MIKASA ACKERMAN


« Mikasa ? Dépêches-toi, tu vas rater le train !

Oui, mère ! J'me dépêches ! »

Le bruit de l'eau s'écoulant dans la salle de bain finit par s'estomper et s'arrêter totalement, un instant plus tard, une petite fille en ressort vêtue d'un uniforme traditionnel qu'elle se devait sans doute de porter durant ses périodes scolaires. Chemise blanche à manches courtes, jupe sombre lui arrivant au dessus des genoux, chaussettes blanches lui remontant jusqu'aux genoux dont ses pieds furent chaussés d'une paire de basket féminine noires tandis que ses longs cheveux noirs lâchés encadraient son visage fin et pâle, tombants le long de ses petites épaules. Elle récupéra son sac de cours qu'elle avait délaissé dans un coin de sa chambre, le parquet grinçant et craquant sous chacun de ses pas alertant le moindre de ses mouvements à ses parents qui se trouvaient au rez-de-chaussée à attendre patiemment la venue de leur petite fille. La brune finit par descendre des escaliers en bois et se rendre dans la pièce maîtresse de la maison, elle déposa son sac à l'entrée puis vient saluer les plus vieux d'une étreinte des plus chaleureuses mais le sentiment de surprise lui prend les tripes lorsqu'elle sentit les longs doigts fins de sa mère s'emmêler dans sa soyeuse crinière noire corbeaux. Elle l'entend dire :

« Je vois que quelque chose semble te tracasser, Mikasa. Tu as pleurer cette nuit ? »

Aucun détail ne pouvait lui échapper, même le plus petit, le plus camouflé de tous. Elle ne pouvait ignorer la brillance trajectoire de ses perles salées le long de ses joues, alors qu'elle voulut glisser son pouce pour effacer les traces, Mikasa déposa le bout de ses doigts sur sa joue légèrement colorée sous le coup de l'émotion, sans doute. Son regard abîmé, encore noyée par ce qu'elle avait dû ressentir, mais c'est d'une petite voix bien calme qu'elle répondit :

« Hm... Ce n'est rien. J'ai dû faire un horrible cauchemar. »

Un cauchemar dont elle n'en avait le souvenir, s'il s'agissait réellement d'un cauchemar, d'un rêve et non d'un sentiment de peur par apport à l'avenir qui pourrait lui réserver, ses parents, ses amis ou elle-même. Puis elle sentit la main chaleureuse de sa mère se glisser sur son front comme si elle venait gaieté sa température corporel, pense-t-elle a une fièvre ? L'été vient tout juste de se terminer, bien que les changements de températures savent se faire radicale, il était bien trop tôt pour chopper une angine ou maladie similaire quelconque. La mère Ackerman libéra Mikasa de son étreinte, elle retourna sur ses pas pour récupérer un petit sac en papier cartonner couleur marron crème qu'elle vient donner en mains propres à sa progéniture. Un sourire trônant sur son visage mature aux traits asiatique, elle lui annonça :

« Tiens, Mikasa ! Je t'ai préparé des petits gâteaux au citron pour tes amis et toi. Tu trouveras également des médicaments si jamais tu ne te sens pas bien, d'accord ? Fais attention à toi sur la route, même si nous sommes à l'écart de la ville, nous ne sommes pas à l'abri d'un danger !

Chérie, tu sais comment est notre fille. Tout aussi intelligente et forte que sa mère ! »

Rassura le père venant enlacer sa femme dans ses bras, glissant ses mains à son ventre bien gonflé. Le sourire charmant aux lèvres, il posa son regard presque attendrissant sur sa fille qui ressemblait cruellement à sa femme, visiblement, Mikasa avait tout pris d'elle. Il doit se demander quelle partie de lui a-t-elle hériter, sans être modeste.

« Tu peux prendre ton vélo pour aller jusqu'à la Gare, j'ai pu le réparer hier mais veille bien a faire plus attention à toi, la prochaine fois. D'accord, Mikasa ?

