MIKASA ACKERMAN


À l'usine abandonnée.

L'obscurité. Plongée dans un gouffre sans fond où seul les ténèbres étaient maîtres des lieux, maîtres de son esprit. Le vent glaciale qui réussit à passer par là vient refroidir sa peau déjà pâle et fragile par son jeune âge, elle avait froid. Ses poils hérissés pourtant elle ne tremblait pas, elle était restée là coucher sur le sol en pierre glacée tandis qu'une gouttelette rougeâtre vient perler. Son regard masqué par ses mèches de cheveux noirs corbeaux, lorsqu'elle reprit ses esprits elle s'était rendue compte que ses mains étaient ligotées dans son dos, l'empêchant ainsi de se débattre.

Pourquoi devrait-elle se débattre ? Pourquoi se battre quand nous n'avons plus rien a perdre ? Ses paupières s'écarquillent doucement, sa vue était à nouveau intact mais le regard dans le vide, elle ne plus s'empêcher de repenser à ce qui venait de se passer. Comment est-elle venue jusqu'ici ?

À la vue de ces pieds masculins, nul doute qu'il s'agissait de ces hommes qu'elle avait aperçut dans ce parc. S'ils avaient éveillés la curiosité d'Armin, ce détail ne devait pas être pris à la légère, bien au contraire. Alors, ils étaient venus jusqu'à chez elle pour la vendre comme du bétail à des hommes qui n'en feraient qu'une bouchée d'elle. Ses sourcils se froncèrent lorsque les dernières images de sa mère biologique lui revinrent en mémoire, ses dents se serrent ainsi que ses poings jusqu'à même venir enfoncer ses ongles dans sa chaire. Une rage commençait à s'éveiller en elle, la frustration du châtiment qu'on lui a infligé sa famille et elle, mais quand elle crut pendant un instant qu'elle n'avait plus personne dans sa vie, un bruit retentit soudainement et fait écho dans tout le bâtiment.

Quelqu'un est entré. Est-ce véridique ou illusoire ?

Elle était intimement persuadée que quelqu'un était entré dans cette usine d'ailleurs, ses agresseurs ne tardèrent à aller y jeter un œil pour s'en assurer. La jeune asiatique ouvrit grandement les yeux lorsqu'elle entendit des hurlements puis cette fois masculine qui lui était si familière. Ses prunelles se plissèrent tandis que des larmes chaudes viennent frôler la cascade, ses joues se teintèrent d'une couleur rosâtre et un sourire fin vient illuminer pour la première fois son visage. Il était donc là, prêt à la libérer de ces liens. Ses espoirs furent réchauffés et conforter lorsqu'il se joint en courant vers elle, elle sentit ses mains chaudes l'épauler pour la redresser. Ses billes émeraudes parcouraient son corps comme pour s'assurer qu'elle allait bien, tout ce qu'elle répondait était rien d'autre qu'un sourire à la fois émouvant et touchant.

De sa douce voix, elle prononce ces quelques mots :

« Je vais bien, maintenant que tu es là, Eren. »

Mais à peine fût-elle libérée de ses liens que la jeune fille fut immédiatement poussée par celui-ci quand un coup de feu retentit dans tout le bâtiment. Perçant et sifflant dans les tympans. Le visage de l'asiatique se durcit et s'assombrit soudainement lorsque son frère de cœur s'écroula au sol de tout son corps. Dans la panique, elle ne put s'empêcher de crier son prénom alors qu'elle revient à lui pour examiner son état critique.

« Eren ! Est-ce que ça va ?! »

