Hey ! Petit chapitre pour clore cette année. Merci à vous de me suivre, de me lire et de m'aider à améliorer mon contenu. Bonne lecture et bonne année :)

Petite réponse aux reviews ; oui en effet Vitaly fuit beaucoup. Mais il ne pourra bientôt plus ;)


Le temps était particulièrement maussade à Londres. La pluie battait le sol et les carreaux si fort que Draco n'entendait que ça. Il n'arrivait pas à penser. De la fenêtre de sa chambre, il regardait le canal, sa surface était déformée par les clapotis de l'averse. Il venait à peine de rentrer chez lui. Par chance il n'avait pas pris ce déluge sur la tête. Avoir sa belle chevelure blonde ruinée par la pluie ? Non merci. Avant de rentrer, après le travail, il avait fait quelques emplettes. En sortant de l'épicerie fine, les nuages s'étaient rapidement condensés et avaient d'abord craché une pluie fine qui s'était rapidement changée en véritable déluge. À présent, Draco ne pouvait plus rien voir à travers ses vitres. Il quitta son poste d'observation pour se diriger dans la cuisine.

Il se servit un verre d'eau et grignota quelques biscuits. Enfin, il s'installa dans son canapé. Nerveusement il se rongea les ongles. À vrai dire il craignait pour son parrain. Les choses se passaient pourtant pour le mieux à Poudlard. Malheureusement Vitaly voulait fuir. Draco était exaspéré. Il ne comprenait pas ce revirement soudain. Et l'homme ne se confiait que très peu. Tout cela lui remua les méninges. Son parrain était bien trop complexe pour qu'il puisse le cerner. Lorsqu'on croyait l'avoir compris, finalement on s'apercevait du contraire. Il lui filait toujours entre les mains.

Le jeune homme feuilletait quelques livres en attendant de préparer à dîner. Son amie lui avait laissé quelques ouvrages moldus qu'il appréciait. Le parfum de Patrick Suskind en faisait partie. Il avait suspendu sa lecture il y a quelque temps. Draco aimait tant ce roman qu'il n'avait pas voulu le finir tout de suite. Posé sur l'étagère près de la cheminée, le livre lui faisait de l'œil. C'était décidé, il allait enfin le finir. Confortablement installé il se plongea dans l'histoire sombre de ce jeune maître parfumeur. Il était tant immergé dans l'histoire que la fin le choqua. Le jeune homme resta bouche bée devant son livre. D'ailleurs il était si étonné qu'il n'avait pas remarqué que quelqu'un venait d'utiliser la cheminette.

- Tu l'as fini n'est-ce pas ? Fit Hermione en s'installant près de lui.

- Oh. Merlin. Mais pourquoi ? Marmonna Draco visiblement surpris, les yeux toujours rivés sur la dernière page.

- J'ai eu la même réaction que toi quand je l'ai fini.

- Mais il était si beau... Si sublime ce roman. Mais la fin…

- Chaque bonne chose a une fin Draco. Ajouta son amie d'un air triste qu'il remarqua immédiatement.

En refermant le livre il avait relevé les yeux vers elle. Ses yeux étaient rougis. Lorsqu'elle vit qu'il la regardait, elle joua nerveusement avec ses mains. Draco cru comprendre de quoi il s'agissait mais préféra lui demander :

- Mione... Qu'est-ce qu'il ne va pas ?

La jeune femme souffla et se passa nerveusement une main dans sa chevelure. Elle commençait à jouer avec ses mèches quand elle se décida à parler.

- Je... Désolé Draco. Je t'ai pas averti du fait que je comptais venir, avait fait la jeune femme gênée.

Le jeune homme l'enlaça brièvement avant de lui répondre sincèrement.

- Mais ce n'est rien Hermione ne t'inquiète pas. Tu as besoin de me parler de quelque chose ?

La jeune femme se mordit les lèvres. Immédiatement Draco eût déjà confirmation sur ses doutes. Il voyait bien son inconfort. La seule chose qu'il attendait était de voir ce nom sur ses lèvres. Ces trois syllabes.

- C'est à propos de Vitaly.

