Un chapitre un peu plus long aujourd'hui pour me faire pardonner de l'attente :p

Aucun lemon dans ce chapitre, mais une longue explication, on passe à une nouvelle partie de l'histoire !

Bonne lecture :)


Chapitre 9

Harry se demandait si le simple fait de regarder la morsure qu'il arborait dans le cou, la ferait disparaître. Il se demandait si cela ferait aussi disparaître ce qu'il avait fait ce jour là. Parce que oui, il regrettait. Quelle personne de bon sens viendrait se jeter au cou de Drago Malfoy comme il l'avait fait. Et le problème c'est que justement il n'avait pas fait que ça. Il n'en revenait toujours pas de la façon dont s'était déroulé ce Noël. D'abord le bal et puis la réception chez les Malfoy. Il perdait la tête, il fallait qu'il se reprenne rapidement s'il ne voulait pas être chassé de chez lui. Et comment avait-il pu faire ça ? L'instinct avait complètement dépassé sa timidité et il en était effaré. Surtout ne jamais boire. Il ne savait pas de quoi il serait aussi capable saoul. Le pire ça avait été d'écouter Hermione et Blaise faire pleins d'insinuations qui finalement n'étaient pas si loin de la vérité que ça…

Harry poussa un long soupir. Drago Malfoy lui faisait perdre la tête et ce n'était pas bon… pas bon du tout. Au fond il ne savait pas s'il pouvait lui faire confiance, il était présent lorsque Diggory avait fait ce pari stupide. Peut-être avait-il lui aussi un pari à remplir.

Perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque quelqu'un frappa à sorte.

« Entrez ! »

Gabriel entrouvit la porte et le regarda avant d'entrer et de s'asseoir sur le lit d'Harry. Le brun fit pivoter sa chaise de bureau pour se tourner vers son frère. Les yeux de celui-ci firent un tour de la chambre en désordre, du lit double, des murs remplis de tableaux et de dessins, et enfin des chaussettes sales qui traînaient sur le tapis avant de revenir se poser sur le visage d'Harry.

« - Il faudrait que je te parle de quelque chose… commença Gabriel avec un air désolé

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Harry en s'attendant au pire

- C'est moi qui ai proposé le pari à Diggory. »

Harry fut surpris, d'une façon qu'il n'appréciait décidément pas. Il attendit que Gabriel continue et n'eut aucune envie de l'aider quand son grand frère commença à chercher ses mots.

« - Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris. Je crois que je détestais vraiment que tu sois si proche de nos parents, et que j'avais envie d'une façon ou d'une autre de te faire du mal. J'ai vraiment été stupide.

- Ça c'est sur ! » répliqua Harry qui pour la première fois de sa vie sentit une pointe acide dans sa voix.

Gabriel aussi fut surpris d'entendre le ton employé même s'il savait que c'était mérité.

« - Je te demande pas de me pardonner, je viens t'annoncer que je quitte la maison.

- Quoi ? sursauta le brun, cette fois vraiment étonné

- Je pense avoir trouvé qui est mon vrai père et je vais profiter de ces derniers jours de vacances pour parler avec lui.

- Tu as trouvé qui… ? Comment ça ?

- J'ai entendu une dispute entre nos parents hier, et je pense savoir de qui ils parlaient. Je ne préfère rien te dire tant que je ne suis pas totalement sûr. »

Harry resta bouche bée, et ne fit rien quand Gabriel se leva et se rendit dans sa chambre. Il l'entendit farfouiller dans ses affaires avant que les marches de l'escalier craquent et que la porte d'entrée ne claque. Il ne savait pas s'il devait se sentir triste, ou content. Ils n'avaient jamais eu une vraie relation fraternelle. Tout ce qui avait caractérisé sa relation avec son frère était l'indifférence. Il se demanda comment il allait expliquer ça à ses parents quand ils rentreraient. Il fut interrompu une nouvelle fois dans ses pensées quand la sonnerie de la porte d'entrée résonna. Harry descendit les escaliers et ouvrit la porte.

Un très bel homme se tenait devant, il devait avoir la quarantaine, des cheveux d'un noir de jais, des yeux gris profonds, il était habillé dans un style très décalé avec la prestance qu'imposait sa personne. L'inconnu était vêtu d'un jean, d'une chemise blanche et d'une veste en cuir. Pendant qu'Harry se demandait qui pouvait bien être cette apparition, l'inconnu parla d'une voix rauque et cassée :

« - Je suis bien chez les Potter ?

- Oui mais mes parents ne sont pas là.

- Tu t'appelles Gabriel non ?

- Non je suis Harry.

- Ah... » répondit l'homme avec un pointe de culpabilité dans les yeux.

Harry se demanda comment un inconnu pouvait ressentir de la culpabilité en apprenant son nom.

