitié sur Pansy qui semblait l'ignorer totalement puis finit par tourner la tête dans sa direction.
Lucie rouvrit les yeux au moment où il bascula dans les bras d'Hermione, vidé de toutes forces. La sorcière tint bon en maintenant le garçon contre elle, puis en le déposant à son tour tant bien que mal sur le lit adjacent. Pansy se trouva à ses côtés pas moins de deux secondes plus tard, agitant sa baguette au dessus de sa tête. Des panels de couleurs circulaient devant ses yeux, qu'il ferma quelques instants plus tard, épuisé.
Tout le monde semblait être actif et passif à la fois face à cette scène. Drago passait à présent sa main dans la chevelure de sa fille adoptive, qui reprenait des couleurs et s'était légèrement redressée pour observer Louis. Les résultats des sorts de contrôle de Pansy semblèrent corrects à Hermione, qui tenait à présent la main de l'adolescent.
« Ils ont tout les deux besoin de repos à présent. Il n'y a pas à s'inquiéter, Lucie peut même retourner dans sa chambre si elle le souhaite. Quant à Louis, je préfère qu'il reste là, afin d'être bien sûre que la part supplémentaire de magie absorbée n'ait pas fait de dégâts. Il ne reste plus qu'à attendre maintenant. »
Comprenant la demande implicite, Hermione se dirigea vers la sortie, après avoir adressé un dernier sourire d'encouragement à la Serpentarde. Arrivée devant la porte, elle se retourna vers Drago, qui fixait un point dans le vide, impassible. Ce n'est que quand Pansy claqua des doigts devant lui qu'il sortit de ses songes et avisa de rejoindre Hermione.
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Dans un silence de mort, ils marchèrent un moment le long des couloirs du Terrier. Ne sachant pas vraiment comment aborder la situation, l'ancienne préfète resta aux côtés de Malefoy et le suivit ainsi jusque dans l'aile Ouest, qu'elle reconnut comme étant l'un des lieux qui lui étaient interdit d'accès. Lorsqu'elle s'aperçut qu'il continuait à se diriger de ce côté-là, elle ralentit, incertaine de vouloir s'aventurer vers les appartements du blond.
Ce dernier finit par se retourner, s'apercevant de l'absence de la jeune femme, avant de l'interroger du regard.
« Je... c'est que... c'est tes quartiers privés, je ne voudrais pas... » balbutia-t-elle.
« Où est passée ta curiosité légendaire Granger ? Ne crois-tu pas que je t'aurais demandé de faire demi-tour avant si telle avait été ma volonté ?
- Hum, je... vu comme ça.. »
Elle releva la tête puis le rejoignit d'un pas souple, bien que légèrement excité. Depuis son arrivée, elle avait pu visiter presque chaque aile du Terrier exceptée celle-ci entre autre, habituellement entourée de sorts et charmes assez complexes qui semblaient s'être estompés lors de leur passage. Encore quelque chose à rajouter à la liste des privilèges de l'Alpha.
Quelques secondes plus tard, ils s'arrêtèrent devant une grande arche sous laquelle se trouvait une porte imposante. Drago posa sa main gauche dessus, faisant apparaître instantanément une poignée en bronze, qu'il s'empressa de baisser. Ils pénétrèrent ainsi dans les appartements de l'Alpha, qui avança nonchalamment et enleva son pull en cachemire, dévoilant une chemise vert sapin.
Hermione quant-à-elle, resta bloquée devant l'entrée, admirant le paysage sous ses yeux.
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Elle s'attendait à quelque chose de majestueux, de grandiose. Les quartiers de Drago Malefoy étaient en réalité l'un des endroits les plus chaleureux qu'elle avait pu visiter ici, hormis peut-être les bibliothèques. Si le bois était le matériau dominant dans les pièces du Terrier, les murs ici étaient principalement fait de briques aux nuances différentes, qui s'harmonisaient avec des pans de murs simplement blancs. Elle nota tout de même la présence de larges poutres en bois au plafond et d'une cheminée dans le même sempiternel matériau mais ce qui l'émerveilla le plus, c'était la vue que dégageait le loft. En face d'elle, le mur communiquant avec l'extérieur avait entièrement été remplacé par des fenêtres ahurissantes, laissant une vue unique sur la forêt de Dean vue des cimes. Elle savait que le Terrier se situait sur une falaise, mais jamais elle n'avait imaginée quel genre de vue on pouvait y avoir.
L'appartement n'était pas excessivement grand. Le salon, imposant et lumineux, était central. Elle devina sans peine les pièces autour, à commencer par le bureau de Malefoy, qui venait de faire un aller-retour pour ranger de la paperasse restée sur la table face à elle. Elle s'octroya une petite visite, découvrant ainsi la cuisine personnelle et le fameux bureau de son hôte, avant d'arriver devant sa chambre. Le premier adjectif qui lui parvint pour la décrire fut princière, à en juger l'immense lit king size qui régnait au milieu de la pièce, ainsi que par les quelques vêtements qu'elle vit dépasser du dressing. La vue imprenable de la forêt était encore plus charmante qu'au salon.
En tournant la tête, elle aperçut Drago posté devant ce qui paraissait être une commode. Elle s'avança doucement, jusqu'à arriver aux côtés du blond et observer avec lui la photographie qu'il tenait nostalgiquement à la main.
« Elle avait deux ans sur cette photo. Et pourtant j'ai l'impression que c'était hier.
- C'est souvent ce qui arrive quand on regarde des anciennes images comme ça. Ne t'en fais pas, ça va aller, Pansy ne l'aurait pas laissée faire si c'était trop dangereux.
