Je suis vraiment désolée pour le temps que j'ai mis à publier ce chapitre... ! J'avais perdu toute inspiration :/ Impossible d'écrire...

J'ai un peu fait le point sur l'histoire, j'ai trouvé de nouvelles idées et j'espère améliorer un peu l'écriture !

Bonne lecture !


Chapitre 16 :

Harry Potter se réveilla lentement ce matin-là. Il se sentait mal, comme depuis plusieurs jours. Sa nausée quotidienne ne le quittait plus, mais surtout, il se sentait exténué. Il était allé voir Madame Pomfresh au cas où, mais elle n'avait parlé que de stress dû aux examens. Ça l'avait rassuré, un peu. Mais ça n'expliquait pas comment il s'était retrouvé au milieu du couloir du troisième étage la nuit dernière, juste devant les lettres écarlate qui rougeoyaient dans le noir. Pour être honnête, il avait peur.

Bien sûr, il savait que ça ne pouvait pas être lui qui avait pétrifié Miss Teigne et écrit ces mots sur le mur. Pourtant… le doute s'installait. Il ne se rappelait plus ce qu'il avait fait ce jour-là, il ne se rappelait plus où il était mercredi dernier et surtout, il ne se rappelait pas ce qu'il faisait hier soir, hors de son dortoir.

Il ne savait pas à qui se confier, Madame Pomfresh pensait qu'il exagérait, Hermione était complètement occupée par les révisions des examens cinq mois avant, Drago lui faisait la tête parce qu'il lui avait posé un lapin dont il ne se rappelait même pas et Ron s'était trouvé un nouveau copain dont il ne voulait pas dévoiler le nom. Harry était perdu. Aussi, lorsqu'il croisa Blaise dans les couloirs après le cours de Métamorphose, cela fit tilt. Au fond, il pouvait en parler à Blaise, même s'il était toujours en train de rire, c'était quelqu'un d'intelligent. Il le rattrapa tout en l'appelant : « Blaise » !

Le meilleur ami de Drago se retourna, étonné qu'on l'interpelle ainsi en public. En voyant Harry, il sourit. Drago avait beau dire ce qu'il voulait, Blaise savait que le brun serait incapable de tromper le Serpentard. Harry se sentit rassuré par ce sourire franc et s'empressa de confier à Blaise qu'ils devaient parler de quelque chose d'important. Blaise voyant un peu de détresse dans les yeux d'Harry, lui proposa de se poser au sommet de la Tour d'astronomie.

Une fois installés, Blaise lui demanda :

« Avant toute chose, tu trompes Drago ?

- Quoi ?

- Est-ce que tu sors ou couches avec quelqu'un d'autre que Drago ?

- Bien sûr que non ! Pourquoi tu dis ça ? » répondit Harry en se sentant insulté.

Blaise éclata de rire en traitant son meilleur ami de « gros parano ».

« C'est parce que je lui ai posé un lapin hier ?

- Oui, et parce que tu disparais beaucoup ces derniers temps. »

Le regard d'Harry s'assombrit :

« Justement, Blaise, c'est de ça que je voudrais te parler ».

Et Harry lui raconta tout : sa nausée constante depuis l'événement du couloir et la pétrification de Miss Teigne, ses pertes de mémoire, sa fatigue et le fait que, des fois, il ne savait pas comment il était arrivé à un endroit. Étonnamment, il confia tout à Blaise. Au départ, il souhaitait juste lui faire part de son angoisse, mais l'écoute du jeune homme le poussa dans ses retranchements. À la fin, il se tut. Il se sentait mieux, beaucoup mieux.

Blaise resta silencieux un long moment. Son visage avait perdu de son côté rieur, il semblait plus sérieux, plus mature aussi. Une ride se formait au milieu de son front, donnant à ses yeux bruns, une nouvelle profondeur.

« Tu sais Harry, c'est un peu effrayant ce que tu dis… on dirait qu'on t'a envoûté ou lancé un sort. »

Harry ne répondit rien, il ne voyait pas ce qu'il pouvait dire.