« - Je peux prendre un message ?

- Tu diras juste à ton père que Sirius voulait le voir et qu'il faudrait sérieusement qu'il pense à répondre à ses hiboux finit-il en riant.

- D'accord je lui dirais. »

Il referma la porte tandis que Sirius remontait l'allée de leur maison et disparaissait en transplanant. C'était vraiment un drôle de prénom quand même « Sirius ». Et c'est au moment où Harry posait son pied sur la troisième marche, qu'il se rendit compte que Sirius n'était vraiment pas un prénom courant, donc l'inconnu ne pouvait être que LE Sirius. Sirius Black, celui que son père avait vendu à ses parents. Dans ce cas pourquoi venait-il frapper à sa porte ? Et surtout pourquoi riait-il sur le fait que son père ne répondait pas à ses hiboux…? Il hésita à se frapper la tête contre le mur pour l'avoir laisser partir sans le questionner. Finalement il abandonna cet élan d'elfe de maison et remonta dans sa chambre. Arrivé à la cinquième marche il entendit la porte d'entrée s'ouvrir avec un écho de voix qui annonçait que ces parents étaient de retour. Il redescendit les marches et les accueillit avec un bonjour.

« - Bonjour Harry ! répondit sa mère en lui souriant, Où est ton frère ? Encore dans sa chambre je parie. »

Harry déglutit, il avait oublié qu'il devait aussi faire part du départ de Gabriel à ses parents.

« Euh… en fait il faudrait que je vous parle » déclara t-il

Son père qui jusque là n'avait pas levé les yeux de la paperasse qu'il avait dans les mains, fixa longuement Harry et lui fit signe de se rendre dans son salon. Une fois tout le monde installé confortement, il lâcha la bombe :

« - Gabriel est parti.

- Parti ? Comment ça ? demanda sa mère

- Il m'a dit qu'il quittait la maison. »

Sa mère inspira un grand coup comme pour digérer la nouvelle, son père lui avait, pour la première fois de sa vie, l'air triste.

« - Il t'a dit pourquoi ? demanda t-il

- Il vous a entendus vous disputer et qu'il avait compris qui était son vrai père. Il compte passer les derniers jours de vacances avec lui. »

Un long silence s'installa avant que son père ne le brise

« Finalement c'est peut être une bonne chose pour lui de savoir »

Sa mère hocha la tête lentement avant de reprendre un peu du courage en expliquant que cela ne voulait pas dire qu'il n'allait pas revenir. Harry se demanda s'il avait le droit de demander une explication. Il était quand même curieux. Finalement il changea d'avis en se disant qu'il demanderait à Gabriel… avant de se rappeler qu'il était furieux contre Gabriel pour le pari…

« Autre chose Harry ? le fit sursauter son père

- Euh oui… un certain Sirius est passé à la maison, il a dit que tu devrais répondre à ses hiboux.

- D'accord ».

Harry allait tourner les talons mais cette fois la curiosité et le ressentiment envers son père quant à son homophobie était trop fort.

« - Ce Sirius c'est le Sirius Black que tu as vendu à ses parents parce qu'il était homosexuel ?

- Comment tu sais ça ? s'étonna son père

- Alors c'est vrai ! s'énerva le brun en haussant la voix, tu as vendu ton meilleur ami juste parce qu'il aimait les hommes ! Tu as balayé des années d'amitié juste parce qu'il était différent ? Et c'est ça que tu vas faire avec moi ? Tu veux aussi que je fasse ma valise et que je disparaisse de ta petite vie tranquille parce que sinon je risquerais de tenir ton image de sauveur des sang-purs ? »

Sa mère écarquillait les yeux devant ce soudain élan de colère. Et Harry se rendit compte que c'était sans doute la première fois de sa vie qu'il se mettait vraiment en colère. La première fois que quelque chose lui déplaisait vraiment, la première fois qu'il avait vraiment l'impression de subir une injustice. Il fixa son père et vit avec dégoût de la fierté dans ses yeux. Sans doute retrouvait-il enfin un peu de lui dans cet adolescent en colère qui hurlait dans son salon. Harry soupira déçu, si c'est juste ce que son père attendait, qu'il se mette en colère pour qu'il puisse enfin découvrir qu'il avait un deuxième fils… Le brun tourna les talons et monta les marches quatre à quatre, il prit sa valise et commença à la remplir, il ne fit pas attention à son père qu'il le suivait et ne tourna pas la tête quand il l'entendit fermer la porte de sa chambre.

« - Harry, il faut que je te parle de quelque chose.

- Et bien vas-y parle ! » répondit celui-ci tout en continuant à faire sa valise.

Son père le regarda faire sans rien dire et puis finalement James Potter s'assit sur la chaise de bureau de son fils.