Oui, Père... Prenez soin de mon petit frère en mon absence. J'y vais ! »

C'est sans attendre qu'elle avait tout mis dans son sac en bandoulière, récupérant sa petite veste en cuire noire, elle prit son sac puis quitta la maison entièrement faite en bois de chêne. Alors qu'elle se rendit à son vélo, Mikasa se fait accueillir par un berger suisse blanc, il remuait la queue et aboyait exhibant sa joie de revoir la fille de son maître tôt le matin, prête à partir à l'école comme il en est habitué.

« Doucement Fluffy, moi aussi je suis contente de te voir. »

Le sourire aux lèvres, c'est à la suite d'un baiser sur le crâne de la bête qu'elle finit par s'installer sur son vélo. Mettant son casque de cycliste qu'elle vient attacher sous son menton, elle se saisit des poignées puis se mise à pédaler dévalant les grands champs de fruits et légumes de variétés différentes qui se présentaient à quelques mètres de son domicile. Traversant le champ sous plusieurs quinzaines de mètres, elle finit par arrivée sur une route goudronneuse, assurée qu'aucun véhicules n'étaient sur la voie, elle se décide de la prendre. Avec elle, se dressent d'immenses arbres plantées aux deux extrémités de la grande route, les arbres étaient si grands et si monstrueux qu'ils étaient capable d'atteindre le ciel couvert de ses nuages gris variants dans la luminosité. Il faisait extrêmement moche et pourtant pas si frais que cela aurait dû l'être, il faisait lourd mais la pluie et les orages n'étaient certainement pas loin non plus de quoi pouvoir faire chuter les températures au nord de l'Europe.

Quelques minutes plus tard, Mikasa arriva sur le quais pour attendre son train – si toutefois elle n'était pas en retard – elle descend de son vélo et le maintient debout prêt d'elle. Seule a attendre son train, seul le silence régnait dans l'atmosphère qui se pesait au gré de la météo ainsi que du temps d'attente. Ses pupilles noires balayèrent l'horizon et les alentours, certaine d'être seule c'est alors qu'un craquement attira son attention au loin devant elle. Son souffle se coupe lorsqu'elle aperçoit une silhouette entièrement noire se rapprocher, frôlant les tronc d'arbres lugubres. Ses paupières écarquillées et ses sourcils froncés, son rythme cardiaque s'accéléra sous sa curiosité baignant dans un néant total. Elle semble espérer savoir qui donc ose déambuler dans les bois à une heure pareille mais surtout, d'où pouvait-il bien provenir même ? Une cabane dans les bois ? Peut-être un prisonnier cherchant aide et refuge auprès de n'importe qui. Mais là, tout semblait bien différent, des sons abominables parvinrent à ses oreilles comme quelqu'un dont la respiration était coupée court, bloquée, mais qu'elle/il tente malgré tout de prendre une bouffée d'air en vain. La silhouette chuta en avant, juste avant qu'elle n'atteint la voie ferrée puis tout ce qu'elle pouvait admirer, c'est désormais son reflet sur la carcasse du wagon qui vient s'arrêter devant elle, des grincements et couinements se firent entendre de la part du train.

« Mikasa, dépêches-toi de monter, le chauffeur ne va pas t'attendre ! »

Cette voix masculine et si familière vient la tirer de ses songes. Clignant plusieurs fois des yeux, elle attrapa son vélo puis monta dans le wagon où elle rejoint son ami ayant le sien avec lui. Lui aussi venait d'une maison perdue dans la forêt noire, quelle lassitude la campagne, elle aurait grandement préférer habiter en ville. Elle leva ses prunelles sombres sur le jeune garçon aux cheveux dorés et aux yeux aux couleurs de l'océan, elle jeta un coup d'oeil sur la vitre qui lui fait face alors que le train commence tout juste à reprendre sa route. Elle observe la silhouette sortir de la zone verte jusqu'à ce que la grosse tête d'Armin vient cacher sa vision d'horreur.

« Mikasa ? Est-ce que tout va bien ?

Hm ? Oui, tout va bien... Pourquoi ?

Eh bien, je te trouve bizarre depuis tout à l'heure, sur le quais tu donnais l'impression d'avoir vu quelque chose d'anormal.

Hm, non rien du tout, je regardai les arbres c'est tout.