- C'est juste que... c'est ma seule famille Hermione. Je m'en voudrais tellement si quelque chose venait à lui arriver. C'est mon dernier souvenir de sa mère. »
Elle posa sa main sur la sienne, qui tenait encore le cadre, et serra brièvement les doigts.
« Qui était-elle ? » demanda-t-elle prudemment.
Hermione crut qu'elle n'allait jamais avoir de réponse, considérant le blanc qui s'était installé après son intervention. Ce n'est qu'après des secondes interminables où elle se fusillait elle-même mentalement pour son manque de tact que le garçon réagit, et invoqua avec sa baguette une Pensine, qu'il déposa devant la jeune femme.
« Astoria. Astoria Greengrass. La fille que j'aurais épousée si tout ça n'était pas arrivé. »
A ces mots, il hésita un bref instant avant de placer sa baguette tirée de sa poche sur sa tempe, et d'y retirer précieusement des filaments argentés, qu'il déposa délicatement dans le récipient. Il tourna la tête vers la jeune femme à ses côtés avant de l'inviter à se rapprocher. Alors, sans plus aucune hésitation, ils plongèrent tout deux la tête dans l'eau, s'enfonçant dans les souvenirs de Drago.
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Juin 1987
« Drago, pour la énième fois, lace tes chaussures s'il te plaît, les invités ne vont pas tarder à arriver. Monte dans ta chambre, je viendrais te chercher. »
Une furie blonde passa sous les yeux exaspérés de Narcissa Malefoy et ceux dépités des elfes. Hermione observa curieusement la scène, sans pouvoir s'empêcher de trouver le jeune Drago excentrique vraiment mignon. La version actuelle de ce dernier s'empressa de lui raconter la situation.
En ce soir là, ses parents tenaient une réception dans leur Manoir, pour fêter l'arrivée de l'été et par la même occasion l'anniversaire de leur fils unique, alors âgé de sept ans. Ce dernier n'avait pas arrêté de courir toute la journée, jouant avec son mini-balai offert par son père le jour même, et bousculant les elfes qui préparaient les lieux pour la soirée. Narcissa n'avait pas eu le cœur de stopper les pitreries de son fils et Lucius avait du s'absenter une bonne partie de l'après-midi, ce qui avait permis au jeune Malefoy d'en faire voir de toutes les couleurs aux habitants du Manoir. Mais même maintenant qu'il était revenu, le gamin s'était à peine calmé, au grand dam du couple.
Elle revint toquer à la porte de sa chambre une heure plus tard, l'incitant à descendre se présenter sagement. C'est donc un petit garçon parfaitement calme et impeccablement habillé qui descendit les marches, sous le regard des occupants du salon. Accompagné par son père, il serra fièrement la poigne d'hommes quatre à six fois plus âgés que lui, jusqu'à retrouver Blaise, déjà son ami à l'époque.
« Bonjour Blaise.
- Salut Drago, j'ai entendu dire que Théodore et Daphné arriveraient ensemble car le père de Théo est tombé malade et ne peut pas venir.
- Bien. Et... t'as vu la folle ? »
Blaise haussa les épaules et montra quelqu'un du menton derrière le dos de son ami. Ce dernier se retourna avant de se retrouver face à face avec une petite fille avec des cheveux noirs comme le charbon qui le regardait, furibonde. Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire devant la tête de la future Serpentard.
« C'est moi que tu traites de folle crétin ?!
- Il semblerait oui. Bonjour à toi aussi Pansy. » lui adressa-t-il sous le regard moqueur de Blaise.
« Bande d'imbéciles. Heureusement que Daphné vient d'arriver, elle sera de bien meilleure compagnie !
- Si tu le dis. De toute façon, les filles c'est moche et inutile ! »
Hermione leva les yeux au ciel envoyant un sourire en coin vers Drago, qui affichait un air amusé face à son mini-lui.
Fier de sa réplique qui avait eu le don de mettre son interlocutrice dans tes états inimaginables, qui vociférait sur les deux garçons, rouge comme une écrevisse, Drago vit arriver au loin Théodore Nott, accompagné par la famille Greengrass. Daphné avait l'air de tenir une conversion animée avec sa mère tandis que son père était légèrement en retrait, retardé par une petite fille qui le tenait par la main. Il ne la vit pas très bien d'abord, car elle se cachait derrière les robes de son père mais lorsqu'ils se rapprochèrent et qu'elle apparut devant lui, il ouvrit grand les yeux et cessa définitivement d'écouter Pansy Parkinson. Les seules filles qu'il connaissait jusqu'à présent étaient Pansy, Daphné, sa mère et les amies de sa mère, beaucoup trop vieilles. Et à part sa mère, ils les trouvaient toutes moches. Il avait demandé à son père s'il était lui aussi de son avis, chose à laquelle il avait répondu que c'était uniquement du à son jeune âge et qu'un jour il grandirait. Mais cette fille, qu'il avait là sous les yeux... c'était quelque chose.
D'abord, elle devait être reliée aux Greengrass, vu son attachement au père de famille, même si elle ne ressemblait pas beaucoup à Daphné. Les cheveux de celle-ci étaient assez courts et ressemblaient à ceux de Pansy, mais la fille devant lui avait de longs cheveux châtains légèrement bouclés, qui lui donnait un air de princesse. À un moment, elle tourna la tête vers lui, et malgré la distance, il put remarquer qu'elle avait des yeux clairs. En fait, elle était jolie. Presque autant que sa maman à lui.
