Dans la lignée du chapitre 37, voici la scène à laquelle Ln repense.
Au pied de la lettre – 1
Ils arrêtèrent de rire et s'observèrent lentement, un « Tu m'avais manqué » sur le bord des lèvres. À la place, Ln tapota le bras d'Artik en lui désignant sa chambre.
— Va te coucher, tu vas avoir besoin de force pour soutenir Neko et les autres…
Il esquissa un sourire triste en secouant légèrement la tête.
— Pourquoi… Pourquoi tu te forces à porter tout ça toute seule ?
Ln se détourna dans un ricanement, exécutant un vague mouvement de la nuque pour porter son regard sur Phyllali qui dormait déjà sur le canapé, prenant toute la place, les quatre pattes en l'air.
— T'inquiète pas pour moi, va. J'ai les épaules larges.
Il y eut un silence puis elle sursauta en sentant deux bras l'enlacer doucement. Artik sentait bon le propre, mais déjà l'odeur de sa peau reprenait le dessus, cette odeur à laquelle Ln avait associé le mot « frère » sans même y penser.
— Elles sont pas si larges que ça, tes épaules. Regarde, je peux en faire le tour sans problème.
Émue, Ln ne répliqua pas, se contenta de poser une main hésitante sur les bras qui l'entouraient. C'était leur première étreinte. Plusieurs minutes s'écoulèrent alors qu'elle laissait le parfum d'Artik la rassurer. Puis, enfin, elle trouva la force d'ouvrir la bouche et parler sans trembler :
— Merci.
