ARMIN ARLERT
Au cœur du gymnase du centre ville, plusieurs cellules étaient formées à l'aide de grillage où un cadenas à chaque accès y était rattaché. À l'intérieur de l'une d'elle se trouvait un petit garçon aux cheveux blonds coupés au carré était assit sur le petit banc qui se trouvait au centre de sa cellule, s'il ne pouvait quitter cette cage à oiseau ses billes océaniques parcouraient la grande salle où il s'était retrouvé. Une atmosphère assez macabre, le sol était couvert de crasse pas lavé depuis bien une semaine c'était sans compter son colocataire de cellule, un homme assez âgé qui ne cessait de tousser, peignant le sol d'un liquide rouge-foncé. Il l'observait, une goutte de sueur sur la tempe, une lueur inquiète mélangé à du dégoût brillait dans ses pupilles azures. Il se racla la gorge, l'ongle de ses pouces venaient gratter le bout de ses doigts sous la nervosité dû à la tension qui commençait à se faire ressentir.
Des voix masculines et le claquement des talons résonnent dans tout le gymnase, se faisant de plus en plus puissants signe que ces soldats venaient à eux. D'ailleurs, ils s'arrêtent devant sa cellule, à ce moment là, l'homme qui était avec lui commençait à changer radicalement de comportement devenant plus violent et impulsif dans ses propos et dans ses gestes. La peur. La peur avait raison de lui en le rendant plus vulnérable certes mais plus dangereux, sa transpiration abondante notait une température corporelle qui ne cessait de s'élever, il avait de la fièvre beaucoup de fièvre. Il vient s'accrocher au grillage, le visage effrayé comme jamais il ne l'a été depuis qu'il a fait sa connaissance (il y a deux heures), il tremblait de tout son être alors qu'il jura en bafouant :
« S'il vous plaît... ! Je vous jure que je vais bien ! Je ne suis pas malade ! Pitié, laisser moi partir, je veux retourner auprès de ma femme, elle a besoin de moi !
▬ Eh bien, si vous vous sentez bien, nous allons vérifier cela. »
Le regard d'Armin se glisse sur l'engin qu'un des soldats tenait dans ses mains, un matériel médicale permettant de prélever la température du corps humain à distance, c'est ce qu'il vient d'ailleurs faire sur l'homme qui était collé au grillage. Remarquant le visage du soldat peut expressif, il déduit rapidement que ce dernier allait devoir être amener au sous sol, là où ils emmenaient tout les malades pour que les infirmières et infirmiers du service militaire s'en chargent. Personne ne revenait, Armin le savait tout comme lui, tout comme chacune des personnes se trouvant dans les cellules voisines à la sienne.
« Mes félicitations, vous avez gagné un séjour. Emmenez-le.
▬ Hein ? Quoi ? Non, je ne suis pas malade je vous le jure ! Je fais très bien ! Vous ne pouvez pas m'emmener ! S'il vous plaît, pitié ! »
L'un des soldats ouvre la cage quand deux d'entre eux viennent se saisir de lui pour l'embarquer, celui qui donnait l'ordre appela le jeune garçon pour calculer sa température. Sa goutte de sueur perle de sa tempe, il se racle la gorge puis doucement il se lève du banc métallique pour s'approcher du grillage. Le Soldat pointa son front puis baisse les yeux sur le résultat qu'il afficha, il fit une remarque qui vient serrer le cœur du blondinet :
« Tu as de la fièvre, gamin.
▬ Ce-ce n'est pas de la fièvre... Savez-vous quelle température fait-il dans cette salle sachant que nous sommes entassés comme des porcs prêts à être jetés en abattoir ? Forcément, tout le monde a chaud, même vous colonel...
