Note : avertissement violence et consommation de drogue. Je n'encourage pas sa consommation. Pour les mineurs qui me liront , une consommation précoce de cannabis engendre bon nombre de troubles à l'âge adulte.
Retrouvons maintenant nos deux professeurs pour un nouveau chapitre. Bonne lecture.
- Hermione, je t'en prie assied toi. Fit Draco, avant de se décider à tout lui raconter.
Ils étaient dans un appartement dans la banlieue de Londres. Draco y vivait seul. Ses journées étaient ponctuées par son travail. C'était sa seule source de distraction quotidienne.
Le dernier Malfoy avait réellement vu sa vie se bouleverser quelques années après la guerre. Il venait tout juste de fêter ses vingt et un ans, quand un soir, en rentrant chez lui il fut pris d'un malaise puissant. Comme si, ce qui allait se passer s'était signalé à lui. La scène qu'il vit, fut d'une douleur et d'une violence inouïe.
Poussant la lourde porte, il se rendit compte que certains bibelots de l'entrée étaient tombés au sol. Des traces de pas et de sang menaient vers la salle à manger. Fermement, il attrapa sa baguette pour se protéger. Il ne savait pas encore que ce geste était inutile. Les attaquants avaient déjà quitté les lieux, laissant la demeure en pagaille. Dans la salle à manger un spectacle digne d'un film d'horreur se présenta à ses yeux.
La douleur était telle qu'il hurla pendant de longues minutes, à s'en provoquer un haut-le-cœur qui lui fit vider le contenu de son estomac. Son père, la tête sur la table baignant dans une mare de sang dégoulinant sur le sol. Sa mère, elle, était ligotée sur une chaise face à son mari. Elle avait été torturée et sûrement utilisée comme moyen de pression pour faire craquer Lucius. Draco hurlait encore de rage et de tristesse. Il s'était recroquevillé au sol maculé du sang de ses parents en se tenant la tête entre ses mains. Que s'était-il passé ? Pourquoi ? Qui ?
Ce jour marquait la fin de la famille Malfoy. Draco était à présent le dernier descendant de cette famille. Il n'avait pas seulement perdu ses parents, il venait de perdre à tout jamais une partie de lui.
C'est Harry à l'époque, en formation d'Auror, qui l'avait trouvé. Une présence menaçante avait été déclarée quelques jours auparavant rôdant près du manoir Malfoy. Le survivant arriva trop tard. Découvrant la scène macabre.
Les deux corps sans vie des parents Malfoy, déjà en état de décomposition. Celui de Draco, en position fœtale cerné par du sang séché et ce qui ressemblait à des résidus de vomi. Le pauvre sanglotait encore. L'entrée de la brigade ne le fit même pas réagir. Il était affaibli et amaigri.
Il était resté près des dépouilles de ses parents pendant trois jours. Une odeur pestilentielle se faisant sentir, les aurors décidèrent de procéder à la levée des corps après quelques prélèvements.
Harry l'avait relevé et enveloppé dans une couverture, l'amenant à l'écart. Vu son état physique et psychologique il décida de l'emmener à l'hôpital de Sainte-Mangouste. Durant des mois Draco avait dû rester à l'hôpital. Se remettant petit à petit. Son hospitalisation ponctuée des visites d'Harry le remis sur pied. Plus tard, il prit son courage à deux mains et s'installa dans cet appartement près du centre de Londres.
-Ça ne te manque pas alors la vie de château ? Lui lança son amie en s'installant dans le canapé.
-Non. Je préfère habiter ici. C'est plus petit, plus intime… Et toi ta vie de château à Poudlard ?
-Ça se passe très bien. J'ai des appartements spacieux et les élèves sont charmants. Rien de trop difficile.
-Bien… Hermione, je dois te parler d'un sujet, mais promets-moi une chose.
-Laquelle ? Fit Hermione en se penchant vers lui.
-Ne pas me considérer comme un fou.
-C'est d'accord, dit-elle en s'installant mieux.
-Bien. Cela fait cinq ans que je ne l'ai plus vu. Mais je le ressens.
-Comment ça ?lui répondit d'une voix inquiète son amie.
-J'ai rêvé de Snape. Plusieurs fois.
