ISABEL MAGNOLIA


Une heure plus tôt.

« Faîtes ce que le Major Smith vous a ordonné. Envoyez-les dans leurs cellules en attendant qu'ils soient pris en charge par les médecins !

Attendez, j'crois que cette gamine est infectée. Elle transpire comme un chacal, obligé elle a été contaminé par ces morts vivants ! On peut pas l'emmener dans la salle principale, elle risque d'infecter tout les autres cette sale gamine. Comme si on avait pas assez de personnes à devoir buter, quelle plaie !

Ouais, t'as sans doute raison. Décale-la au sous-sol, de toute façon ils vont la descendre, c'est certain.

Et, lui ? Qu'est-ce qu'on fait ?

La vache, il est lourd pour un morveux de petite taille ! Toi, viens m'aider à le soulever !

Lui ? Il est un cas exceptionnel, le Major demande a ce qu'il soit isolé. Faites attention qu'il ne se réveille pas en cours de route et qu'il vous saute à la gorge.

Entendu, Lieutenant !

Bordel, quel enfoiré ! Il a décimé une bonne partie de nos troupes, une vraie enflure. J'ai hâte que le Major en termine avec lui pour lui coller une balle dans la tête ! J'te jure, t'aurais vu comment il les a explosé, j't'explique pas ceux qu'il a flingué sur le toit d'un immeuble.

Prends pas tes rêves pour la réalité, Marc ! Le Major tient à préserver son Trophée, tu n'as pas idée. Il a déjà eu affaire à un type de son genre, pire que ce minus haut comme trois pommes. J'crois qu'en plus, ils sont de la même famille !

Attends, tu veux parler de Kenny Ackerman, connu sous son surnom de « Kenny l'éventreur » ? Partout où il va, l'Enfer marche à ses côtés, truc de dingue ! Tellement ces Allemands n'ont pas su faire leur boulot correctement qu'ils l'ont laissés débarquer chez nous. Ces fumiers, ils ont la voix qui porte mais quand il s'agit de passer à l'action, y'a plus personne.

Tous des ingrats ! Moi qui croyait que leur carte maîtresse réussirait à le chopper facilement, on dirait bien qu'il préfère se branler sur son lieutenant.

Le Colonel Mustang ? Il sait faire que crier haut et fort qu'il deviendra président, Ah ! Ah ! Ah ! Encore un sale chien qui prend ses rêves pour la réalité, tout ce qu'il sait faire actuellement c'est de se réfugier sous les jupes de son lieutenant, comme tu dis, l'ami !

Il paraît même que c'est le Major s'est occupé de certains de ses dossiers, quel naze. Jamais il arrivera à la cheville du Major !

C'est clair ! Qui sait, il s'est même fait la lieutenant de ce nul. Président des cons ! »

Son corps meurtri et étrangement lourd se voyait plonger dans un gouffre d'obscurité où le fond n'existe pas comme l'histoire d'une vie bien cruelle, douloureuse, morne, pénible et sombre sans fin. Sa respiration était plus conséquente, la fréquence de son pouls ne cessait d'accélérer, ses globules rouges circulant de manière constante dans chacune de ses veines, son organisme continuait à gagner en température affligeant une teinture rosâtre presque rouge à son visage habituellement pâle. Alors que ses paupières masquaient ses pierres de Jade, celles-ci finissent par être dévoilées au grand public lorsque la voix colérique et portante d'un petit garçon terminait sa route jusque dans ses tympans, faisant écho dans son esprit désormais réveillé.

« Connards ! Relâchez-nous, on vous a rien fait ! »

Hurlait-il, en vain. Nul ne pouvait l'aider dans son combat, pas même l'homme le plus fort d'entre eux. L'adolescente de dix-sept ans claquait des dents et serrait ses poings noués d'une corde au bas de son dos, cette dernière rappait et marquait ses poignets à force qu'elle tentait libération. Pendant que son corps engourdit se réveillait petit à petit, elle ressentit soudainement une forte douleur à la tête, ignorant la coulée de sang depuis sa tempe côté gauche de son visage très féminin. À peine essayait-elle de se souvenir de ce qu'il s'était passé à la maison du jeune Jaeger qu'une migraine lui était infligée. Les sourcils sévèrement froncés, ses yeux humides rougissaient de rage quand un des soldats de l'armée Américaine était venu la dégager à son tour du fourgon militaire, sans mesurer sa force physique. Elle sentit la poigne puissante de chaque main à ses bras, jetant un coup d'oeil par dessus ses épaules, elle vit deux grands hommes la tenir et la balancer en avant pour la forcer à avancer. Menacée d'une armée à feu, l'un d'eux était prêt à l'achever si elle ne se tenait pas tranquille mais quand elle balança son regard turquoise devant elle, elle aperçut les deux enfants de l'usine mais il y avait aussi l'un de ses frères.