▬ Commence pas à jouer, gamin ! L'appareil ne se trompe jamais, tu as de la fièvre, preuve que tu as été en contact avec un mort. Si les malades contaminent les survivants de cellule, nous serons tous perdu. Maintenant, tu-
▬ Le gamin a raison, colonel. La température de la salle affiche quarante cinq degrés, un véritable four si vous voulez mon avis. Cela expliquerait pourquoi votre appareil affiche un si gros résultat. »
La surprise se lit dans son regard lorsqu'un des soldats vient appuyer sa défense, l'obligeant à lever les yeux sur ce dernier, des cheveux ondulés et dorés caché sous son képi militaire, un cache œil sur le côté gauche de son visage l'interpelle tandis qu'il scruta l'uniforme de ce dernier qui ne semblait pas en accord avec les autres. Un sourire sarcastique fendait son visage masculin, visiblement fier d'avoir maintenu le jeune garçon prisonnier dans cette cage. Pourquoi a-t-il fait cela ? Dans quel but ? Les sourcils du petit se froncent, une méfiance naissante tandis que l'autre soldat pesta ce dernier avant de partir.
« S'il se transforme, je vous laisserai donc le privilège d'abattre un môme devant des milliers de personnes. Tch ! »
Les soldats de l'armée longèrent le couloir étroit et dessiné entre les grillages alors que les hurlements de l'homme qu'ils emmenaient avec eux venaient résonner dans toute la salle. Quant à cet homme mystérieux aux yeux d'Armin était resté là prêt de lui, si se n'est qu'ils sont séparés par le grillage, d'ailleurs il ne se gêna guère pour le détailler du regard tandis qu'il l'interroge par curiosité.
« Je devrais vous remercier mais, pourquoi avoir fait cela ?
▬ Peut-être qu'il n'y avait pas que du faux dans ce que tu disais, tout à l'heure. Tu as un sacré répondant pour ton âge, d'où est-ce que tu viens ?
▬ Je... d'une ferme non loin d'ici. Je devais me rendre chez un ami en cas de problème mais c'est là qu'ils m'ont trouvés..
▬ Si ton ami n'a pas encore quitté la ville, il finira par atterrir ici, comme toi. J'espère pour toi qu'il va bien, s'il est malade, tu as toi-même deviner ce qu'ils en feraient.
▬ Hm... Vous n'êtes pas comme eux, j'me trompe ? J'veux dire... Vous m'avez l'air différent des autres soldats, aucun d'eux ne porte un accessoire noble autour du cou. Est-ce donc ce que vous étiez avant d'infiltrer le service militaire ?
▬ Dîtes donc Sherlock Holmes, tu as l'oeil. Écoute, peut-être bien que si tu ne dis rien aux autorités, à mon sujet, je m'arrangerai pour te faire sortir d'ici et retrouver tes petits copains. Marcher conclus ?
▬ Ça se tient... Mais vous ne m'avez toujours pas répondu. Dois-je donc supposé que vous avez quitté votre famille ? Il est rare que les nobles décident de s'engager dans l'armée sans craindre que leur lignée soit éradiquée s'ils échouent.
▬ Dis donc Sherlock, ça suffit l'analyse.
▬ Désolé, j'ai le défaut d'être quelqu'un de curieux. Et, je m'appelle Armin, Armin Arlert.
▬ Ok, Armin. »
Un instant plus tard, il entend une voix féminine et familière crier son prénom dans toute le gymnase, le blond sursauta et se colla d'avantage au grillage pour pouvoir observer ce qu'il pouvait s'y passer à l'extérieur. C'est là, qu'il vit ses deux amis être emmener dans une cellule voisine à la sienne, émerveillement ou déception ? Mais, il fut surpris lorsqu'il vit un jeune adulte leur tenir compagnie, un grand blond aux yeux argentés, il reconnu ce visage. Qu'est-ce qu'un criminel fichait avec Eren et Mikasa ? Qu'a-t-il donc pu manquer ? Ce dernier tentait de se débattre du soldat alors qu'il les fusillait de questions, la colère, la haine, la frustration se lisait dans ses traits masculin.