« Drago ? T'es toujours là ? » demanda Blaise, saoulé par les jérémiades de Pansy.
« Je... reviens tout de suite, je n'ai pas dit bonjour à tout le monde. »
D'un pas noble, il s'approcha des Greengrass, qui venaient de saluer ses parents avant de se racler poliment la gorge une fois devant eux afin qu'ils le remarquent malgré sa petite taille.
« Monsieur Greengrass, Madame Greengrass, c'est un plaisir de vous voir ce soir. » récita-t-il parfaitement.
« Déjà à l'époque t'étais un lèche-bottes » se moqua Hermione, qui se retrouva affligée d'une petite tape derrière la tête.
Drago serra la main du père de famille et sourit poliment à sa femme. Le petit blond salua aussi ses amis, auxquels il montra où se trouvaient Blaise et Pansy, puis il finit par se tourner vers elle, sous le regard de ses parents. La petite fille était toujours cachée derrière son père, et maintenant qu'il était à côté, il pouvait dire qu'elle était vraiment petite. Plus jeune que lui certainement, mais surtout en taille. Pourtant pas bien grand, Drago la dépassait d'une bonne tête et demie.
« Merci Drago, nous te souhaitons d'ailleurs un très bon anniversaire. Voici Astoria, notre cadette. » annonça Mr. Greengrass, tout en essayant de lui montrer sa fille. Voyant sa timidité, le garçon décida de faire lui-même le tour pour venir se mettre face à elle, et recopier le geste précédemment fait à son paternel.
« Bonjour Astoria. Moi, c'est Drago. Drago Malefoy. Bienvenue chez moi. »
Et au moment où elle s'empara très timidement de la main du garçon, Hermione vit au loin Lucius Malefoy adresser à son épouse le premier vrai sourire de la soirée, en lui montrant avec son verre les deux enfants. Suite à ca, elle et Drago virent le souvenir disparaître.
Août 1990
Quelques instants plus tard, la scène se clarifia dans un grand jardin au bord d'une forêt, où des enfants parlaient ou se disputaient.
« Je ne vois pas POURQUOI je ne pourrais pas jouer avec vous.
- Mais parce que t'es une fille Pansy ! Réfléchis un peu t'as déjà vu une fille jouer au Quiddich ?
- Abruti il y a des équipes professionnelles entièrement féminines ! Et elles sont beaucoup plus douées que tu ne le seras jamais !
Hermione rigola à nouveau face à cette scène, et se promit de charrier Pansy avec sa version enfant snob et féministe.
- Elles ne doivent pas s'appeler Pansy Le Laideron Parkinson alors. » s'exclama Blaise après la joute verbale.
La jeune fille de dix ans hurla de rage et se jeta sur Blaise. À leurs côtés, Drago et Théodore les regardaient, dépités, leurs balais dans les mains.
« Je crois que je ne me marierais jamais à une fille. » souffla Théo, « pas toi ? »
« Si bien sûr que si. Mais jamais de la vie je ne songerais à Pansy.
- Bah... t'en connais d'autres ?
- Bien entendu. Quand je serais grand, je me marierais avec Astoria. » déclara le blond avec suffisance, non sans lancer un regard moqueur derrière lui.
Ses yeux rencontrèrent ceux de la concernée, qui rougit si fort qu'on aurait pu croire à un coup de soleil, qu'elle aurait attrapé malgré le joli chapeau qu'elle portait et qui faisait ressortir ses yeux clairs. Daphné, assise à côté d'elle, tapa dans ses mains avec enthousiasme.
« Mais quelle bonne idée ! On sera de la même famille comme ça ! » cria-t-elle malgré les tapes dont sa sœur la gratifiait.
Le petit Drago se rapprocha d'elles et s'accroupit à leur côté, regardant la cadette droit dans les yeux.
« Et je t'en fais la promesse, princesse. »
Une fois le deuxième souvenir terminé, Hermione et Drago se retrouvèrent dans la salle commune de Serpentard, probablement un soir d'hiver, à en voir les vêtements portés par la vision du blond âgé de quelques années de moins, alors assis sur un des somptueux canapés dos à eux. La pièce était vide à l'exception du jeune garçon, qui se tenait la tête entre les mains, coudes sur les genoux et demeurait immobile. Le seul bruit résonnant était le crépitement des bûches dans la cheminée. Hermione s'approcha à pas de loup, afin de voir la scène de plus près. La lumière des flammes, seule source de lumière, éclairait partiellement la version jeune du sorcier blond et laissait ainsi paraître la pâleur cadavérique de sa peau, encore plus blanche que d'habitude. Elle reconnut sans soucis le garçon de sixième année, année pendant laquelle Harry avait passé tant de temps à savoir ce qui se tramait chez les Malefoy. S'il avait su.
Alors que le Drago présent la rejoignait, la porte de la salle commune s'ouvrit, dévoilant une jeune adolescente, dont les cheveux paraissaient bien ternes, mais qu'elle reconnut sans peine comme étant une version plus âgée de la jeune Astoria qu'elle avait vu précédemment.
Cette dernière repéra le garçon sur le canapé et s'approcha doucement, jusqu'à s'agenouiller devant lui.
« Hé Dray... » chuchota-t-elle en posant une main sur son genou, le serrant tendrement.
De légers sanglots suivirent comme réponse, si bien qu'Astoria se releva pour venir enlacer le jeune Malefoy. Quelques minutes passèrent ainsi, où les deux visiteurs du temps regardèrent le couple sans un bruit. Finalement, ce fut le Drago de 16 ans qui reprit la parole, une fois ses pleurs taris.