« Ça risque d'être assez long, tu ne veux pas t'arrêter deux minutes ? »

Son fils lui lança un regard noir avant de néanmoins s'asseoir sur son lit.

« Je t'écoute ».

Aussi loin que James s'en souvienne, il avait toujours été ami avec Sirius. Ils étaient voisins étant petits, enfin les sorciers les plus proches. Leurs parents ne s'entendaient pas vraiment, mais ils étaient toujours contents de trouver un moyen de se débarrasser de leurs gosses respectifs. Ils avaient achetés leurs affaires sur le chemin de traverse ensemble, ils avaient passés ensemble le quai 9 ¾, et ils avaient été répartis ensemble dans la maison Gryffondor. Sirius savait que leurs parents seraient déçus mais il s'en fichait comme de sa première chemise. James avait eu un peu peur mais finalement ses parents n'avaient rien dit.

Et puis les années avaient passés et ils s'étaient liés d'amitié avec un garçon légèrement simplet nommé Peter Pettigrow et un autre discret et légèrement taciturne, Remus Lupin. James avait toujours trouvé Remus bizarre, pour tout dire il s'en méfiait. Sirius non. Sirius était toujours celui qui allait embêter Remus, qui allait lui poser mille et une questions et c'est celui qui découvrit son secret. Peter avait été horrifié, il n'avait plus parlé pendant deux jours. James avait failli en faire autant. Sirius non. Sirius avait prit Remus dans ses bras et lui avait promis que plus jamais il n'aurait à subir ça tout seul. Évidemment tout le monde avait pris cette innocente petite phrase au figuré. Sirius non. Et quand il leur annonça qu'ils allaient devenir animagus pour suivre un loup-garou lors de la pleine lune, James avait fait une crise cardiaque. Au figuré. Il avait tenté de lui dire que c'était insensé, qu'il était complètement cinglé, mais rien n'y avait fait.

Ils étaient devenus animagus, et aujourd'hui encore James pouvait parler de la sensation grisante qui apparaissait à chaque fois qu'il se transformait. Il pouvait parler de la lune qui semblait rayonner encore plus lorsqu'elle était pleine et que le loup rodait. Combien s'était excitant de sentir responsable d'une créature capable de déchiqueter un homme en cinq secondes. Combien on était libres dans le parc de Poudlard quand tout le monde dormait dans son lit pendant qu'on explorait la forêt interdite.

Et puis il avait eu cette porte à laquelle il n'avait pas frappée. Ils les avaient trouvés tout les deux enlacés, enchevêtrés, débraillés. Il avait ressenti cela comme une trahison. Oui, une trahison. Pas parce qu'ils étaient deux hommes. Non. Juste parce qu'ils étaient ses meilleurs amis et qu'ils ne leur avaient rien dit. Rien. Et pourtant quand Sirius expliqua, James comprit que ça durait depuis longtemps. Et ils n'avaient rien dit. Il avait l'impression que ces années d'amitié avaient été balayées en un seul grincement de porte. Complètement effacés. Il avait bien gardé le secret du loup-garou ! Alors pourquoi n'avait-il pas été assez digne de confiance pour ça ?

James avait ruminé pendant des jours, il leur avait bien fait comprendre qu'il leur en voulait. Totalement. Bien sûr, il ne leur en voulait pas au point de rater une nuit de pleine lune. Mais assez pour ne faire attention et lâcher sans réfléchir le mot « homosexuel » en désignant Sirius devant Rogue. Il savait bien que c'était débile, il savait bien que c'était même con et totalement puéril. Et au moment où il l'avait dit, il regrettait déjà.

James savait aussi que c'était pour ça qu'il y avait eu l'incident. Que Sirius avait révélé sciemment la nature de Remus pour que Rogue puisse s'en vouloir de chercher trop loin. James savait que ça allait mal finir, c'est pour ça qu'il était allé le chercher sous le saule cogneur… et peut être aussi pour se faire pardonner par Remus. Car Remus n'aurait jamais voulu blesser quelqu'un.

Avant que Rogue ne puisse aller dire quoi que ce soit aux parents de Sirius, les maraudeurs le devancèrent. James alla leur apprendre la « triste » vérité sachant qu'ainsi sa maison serait le seul endroit sûr pour Sirius. Et c'est ce qui c'était passé pendant un moment. C'était vraiment des années magiques. Sirius et lui avait vécu sous le même toit, comme de vrais frères. Et puis il y avait eu Peter.

Autant James avait ressenti les cachoteries de Sirius et Remus comme une trahison, autant Peter avait été un coup de couteau dans le dos. Les Black avait débarqué à l'improviste à la maison et avait trouvé Sirius. Heureusement son oncle s'était porté garant à son égard et plutôt que d'être « éradiqué » comme disait si bien Mrs Black, il avait été chassé.