« Où est Livai ?! Qu'est-ce que vous avez fait de lui, bordel de cul ?! Vous allez me répondre ?! Et Isabel ? Ma petite sœur est malade, vous n'avez pas le droit de la garder au sous-sol ! Qu'est-ce que vous allez lui faire, hein ? Répondez ! »
Armin se déplaça dans sa cellule pour se rapprocher de la position où se trouvait ses deux amis, avec inquiétude, il vient accrocher le bout de ses doigts au grillage :
« Eren ! Mikasa ! Est-ce que vous allez bien ?! Bon sang, que s'est-il passé ? »
Accroché et collé depuis le bout de ses doigts au grillage métallique étrangement froid, il observait la scène qui se déroulait sous ses grands yeux océanique. Absolument rien ne pouvait lui échapper grâce à cette multitude d'ouverture qu'offraient ces remparts, la simple vue sur ces deux amis lui faisait automatiquement oublier la triste vérité qui révèle leur séparation. Comme si ces inconnus avaient scellés leur destin d'autrefois, cette relation toxique qu'ils avaient entretenu ensemble durant des années jusqu'au rebondissement ultime faisant d'eux des ennemis jurés, nul ne pourrait oser s'imaginer le désespoir qui rongeait ce dernier : le Titan Colossal, le Dieu de la Mort qui prend la décision d'ôter la vie de son meilleur ami tel Naruto et Sasuke.
Pourquoi ? Le pouvoir ou l'humanité ?
« Vos gueules les mioches ! Quant à toi, arrête de gueuler on est pas sourds ! Ta soeur doit être déjà morte à l'heure qu'il est passe à autre chose ! »
La voix portante du militaire avait résonner dans la grande salle terminant son chemin dans les tympans du petit blond. Toujours scotcher au grillage, ne voulant en démordre, le fait de voir ses amis et cet homme qui était avec eux se faire balancer comme des mal-propres dans cette foutue cage venait le contrarier. Grinçant des dents, sous la panique et l'inquiétude qu'il maintient envers eux surgit dans sa voix encore enfantin.
« Eren ! Mikasa ! Est-ce que vous n'avez rien ?! Dîtes-moi que tout va bien ... ! »
Sa voix tremblotante par les émotions multiples qui viennent l'envahir, venait interpeller le mystérieux soldat qui demeurait a proximité de sa cage. Le grincement de l'ouverture métallique siffle dans ses oreilles, signe que les soldats avaient refermés la cellule mais Armin n'en tenait pas rigueur. En revanche, il assistait à l'impuissance et la rage meurtrière que le brun aux billes émeraudes délivrait, c'est sans mesurer la force et la violence de son coup de pied dans le grillage refermé sur lui. Offusqué et frustré d'être mis en cage tel un animal prêt à être jeter en abattoir. Armin n'avait pas besoin de lui parler pour comprendre ce qu'il pouvait ressentir actuellement. Ses mains étaient crispées, son corps tremblait de rage alors que son regard rougissait sous les larmes qui lui montaient aux yeux, sa tête légèrement baissée, il serrait les dents en même temps qu'il agrippait d'avantage ses doigts dans les trous du grillage qui le séparait d'eux.
La colère et le désespoir d'être impuissant dans cette situation oppressante et étouffante. Pas nécessaire de s'appeler Sherlock Holmes pour comprendre et savoir qu'ils étaient faits comme des rats et qu'ils ne pourraient rien y changer, esclave du châtiment qu'on leur a imposé celui d'être un enfant innocent, ignorant et faible. Pourtant, il se réjouissait d'une manière quelconque de leur position dans laquelle ils s'étaient tous retrouvés, l'espoir de les retrouver vivants vient étouffer ses ondes négatives.
Pour combien de temps ?
« Bandes de salopards vous avez pas le droit de nous enfermer comme des animaux en cage ! C'est pas humain ! Libérez nous ! »
Pendant que son ami hurlait sa frustration qui résonnait dans tout le gymnase, la jeune fille qui était avec lui s'était relevée pour accourir jusqu'au grillage. Il remarqua cette dernière lorsqu'elle prononça de nouveau son prénom, l'inquiétude s'entend au timbre de sa voix féminine.
« Mi-Mikasa...
▬ Armin ! Nous étions morts de trouilles. Bon sang, que s'est-il passé ? Tu ne répondais plus au téléphone...
▬ Moi, je vais bien mais v-...
