Salutations ! De retour avec ce nouveau chapitre. Bonne lecture à ceux qui me liront. Un peu de chaleur en cette saison hivernale. ;)
Le soleil commençait à se lever sur Londres. La pluie avait cessé de tomber tôt dans la matinée. Le temps était agréable. Sur l'un des plus haut bâtiments de Covent Garden, Draco s'était installé. Il y a quelques années déjà, il avait malencontreusement transplané pour finir sur ce toit d'immeuble. La vue y était sublime. Il pouvait voir tout covent garden, Westminster, Mayfair, ainsi que la tamise. Le jeune homme prenait son petit-déjeuner. Un breakfast sandwich et un thé. Il était allé le chercher avant de transplaner sur ce toit d'immeuble. Ses deux mains enserrant sa boisson, il profitait de la chaleur qui s'en dégageait.
Il avait quelques minutes avant de devoir se rendre au travail. Son sandwich était déjà finit, son thé à moitié entamé. Le jeune homme se souvint d'une chose, et fourra sa main dans la poche de son manteau. Dans un bruit de papier froissé, il déplia le parchemin. Encore une fois, il le relut.
Madame McGonagall,
Je vous prie de m'excuser pour mon absence d'aujourd'hui. Je ne pourrais pas assurer mes cours. Il se trouve que j'ai à régler quelques affaires au plus vite. Je reviendrai ensuite à Poudlard.
Veuillez accepter Madame, mes salutations les plus respectueuses.
Une plume se matérialisa par un sort lancé par Draco. Il s'en saisit et parapha au bas de la page. Ce dernier savait très bien que Vitaly paraphait toujours ses lettres.
Le jeune homme se félicita d'avoir une aussi bonne idée. Le grand duc perché sur l'antenne près de lui attendait. Son maître lui tendit la lettre, que l'animal attrapa dans son bec. L'oiseau fixa Draco de ses yeux jaunes avant de déployer ses ailes. Il disparut peu à peu en direction du nord. Draco le regarda un long moment. Puis il finit son thé d'une gorgée. La journée allait pouvoir commencer. Cela ne l'enchantait pas particulièrement. Les journées se ressemblaient à Gringotts. Et il se trouve que les goblins n'étaient pas toujours de bonne compagnie. Mais il avait hâte de rentrer après le travail.
Les premiers rayons du soleil commençaient à pénétrer dans l'appartement de Draco. Gênée par cette arrivée de la lumière Hermione grommela. Merlin. Elle aurait dû tirer les rideaux avant de s'endormir. En baillant elle roula sur son flanc jusqu'au bord du matelas. Faire la grasse matinée n'était pas dans ses habitudes. Puis elle était chez son ami. Elle comptait bien le remercier à sa façon en rangeant et préparant le repas de ce soir.
En se levant, elle fit face au miroir. Elle était venue en pyjama. Il faudrait qu'elle rentre à ses appartements pour se changer plus tard. En attendant, elle commençait à avoir faim. Dans la salle de bain, elle était en train de se nettoyer le visage quand elle entendit un bruit. Draco ? Il devait être en retard. Peut-être qu'il s'était couché tard. Elle s'essuya le visage puis entendit un second bruit. Cela venait de l'entrée.
Hermione dévala l'escalier à la hâte puis se figea. Vitaly était là. Et il n'avait justement pas l'air d'apprécier d'être dans ces lieux. Nerveusement il tentait d'actionner la poignée de porte en vain. Violemment il donna un coup dans la porte en la maudissant. Puis il se retourna. Et lui aussi se figea. Ses yeux étaient injectés de sang, toujours fuyant. Leurs regards ne se croisèrent qu'un bref instant.
Hermione avait l'air tout à fait surprise. Évidemment elle ne pouvait pas s'attendre à le trouver ici, quand il faisait tout pour l'éviter. Le jeune homme se passa la main sur le visage en soupirant. Il ne manquait plus que ça. Vitaly revint immédiatement à sa tâche. Il retourna à la cheminée. Cela pouvait se voir qu'il avait tenté d'utiliser la cheminette plusieurs fois. Il y avait une bonne couche de poudre par terre.