Ses battements cardiaques s'étaient mis à accélérer faisant bouillir son sang, elle sentit l'adrénaline monter en pression quand des rires moqueurs et diaboliquement monstrueux résonnaient dans ses oreilles, dans son esprit. Sans faire attention, elle avait resserrer sa poigne sur l'un des bras d'Eren, une lueur de colère noire vient briller dans ses yeux alors qu'une perle salée s'écoule d'une de ses prunelles déjà sombre. Lâchant son ami d'enfance, la jeune fille attrapa le poignard ensanglanté qu'il avait toujours sur lui, des gouttelettes d'un rouge foncé viennent s'égoutter du bout de la lame aiguisée. Mikasa se relève sur ses deux jambes puis se tourna face à l'homme, serrant fortement sa poigne sur le manche en bois du poignard, c'est d'un regard rempli de fureur qui réclame vengeance qu'elle l'observa. Lorsqu'il compris qu'elle ne plaisantait pas, prête à se jeter sur lui d'une seconde à l'autre comme une lionne ayant pris sa proie en captif, il cessait se rigoler. Raclement de gorge, il porta son attention sur son fusil de chasse pour venir le recharger avant qu'il ne soit trop tard mais c'était déjà trop tard, la gamine s'était mise à courir vers lui et n'avait pas hésité a venir planter la lame place dans le torse de l'homme.

Un cri retentit et sous la panique, d'un coup sec il vient frapper l'asiatique au visage l'expulsant de son champ de bataille, elle s'écroule à quelques mètres au sol mais alors qu'elle voulut se relever quelque chose attira son attention au plafond. À peine eut-elle le temps d'identifier de quoi est-ce qu'il s'agissait, une silhouette noire vient foudroyer le dernier agresseur. Deux lames bien aiguisés s'étaient plantées dans son corps gras et sale, l'une avait pénétré son crâne par le côté droit et l'autre avait transpercé sa nuque suivit de ses cordes vocales. Ses poumons inondés de son sang, celui-ci remonta à la surface, de sa bouche il cracha une vague de liquide rouge foncé qui vient peindre le sol. Attaqué par surprise, ses expressions faciales choquées sont désormais marqués et figés dans sa propre mort. Le corps fut ensuite projeté à l'avant où il s'écroula tout le long suivit d'une mare de sang dans lequel il baigne désormais. Avant qu'il ne s'échoue, les lames de l'assassin furent expulsées de sa chaire fraîche. Et c'était en plaquant le dessous de ses pieds contre la colonne vertébrale qu'il venait de l'envoyer s'écrouler sur le devant de la scène tandis que lui avait achevé son salto arrière en atterrissant à même le sol. La surprise mélangé à de l'admiration se reflétait dans les prunelles noires de la jeune fille, d'ailleurs cette dernière ne perdit pas un instant pour revenir se ranger près du jeune Jaeger. Qui était-il ?

La capuche relevée, le jeune homme aux yeux d'un acier des plus glaciales vient sortir un torchon blanchâtre d'une des poches de sa veste noire qu'il portait sur le dos puis vient nettoyer le sang qui était resté sur ses deux lames. Quand il eut terminé, du haut de ses un mètre soixante, il ne put s'empêcher de pivoter vers les deux enfants, les regards bien trop curieux commençaient certainement à l'irriter. Les sourcils toujours froncés comme à son habitude, c'est d'une voix sèche qu'il vient exprimer sa surprise en ce qui les concerne.

« Dis donc, les morveux. Vous avez foutu un sacré bordel. Réjouissez-vous d'être sain et sauf.

Oï, Livai ! On a un problème ! »

L'attention du brun fut détourné par un grand blond aux yeux bleus qui semblait inquiet, sans même avoir vu la goutte de sueur qui perlait sa tempe, il avait sentit cette odeur immonde qui est la peur. Le visage du plus petit demeure néanmoins intact, démuni d'expression faciale, seul ses prunelles d'un acier tranchant donnait parfois l'impression de transpercer le regard, l'esprit du malheureux ayant eu la mauvaise idée de croiser le sien. Sans l'ombre d'un sourire, alors qu'il attend les nouvelles de son acolyte, l'adolescente qui les accompagnait vient les interpeller tout les deux.

« Qui êtes-vous ? Interrogea Mikasa, armée du fusil qu'elle s'était emparée.

Calme, calme. Nous ne sommes pas venu ici pour vous faire du mal, croyez le ou non mais c'était pour ces types que vous avez réussi à laminer que nous sommes venus ! Des comptes à rendre, s'il te plaît, baisses ton arme... Si tu ne le fais pas, ton petit frère risque de se vider de son sang sans qu'on ait pu lui venir en aide.

