De retour rapidement ;) Bonne lecture !


Chapitre 22

Cela faisait un moment qu'Harry était assis là, dans le fauteuil inconfortable devant le bureau du professeur Dumbledore et qu'il attendait que celui-ci se mette à parler. Il se sentait épuisé, autant moralement que physiquement. Les heures précédentes paraissaient floues, c'était comme s'il sortait d'un rêve. La bataille dans la Chambre des Secrets déjà, son réveil au milieu des toilettes aussi, mais surtout la mort de Neville et la peine qu'il avait vu dans le regard du professeur Dumbledore quand il était sorti avec le corps sans vie de l'élu dans les bras. Il avait dépassé le petit groupe sans un mot et puis au moment de quitter les toilettes, il s'était tourné vers eux et avait demandé à ce qu'Harry le suive. « Uniquement Mr Potter » avait-il ajouté quand Drago avait fait mine de se joindre à eux.

Et voilà… il était là dans le bureau du professeur Dumbledore, lieu auparavant inconnu. Il était là, à côté du cadavre de l'un de ses camarades que le professeur avait délicatement posé sur l'une de ses tables puis recouvert d'un voile de protection. Il était là devant le regard bleu qui le transperçait derrière les lunettes en demi-lune. Le professeur Dumbledore ne bougeait pas, il semblait être dans une sorte de transe et c'était comme si ses yeux connaissaient déjà tous les secrets d'Harry.

« Professeur… commença le Poufsouffle, vous vouliez qu'on discute ? »

Le professeur Dumbledore parut reprendre contenance.

« Oui, Mr Potter, oui. J'ai besoin que vous m'expliquiez tout ce dont vous vous rappelez » demanda t-il dans un souffle.

Harry commença à paniquer, après tout, le professeur avait trouvé le journal, mais il n'avait assisté à aucun des événements de la Chambre. Le croirait-il s'il parlait de Voldemort, s'il parlait de possession ?

Le directeur sembla lire dans ses pensées

« Mr Potter, Tom Jedusor a déjà ouvert la Chambre des Secrets lorsque j'étais un jeune professeur. Et je sais très bien ce qu'il est, enfin plutôt, qui il est devenu.

Je ne voulais pas faire ça, professeur, je…

Je sais, Mr Potter, je sais. De nombreux sorciers très puissants n'ont jamais pu se détourner de l'envoûtement de Voldemort. Vous n'avez rien à vous reprocher ».

Harry frissonna à l'évocation du nom. Il lui faisait encore plus peur qu'auparavant. Seulement, les yeux bleus du professeur Dumbledore le fixait toujours et il se sentit en confiance. Il raconta tout, le rendez-vous chez Malfoy, comment il avait trouvé le carnet, comment Jedusor s'était montré amusant et attentionné, puis les pertes de mémoire, les disparitions et enfin la Chambre.

Le professeur Dumbledore resta silencieux un long moment. Un si long moment qu'Harry se sentit obligé d'exprimer sa crainte.

« Que va t-il se passer maintenant pour la guerre ? Je veux dire… Comment allons-nous faire sans Neville, sans l'élu ? »

Les yeux du directeur effleurèrent le cadavre sur sa table de travail et revinrent se poser sur Harry, enfin plutôt sur le front d'Harry. Le professeur Dumbledore se leva, contourna son bureau et se pencha vers lui.

« Je peux ? » demanda t-il en fixant la blessure recouverte d'un mouchoir sur son front. Harry acquiesça. Délicatement, les doigts du professeur soulevèrent le mouchoir et ce qu'il vit lui fit froncer les sourcils.

« Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Harry, Fumseck n'a pas tout guéri ?

Ce n'est pas ça Mr Potter, c'est plus grave que ça, répondit-il dans un souffle. Voyez-vous, il m'arrive assez rarement que je me trompe dans la vie, et comme vous vous en doutez, je m'occupe de choses assez importantes, alors lorsque je me trompe, les conséquences sont assez épouvantes. »

Un nouveau silence coupa la conversation et Harry se demandait vraiment où il voulait en venir.

« Est-ce que tu as vu ta blessure dans un miroir, Harry ? »

L'utilisation du tutoiement et de son prénom dans la bouche du professeur Dumbledore intimida encore plus Harry. Il secoua la tête négativement. Le professeur farfouilla sur son bureau et dénicha un miroir de poche assez ancien de couleur cuivre. Il le donna à Harry pour que celui-ci examine sa blessure. Au départ, il ne vit que son front lisse et pâle, et puis caché derrière une mèche de cheveux noirs, il la vit, la cicatrice. Une cicatrice qui le fit frissonner au point que le directeur dû rattraper le miroir au vol avant qu'il ne se brise au sol.