« Tu te rends compte de la vie que l'on menait six mois en arrière ? De tout ce qui est arrivé depuis ?
- Il est arrivé beaucoup de choses Drago c'est vrai, mais pas que des mauvaises... »
Il la dévisagea, incrédule.
« Pardon ? Dois-je te faire l'inventaire ? En l'espace de deux mois, j'ai été transformé en monstre et Tu-Sais-Qui n'a assigné à une mission-suicide tout ça parce que mon père a échoué et fini à Azkaban. Et voilà que toi... Soit. Peut-être que la vie en a décidé ainsi. Mais toi, je suis navré Astoria, mais tu étais intouchable. Et ils le savaient. Et je les tuerai pour cela, je te le jure.
Ainsi donc, songea Hermione, il avait été transformé avant sa rentrée en sixième... Elle éprouva de la pitié pour le jeune garçon, qui avait du visiblement faire face à beaucoup de grosses épreuves.
- Et comment voudrais-tu t'y prendre ? Déjà que même Potter n'a pas l'air de savoir comment faire...
- Je lui laisserai Voldemort. Par contre je peux te jurer que Greyback...
-Drago ! » s'indigna-t-elle, « fais attention à la façon dont tu parles ! Et tu n'es pas un meurtrier. Justice sera faite un jour, et ce jour ne sera pas demain. » reprit-elle.
« Parce que je suis censé laisser couler ? Tori, merde, non ! Il t'a...
- Il m'a quoi Dray ? Dis-le. DIS-LE ! » cria-t-elle en voyant le blond rester muet en la foudroyant du regard.
« Il t'a violée bordel ! »
Sa voix dérapa sur la dernière syllabe et Astoria eut à peine le temps d'ouvrir ses bras qu'il tomba entre. Des sanglots déchirants se faisaient de nouveau entendre dans la pièce. Hermione se décomposa sous l'aveu du garçon et se tourna vers son homologue, toujours silencieux derrière elle. La lueur qu'elle lut dans son regard lui brisa encore plus le cœur. La culpabilité, le remord, l'impuissance, une immense tristesse et toujours la colè -vous déjà vu un tel mélange chez Drago Malefoy ?
Une main d'Astoria agrippait la tête de son ami, blottie dans son cou. Elle aussi pleurait à présent, silencieusement, se retenant à lui comme s'il était sa dernière chance, sa dernière ancre. Sentant ses larmes contre lui, Le jeune Drago se redressa et regarda l'adolescente droit dans les yeux, une nouvelle lueur dans le regard.
« Plus rien ne t'arrivera Tori je te le promets. Tu vivras heureuse comme tu ne l'as jamais été.
- J'espère bien vilain dragon. Je te demanderai une chose cependant, qui doit prendre effet maintenant.
- Tout ce que tu veux princesse, comme toujours. »
Elle essuya les dernières larmes de la joue du blond, lui adressa un des plus doux sourires qu'Hermione ait jamais vu, avant de se pencher vers lui et de chuchoter tendrement, juste assez fort pour que les visionneurs du souvenir l'entendre.
« Fais moi oublier. »
Et après dix secondes d'hésitation, où, stupéfait, il regarda la jeune fille il se redressa et déposa ses lèvres sur celles de son amante, avant de les faire basculer sur le tapis moelleux qui reposait devant la cheminée.
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Les souvenirs de Drago s'arrêtèrent sur cette scène, et les deux protagonistes sortirent de la pensine, troublée pour l'une et crispé pour l'autre. Hermione était toujours bouche-bée des épisodes de la vie du jeune homme qu'elle venait de voir et n'osa pas reprendre la parole immédiatement. Drago quant-à-lui s'éloigna assez rapidement pour regagner sa chambre, d'un pas lourd. Elle finit par le rejoindre, le trouvant dans la même position qu'il avait adopté sur le canapé de sa salle commune dans son souvenir.
« Je suis désolée, Drago. Qu'elle ait du subir tout ça. Pourquoi m'avoir montré le dernier souvenir ?
- C'était neuf mois avant sa mort. Et je ne sais pas je suppose. Peut-être que j'avais juste besoin de montrer ça à quelqu'un et que tu t'étais là au bon moment Granger, comme toujours. »
Ignorant le sarcasme derrière ses propos, elle posa une main sur son épaule, comme à la clairière quelques jours auparavant.
« Je ne savais pas que vous vous aimiez profondément. Je pensais d'ailleurs que c'était impossible que tu puisses aimer quelqu'un d'autre que ta propre personne, Malefoy.
- Comme quoi. Les autres maisons n'avaient pas à être au courant. À Serpentard, c'est différent. Parce que la grande majorité est sang-pur, donc nous nous connaissions avant l'école, et ils savaient déjà qu'elle était intouchable, et ce dès sa première année. Et lorsque l'un d'eux faisait le gigolo, surtout s'il faisait partie d'une autre maison, j'allais personnellement lui régler son compte.
- Sérieusement ? Mais elle te laissait faire ? » s'indigna Hermione.
