Cinéma – 1
Neko s'étira et regarda ce Caninos inutile qui n'avait servi à rien, alors qu'il dormait près d'elle, les pattes posées sur sa cuisse, hérissant tous ses poils de félin.
Elle s'ennuyait. Entre deux contrats, elle était allée chez Artik – enfin dans un de ses appartements – tombant nez à nez avec son formateur qui, étonnamment, n'avait pas le temps. Psyko comatait dans le fauteuil, à moitié mort, subissant violemment le contrecoup des dernières réflexions moqueuses adressées à une Ln(3) qui avait promptement disparu – Neko fronça les sourcils. C'était sa manie de disparaître quand Artik la charriait et qu'elle était vexée.
Psyko se leva et disparut aussi dans un borborygme que Neko identifia comme un « j'vais m'coucheeeeeer »
Elle alluma la télé, son œil s'embrasa d'une lueur d'excitation enfantine et elle se redressa, virant sans le moindre complexe les pattes de Caninos, pour se concentrer sur l'écran, observant d'un œil ému l'histoire de ce lion qui avait perdu son père, que sa tribu avait cru mort. Simba était un beau lion, et Scar aussi. Et tous les lions. Elle aimait les félins.
Elle tourna la tête vers Caninos puis vers le balcon et se leva d'un bond, saisissant le pokémon, montant sur la rambarde. Elle le porta à bouts de bras en hurlant :
— C'EST L'HISTOIIIIIIRE DE LA VIIIIIIIIIE !
— Mais qu'est-ce que tu fais ?
Neko sursauta, lâcha Caninos qui couina.
— Oups, dit-elle en regardant le vide.