La simple vue sur le grand blond aux prunelles d'un bleu cristal la fit frémir, son muscle cardio-vasculaire se resserra dans sa cage-thoracique alors qu'il vient taper violemment contre sa poitrine gauche. Ses paupières étaient écarquillées sous la surprise de le revoir sain et sauf, le soulagement qu'il soit encore vivant bien réchauffer son esprit, l'excitation de le rejoindre et lui sauter dessus lui prend les tripes. D'ailleurs, c'est exactement ce qu'elle a voulu faire mais impossible, son corps fut tiré en arrière la coupant dans son élan. La rouquine ne put s'empêcher de grincer des dents et râler sur les deux soldats qui la tenaient fermement, tandis que le prénom d'Eren Jaeger était crié par la jeune asiatique qui l'accompagnait. Celui-ci se débattait entre les griffes de ces militaires, l'un d'eux avait pris plusieurs coups de coudes dans les côtes, elle ne s'arrêtait pas quitte à devoir y laisser la vie. Cette petite était remarquable, nul doute qu'elle ferait une excellente grande sœur, elle serait même une mère formidable selon Isabel.

Lorsqu'elle se surprend de penser à ces enfants, dont elle avait pris pour des chats errants sans famille, sa trajectoire changea contre sa volonté. La silhouette du jeune Jaeger et de la jeune Ackerman avaient disparus de son champ de vision tout comme son frère, mais elle n'ignorait pas leurs voix qui résonnaient et faisaient échos dans les couloirs de l'établissement. Ses pupilles vertes s'assombrissent sous l'inquiétude et la peur qui ne cesse de s'accroître en elle, venant lui nouer sa gorge et couper son souffle, quand elle entend un des Américains grommeler :

`« Putain, quelle soirée de merde, Steve. Vivement qu'on s'en débarrasse, ils me saoulent. On aurait dû les flinguer, on aurait été tranquille ! »`

L'adolescente tiqua qu'elle n'avait pas encore vu son second frère, avant qu'un vertige ne l'emporte dans les profondeurs du gymnase, son corps féminin se crispe. La pression lui monta vite à la tête lorsqu'elle eut la mauvaise idée de croire à la mort de celui-ci. Son visage apeuré et rougit se balance de gauche à droite, puis elle jeta un coup d'œil par dessus l'une de ses épaules espérant apercevoir quelque chose. Il y avait trois hommes, dont un était soutenu par les deux mais celui-ci était inconscient, mais... Ce visage fin et pâle, cette coupe de cheveux si particulière et la taille de son corps, nul doute qu'elle savait de qui il s'agissait. D'ailleurs, elle ne put contenir ses pulsions pour venir crier son nom, si fort qu'elle espérait réveiller ce dernier, par panique elle commençait à nouveau a gesticuler dans tout les sens voulant être relâcher pour se joindre à ses côtés.

« Livai ! Laissez-moi aller voir mon frère ! Il ne s'est toujours pas réveillé... ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?!

Fermes ta gueule, sale gamine ! Ton frère est mort alors essaye pas de te débattre ou j'te flingue avant d'arriver ! Tch !

J'te jure, on aurait dû la descendre dans cette maison ! Cette sale garce qu'a faillit me sectionner les doigts, grr... Fais gaffe à elle quand on va la relâcher dans sa cellule !

Qu'elle me mord, je lui casserai la mâchoire !