▬ Armin ! Tu vas bien ?! Bon sang on s'inquiétait comme des fous pour toi on a jamais réussi à te joindre ! T'es là depuis longtemps ? Et ton grand-père ? »
Les prunelles azures du blond dérive sur le brun aux yeux émeraudes lorsqu'il sentit sa présence près de lui, ils furent nez à nez où seul ce maudit rempart réussit à les séparer pour de bon. Ses émotions le chamboulèrent, ses battements cardiaques s'accéléraient étrangement mais son souffle fut couper à l'instant même où il sentit les doigts de son ami glisser sur les siens. Armin ne pouvait se permettre de perdre à nouveau son sang-froid, pas maintenant, désormais réuni tout les trois il se devait de trouver un plan d'évasion. Oui, sa priorité demeure leur survie à tout les trois. Ses paupières se ferment un instant, il balança son visage de gauche à droite avant de les rouvrir, dévoilant au grand public deux billes océaniques. C'est avec un sourire presque forcé qu'il se confesse :
« Je t'assure, je vais très bien... Je suis arrivé ici il y a un peu plus de cinq heures... Navré de ne pas avoir pu vous répondre... Mon grand-père est tombé gravement malade... Son état était bien trop grave pour qu'ils acceptent de le prendre en charge ici...
▬ Ma mère est ici ! Elle m'a envoyé un sms, tu l'as vu dit ?!
▬ E-Eren, je... Je suis désolé mais ce n'est pas un endroit sûr pour les malades ! Ils... Ils... !
▬ Armin ! Calmes-toi, nous sommes là. Dis nous ce qu'il se passe. Reprit Mikasa avant de laisser la parole au jeune Jaeger.
▬ Ça pue Armin, il s'est passé pleins de trucs ! On a...Fait des trucs grave, les criminels que tu parlais nous ont sauvés juste à temps, ils sont venus chez moi histoire de se cacher mais les militaires nous ont retrouvés ! Dehors c'est la merde de partout, les gens deviennent fous tu croises pas un carrefour sans un accident, c'est l'enfer sur terre dehors !
▬ Ils n'ont rien trouvés, aucun vaccin, aucun remède n'a été trouvé. Ils ont décrétés qu'un centre médical avait ouvert ses portes pour accueillir les plus malades d'entre nous... Je ne suis pas là depuis longtemps mais... je sens que quelque chose cloche... S'il vous plaît, ne vous rendez jamais au sous-sol je crains que mon intuition soit bonne, qu'ils ne soignent pas les malades, qu'ils ne les ont jamais soignés. On nous a juste entassé là comme de vulgaire animaux prêts à être jetés à l'abattoir... !
▬ Armin ?! Est-ce que tu es sûr de ce que tu avances ?! »
Armin était l'un des garçons les plus intelligents, toujours catégorisé et surnommé comme étant le petit intello, le génie du trio. Aux yeux d'autrui, il est né pour devenir un leader, un fin stratège, un conseiller ou un gouverneur. Toutes ces flatteries diverses sonnaient comme un don du ciel mais contrairement à l'intelligence artificielle, il était munit d'une conscience et d'une humanité infaillible. Le fait d'être humain, lui permet d'élargir son champ de vision, de pouvoir pousser ses recherches à l'extrême et parfois il arrive que son ennemi juré vient bloquer son analyse. Son nom ? Imprévisible. Pour un génie comme Sherlock Holmes, il n'y a pas plus frustrant que de ne pas contrôler une situation quelconque dans sa totalité, surtout si à la dernière seconde l'imprévu implique et met en œuvre la mort potentielle d'un proche. Et, lorsque toutes les équations ont été proposées mais qu'aucune d'elles ne peut résoudre l'énigme posée, vient la conclusion ultime. Alors, une nouvelle problématique figure dans l'esprit de ce dernier auquel il va falloir répondre :
La douleur est-elle plus supportable face à un mensonge ou à la triste vérité ?
Mensonge ou vérité ? Malheureusement, même s'il est difficile à l'encaisser, nul ne peut refuser d'accepter la vérité lorsqu'il faut regarder la réalité en face. Personne n'est épargné et il n'est pas nécessaire d'être un génie pour le savoir. Qu'il pleure toutes les larmes de son corps meurtri et faible jusqu'à se déshydrater ne pourront rien y changer à la situation.
Mais, la lâcheté d'avouer à son meilleur ami que sa mère biologique était certainement morte à l'heure qu'il est, lui broie les tripes laissant un goût nauséeux en bouche. Son front collé au grillage, ses pupilles étaient plantées sur leurs doigts croisés, il tremblait à nouveau. Tourmenté par les regrets et le désespoir qui viennent l'envahir, ses yeux étaient noyés par les larmes qui perlent sur le dos de ses mains pâles. Les dents serrées, il tente de reprendre ses esprits, il se doit de le faire, il est inconcevable qu'il perd à nouveau son sang-froid. Armin doit prévenir Eren pour sa mère, il est le seul à savoir.