Le train a quelques minutes de retards, Eren doit nous attendre avec impatience s'il ne s'est pas assoupi durant cette attente qui doit lui sembler interminable. »

A peine eue-t-il le temps de terminer sa phrase, un homme âgé se mis à tousser sévèrement, à quelques pas d'eux. Instinctivement, leurs yeux s'étaient dirigés sur lui, observant son état qui semblait s'aggraver. Puis, à la vue de l'inquiétude de son ami, Mikasa l'interroge :

« Armin ? Est-ce que tout va bien ? »

...D'accord, elle lui a seulement renvoyé la balle. Mais sa réponse fut plus qu'angoissante qu'autre chose. Alors qu'il croisa le regard de la jeune asiatique, le blond se pinça nerveusement les lèvres, les sourcils légèrement froncés, il répondit alors :

« Je ne sais pas si tu as entendu a la radio mais un virus circule en ce moment, de plus en plus de gens tombent malade. Pourtant, nous venons seulement de passer la saison d'été, les grippes sont censés être plus tardives qu'au jour d'aujourd'hui...

Sait-on si cette épidémie est grave ?

Non et je ne pense pas qu'ils divulgueraient ce genre d'information maintenant que tout le monde tombe malade. Ça pousserait la population a se procurer des vaccins et médicaments, dans les hôpitaux ils tomberaient bien vite en rupture de stock et ne pourront guérir les plus affectés par les symptômes. Une chose est sûre, c'est qu'ils finiront rapidement en surcharge si ça ne passe pas... Mon grand-père est persuadé qu'ils ne peuvent rien faire, pas même le Docteur Jaeger... »

À la fin des mots de son ami, des images de l'homme qu'elle a vu déambuler dans les bois et s'abattre au sol apparaissent à nouveau dans son esprit. Peut-être a-t-il raison d'en être convaincu, mais cela semble l'inquiéter au plus haut point jusqu'à vouloir revenir sur ses pas et veiller sur sa famille.

« Le temps s'est rafraîchie, certaines métabolismes ne tolèrent les changements de températures si radicales. Tu dois t'inquiéter pour rien, Armin. Si tu as peur de tomber malade, j'ai des antibiotiques dans mon sac.

Hm, Merci Mikasa mais je me sens bien, ne t'en fais pas. Tiens ! Nous sommes arrivés à destination, dépêchons-nous ! »

Grincements et couinements sifflent dans les oreilles de toutes personnes se trouvant sur les quais à la Gare de Baden Baden en Allemagne. Marquant l'arrêt, Armin et Mikasa descendirent du wagon avec leur vélo individuel qu'ils poussaient par les poignées faisant attention à ne pas se prendre les pédales dans les chevilles. Patientant un instant sur le quais, une fois qu'aucuns véhicules ne se trouvaient sur la voie, les deux jeunes enfants traversaient la route pour se rendre au Grand Parc se trouvant en face de la Gare, c'est là bas qu'ils allaient rejoindre leur acolyte et ils ne tardent guère à le débusquer.

« Eren ! »

Les deux crièrent son prénom jusqu'à s'avancer et s'arrêter devant lui, tout deux le sourire aux lèvres, celui de Mikasa plus attendrissant et rassuré. Mais un détail lui échappa, il semble avoir mauvaise mine. Cela était certainement dû à l'un de ces satanés cauchemars ambulants, fronçant doucement ses sourcils noirs et fins, elle s'approcha d'RN et l'observa de tout les angles.

« Tu as mauvaise mine, Eren. Tes cernes sont plus profondes qu'hier, tu as encore faire le même cauchemar ? Tu sais, je peux encore demander à mes parents pour que tu viennes dormir à la maison. »

Elle ne pouvait s'empêcher de le traiter comme étant son propre gamin mais, il était si mignon, il était plus petit qu'elle et il était d'une sensibilité, si émotif qu'elle ne peut l'ignorer et le laisser moisir dans sa souffrance et solitude.

