Chapitre 4

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-Qu'est-ce qu'on fait de lui ?

Luffy fronça les sourcils à la question de Brook. Finalement battre les chasseurs de prime s'était avérés plus simple que prévu. Dès qu'on connaissait toutes leurs petites combines et qu'on agissait en conséquence, l'ennemi n'avait plus rien d'impressionnant. Et puis l'effet de surprise dont les chasseurs auraient dû bénéficier, avait au contraire servi au pirate. Prévenu par la gérante du Cocoland, ils avaient alors toutes les cartes en mains pour se débarrasser de ces hommes qui les embêtaient depuis quelques jours maintenant.

Luffy leurs reconnaissaient quand même beaucoup de détermination et de bonne idée. A vrai dire ce combat, s'il n'avait pas été difficile, s'était avéré chiant. Ça avait été comme battre des gens comme Usopp. Pas agréable mais pas insurmontable. Les gens qui utilisaient leurs têtes pour palier leurs manques de force, il ne fallait jamais les sous-estimés.

Cela dit il était hors de question que Luffy le dise à haute voix, pas sûr que son sniper apprécie.

Dans tous les cas, ils avaient un problème maintenant. Qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir faire des chasseurs de prime ?

-On pourrait les balancer par-dessus bord, tout simplement ? Proposa Nami, bien indifférente à leur sort.

-Ce ne serait pas un peu cruel ? Demanda Franky.

-Pas vraiment. Nous sommes tout juste à quelques mètres de la plage, ils ne risquent pas de se noyer, argumenta Robin.

-Ouais mais si c'est pour qu'ils reviennent nous attaquer dans la foulée.

Usopp observa la dizaine d'hommes ligotés sur le pont, loin d'être rassuré. Sanji qui avait retrouvé son corps et tous ses moyens, s'alluma une cigarette qu'il fuma lentement. C'était un peu compliqué, sa main droite était douloureuse et s'il n'avait pas encore pu s'entretenir avec le marimo à ce sujet, ça ne serait tarder. Il était en colère, terriblement. Mais c'était quelque chose qui devait attendre qu'ils soient seuls.

-Usopp à raison. Ils nous ont déjà démontrer qu'ils étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins. Se montrer trop tendre avec eux, leurs fera juste croire qu'ils peuvent à nouveau nous attaquer impunément. Trancha t-il.

Tout le monde sembla méditer ses paroles.

Habituellement c'était plutôt Zoro qui se montrait dur envers les autres et non Sanji. Cela surprit tout le monde mais aucun commentaire ne fut fait.

-Qu'est-ce que tu décides Luffy ? L'interrogea Zoro.

Luffy prit une grande inspiration et aborda un visage sérieux lorsqu'il s'adressa aux Chasseurs de prime.

-Est-ce que vous obligez les gens de cette île à vous aider?

Le silence tomba sur le bateau. Sabo n'avait pas l'habitude de voir son petit frère comme ça. Luffy faisait souvent le comique, mais apparemment il savait également se faire respecter de son équipage.

-Vous pensez qu'on a besoin de ça pour arriver à nos fins ?

Un des Chasseurs de prime affronta le Chapeau de paille du regard. Il pouvait tout aussi bien être le chef que le seul mec encore capable d'aligner deux mots cohérents. En tout cas les autres ne semblaient pas vouloir s'exprimer. L'homme avait l'air d'avoir une trentaine d'année et était tout en muscle. A vrai dire il était encore plus imposant que Zoro mais ne dégageait pas la même force ni le même charisme que le bretteur.

-Arrivez à vos fins ? Se moqua la navigatrice. Pour rappel on vous a battu. Et pas qu'un peu.

Le supposé chef ignora la rousse d'un superbe détournement de tête.

-On n'oblige personne à rien. On a tous grandit ici, Pouya c'est notre île et on ne laissera personne et certainement pas de vulgaire pirate, se l'approprier où y foutre le bordel.

-Mais nous y avons simplement passés quelques jours et fait quelques achats. Nous n'avons rien fait de mal. Nia Chopper.

-Ouais c'est ça.

La voix de l'homme avait l'air amer. Tout le monde devina qu'effectivement l'île avait dû connaitre des déboires. Mais si les Chasseurs de prime s'occupaient de la protection de l'île, ils comprenaient pourquoi aucun pirate n'avait revendiqué l'île et encore plus pourquoi la Marine ne s'était toujours pas pointée. Ce dernier point devait même être très étroitement lié au fait que des gens se revendique mercenaire et s'occupe eux même de leurs île. Enfin dans quel ordre ça c'était fait, c'était assez flou…

Mais à vrai dire ça n'avait aucune importance pour les membres présents sur le Thousand Sunny. Leurs problèmes régler ils allaient enfin pouvoir partir. Si tout allait bien pour les habitants, ils n'avaient pas de raison de se mêler plus de ce qu'il se passait ici.

Ils devaient juste se débarrasser de ces hommes et continuer leurs aventures.

-On va les déposer sur l'île et détruire leur bateau. Comme ça au moins on est sûr qu'ils n'essayent pas de nous rattraper. Décida finalement Luffy.