« E-Eren... Ta mère est... »
Il voulut poursuivre quand soudain deux hommes avaient fait leur apparition dans la grande salle, ceux de tout à l'heure. Cela le surprend instinctivement lorsque le jeune Jaeger nota leur présence, jurant dans sa barbe inexistante, venant piquer la curiosité d'Armin. Le blond releva son visage puis le tourna en leur direction, l'un d'eux les pointe du doigt ce qui inquiéta ce dernier. Quelque chose cloche, un événement grave était entrain de se dérouler mais qu'est-ce donc ? Une gouttelette de sueur s'écoule de sa tempe, ses pupilles bleutées dérivent à nouveau sur le brun face à lui, les mains moites, il crispe ses doigts au grillage qui les sépare. Au même moment, il sentait son ami monter en pression, pas de doute, ils venaient pour eux. Mais, pourquoi ?
« Eren ? Que se passe-t-il ? Qu'avez-vous fait Mikasa et toi ? »
Dans un élan de précipitation, Albert fusille son meilleur ami de question avant qu'il ne croise le regard assombri de la jeune asiatique. Resserrant l'étreinte au grillage, il crut entendre son cœur tambouriner dans sa cage-thoracique, ses sourcils se froncent suite à la tension qui s'accumule dans cette atmosphère déjà étouffante. Avec peur, il se permis de lancer des directives avec une voix bien plus ferme, cette fois-ci :
« Eren ! Mikasa ! Il ne faut pas que vous vous laissez entraîner dans les sous-sols du gymnase ! Empêchez les de vous emmener ! Je crains que jamais vous ne pourrez ressortir d'ici vivants ! »
Pas à pas, le claquement de leurs chaussures résonnaient dans la grande salle étouffant la conversation oppressante du trio. Les deux soldats stoppèrent leur route jusqu'à l'homme qui se tenait non loin de la cellule qui les intéressait, ils le saluent alors qu'un bref échange s'établit à cette suite.
« Pouvez-vous nous ouvrir la cellule numéro 13 ?
▬ Qu'y a-t-il, Colonel Samuel ?
▬ Un des gamins qu'on vous a amené doit être évacué sur le champ.
▬ Celui-là ? » Interrogea le Lieutenant Richard.
De son calibre imposant entre les mains, le militaire pointa le brun aux yeux verdâtres sans pour autant avoir l'index glissé sur la détente, la peur qu'il prend en chasse ce dernier vient réveiller la jeune Ackerman. Sans se poser de question, elle se saisit de son bras gauche qu'elle serra fortement dans sa poigne comme pour être certaine de ne pas le lâcher s'ils veulent s'emparer de sa seule et dernière famille.
« Oui. Il a certainement été mordu. il saigne de la hanche
▬ Quoi ?! Non on m'a tiré dessus ! Proteste Eren pour sa défense.
▬ C'est sûr ?
▬ Honnêtement, on peut pas prendre le risque. Tu as entendu les ordres : Risque 0. Embarquez le. »
Aucune hésitation de la part du jeune soldat qui avait tenu compagnie à Armin, il s'exécutait pour ouvrir la cage à ses collègues. Lorsque le grand blond platine aperçut trois militaires supplémentaires se joindre à leur cellule, son âme de grand frère protecteur vient le réveiller. Il s'était relevé et avait accouru pour attraper la gamine, une main logée à son bras droit tandis que son bras gauche s'était enroulé à sa taille. D'une étreinte à la fois chaleureuse et protectrice, Furlan avait obligé Mikasa à relâcher le bras de son frère de cœur. Mais, envahie d'une colère noire et d'une peur a couper le souffle par l'unique pensée de le perdre, elle se débat, donnant des coups de coudes contre le torse du jeune homme qui la retenait. Furieuse de ne pas pouvoir venir au secours du jeune Jaeger, elle s'était mise à hurler de rage. L'instant où le bout de ses doigts se retirent de ceux du blond, le forçant à se décoller du grillage par lequel il se maintenait, la brune réussit à attraper sa main de justesse avant qu'il ne soit emmené hors de la cellule.
