Tendresse – 2

— J'en ai maaaaaarre !

Le gémissement de Neko, ainsi que le bruit de son front entrant en contact avec la table sous les plans de la banque qu'elle allait braquer résonnèrent dans le silence du salon de Ln(3). Elle n'en pouvait plus. Depuis le matin, elle étudiait les plans, déchiffrait, découvrait chaque fois de nouvelles caméras et de nouveaux pièges, des difficultés différentes et cette banque lui faisait l'effet d'une forteresse imprenable.

Psyko, Ln et Prof étaient partis vaquer à des occupations obscures auxquelles elle n'avait prêté aucune attention et Artik s'attelait à rendre vie à la serre à l'abandon dans le jardin de la biochimiste. Près d'elle, Luxray lui donna un petit coup de museau, tandis que Kaiminus lui jetait un regard torve par-dessus la partie du plan qu'il examinait à l'envers. Elle soupira une nouvelle fois et pensa à tout envoyer promener et sursauta légèrement quand deux mains se posèrent sur sa nuque, descendant sur ses épaules dans un massage plus qu'agréable. Elle laissa échapper un petit bruit, à mi-chemin entre gémissement et ronron, puis ferma les yeux sous la caresse, avant de les rouvrir pour les lever sur Artik.

— Mais qu'est-ce que tu fais ?

Son cri outré perdit totalement de sa crédibilité quand il se brisa sur un ronron. Artik venait de masser la partie la plus douloureuse de sa nuque.

— Je te détends, susurra son amant. Tu me stresses à t'énerver sur ton casse comme ça.

Soupirant de bien-être, Neko oublia quelques secondes de quoi il parlait, puis Kaiminus intervint en donnant un coup de patte dans le tibia d'Artik qui protesta avec vigueur :

— Aïeuh, mais dégage, saleté !

Neko se dégagea des mains d'Artik.

— Non, il a raison, je ne dois pas me laisser distraire.

Le gothique grommela, mais n'insista pas, repartant en direction de la serre, revêtant son éternel tablier de protection. Retournant à ses plans, Neko ne put s'empêcher de sourire. Au moins, elle pouvait compter sur son formateur, si jamais elle était prête à craquer.