Tout le monde accueilli bien la décision du capitaine. Aucun des Chasseurs de primes ne protesta. C'était malheureux de perdre leur bateau mais étant donné leur défaite ils s'en sortaient plutôt bien.

xXx

Comme convenu, les ennemis furent largués sur la plage et le bateau détruit par les bons soins du capitaine et du second. Le soleil se levait à peine quand Franky fit manœuvrer le Sunny pour quitter les côtes de Pouya. C'était un peu triste de partir comme ça, presque comme des voleurs, mais au fond l'équipage n'avait pas vraiment lié de lien particulier avec qui que ce soit. Luffy pensa un instant à la serveuse, elle les avait aidés en quelque sorte. Ça aurait peut-être été bien d'au moins la remercié.

Tant pis.

-Tu es sûr de ne pas vouloir rester plus longtemps ? Demanda Ace.

Sabo se contenta de sourire devant l'air triste de son frère. C'est vrai qu'il ne s'était pas vu depuis longtemps et que compte tenu de leurs activités respectives, qui sait quand l'occasion se représenterai. Mais au-delà du manque fraternel, Sabo voyait bien qu'Ace était préoccupé et aurait aimé pouvoir en discuter avec lui. Prendre le temps de partager un moment ensemble.

-Je n'ai pas vraiment le choix Ace et je ne vais pas faire faire un détour à Luffy. Déjà qu'il doit te rapprocher de ton propre équipage.

-Ouais, je comprends, soupira Ace.

Sabo savait que c'était vrai mais il voyait également que ça n'enchantait pas son frère pour autant.

-Tu feras attention à toi.

Sabo acquiesça et Ace le prit brièvement dans ses bras.

Sabo devait partir, mais il n'arrivait pas à laisser Ace comme ça.

-Je ne sais pas ce qu'il se passe avec Marco mais je suis sûr que ça va s'arranger, lui dit-il.

-Comment ça ?

Le révolutionnaire sourit, il n'arrivait pas à croire que son frère allait jouer à l'ignorant.

-Oh ça va Ace, je sais que t'es amoureux du médecin de bord de ton équipage.

Le brun ouvrit la bouche prêt, à protester, puis Sabo croisa les bras et tous les arguments d'Ace s'envolèrent. Il se sentit horriblement gêné et se gratta la tête, le pauvre ne savait plus où se mettre. Lui qui pensait que c'était pourtant un secret bien garder.

-Mais comment… ?

-Comment j'ai deviné ?

Ace acquiesça.

-En t'observant. Et aussi parce que je te connais.

Ace sembla méditer ses paroles, il resta silencieux pendant quelques secondes avant de lever des yeux horrifiés vers le révolutionnaire.

-Tu crois que Luffy aussi l'a deviné ?

-Luffy ? Sabo secoua la tête, amusé. Mais tu sais je ne pense pas que ça changerait quoi que ce soit pour lui. Pour moi non plus Ace.

-Je… Il soupira, soudain las. Merci Sabo, mais tu sais, enfin avec Marco je ne pense pas qu'il se passera quoi que ce soit un jour. Enfaite la seule solution qui s'offre à moi serait d'attribuer à toute cette folle aventure une légère perte de mémoire, histoire qu'on puisse passer à autre chose sans que je ressente perpétuellement de la honte.

Sabo voulut protesta mais son frère l'arrêta.

-T'inquiète, c'est vraiment le mieux.

-Je suis sûr que tu te trompes. Va jusqu'au bout des choses avant de décider que c'est perdu au moins.

-Qu'est-ce que tu crois ! ? C'est ce que j'ai fait je te signale !

Ace détourna le regard, triste de se rappeler la fois où Marco l'avait éconduit sans même l'écouter. Bon la situation avait été étrange, il n'avait pas été totalement lui mais tout de même. Et puis il se sentait aussi un peu honteux, il n'avait pas à crier sur son frère comme ça.

-Bon allez j'arrête de t'embêter avec mes histoires. Salut petit frère.

-Très bien. A la prochaine Ace, essaye de ne pas te faire capturer d'ici là.

-Parle pour toi, rigola t-il.

A contre cœur, Ace laissa son frère partir.

Sabo alla saluer Luffy et les membres de son équipage qui l'avait si bien accueilli. La mâtinée avançait lentement et tout le monde était heureux de constater que les Chasseurs de prime avaient laissés tombés. Sanji avait préparer quelque chose de simple pour le petit déjeuner et se montra étrangement silencieux, tout comme Zoro.

Ace se montra comme à son habitude courtois et intéressé par les autres. Il essaya d'ignorer du mieux qu'il put la présence de son nakama. Il avait certifié à Sabo qu'il plaiderait la perte de mémoire pour essayer de rattraper la situation avec Marco, arranger les choses sans causer plus de malaise, mais la vérité c'est qu'agir ainsi ne lui ressemblait pas.

Il avait beau avoir mûri, changer, il restait au fond de lui-même le même gamin borné. Il ne fuyait pas, jamais. Et il n'était pas question de commencer aujourd'hui.

Mais en même temps que pouvait-il dire au médecin ?

-Je m'ennuie… Soupirait Luffy.

Bien évidement il fut superbement ignoré par tout le monde. Son équipage avait l'habitude de ses geignements. Le Sunny n'avait quitté Pouya que depuis quelques heures seulement, Luffy devait simplement prendre son mal en patience. Avoir des moments de tranquillité pouvait aussi être agréable, contrairement à ce que pouvait penser Luffy.

