Petit chapitre aujourd'hui qui dévoile encore bien des choses ;)
Le soleil projetait ses derniers rayons sur la plage en disparaissant peu à peu à l' ciel hivernal se parait d'une douce couleur lavande. La mer était calme, elle-même teintée de cette couleur.
La secousse qu'ils avaient subie en transplanant les avait projeté au sol. Visage face au roula sur son flanc avant de se relever péniblement. Il était affaibli. Son pansement n'avait pas tenu le coup. Par réflexe il passa sa paume pour épousseter la zone blessée mais ne fit qu'empirer les choses. Il grimaça. Des grains de sables pénétraient sa chaire à vif.
- Cesse de trifouiller ta plaie, viens, à l'intérieur tu pourras la nettoyer et mettre un nouveau pansement. Fit Draco en lui tendant le bras.
Devant eux se tenait une petite maison de bois à la peinture blanche. Il n'y avait rien aux alentours. À part une large plage de sable blanc. Assurément l'une des plus belles d'Angleterre.
Hermione était déjà entrée, préparant du thé pour se réchauffer. Sa demeure était froide, elle s'activa alors à préparer un feu, pendant que les deux jeunes hommes entraient.
Draco souffla bruyamment en s'installant dans le canapé du salon. Il était épuisé. Sa tête lui faisait encore mal. Le pauvre passait sa main sur l'énorme bosse.
Vitaly lui, restait debout sans bouger. Il semblait gêné.
- Eh bien installe-toi, fit Draco en lui désignant un fauteuil.
- Merci. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda le jeune homme en s'installant alors qu'il voyait Draco grimacer.
Celui-ci lui répondit d'abord avec un regard furieux.
- Tu m'as frappé ! Tu vas me faire croire que tu ne t'en souviens pas ?
- Oh... Pardon... Fit Vitaly gêné de lui avoir porté ce coup derrière la tête.
- Hermione ! T'as quelque chose pour les énormes bosses sur la tête ? Cria Draco sachant que la jeune femme était dans la cuisine.
Hermione fit alors son apparition, une théière à la main.
-Oui. Accio potion de desénflage ! Lança la jeune femme avant de se saisir de la fiole qu'elle donna à Draco.
- Merci.
Hermione servit un thé à chacun avant de s'installer confortablement. Elle semblait étrange, mais cela ne surprit pas Draco. Ses gestes étaient pleins d'assurance, seul son regard la trahissait. Ses yeux laissaient transparaître une expression anxieuse.
- Tes cours se sont bien passé Hermione ?
- Très bien Draco... J'ai appris beaucoup de choses aujourd'hui encore...
- Ah oui ? Tu me raconteras demain, je suis fatigué. Je peux prendre la chambre d'amis ? Marmonna Draco en se levant et s'étirant.
- Oui, je t'en prie. Repose-toi bien.
Le jeune homme la remercia en se dirigeant vers la chambre. Un lit confortable l'attendait. Il se laissa tomber sur le matelas, rebondissant mollement. Il allait enfin pouvoir se reposer. La journée avait été longue et bouleversante. Depuis la veille au soir il ne comprenait rien au déroulé des événements. D'abord Poudlard, ensuite Spinner's End et enfin la maison d'Hermione. Un moment d'accalmie dans cette journée harassante.
Il se redressa pour appuyer son dos contre la tête de lit et fixa en face de lui.
Une large fenêtre donnait sur l'horizon entre ciel et mer. Quel beau paysage. Le soleil avait déjà disparu mais il subsistait encore de la lumière. Il pouvait voir les vagues régulières qui se déroulaient jusqu'au rivage. Il resta un long moment à contempler et faire le vide dans sa tête. Totalement relaxé, il se rendit dans la salle de bain dans la chambre pour prendre une rapide douche. En s'installant sous la couverture il se sentit véritablement soulagé.
Depuis que Draco était parti, la tension ne faisait que monter dans le salon. Hermione et Vitaly se faisaient face. La jeune femme allait enfin savoir ce qu'il se tramait.