Bingo. Il le savait. Mais ne voulant pas que son amie comprenne que c'était évident, il fit mine de ne rien savoir. Mais intérieurement il jubilait.

- Oh... Je comprends.

- Il va partir. Je ne sais pas pourquoi, avait soufflé Hermione les yeux dans le vide.

- Je crois avoir ma petite hypothèse, affirma Draco en allant à la cuisine servir un verre à son amie.

Hermione resta interloquée. Mais elle voulait le savoir. Elle suivit Draco du regard jusqu'à ce qu'il revienne près d'elle.

- Il n'a pas l'habitude de... Disons... Être proche de quelqu'un, reprit le jeune homme après un court silence.

- Tu veux dire que je l'ai fait fuir ? Avait lâché Hermione d'un ton amer.

- Non Hermione loin de là. Il se déteste. Jamais il ne laisse des personnes s'approcher de lui.

Le jeune homme vit son amie se figer. Elle avait arrêté de jouer avec ses cheveux.

- Comment ça ? Avait répondu Hermione une lueur dans les yeux.

- Je peux te poser une question ?

Le cœur d'Hermione manqua un bon. Elle éprouvait toujours un léger stress lorsqu'on lui posait ce genre de question.

- Eh bien... Vas-y.

- Il s'est passé... Quelque chose avec lui ?

Cette question sonnait plus comme une affirmation. Draco connaissait très bien son amie. Il l'avait parfaitement cernée. Et ses expressions et, sa façon de dire les choses dévoilait beaucoup de choses. Cette dernière était justement en train de se serrer les doigts nerveusement, cherchant ses mots.

- Comment tu le sais ?

- Tout le porte à croire. Comment tu m'en as parlé pendant les vacances de Noël. Comment tu as pris soin de lui. Même la façon dont tu parles de lui.

- Oui. Ça doit être ça. Je l'ai dégouté, avait-elle fait d'une voix grave.

- Mais non Hermione.

Draco lui avait répondu sur un ton rassurant. Malgré elle, elle lui avoua ;

- Je n'aurai pas dû l'embrasser. Peut-être qu'il ne le voulait pas. Souffla la jeune femme embarrassée par cette confidence.

- Oh par Merlin ! Wow. Tu l'as... Embrassé !

Draco se mit à rire nerveusement. Il s'était relevé pour se servir un verre. Un grand sourire étirait ses lèvres.

- Je te dégoûte aussi ? Avait répondu Hermione en voyant son expression.

- Quoi ? Non ! Absolument pas. En fait je suis même soulagé.

- Mais, pourquoi ?

- Parce qu'avec tout ce que Voldemort faisait avec les femmes était... Répugnant. Le mot n'est même pas assez fort en fait. C'était abject. Et je sais qu'il n'y a jamais participé. Il en était malade d'être forcé à regarder. Et tu vois, je pensais que jamais il aurait été capable d'approcher une femme après ça.

Hermione ne savait pas quoi lui répondre. Elle connaissait la noirceur des pratiques des mangemorts. En pensant à toutes les horribles choses qu'il avait dû voir, elle ressentit un pincement au cœur.

- Il ne méritait pas ça.

- Non Mione, il ne méritait pas ça. Et il mérite d'être heureux.

Hermione n'avait rien de plus à ajouter. C'était la vérité. Tout naturellement ils changèrent de conversation. Cela faisait bien deux semaines qu'ils ne s'étaient pas vus. Du côté de Draco tout se passait pour le mieux. Au travail c'était le calme plat comme d'habitude. Mais très vite la conversation dévia quand Hermione expliqua la réaction de Pomfresh dans l'infirmerie.

- Donc tu vois je me réveille et je sentais que ça allait bien. Mais bon, elle voulait quand même me garder. Toujours aussi protectrice.

- Eh bien je pense que c'est normal. T'as fait une chute et t'as eu un choc assez fort. D'ailleurs si je peux me permettre, comment ça t'est revenu comme ça d'un coup ?

- Je ne sais pas. Je parlais avec un élève, il s'inquiétait de pas le voir revenir. Et tout m'est revenu. Quand je l'ai trouvé, qu'il me l'a dit, que je n'y croyais pas. Puis quand on était chez moi et qu'il m'a dévoilé une partie de ses souvenirs.