-J'ai faim.

-On vient de manger ! Rouspéta Nami.

-J'ai faim parce que je m'ennuie.

-Trouve une activité pour faire passer le temps au lieu de te plaindre.

La navigatrice soupira et reporta son attention sur le magazine qu'elle lisait.

Tout le monde était un peu occupé partout, Sanji n'était pas dans sa cuisine pour une fois, tout comme Zoro qui était étrangement introuvable. Franky bricolait avec Usopp dans son atelier, alors que Chopper rangeait les placards de son infirmerie, Marco l'avait accompagné pour discuter de truc de docteur certainement. Brook travaillait une de ses partitions et Robin profitait tout comme Nami, du beau temps sur un transat.

Luffy médita les paroles de sa navigatrice. Usopp était occupé tout comme Chopper, mais il pouvait tout aussi bien s'amuser avec son frère.

-Ace !

-Je suis désolé Luffy, l'arrêta aussitôt Ace. J'ai quelque chose à faire mais je me ferais un plaisir de te mettre la pâtée à n'importe quel jeu plus tard.

Luffy soupira, il n'était pas prêt de pouvoir tromper son ennuie.

xXx

-C'est quoi ton problème ? T'es bizarre depuis la soirée au bar.

Après le déjeuner Sanji avait suivi Zoro dans le but de discuter avec lui, de lui demander des comptes. Cet abruti de bretteur lui avait endommagé la main, certainement en la fracassant contre un mur. Plus tôt dans la journée il avait été en colère, mais à présent qu'il l'avait suivi et qu'ils étaient seuls dans la cabine de Zoro, il n'était plus sûr de rien.

Sanji se rappelait avec encore bien trop de précision, ce que l'épéiste lui avait lâché la veille, quand il avait découvert ce que celui-ci avait fait subir à son corps. Vraiment étrange… Le cuisinier essayait de tout son cœur de ne pas imaginer que Zoro était attiré par lui. Ils ne se supportaient pas, comment pouvait-il éprouvé de l'attirance pour lui ? Mais n'était-ce pas ce que lui-même ressentait ?

-Si t'es encore en boucle parce que je me suis foutu de toi t'es vraiment bête. C'est vrai quoi, ça n'a jamais tué personne de porter une robe.

-Ça n'a rien avoir, grogna Zoro.

Assis sur son lit, il essayait désespérément d'ignorer la présence du cuisinier.

-Quel est le problème alors ? T'as toujours l'air si en colère contre moi. Je peux savoir ce que tu me reproche cette fois ?

Sanji croisa les bras, déterminer à obtenir une réponse.

Zoro serra les dents, franchement l'insistance du cuisinier l'embêtait beaucoup. Ce qu'il pouvait être agaçant quand il se mettait à le harceler avec la même énergie que Luffy. Mais il allait devoir se montrer fort, utiliser son mental de combattant pour résister. Il n'allait quand même pas lui avouer qu'après ce qu'il s'était passé, il n'osait même plus regarder Sanji en face. Bon sang, il avait honte ! Agir comme ça ne lui ressemblait pas du tout. Et hors de question d'avouer que cette nuit là, il avait été si vulnérable et faible, qu'il était tombé dans le piège grossier des Chasseurs de prime. Il valait mieux que ça quand même.

-Hé je te parle ! S'agaça Sanji.

Zoro le foudroya du regard, il se leva et avança lentement vers le blond. Sanji failli reculer sous l'intensité de son regard, mais il savait qu'il avait toute légitimité à être en colère alors il ne bougea pas. Ce genre d'affrontement avec le marimo il en avait l'habitude. Aujourd'hui il avouait même que c'était sa seule manière de communiquer avec le second. Sanji n'en était pas spécialement content, mais autrement que pour leurs joutes verbales, Zoro ne faisait même pas attention à lui. Le considérait-il au moins comme un nakama, au même titre que Chopper ou encore Brook ?

Ces rejets incessants et ses silences, il n'en pouvait plus.

-Qu'est-ce que t'as à me tourner autour ? La situation des derniers jours était assez bizarre comme ça. Je ne comprends pas que tu n'aies pas envie de prendre tes distances.

-Je suis assez mature pour faire la part des choses, répliqua le blond. Et si je peux oublier que tu t'es branlé alors que ton esprit occupait encore mon corps, tu peux bien supporter de reprendre les choses comme elle était avant.

-T'es sérieux ? S'étonna Zoro.

Sanji haussa les sourcils. Il allait avoir besoin que le marimo précise sa pensée.

-Tu comptes faire comme si ce que tu as surpris ne c'était pas passé ?

-Ais-je vraiment le choix? Je ne sais même pas ce que tu as fait exactement.

Zoro étouffa un rire, Sanji détourna le regard, il n'arrivait pas à croire qu'il avait réellement cette conversation avec l'autre.

-Je n'ai pas besoin de te faire un dessin non plus. Tu dois très bien imaginer ce que j'ai fait.

-Pas vraiment.

-Tu ne veux pas que je te montre non plus ?

Zoro n'était pas sérieux, ils le savaient tout les deux. Pourtant l'atmosphère dans la chambre était étrangement tendu. Sanji avait l'impression d'être bien trop proche du second et Zoro pas assez ou alors bien trop. Il ne savait pas vraiment où il allait.