Il lui expliqua ses rêves. Draco se retrouvait à Poudlard, comme un élève et se rendait vers la cabane hurlante. Le seigneur des ténèbres s'en éloignait et Draco se précipitait pour voir. Jamais il n'avait vu son parrain mort dans ces rêves. Ahuri Severus l'attrapait par le col en lui suppliant de lui ramener quelque chose.
-C'était quoi exactement ce qu'il demandait ? Dit Hermione soucieuse de l'état psychologique du seul héritier Malfoy. À vrai dire il était brisé pour toujours par la perte de siens.
-Hermione, j'en sais foutrement rien. À chaque rêve de lui, je ne peux pas entendre ce mot là en particulier. Juste je sais qu'il m'attrape et me secoue et me disant qu'il ne peut pas rester dans cet état sinon il lui arrivera quelque chose. Draco marqua une pause et affirma fermement que son parrain était encore en vie. Pour lui, c'était un signe.
-Draco… Je t'en supplie écoute-moi… Ce soir-là, j'ai vu le professeur Snape, il était à l'agonie.
-Hermione, c'est un prodige en magie, il ne pouvait pas se laisser mourir.
-Je ne l'ai pas vu mourir, mais il semblait trop mal en point pour ne serait-ce que respirer.
-Il ne pouvait pas ! Cria une dernière fois le jeune homme aux cheveux blonds avant que sa voix se brisa.
La colère s'emparait de lui, un homme aussi intelligent que Severus Snape n'aurait pas pu mourir si facilement de la main du Lord noir.
Tremblant et haletant il faisait les cent pas devant Hermione qui se sentait impuissante. Il semblait proie de ce qui aurait pu sembler de la haine. Ses poings étaient serrés à lui en meurtrir les mains.
La mort de son professeur avait profondément touché Draco. C'était d'ailleurs plus qu'un simple professeur, c'était son parrain. Hermione avait remarqué dès ses premières années que Snape avait toujours été là pour lui, c'était comme s'il cherchait à le protéger. Ce qu'elle pensait être du favoritisme était en fait de l'affection pour son filleul. Et voilà qui, du jour au lendemain se retrouvait seul. Sans amour, sans parents ni famille proche, sans même son parrain. Elle sentit une boule se former dans sa gorge, le voir si mal, si seul, la touchait.
Elle releva les yeux vers lui et elle vit son visage se déformer de douleur. D'un coup elle se redressa pour le prendre dans ses bras. Rongé par la tristesse il éclata en sanglots. Son corps tressautait contre le sien et elle le sera plus fort, en lui chuchotant qu'elle comprenait sa souffrance.
-Ne t'inquiète pas Draco...Je suis là maintenant, tu n'es plus seul je te le promets.
Le jeune homme se détacha d'elle en balayant ses larmes d'un revers de la main. Il s'éclaircit la voix avant de reprendre d'une voix éraillée.
-Tu sais Mione, Severus était le meilleur des parrains. Mes parents étaient trop occupés pour jouer avec moi. C'était lui qui le faisait. J'étais qu'un môme. Il m'a appris beaucoup. Mes premiers sorts, c'est grâce à lui.
La solitude lui pesait lourdement. Mais il était plein de gratitude envers son parrain. C'était dur d'affronter la vie si seul. Hermione se décida à lui poser une question qui lui brûlait les lèvres.
-Est-ce que le professeur Snape a eu un fils ? À peu près de notre âge ?
-Un fils...? Quoi ? Non. Il n'approchait même pas les femmes offertes par Voldemort. Pourquoi cette question ? répondit Draco presque choqué de cette question.
-Une question, juste comme ça.
Hermione avait menti, son collègue la troublait, il ressemblait à Snape. Même caractère et un physique tout aussi semblable. La jeune femme se dit qu'elle aussi à cause du désespoir se mettait à le voir partout, comme Draco.
D'ailleurs, elle passa une bonne partie des vacances chez lui, puis avec Harry. Cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas vus tous ensemble. On évoqua les souvenirs de l'époque où ils allaient à Poudlard. La première fois que Draco s'est adressé à Harry, Ron qui vomissait des limaces, la fois où Hermione s'était chargée de régler le compte de Malfoy. Ils riaient de bon cœur. Ces souvenirs les suivront toute leur vie. Pareil pour tous les souvenirs qu'ils avaient.
Peu avant l'heure du coucher, juste un soir avant que Hermione ne retourne à Poudlard Draco lui parla à l'écart.