Vous mentez... ! … Mon grand frère ne peut pas mourir... Vous n'avez pas le droit ! »

Une main épaisse et solide vient lui claquer le visage, l'impact était si violent et soudain que sa joue allait en garder un souvenir mais celui-ci est bien trop rouge par la fièvre et la transpiration que la marque était parue illisible. Par pure vengeance et méchanceté gratuite, la rouquine tourna son visage vers l'Américain puis lui cracha au visage. Sans surprise, cette gaminerie a réussit à le déstabiliser, cependant, le second avait resserrer sa poigne à son bras gauche ce qui la fit hurler de douleur avant qu'il ne la pousse dans les escaliers encrés dans le sol. Impossible de savoir si elle faisait preuve de maladresse ou que le militaire était bien trop brute avec elle pour lui faire louper une marche d'escalier, faillit tomber si elle n'était pas maintenue par eux.

À peine s'étaient-ils rapprochés du sous-sol, qu'une étrange sensation vient l'envahir. Son odorat fut férocement agressé par une odeur de corps en pleine décomposition, un parfum de pourriture mélanger à de l'urine et d'excréments. Attaquée par le nez et la gorge, ses yeux se plissèrent tandis que ses sourcils se froncèrent, elle crut pendant un instant que son estomac allait se retourner dans son corps sans parler de ses tripes resserrés et broyés par cette sensation particulière à laquelle, elle ne peut visiblement pas résister. Au cours d'une seconde, Isabel se demandait comment était-il possible que son grand frère ne se réveille pas d'un bon après un tel phénomène en ces lieux. Mais, lorsqu'ils passèrent un long couloir, les deux militaires qui tenaient le petit brun s'étaient subitement arrêtés et avaient passés une porte où elle les voit disparaître de son champ de vision.

« Grand frère ! Non ! Où est-ce que vous l'emmenez ?!

Tu commences sérieusement à nous les briser ! Fermes ta gueule et avances ! »

Alors qu'ils renforcent leurs poignes sur ses pauvres bras, ils la poussent en avant pour la forcer à accélérer le pas. Sans plus tarder, tout deux balancèrent le plat de leur pied pour ouvrir les grandes portes après avoir atteint le bout du couloir, l'entrée les mène à une grande salle dans laquelle la température était étrangement rafraîchie. Si la fièvre forçait son corps à se réchauffer de lui-même, son visage avait commencé à pâlir tandis qu'un courant d'air frais venait se faufiler derrière elle, caressant sa colonne vertébrale de son souffle glaciale. Parcourus de frissons, de ses pierres de Jade, elle balayait le nouvel environnement dans lequel ils l'embarquaient contre sa volonté. De gauche à droite, il y avait des cages métalliques qui autrefois servaient pour ranger l'équipement sportif mais cette fois-ci, elles étaient vides. Certaines emprisonnaient des personnes dont l'état est plus catastrophique que le sien, lorsqu'elle s'attarde sur l'une des cellules, l'adolescente ne put étouffer un cri de survivre quand un individu s'était jeté contre la grille dans le but de... de la dévorer ?

Ignorant les coins de cadavres en décomposition entassés les un sur les autres, son attention repart devant elle où au loin, elle aperçoit plusieurs lits d'hôpital comportant des malades et des blessés grave dont certains manque un membre ou deux. Si certains croyaient et priaient encore Dieu, d'autres savaient voir la triste réalité en face. Ils ne sont pas prêts de s'en sortir alors, ils se préparent à mourir de la main de quelques infirmières entourant leur cercueil.

Non. Isabel n'est pas stupide, loin d'être naïve comme elle le laisse penser, elle sentait que quelque chose d'anormal se tramait dans cet endroit délabré, lugubre et macabre. Ses suppositions si sombres se font éclaircir par un événement qui se produit sous ses yeux.

« M-mademoiselle... Je dois retrouver ma petite fille... S'il vous plaît, j'aimerai la revoir... juste une dernière fois... Bégaya l'ancien de sa voix enrouée, ses pupilles azures fixant le plafond.

Monsieur Klaus, votre petite fille n'est pas ici. Vous souvenez-vous de ce que vous m'avez dit, Monsieur Klaus ?

Je... Euh... Je... Je vous ai dis que ma petite fille... est... n'est plus...

Oui. Que lui est-il arrivé ?

U-un... Un accident de la route... Il y a de ça trois ans...

Vous avez beaucoup de fièvre, Monsieur Klaus. Votre vision se trouble et vous imaginez revoir votre petite fille qui n'est plus de ce monde.

Je... Vous... Vous avez raison... Vous me faites penser à ma petite fille... Elle était aussi jolie que vous, infirmière.

Je n'en doute pas, Monsieur Klaus...

Votre prénom... Rappelez-moi comment vous vous appelez... S'il vous plaît...

Koala Ralle... Mon prénom est Koala.

Koala... Quel hasard... Vous portez le nom de son animal préféré... »

L'ancien voulut ricaner sous sa vague de nostalgie mais fut vite couper par sa toux, une fois calme, il supplia la jeune femme qui était à ses côtés de mettre un terme à son combat. Alors qu'Isabel voulut voir la scène, l'un des militaires qui la tenait vient lui foutre un coup sur la tête l'obligeant a regarder ailleurs. La second vient ouvrir l'une des cellules, à l'aide d'une arme blanche il tranche la corde pour libérer ses mains et sans aucune délicatesse il lui donna un violent coup dans le dos, la balançant dans cette cage crasseuse où plusieurs odeurs abominable et immonde lui donne l'envie de vomir ses tripes. À quatre pattes au cœur de sa nouvelle loge, elle entendit grincement et le claquage de la porte métallique puis la serrure se verrouiller mécaniquement à l'aide d'une clef sans doute. L'adolescente se mise de nouveau à tousser sans réussir à s'arrêter jusqu'à cracher un liquide rouge foncé venant gicler à même le sol déjà souillé par les anciens détenus. Les paupières fermées, alors que ses forces l'abandonnent peu à peu, elle fit basculer son corps pour se coucher sur le dos, une main logée sur son ventre tandis que l'autre était à côté de son visage. C'est avec fatigue et désespoir que son regard fixait le plafond de sa cellule, tout les bruits autour d'elle commençaient à s'estomper lorsqu'un bruit étrange, semblable à un coup de feu, retentit jusque dans ses tympans.

Alors... C'est vrai. Il est mort ?

La rouquine avait ouvert de nouveau ses yeux à l'entente de ce bruit si soudain, sans s'être rendue compte qu'elle les avait tantôt refermés. Ses lèvres pulpeuses étrangement foncées étaient desserrées, la peau de son corps décolorée était entachée de ses veines mauves presque noir remontant jusqu'au creux de son cou fin. Ses prunelles émeraudes encadrées d'une teinture rosâtre presque rouge, signe que ses vaisseaux commençaient à s'éclater un par un. À chacun de ses souffles de plus en plus difficile, elle pouvait sentir sa poitrine modérée et cachée sous son pull orangé se redresser vers le plafond tandis que le sol solide et glacial sur lequel elle était couchée commençait à la faire frémir. Tout les muscles de son corps étaient crispés, ses articulations courbaturées, c'est torturée par la maladie que son corps ne cessait de l'avertir du martyr qu'il était entrain d'endurer.

Pouvait-elle changer quelque chose à cela ?

Pour que ceci s'arrête, il ne lui reste qu'une chose à faire. Elle aimerait plus que tout arrêter de souffrir le martyr incessant.

Que diront ses frères s'ils entendaient sa volonté ? Hors de question de leur dire. Elle ne veut finalement plus les revoir, pas dans un état aussi pitoyable que le sien. Elle est persuadée que ses chances de survie sont nulles. Alors quoi ? Elle va mourir ici, dans cette cellule puant l'urine les excréments et le cadavre en pleine décomposition ? Elle-même put la mort et ce n'est certainement pas Livaï qui va la contredire. À cette pensée, ses lèvres féminines s'étirent d'un sourire affaiblie laissant ses paupières lourdes se refermer peu à peu. Sa gorge nouée est asséchée, ses lèvres gercées, son souffle était plus long et la fréquence de ses battements cardio-vasculaire avaient freinés. Elle se voyait peu à peu, entrain de mourir. Quand soudain, une respiration forte accompagnée d'une voix enrouée et affaiblie arrivent jusqu'à ses oreilles, si les murmures de cette personne se troublaient dans son esprit, un prénom qui lui est familier vient la tirer avant qu'elle ne s'apprête à plonger dans ce gouffre sans fin.

« Eren... M...on... petit garçon... »

Eren ? Cette personne couchée dans la cellule voisine connaissait Eren Jaeger ? Qui pouvait-elle bien être ?