« Ça me fait penser aussi à autre chose… Je ne sais pas si tu es au courant, mais mon père était quelqu'un de très proche de Tu-Sais-Qui…

- Ah bon ? Je ne savais pas…

- Ce n'est pas quelque chose qu'on a envie de crier sous les toits.

- Je comprends. »

Blaise fit une pause, comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait dire, comme s'il ne savait pas par où commencer, comme s'il hésitait à en dire trop. Le silence s'éternisa, jusqu'à ce que Blaise ne le rompe de sa voix grave.

- Lucius Malfoy a toujours été quelqu'un de réservé et même si, comme chacun sait, il a beaucoup participé à l'ancienne guerre, ça a toujours été plus par « respect des traditions » que par véritable choix. C'est d'ailleurs pour ça, qu'il est beaucoup plus effacé maintenant…

Pour mon père, c'était autre chose. Mon père hurlait au monde entier, son choix de suivre le Seigneur des Ténèbres. C'était sa gloire… ! Ma mère était plus modérée sur la question, aussi, mon père nous a quittés très rapidement après la fin de la guerre.

J'avais quatre ans. Et je le détestais. Il me parlait toujours de choses horribles que je ne comprenais pas, et je voyais dans son regard, cette espèce de folie sourde et enfouie… Tu ne peux pas savoir comment j'ai aimé ma mère à ce moment-là, quand elle l'a poussé dehors... Bien sûr, elle a toujours des idées très arrêtées sur les Sang Purs, tout ça, mais elle n'a jamais cautionné un meurtre, peu importe que ce soit un Moldu, un sceptique ou un sorcier.

Pourtant, mon père s'obstinait. Il revenait sans cesse à la maison, nous parlait des grands plans du Seigneur des Ténèbres et de tout le tas d'horreur qu'ils faisaient subir aux Moldus qu'il rencontrait. Ma mère l'a heureusement chassé définitivement l'année dernière, quand le Seigneur des Ténèbres est revenu pour la deuxième fois et que mon père a recommencé à venir nous bassiner les oreilles avec ses sornettes. Je me demande toujours comment il a fait pour échapper au baiser du détracteur et Azkaban… Enfin bref.

Ton histoire me rappelle quelque chose en fait… Je ne sais plus quoi exactement, mais je me souviens que mon père avait parlé d'objets très précieux gardés par Tu-Sais-Qui. Des objets ensorcelés par lui-même et qui avaient le pouvoir de répandre sa bonne parole partout, à travers leurs utilisateurs. Bien sûr, mon père disait que seul le Seigneur des Ténèbres pouvait décider quand et où ces objets frapperaient mais… tu n'as pas acheté ou récupéré un objet nouveau dans un lieu bizarre ces derniers temps ? »

Harry devint blanc comme un linge, il se revit trébucher chez Drago. Trébucher sur ce petit journal noir miteux, échappé du bureau de Lucius Malfoy, ex-mangemort de son état.

« - C'est à toi ? demanda le brun en examinant les pages qui se révélaient toute vides.

- Non, répondit le blond, et je ne l'ai jamais vu dans le bureau de mon père.

- Il a l'air très ancien, il ferait un parfait carnet à croquis.

- Tu peux le garder si tu veux » dit Drago en souriant.

Le journal de Jedusor. C'était le journal de Jedusor qui empoisonnait son esprit. Au fond n'avait-on pas dit des centaines de fois à Harry enfant de ne pas parler aux inconnus ? Jedusor était un inconnu. Et Harry déversait ses sentiments dans ce petit carnet depuis deux mois. Il n'avait été qu'un idiot, qu'un sombre et illustre idiot.

« Harry, ça va ? » demanda Blaise en s'inquiétant de la lueur de terreur dans les yeux du Poufsouffle.

« Oui… enfin non, mais oui. Je viens de me rappeler d'une chose très importante, je dois y aller ».