« Au début oui, elle se sentait importante. À partir de la fin de sa troisième année, elle a commencé à m'envoyer bouler. En vain bien entendu, j'étais un tantinet borné. Les choses ont vraiment changé quand elle est rentrée en quatrième année, je venais de... hum.. me faire mordre puis, magnifique et époustouflante comme elle était, un garçon de Serdaigle de sa promotion lui a demandé de sortir avec. Le truc c'est qu'avec les hormones de mon loup, les choses ont un peu déraillé. Le pauvre gars a fini à l'infirmerie totalement défiguré et j'ai failli perdre l'ouïe ce jour-là tellement elle m'a hurlé dessus. Plus fort que le corps enseignant réuni. »
Un sourire nostalgique s'empara des lèvres du blond, qui secoua sa tête et ses cheveux par la même occasion.
« Je suppose que c'est une histoire qui finit bien ?
- Blaise a fini par la pousser dans notre dortoir et m'y enfermer avec elle pour lancer un Assurdiato parce que tout le monde ne demandait que ça intérieurement. Et là, en la regardant s'époumoner devant moi, je me suis rendu compte que j'avais bien trop attendu. Alors complétant le cliché de la scène, j'ai fondu sur ses lèvres et bénit Merlin pour le silence qui a suivi. Je pensais m'en prendre plein la tête mais je crois qu'elle était aussi désespérée que moi. Une chose en entraînant une autre, on a fini sur mon lit et... bien j'ai passé la plus belle soirée de ma vie.
- Elle était super jeune !
- Oh crois-moi, c'est pas ce qu'il l'a arrêtée. Je n'aurais jamais cru qu'une gamine de son âge savait su..
- Drago Malefoy ! » le coupa Hermione, une expression mi-amusée, mi-désespérée.
« Granger, Granger... Je pensais que tu étais une fille qui adorait les détails...
- Pas de ce genre. J'ai assez donné avec Lavande dans mon dortoir pendant sept ans ne t'en fais pas.
- Je vois... enfin, n'empêche que dans un sens, elle n'était pas vierge quand... c'est arrivé avec Greyback. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il se serait passé sinon... » soupira-t-il, fatigué.
« Ne pense pas à ça. »
Cependant, Hermione ne voyait toujours pas en quoi tout ceci, les souvenirs et leur conversation avait un rapport avec la mort d'Astoria. Elle était persuadée que le blond souhaitait garder la scène pour lui s'il en avait été témoin, mais de nombreuses interrogations persistaient chez la Gryffondor.
« Granger, tu penses tellement fort qu'on t'entend de l'autre bout de l'Angleterre. Astoria est décédée en donnant naissance à Lucie, neuf mois après la scène que tu as vu dans la Pensine.
- Oh. Pardon. Comment cela est arrivé ?
- Nous ne pouvions pas aller à Sainte Mangouste. Parce qu'elle était beaucoup trop jeune, que les gens de la haute société l'aurait su, et que l'honneur de sa famille serait mort. D'un autre point de vue, on ne voulait surtout pas que Voldemort le sache, et encore moins Greyback. On était chez elle, avec Daphné et Pansy. On a tout essayé, potions comme sorts, que ce soit en magie blanche ou noire, mais nous n'étions pas médicomages. D'après Pansy, une hémorragie interne a été provoquée dès qu'elle a commencé à pousser et nous nous en sommes rendus compte trop tard. Elle a donné naissance à Lucie, puis est morte deux heures plus tard, alors qu'elle avait nourri sa fille, pleuré dans mes bras, m'avait embrassé... elle est partie dans mes bras comme c'était promis, mais beaucoup trop tôt.
- Je... Attends, désolée je viens de réaliser, Greyback...
- Est le père de Lucie ? En effet. Lucie est le fruit d'un viol accompli à cause de mon obéissance fléchissante de l'époque. D'autres questions ? » rétorqua-t-il sèchement.
« Je suis désolée. Je veux dire... tout ça, ça a du être beaucoup à digérer, même si tu avais Pansy et Blaise. Je ne pensais pas que tout ça se cacher derrière le masque que tu portes au quotidien. Mais tout ça m'a vraiment touchée, donc sache que si jamais je peux faire quelque chose, n'hésite pas, puisque que je suis coincée ici. » finit-elle avec une légère ironie dans la voix.
Il la fixa de ses grands yeux gris, à nouveau insondable. Et elle eut beau soutenir son regard, ses iris invitaient constamment les siennes à se perdre au fin fond de ses abysses, dans la tempête ombrageuse qui habitait le jeune homme tourmenté. Avec la même allure princière que d'habitude, il posa ses mains sur ses genoux avant de se lever et de se diriger lentement vers le salon, intimant à Hermione de le suivre d'un signe de tête discret.
Ils traversèrent ainsi brièvement le salon pour se rendre dans le bureau du sorcier, où ce dernier s'assit sur le grand fauteuil noir devant la baie-vitrée. Il prit un verre à moitié vide où reposait une liqueur ambre non terminée, qu'il s'empressa de vider d'une traite, puis se pencha vers un des tiroirs de son grand bureau, d'où il sortit un long écrin au aubépine. Tout en relevant la tête pour croiser le regard observateur de la jeune femme en face de lui, il ouvrit la boîte et révéla à Hermione un objet qu'elle n'aurait jamais cru revoir de si-tôt. Une part d'elle-même. Sa baguette.
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« Bats-toi Hermione. Combats à mes côtés dans cette bataille sans nom et aide moi à effacer le nom de ceux qui veulent me prendre ma fille. Parce qu'avec toi à mes côtés, je gagnerai. »
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« Écoute moi bien connard, tes petits discours d'enfant sage, tu te les gardes pour toi. Tout aussi bien que ta prétendue coopération. Alors je vais me répéter pour la dernière fois. Où. Est. Hermione. Granger ? » rugit la voix de Harry dans une des sombres cellules du Ministère.