-Je voulais te dire... Merci pour tout. D'être là quand ça va mal, quand y a personne qui est là pour moi. Ça veut dire beaucoup pour moi.
-Ne me remercie pas. J'ai fait ce qu'il y avait à faire, je n'allais pas te laisser comme ça.
-Hermione... Si tu as le moindre signe de vie de lui... Je t'en supplie tiens-moi au courant.
-Compte sur moi Draco, lui avait-elle souri en retour.
Dans les salles de cours, les élèves silencieux remplissaient leurs parchemins. Seul le crissement des plumes sur leur parchemin venait à rompre le silence. Les examens avaient commencé, cinq jours auparavant. Ils s'achèveraient le soir même. Les étudiants étaient un peu stressés, mais leurs professeurs les avaient préparées convenablement pour réussir.
Vitaly et Hermione n'avaient pas pu se croiser, à leur grand regret. Un sentiment de manque s'était fait sentir pour chacun d'eux. Ils avaient hâte que les examens finissent enfin pour qu'ils puissent se retrouver dans leur cours qu'ils donnaient en commun. Leurs élèves avaient fini leur examen en avance sur le temps imparti et les parchemins étaient tous noirs de leur écriture.
Au repas du soir, Hermione fit un rapport du déroulement à Minerva qui était venue lui demander comment s'était passée sa première expérience de surveillance des examens.
-Très bien, merci. Les élèves ont même fini avec de l'avance aujourd'hui.
-C'est impressionnant ! Vous avez fait un excellent travail.
-Nous n'avons pas encore les résultats, il ne faut pas parler trop vite, avait répondu la plus jeune en esquissant un sourire. Cela lui faisait vraiment plaisir d'être complimentée par la personne la plus stricte de l'école.
Après être rentrée à ses appartements Hermione alla se détendre en allant prendre une douche brûlante. L'eau ruisselait sur son corps. Elle pouvait enfin en profiter après cette longue journée de travail. Ses cheveux étaient déjà lavés, mais elle resta un peu plus dans la chaleur de la douche. Maintenant elle ne voulait qu'une chose, fumer. Lors de sa période sabbatique, elle s'était rendue dans une contrée moldu où la plante était légale et utilisée pour ses propriétés médicinales et récréative. Dans une plantation, elle avait étudié tous les effets, en concoctant des huiles, des remèdes dont ses congénères moldus étaient friands. Elle n'était pas accro, mais appréciait fumer de temps à autre lorsqu'elle avait accompli tout ce qu'elle avait à faire. Cherchant dans sa malle elle retrouva sa pipe puis enfila ses chaussures.
Vêtue d'une grande cape bien chaude, elle parcourait les couloirs d'un pas pressé. Cette nuit, elle n'avait pas de ronde à assurer. Elle ne voulait donc pas croiser ses collègues. Finalement, elle atteignit la tour d'astronomie où elle s'assit allumant sa pipe, méfiante. Si elle était prise la main dans le sac, elle risquerait probablement gros. Mais le sentiment d'enfreindre des règles l'excita.
De l'époque où elle étudiait, jamais elle n'avait fait ce genre de choses, comme boire ou fumer. Pendant sa scolarité, elle avait enfreint de nombreux interdits, mais jamais de ce genre. Elle s'avoua qu'elle appréciait d'éprouver à nouveau cette sensation d'interdit.
Malgré elle, avec les effets qui commençaient à se faire ressentir, elle ne put s'empêcher de penser à un autre interdit. Vitaly. Cela faisait un petit moment qu'elle ne l'avait pas vu et cela ne lui faisait qu'éprouver plus d'attirance. Elle repensa à la fois où elle l'avait croisé après sa douche dans les couloirs des cachots. Elle baissa sa garde et se perdit dans ses pensées, le regard dans le vide. Quand une voix lui déclencha un frisson qui parcouru son échine.
-Eh bien Miss Granger. Qui l'aurait cru. Souffla la voix suave derrière elle, la faisant sursauter.
Vitaly... Il se tenait dans l'encadrure de la porte en la fixant de ses prunelles obscures.
-D'abord, vous vous volatilisez du château, puis vous fumez. Êtes-vous en train de devenir une vilaine fille ? Continua le jeune homme , avançant vers elle.