Sur le fauteuil en face d'elle, Vitaly se tenait presque recroquevillé, fuyant son regard. Il avait l'air d'un coupable pris la main dans le sac. En parfait hôte et maître de la situation elle lança le sujet.
- Eh bien. Quelle journée n'est-ce pas ? En moins d'une journée je vous retrouve blessé par je ne sais quoi, vous frappez Draco, fuyez et je vous retrouve à nouveau.
- Veuillez m'excuser Miss.
- Vous excuser ? Mais de quoi ? D'être un menteur ?
Vitaly releva la tête pour la regarder. Il était consterné. Qu'avait-elle cru comprendre ? Son regard était perçant.
- Je vous en prie, ne faites pas l'étonné. Vous savez comme moi l'immondice de vos actes. Vous pensez que je ne le saurai jamais ? Fit-elle en haussant le ton.
- Qu'est-ce que vous insinuez Miss Granger ?
Elle lui sourit ironiquement et sortit de sa poche des sortes de bandelettes colorées à leur base. Ensuite elle posa sur la table basse un flacon. L'homme en face d'elle fronçait les sourcils.
- Et qu'est-ce cela voudrait dire ?
Hermione se leva d'un bon et commença à faire les cents pas.
- J'ai voulu savoir ce que le flacon que j'ai retrouvé près de vous contenait. Et surprise. C'est du polynectar.
Vitaly commençait à se sentir bizarre. Non pas par sa déclaration, mais il sentait qu'il allait en dire trop.
- Un test pour connaître la composition d'une potion ? C'est brillant.
Même si vous aviez dû la reconnaître sans la tester. Votre expérience de félin ne vous a rien appris sur le polynectar ?
Touché. Mais la jeune femme ne laissa absolument rien transparaître. C'était elle qui posait les questions. Pas lui.
En face de lui, Hermione avait un sourire en coin et une lueur dans le regard qu'il ne lui connaissait pas. La jeune femme se réinstalla dans le fauteuil et lui dit d'un ton sournois ;
- Vous vous êtes bien documenté sur moi, Monsieur... Monsieur comment déjà ? Lâcha Hermione d'un air narquois.
- Vitaly Anatolievitch Prince.
Sa voix était presque réduite à un murmure comme s'il s'agissait d'un aveu.
L'expression qu'Hermione affichait n'était plus celle d'une personne sûre d'elle. La jeune femme avait l'air troublée. La situation tournait à son désavantage.
Avant qu'elle ne puisse répondre il s'était levé et dirigé vers elle pour qu'il la regarde droit dans les yeux. Un rapprochement qui renforça la tension entre eux. D'une voix toujours aussi faible il continua :
- Tout cela est bien trop compliqué à vous expliquer mais... Je vous laisse le droit de pénétrer mon esprit...
Étrangement elle sentit son ventre se nouer. Elle ne savait pas ce que c'était. De l'appréhension ? Toutefois une petite voix dans son for intérieur lui intima de le faire.
D'un signe de la tête, sans un mot elle lui fit comprendre qu'elle était prête.
Peu à peu elle se sentit plonger dans la noirceur de ses pupilles. Se sentant aspirée elle se détendit et se laissa aller. Aucune barrière ne se dressait contre elle. Elle glissa dans les méandres de ses souvenirs.
C'était un jour particulièrement orageux. Le ciel grondait fortement et la pluie ne cessait de tomber. Deux silhouettes se dessinaient devant les grilles de Poudlard. Une femme et un préadolescent. Argus leur avait ouvert la porte et la femme poussa légèrement son enfant qui semblait intimidé. Ils étaient attendus. Derrière la lourde porte de l'entrée principale se tenait une sorcière de quelques années son aînée. Elle escorta la jeune femme et son garçon jusqu'au bureau du directeur où l'homme la congédia. Il accueillit chaleureusement son ancienne élève et tenta de saluer son fils qui se blottit contre sa mère. Le vieil homme éclata de rire face à ce comportement farouche et les pria de s'asseoir.