Hm... Prouvez-moi que vous n'êtes pas venu ici pour faire du mal à Eren ! »

C'est alors que l'adolescente vient s'asseoir en tailleur à seulement quelques mètres d'eux tandis que l'armée a feu était pointé contre son front. Le sourire chaleureux et sincère de la rouquine vient pincer le cœur de l'asiatique, toujours l'arme tendue, elle finit par l'abaisser et la poser à terre alors qu'elle vient enrouler ses bras autour d'Eren, calant sa tête contre sa poitrine naissante, elle le maintient sous sa protection sans quitter l'inconnue de son regard méfiant.

« Gamine, qu'est-ce que tu fabriques ? T'occupes pas de ces merdeux, ils rentreront chez eux tout seuls comme des grands. On bouge.

Mais ?! Grand frère Livai ?! Ils sont blessés... ! »

Râla Isabel, presque au bord des larmes alors que ses aînés eurent comme l'impression qu'elle avait dégoter des chatons abandonnés dans une ruelle. Mais l'âme aimante de Furlan, apprendre qu'il y avait des blessés parmi ces pauvres enfants vient éveiller sa curiosité c'est pourquoi il s'était joint à eux.

« Je crois que ces enfants ont besoins de notre aide, Livai. Je sais qu'on ne peut pas tous les sauver mais puisque nous n'avons pas encore quitté le pays, on peut encore faire une bonne action, tu ne crois pas ? »

Le plus vieux du trio s'était rapproché des plus jeunes où il vient s'accroupir près d'eux, les jambes pliées en deux, ses billes cristallisées furent plantées sur le garçon. La position dans laquelle il s'était retrouvé, main appuyée au niveau de sa hanche, il n'était pas surprenant pour le blond de savoir où avait-il été blessé. Ce garçon était pourtant trempé dans un bain de sang de la tête aux pieds, il devait être difficile pour lui de connaître ses symptômes à la lettre près mais seul un novice goberait cela parce que si ce dernier avait mal autre part qu'à la hanche, inconsciemment son comportement, ses gestes, il l'aurait de lui-même montré. Toujours est-il qu'il devait s'assurer que sa plaie ne l'empêchait guère de se relever et bouger mais avant de lui demander, celui-ci vient les interroger sur leur identité. La jeune fille qui se trouvait à ses côtés semblait les avoir reconnu au point de ressortir la sale réputation dont le gouvernement a jugé bon de leur mettre sur le dos, ses sourcils fins et noirs froncés, elle fusilla le blond de son regard encore voilé de ces nuages noirs pourtant brillant sous les feux des projecteur éclairant à peine le bâtiment dans lequel ils sont pris au piège.

« Eren... Se sont les « amants » qui se sont évadés de prison et que le gouvernement recherche actuellement. As-tu manqué ce dont Armin nous avait dit ? Peut-être qu'ils viennent de tuer l'un d'eux, quoiqu'il en soit nous ne pouvons pas leur faire confiance... ! Ils ont même été vus entrain de voler du matériel médicale à l'hôpital de ton père.

L-les « amants » ?! Ils ont un sacré humour ces poulets ! Rassurez-vous, nous ne mangeons pas les enfants, à vrai dire, nous aidons certains à survivre sans leurs familles. »

Une goutte de sueur s'écoule de la tempe du blond, étouffant un rire sarcastique, un sourire vient étirer ses fines lèvres tandis que ses prunelles, à l'hétérochromie centrale dont deux presque trois couleurs se distinguent partant d'un vert-bleuté à un gris enneigé, étaient toujours maintenue sur les deux enfants face à lui mais son attention était plus rattachée au petit garçon blessé.