« Professeur, ce n'est pas possible, je ne… je ne comprends pas…

- Je sais Harry, moi non plus », dit-il en se rasseyant au fond de son fauteuil et en fixant la désormais cicatrice en forme d'éclair qui ornait le front d'Harry Potter. Le silence s'installa de nouveau entre eux pendant qu'Harry commençait à avoir du mal à respirer. L'angoisse le prenait aux tripes et il sentait sa respiration devenir chaotique. Il allait faire une crise d'angoisse, non, il était en train de faire une crise d'angoisse. Il souffla légèrement et il entendit son expiration sifflotante. Le professeur Dumbledore le regardait comme s'il le jaugeait. Il ne fit pas un geste alors qu'Harry était clairement en train de s'étouffer. Son regard bleu le transperçait et Harry comprit que c'était un test. Le directeur décidait de le tester alors que son monde s'écroulait, qu'il y avait le cadavre d'un de ses camarades à côté de lui et qu'il avait été possédé par le plus grand mage noir de tous les temps. C'était de la tristesse mais aussi de la déception qu'il voyait dans les yeux du directeur, de la tristesse pour Neville et de la déception de voir Harry en face de lui, affublé d'une cicatrice en forme d'éclair. Il éprouva une colère sourde et intense à cette idée, il n'avait rien demandé, ni d'être ici, ni d'être dans la Chambre et pourtant Dumbledore semblait le prendre pour responsable de ce chaos. Sa nausée se transforma en fureur bouillante et il réussit rapidement à reprendre son souffle. Un imperceptible mouvement d'acquiescement s'échappa de Dumbledore et cela ne fit que renforcer la colère d'Harry.

« Pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe » ordonna t-il d'une voix puissante et ferme.

Pour toute réponse, Dumbledore se leva une nouvelle fois et se dirigea vers une petite armoire de couleur noire, à côté du perchoir de Fumseck. Il se pencha, souleva un loquet et sortit du meuble une bassine de pierres, gravée de runes. Harry reconnut tout de suite une Pensine. Lentement, alors que Dumbledore levait l'extrémité de sa baguette magique vers sa tempe et en retirait un filament argenté, Harry s'approcha du dessus de la bassine. La pensée de Dumbledore s'étirait et tournoyait au fond de la Pensine. Avec un soupir, le directeur remua doucement la substance et une silhouette s'éleva, enveloppée de châles, les yeux énormes derrière ses lunettes. Harry se demandait ce que le professeur Trelawney pouvait bien avoir affaire dans cette histoire quand, elle se mit à parler. Loin de sa voix éthérée et mystique qui l'agaçait profondément, c'est une voix dure, grave et rauque qui s'échappa d'elle.

« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. »

La silhouette continua de tourner lentement pendant un instant avant de s'évaporer. Harry tourna vers Dumbledore un regard interrogateur et celui-ci lui expliqua enfin.

« - Je pensais que c'était Neville l'élu. Moi, comme Voldemort, pensions que c'était le cas. Tout concordait, la naissance fin juillet, le fait que ses parents l'ait combattu par trois fois et le fait bien sûr que Voldemort l'ait marqué comme son égal lorsqu'il a essayé de le tuer enfant.

Instinctivement, Harry porta la main vers sa nouvelle cicatrice.

- Oui, cette marque-là, acquiesça Dumbledore en soupirant. Avant que Voldemort n'attaque Neville bébé, cette prophétie pouvait s'appliquer à deux personnes, lui bien sûr, mais aussi toi Harry. Tu es né fin juillet et tes parents ont combattu vigoureusement Voldemort. Pourtant, ce qui s'est passé aujourd'hui dans la Chambre bouleverse toutes ces théories. Voldemort t'a marqué et Neville est mort. C'est toi, l'élu, c'est toi qui doit le combattre et ce n'est que toi qui peut le tuer. »

Harry ne réagit pas. Tout ce que disait Dumbledore était complètement absurde. Il était Harry Potter, un Poufsouffle banal et discret, et sûrement pas un élu de quoi que ce soit. Un élan de lassitude profond l'atteint et il ne pensa qu'à une chose, retrouver son lit, s'endormir et se réveiller de ce cauchemar. Comme si Dumbledore avait lu dans ses pensées, il ajouta :

« C'est beaucoup à digérer pour ce soir, Harry, va te reposer et nous nous reverrons demain ».

Harry hocha la tête, il était dans un rêve, il ne se reverrait sûrement pas demain car lorsqu'il ouvrirait les yeux, tout serait redevenu comme avant. C'est sur cette pensée qu'il se leva, sortit du bureau de Dumbledore et se dirigea vers son dortoir. Drago et les autres devaient sûrement l'attendre à l'infirmerie mais cette pensée n'effleura même pas Harry. Non, tout ce qu'il voulait c'était dormir et oublier. Dormir et oublier.


A partir de ce point ça va être plus compliqué, je ne sais pas encore trop où aller, mais j'ai hâte d'écrire ;) N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !