Encore un nouveau chapitre aujourd'hui ! Merci pour tous vos gentils commentaires :) Et , oui un bon twist comme j'aime ;) Bon réveillon et joyeux noël !
Quand Hermione ouvrit les yeux, les premiers rayons du jour filtraient à travers les rideaux. Mentalement elle essaya de refaire le cheminement de sa journée jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Mais voilà. Elle ne se souvenait de rien. Comme si elle essayait de se souvenir des bribes d'un rêve qui s'effaçait déjà de sa mémoire. La seule chose dont elle était certaine c'est qu'elle était chez elle.
La jeune femme décida enfin à se lever. La journée promettait d'être ensoleillée, en poussant les rideaux, elle ne vit aucun nuage, juste la pureté azure d'un ciel d'hiver. Un passage à la salle de bain s'imposait.
Les cheveux pris en torsade dans une serviette, elle se rendit à la cuisine. Un bon thé chaud lui ferait le plus grand bien. Elle s'activa à chercher sa théière. D'habitude elle la posait toujours sur le plan de travail. Un si gros objet ne pouvait pas disparaître. En levant les yeux elle aperçut quelqu'un sur la plage. Hermione prit son manteau et sortit.
À quelques mètres de la maison, Draco était assis près du feu. Il l'avait entretenu toute la nuit. Le jeune homme fut surpris de voir Hermione arriver.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Fit-elle interloquée.
Draco se releva en lui faisant face.
- Tu débloques Mione, tu te souviens de rien ?
- Je devrais me souvenir de quoi ?
Merlin. Voilà qu'elle commençait à perdre la mémoire. Son ami cru d'abord à une plaisanterie.
- Oui, bien sûr tu ne te souviens pas de l'épopée qu'on a vécue en un jour.
- Je... Non...
L'air vague presque perdue, elle semblait dans une intense réflexion. Non, elle ne se souvenait de rien. Personne ne pouvait feindre de perdre la mémoire. Draco soupira. Il allait devoir faire avec. Il ne savait pas comment.
- C'est toi qui as pris ma théière ?
- Quoi ? Lâcha Draco qui était encore dans ses pensées.
- Ma théière.
- Ah oui... Je me suis fait du thé. Tu en veux ?
Son amie hocha la tête et il fit apparaître une autre tasse qui lui remplit avant de lui donner.
Ils restèrent en silence à regarder la mer et boire leur thé. Draco se sentait dépourvu. Lui avait certes du mal à réaliser et à comprendre le retour de son parrain, mais elle, était dans le déni le plus total. Il se dit à lui-même qu'après tout, c'était logique. Elle était choquée. Il commençait déjà à s'inquiéter pour elle. Et si elle perdait à jamais la mémoire ? Merlin, ça ne pouvait pas arriver à Hermione !
D'ailleurs celle-ci ne semblait en rien touchée par la situation de la veille. Elle regardait simplement le paysage, sereinement. Bien trop sereinement aux yeux de son ami. Hermione l'avait sauvé, il était dans un état déplorable lorsqu'elle l'avait trouvé. N'importe qui aurait été complètement perturbé. Mais elle non.
Bien. Si elle était ainsi, il fallait la laisser. Draco ne préféra pas remuer le couteau dans la plaie en lui parlant de la veille. Il ne savait pas comment elle allait réagir. Ni comment cela allait l'impacter.
Alors il profita de cette douce matinée. Le bruit des vagues, l'odeur iodée, le rassurait. Il se sentait serein et incroyablement bien reposé. Il s'allongea sur le sable, les mains sous sa tête. Hermione le tira de cette méditation.
- Tu es arrivé comment ?
Après un long moment de réflexion, il préféra lui mentir.
- Nous sommes venus tous les deux en transplanant hier. Tu étais très fatiguée et tu t'es endormie.
- Oh... Désolée.
- Oh non c'est pas grave. J'ai passé un bon moment.
Après une bonne heure à fixer le ciel, il se décida à rentrer. Le feu était éteint et il mourrait de faim.
À l'intérieur Hermione s'installa sur le canapé pendant qu'il préparait à manger. Il trouva des pâtes, de la sauce tomate et une bouteille de vodka dans le placard. Le jeune homme commença donc à cuisiner. Hachant l'ail avant de le faire revenir et ajouter la sauce et faire mijoter le tout. Il lorgna la bouteille pendant que les pâtes finissaient de cuire. Sans véritablement réfléchir il se servit un shot de vodka. Après une journée pareille lui aussi voulait oublier, comme Hermione.
Une fois le plat terminé il l'appela pour déjeuner. Elle remercia chaleureusement son ami de cette attention. Elle appréciait sa cuisine.
Les deux amis déjeunèrent et passèrent leur après midi à s'occuper chacun de leur côté. Hermione corrigeait ses copies et Draco lui se promenait sur la plage. Contrairement à la veille, la journée passa bien vite.
Le lendemain se déroula de la même manière. Hermione était toujours aussi impassible. Cela irritait Draco. Comment pouvait-elle oublier tout ça ? Il ne comprenait rien. En début d'après-midi il se décida à rentrer. Il travaillait le lendemain.
Avant de partir il remercia Hermione de son accueil et lui demanda de lui donner de ses nouvelles. Ils s'embrassèrent puis il disparu dans les flammes vertes de la cheminée.
Le soleil était enfin revenu à Poudlard, faisant fondre la neige tombée en abondance les mois précédents. Hermione venait de rentrer après s'être occupée de mettre de l'ordre chez elle. Malheureusement elle trouva ses appartements dans un état désastreux. Flacons de potion, mortiers, ingrédients, compresses. Tout était étalé sur le sol. Elle inspira profondément. Un sort de rangement et nettoyage s'imposait. Elle n'avait pas envie de s'embêter. Une fois que ce fut fini elle s'installa dans son fauteuil et pris un livre. Ses copies étaient toutes corrigées et ses cours prêts. Elle allait pouvoir commencer sa semaine de la meilleure des façons.
Vitaly errait dans un capharnaüm sans nom. Sa maison d'enfance, avait été saccagée. Avec toutes ces révélations, il avait eu besoin de se recueillir. Retourner là où tout avait commencé, serait plus juste dans ce cas. Se retrouver sur les cendres d'une époque révolue. Les pillards avaient défoncé la porte d'entrée et l'avait remise tant bien que mal. Il suffisait juste de l'enfoncer et de se faufiler dans son encadrure. Elle n'était plus occupée. La bâtisse s'était parée de toiles d'araignée et de crasse. Les murs étaient salis d'inscriptions les plus haineuses. "Bâtard" "Traître" "Chien". Ces tracés grotesques faisaient guise de papier peint sur les murs qui étaient autrefois immaculés.
Sa bibliothèque, qu'il avait mis tant de soin et d'années à remplir n'était plus. La grande majorité des livres faisaient office de confettis. Les fauteuils éclatés reposaient sans pieds au sol. La fenêtre brisée par un jet de cailloux sans doute, laissait passer une brise glacée. Le portrait familial, qui autrefois ornait la cheminée était calciné au sol. Il ne subsistait que quelques morceaux. Une main forte et imposante d'homme. Les yeux d'une mère. Les joues creusées et les lèvres pincées d'un jeune enfant. Vitaly se laissa tomber à genoux dans cet amas de livres et de plumes. Sa main se porta à l'un des morceaux. Les yeux de sa mère. Pleins d'inquiétude pour le futur, pleins de regrets du passé... La pauvre femme avait tout fait pour protéger son fils. Qui de part son engagement dans les ténèbres l'avait précipité à sa chute. Assassinée cruellement. Il avait appris plus tard que le Lord l'avait fait par plaisir. Par simple amusement de voir ce que cela provoquait de perdre l'amour inconditionnel d'une mère. Pour transformer en monstre froid, un jeune homme déjà blessé par la vie. C'était lui, le monstre cruel.
Sa gorge se serra. Mais il se raisonna. Pleurer ne servait à rien. Cela ne ramenait pas les morts, cela ne réglait pas les injustices. Il prit quelques instants pour se ressaisir. Cela faisait des années qu'il n'était pas venu. L'émotion était forte. Il se fit violence. D'un geste hésitant, il attrapa le morceau qu'il fixait. À peine l'avait il saisit qu'il s'était réduit en poussière. Il poussa un cri de rage. Se releva, donnant un coup de pied dans le tas au sol. Tout vola autour de lui. Excédé il projeta son poing dans le mur le plus proche. D'un coup sec. Un impact resta au mur. Et un autre sur sa main, ensanglantée. Il pesta puis se rendit dans la cuisine en face. L'eau peina à couler du robinet. La tuyauterie faisait un bruit saccadé, puis aiguë, avant de laisser passer un fin filet d'eau. La sensation du froid le crispa. Sa main avait déjà doublé de volume.