Elle le tenait. Elle le tient. Il ne peut plus partir. Il ne peut pas la laisser toute seule.
Pas lui !
« EREEEEEN ! Hurlèrent Armin et Mikasa.
▬ Mikasa ! Armin ! Arrêtez lâchez-moi je vous en supplie ! J'ai rien… ! »
L'un des trois soldats qui avait pénétré la cellule, du manche de son arme à feu il vient donner un coup sec aux mains liées des deux enfants, prisant leur union le soldat qui maintenait Eren réussit à l'expulser de la cellule tandis que les trois militaires armées jusqu'aux dents menaçaient Mikasa et Furlan de les abattre sur le champ s'ils osent riposter. Le grand blond platine décide de retirer son emprise sur le bras droit de la jeune fille avant d'enrouler son bras libre autour d'elle, resserrant son étreinte sur cette dernière, il tente tant bien que mal à contenir et calmer sa folie. Malgré lui, il écoutait les cris et les pleures de deux frères et d'une sœur dont on venait séparer sans quémander leur avis.
Cette sensation étrange et particulière comme si quelqu'un venait implanter un couteau dans sa chaire fraîche où le pique de la lame blanche était sur le point d'atteindre le cœur. Il pouvait sentir son sang circuler et couler dans ses veines, entendre la fréquence de ses battements cardiaques. Son estomac et ses tripes qui se tordissent dans tout les sens, si violemment qu'il crut à quelque chose qui les tenait et s'amusait avec. Cette chose quel-qu'elle soit s'amusait à le faire souffrir d'une certaine manière.
C'était ce qu'ils étaient entrain de vivre à leur tour. Il se rendait compte à quel point ces gamins étaient proches comme il l'a toujours été avec Isabel et Livai. Cette fille qui ressemblait étrangement à son frère de cœur continuait sans relâche à se démener, elle tentait le tout pour le tout afin de récupérer ce qui lui appartient depuis toujours. Elle pourrait se débattre jusqu'à l'épuisement s'il le fallait mais jamais elle ne laisserait ces hommes étrangers lui priver du gamin qui lui a jadis offert liberté. Alors qu'ils quittèrent la cellule, l'un d'eux vient donner un coup dans le grillage pour attirer l'attention de Furlan, ce qu'il gagna :
« Calmes-moi cette gamine ou j'me charge personnellement de son cas !
▬ Vous lui privez du dernier membre de sa famille et vous voulez qu'elle se calme ?! Ne savez-vous donc pas ce qu'est une famille, Lieutenant ?!
▬ Colonel ! Et commence pas à me chercher, morveux ou tu vas finir comme tes petits copains ! Maintenant calmes cette gamine ou j'te jure que j'la flingue si elle continue de hurler ! On est pas sourd ! Bon sang ! Y'a pas plus gueulard que les Allemands ! Et pendant que t'y es, calmes-moi le gamin qu'est avec vous aussi ! J'te jure, j'aurais dû le descendre en même temps que ce gros lard tout à l'heure ! Tch ! »
Si ces américains pensaient en avoir terminer, ils se trompaient lourdement sur le jugement qu'ils avaient déposés sur le gamin. Les hurlements de terreur, de peur et de colère de celui-ci faisaient échos dans l'esprit de chacun, les hommes, femmes et enfants des cellules voisines et éloignées avaient tous les regards tournés vers la scène où avait lieu un spectacle des plus inattendus. Les femmes enlaçaient et bouchaient les oreilles de leurs progénitures voulant atténuer les cris douloureux d'un enfant se faisant arraché de sa famille. D'ailleurs, sous la panique qui l'animait, il avait réussi à s'agripper pour retenir ses agresseurs, il avait pris entre ses griffes le bras du mystérieux soldat qui venait tout juste de refermer à clef la cage aux oiseaux.