L'adolescente avait tourné son visage lugubre en direction de cette voix mystérieuse, derrière les barreaux qui les séparaient, elle apercevait le corps d'une femme couché à même le sol dans une mare de sang séchée. De long cheveux corbeaux dont certaines mèches masquaient la moitié de son visage défraîchi, elle apercevait néanmoins ses yeux, des yeux particulièrement beaux, ses traits lui rappelaient un certain garçon. Maintenant qu'elle avait prononcé son nom, l'image d'une photo de famille dont elle ne s'était privée d'observer à la demeure de la famille Jaeger lui revient en mémoire. Cette femme... Elle se souvient que ce garçon à l'usine était fou d'inquiétude pour ses géniteurs mais notamment pour sa mère qu'il avait décrit comme étant malade. Impossible, cela ne peut pas être une coïncidence... !

Mais si sa mère est ici, cela signifie que tout comme elle...

De ses pupilles vertes, elle observait cette femme non loin d'elle, desserrant ses lèvres gercées et foncées, elle voulait s'exprimer mais aucun son ne semble franchir son palais. Seul des onomatopées très faible tentaient de se faire percevoir par sa voisine de cellule. S'en suivit d'un râle d'agacement, Isabel s'était mise à forcer sur ses cordes vocales avant de pouvoir échanger avec cette dernière, elle ressentait le besoin de se persuader de quelque chose. Elle voulait à tout pris savoir.

« Eren... Vous parlez d'Eren Jaeger ? … Il est votre fils ?

V-vous... Vous connaissez... mon fils... Eren ? … Vous... vous avez vu mon fils... ? Où est mon fils ? Est-ce qu'il va bien ? … Est-ce qu'il … Est-ce qu'il... est sain et sauf... ?

Je... Ils nous ont séparés... Mais... Il va bien. Il doit être avec un de mes grands frères... Il est en sécurité... avec Furlan. Votre fils... Il était à l'usine abandonnée avec lui, il y avait une jeune fille de son âge... Je n'ai jamais vu une enfant aussi protectrice qu'une lionne. Ils ont été agressés par trois hommes et deux d'entre eux sont tombés de la main de votre fils... Eren est un garçon très courageux... Il n'a pas hésité à voler au secours de Mikasa...

Owh... Cet enfant... me rendra dingue jusqu'au bout... ! Quel idiot ! Au lieu... d'attendre que quelqu'un l'aide... il fait toujours tout, tout seul... Il est bien le fils à son père... Je suis si contente... d'avoir mis au monde ce petit garçon... Merci... Merci de prendre soin de mon trésor. De mon fils... il est si gentil. »

Il n'y a rien de plus beau au monde que l'amour d'une mère pour son enfant. Si les mots de cette femme étaient destinés à l'être unique qu'elle a mis au monde, quelque part au fond de sa poitrine elle aurait aimé la présence d'une mère lui susurrant des mots d'amour. Elle se revoit entrain de fusiller de question son grand frère, Livaï Ackerman, intriguée de découvrir quel genre de mère est-ce qu'il avait eu, lui. Hélas, trois fois hélas, il n'a jamais voulu lui répondre. Il lui a même fait croire que ce dernier est apparu grâce à la cigogne. À ce souvenir, Isabel s'était mise à ricaner de plus bel, les lèvres étirées jusqu'aux oreilles, au risque de paraître folle aux yeux de Carla Jaeger. Riant de bon cœur à s'en donner l'impression d'être seule dans son monde, la toux revient à la charge après qu'elle est baissée sa garde. Reprenant ses esprits, l'adolescente bascula tout son corps sur son côté droite tandis qu'elle continua de tousser à pleins poumons, crachant encore une bille d'un liquide rougeâtre qui s'éclabousse à même le sol. C'est à quatre pattes qu'elle crut se vider de son sang par la bouche et lorsqu'elle se pencha d'avantage en avant, un objet plutôt lourd fût dévoiler une fois glissé de son haut. Retenu par la chaîne en argent, enroulée autour de sa nuque, une ou deux perles de son sang viennent se perdre sur la forme cristal de son pendentif qui contre toute attente cachait bien des secrets.

Elle prit en main le cadeau que ses frères lui ont offert. Respirant très fort, ses battements cardiaques toujours irréguliers, c'est alors que plusieurs voix arrivent jusqu'à ses oreilles. Le talon de leurs chaussures claquaient et faisaient écho dans la grande salle où ils étaient entassés, eux aussi. Reconnaissant les accents américains, ses paupières s'écarquillent brusquement et avec toutes la volonté du monde, elle avait réussi à pivoter vers l'entrée de sa cellule où a travers les barreaux trois silhouettes se rapprochaient d'elles. Deux adultes et un enfant qu'ils traînaient sans aucune délicatesse.