Un truc étrange était en train de se passer. Quelque chose allait arriver et ils en avaient tout les deux consciences, ça rendait la situation encore plus complexe.

-C'est ça en fait, laissa tomber Sanji. Quoi ça te perturbe autant de m'avoir touché ? Plaisanta Sanji.

Zoro le repoussa violement contre la porte de la chambre. Il abattit sa main juste à côté du visage de Sanji et c'était tellement cliché que Sanji ne cligna même pas des yeux. Mais Zoro avait l'air assez perturbé pour jouer aux gros bras, pas crédible du tout.

-Je ne t'ai pas touché.

-Bien sûr que si.

Zoro se rapprocha encore, son corps se colla à celui du blond. La situation dégénérait et ils le savaient tout les deux, mais dans le même temps, aucun d'eux ne semblait vouloir que ça s'arrange.

Plus Zoro regardait Sanji plus il se rappelait ce que ça avait été de possédé son corps. Sanji était différent de lui et s'il ne l'avait jamais considéré comme quelqu'un de faible, il ne l'avait jamais vu comme son égal. Être à sa place lui avait beaucoup apprit. Notamment que le cuisinier avait une odeur naturelle très agréable, qu'il avait la peau vraiment très blanche mais douce. Ses doigts était fin et son torse plus large qu'il ne le pensait.

Le pire ça avait été sa voix lorsqu'il s'était donné du plaisir. Il n'était pas sûr de pouvoir oublier ça un jour. Comme il regrettait de ne pas s'être vu cette nuit-là alors qu'il s'était abandonné à la luxure et aux plaisirs.

Quant à Sanji, il avait dû arrêter de se voiler la face, cette île l'avait forcé à regarder qui il était vraiment. Ça lui faisait peur et il était encore incertain.

Mais il avait envie de l'homme en face de lui et la lueur de désir dans les yeux de Zoro, l'encourageait à tenter une approche.

A laisser exprimer ses véritables désirs.

-Montre-moi. Souffla t-il contre les lèvres du bretteur.

-Je…

Zoro était incertain. Il ne voulait pas tomber dans ça. Sanji était…

-N'ai pas honte de me montrer que tu as aimé ça.

Sanji se mordilla les lèvres et Zoro arrêta de s'interroger, de résister. Il l'embrassa avec avidité, bloquant son corps contre la porte et le sien. Son bassin frotta contre celui du blond et il sentit son excitation augmenté en constatant celle de Sanji.

Le cuisinier le prit dans ses bras, fourragea dans ses cheveux et approfondit encore plus le baiser.

Zoro s'empressa de défaire la ceinture du blond. Mais le faire à l'aveugle n'était pas facile et Sanji refusait de le lâché. Sanji délaissa sa bouche pour embrasser sa mâchoire, il put reprendre un peu ses esprits ainsi que son souffle. Se prendre la tête, réfléchir pendant des heures à quelque chose ce n'était pas son genre, peut-être qu'il faisait n'importe quoi, qu'il regretterait plus tard. Mais pour l'instant il était tellement bien.

Il verrait le reste plus tard justement.

Au prix d'un certain effort, il put introduire sa main dans le pantalon du blond. Il n'eut aucune hésitation quand il eut le membre de Sanji en main. Il l'avait déjà touché après tout, quoi qu'il en disait plus tôt. Seulement maintenant il pouvait écouter ses gémissements et voir son visage. Ses expressions figées dans le plaisir.

-On dirait que t'aime ça, cuistot pervers, souffla Zoro à l'oreille du blond.

-Tais-toi, saleté de tête d'algue.

Ils rirent tous les deux avant de s'embrasser de plus belle. C'était complètement fou et irréfléchi mais quel mal y avait-il à ça ? Sanji et Zoro étaient conscient qu'ils ressentaient un violent désir l'un pour l'autre.

Et ils y cédaient volontiers.

xXx

-Est-ce que ça va ?

Ace se détourna de l'image de ce poisson qui nageait tranquillement auprès de ses congénères pour regarder Marco. Il s'était isolé après le déjeuner, pour réfléchir, penser aux derniers évènements et la grande pièce avec l'immense aquarium avait été une évidence. Son petit frère était tellement chanceux de possédé un tel bateau. Ace n'y avait passé que quelques jours, mais il se sentait déjà tellement à l'aise.

-Oh, oui. J'ai parlé avec Luffy, il nous emmène jusqu'à la prochaine île Mimio et puis ensuite on aura qu'à prendre mon petit bateau pour faire le reste du trajet. Le Moby Dick doit faire escale à Syniora normalement, non ?

-Oui, Père s'y arrête toujours quelques jours quand on passe à proximité. Ils doivent déjà y être d'ailleurs, ça nous laissera juste le temps de les rattraper avant qu'il ne quitte le port de la ville.

Ace acquiesça et Marco alla s'asseoir près de lui. Ace lui fit de la place avant de reprendre sa position initiale. Presque avachi sur le banc, il observait le ballet des poissons. C'était très relaxant, s'il ne faisait pas attention il était sûr de pouvoir s'endormir à tout instant.

-Est-ce que tu es déjà partis te faire examiner aujourd'hui ? Lui demanda Marco.