- Bonbon au citron ? Fit-il en tendant une coupelle remplie devant lui pour qu'ils puissent se servir.
Puis il s'installa mieux dans son siège et demanda d'un ton calme et posé ;
- Eh bien, de quoi s'agit-il ?
- J'ai besoin... D'un service... J'aimerai éviter le pire.
- Voyons ! Ne parlez pas comme ça, ce n'est tout de même pas si grave non ?
La femme releva le visage vers lui. Elle semblait réellement inquiète. Le directeur reprit ;
- C'est par rapport à ce jeune homme ? Dis-moi, quel âge as-tu ? Fit-il en s'adressant au garçon.
Le vieil homme ne pouvait rien voir derrière la cascade de cheveux qui déferlaient sur son visage. Sa mère décida de répondre à sa place.
- Oui, c'est à son propos. Il a eu onze ans en janvier.
- Eh bien ! Tu pourras bientôt faire ta rentrée à Poudlard n'est-ce pas ? Tu dois être ravi, non ?
En réponse le garçon souffla. Cela n'avait pas l'air de l'enchanter. Sa mère le rassura.
- Écoute... Je dois faire quelque chose pour nous protéger... Je pense que tu auras réponse à certaines de tes questions...
Elle repoussa de ses doigts une de ses longues mèches pour le regarder dans les yeux.
- Fais-moi confiance d'accord ?
- Oui maman... Fit son fils en relevant les yeux sur elle.
Le directeur leur souriait et fit un signe de tête, il était tout ouïe.
- Bien... Je sais que dans peu de temps, mon fils rentrera à Poudlard, il va bientôt recevoir sa lettre mais... Vous devez changer une information...
- Pourquoi ?
- Parce que... Mon mari sera furieux... Il lit le courrier vous savez ... Et J'ai tellement peur... Fit la femme en chuchotant presque.
- Allons... Calmez-vous... Quel est le problème ? Il ne sait pas que son fils est sorcier ?
- Non... Il ne sait pas que ce n'est pas son fils.
La femme se tourna vers son fils, redoutant de voir un regard plein de rage. Mais rien. Le garçon attendait simplement. Il n'avait pas l'air plus impacté que sa mère. Elle souffla et se passa les mains au visage.
Des larmes roulèrent de ses yeux et elle se mit à sangloter.
- C'est quoi le problème exactement maman ? Fit son fils l'air visiblement inquiet.
- Le... Certificat de naissance sorcier... Hoqueta la femme en essuyant ses larmes.
Le directeur se décida alors à lui faciliter la tâche
- Lorsqu'un enfant naît, un certificat magique relève son identité automatiquement. Et il sert à envoyer plus tard une lettre pour avertir l'enfant qu'il est temps d'aller à Poudlard...
- Et il ne faut pas que Tobias découvre que son nom ne figure pas sur la lettre. J'ai donc besoin qu'on modifie ce certificat pour qu'il n'en sache rien... Pardonne-moi.
Son fils ne lui répondit pas et se contenta de hocher la tête. Ses yeux étaient rivés dans le vide.
- Bien. En temps normal, c'est un acte de falsification et vous risqueriez gros avec le ministère...
- Mais je... Fit la femme avant d'être coupée par son aîné.
- Mais je vais le faire pour vous et votre enfant. Nous avons justement reçu les certificats de naissance.
D'un pop sonore un parchemin se matérialisa devant lui. Il réajusta ses lunettes sur son nez et lut le document.
- Vitaly Anatolievitch Prince, fils d'Eileen Prince et d'Anatoli Viktorovitch. Né le neuf janvier de l'année 1961, tu seras à présent...
- Severus Snape... Murmura Eileen.