Entendre sa voix grave et profonde lui dire cette phrase de cette façon si envoûtante la fît fondre. Elle se demanda s'il l'avait fait exprès. S'il savait quel effet sa voix rauque provoquait chez elle...
-Euh... Eh bien oui. En fait j'étais chez un ancien camarade. Draco Malfoy. Et fumer me détend. Je croyais pourtant être adulte.
-Je plaisantais Miss, détendez-vous.
Il s'appuya contre le rebord de pierre où Hermione s'était assise. Les doutes de Vitaly s'étaient confirmés, c'était bien Draco qui était venu chercher Hermione pendant les vacances. Il avait grandi en un beau jeune homme, ressemblant de plus en plus à son père. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu... D'ailleurs son apparition au château lui semblait étrange.
Il fut tiré de ses pensées par une voix hésitante.
-En parlant de se détendre... Vous voulez fumer ? lui demanda Hermione.
-Je ne vais pas refuser, dit-il en tendant son poignet pour attraper ce qu'elle lui tendit.
- Cela doit faire des années, mais je ne vais pas refuser votre offre, poursuivit le jeune homme en rallumant la pipe.
Cette demi-révélation interpella Hermione qui fronça les sourcils.
-Comment ça ? Je ne pensais pas que...
- Que je fumais ? Comme une bonne partie des jeunes, oui j'ai fumé pendant mes années lycée. Dit-il en laissant une volute de fumée s'échapper de ses lèvres.
- Eh bien. Je ne m'y attendais pas.
- Moi non plus Miss ... Je n'aurais jamais pensé qu'une jeune femme aussi sérieuse et stricte comme vous pouvait fumer.
-Stricte ? Vraiment ? Vous l'êtes plus encore. Lui lança la jeune femme en le fixant.
- Vous croyez ?
- Absolument ! Vous faites régner le silence avant même d'entrer dans la salle. Vous entrez dans la salle avec vos capes tourbillonnantes, l'air impassible. Et quand on ne vous écoute pas on vous entend tonner de votre voix si... puissante. Ce dernier mot lui avait échappé et elle se mordit la lèvre.
Sans qu'elle s'en rende compte, il se hissa sur le bord de pierre et prit place près d'elle. Puis se pencha vers elle pour lui tendre sa pipe.
Leurs regards se croisèrent avec une intensité particulière. La noirceur de ses yeux à lui et le brun brûlant d'un éclat particulier à elle.
Il se décida à briser le silence pour lui demande d'une façon qui la fit frissonner ;
- Allez-vous me dire, Miss Granger que je suis intimidant ?
- Vous... Vous êtes...
Hermione mourrait d'envie de s'emparer de ses lèvres qu'elle fixait à présent. C'était comme une pulsion. Lentement, ils s'approchèrent l'un de l'autre. Elle pouvait sentir son souffle presque haletant sur son visage, sa main s'approcher de la sienne. Sentir la chaleur de son corps, sa proximité lui fit battre son cœur d'un rythme effréné.
Ses lèvres à lui rougies, étaient entrouvertes. Cette promiscuité lui fit presque sentir cette peau délicate et tentante. D'une lenteur insoutenable, d'une tension intense, leurs bouches se rejoignirent légèrement, en s'effleurant.
Malheureusement la bulle entre eux se brisa quand Vitaly se leva d'un coup. S'éloignant de ses lèvres.
-Dehors ! Filez à vos dortoirs, avait-il rugi en ayant entendu des voix non loin.
Hermione resta à le regarder s'éloigner, ses capes tournoyantes derrière lui pendant qu'il s'engouffrait dans l'escalier. Raté. Elle était si proche pourtant. Maudits élèves.
Dans ses appartements, le jeune homme venait de se laver le visage. Sa main passa sur ses lèvres encore brûlantes de ce frôlement labial. Vitaly en était encore tout troublé. Il releva sa tête fixant le miroir en face de lui. Il restait la même personne. Celui que tous détestaient. Et il ne pouvait pas autant s'approcher d'elle. Il ne la méritait pas.
Vitaly sortit de la salle de bain avant de se mettre au lit.
Le fugace instant de proximité qu'il avait partagé avec elle le frustrait. Il la désirait déjà depuis quelque temps, mais ce rapprochement soudain n'avait qu'accentué ce désir. Cette sensation qui le tiraillait de besoin qu'il ne pouvait assouvir. Et qui allait le malmener toute la nuit.