Le désespoir qui se lit dans le regard du gamin comme dans un livre ouvert, se reflétait dans l'oeil encore actif du jeune homme aux cheveux courts ondulés et dorés. Aucun sourire ni grimace ne réussit a déformer son visage déjà marqué d'une brûlure qui pouvait se lire autour du cache œil, semblant recouvrir son côté gauche. Pourtant, ses sourcils déjà froncés par nature se renforcèrent venant le sévir, il semble contrarié. Est-ce parce que la poigne du gamin lui faisait mal ou au contraire le voir pleurer toutes les larmes de son corps semble l'affecter plus qu'il ne l'aurait cru ? Pourquoi prendrait-il à cœur cette situation inimaginable à vivre ? S'il n'est pas un véritable militaire comme les autres, d'après Armin... Qui est-il ?
« Pitié ! Ils sont pas malade ! Ils ont rien ! Pas ma famille !
▬ Tu casses les couilles, gamin ! Lâches le ! »
Alors qu'un de ses collègues réussit à le libérer des griffes du gamin et l'entraîner hors de la grande salle, l'un des militaires s'arrête face à lui pour attirer son attention. De sa voix rauque, il engage la conversation avant de lui donner des instructions suivantes, le blond se sentit observer de haut en bas.
« Quel sale morveux, on dirait qu'il ne voulait pas te lâcher alors qu'il sait pertinemment que toi-même tu l'aurais envoyé dans ce trou à rat ! Kyark-Kyark-Kyark !
▬ Guère étonnant, vous avez débarqué sur vos grands chevaux armés jusqu'aux dents.
▬ À t'entendre, on dirait que t'as de la compassion pour ce gamin ! J'me disais aussi, pourquoi un gars qui est au pouvoir tel que nous n'a pas chercher à retirer ses griffes de son bras ?
▬ Hm. Colonel Richard, n'est-ce pas ? Vous êtes un homme de quarante ans, célibataire depuis Jérusalem et sans enfants. Oui, cela explique pourquoi la vie de ce pauvre garçon ne vous a pas effleuré l'esprit. Comprenez maintenant pourquoi aucune femme ne voudrait d'un père tel que vous pour ses enfants... D'un sourire sarcastique, le blond fit une pause dans son analyse avant de reprendre la parole. Non, je me goure totalement. Vous aimez les hommes, Colonel ?
▬ Me provoques pas, petit ou jt'en colle une !
▬ Votre sauvagerie me laisse penser que vous avez un penchant pour la catégorie bestiale. Évidemment, vous n'oserez l'avouer au grand public parce qu'au nom de l'humanité vous savez que ce n'est pas saint. »
Le colonel Richard fût retenu par l'un de ses collègues, empêché de dégoter un revers du droit au jeune soldat, voulant lui faire regretter son arrogance. Avant qu'il décide de rejoindre son acolyte Samuel, qui est déjà parti descendre le gamin au sous-sol du bâtiment, celui qui le retient pris la parole à son tour.
« Calmez-vous, Colonel ! Vous ne pouvez attaquer nos propres soldats, je crains que cela ne ferait qu'envenimer les choses si le Major l'apprend !
▬ Argh ! Quel crétin ! T'as de la chance qu'on a des ordres à respecter, crois-moi que je t'aurai flinguer devant tout le monde !
▬ Quant à vous, Lieutenant Kruger. Nous allons prendre le relais, vous remplacerez un soldat de l'extérieur pour monter la garde.
▬ Parfait, Lieutenant. U-hu. »
Du haut de ses un mètre quatre-vingt sept, le blond au visage à moitié défiguré avait tourné les talons pour se rendre à sa prochaine mission. Une décharge électrique suivit de frissons viennent s'en prendre aux prisonniers du gymnase, les cris enragés de la jeune fille s'étaient prolongés, sa voix aiguë fait désormais écho dans les couloirs de l'établissement sportif. Deux grandes portes métalliques étaient enfoncés dans un mur en béton, situées à l'intersection de deux couloirs, une planche épaisse et solide scellait l'accès direct vers les Enfers, où un chœur de grognements indescriptible et inhumain pouvait être perçu. Une multitude de coups viennent s'encastrer dans les grandes portes, des frottements et le grincement des ongles contre le métal réussissent a effrayer certains militaires passants par là.