« J'vous ramène un nouveau sujet d'expérimentation, un gosse d'à peu-près 10 ans !

Mettez le dans la dernière cellule encore occupée.

C'est comme si c'était fait !

Isabel ?! »

Si au premier abord elle n'avait pas su le reconnaître, celui-ci semblait offusqué de la retrouver enfermer dans cette cellule crasseuse. Croyant pendant un instant qu'ils allaient l'envoyer dans la sienne, elle remarqua les silhouettes passer devant et s'arrêter chez sa voisin où ils balancèrent le gamin sans aucune souplesse ce qui eut le don de faire grogner l'adolescente. Ses sourcils se froncent, les poings fermés, sous la colère elle s'était retrouvée accrochée aux barreaux de sa cage à oiseaux.

« Hey ! Gros porcs ! Vous pourriez faire attention, ce n'est qu'un enfant ! D'ailleurs, pourquoi l'avoir mis ici ? Eren n'est pas malade ! On lui a simplement tiré dessus !

Qui est-ce que t'insultes de gros porcs ?! J'vais te faire regretter tes paroles, sale morveuse ! Et mêles-toi de tes affaires ! Tch ! Moi qui croyais que tu avais clamser, j'aurai mieux faire de te coller une balle dans la tête ! »

Frustrée par les mots qui sortent de la bouche de ce militaire, Isabel ne se laissa pas priée pour venir lui cracher en plein visage. Un mollard sanglant s'écrasait entre les orbites de l'homme, rapidement écœuré par son comportement sauvage, de son arme à feu il vient la frapper violemment dans l'estomac. L'impact l'obligeant à relâcher les barreaux, la rouquine recula de quelques pas avant de tomber lourdement sur les fesses, son dos venait s'adosser contre le mur de sa cage. Les sourcils froncés et les yeux fermés, elle avait logé ses mains à l'endroit même où elle venait d'être frapper, ressentant une douleur insoutenable, elle s'était remise à tousser.

Alors que de l'autre côté, la jouissance d'un enfant qui retrouve sa mère. Mais connaissant son état, Isabel ne fût par étonner de percevoir la panique et l'angoisse dans le timbre de la voix du jeune Jaeger. Rouvrant les yeux, ceux-ci fixaient un point tandis que son visage était déformé d'une grimace accablée. Elle se demandait si elle devrait sauter de joie pour Eren ou au contraire pleurer toutes les larmes de son corps en sachant que nul ne peut empêcher l'inévitable se produire. Elle voudrait le lui dire mais comment expliquer à un enfant que sa mère va mourir, probablement d'une seconde à l'autre ? Livaï, lui, ne serait pas passé par quatre chemin, il aurait été cash quitte à réduire à néant tout espoir et humanité. Furlan, lui, il aurait su trouver les bons mots et c'est certainement pas Sheryfa Luna qui l'aurait contredit. Elle, elle est bien trop lâche.

« MAMAN ! Maman ! MAMAN ! Ouvre les yeux ! Maman, s'il te plaît ! C'est Eren !

E...Eren... !

Maman... ! Pitié ! Quelqu'un ! À l'aide ! Il faut... Il faut sauver ma maman ! Elle est entrain de mourir ! … Pitié, pas toi. Pas toi... ! C'est impossible !

Elle ne survivra pas ! Personne ne peut la sauver ! Rien ni personne ne le pourra ! Personne ne sauve les malades ! Nous sommes tous condamnés ! »

La colère et le désespoir de devoir regarder la réalité en face, venait de la pousser a hurler sur un Eren en larmes aux côtés du corps de sa mère couché à même le sol froid et humide. Qu'importe à quel point cet enfant viendrait à haïr le monde qui l'entour, au jour d'aujourd'hui, il n'avait que ses larmes pour pleurer sa défunte mère qu'il venait à peine de retrouver. Culpabilisant désormais de lui avoir crier dessus, la rouquine s'était mise à ramper jusqu'aux barreaux qui les séparaient, logeant ses mains à ceux-ci, elle soulevait le haut de son corps puis se maintenait assise. Respirant toujours aussi fort, elle sentait ses muscles tétanisés lui hurler dessus réclamant le repos éternel mais elle persistait à vouloir tenir le coup. Non. Elle n'espérait pas retrouver ses frères dans un tel état, elle ne se le pardonnerait jamais.

