Sous l'effet d'un halo émit par une baguette, la neige scintillait tel un diamant. L'air était doux, exceptionnel pour un hiver d'Écosse sous la neige. Du moins, c'est ce que ressentait Vitaly. Son corps irradiait d'une chaleur générée par l'événement précédent. Ce mufle que faisait à vouloir s'approprier Hermione.

Il l'avait vu refuser ses avances, s'éloigner de lui. Tout bon gentleman aurait respecté la jeune femme. Mais ça n'avait pas été le cas. Bien sûr, étant donné sa force de caractère, elle pouvait se défendre. Cependant il avait été pris par une sensation étrange. Celle-ci lui avait provoqué une crispation de ses mâchoires. Et c'était comme si son sang était en train de bouillir.

Cette sensation il ne la connaissait pas. Mais il avait compris qu'elle était bel et bien liée à la vue de ce vulgaire entraîneur près d'Hermione. Il soupira d'aise. Hermione...

C'était la première fois qui la voyait dans cette tenue. Et il ne pouvait que s'avouer qu'elle était à couper le souffle. Son corps gracieux était mis en valeur par cette robe, qui enserrait sa fine taille contrastant avec ses formes féminines. Elle était d'une élégance quasi féline, telle une panthère, aussi douce que redoutable

Son maquillage sublimait ses yeux parés de longs cils. Ces yeux noisette qui renfermaient une lueur particulière. Les flocons venaient de reprendre leurs virevoltes au gré du vent.

Le jeune homme expira bruyamment, faisant un petit nuage blanc de sa respiration, puis il extirpa de sa poche intérieure un petit paquet. Il en tira une cigarette. D'un coup de baguette, le bout devint incandescent et il s'assit sur un petit banc fait de pierre. Sa tête se redressa et il fixa l'astre lunaire briller entre les nuages.

-C'est un beau spectacle n'est-ce pas ?

C'était Hermione qui venait de s'approcher. Le derme de ses joues était rougi sous l'effet du froid glacial. Pour affronter le froid elle s'était couverte d'une cape blanc crème, ses cheveux en dépassant légèrement.

-Vous parlez des mâles qui se prennent pour des gorilles et s'en prennent à des femmes ? Répondit Vitaly en tirant sur sa cigarette.

-Non... Je parle de la lune. C'est grandiose non ? Ça permet de réguler les marées, influencer sur l'axe de la Terre, avoir un meilleur sommeil même.

-Merci, j'ai suivi les cours d'astronomie moi aussi... Mais je dois vous avouer que je n'en savais rien à propos du sommeil. Je vous remercie d'éclairer ma lanterne.

Après un instant de silence, Hermione décida de changer de sujet. Parler de la lune n'avait pas un grand intérêt pour elle.

-Au fait, je croyais que vous n'étiez pas friands de bals ?

-Il est vrai. Mais je suis venu aider mes collègues à surveiller les pubères agités, lui répondit-il en cherchant visiblement une excuse.

-Pourquoi, à ce propos d'ailleurs, n'êtes-vous jamais allé à un bal ?

-Parce que... Voyez-vous Miss Granger, j'étais le bouc-émissaire de mes camarades. Personne ne m'a jamais invité.

-Mais même si personne ne vous avait jamais invité, pourquoi n'y être jamais allé seul pour vous amuser ?

-Pas d'intérêt pour moi. Si je l'avais fait, je me serais retrouvé ridiculisé par tous ceux qui me méprisaient. Et une bonne partie dans ce cas-là représente l'intégralité des élèves de l'école. Puis personne ne voulait de moi, j'étais le vilain petit canard.

-Je trouve ça dommage... Elle leva les yeux vers lui pour répondre et baissa sa tête ensuite. C'était honnête de sa part. Elle songeait vraiment que Vitaly était très beau, malgré son caractère, c'est sûr qu'en comptant sur la superficialité qu'avaient les gamines de cet âge-là, il aurait pu être invité. Sa pensée fut interrompue par la directrice qui venait à leur rencontre.

-Eh bien. Cette soirée est pleine de rebondissement. D'abord Miss Granger qui nous fait l'honneur de sa présence puis Mister Anatolievitch qui nous rejoint pour un instant. Dites-moi, pourquoi vous n'êtes pas restés plus longtemps ?