Hermione le suivit du regard. Elle devait faire ce que Draco lui avait dit. C'était le moment où jamais. Elle commençait à sentir ses jambes trembler. La jeune femme prit son courage à deux mains et le rejoignit dans le salon.
Vitaly répéta sans arrêt des noms de lieux en jetant la poudre de cheminette. Et rien ne se passait. À part le sol qui se recouvrait de plus en plus. Il pesta encore et encore.
Rapidement il alla dans la cuisine, suivit par Hermione. Une bouteille de pur feu trônait sur la table. Il la saisit, tentant d'en boire une gorgée. En vain. Elle était vide. Dans un mouvement de rage il la brisa sur l'angle de la table, devant Hermione.
La violence du bruit, et des projections de verre l'avait fait sursauter. Mais ce qui l'impressionna le plus fut la plaie béante sur la main de l'homme. Un grand bout de verre avait dû l'entailler. La base de son pouce était ouverte, et déjà le sang coulait à flot. Il régna un moment de silence. Les deux n'entendait que leurs respirations et le son du gouttellement du sang.
- Laissez-moi vous aider... Fit Hermione dans un murmure presque inaudible.
Après avoir lancé un sort pour se débarrasser des débris, Vitaly se retourna vers elle. Son regard était plus noir que jamais. Comme si l'entendre dire cela avait attisé la haine en lui.
- Je n'ai pas besoin de vous, Granger. Je ne suis pas votre animal blessé.
De sa main valide il chercha une fiole dans ses capes. Hermione disparut pour réapparaître très vite, lui tendant une potion.
- J'ai... Utilisé votre technique pour faire un fluide regenérateur.
- Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas encore une ruse de votre cru ? Du polynectar peut-être ?
- Non... Je tenais justement à m'excuser. Je n'aurais pas dû... Mais s'il vous plaît, servez-vous-en. Avait-elle affirmé en lui désignant sa main.
Le sang formait déjà une large flaque au sol, maculant ses bottes. Il regarda sa main sans comprendre. La plaie était très large et profonde. Mais il n'avait rien sentit. Il soupira. Hermione insista, lui tendant la fiole. Il accepta, avec une pointe d'amertume. Il lui avait affirmé qu'il ne voulait pas de son aide. Mais elle était si bornée. Elle ne l'aurait pas laissé de toute manière. Et il n'aurait pas pu l'éviter. Il ouvrit la fiole, et versa le contenu sur sa plaie. Pour ne pas en mettre partout il s'était penché au-dessus de l'évier. Hermione eut tout juste le temps de lancer des recurvites, pour nettoyer le sol de son sang, qu'il s'était retourné vers elle.
Il leva sa main. La plaie était refermée. Pas une goutte de sang, ni blessure. Pas même une petite entaille. Vitaly s'assit et se prit la tête dans les mains. Il était soufflé. Hermione était brillante. Jamais il n'en avait douté.
- Je dois admettre que vous avez parfaitement maîtriser ce fluide. Merci à vous.
- Merci à vous de m'avoir enseigné de telles choses.
Il renifla. Touché. Cette maline réussissait à tourner un remerciement en un compliment. Et comme toujours il ne savait pas quoi lui répondre. Heureusement pour lui qu'elle s'était décidée à changer de sujet :
- Je ne veux pas paraître ennuyeuse. Mais avec la quantité de sang que vous avez perdu, un petit-déjeuner ne vous fera que du bien, et je suis affamée.
Elle s'approcha du plan de travail et sortit un grand récipient. D'un sort, elle attira à elle tous les ingrédients dont elle avait besoin. Vitaly la regardait faire en se massant les tempes. L'alcool qu'il avait ingurgité hier lui avait fait fondre son cerveau. Il avait affreusement mal et ne pouvait se concentrer. L'odeur de pancake se rependait déjà dans la pièce en titillant ses narines. Lui aussi avait faim. La jeune femme lui posa une tasse de thé et lui dit :
- Désolé, je ne vous ai pas demandé si vous vouliez un café.
- Je préfère le thé, merci.
Les assiettes enfin prêtes elle lui en tendit une. Puis déposa sur la table du miel avant de s'installer en face de lui. Il dégustait ses pancakes quand il l'entendit avouer :
- Je voulais m'excuser de mon comportement de la veille. J'ai été trop impulsive.