Et avant que Blaise ait pu dire quoi que ce soit, Harry avait déjà disparu dans le dédale des escaliers de la Tour d'astronomie. Harry courut, du plus vite qu'il put, bouscula des élèves, et même le pauvre professeur Flitwick. Il dévala les escaliers quatre à quatre pour arriver au sous-sol, se dépêcha de dépasser les tonneaux qui marquaient l'entrée de la salle commune et arriva enfin dans son dortoir, devant son lit. Le journal était là, juste sous son oreiller. Il n'avait qu'une chose à faire, le prendre et le brûler. Le prendre et le brûler.

Harry respira un grand coup et souleva son oreiller pour regarder cette petite chose insignifiante qui pouvait causer autant de désagrément. Le journal était toujours le même, noir, corné, abimé. Et pourtant, il appartenait à Vous-Savez-Qui et n'avait qu'un but posséder son utilisateur. Harry l'attrapa, bien décidé à s'en débarrasser pour de bon. Quelle grossière erreur… Tom Jedusor avait bu beaucoup trop de Harry pour rester inactif. Beaucoup trop.


Cédric Diggory était quelqu'un de pragmatique. Il détestait que sa vie soit un champ de bataille. Il aimait les choses carrées, cadrées, précises. Sa vie avait d'ailleurs toujours été comme ça, il avait des ambitions, et il avait tout fait pour qu'elles se réalisent. Il avait une idée, il avait un but, il le réalisait. C'était simple et tout, lui avait toujours réussi. Enfin jusqu'à Ron. Pour être honnête, il aimait beaucoup Ron, ils venaient tous les deux d'une vieille famille de sorciers et ils étaient tous les deux pas très à l'aise avec leur homosexualité. Il aimait discuter avec Ron, il aimait embrasser Ron, il aimait coucher avec Ron. Enfin, ça, c'était avant Potter. Le petit et soi-disant innocent Potter.

Cédric savait qu'il aurait dû se méfier, déjà accepter le pari du frère de Potter avait été une bêtise, Gabriel était sûrement dans le coup aussi, il en était bien capable. Et voilà que maintenant tout le monde savait qu'il était homosexuel. Il avait reçu une lettre incendiaire de ses parents et il se doutait que les vacances de Pâques n'allaient pas bien se passer. Peut-être qu'il serait obligé de quitter sa maison, de se retrouver sans le sou sur le Chemin de Traverse, lui le grand Cédric Diggory. Il trouvait ça inacceptable, il en était malade rien que d'y penser. Et tout ça était la faute de Potter. Potter avait transformé sa vie parfaite en un gros tas de ruines. Un énorme tas de ruines.

C'est d'ailleurs pour ça que lorsqu'il avait vu que Potter quittait son dortoir pour se diriger seul dans les sous-sols du château, il l'avait suivi. Au départ, il ne savait pas trop ce qu'il faisait, mais plus il suivait Potter, plus il voyait sa parfaite nuque devant lui et plus il avait envie de la tordre. De lui faire mal, comme lui, lui avait fait mal. Il avait perdu son petit ami, sa vie et peut-être sa famille et tout ça s'était de la faute de Potter. Et Cédric avait envie que Potter le sache.

Aussi, lorsque Potter s'arrêta devant les toilettes des filles du deuxième étage, il saisit l'occasion et se jeta sur lui. Ce n'est qu'au deuxième coup de poing qu'il se rendit compte que Potter ne réagissait pas. Que Potter était inerte et avait le regard vide et vitreux. Il commença à paniquer, à se dire qu'il avait peut être tapé trop fort lorsqu'il entendit un bruit sourd derrière lui, comme si quelque chose d'énorme glissait sur le sol. Il pensa soudainement à Miss Teigne et au fait que peut-être le château n'était pas sûr. Il s'apprêta à s'enfuir en courant… mais c'était trop tard.

Cédric Diggory venait de remarquer deux gros yeux jaunes dans le reflet des lunettes de Potter.


Merci pour votre soutien au cours de cette dernière année ! Et à bientôt (moins d'un an, j'espère XD) pour le nouveau chapitre !