La cuisine était tout aussi saccagée. Les autres pièces avaient dû subir le même n'eût pas le courage de se rendre dans les chambres. Il était dégoûté de ce champ de ruine. Il s'était finalement assis sur le sol froid au milieu de ses souvenir anéantis.
Soudainement il tiqua. Il avait aménagé la cave et elle était protégée par un sort. D'un bond il s'était relevé et rendu dans l'entrée. Là il pria pour que personne n'ai pu y pénétrer. La baguette à la main il se rendit à l'emplacement exact. Dans un murmure il lança le mot de passe. Le bois du parquet craqua et un passage se fit entre les planches. Il soupira puis alluma sa baguette.
S'engouffrant dans l'escalier il fut pris par un sentiment de nostalgie. Cela faisait une vingtaine d'année qu'il n'y avait pas mis les pieds. Son refuge, lorsqu'il se retrouvait seul avec son père, c'était le seul endroit où il pouvait se cacher. Et tout était intact. Il restait la paillasse pour faire des potions, le petit lit de camp, une armoire. Lentement il ouvrit le meuble et une odeur monta subitement à ses narines... Cette senteur particulière liée à son adolescence. Mélange de bois de cèdre et vétiver. Un parfum qu'il appréciait beaucoup à l'époque. Ses affaires étaient là, pliées. Il y avait quelques livres en plus. Il se sentait plongé dans une bulle temporelle. Et il avait toujours besoin de refuge.
Ainsi le temps s'écoula sans qu'il ne s'en rende compte. Il était dans son cocon, il ne voulait pas en sortir. Il était ce jeune adolescent, perdu, ne sachant pas quelle était son identité. Plongé dans sa réflexion, en méditation il restait allongé. Sans faire le moindre mouvement. Qui était-il ? Un bâtard ? Un traître ? Une vermine ? Dans sa tête les voix raisonnaient. C'était comme s'il entendait toutes les insultes qu'il avait reçues dans sa vie. Et les secondes, les minutes, les heures et les jours passèrent en même temps que ce flux de pensées. Il était fatigué. Il n'avait ni dormi, ni mangé et arrivé au bout de cette torture mentale, il ne restait rien. Rien, sauf quelque chose qui refit surface, comme une bouteille à la mer. Sa voix. Il l'entendait. Elle lui avait parlé, elle lui avait dit qu'il n'avait pas mérité cette vie. Il se releva et passa ses mains sur son visage. Mais Hermione avait douté de lui. Il ne savait plus quoi faire. Il ne devait pas rester comme ça. Ses pensées auraient raison de lui. Et il ne pouvait pas se laisser dépérir. Après des jours de solitude il refit surface.
Près du canal, il remontait la rue d'une façon fantomatique. Il ne sentait plus son corps. Il marchait allant là où ses pieds le mèneraient. Au détour d'une rue, il senti une main s'abattre sur son épaule, le faisant chanceler. Brusquement il se retourna. Il faisait à présent face à Draco. Le jeune homme le serra dans ses bras. Il était heureux de le voir. Chaleureusement il l'invita à le suivre pour lui montrer son appartement.
À l'intérieur Draco fit asseoir son invité et partit dans la cuisine préparer quelque chose. Il en revint immédiatement avec de quoi préparer du thé et des scones. Son parrain affamé s'empara des gâteaux et les dévora un à un devant Draco, amusé, il ne l'avait jamais vu ainsi.
- Tu n'as pas mangé depuis quand ?
- M'en rappelle pas, fit Vitaly après une gorgée de thé.
Draco le regarda médusé. Mais il le laissa s'alimenter sans le tourmenter de questions. Une fois qu'il eut finit , ilcommença timidement :
- Bon je sais que tu ne veux pas en dire trop. Tu n'aimes pas te dévoiler et je respecte ça. J'aurai juste aimé savoir comment c'était possible. Mais, j'apprécie que tu sois là parrain. Vraiment. Merci.
- Tu n'as pas à me remercier Draco.
- Tu es retourné à Poudlard ?
- Non... J'avais besoin de temps.
- De temps pour ? Fit Draco visiblement intéressé.
- Je ne sais pas. Digérer tout ça.