-Hein ? Non, répondit Ace, surprit par la question. Je devrais ?

-Peut-être. Les autres vont bien mais comme tu as beaucoup dormi après avoir récupérer to-

-J'ai beaucoup dormi parce que j'avais mal à la tête, rit-il. Pas besoin de t'inquiéter si c'est ça qui te travail. Je suis plutôt résistant tu sais !

Marco observa le plus jeune quelques instants avant de sourire.

-Tu n'as pas tort.

Il se leva et Ace en fit de même. Il avait cru que Marco resterait plus longtemps avec lui. Ce n'était pas tellement comme s'il avait mieux à faire en plus.

-Je te laisse, je vais voir si je peux me rendre utile ou alors j'emprunterai un livre à l'archéologue ou au médecin.

-Pourquoi tu ne resterais pas avec moi plutôt. Tu sais habituellement ils se débrouillent très bien tout seul, ça se trouve ils ont même oublié notre présence enfaite.

Ace esquissa un sourire et Marco hésita.

-Est-ce que…ça te gêne de rester seul avec moi maintenant ? Demanda t-il timidement.

-Non, bien sûr que non, le rassura le blond.

Marco sentit qu'il était temps pour eux d'avoir une discussion, une vraie. Il n'était pas sain de sa part d'ignorer son cadet alors que celui-ci avait eu le courage de, en quelque sorte, lui avouer ses sentiments. Les obstacles qu'il avait auparavant pointés n'existaient plus.

Mais avant toute chose il devait laisser Ace aller au bout des choses.

-Est-ce que tu peux faire quelque chose pour moi ?

Ace acquiesça.

-Peut-on reprendre cette discussion qu'on n'a pas pu finir ?

Ace en fut troublé. Il voulait parler à Marco de ce baiser étrange qu'ils avaient échangés, de ses sentiments, il le voulait vraiment… Mais là maintenant et surtout comme ça, c'était un peu compliqué. C'était gênant pour lui et il n'était pas prêt mentalement et émotionnellement à avoir une discussion de ce type.

Mais tout ça avait l'air si compliqué qu'il n'était pas sûr d'avoir une autre chance de pouvoir parler à cœur ouvert avec le blond.

-Okay, finit-il par lâché, néanmoins stressé.

-Merci.

Marco l'invita à s'asseoir, il reprit lui-même sa place sur le banc. L'énorme aquarium encore présent derrière eux.

-Je voudrais m'excuser Ace, je n'ai pas été courtois avec toi.

-Non c'est-

-Bien sûr que si. Ne sois pas trop gentil avec moi, j'y prends déjà goût et je pourrais finir par en profiter.

Ace se gratta les cheveux, il rougissait c'était certain, mais ce que lui disait Marco lui faisait bêtement plaisir.

Ils étaient assis l'un à côté de l'autre, leurs jambes se frôlant et cette proximité rappela quelques bons souvenirs au brun. Il était sûr de pouvoir être heureux avec Marco, peu importe qu'ils soient tous les deux des hommes, des pirates du même équipage ou encore leurs multiples différences.

Les pirates étaient-ils cantonnés à rester seul tout le long de leurs périples ? Attendre de trouver une femme dans une île quelconque puis ensuite abandonné femme et enfant pour vivre son rêve ? Ou alors y renoncer pour être avec sa famille ? Ace ne connaissait personne en couple ou marié, il aimait être un pirate, mais maintenant qu'il avait rencontré l'amour, il ne voulait pas y renoncer et encore moins être obligé de choisir. Il était sûr que ça ne gênerait personne sur le Moby Dick.

-Tu étais bien plus bavard la dernière fois, commenta Marco.

Ace était silencieux depuis bien trop longtemps. Il était gêné et ça le rendait plutôt mignon. Marco n'avait pas l'habitude de côtoyer se Ace timide. Ça le perturba encore plus.

-Est-ce que ça ferait de moi quelqu'un de mauvais si je te disais que j'ai envie d'à nouveau entendre ta déclaration ? Et jusqu'au bout cette fois. Ce que tu ressens pour moi, cet intérêt ça me flatte et ça me fait réfléchir aussi. Je promets de te donner une vraie réponse cette fois, sans esquive.

-Je…

Ace avala difficilement sa salive. C'était étrange, son cœur battait vraiment vite et aucun mot n'arrivait à sortir de sa bouche. Marco le regardait avec tendresse, ne le jugeait pas et l'encourageait à parler.

-Je pense que, tu vois…

Il bégayait et n'arrivait pas à soutenir le regard du blond. Mais que faisait-il bon sang ?! Pourtant la dernière fois il n'avait pas hésité une seule seconde. Ah oui, il avait un peu bu. Il pouvait se battre contre des dizaines de personnes, risquer sa vie à toute instant et ne pouvait même pas dire « je t'aime ».

Marco l'attira contre lui, l'une de ses mains serrant la sienne alors que l'autre était posée sur son épaule. Le cœur d'Ace tambourinait toujours autant, mais dans cette position, il pouvait sentir aussi celui de Marco. Boum boum, boum boum.

Les battements du cœur du médecin avaient l'air aussi effrénés que les siens.