- C'est moi qui ai à m'excuser Miss.
Un bref sourire étira les lèvres de son interlocutrice. Était-ce un sourire moqueur ? Non. Elle semblait étrangement sincère. En la regardant, Vitaly se demanda si Draco lui avait bien dit vrai la veille. Elle ne le voyait pas dont la façon dont lui se voyait. Mais cela restait impossible à ses yeux. La carapace qu'il s'était forgé avait profondément déformé sa vision de lui-même.
- Mais... Je dois savoir. Pourquoi voulez-vous partir ?
Encore cette question. Il ne voulait pas la faire souffrir. Mais il n'avait pas d'autre option.
- Parce qu'il le faut Miss Granger. C'est comme ça.
- Non.
La jeune femme lui avait affirmé d'un ton tranchant. Elle le fixait droit dans les yeux. Sans même détourner le regard.
- Je ne comprends pas. J'ai été froid, sarcastique, distant. Et vous voulez que je reste votre collègue ?
- Vous avez tort. J'ai passé des moments de qualité avec vous. Que ça soit en cours ou à l'extérieur. J'ai apprécié ces moments, comme je vous apprécie.
Son regard ne dévoilant qu'une pure franchise. Vitaly ne pu déceler le mensonge. Elle disait vrai.
- C'est de la folie pure. Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Avait-il dit en détournant son regard, gêné.
- Non.
Il se releva, et la regarda de nouveau.
- Vous ne savez pas ce que je suis. Une vieille âme piégée dans ce corps.
- Votre vision s'arrête à des choses bien futiles. Puisque je vous le dis. J'ai apprécié tous ces moments. Je ne veux pas que ça se termine, avait-elle lâché avant de s'approcher de lui.
- Je refuse de vous croire. Lâcha le jeune homme en reculant au fur et à mesure qu'elle s'approchait.
Derrière lui il put sentir le mur contre son dos. Ses yeux à elle était rivés sur les siens. Et c'était comme si elle l'aspirait. Comme si elle l'appelait. Vitaly savait ce qu'il se passait. Quand elle n'avait pas voulu le croire, il lui avait tout dévoilé. Et à présent c'était à son tour.
La salle de Poudlard s'était matérialisée devant lui. Les élèves étaient en train de copier la leçon au tableau. C'était lors des premiers jours de cours. Il se vit passer dans les rangs, observé par Hermione en retrait. Elle le détaillait. Pas comme une bête curieuse non. Pas comme ça. C'était différent de ce qu'il avait connu. Un autre souvenir se montra à lui. C'était un peu plus tard. Ils se regardaient tour à tour. Jamais il n'y aurait cru. Jusqu'alors il avait toujours pensé qu'elle ne l'avait jamais regardé ainsi. Le rythme de son cœur s'accéléra quand un autre souvenir survint brutalement. Il avait reconnu cet appartement. Dans l'encadrure de la porte se tenait Hermione, il put l'entendre dire :
- Moi aussi j'ai un cadeau pour toi.
Et elle s'était emparée de ses lèvres. La passion était palpable. Elle se blottissait contre lui en approfondissant le baiser. Il pouvait sentir son sang affluer dans ses veines. Il avait tant tenter de l'oublier en vain. Et le voir dans ses souvenirs à elle ne l'avait que bouleversé encore plus. Tout s'était enchaîné rapidement. Mais son esprit avait encore des choses à lui montrer.
Il put se voir dans une chambre. Allongé nonchalamment sur un lit. Elle était là. Remontant peu à peu vers son entrejambe en embrassant l'intérieur de ses cuisses. C'était comme s'il avait pu le sentir. Cette douceur humide particulière. Elle s'était hissée au-dessus de lui. Uniquement vêtue d'un soutien-gorge qu'elle se débarrassa et se caressa pour lui. Merlin. Les fantasmes de cette sorcière étaient aussi brûlants qu'elle. Hermione s'apprêtait à s'empaler sur lui quand le lien entre leurs esprits se brisa alors qu'il criait :
- Assez !