« Mikasa, Eren, nous devrions vite aller en cours. L'école est encore à dix minutes de la Gare ! »

L'instinct maternel de la mère qu'elle demeurera dans un futur proche et cette âme protectrice qui ne cesse de grandir en elle depuis qu'elle sait qu'elle va être « grande soeur » semble prendre le dessus, et mettre dans tout leurs états ses amis d'enfance, notamment le jeune Jaeger qui vient rougir de rage et de honte à l'entente de ses paroles. Combien de fois, pour combien de temps compte-t-elle agir comme sa mère ? A l'évidence, il lui serra difficile, si ce n'est impossible, d'effacer son sixième sens. Les traits de son visage pâle et fin demeurent neutre lorsqu'elle écoutait gindre futur frère adoptif, une fois terminé, elle rétorqua d'un ton sec et froid :

« Non, tu n'es plus un gamin il n'empêche que tu devrais te montrer plus responsable. Pour ça, tu as besoin qu'on t'aide. »

Le blond qui les accompagne retient un soupire, les paupières fermées, il étire un léger sourire. Ces deux jeunes enfants semblaient éveiller en lui un lien qui lui manque depuis toujours : la fraternité. Tous les trois fille et fils unique et pourtant, ils semblaient se comporter comme s'ils étaient nués d'une même union, d'une seule et même famille. Famille qui demeurera tout ce qui leur restera. C'est alors que le jeune Jaeger avait pris la bonne initiative de se joindre à eux en cours, veillant à en informer sa mère biologique bien évidemment mais à cette même occasion, Armin et Mikasa avaient notés le manque d'attention concernant ses cauchemars. Il n'avait pas l'air de vouloir en discuter, à en juger de ses horribles cernes aussi creuses que celles d'Itachi Uchiha et de son manque d'envie à se confier à eux, le blond spécule qu'il s'agissait certainement du même « rêve » qu'il fait constamment. Pour des raisons qui lui sont inconnues, un sentiment étrange persiste, quelque chose de mauvais allait se produire il en avait le mauvais pressentiment comme si l'histoire est déjà toute écrite.

Deux silhouettes sombres viennent entraver son regard océanique, des ombres en mouvements ralenti, si loin d'eux et pourtant là. L'un d'eux semble tenir une conversation téléphonique pendant que le second observe les alentours, il semble surveiller, gaîté en cas de danger. Le regard de cet homme finit dans leur direction, il coupa même court à la discussion de son acolyte comme s'il avait repérer quelque chose ou quelqu'un de suspect qui viendrait entraver leurs affaires.

« Armin ? Qu'est-ce que tu fais, tu ne viens pas avec nous ? »

Le jeune garçon se face à eux, un sourire forcé aux lèvres, les paupières fermées, il se gratta l'arrière de la tête. Sans attendre, il répondit :

« Si, si, bien sûr ! J'arrive tout de suite ! »

Elle le regardait pousser son vélo jusqu'à atteindre leur niveau, alors qu'il jette un dernier coup d'oeil par dessus son épaule, la curiosité de Mikasa suivit le regard de son ami et aperçoit deux hommes partir en direction opposée à eux. Ni l'un ni l'autre ne pouvait lui cacher quoique se soit, visiblement. Elle posa ses pupilles noires sur son ami puis elle ajouta :

« On ne dévisage pas les gens ainsi, Armin. Concentres-toi sur nous. »

Armin semblait choqué de remarquer que la jeune asiatique avait percé son intrigue, elle ne semblait guère inquiète et lorsqu'il croisa son regard, il se sentit comme rassuré de ne pas être seul. Il vient même à se demander comment Eren a-t-il fait pour ne pas être tombé sur eux, ils lui paraissaient bien étrange, il ressentait aucune onde bienveillante venant d'eux. Des criminels ? Ces types là cours chaque recoins de la ville alors il était fort possible mais il ne peut aboutir à des accusations sans preuve véritable de ce qu'il pourrait avancer. Son attention entière de pose sur le brun qui les accompagnait, celui-ci vient lui assurer que tout ira bien pour lui, qu'elle n'a aucun soucis à se faire concernant ses crises d'insomnies ou encore ces heures de retenues qu'il risque de se taper à l'avenir s'il continue a s'endormir en plein cours. Non, elle ne doit pas s'inquiéter, elle le sait très fort d'esprit mais elle ne peut pas faire semblant que tout va bien, elle ne peut pas lui mentir en prétextant qu'elle ne s'en fait pas pour lui et ça en est presque maladive pour elle telle une mère qui s'inquiète pour son petit, c'est bien connu.