« Non seulement je ne peux pas en parler, mais en plus je n'en ai pas la moindre idée ! Avez-vous déjà interrogé une Langue-de-Plomb ? Je ne suis pas sûr qu'il ait été très bavard si c'est le cas. »
Pour son deuxième jour au Ministère, Ashton était blasé et effrayé à la fois. Leurs méthodes d'interrogation n'étaient pas assez efficaces, -même Pansy était plus persuasive dans ses menaces- et il se demandait justement ce qu'il allait arriver quand les Aurors se rendraient compte qu'il était une peine perdue. Il n'était pas sûr qu'Azkaban reçoive des loup-garous, et dans ce cas-là, il sortirait du Ministère les pieds devant.
Il priait chaque heure, chaque minute, chaque seconde qui passe, que Drago lui envoie enfin de l'aide.
« Tu essaies de gagner du temps et je n'aime absolument pas ça... qu'est ce qui te motive après tout ? Ton alpha ? Ton mystérieux alpha dont tu refuses de révéler le nom, alors qu'il t'a abandonné ici ? Pitoyable n'est-ce pas ?
- Aussi pitoyable que toi, te faisant doubler par ta meilleure amie et mettre sur la touche de ta propre affaire car tu es dix fois moins futé qu'elle ? Peut-être. »
Un uppercut l'arrêta dans ses propos. La violence du poins laissa pantois le lycan, qui mit quelques instants à reprendre ses esprits.
« Tu connais beaucoup trop de détails sur cette affaire pour être innocent. Si tu ne peux pas parler, on va passer au niveau supérieur, loup.
- Ah oui je vois, la torture c'est ça ? » articula difficilement Ashton, crachant du sang sur les chaussures de l'Auror à la fin de sa phrase.
« Physique ? Pas du tout mon genre. En revanche dans une autre catégorie, je me débrouille bien mieux. Legilimens ! »
Une force intérieure vint alors pousser ses barrières mentales, naturellement érigées. Il remercierait Drago pour cela, car, excellent Occlumens qu'il était, c'était l'une des premières choses qu'il apprenait à sa meute. Ashton était loin d'être excellent, mais pouvait masquer et dissimuler la plupart de ses pensées. Enfin, du moins lorsque son adversaire n'était pas Harry Potter...
L'Auror avait raison. Il se débrouillait vraiment bien. Tout en forçant d'un côté, il tentait de s'immiscer autre part, où la défense était affaiblie. À présent, de grosses gouttes dégoulinaient sur le front du détenu, qui serraient les dents sous l'emprise mentale insupportable. Volontairement à plusieurs reprises, il laissait le survivant apercevoir des souvenirs de sa jeunesse, de sa transformation, mais le Legilimens continuait de remuer sa mémoire, le faisant crouler sous la douleur.
Ashton entendit une porte claquer au loin, mais fut incapable de juger si c'était dans sa tête ou réellement en train de se passer. Petit à petit, il sentit Potter se retirer, jusqu'à ce qu'il sorte complètement, le laissant essoufflé et nauséeux. Au bout de quelques secondes, une fois qu'il eut retrouvé ses esprits, il avisa du regard la scène devant lui. Le futur Chef des Aurors était toujours face à lui, bien que relevé de la chaise sur laquelle il était. Au fond de la salle, vers la fameuse porte, il reconnut sans peine grâce à sa chevelure le rouquin qui servait d'ami et de collègue à son bourreau. Ron Weasley était accompagné par un grand homme brun avec un nez aquilin qu'il ne reconnut pas de suite. Lorsque l'inconnu, qui regardait Harry avec un rictus ironique sur les lèvres, se tourna vers lui, il crut qu'il allait pleurer de soulagement.
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« Désolé Harry mais je n'ai rien pu faire pour le retenir et...
- Bonjour Potter. Je vois que, malgré le temps, tes méthodes restent toujours aussi... et bien hors-la-loi. Quelles mauvaises habitudes peut donner Poudlard.
- Théodore Nott. Quelle désagréable surprise. » cracha l'ancien capitaine de Gryffondor.
« Range donc les griffes lionceau. Je suis désolé de t'avoir interrompu pendant un interrogatoire en bonne et due forme... Tu as pensé au Véritasérum tant que l'on y est ?
- Nott, je crois que tu oublies à qui tu t'adresses. Nous avons un criminel ici, alors la légilimancie n'est pas hors-la-loi si elle peut nous permettre d'avancer dans les enquêtes pour meurtres.
- Evidemment, évidemment... je crois que tu oublies aussi à qui tu parles Potter, puisque tu viens d'affirmer interroger un criminel à qui tu n'as proposé aucune défense et que, en plus, d'après les bégaiements insupportables de Weasley, vous n'avez aucune preuve concrète pour l'incriminer, si ce n'est coups et blessures à ton égo. » se moque-t-il légèrement, « maintenant, si tu le veux bien, tu vas poursuivre en compagnie de mon client et moi-même. Et de Weasley s'il tient à rester. »
Si un regard pouvait tuer, Nott serait en cendres à l'heure actuelle. Retenant sa fureur du mieux qu'il le pouvait, le Survivant inspira brutalement avec dégoût puis se réinstalla sur sa chaise, crispé, Ron derrière lui.
« Comment le connaissez-vous ? » demanda Ron à Théodore, reprenant le vouvoiement par professionnalisme.
« Ashton vient des Etats-Unis. Travaillant là-bas, j'ai eu l'occasion de le croiser quelques fois. Il nous est même arrivé de nous revoir en territoire anglais lors de son emménagement.
