Je ne m'excuse plus du retard, je n'ai aucune excuse ! Je suis juste d'une lenteur abominable ...!

Encore désolée et bonne lecture ;)


Chapitre 24

Drago était perturbé, il n'arrivait même plus à ciller des yeux. Son cerveau tournait en boucle sur une seule chose « Harry est en vie, il faut l'attendre ». Alors, il avait attendu. Longtemps. Beaucoup plus longtemps que Blaise qui avait fini par déclarer qu'il allait se coucher, de toute façon Harry était entre de bonnes mains maintenant. Hermione et Ron le suivirent, précisant qu'ils attendrait Harry dans le dortoir des Gryffondors, leur QG, mais Drago ne bougea pas. C'était beaucoup trop difficile, il avait l'impression que son esprit était hors de son corps et qu'il flottait au-dessus. Il avait l'impression que rien de ce qui s'était passé cette nuit était vrai. Il n'avait pas pu combattre Vous-Savez-Qui, c'était impossible. Neville, l'élu, n'était pas mort. Tout ceci n'était qu'un rêve affreux dont il allait se réveiller rapidement.

Il sursauta d'un coup, Mme Pomfresh s'était approché et lui avait agrippé le bras.

« Tout va bien, Mr Malfoy ? s'étonna t-elle inquiète

- Que faites-vous ? demanda t-il d'une voix éteinte

- Vous avez de nombreuses coupures, laissez-moi regarder. »

Drago ne fit pas un geste et l'infirmière put l'examiner, elle pansa ses plaies, lui fit avaler une potion pour cicatriser et lui en proposa une autre pour dormir profondément. Drago refusa, il attendait Harry. Perdant patience, il décida de rejoindre Ron et Hermione pour l'attendre. Cependant au moment où il se leva, un éclair de lune vient se poser sur son voisin de droite et il ne fallut pas deux secondes pour que Drago reconnaisse Cédric Diggory. Qu'il le reconnaisse et qu'il se mette à culpabiliser, car après tout, c'était de sa faute si Cédric avait été pétrifié, de sa faute s'il s'était retrouvé dans les couloirs la nuit à chercher Harry. D'ailleurs en fait, c'était aussi de sa faute si Harry s'était retrouvé en possession du journal, s'il ne l'avait jamais ramené chez lui, Harry n'aurait jamais découvert Jedusor et ils n'auraient jamais été tous dans cette situation.

Drago le savait depuis longtemps, mais la situation actuelle ne faisait qu'empirer les choses, il n'était pas une bonne personne. Il avait beau essayer de faire croire que si, ses erreurs le rattrapaient toujours. Il se tourna vers Cédric dont le visage ne reflétait que la stupeur d'avoir rencontré le visage du basilic et s'approcha de son lit. Le nez droit de l'attrapeur était d'une couleur blafarde, ses cheveux bruns s'étaient figés dans une coiffure excentrique et ses yeux gris n'affichaient plus cette lueur mesquine qui avait l'habitude de faire enrager Drago. Lentement, il leva la main et effleura celle de son ennemi, le contact l'électrifia, Cédric était glacé. Dégoûté par lui-même, il murmura un « désolé » du bout des lèvres. Il s'enfuit vite et décida d'aller attendre Harry au dortoir des Gryffondors.

Au moment où il allait ouvrir la porte de l'infirmerie, celle-ci s'ouvrit à la volée et il se retrouva nez à nez avec Gabriel Potter. Gabriel qui semblait extrêmement perturbé et qui balaya Drago d'une main avant de se précipiter dans la pièce et de retourner pratiquement tous les lits. Comme il ne trouva pas ce qu'il cherchait, il se tourna vers Drago :

« Où est Harry ? s'écria-t-il mi-énervé, mi-inquiet

- Il n'est toujours pas revenu de son entretien avec le professeur Dumbledore, répondit le Serpentard

- Comment allait-il ? Le professeur McGonagall m'a juste prévenu qu'il y avait eu un accident et que mes parents arriveraient demain. »

Gabriel avait l'air épuisé, il s'écroula sur un lit en terminant sa phrase. Un long blanc s'installa pendant qu'il tournait la tête vers Drago et attendait désespérément sa réponse. Drago ne savait que dire, devait-il tout révéler, était-il autorisé à parler de La Chambre des Secrets ? Devait-il expliquer que son frère et ses amis venaient de vivre un traumatisme qui les perturberait sûrement jusqu'à la fin de leur vie ?