La jeune fille continuait de pousser son vélo, dévalant les ruelles de la ville jusqu'à atteindre leur établissement où ils croisent un vieil ami de la mère d'Eren. Son regard bridé balayant les alentours, aucun danger ne semble y rôder, la journée promettait d'être bien calme mais pour combien de temps cela va-t-il durer ?

« Bonjour Mr Hanns. »

Les deux amis d'enfances d'Eren saluèrent l'adulte où s'ensuivit une discussion brève entre leur ami commun et lui. Le visage d'Armin et Mikasa se crispent lorsqu'ils observaient l'adulte tousse à plein poumon dans ses bras, puis leur regard dériva sur un ou deux enfants qui toussaient eux aussi. Encore ces symptômes. Armin avait donc dit vrai, une épidémie est en cours et ne fait que commencer. L'attention se posa à nouveau sur Eren qu'elle venait d'entendre crier sur son portable, toujours aussi impulsif et colérique, à l'entente de ses mots, il semblerait que sa mère souhaite qu'elle veille sur son fils en son absence. C'est ce qu'elle fera ou du moins, tentera de faire même si malgré elle, elle ne pourra l'empêcher de mourir tôt ou tard. Alors qu'ils se rendent en salle de cours, comme systématiquement le trio restait rapprocher et Armin ne put s'empêcher de profiter de leur proximité pour leur donner des informations sur ce qu'il avait appris. Toujours plongé sur la page d'actualité et d'écouter aux portes tel un vrai fouineur. Armin ne semble pas aimer les secrets et encore moins les mensonges que les adultes aiment ancrer dans les têtes des enfants pour les maintenir ignorant et innocent en tout. Fermant ses poings, avec l'ongle de ses pouces il se gratte le bout de ses doigts avec nervosité, il se pince les lèvres avant de les écarter afin de pouvoir s'exprimer correctement.

« L'avez-vous entendu ? Ils n'ont toujours pas retrouver les évadés de la prison. Et, beaucoup de témoignages disent qu'ils ont retrouvés du sang de plusieurs victimes éparpillés aux quatre coins de la ville. Il a été dit par les autorités que le sang correspond aux victimes disparues, ils n'ont pas retrouvés les corps mais prétendent qu'ils ont tous un lien avec les criminels qu'ils recherchent. Il paraîtrait qu'ils ont écartés la police et laissé la brigade spéciale militaire pour les retrouver. Mais, vous savez, moi je n'y crois pas trop à cette histoire. Dans une ville voisine, il y a eu une fusillade, des policiers se sont mis à tirer sur des civils sans aucune explication, ils ont tous étés arrêtés et destitués de leurs fonctions. Cela expliquerait pourquoi l'armée a-t-elle était appelé pour remplacer leur rôle... Mais, quelque chose m'échappe...

Des civils ont été fusillés ? Es-tu sûr de ce que tu avances, Armin ? Pourquoi les policiers auraient fait cela ?

Je l'ignore mais pour moi, les évadés de la prison sont d'une manière où d'une autre pas impliqués dans cette affaire de disparition. En toute logique, un ancien taulard ne chercherait pas à se faire remarquer par les autorités. »

Tous avaient les paupières écarquillés alors qu'ils assistaient en direct live la mort d'un de leurs enseignants, les enfants commençaient à se disperser sans attendre, à hurler et pleurer, braillants à l'attention du monstre aux grognements indescriptible. Nul ne pouvait reconnaître à qui appartenait ces bruits presque sauvage et animal. La voix du jeune Jaeger venait réveiller l'esprit de ses deux amis qui restaient sans voix par ce qu'ils venaient d'entendre à l'instant, leurs mains capturés par celles du brun, ils le suivirent jusqu'à l'extérieur du bâtiment. Alors qu'ils se faufilaient entre la foule d'élèves et adultes, le blond se fit malencontreusement bousculé en arrière le forçant à lâcher la main de son ami, il se retrouva couché sur le dos. Instinctivement, l'asiatique s'était arrêté dans sa course ralentissant son frère adoptif, elle se retourna puis couru rejoindre Armin et sans aucune gêne elle vient bousculer – sans mesurer sa force, les enfants qui venaient le bousculer et lui marcher dessus sous la panique général. Les sourcils froncés, la brune semblait furieuse en vue du manque de respect de certains, pour secourir son ami, elle ne se privait pas de leur faire mal s'ils forçaient le pas. Mikasa s'accroupit et vient attrape le bras du blond de ses deux mains pour l'aider à se relever alors qu'elle lui ordonna d'une voix froide :

« Vite, ne traînons pas ! Tu n'as pas envie de rester avec ces sauvages toi non plus.