-Votre entraîneur, devrait apprendre à mieux se tenir avec les dames, directrice McGonagall, lui répondit Vitaly en lui lançant un regard sombre.

-Merlin ! Je vous demande pardon jeune homme ? Répondit la plus âgée en portant une main à sa poitrine avec un air étonné.

-Madame, je suis désolée, a disons... Essayé de danser avec moi, alors que je ne voulais pas, puis il m'a suivie et... Elle fut immédiatement coupée par son collègue.

-Puis il s'est permis de tenter un rapprochement non désiré alors que Miss Granger ne souhaitait absolument pas un contact avec lui.

-Bonté divine ! Miss Granger, pourquoi n'êtes-vous pas venue vous adresser à moi ?

-Parce que Vitaly est arrivé assez rapidement et pour faire court, a mis l'entraîneur hors d'état de nuire.

-Vous m'en voyez profondément choquée et navrée. Ces hommes franchement...

-Merci de vous en prendre à mes congénères Madame McGonagall.

-Oh Mister Anatolievitch, je vous prie de m'excuser, je veux dire, une partie d'hommes mal éduqués se permettent des choses de la sorte.

-L'effet de l'alcool. Quand il m'a proposé de danser avec lui, j'ai senti un fort relent alcoolisé provenant de sa bouche, grimaça Hermione en haussant les épaules.

-Ce n'est pas une excuse Mesdames.

-Encore heureux ! Répondirent les deux femmes en cœur.

Ils restèrent encore un peu à discuter des quelques problèmes de comportement de la gent masculine sous l'emprise de l'alcool. La directrice se retira en les remerciant de leur présence.

-Maître Anatolievitch ? Avait murmuré la jeune femme, puisque depuis le départ de la doyenne de l'école de sorcellerie, il était resté sans dire un mot.

-Mh ? Grogna le jeune homme en réponse en dessinant des motifs dans la neige du bout de sa bottine.

-Vous voulez rentrer à l'intérieur ? La soirée n'est pas finie... Vous n'avez pas froid ?

Après réflexion, il lui répondit en serrant sa cape autour de lui ;

-Cette cape est suffisamment chaude pour que je reste à une température bien en dessous de zéro sans avoir froid... Mais vous devez être frigorifiée, poursuivit-il en faisant courir son regard noir sur sa silhouette frêle. Cette robe lui allait à ravir.

-Oui... C'est vrai... Allons-y.


La salle était en total délire. Il était plus de vingt-trois heures trente, seuls les élèves de dernière année avaient eu l'autorisation de la directrice de prolonger la fête étant donné leur âge. Ce n'était pas la seule raison de cette autorisation. Les examens avaient été brillamment réussis et l'équipe sportive était la favorite de la saison. Sur la piste, les jeunes gens dansaient, sautaient, criaient devant la scène où le groupe de musique jouait un air rock. Hermione suivie de son homologue masculin se dirigea vers le bar où elle décida de lui offrir un verre.

-Miss, je ne peux pas accepter.

-Voyons, vous n'allez pas vous comporter comme un mufle si vous ingurgitez une goutte d'alcool ?

-Non. Je ne suis pas ce genre de chose qui ne mérite même pas d'être défini par le mot "homme" siffla son interlocuteur l'air visiblement vexé.

-Bien. Prenez, et à la vôtre ! dit-elle en lui mettant un verre dans sa main.

-À quoi trinquons-nous ? Fit-il en haussant un sourcil.

-Eh bien... À la réussite de nos élèves et à votre première invitation à un bal !

Lui ? Invité ? Son cœur manqua un battement pendant une seconde.

-Oui, à la réussite et à mon intervention pour décimer la vermine qui se rend à ce bal.

Elle rit de bon cœur. Appuyés au bar, ils regardaient leurs élèves s'amuser. Cet amusement était bien mérité après ce premier trimestre qui avait commencé fort. La musique se fit plus douce et ils se mirent à lever leurs baguettes illuminées vers le plafond de la salle. L'éclairage était moins fort, la soirée était bientôt finie.