Si les lieux demeuraient silencieux jusqu'à maintenant cela signifiait qu'un événement déclencheur a su réveiller les morts. Les démons de minuit sont aux portes de l'Enfer entrain de les frapper, exigeants l'ouverture au monde des vivants. Pourtant, aucun des prisonniers du gymnase ne semblent être au courant qu'ils n'étaient pas seuls, qu'ils ne l'ont jamais été. Les militaires, eux, le savent. Ils l'ont toujours su mais n'ont guère l'air de s'en préoccuper, comme s'ils ne se sentaient pas concernés par la situation, par leur propre monde qui se voit crever à petit feu.
« Bordel mais elle peut pas la boucler cette gamine ?! Elle va finir par réveiller les morts si ça continue !
▬ Toi, là ! T'as oublié ce que j't'ai dis ?! Si tu lui fais pas fermer sa gueule j'la descends ! c'est clair ?!
▬ Où est-ce que vous emmenez Eren ?! Vous n'aviez pas le droit de nous séparer !
▬ Mikasa, s'il te plaît... ! Calmes-toi ! Si tu ne te tais pas, ils vont s'en prendre à toi aussi !
▬ Oï ! Calmes-toi et regardes-moi ! »
Libérée de l'étreinte du jeune homme, à peine eut-elle le temps de sauter au grillage telle une lionne enragée après qu'on lui ait privé de son lionceau, une main la saisit de nouveau part le bras. D'un geste franc et sec, son corps de petite fille pivota face au grand blond platine, elle voulut faire face aux militaires mais, encore une fois elle fut forcée de regarder à nouveau le jeune homme. Captivant l'entièreté de son attention, il relâcha son bras et vient loger une main à sa nuque, ses longs doigts fins se perdirent dans la chevelure corbeaux et encore imbibé de sang, de l'asiatique. Ses deux billes cristallisées furent plongées dans le gouffre noir des siens, son regard était sombre et brouillé d'un nuage de désespoir dont une lueur flamboyante animée par la haine brille dans ses iris.
« Regardes-moi ! Insista Furlan d'une voix ferme, les sourcils froncés. Si tu crèves ici, jamais tu ne le retrouveras ! C'est ce que tu veux ? Alors boucles la. Je sais que tu veux à tout pris aller secourir ton petit frère, je ferai de même pour le mien et ma sœur, mais ce n'est pas le moment pour perdre son sang-froid ! »
Impossible de ne pas remarquer les larmes qui lui montaient aux yeux alors qu'elle s'était subitement calmée, plus aucun son ne franchis la barrière de ses lèvres pulpeuses et légèrement rosée. Ses joues habituellement pâle prennent une teinture rosée, certainement les mots chaleureux, bienveillant, rassurant et protecteur d'un grand frère qui manque dans sa vie misérable. La main libre de ce dernier se glisse sur la joue droite de son interlocutrice, de son pouce il vient essuyer la moindre saleté lui faisant défaut.
« Tu as vécu bien des choses en une soirée, tu es encore sous le choc et j'peux le comprendre. Mets ton mal en patience, ravales cette rage qui est en toi et attends le bon moment. Prendre le risque de se faire tuer stupidement n'est pas la meilleure solution. Tu le reverras, je te le promets. Oui, nous les retrouverons une fois ces remparts détruits. »
Furlan pris son rôle de grand frère très à cœur, il logea sa main droite à l'arrière du crâne de la jeune fille qu'il vient blottir contre son épaule alors qu'il relève l'autre au grillage à sa gauche où un petit garçon s'y était accroché. Le cœur du blond aux yeux océaniques vient tambouriner sous sa cage thoracique, la gorge nouée, il ferma ses paupières laissant des perles salées couler le long de ses joues colorées et c'est timidement qu'il vient glisser sa main droite à celle du jeune homme dont il vient à peine de rencontrer. Armin connaissait ce type, c'était un criminel, il serait même capable de relever son casier judiciaire tellement il était une source d'informations incroyable. Pourtant, il n'arrivait a déceler le diable qui sommeil en lui, il ne le voyait pas. Est-il désormais aveugle pour être capable de lui faire confiance ? Après tout, il vient de sauver sa meilleure amie sous ses yeux, lui évitant une exécution et une mort des plus abominables. Que deviendrait Armin Albert sans Eren et Mikasa ? Lui-même n'ose se l'imaginer.
To be continued...