Ça ressemblait à une jolie mélodie à ses oreilles. Ace avait habituellement une température assez élevée, il était constamment chaud et Sabo s'en était même plein lors de leur permutation. Mais là, alors que leurs peaux se touchaient, Ace sentait une autre forme de chaleur que celle à laquelle il était habitué. Ça lui fit du bien.

-Je t'aime Marco, lâcha t-il sans même y penser.

xXx

Les quelques jours de navigation pour atteindre Mimio furent rapides. Ace et Marco trouvant parfaitement leurs places dans cet équipage loufoque. Ils avaient même subi une attaque de la Marine sur Mimio, ceux-ci avait dû être prévenu d'une manière ou d'une autre et les avaient attendu. Heureusement ils s'en étaient débarrassés facilement et ils s'étaient rapidement séparés. Ils n'avaient pas voulu attendre l'arrivé de renfort, un Amiral aurait pu se trouver dans le lot.

Les au revoir avait été bâclé et précipité mais Ace n'en avait pas été peiné. Il était vivant, il avait échappé à une mort certaine il y a quelques mois à peine. Il allait revoir son frère, c'était certain, il ne comptait pas disparaitre avant de le voir devenir le Roi des Pirates.

Les compagnons de son petit frère étaient exceptionnels et il était certain qu'ils l'aideraient tous à aller au bout de ses rêves. Ace avait passé de bon moment avec eux. Même avec Sanji et Zoro qui à la fin avaient repris de plus belle leurs engueulades. Ça avait étonné Marco qui au début, se demandait comment était-il possible qu'il puisse être compagnon alors qu'ils se supportaient à peine.

Pourtant Zoro et Sanji semblait se satisfaire de ça. Ils avaient comme besoin de se prendre constamment la tête, c'était presque vitale. Et puis, ils passaient toujours beaucoup de temps ensemble à faire je ne sais quoi. Ils devaient mieux s'entendre que ce que tout le monde pensait finalement.

Après avoir quitté l'équipage du Chapeau de paille, Marco et Ace avaient voyagé ensemble sur le petit bateau du dernier. Alimenté par les flammes du brun, ils avaient atteint en quelques heures l'île de Syniora. Le voyage avait été à la fois agréable et un peu étrange.

Après sa déclaration, Marco l'avait gardé contre lui et Ace l'avait alors enlacé à son tour. Marco ne l'avait pas repoussé et ça lui avait fait chaud au cœur.

Et puis, comme il l'avait promis, il lui avait répondu.

« Ace je t'apprécie vraiment beaucoup. Le fait que tu m'aimes, ça me fait plaisir et tout ça veut bien dire que je ne te vois pas que comme un simple compagnon. Un homme comme un autre. Tu comptes pour moi, bien plus que je ne peux l'avouer. Mais ce que je ressens, je suis malheureusement incapable de te dire à l'heure actuel si c'est de l'amour ou non. »

Ce n'était pas oui, ce n'était pas non. C'était un espoir qu'Ace voulait saisir. Marco n'était pas du genre à faire souffrir quelqu'un intentionnellement. Il avait confiance en lui pour le rejeter le moment venu, ne pas le laisser espérer pour rien.

En attendant leur relation était redevenu comme avant. Ou presque. Ils s'étaient rapprochés et Ace étaient heureux de chaque contact qu'ils avaient.

Ils arrivèrent sur le Moby Dick avant que le soleil ne se couche. Ils furent accueillis avec joie par leurs compagnons. Ils discutèrent avec eux de ce qu'ils s'étaient passés les derniers jours pour eux, autour d'un bon repas. Ça en avait fait rire beaucoup, certains auraient aimés être à la place du médecin et voir un Ace physiquement transformé.

-C'est une bonne chose que vous arrivez maintenant, vous pourrez profiter une dernière fois de l'île avant notre départ, lança Vista.

-Mais est-ce vraiment raisonnable ? Vous n'avez pas foutu le bordel avant et nous envoyé recoller les pots cassé ensuite ? Plaisanta Marco.
-Pour qui tu nous prend Marco ! Se vexa Haruta.

-Nous savons nous conduire, répondit Izou. Enfin certains plus que d'autre.

Izou lança un discret coup d'œil en direction de Joz et Fossa.

-Moi ça me tente bien en tout cas, la boutique sur la côte vend toujours des trucs super. Annonça Ace.

Ace voulait proposer à Marco de l'accompagner mais il était sûr que le médecin avait mieux à faire que de trainer dans une vieille boutique de bijoux. La vieille femme qui tenait l'enseigne vendait des amulettes réputées pour être chanceuse.

Ils avaient passés suffisamment de temps ensemble, laissé de l'espace au blond n'était sans doute pas plus mal. Ace ne voulait pas non plus avoir l'air de quelqu'un de trop collant.

La nuit tomba rapidement et des membres de l'équipage furent désignés pour garder le Moby Dick. Mais peu furent choisi, depuis plusieurs années plus personne ne se risquait à attaquer cet équipage. C'était plus comme une mesure de sûreté, pour se rassurer même si on la savait quasiment inutile.

Ace n'attendit pas de savoir qui partait en ville, il se dépêcha d'aller sur la côte pour retrouver sa fameuse boutique. Il était fatigué, sûrement le contre coup de ce qu'il s'était passé ces derniers jours. Il espérait rentrer tôt pour pouvoir ensuite se reposer un peu.