- D'ailleurs, qu'est-ce qu'il s'est passé au juste ?

- Étrangement il m'a laissé voir ses souvenirs. C'est là que j'ai appris sa véritable identité. Puis je pense m'être évanouie.

- Et le lendemain tu te souvenais de rien. Honnêtement j'ai un doute sur quelque chose.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Est-ce qu'il aurait pu lancer un sort pour ta mémoire ?

- Mais pourquoi ?

- Je ne sais pas. T'es la première personne à qui il a montré sa vraie identité. Je ne le savais pas, personne le savait.

- Alors pourquoi m'aurait-il effacé la mémoire après m'avoir tout dévoilé ? Et s'il m'a vraiment effacé la mémoire, pourquoi ne pas l'avoir fait définitivement ?

- Pourquoi ? Je ne sais pas moi. C'est l'homme le plus énigmatique que je connaisse. Mais s'il te dit plus de choses qu'à tout le monde pourquoi ne pas lui demander ? Ajouta Draco un sourire en coin.

- Je ne peux pas. Je ne sais pas comment l'approcher et...

Draco avait posé sa main sur son épaule et lui avait répondu d'un ton déterminé.

- Vas-y naturellement. Comme t'as toujours été avec lui.

- Je ne sais pas. De toute manière il compte partir. Sa malle était prête, répondit tristement Hermione.

Draco se rapprocha de son amie et l'étreignit. Il savait qu'elle était blessée par le départ de Vitaly. Même si elle ne l'avouait pas explicitement, cela crevait les yeux.

- Je suis quand-même content qu'il soit revenu dans ma vie et que tu sois là. J'espère que tout s'arrangera.

Hermione sourit à son ami. Même dans des situations difficiles il ne désespérait pas et gardait de l'espoir. Le temps était passé bien vite et les deux jeunes gens avaient faim. Ils passèrent donc à la cuisine, préparant ensemble le plat tout en discutant.

Ils poursuivirent leur soirée en discutant près de la cheminée. Cela ne dura pas longtemps, Hermione était exténuée.

- La potion sans rêve que j'ai pris hier soir était bien trop forte et je me sens encore épuisée. Je vais te laisser, je tombe déjà de fatigue.

- T'inquiète pas, je vais aussi bientôt aller au lit. Bonne nuit Hermione.

- Merci à toi aussi Draco, lui avait répondu son amie pleine de tendresse.


Elle aimait beaucoup son amitié avec Draco. Même si cette dernière n'était pas une évidence. Pendant des années il l'avait méprisée et elle l'avait détesté. Mais la disparition de leur professeur les avait rapproché. C'était la seule qui comprenait sa souffrance, sa solitude lorsqu'il avait perdu ses parents. Au fur et à mesure ils avaient lié une relation presque fusionnelle. Ils n'avaient pas besoin de tout se dire. Puisqu'ils arrivaient réciproquement à lire dans les yeux de l'autre. Et ce soir Hermione avait parfaitement compris que Draco, en savait plus de ce qu'elle lui avait dit.

Elle s'installa confortablement dans le lit de la chambre d'amis. Merlin. Tout s'enchaînait si vite et sans logique. Elle était toujours perdue. Draco avait raison. Lui parler était la meilleure solution. Mais comment faire, il était si fermé la plupart du temps.


Draco lui était encore dans le salon. Il avait pris une douche rapide et s'était mis en pyjama. Comme à son habitude il lisait dans le canapé, buvant un thé. Il était en train de relire un passage du livre qu'il venait de finir plus tôt, quand il fut interrompu par du bruit. Cela venait de la cheminée. Il n'attendait pas de visite pourtant.

Vitaly était apparu devant lui. Il affichait une mine grave. Dans sa main il tenait bouteille de whisky pur feu. Bien entamée. En signe de salutation il renifla en relevant la tête vers lui. Draco soupira. Puis lui fit signe de ne rien dire puis se dirigea vers la cuisine. Là il lui désigna un siège et s'attela à lui préparer un thé. L'homme ne disait rien. Lorsque le jeune homme lui servit une tasse il la refusa, lui désignant sa bouteille.

- Combien t'en as bues des comme ça ?