- Ainsi donc il s'appelle Ashton, que de progrès ! » se moqua Harry en redressant ses lunettes sur son nez.
Théodore Nott tourna la tête vers l'américain et lui adressa un rictus quasiment imperceptible.
« Ashton Clare. Répertorié au MACUSA, chose que vous sauriez si vous travailliez plus consciencieusement pour penser à regarder autre chose que les fichiers de Londres intra muros. Arrivé à Londres en mai 1999, aucun casier judiciaire moldu ou antécédents chez les sorciers des deux pays.
- Belles paroles et beau tableau, mais cela ne justifie absolument pas son innocence dans cette affaire. Il a été arrêté chez le suspect numéro 1 de l'affaire des maintenant cinq meurtres de jeune femmes à Londres,et après avoir injurié sévèrement des Aurors. Il n'a pas nié le fait d'être mêlé à cette affaire et d'avoir fréquenté récemment Hermione Granger, dont l'avis de disparition est publié dans le monde entier et qui est héroïne de guerre. » lista Harry, impassible, « de plus, il n'y a eu aucune coopération pour l'enquête bien qu'il détenait de précieuses informations, ce qui semble difficilement être défendable. »
« Mais pas impossible, de part l'interrogatoire mené jusqu'à présent. Vous avez eu recours à la légilimancie seulement après avoir posé quelques questions banales. Je ne vous apprendrais pas à faire votre métier, Auror Potter, mais il me semble qu'ils vous apprennent les textes de lois à l'IFA. Ceci est interdit dans ces conditions, et donc fournit à mon client plus de défense qu'il n'en paraît, et surtout le droit de vous attaquer vous en justice si l'envie nous en prend. Chose qui serait fâcheuse, je pense que vous êtes d'accord sur ce fait. »
Le sang de Harry bouillonnait si fort qu'il aurait presque cru qu'on puisse voir ses veines se contracter. Alors qu'il avait répondre à l'avocat aussi calmement que possible, un Patronus ressemblant à un coyote pénétra dans la sombre pièce, y apportant de la lumière, bien que de mauvaises nouvelles.
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« Harry, Ron, les nouveaux sortilèges de défense ont détecté une intrusion dans le département des Aurors. Une grande force magique se déplace et aucune baguette n'est identifiable. On ne sait pas ce que c'est, si ce n'est que cela descend vers le département des Mystères et votre position. » récita l'animal avant de s'ébrouer et de disparaître en un nuage argenté.
Les deux concernés jetèrent un coup d'oeil l'un vers l'autre, et grimacèrent de concert, n'ayant tout deux nulle envie de laisser leur suspect avec son avocat seuls. Finalement, ce fut Ron, posté au plus près de la porte, qui quitta la pièce en soupirant, baguette en main. Il s'engagea alors dans le couloir, disparaissant aux yeux des trois autres hommes. Harry, tout d'un coup plus pressé, se tourna une nouvelle fois vers Ashton, qui se redressa sur sa chaise, attendant les paroles de l'Auror.
« Ecoute Clare, il n'y a pas une infinité de solutions qui s'impose, soit tu coopères et nous aides à faire avancer l'enquête, et je pourrais faire quelque chose pour alléger les charges, soit c'est la case Magenmagot et procès. Tu n'es pas idiot, vu ta condition, malgré une bonne défense, tu n'auras pas beaucoup de chances.
- Je... Comme je vous l'ai déjà dit, Zacharias est innocent, et ce n'est pas notre meute qui est responsable de tous ses meurtres.
- Vous êtes responsable de la disparition d'Hermione Granger. » indiqua Harry en levant un sourcil.
Un coup d'oeil de Théodore indiqua à l'américain qu'il valait mieux ne pas renchérir et changer de sujet pour le moment, s'il en avait la possibilité.
« Il y a peut-être quelque chose que je peux vous dire... Vous êtes le premier à savoir qu'un mort laisse beaucoup de secret derrière lui... Secrets qu'il a dissimulé délibérément ou nié bien que des indices montraient bien l'évidence.
- Où voulez-vous en venir ?
- Quel est le premier loup-garou que vous avez connu ?
- Un ami de mon père. Il est mort pendant la Bataille de Poudlard avec sa femme.
- Etait-ce le seul que vous connaissiez ? » questionna alors Ashton.
Le brun à lunettes n'eut pas besoin de réfléchir longtemps. Retenant un fort frisson, il répondit aux deux hommes face à lui.
« Fenrir Greyback. C'était lui qui a transformé Rem... hum, l'ami de mon père, et qui nous avait retrouvé dans la forêt. Je n'en garde pas un bon souvenir. Il avait également... tué des élèves durant la Bataille Finale à Poudlard avant de mourir.
- Aviez-vous entendu parler des Rafleurs et de la façon dont se déroulait leurs journées ? C'est une histoire qu'on racontait aux enfants en Amérique le soir d'Halloween. Déjà lors de la première guerre des sorciers, ils sillonnaient les villages et dévastaient tout ce qu'ils trouvaient sur leur passage. On évitait de raconter certains passages aux enfants, mais la plupart de ces villages étaient moldus, même s'ils contenaient des sorciers, pour la plupart nés moldus ou sang-mêlé. Les Rafleurs pillaient, violaient voire même tuaient sans scrupule, au nom du Seigneur des Ténèbres. Même si on dit que c'est un mythe raconté aux enfants, tout est entièrement vrai.
- Tu ne m'apprends rien. Oui Greyback n'était pas du tout blanc comme neige et méritait son sort, et donc ?