Quand il arriva à la boutique, il eut du mal à reconnaitre la gérante, elle semblait avoir pris dix ans en un an à peine. Il parla avec elle et apprit qu'elle était malade, d'où son air affaiblit. Ace regretta de ne pas avoir invité Marco finalement, il aurait pu ausculter la vieille dame. Il se promit d'en parler au blond lorsqu'il le verrait plus tard.

Il alla ensuite directement au rayon qui l'intéressait et la gérante lui conseilla une amulette.

-Pourquoi ? Demanda t-il curieux.

-Elle t'aidera à atteindre l'élu de ton cœur.

Ace vira au rouge en un instant, il était gêné mais ça ne l'empêcha pas d'acheter l'objet en question. Il quitta la côte et se dirigea vers le Moby Dick quand il repéra dans l'un des bars plusieurs membres de son équipage. Son regard accrocha alors instantanément celui de Marco, il discutait avec une femme.

Cette vision serra le cœur d'Ace. Voir cette femme être si proche du médecin, avec une telle facilité en plus, alors que lui devait à présent réfléchir à chacun de ses gestes pour ne pas avoir l'air trop envahissant. Ce n'était pas juste.

Il voulait continuer son chemin mais ses jambes refusaient de bouger. Marco ne faisait rien de mal, cette femme et lui avait simplement l'air de discuter. Mais ça lui faisait quand même mal. Il était jaloux.

Il devait partir mais en même temps, il n'avait pas fait tout ses efforts simplement pour se déclarer, puis ne rien faire par la suite.

Alors il alla retrouver le blond. Il s'accrocha à son bras ne sachant pas comment l'aborder autrement.

-Ace ? L'interrogea Marco, surprit de le trouver là.

-Je…il est tard, peut-être qu'on devrait rentrer ?

La jeune femme resta silencieuse, elle aussi étonnée par le comportement du plus jeune. Quelle impolitesse d'interrompre les gens ainsi. Mais elle fut encore plus étonnée par le long regard qu'échangèrent les deux hommes.

-Très bien.

Marco se tourna vers elle et son sourire lui fit comprendre qu'il s'excusait de la planter comme ça.

-Merci pour vos conseils, se contenta-t-elle de dire, comme un « ce n'est pas grave ».

Marco attrapa la main du brun et ils quittèrent le bar sans même que les autres pirates ne les aient remarqués.

-As-tu pu faire ce que tu voulais au moins ? Demanda le phénix.

-Oui. Ace toucha l'amulette qu'il avait dans sa poche. D'ailleurs à ce propos j'ai quelque chose à te demander.

-Quoi donc ?

-Tu penses qu'avant le départ de demain tu pourrais aller voir la veille dame de la boutique sur la côte ?

-Elle est malade ?

Ace acquiesça.

-Très bien. Je me lèverais plus tôt pour être sûr d'avoir le temps.

-Merci Marco.

Marco lui sourit et Ace serra sa main plus fort dans la sienne. C'était le médecin qui avait initié ce geste, ce rapprochement. Ça lui faisait plaisir et ça calmait la colère qu'il avait ressenti plus tôt.

-Excuse-moi d'avoir gâché ta soirée. Ace soupira, il n'était pas tellement fier de lui. Je n'ai pas à être jaloux. Tu ne m'as rien promis et ça fait à peine quelques jours que j-

-Ce n'est pas grave Ace. Ne t'excuse pas. J'ai promis de ne pas te faire souffrir et je devrais faire attention à ce que je fais tant que je ne t'ai pas donné une réponse plus satisfaisante que : je tiens beaucoup à toi.

Ace observa Marco quelques secondes avant de détourner le regard.

-Comment tu veux que je ne t'aime pas alors que tu me sors de telles phrases…

Ils rirent et ça fit du bien à Ace.

Le Moby Dick était calme quand ils arrivèrent, sans trop se concerter, ils allèrent jusqu'à la chambre du 2nd lieutenant. Ace rangea son amulette sur son bureau et proposa à Marco de s'asseoir sur le lit, avec lui.

-Je ne sais pas toi mais moi je suis crevé, lâcha le brun.

-C'est vrai que j'ai l'impression de ressentir seulement maintenant le contre coup de tout ce qui est arrivé. Je n'ai pourtant pas fait grand-chose, rit le blond.

-Pareil.

-Tu veux peut-être que je te laisse dormir ?

Ace secoua vivement la tête. Il n'allait tout de même pas dormir alors qu'il était avec Marco.

Ils restèrent silencieux, se regardant sans avoir quelque chose de particulier à se dire. A chaque fois qu'ils étaient proches, Ace se rappelait le baiser qu'ils avaient échangés. Il espérait de tout son cœur que ce ne n'était pas le dernier. Ce serait vraiment trop dommage, il n'avait même pas été dans son corps. C'était étrange de le dire d'ailleurs.

A force de penser à se baiser, Ace s'était sans le vouloir rapprocher du blond. Les yeux de Marco le fixaient intensément, incertain sur la suite. Ace s'arrêta à quelques centimètres de ses lèvres. Marco ne s'était pas reculé, ne s'était pas détourné, était-ce une manière de dire qu'il acceptait la suite ? Mais pouvait-il faire ça alors qu'il y a quelques minutes, il avouait encore qu'il devait laisser plus de temps et d'espace au phenix ?