« J'm'appelle Furlan, elle, c'est notre petite sœur Isabel. » Il posa une main sur sa tête pour la désigner avant de lever son pouce et de le pointer en arrière pour mentionner son acolyte qui râla aussitôt. « Et puis, Livai. Maintenant que les présentations sont faites, tu penses pouvoir marcher seul ? »

Furlan n'avait pas pris la peine de leur retourner la question puisqu'il avait très bien entendu leurs noms se prononcer à mainte reprises mais Isabel semblait vouloir en avoir le cœur net, si ce n'est pour engager une conversation et faire plus ample connaissance avec ces deux enfants. Les prenait-elle donc pour des chats errants abandonnés ? Le brun aux cheveux courts dont les côtés et l'arrière de son crâne était rasé avait jeté un œil sur l'enfant lorsqu'il l'entend s'excuser auprès de sa sœur de cœur, semble-t-il. Ces billes émeraudes, si particulière, étaient comme noyés par les regrets d'un douloureux événement qui a dû se produire avant qu'ils ne débarquent à l'improviste, si l'étreinte entre les deux était émouvante et touchante, la scène ne semble pas réussir a transpercer son âme meurtri. Les traits fins de son visage ne s'étaient pas déformés, pas une seule seconde, bien que ses sourcils froncés et ces cernes sous ses yeux métallisés lui donnaient l'air d'être constamment furieux et mort de fatigue – n'est-ce donc pas le cas ?

Le jeune homme vient taper le bout de son pied droit contre le sol puis fit de même avec l'autre comme pour se dégourdir les jambes, le claquement de ses chaussures témoin de son impatience qui commence à se faire ressentir dans l'esprit de ses deux camarades. Il était temps de quitter les lieux s'ils ne voulaient pas finir de nouveau entre quatre mur où cette fois-ci ils ne risquent pas de s'échapper mais son attention fût vite attirée derrière lui. Que se passe-t-il ? Il n'y a que silence dans la salle, seul le silence demeure jusqu'à ce qu'il soit brisé par des frottements comme quelqu'un traînant des pieds. Lorsque les criminels du Roi du Silence se manifestent, le peu de luminosité qui éclairait l'endroit où ils étaient réfugiés vient redessiner les deux silhouettes rampant a même le sol laissant derrière eux une traînée de sang encore frais. Ainsi, les deux potes de ce vieux porc s'étaient finalement réveillés, l'un d'eux réussit à se relever sur ses deux jambes flasques et boitait traînait les pieds jusqu'à lui.

Un sifflement de mécontentement se glisse entre les dents blanchâtres du jeune homme, il logea sa main droite sur le manche tissu d'une épée qu'il gardait accroché à sa ceinture puis sans la moindre hésitation il dégaine sa lame qui vient trancher les deux crânes des morts vivants, leur sang giclant sur leur gauche. Le cadavre qui venait de se relever vient s'échouer lourdement au sol, le bruit de ses genoux frappant le sol se fait entendre quant à la partie décapitée du crâne plongea dans la mare de sang continuant de se verser. Il trancha le courant d'air qui vient circuler dans la pièce retirant ainsi le sang de sa lame qui s'égoutte quelques mètres sur sa droite. Au même moment, il avait écouté l'invitation du jeune Jaeger qui s'était présenté à son tour – bien que cela n'était pas nécessaire, pour Livai du moins. Alors qu'il se tourne vers eux, il vit le blond se redresser sur ses grandes jambes, lui jetant un regard accompagné d'un sourire sarcastique celui-ci lui déclare :

« Il semblerait que ce gamin a bien plus de ressources que je ne l'aurai cru. Alors, Livai, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? »

Ses deux billes métalliques viennent transpercer à nouveau les émeraudes du plus jeune, sans la moindre gêne il le détaille du regard, donnant l'impression qu'il lui était possible d'entendre son cœur tambouriner dans sa poitrine d'ici, en vue de la situation dans laquelle ce gamin s'est mêlé, il n'avait plus aucune raison de vouloir lui mentir. Même si ce gamin lui mentait, il finirait par s'en rendre compte bien avant l'heure et auquel cas, nul n'imagine ce que cet homme pourrait lui faire subir comme torture des plus atroces que même un kamikaze de l'armée n'a jamais vécu.

« Hâtez vous, nous n'avons pas de temps à perdre. »

C'est au moment même où il leur ordonne de se dépêcher que le sol se mit a trembler et a gronder comme s'ils avaient les pieds posés sur une plaque sismique, les fourgons de l'armée viennent de s'arrêter sur le parking de l'usine abandonnée, de leurs phares ils viennent éclairer les grandes fenêtres vitrées du bâtiment comme s'ils tentaient de percevoir du mouvement depuis l'extérieur.


To be continued...