Le moment pour tenter un dernier rapprochement était arrivé et les élèves se mirent en couple pour l'instant d'une danse. Les deux collègues étaient restés en silence pendant un moment, sirotant leur verre et regardant les élèves. La foule s'écarta un peu et deux jeunes gens parvinrent au niveau de leurs professeurs. Une élève de gryffonfor et un élève de serpentard, le plus loquace de tous. L'élève leur lança en souriant :

-Ah, vous êtes là pile au bon moment des slows ! Quelle chance. Vous devez venir avec nous, c'est un devoir !

-Oh oui, Miss Granger, s'il vous plaît, dansez avec, fit la jeune fille émerveillée devant le fait qu'ils étaient beaux ensembles.

-Nous ne sommes pas là pour nous amuser les enfants, désolé. Sourit Hermione.

Ils étaient soudainement gênés par le regard pressant des élèves vers eux, voulant seulement qu'ils aillent danser sur la piste. Ils se mirent à protester évoquant des raisons hasardeuses et leurs professeurs se cherchaient des excuses. À l'autre bout, ils virent la directrice leur sourire en esquissant un signe de la tête, comme pour leur donner un accord informulé.

Une boule vint se former dans la gorge de Vitaly. Il savait danser, bien sûr, mais c'était angoissant pour lui de le faire avec sa collègue. Rapidement, il reprit le contrôle et lui tendit le bras pour l'emmener sur la piste. Sa grande main à lui se posa doucement sur la taille gracile et elle prit son autre main dans la sienne. Il initia le mouvement, la guidant et elle suivait le moindre pas de danse qu'il faisait. Autour d'eux, les jeunes étaient trop captivés par leur binôme qu'ils avaient pour regarder leurs professeurs danser. Pour eux, c'était tout à fait naturel qu'ils formaient un couple pour la soirée, ils n'étaient pas aussi âgés que les autres enseignants. En revanche, c'était moins naturel pour Vitaly qui malgré son jeune corps ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait un âge bien plus avancé que les autres pensaient.

Tout de même, le moment était très agréable. Ils valsaient en se regardant sans échanger la moindre parole. L'instant était comme figé dans le temps. À la fin de cette danse, il se permit d'aller plus vite et Hermione fut emportée dans une valse tourbillonnante et troublante. Son odeur masculine venait titiller ses narines ; l'odeur la plus virile et primale qu'elle avait pu sentir. La musique s'arrêta lentement et il se permit de la soulever par la taille vers le ciel. Sa tête couvrait une source de lumière lointaine. Pendant quelques secondes, il voyait ses cheveux autour de sa tête illuminés, ses reflets roux accentuaient l'impression de la voir briller comme un soleil. Avec délicatesse, il la reposa.

Dans les yeux de la jeune femme, il semblait si familier, si élégant ce soir-là. Il portait pour une fois une cravate verte comme le blason de la maison dont il était à la tête. Le modèle de sa chemise était différent aussi, moins stricte que d'habitude, le blanc contrastant toujours avec le noir, couleur qu'il arborait. Ses cheveux étaient attachés savamment, éloignant les mèches tombant dans les yeux en étant retenus dans un chignon partiel. Le reste de cette chevelure retombait sur ses épaules. Sa barbe joliment taillée, travaillée autour de ses lèvres. Quelles lèvres. En finesse et si rouges. Hermione la fixait, sans savoir que sa propre bouche était aussi observée. Des applaudissements se firent entendre et leur bulle fut brisée.

Le regard de Vitaly s'était s'assombrit, l'expression de son visage fermée. Minevra se rapprocha du centre de la piste en frappant dans ses mains et indiquant aux élèves qu'ils avaient un quart d'heure pour être couchés dans leurs dortoirs. À peine Hermione eut le temps de se retourner pour reporter son attention sur Vitaly, il commençait à s'échapper de la grande salle, comme un voleur. Il s'empara de sa main pour la retourner l'embrasser sur le poignet, là où la peau était si sensible à une attention pareille.

-Vous ne me connaissez pas. Avait-il dit en embrassant la peau où couraient les veines bleutées de la jeune femme.

Estomaquée, elle ne put bouger d'un centimètre. Elle n'entendait même pas la voix la directrice qui lui parlait.