Oui, désolé Mikasa, Eren... »

Sans attendre, ils rejoignent leur ami puis quittèrent définitivement l'établissement. Une fois dans la coure, Armin et Mikasa se rendirent au parking à vélo pour récupérer le leur, la jeune fille se rapprocha d'Eren puis elle lui conseilla :

« Tu dois vite rentrer, Eren. Récupère un vélo pour ne pas perdre de temps, Armin et moi nous devons rentrer aussi. S'il te plaît, fait attention à toi, quelque chose de mauvais est entrain de se tramer... Je t'appellerai dès que je ferai rentrée à la maison !

Comptez sur moi pour vous appelez également ! Faites attention à vous les gars, Mikasa, si quelque chose d'étrange se produit je te conseil de faire demi-tour chez Eren. Les trains risquent d'être annulés pour cette fois-ci...

Ne t'en fais pas pour moi, Armin. »

Elle porte une dernière fois son attention sur ses amis d'enfance avant de s'installer sur son vélo et commencer à partir, circulant dans les rues de la ville jusqu'à la quitter, une gouttelette vient lui tomber sur le dos de sa main droite. Surprise, son regard s'était levé au ciel, les nuages étaient bien formés, l'averse commençait à s'abattre sur la ville, si Mikasa avait l'intention de rentrer à temps sans être trempée elle devait accélérer le mouvement. Le souffle régulier et pourtant court, la jeune fille continuait de pédaler mais dans un mouvement précipité, elle change de direction puis à nouveau elle change, elle accélérait d'avantage sa course comme si elle tentait de fuir quelque chose ou quelqu'un. La pluie tombait à petites gouttes suivit d'une rafale mais pas de vent, peut-être était-ce mieux ainsi. L'inquiétude et un sentiment de peur la prise, se lisant dans son regard, elle jette sans arrêt un œil par dessus son épaule comme si elle se sentait suivie mais par qui, par quoi ?

Elle quitte la ville pour se rendre dans la forêt Noire retraçant la route principale et unique qui pouvait la mener jusqu'à chez elle, à quelques kilomètres d'elle en parallèle se trouvait la voie ferrée qu'elle avait emprunté pour partir en ville. Le bruit d'une flaque d'eau giclée ainsi qu'un grondement d'un moteur de véhicule attirent son attention, aucun doute, ces types étaient encore là et c'était bel et bien elle qu'ils suivaient. Ses mains se crispèrent et se serrèrent aux poignées de son vélo, une gouttelette d'eau de pluie s'écoule le long de sa joue pâle, le regard tendu droit devant elle ses sourcils se froncèrent sous la tension qui continuait de grimper en elle. Elle n'aimait pas ce genre de situation, jamais cela ne lui était arrivée d'être suivi comme une proie facile pour un prédateur mais elle ne comptait pas se laisser faire. Jetant un coup d'oeil sur sa gauche puis sa droite, la jeune asiatique s'était finalement décidée de changer sa trajectoire. Il n'y avait pas d'autre route, elle ne pouvait qu'avancer ou reculer mais si elle n'avait pas d'autres options, elle n'avait qu'à créer sa propre trajectoire, sa propre voie pour esquiver et rentrer chez elle tranquillement.