« Isa...bel... On est où... ? Pourquoi... Pourquoi maman elle est morte ? Pourquoi... Comment ça ?

E-Eren... Je suis vraiment désolée pour ta mère... J'ignore pourquoi ni comment mais, tu ne dois pas rester ici...

Depuis... Quand elle est là... ? Tu lui as parlé ?

Je... Je l'ignore...

Furlan est en haut, avec Mikasa et mon ami Armin... Il va bien... Mais... Livaï. J-je sais pas... où... il est... ! »

Les dernières informations concernant l'un de ses frères eurent le dont de réchauffer le cœur de la rouquine, elle sentit même des larmes lui monter aux yeux qu'elle refermait aussitôt. Ses sourcils se froncent d'avantage sous les multiples émotions qui envahissent son corps meurtri, elle resserra sa poigne au barreau extrêmement froid, libérant une main elle vient attraper son collier qu'elle retira de son cou. Du bout de ses deux doigts, l'adolescente vient attraper la lame d'un acier solide qui était rangée à l'intérieur de son pendentif, elle déplia l'arme blanche pour en faire un poignard. Caché contre son pull, Isabel s'assura qu'il n'y avait aucun regards indiscrets posés sur eux avant qu'elle ne décide de faire glisser son arme vers le jeune Jaeger. Gouttelette de sueur sur la tempe, elle reporta à nouveau son attention sur le garçon. Les yeux dans les yeux, elle lui ordonna une chose dont elle ne se serait jamais sentit capable de faire, si c'était elle.

« Eren... ! Il faut que tu t'éloignes de cette chose à tout pris... ! Même... Même si elle a l'apparence de ta mère... ce monstre n'aura qu'un objectif en tête... te dévorer... ! P-prends mon poignard et utilises le pour percer son crâne... ! Tu... Tu dois atteindre son système nerveux... ! Un peu... un peu comme les zombies dans tes films d'horreurs... Tu sais... ?

Des zombies ? Mais, on est dans la vraie vie, pas dans un film d'horreur, c'est pas... »

Il n'eut pas le temps de prononcer ses derniers mots que son attention s'était détournée d'elle pour la porter sur le corps de sa mère qu'il tenait dans ses bras. Comprenant aussitôt la situation à laquelle il était entrain de faire face, ses paupières s'écarquillèrent tandis que ses sourcils se froncèrent d'avantage mais alors qu'elle voulu lui crier de tuer cette chose que cette satanée maladie reprenait le dessus sur elle. Sa main gauche glissa le long d'un des barreaux qui la séparait d'eux, c'est à nouveau à quatre pattes qu'elle cracha à nouveau ses poumons mais cette fois-ci elle bien crut que c'était également terminé pour elle. Son corps ne supportait plus toute cette souffrance, elle en avait marre de tout ceci et voulait juste une chose que cela cesse. Elle sentait sa tête si lourde qu'elle peinait à garder l'équilibre, même à quatre pattes.

« Maman ?! … Maman... ? Hey... Arrêtes-toi... ! ARRÊTE ! AAAHH ! »

Les hurlements d'horreur, de douleur et de terreur qui s'échappent du plus profond de la gorge d'Eren Jaeger attirèrent à nouveau l'attention de la cadet de Furlan et Livaï. Lorsqu'elle rouvrit ses yeux plus rouges encore, le reflet du cadavre de la mère de ce dernier blottit contre l'une de ses hanches, les larmes du brun déferlaient de ses iris trempés en même temps que le visage de l'adolescente se déformait. Elle vient de comprendre ce qu'il vient de se passer mais que pouvait-elle faire dans tout cela ? Rien. Isabel était prise au piège derrière ces barreaux d'un métal très froid, séparée de lui sans être capable de lui porter secours. Tout ce qu'elle avait pu faire pour l'aider était de lui donner son poignard masqué dans un bijou dont les militaires ne se sont doutés. Pendant qu'elle le regardait prendre celui-ci en mains pour y déchaîner toute sa haine et tristesse, les multiples coups de couteaux portés au visage encore frais de sa pauvre mère étaient animés par la rage, la colère et le désire de vengeance qu'il déployait. La morsure de ce zombie, la peur d'être dévorer cru et mourir dans une cage avait fait naître quelque chose en lui qu'elle n'avait jamais vu, pas même chez Livaï. C'est sans aucun scrupule qu'il avait réduit le visage de Carla Jaeger en bouillit, c'était si cruel...