Affaiblie Hermione retomba dans le fond de son siège. Ses membres se crispaient, son souffle devenait court. Dans sa poitrine son cœur se serrait, il cognait si fort. Sa voix était piégée dans sa gorge. Elle sentait ses lèvres bouger nerveusement, mais aucun son. Sa vision commençait à se réduire. Un voile obscur traversa son regard jusqu'à la plonger dans le noir.
Draco se réveillait lentement. Il sentait qu'il avait beaucoup dormi. C'était comme être dans du coton. Il bailla avant de s'étirer et s'asseoir. D'un coup il se souvint de où il était. Les événements de la veille étaient encore flous et il ne préféra pas y prêter attention. Il avait très soif. Un tour dans la cuisine s'imposait.
Au détour du couloir il vit que la lumière était toujours allumée dans le salon. Là, sur le canapé, Hermione dormait. Elle était couverte d'une cape. Ce n'était pas dans ses habitudes. Cela parut étrange à Draco qui décida de la mettre dans son lit. Il l'installa avec douceur sous une couverture.
Enfin il put se rendre à la cuisine pour se servir un grand verre d'eau qu'il vida en quelques secondes. Lorsqu'il alla le poser dans l'évier, il distingua une silhouette sur la plage, devant un feu. Hermione avait placé des sorts de protection, aucun moldu ne pouvait s'approcher, ni d'autres sorciers.
Inquiet il s'empara rapidement de son manteau et traversa la véranda avant de sortir sur la plage. Il s'approcha et reconnu la personne qui se dressait face à lui.
- Excuse-moi pour aujourd'hui Draco...
- Oh non t'inquiète pas ! J'ai bien dormi avec ce bon coup, ça m'a assommé, fit Draco en riant.
Vitaly fixait les flammes danser devant lui, l'air perdu.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Elle a appris la vérité Draco.
- Oh... Comment ?
Son aîné lui désigna une place devant le feu et près de lui. Le jeune homme obtempéra et s'installa.
- Eh bien je soupçonne cette maline d'avoir utilisé du veritaserum pour me faire parler. Disons que... Par pudeur j'ai préféré faire parler mes souvenirs.
- Et qu'est-ce que tu lui as montré ?
- C'était jusqu'à ce jour mon secret le mieux gardé. Mais à présent, tu as le droit de le savoir... Quand j'ai eu onze ans, j'ai compris toute la violence de celui qui m'avait élevé. Je n'étais pas son fils.
Draco tiqua. Sa mâchoire se décrocha sous l'effet de la surprise. Il n'aurait jamais pu le deviner.
- Tobias avait quitté ma mère après leurs fiançailles. Alors pendant une visite à sa famille à Moscou, elle a rencontré Anatoli. Un sang-mêlé Russe, du même âge qu'elle. Ils ont passé des moments forts... Et me voilà. Né quelque temps après qu'elle se soit finalement mariée à Tobias.
- Je... Je n'en savais strictement rien.
Un long silence pesa, les buches craquaient en se consumant. Vitaly se redressa et regarda Draco.
- Je dois partir.
- Mais pourquoi ?
- Cette journée a dû être particulièrement éprouvante pour vous. J'en suis désolé. Je ne vais pas déranger plus longtemps.
Draco souffla. Il avait bien compris la logique de cet homme. Il était d'une nature très pudique et ne se dévoilait jamais. Vitaly devait se sentir vulnérable et comme un animal blessé il devait se cacher.
- J'ai compris... Si tu as besoin, j'habite à Camden Lock, passe me rendre visite. Jamestown road... Tu t'en souviendras ?
- Bien sûr... Prends soin de Miss Granger, d'accord ?
- Promis... Passe me rendre visite...
- Je n'y manquerai pas.
- Merci...
L'homme se tourna et transplana directement. Sans se retourner. Draco se laissa tomber dans le sable. Plus le temps passait plus il apprenait des choses qu'il n'aurait jamais soupçonné.
Bonnes fêtes , et à très vite pour le chapitre 17 qui est en cours d'écriture.