« Ça va - s'entendit-il répondre, surpris par lui-même - il a subi un choc à la tête et est probablement épuisé par les événements mais il ne court aucun danger.

- Que s'est-il passé ? demanda Gabriel et avant que le blond ne puisse répondre, il se leva pour le surplomber de toute sa hauteur : j'espère que tu n'es pas responsable d'une manière ou d'une autre de l'accident d'Harry, parce que sinon, je te jure que je te le ferais regretter ! »

Drago avait beau être grand, Gabriel l'était encore plus et surtout beaucoup plus épais et musclé que lui, il ne douta ainsi pas de ses paroles. La question était de savoir s'il était vraiment responsable de « l'accident » d'Harry. La plupart des gens diraient que non, mais au fond Drago ne pouvait nier, les relations de son père avec la magie noire avaient fait qu'Harry s'était retrouvé dans cette situation. Sans lui, pas de journal, pas de chambre des secrets, pas d'accident.

« Harry a été ensorcelé par Tu-Sais-Qui, c'est lui qui a ouvert la Chambre des Secrets.

- Quoi ? demanda Gabriel étourdi en se rasseyant

- Et c'est uniquement ma faute... continua Drago d'une voix lasse et épuisée, on est tombé sur un vieux journal au Manoir et comme il lui plaisait je lui ai donné. C'est ça qui l'a ensorcelé. Je n'avais aucune idée de ce que c'était, je ne savais pas que... »

Drago n'eut pas le temps de finir sa phrase car le poing de Gabriel venait de lui éclater la pommette gauche, il tituba et le deuxième coup le fit s'écrouler par terre, emportant une table de nuit avec lui. Il ne se défendit pas, après tout, il le méritait. Un troisième coup s'éclata sur son torse en lui coupant le souffle, il vit un quatrième arriver quand Mme Pomfresh, réveillée par le bruit, immobilisa Gabriel.

« Qu'est-ce qui se passe ici ?! M. Potter vous n'avait pas honte de vous donner en spectacle ainsi devant les malades, retournez dans votre dortoir ! » ordonna t-elle

Gabriel jeta un dernier regard meurtrier à Drago avant de quitter l'infirmerie. Mme Pomfresh grommela contre les éléments perturbateurs et aida le Serpentard à se relever, elle épousseta sa robe et lui lança quelques sorts pour faire disparaître les marques de coup. Ensuite, elle le mit gentiment mais fermement à la porte. Drago fit craquer sa nuque et décida de rejoindre les deux autres au dortoir.

Ron était à moitié endormi dans son fauteuil, mais Hermione, immobile, fixait le feu d'un regard intense. Elle releva son visage quand Drago entra et lui fit signe de la rejoindre. Il hocha la tête peu convaincu quand elle lui demanda s'il allait bien. Hermione n'était pas dupe et savait que de toute façon, elle n'aura pas eu l'air plus convaincante.

« Est-ce que tu as vu Gabriel passer ? demanda soudainement Drago de peur de le recroiser.

- Oui, il m'a fait un bref signe de tête et il est parti se coucher, pourquoi ?

- Pour rien. » répondit-il

Hermione lui jeta un regard soupçonneux mais ne dit rien. Ce n'était pas le moment de parler ça.

Les minutes passaient et toujours pas de nouvelles d'Harry, Hermione commençait à s'inquiéter et sa peur était perceptible et contagieuse. Drago restait stoïque dans son fauteuil, regardant la cheminée et essayant de ne pas croiser le regard apeuré de la Serdaigle. Ron finit par se réveiller en sursaut une heure après en se demandant où il était. Une fois rassuré, il s'étonna de l'absence d'Harry :

« Vous êtes sûrs qu'il n'est pas allé directement se coucher ? »

Les deux autres haussèrent les épaules, avant de prendre conjointement la décision d'en faire de même. Il se mirent d'accord sur le fait de se rejoindre à la première heure le lendemain pour vérifier l'infirmerie et la chambre d'Harry.


Drago était sur le pied de guerre, il n'avait pas dormi de la nuit. Son miroir avait d'ailleurs lancé un hurlement strident devant son reflet quand il avait fait mine de se coiffer. Il avait beau avoir pris une potion de sommeil, il s'était réveillé plusieurs fois en sueur et terrorisé. Les yeux rouges de Jedusor le hantaient et dans ses cauchemars, ils se confondaient avec les yeux jaunes du Basilic. Vu l'heure qu'il était, il avait décidé de vérifier l'infirmerie seul et de se rendre ensuite au dortoir des rouges et or. La vérification fut rapide, l'infirmerie était silencieuse et seul le corps pétrifié de Diggory occupait l'un des lits vides.