Au début pour conserver sa position auprès des Black, James n'avait pas vu Sirius et Remus pendant un moment. Ça n'avait malheureusement pas permis de sauver Regulus…

Et puis quand Lily était tombé enceinte, il se dit que le moment était venu de les retrouver. Sirius avait été transporté quand il avait su qu'il allait être tonton. La vie avait repris son cours normal. Gabriel était né et bien sûr Harry après.

James Potter s'arrêta là. Harry ne savait pas quoi penser, évidemment son père pouvait toujours mentir mais ça semblait tellement véridique.

« - Pourquoi tu as envoyé cette lettre à Gabriel alors ? Disant qu'il fallait me punir pour ce que j'étais ?

- De quelle lettre tu parles ?

- Une lettre que tu as envoyé avant Noël quand tu as appris que j'étais homosexuel.

- Harry, s'écria James, je n'ai jamais envoyé de lettre de ce genre. Bien sûr ça m'a déplu que tu sois homosexuel mais pas pour les raisons que tu crois. J'ai tellement vu Sirius et Remus se battre avec les préjugés… je n'ai pas envie que tu passes toute ta vie à te sentir rejeté par la société. »

Harry cligna des yeux. Son père ne lui avait jamais envoyé de lettre. Maintenant qu'il y repensait il n'avait même pas fait attention à l'écriture. Gabriel aurait pu l'écrire au fond cette lettre…histoire de l'enfoncer encore plus. Comme il savait si bien le faire… Une raison de plus que le pari pour être furieux contre son frère. Pourtant il y avait quelque chose qui le chiffonnait… Il demanda :

« Alors pourquoi tu ne m'as jamais aimé ? »

James releva les yeux subitement. Choqué que son fils puisse penser ça.

« - Comment tu as pu croire ça Harry ?

- Tu n'as jamais rien fait avec moi. Tu as été déçu quand j'ai étais nommé à Poufsouffle. Tu te retrouves beaucoup plus Gabriel que en moi.

- Gabriel me ressemble plus effectivement, mais ce n'est pas pour ça que je l'aime plus. J'ai juste eu du mal avec toi parce que… parce que je me sens coupable.

- Coupable ? » demanda le brun en ne sachant vraiment pas où son père voulait en venir.

James Potter se leva lentement et s'approcha d'Harry. Il leva le bras et toucha le torse d'Harry pile à l'endroit de sa cicatrice.

Et tout d'un coup se fut comme un flash, il revoyait tout. Il avait trois ans. Il riait au éclat, il avait une sensation de fourrure sur sa joue. Et puis tout d'un coup on le portait dans les airs et il s'appuyait sur quelque chose de doux et de soyeux. Il s'accrochait à des bois, oui c'est cela des bois. Et puis une forme noire lui bondissait dessus pour faire semblant de le manger. Et puis les bois s'animaient pour venir le sauver et il continuait à rire aux éclats. Et tout d'un coup une douleur dans sa poitrine, un écorchement, c'était atroce. Le noir et les bois avaient disparus, tout était rouge, rouge sang.

« On était avec Sirius, Remus nous avait dit que c'était dangereux. Quand on est sous notre forme d'animagus on contrôle moins. Mais on était tellement content de te faire rire, et puis je t'ai touché avec mes bois. Ça t'a ouvert la poitrine. Je suis restée pétrifié, il y avait du sang partout et je n'arrivais pas à réagir. Je restais là comme statufié. Lily est arrivée et a tout pris en main. Après ça Sirius a décidé que c'était mieux que tu oublies, et il t'a lancé le sortilège d'Oubliettes. Il culpabilisait autant que moi, c'est pour ça que tu ne l'as jamais rencontré, ni toi ni Gabriel d'ailleurs. Je suis désolée Harry. »

James avait presque les larmes aux yeux, tandis que sa main restait fixé sur la cicatrice de son fils. Harry avait imaginé tant de choses à propos de cette cicatrice, qu'il était presque content que ce ne soit que ça. Il s'y était habitué, et il avait plus le souvenir d'avoir beaucoup ri que de la douleur qu'avaient engendré les jeux.

« - Tu n'y est pour rien. Je t'en veux juste de ne pas m'avoir dit tout ça avant.

- Alors on va rattraper le temps perdu ? demanda James avec un entrain qui semblait très enfantin pour un adulte

- Bien sûr, sourit Harry, bien sûr. »

James Potter sauta de joie, en disant qu'il fallait absolument qu'il lui présente Sirius et Remus. Harry se dit que pour la première fois de sa vie, il allait avoir une vraie famille.


Je m'améliore non ? Aucune fin sadique aujourd'hui ! Au contraire que des bons sentiments et des petites fleurs :p Je vous rassure ça ne va pas durer Niark Niark ! :p Rewiews ?