- Hum.. Comme je le disais, il s'en prenaient principalement aux familles des nés-moldus. Et comme dans tout viol, vous vous doutez quand même que les sorciers ne prennent pas le temps de se jeter un sortilège de protection. »
Harry mit quelques instants à prendre où voulait en venir le suspect. Il fronça alors les sourcils, incertain.
« Donc Greyback a une descendance... bâtarde ?
- Exact. Le nombre est inconnu... Cependant, il semblerait qu'il soit revenu pour certains.
- Il a récupéré les fruits de ses viols ? » s'étonna Harry.
« La question n'est pas là. C'est plutôt de savoir dans quel but. »
L'Auror se leva de sa chaise, le teint livide.
« Il les a transformé pour Voldemort.
- Gagné. Ou presque, puisque Gabriel, son fils « aîné » est né avec le gène actif de la lycanthropie. Il les a élevés dans l'ombre, en attendant le retour de son Maître. » expliqua finalement l'américain.
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A ce moment, un éclair rouge puissant éclaira le couloir, faisant sursauter Ashton, toujours attaché. Harry se leva pour aller voir la nature du sort en question, lorsqu'il aperçut un de ses collègues au sol, stupéfixé, avec devant lui son agresseur, difficilement distinguable à cause de sa longue cape noire, qui s'enfuit en voyant le Survivant.
« Ne bougez pas je reviens ! » cria-t-il aux deux hommes, refermant la porte derrière lui avant de se lancer à la poursuite de l'assaillant.
Un silence frappa la petite salle une bonne dizaine de secondes suite à la sortie précipitée de l'Auror. Théodore se tourna vers son ancien camarade et se déplaça derrière lui en soupirant. Sentant ses liens se relâcher, Ashton gémit de bonheur.
« Tu me libères ? Enfin !
- Je suis désolé Ashton, mais cela ne ferrait qu'aggraver les choses... je te promets de te sortir de là en bonne et due forme, et ce le plus rapidement possible.
- C'est Drago qui t'envoie ? » chuchota le loup-garou.
« Pas vraiment. Je suis de retour en Angleterre pour quelques affaires à régler, et c'est en passant au Ministère que j'ai entendu deux gars parler d'un loup-garou capturé chez Smith, j'étais presque sûr qu'il était de votre meute. Comment va-t-il ?
- Drago ? Assez bien je dirais. La résolution de la Prophétie avance, il a trouvé l'Enfant.
- Vraiment ? Il a eu de la chance de la trouver avant Greyback Junior. Son nom est familier ?
- Oh je pense que tu la connais oui... c'est Granger. » sourit malicieusement Ashton.
Le masque impassible porté par Nott tomba sous l'annonce, dévoilant un visage incrédule.
« Granger comme Hermione Granger ?
- La seule et l'unique. Imagine un peu Malefoy en train de dompter le lion. C'est assez... explosif entre eux.
- Ah ça, je n'ai aucun mal à l'imaginer. » ricana à son tour l'ancien Serpentard.
Ils se mirent ensuite à parler de l'épisode chez Zacharias, pour que Théodore Nott puisse trouver des éléments qui aideraient le jeune homme à s'en tirer tant bien que mal. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau dans un bruit sourd, et l'avocat eut à peine le temps de se retourner qu'on le frappa violemment à la tête avec un objet métallique. Sans pouvoir voir son agresseur, ni entendre les cris d'Ashton, le brun tomba au sol, dans le noir le plus complet.
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« Comment va-t-on faire pour Ashton ? » demanda soudainement Hermione, qui était debout près des fenêtres et regardait inlassablement le paysage s'étaler sous ses yeux.
Drago, lui, s'était resservi un verre de scotch, qu'il buvait lentement, appuyé contre le bar face à la sorcière et l'observait faire peu à peu l'état des lieux.
« C'est en cours.
- En cours ? Qu'est ce qui est en cours ?
- Son évasion évidemment. Tout est prêt.
Évidemment. Et lorsqu'Hermione se tourna vers Drago, ce dernier la fixait toujours, son verre aux lèvres, avec un éclair de malice dans le regard qui en disait long sur l'opération et les événements à venir.
Now, son, I'm only telling you this
Because life can do terrible things
So don't fall in love, there's just too much to lose
If you're given the choice, then I beg you to choose to walk away.
[Donc fils, je te dis seulement ça parce que la vie peut faire des choses terribles, donc ne tombe pas amoureux, il y a beaucoup trop à perdre. Si tu as le choix, je t'en supplie, choisis de t'en aller.]
Verdict?
- Bon bon ok j'avoue, le coup d'Astoria était prévu dès le début mais moi j'aime bien les petits Drago au coeur brisé, ça les fait changer :)
- Personne n'avait trouvé les parents de Lucie, même si j'avoue, très peu d'indices se trouvaient dans les chap précédents. Qu'en pensez-vous?
- Bon dans tout ça Blaise est toujours pas réveillé XD
- Et finalement entrée d'un nouveau perso : Théodore Nooooooott. La team Serpentard est au complet ! J'espère que vous ne m'en vouais pas trop, mais le droit, la défense, c'est vraiment pas mon truc, je dois tout mon minable savoir aux séries policières que je regardais à 12 ans humhum.
Que pensez-vous de la fin du chap ? Mystèèèèère.
Et réponses aux prochains chapitres, ou en réponse aux reviews si vous êtes super bons ! Dites moi tout, je vous répondrais en MP !
All the love,
A.