Il était inquiet, mais il décida de prendre sur lui. Poudlard était vide à cette heure de la matinée et un calme plutôt apaisant régnait dans les couloirs. Drago prit son temps pour se rendre au dortoir, après tout, tant qu'il ne croisait pas Ron et Hermione, il pouvait encore faire comme si tout allait bien. Manque de chance, quelques mètres plus loin, il fut appelé par la brune qui venait d'un couloir sur la droite.

« Bonjour Drago, tu te rendais chez les Gryffondors ? »

Drago acquiesça et ils se dirigèrent tous les deux en silence vers le portrait de la grosse dame. Celui-ci s'ouvrit à leur arrivée et Ron en sortit :

« Ah, vous êtes aussi déjà debout ?

- Oui, je n'ai pas très bien dormi, fit Hermione

- Moi non plus, avoua Drago, j'ai déjà eu le temps de vérifier l'infirmerie et à part Diggory, elle était vide.

- Il doit être dans son dortoir alors, répondit Ron

- Je l'espère » termina la brune.

D'un commun accord, ils se rendirent aux sous-sols. Devant les tonneaux, Drago tapota le deuxième en rythme et la porte s'ouvrit.

« Harry m'a donné le code » expliqua-t-il devant l'air incrédule des deux autres et ils entrèrent. La salle commune ressemblait à celle des Gryffondors, si ce n'est que plusieurs cheminées étaient disposées dans la pièce et que l'on accédait aux dortoirs par des escaliers tournants au centre de la pièce.

« C'est par là » indiqua le Serpentard en désignant l'escalier de gauche. Ils montèrent les marches quatre à quatre et toquèrent à la porte du haut. Justin Finch-Fletchley leur ouvrit la porte en pyjama, l'air ahuri et les cheveux en pagaille.

« Bah, qu'est-ce que vous faites-là ? demanda-t-il en bayant

- Harry est là ? questionna Hermione sans prendre la peine de répondre au Poufsouffle.

- Oui, il est rentré tard hier » répondit-il en désignant le lit près de la fenêtre.

Les trois amis s'approchèrent et Justin comprit qu'il valait les mieux les laisser seuls. Il fit signe aux trois autres Poufsouffles à moitié réveillés et tous les quatre quittèrent la pièce.

Hermione ouvrit les rideaux et ils trouvèrent Harry endormi comme un loir dans son lit.

« Dire qu'on s'inquiétait alors qu'il dort comme une masse » rigola Ron, rassuré.

La brune s'approcha et secoua doucement le Poufsouffle pour le réveiller. Au bout d'un moment, Harry papillonna des yeux et s'assit.

« Pourquoi vous êtes là ? » demanda-t-il d'une voix légèrement agacée

Hermione fronça les sourcils :

« On s'inquiétait Harry, on t'a attendu longtemps à l'infirmerie, comment s'est passé l'entretien avec Dumbledore ? »

Harry secoua la tête :

« Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant, je vais bien ne vous inquiétez pas, mais là je veux juste dormir encore un peu.

- Mais, continua Ron, tu es sûr que ça va ? Cela ne serait pas mieux que tu sois examiné par Mme Pomfresh ?

- Je vais bien Ron ! répondit-il d'une voix un peu trop forte, je veux juste dormir. »

Ron recula sous le choc et les sourcils d'Hermione se froncèrent d'autant plus. Drago, lui, restait en retrait, il n'avait jamais vu Harry si agacé et ne savait pas réellement comment réagir.

« Nous avons juste eu extrêmement peur pour toi Harry, ce n'est pas la peine de t'énerver.

- Mais je suis énervé ! J'avais réussi à oublier cette journée atroce et vous venez de me la re-balancer à la gueule ! Vous pensez peut-être que tout est fini parce que Jedusor a disparu ? Et bien non, cela ne fait que commencer. »

Sur sa tirade excessive, il referma les rideaux de son lit à baldaquin. Hermione se leva d'un bond et hurla :

« Tu penses peut-être être le seul à avoir vécu une journée atroce Harry ? Je te rappelle que Neville est mort devant nous pendant que nous tentions de te sauver alors que tu étais évanoui !» et sur ces mots, elle sortit du dortoir et claqua la porte si fort que le réveil de la table de nuit d'à côté tomba au sol. Ron regarda Drago et se leva lui aussi.