-Je suis perdu Marco, avoua-t-il la gorge nouée.

Il ne savait plus quoi faire. Il avait l'impression de se consumer d'amour pour son ainé et ne savait pas comment gérer un sentiment aussi fort.

-Ace…

-J'ai envie de t'embrasser.

Marco cligna des yeux. Ace était toujours aussi sincère, peu importe les circonstances.

-Je dois avouer que je ne suis pas contre. Je n'arrête pas de penser au fait que j'ai en quelque sorte embrasser ton frère devant le Cocoland.

-Bien sûr que non ! S'énerva t-il. C'était moi, en quelque sorte, hésita Ace.

Marco rigola puis attira Ace jusqu'à lui.

Il posa ses lèvres sur les siennes pour un tendre et chaste baiser dont Ace ne se satisfaisait pas du tout. Il voulait à tout prix retrouver les sensations de cette nuit-là, prouver à Marco qu'il était bel et bien capable de lui retourner le cerveau avec un baiser. Ils s'embrassèrent encore et encore, laissant leurs lèvres rougies, mais ils avaient besoin de plus.

Ace se laissa porter, il n'était pas vraiment très expérimenté et avait confiance en Marco. Le blond devait certainement savoir comment cela se passait pour deux hommes, lui n'y avait jamais trop réfléchit. Ce n'était pas qu'il s'était toujours contenté d'éprouver un amour platonique pour le médecin, mais plus qu'il c'était interdit d'avoir ce genre de pensé pour son ami.

Ils se retrouvèrent presque nus sur le lit du brun, touchant doucement le corps de l'autre. Ace était musclé et n'avait jamais rien fait pour entretenir une quelconque beauté, il espérait que Marco n'était pas rebuté par son apparence. Lui aimait tout chez le phenix. Quand le corps de Marco couvrit son propre corps, son bassin frottant lentement contre le sien, Ace comprit qu'ils allaient coucher ensemble. Il se figea alors sur place, soudain tellement gêné qu'il n'osa plus croiser le regard du médecin. Marco se releva légèrement et bougea les mains du plus jeune. Celui-ci se cachait avec.

-Ace ? Est-ce que ça va ?

-Oui c'est simplement que… eh bien…

-Excuse-moi, je vais trop vite.

-Non !

Ace attrapa vivement le bras de Marco, celui-ci n'eut même pas le temps d'amorcer un quelconque mouvement de recul.

-Ne t'en vas pas s'il te plait.

Marco sourit, attendri par la détermination de Ace.

-C'est juste moi, j'ai honte.

-Honte ? Tu es tellement magnifique pourtant.

-Oh.

Ace ne s'était pas attendu à recevoir un compliment de ce type. Il se mordilla les lèvres, il ne savait pas s'il pouvait parler de ça à Marco.

-C'est juste que je panique parce que je n'ai aucune idée de ce qu'il va se passer.

Marco s'allongea à côté du brun et le prit dans ses bras.

-Peut-être que nous devrions apprendre à être ensemble, à être à l'aise en tant que couple avant de franchir ce cap.

-Je suis désolé, je te jure que j'ai envie de toi.

Ace fit glisser sa main sur le torse du blond et planta ses yeux sombres dans ceux clairs du médecin.

-Je suis simplement bêtement nerveux.

-Ne t'inquiète pas, je ne suis pas aussi calme que je le laisse paraitre tu sais ?

-Tu caches vraiment bien ton jeu. J'ai l'impression que tu fais toujours la même tête, se moqua Ace.

Marco laissa couler.

-Tu as dit que tu étais fatigué tout à l'heure, on ferait mieux de dormir maintenant. Je n'ai pas envie d'être encore fatigué au moment d'aller voir ma patiente.

-Ouais tu as raison. Tu dors avec moi n'est-ce pas ?

Ace l'avait déjà attrapé si bien que Marco n'avait plus tellement le choix que d'obtempérer et de dormir avec le brun. Pas qu'il s'en plaigne d'ailleurs. Ils s'installèrent un peu mieux pour la nuit et se firent face dans le lit.

-Tu ne vas pas cogiter sur ce qu'il vient de se passer toute la nuit j'espère ? Demanda Marco.

-Euh non, enfin si tu m'assures que tu ne m'en veux pas ? Voulu savoir Ace.

-Vraiment Ace ce n'est pas grave. Nous avons tout notre temps après tout.

-Ouais.

Marco ferma les yeux et essaya de s'endormir, Ace fit de même, un énorme sourire aux lèvres. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'il ouvre brutalement les yeux et fixa pendant quelques instants le blond.

-Marco tu dors ?

-Oui.

-Tout à l'heure tu as bien dit qu'on était en couple ?

Ace n'obtenu aucune réponse du blond. Il hésita à réitérer sa question mais il voulait savoir s'il avait bien entendu.

-Marco ?

-Je dors.

Mais il souriait et Ace se rapprocha de lui.

-Je suis sûr que tu l'as dit.

Il ferma les yeux et essaya encore une fois de s'endormir. Ils pouvaient toujours avoir cette discussion le lendemain. Il ne comptait pas lâcher le médecin avant de lui avoir fait dire ces trois mots qu'il attendait d'entendre depuis si longtemps.