C'est alors, par surprise, qu'elle décide de quitter la route goudronneuse pour partir s'engouffrer dans la forêt aux arbres gigantesques, elle pédalait et continuait à s'enfoncer à l'intérieur jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus la voir. Elle entendit les freins du véhicule, celui-ci avait sans doute freiner et poursuivit sa direction initiale, bien, elle était donc tranquille. Le bruit des gouttes de pluie s'écrasant au sol, sur les feuilles d'arbres ou autre végétation de la forêt ou encore à même les flaques d'eaux et boueuses créées sonnaient comme une mélodie à ses oreilles. Elle n'entendait rien d'autre, pas même le bruit d'un moteur ou encore d'un grognement rauque et indescriptible qu'elle avait entendu à l'école. Mikasa se demandait ce que cela pouvait bien être, était-ce un assassin ? Pourquoi un criminel voudrait s'en prendre à un enseignant ?


[…]


À l'entrée du champ, elle déposa son vélo en vrac tandis qu'elle se mise à piquer un sprint jusqu'à sa maison en bois, l'aboiement du chien de son père était entendu depuis le champ, il avait sentit son odeur malgré les intempéries camouflant certaines parfums. Son rythme cardiaque accéléré et le souffle court, la jeune fille ne lâchait rien jusqu'à destination, elle était trempée jusqu'aux os et ses chaussures étaient pleine de boue donc quelques tâches lui remontaient jusqu'à ses genoux. Elle était sale. Arrivant chez elle, elle passa à peine la porte d'entrée qu'elle finit sa course blottie dans les bras de sa mère, sa tête mouillée calée contre le ventre gonflée de sa mère, les paupières fermées elle se laissa bercée par les cœurs battant à l'unisson de son petit frère et de sa mère. Logeant une main sur la ventre, un souffle franchis la barrière de ses lippes pulpeuses, elle semblait soulagée. Soulagée d'entendre le bonheur de la vie, son petit-frère émit des tapes qu'elle ressentit tout de suite, c'était pour bientôt sans aucun doute. Fatiguée, elle tentait de reprendre son souffle et ses esprits. Elle sentit les doigts longs et fins de sa mère glisser dans sa longue chevelure noire corbeaux encore mouillée par l'averse, encore un peu et elle est à la limite de s'endormir.

« Eh bien, Mikasa. C'est bien la première fois que je te vois quitter les cours et rentrer vite à la maison. J'en conclue que quelque chose de très grave est entrain de se passer, racontes-moi tout. Tu sais que tu peux t'exprimer librement ici.

Mère... Père... J'ignore ce qui se passe mais j'ai un mauvais pressentiment comme si le temps allait s'arrêter en un instant..

Un mauvais pressentiment ? Qu'est-ce ? Est-il si médiocre pour te convaincre de rentrer à la maison ?

Eh bien, je- »

La voix coupée, ses mots lui échappèrent à l'instant même où elle entendit des aboiements, ils étaient si soudain et si fort qu'elle s'était surprise a avoir sursauter de la sorte. Décollée du ventre de sa mère, ses pupilles noires furent plantées sur la porte d'entrée en bois, quelques battements cardiaque de loupés, le souffle coupé. Elle s'était arrêtée de respirer pendant bien quelques minutes, concentrée sur le moindre bruit anormal qu'elle pouvait détecté mais si sa respiration faisait trop de bruits son cœur lui s'était mis à tambouriner dans sa cage-thoracique. Les aboiements s'estompent d'une traite, la jeune asiatique supposait qu'il était parti courir dans les champs, jusqu'à ce qu'ils cessent d'un seul coup. Plus un bruit. C'est alors qu'elle se rendit compte que deux grandes mains chaleureuses étaient posées sur chacune de ses oreilles ce qui l'étonna tout de suite, elle releva son visage et croisa le regard de son paternel, un sourire charmant et rassurant trônait sur son visage.

« Pas de panique, encore une de ces bestioles venant croquer dans nos pommes. As-tu oublié son boulot de chien de garde ? Tu as dû passé une matinée difficile, en vue de l'heure qu'il est aucun train ne passe, je suis étonné que tu es pu faire tout le trajet à vélo mais surtout qu'il ne t'est rien arrivée. La route est dangereuse sous une intempérie !

Hm... Oui père...