Draco comprenait que Vitaly allait en avoir besoin d'encore beaucoup de temps pour gérer la situation. Alors il se décida à lui offrir sa présence et de son temps. Draco voulait profiter de sa présence. Tant d'années seul. Sans la moindre famille. Il était si heureux d'avoir enfin retrouvé son parrain. Enjoué Draco se décida à préparer un repas.
À Poudlard les cours venaient de s'achever. Hermione avait passé deux semaines très calmes. Aucune agitation, aucun problème de discipline. Elle fut surprise quand à la fin du cours un élève l'attendait, seul à la porte.
- Eh bien jeune homme ? C'est une question sur les cours ?
- Euh... Eh bien non Madame... C'est autre chose.
Hermione referma la porte derrière elle et fit face à l'élève.
- Je t'écoute, de quoi s'agit-il ?
- C'est rien Madame... C'est juste que je voulais savoir si le professeur Anatolievitch était toujours malade.
À ces mots, elle eût le souffle coupé. Sous ses yeux repassait tout ce qu'elle avait vu. Ses souvenirs, son nom, son vrai nom, qu'elle avait entendu de la bouche de Dumbledore et de la sienne. Un poids énorme pesait sur sa poitrine. L'élève cria à l'aide. La jeune femme était devenue pâle et en quelques instants, avec le choc, elle était tombée.
Une lumière aveuglante lui brouillait la vue. Elle était allongée et elle pouvait sentir quelqu'un s'activer autour d'elle. On l'appelait, elle entendait des voix lointaines se rapprocher. L'infirmière. Hermione pouvait sentir cette odeur si caractéristique de cet endroit. La bouche pâteuse, elle peina à parler.
- Ah ! La voici qui se réveille ! Miss Granger vous allez bien ?
- Oui...
- Eh bien vous avez fait une belle chute, m'a-t-on dit. Votre tête a pris un choc.
- Vous parlez d'un choc, murmura la jeune femme pour elle-même.
L'infirmière s'approcha d'elle et lui passa la main au front. Elle était brûlante.
- Il serait préférable de vous garder pour la soirée Miss.
L'intéressée protesta immédiatement.
- Non, je vais bien, c'est une hypoglycémie, rien de grave.
L'infirmière fronça les sourcils. La jeune femme se préparait déjà à partir, récupérant sa cape. Elle n'avait pas le choix, elle était adulte et s'était relevée facilement.
Arrivée dans son appartement, Hermione se précipita à la cheminée. S'il y avait bien une personne à qui elle pouvait en parler, c'était Draco.
Elle patienta un bon moment devant l'âtre avant de voir le visage de son ami se dessiner.
- Oh Hermione ! Salut ! Comment tu vas ?
- Disons que j'ai fait un malaise, mais ça va.
- Comment ça ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Vitaly. Tout m'est revenu. Et je... Je ne comprends pas ce qu'il se passe, et je m'en veux d'avoir réagi de la sorte et...
- Hermione calme-toi. C'est normal. Ce n'est pas anodin je sais.
- Je me sens perdue...
- Ça va aller... Détend toi, fais quelque chose, occupe-toi.
- Tu as raison... Je crois. Je te laisse, je vais aller me coucher.
-Tu ne veux pas que je reste ?
- Non, ça va aller Draco. Bonne nuit.
- Fais attention à toi, bonne nuit.
Le visage de la jeune femme disparaissait dans les braises incandescentes. Draco se releva et s'appuya contre le mur. Son parrain lui faisait face et avait tout entendu. Ses poings étaient crispés, ses mâchoires contractées.
- Je vais démissionner.
- Hein mais quoi ? Mais non ! Pourquoi ?
- J'ai bien fait trop de dégâts. Je dois fermer ce chapitre et m'en aller.
- Mais tu dis n'importe quoi ! Quel dégât tu aurais fait ? On est heureux que tu sois là !
- Elle est choquée... Et ce n'est pas étonnant. Regarde qui je suis. Un bâtard de cachot hideux.
- Je ne vois pas ça en toi. Et elle non plus ne voit pas ça. On voit tout sauf ça. Accepte-le. Fais-nous confiance.
Vitaly s'emparait de sa cape et se dirigeait dans la cheminée. Avant il se retourna vers Draco. Il le fixa tristement. Il ne voulait pas que son parrain s'en aille. Il le suppliait du regard.
Prenant une inspiration, il se saisit de la poudre de cheminette. Il avait disparu une fois de plus.