« Ça ne sert à rien de rester Drago » dit-il doucement. Et comme le-dit Drago ne réagissait pas, il quitta lui aussi la pièce. Le Serpentard continuait de fixer sans but les rideaux noirs et jaunes qui venaient de fermer le lit d'Harry. Il n'en revenait pas de la remarque particulièrement déplacé du brun. Il s'était forcément passé quelque chose pour qu'il réagisse ainsi, Dumbledore lui avait dit quelque chose, c'était évident.

« Harry, je suis le seul qui reste » fit-il, mais Harry ne lui répondit pas et les rideaux restèrent définitivement clos. Drago soupira « si tu as besoin » et il claqua la porte et sortit du dortoir des Poufsouffles.

Il se sentait perdu et sans repères et décida que la meilleure chose à faire pour surmonter ça, était de se mettre « en mode automatique ». Il repassa par sa chambre pour mettre son uniforme et descendit prendre un petit déjeuner. Blaise l'attendait et lui demanda s'ils avaient retrouvé Harry. Drago lui raconta brièvement l'altercation et s'installa à la table des verts et argents. Il écouta à peine Blaise s'étonner de la réaction du brun et fixa son assiette d'un air morne. Il n'avait pas faim, mais alors pas du tout. Il prit un thé et regarda d'un air vague la grande salle. Il remarqua rapidement que Dumbledore n'était pas là, ce qui était assez inhabituel, lui qui était toujours matinal. Peut-être était-il encore dans son bureau. Drago baissa les yeux vers sa tasse et aperçut le reflet de son insigne de préfet. Après tout, il avait peut-être le droit à demander des explications au directeur, il était préfet, c'était uniquement dans le but d'assurer la sécurité des élèves bien évidemment. Sur ces bonnes résolutions, il avala sa tasse de thé et se dirigea vers le bureau du directeur. Oui, il savait où était le bureau du directeur, il avait eu l'immense honneur d'y être amené lors de sa troisième année pour une bagarre qui avait légèrement mal tourné avec Diggory.

Arrivé au deuxième étage, il eut la chance de voir le mur ouvert et l'escalier apparent, quelqu'un venait sûrement d'y rentrer ou d'en sortir. Il se précipita en haut des marches et tambourina vigoureusement à la porte. Il voulait des réponses et il ne partirait pas avant de les avoir.

Seulement qu'elle ne fut pas sa surprise quand une femme rousse lui ouvrit la porte et qu'il reconnut directement les merveilleux yeux verts qu'elle avait transmis à son fils. Il se frappa mentalement, Gabriel lui avait pourtant précisé que ses parents arriveraient aujourd'hui.

« Qu'est-ce que cette porte vous a fait de mal pour que vous la tapiez si fort ? demanda Lily Potter avec un joli sourire en s'effaçant pour laisser entrer Drago.

- Euh... je... je voulais voir le professeur Dumbledore, répondit maladroitement le blond.

- Et bien entrez M. Malfoy, n'ayez pas peur ! » lança Dumbledore derrière son bureau.

Hum, c'était délicat, devait-il parler directement devant les parents d'Harry ? Il décida que oui, l'affaire était trop importante pour prendre des gants.

« Je m'inquiétais, déclara t-il, par rapport aux événements d'hier, avez-vous des informations supplémentaires à nous transmettre pour assurer la sécurité des élèves ?

- Des informations sur la sécurité des élèves, M. Malfoy, où des informations sur Harry Potter ? » sourit Dumbledore

Bordel, le vieux était fort, comment savait-il que lui et Harry était ensemble ?

« Vous êtes ami avec Harry ? demanda Lily plutôt contente de rencontrer un ami de son fils

- Euh, oui, on peut dire ça.

- On peut dire ça ? » s'étonna James, beaucoup moins heureux

Drago se tourna vers Dumbledore à la recherche d'une quelconque aide, mais le vieux directeur avait l'air de s'amuser comme un petit fou à le voir se dépatouiller de sa rencontre avec ses beaux-parents. Il lui fit un clin d'oeil. Horrifié, Drago s'entendit donc répondre :

« Et bien, c'est mon petit ami. »

Un long silence accueillit cette nouvelle et il put voir presque au ralenti les sourcils de James Potter se froncer au maximum et Lily Potter lever tellement haut les siens qu'il disparurent sous sa courte frange.

Sa petite voix intérieur ricana, peut-être que c'était le moment de leur demander s'il pouvait les appeler papa et maman. Drago déglutit, après tout, après Vous-Savez-Qui, il pouvait sans doute survivre à beau-papa et belle-maman, non ?


J'espère que ça vous a plu, j'aime toujours les rewiews :)