Aller, tu n'as aucun soucis à te faire. Rien ne peut nous arriver, nul n'a le courage de s'aventurer au-delà de la ville, jamais personne ne nous trouvera ! »

Un instant plus tard, la famille Ackerman entend qu'on toc à leur porte d'entrée mais aucun de ces sons ne pouvaient témoigner que le berger suisse blanc était revenu sur ses pas. Mikasa loupa un battement cardiaque comprenant alors ce qui était entrain d'arriver, quelque chose cloche et c'est au moment même où quelqu'un toc à sa porte qu'elle se souvient de cette mystérieuse voiture qui n'a fait que la suivre depuis le centre ville de Baden Baden. Elle sentit les mains chaleureuses de son père libérer ses oreilles alors qu'il se redressait pour ouvrir la porte, un sourire aux lèvres le même trônant sur le visage asiatique de sa mère biologique.

« Tiens, voilà le Docteur Jaeger. Il est en avance, chérie. »

« Il y a de plus en plus de malades, ça n'arrête pas, même s'ils trouvaient un vaccin le nombre de patient est tellement colossale qu'ils tomberont vite en saturation. Les hôpitaux sont déjà pleins à craquer à la minute même où je t'en parle. »

Au même moment où son père s'enthousiasme à l'idée de rencontrer le Docteur Jaeger, les mots d'Armin refont surface dans sa mémoire, elle se souvient des multiples inquiétudes, de ses mauvais pressentiments dont il lui a fait part tantôt dans le train. Puis, les images d'Hannes et d'autres enseignants et enfants défilent dans sa tête jusqu'à ce qu'elle ne recroise ces deux hommes qu'elle avait vu au parc. Ces deux personnes dont Armin en avait l'air terrifié, le sentiment d'avoir été pris en chasse l'avait totalement bloqué inconsciemment. Mikasa n'eut le temps de se redresser sur ses deux jambes et de pivoter en direction de son père pour lui crier « Non ! Ce n'est pas Mr Jaeger, Père ! » que le grand blond aux yeux bleus avait ouvert la porte avec courtoisie mais cela n'allait pas tarder. Deux grands hommes vêtus de noirs de la tête aux pieds portant un chapeau sur la tête se tenaient là devant l'entrée alors que Mr Ackerman les salue, mais son visage s'était subitement refermé. L'aura que projetait ces deux hommes mystérieux vient éveiller la méfiance du jeune homme mais alors qu'il demanda à Mikasa de rester là où elle était, les deux hommes compris qu'il savait.

Un coup de feu retentit, résonnant dans toute la maison et sifflant dans leurs oreilles, les cris de la femme et de la fille furent comme étouffés, masqués par le bruit qu'avait produit l'arme a feu du premier homme. Les paupières écarquillés et les gouttes salées montèrent aux yeux s'apprêtant à s'écouler le long de leurs joues pâles. Bras gauche et main tendu vers la silhouette de son père qui bascula en arrière, tout est allé si vite et pourtant elle crue que cette scène d'horreur était entrain de perdurer pendant des heures entières. Un tapis de sang avait été offert par les visiteurs inattendus, sur lequel le corps y était couché, le meuble d'entrée était désormais souillé d'un rouge foncé dont quelques tâches venaient masquer les visages des photos de famille. Une ou deux gouttelette s'écoulaient d'un cadre photo et plusieurs s'éclataient à même le sol en parquet de bois ancien. La jeune fille tomba au sol sous le choc, rampant jusqu'au blond, elle glisse ses mains sur le torse de celui-ci alors que des larmes chaudes ne cessent de s'écouler de ses yeux trempés. Elle ne voyait rien, sa vision était troublée, elle se contentait de garder les paupières fermées mais au toucher elle sentit le liquide rougeâtre venant entacher la chemise de son paternel alors qu'il ne cessait de se déverser a même le sol. Une mare s'était dessiné, ses genoux plongés dedans.

« C'est bon, on a la mère et la fille ! Dîtes-nous maintenant pour l'échange, si ça tient toujours, n'oubliez pas d'apporter la récompense !

On fait comme on a convenu. Apportez-les moi, la mère et la fille et vous aurez ce que vous vouliez. Terminé. »

Elle venait de descendre d'un ascenseur émotionnel, encore sous le choc, elle ne prêtait pas la moindre attention sur ce que le second qu'était au téléphone pouvait baragouiner.


To be continued...