Avait-il le choix ?

Non.

Personne ne lui a laisser l'opportunité de prendre une décision. Victime d'une barbarie où il se voit contrain d'en devenir l'auteur. Et, ils riaient. Ils riaient tous autant qu'ils sont. Isabel pouvait les entendre s'esclaffer au devant de la scène, aux éclats ils se moquaient de la cruauté dont ils l'ont obligés à faire face. Leurs moqueries sifflaient dans chacune de leurs oreilles. Pourquoi donc autant de méchanceté dans un monde qui se chamboule ? Elle les écoutait blaguer en anglais, elle ne comprenait pas cette langue, elle n'a jamais eu l'occasion de l'apprendre mais elle n'était pas idiote. Elle savait qu'ils riaient de ce pauvre garçon qui n'avait rien demandé. Il voulait revoir sa mère, oui, mais pas dans ces circonstances odieuse.

« P-pardonnes-moi... Eren... »

Murmura-t-elle ces derniers mots, sa gorge nouée, elle sentait ses larmes chaudes lui monter aux yeux. Ses sourcils étaient froncés de colère et ses poings fermés. En ce moment même, tout ce à quoi elle pensait, c'était qu'elle voulait revoir ses frères et leurs pleurer dans les bras. Mais... Les images de la mère et du fils Jaeger reviennent en boucle dans sa tête. Elle comprenait qu'elle ne pouvait pas les retrouver, qu'ils doivent à tout pris rester loin d'elle.

Elle ne veut pas... Elle ne veut pas...

À l'instant même où l'enfant cria son prénom, la jeune fille entendit la porte en métal de sa cage grincer sur le sol en béton froid et humide, si sale. Mais, elle n'eut pas le temps de réagir au quart de tour que deux hommes débarquèrent dans sa cellule, l'un d'eux la choppa par les bras pour la soulever tandis que l'autre vient lui nouer les mains derrière son dos. Contre son gré, les deux soldats la tirèrent hors de sa cage à oiseaux, son attention balaya les patients couchés sur les lits d'hôpital à attendre qu'ils se fassent descendre. Craignant que c'était désormais à elle d'y passer, elle qui voulait en finir le plus rapidement possible, ses envies suicidaires s'envolèrent vers d'autres cieux. Ses paupières écarquillées, même si son corps était à bout de force, elle tentait de se débattre en vain mais elle put au moins les interroger sur ce qu'ils comptaient faire d'elle.

« Attendez ! Où est-ce que vous m'emmenez ?! Et puis, lâchez-moi ! Vous me faîtes mal !

Boucles la sale gamine ! On t'emmène voir ton « frère » , c'est pas ce que tu voulais ? »

À cette annonce. Le visage d'Isabel s'était soudainement figé, ses pupilles enflammées plantées au sol, elle avait cessé de se débattre. Ravalant la bille d'un liquide nauséabond qui demeurait dans son palais, elle se laissait étrangement faire par ces hommes déroutants. Ils passèrent les grandes portes battantes de la grande salle pour arriver dans un couloir, moins crade que dans sa cellule c'était certain, afin d'arriver à une porte. Elle se souvient. C'est ici qu'ils l'ont emmenés tout à l'heure.

Sont-ils entrain de lui tendre un piège aussi cruel qu'à vécu le jeune Jaeger ? Rien qu'à cette pensée, elle eut la boule au ventre et les larmes qui remontaient à nouveau, ses sourcils froncés, elle n'a plus qu'une seule envie : Hurler de rage. Hélas, trois fois hélas, elle n'en avait plus la fort.

Non, il ne peut pas être mort. À quoi pense-t-elle au juste ? Elle sait pertinemment comment est Livaï, elle ne l'a jamais vu au bord de la mort. Il n'a jamais été autant en difficulté contre des hommes, pourquoi est-ce que cela changerait-il ?


To be continued...