Mollement il se laissa glisser le long du mur jusqu'à se retrouver en position assise. Il était essoufflé. Un trop plein d'émotion l'avait saisi brutalement et son retour à la réalité était plus que chaotique. Il était à la fois perdu et terriblement excité. Pourquoi est-ce qu'elle lui infligeait ça ? Une torture. Voilà ce que ça avait toujours été. Sa présence le dévorait. Aussi bien psychiquement que physiquement. Une pensée censée était impossible. Et il sentait toujours cette pulsion. Mais il ne devait pas céder. Personne ne lui avait fait cet effet et il ne pouvait pas lui laisser avoir cette emprise sur lui.
Il se releva et se servit un verre d'eau. Cette plongée dans ses pensées l'avait épuisé. La jeune femme restait dans l'attente. Le remarquant, il reprit de sa voix grave ;
- Jamais nous n'aurions dû faire ça.
La jeune femme marqua un certain temps avant de reprendre la parole. Tout en ce faisant, elle se rapprochait de lui à nouveau.
- Pourtant, j'ai aimé ce baiser. J'ai aimé goûter vos lèvres. J'en ai toujours eu envie. Et je le veux encore. Elle l'avait dit sur un ton suave et affirmé, qui ne perturba que plus Vitaly.
Celui-ci la regardait, perdu dans son regard. Ses yeux bruns. Cette lueur d'un feu intense. La façon dont elle avait de le regarder, rendait sa peau brûlante. Son excitation n'en devenait que plus forte.
Elle attrapa son visage entre ses douces mains et elle s'empara de sa bouche. Il s'était totalement perdu, dès qu'elle avait posé la douce chaire de ses lèvres contre les siennes. Doucement il laissa échapper un soupir rauque quand il put sentir sa poitrine contre son torse.
Possessive, elle lui avait pris sa lèvre inférieure dans sa bouche la suçotant. Il n'avait pas réagi immédiatement à cet assaut dès plus sensuels. Il tentait au mieux de ne pas succomber. Mais le besoin qui régnait dans ses baisers le fit s'abandonner à elle. Il l'attira plus contre lui, et répondit à son baiser. Avec tout autant de besoin et d'envie. Hermione le fit asseoir et reprit possession de ses lèvres. Il se sentait fondre. La façon dont elle l'embrassait était extraordinaire. Il passa ses mains dans ses cheveux et put sentir leur douceur. Elle était troublante.
Hermione commença à déboutonner sa chemise quand il revint à lui et rompit le baiser.
- Non Hermione. Je ne peux pas.
La jeune femme le regarda avant de se relever de ses genoux, déçue.
- Pardon... J'ai cru que comme moi vous en aviez envie.
Il s'était immédiatement relevé puis lui affirmer :
- J'en ai envie. J'en meurs d'envie Miss. Vous êtes si désirable. Mais ce n'est pas moral. Je suis votre collègue. Et je suis Severus Snape...
- Non. Vous êtes Vitaly. Vous avez une chance de vivre aujourd'hui sous votre vraie identité. Vous êtes libre. Severus n'était qu'un captif. Vous devez vivre. Profitez de ce que la vie a à vous offrir. Et par pitié, lâchez prise. Totalement.
Il soupira avant de lui répondre, désolé :
- Je ne peux pas perdre le contrôle. Et vous. Vous pouvez me faire perdre, le contrôle et la raison.
À ces mots elle se rapprocha de lui. Sa petite main se posa sur son entrejambe. Il pouvait sentir une décharge électrique le long de ses reins. La sensation de cette main sur son érection était délicieuse. Elle retira sa main à regret avant d'affirmer d'un ton provocateur.
- Vous ne pouvez pas tout contrôler.
- Je contrôle une bonne partie de cette... Envie. Sinon j'aurais succombé il y a bien longtemps, lui avait-il affirmé la fixant de son regard brûlant.
Cette réponse fit hoqueter Hermione de surprise. Et elle le regarda avec une lueur espiègle dans les yeux.
- Bien. J'ai une proposition alors. Si vous gardez le contrôle vous pouvez partir de Poudlard. Si vous perdez vous restez.
Vitaly fût consterné.
- C'est puérile Miss. Je refuse.
- Moi qui croyais que les serpentards aimaient le défi ?
Il prit moment pour réfléchir. Il ne restait que quelques jours avant qu'il puisse démissionner. Il lui suffirait d'éviter au plus la jeune femme et ce sera réglé.
- J'accepte. Marché conclu.
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