- Mhmm... Trois.

- Ah. Et ça te dirait pas de passer à quelque chose de plus...Doux ?

- Je n'en vois pas l'intérêt. La douceur c'est la perdition. Fit Vitaly avant de boire une bonne rasade de pur feu.

- Parce que tu estimes à tort que tu ne la mérites pas... Comme tu estimes aussi que tu dois partir de Poudlard.

- Pourtant il le faut.

- Pourquoi il le faudrait ?

- Je ne veux pas faire souffrir Miss Granger, ajouta-t-il nerveusement.

Draco lui répondit exaspéré ;

- Ne pas la faire souffrir ? Tu sais quoi ? C'est en partant que tu la feras souffrir. Et la voir souffrir me fera autant de mal. C'est ça que tu veux ?

Vitaly s'emporta. Les veines sur ses tempes étaient gonflées. Ses yeux injectés de sang par son ébriété. Il lui répondit, désinvolte.

- Je ne voulais rien Draco ! Ça m'est juste... Tombé dessus. Au moment où je m'y attendais le moins.

Le jeune homme lui faisant face se mit à sourire avant de lui lancer :

- Tu viens de me donner la définition d'une certaine chose. Et tu sais ce que c'est ?

- Ça, je ne veux pas le savoir.

- Effectivement, tu veux l'ignorer.

- Tu ne peux pas comprendre Draco.

- Pas comprendre que tu t'en veux d'avoir été si proche d'elle ?

- Je le savais que jamais je n'aurais dû laisser ça arriver. Je suis un vieux bâtard dégoûtant.

- Toujours ce mot à la bouche. Bâtard ceci, bâtard cela. Je suis certain qu'elle ne pense absolument pas ça de toi. Pour qu'elle m'en parle avec des étoiles dans les yeux... Lui répliqua Draco bien content de sa réponse.

Bien évidemment il n'avait pas pris la peine de répondre. C'était évident pour Draco mais au moins il savait que cette phrase ferait son petit effet. Il reprit plus sérieusement :

- Tu dois lui parler tu sais. Ça vous ferait du bien.

Vitaly se redressa et finit sa bouteille d'un trait. Il réajusta sa cape avant de lui répondre sèchement.

- Je dois partir. Je fais cours demain. Bonne soirée Draco.

- Ça aurait été une bonne soirée si tu n'avais pas fui. Mais bon. Je suis habitué maintenant. Prends soin de toi. Et s'il te plaît. Réfléchis bien à ta décision. Bonne nuit.

Vitaly l'avait remercié, s'était éloigné et commençait à se diriger vers la cheminée. Il put entendre Draco derrière lui ajouter :

- D'ailleurs la nuit porte conseil parrain.

Vitaly pensa que ce gamin était vraiment perspicace. Tellement qu'il devait même battre en retraite. C'était mieux ainsi. Il commençait à entrer dans la cheminée, quand il sentit quelque chose s'abattre sur lui.

Draco le toisait de toute sa hauteur. Vitaly était tombé mollement au sol. Inconscient.

- Œil pour œil, dent pour dent. Il ne fallait pas déformer mon sublime crâne de Malfoy.

Draco ne l'aurait pas frappé en temps normal, mais il avait quelque chose derrière la tête. Le jeune homme ricana un instant. Ce plan était parfait. Il reprit son sérieux puis le fit léviter. Là il le déposa sur le canapé puis le couvrit. Avec le nombre de bouteilles qu'il avait consommé et le coup qu'il avait reçu, il était certain qu'il ferait une bonne nuit de sommeil.

Avant d'aller se coucher, Draco l'observa une dernière fois. Ses traits étaient bien plus apaisés maintenant. Éveillé, il était bien trop sur les nerfs. De plus, l'alcool n'aidait pas. Heureusement il avait évité le pire. Le jeune homme savait que son parrain pouvait être bien plus nerveux. Par chance Hermione ne s'était pas réveillée. Tout allait pour le mieux. Draco avait su tourner la situation à son avantage. Il ne pouvait s'empêcher d'afficher un grand sourire. Et il plongea dans les bras de morphée avec cette expression rieuse.


La suite au prochain chapitre ! ;)