Et me revoilà pour la suite !

Je suis super contente d'avoir reçu quelques commentaires, et je vais y répondre un peu.

Zofra : Je suis ravie que tu aies aimé ce chapitre, en espérant que ce sera pareil pour les prochains. Pour le rôle du grand patron, et bien il y aura quelques indices dans la suite. Et au sujet des personnages connu de MHA, ce sera pas dans ce préquel, mais à coup sur dans les prochaines histoires.

Harley : Vu que mes histoires futurs seront sur la rencontre avec les personnages existants du MHA, j'ai moi même un peu peur. J'espère bien réussir le virage. ^^ Je t'avouerai que je ne connais pas Hellvetics de Degenesis, mais je me renseignerai un peu pour voir. Oui je suis trop curieuse.

Bonne lecture de ce nouveau chapitre.


Chaud.

Il faisait si chaud, mais aussi si sombre. Comme dans un four, impossible de voir ce qui pouvait l'entourer. Elle n'avait jamais connu de telles températures. Avait-elle les yeux ouverts ? Ou bien fermés ? Avec beaucoup d'effort elle parvint à bouger, et enfin à soulever ses paupières. Dans le ciel nocturne, la lune semblait garder un œil sur elle, alors que les flammes destructrices l'encerclaient, elle qui était piégée sous le monticule de gravats de ce qui devait être son ancienne maison. Tout avait été si vite, si rapide que personne ne savait ce qui s'était réellement passé. Ces cheveux blonds cendrés se mêlaient à la poussière qui était retombée des suites de l'explosion. De sa petite voix, elle poussa un cri, un cri au secours, un SOS qui se perdit dans le silence glaciale de cette nuit affreuse.

Mais aucun héros n'apparut.

Les flammes crépitaient, gagnant de plus en plus de terrain, se rapprochant d'elle. Par instinct de survie elle commença à se débattre, tentant de s'extirper des gravats, criant autant que sa petite voix éraillé par le choc le pouvait.

Mais aucun héros ne vint.

Le feu, la douleur, la peur, le silence nocturne, étaient les seules choses présentes pour elle. Même l'air la fuyait, elle étouffait, sa gorge se serrait. Elle avait beau ouvrir la bouche, l'air ne venait plus.

Les héros ne sont pas là, mais lui si. Comme un corbeau après un champs de bataille. Prêt à se repaître des cadeaux de la mort.

S-08 se redressa d'un coup, nageant dans sa sueur, l'esprit peinant à s'extirper de ses noirs cauchemars. Elle avait si chaud, et il faisait si noir. Mais elle n'était plus là-bas. Elle était là, dans son lit, à bout de souffle, reprenant doucement pied dans la réalité. L'adolescente avait beau essayé de reprendre une respiration calme, la peur qu'elle avait ressenti continuait de s'accrocher à elle, comme un parasite s'agrippant à son esprit. Le regard émeraude de S-08 s'attarda sur son corps, la couleur cyan de plus en plus prononcé qui en émanait. Elle était seule, pas de grenade d'énergie sous la main. Il fallait qu'elle trouve une solution, et très rapidement. Elle n'avait pas beaucoup d'option : elle s'empara de son oreiller. Elle n'avait pas beaucoup d'option : elle s'empara de son oreiller. Le cala contre elle, le serrant comme si elle souhaitait l'étouffer, ne se concentrant que sur ce point précis. L'oreiller, uniquement l'oreiller. Soudain le rembourrage se retrouva à virevolter dans les airs accompagné d'étincelles cyan. L'adolescente regarda les restes de son oreiller, le visage le plus neutre possible : la catastrophe avait été évité de peu. Une chance qu'elle posséda sa propre chambre dans cet institut. Même avec de l'entraînement, et une grande attention, son alter pouvait à tout instant échapper à son contrôle. Il est impossible pour un être humain de retenir son souffle durant 24h, et bien son alter était semblable, impossible de le contenir à 100 % durant 24h. Les seuls moments où elle pouvait le relâcher un peu, c'était durant les entraînements, et les missions. Sinon il y avait la solution de secours des grenades d'énergie, déchargeant à l'intérieur de cet objet tout le surplus d'énergie que générait son Alter. Mais elles étaient en possession de ses supérieurs, jamais on ne lui laisserai une de ses grenades entre les mains sans autorisations. Le Professeur Nilsen en avait toujours sur lui, car après tout il était le scientifique affecté à son cas. Comme on assigne un rat de laboratoire à un scientifique. Au moins elle n'était pas assigné au pire de la branche scientifique. Ça la consolait un peu d'ailleurs.

Une bonne douche glacée l'aida à regagner un esprit clair et calme. Elle coiffa rapidement sa longue chevelure cendrée en une couette basse, et enfila son éternel uniforme de jais. Elle jeta un regard à sa montre électronique et constata qu'il lui restait un peu de temps avant la réunion matinale. C'est en silence que S-08 quitta sa chambre, s'engouffrant dans les couloirs blancs de l'institut. Il n'y avait personne à cette heure là, rendant l'espace encore plus grand alors qu'elle avançait doucement, avec prudence, comme si le moindre bruit aurait pu attirer un monstre. Une pancarte accrochée au mur attira son attention: ses pas s'arrêtèrent, S-08 releva la tête et lut la fameuse pancarte : salle d'archive. Elle n'avait jamais trop fréquenté cette salle, mais puisqu'elle avait un peu de temps a tuer, pourquoi ne pas s'y arrêter. Après avoir scanné sa carte d'accès, elle pu entrer dans les archives du FCSCN, une salle obscure, avec des étagères débordantes de document, ainsi que quelques postes d'ordinateurs. Des dossiers servant à l'élaboration de missions complexes, des plans, des cartes topographiques, des articles de presse, et autres papiers. Poussé par la curiosité S-08 alluma l'une des machines, parcourant les nombreux fichiers accessibles, à la recherche de quelque chose de précis. Elle ne mit pas longtemps à le trouver, un dossier sur l'incident d'Hell. La presse et le gouvernement Norvégien avaient donné leur version de la catastrophe, mais qu'en de celle du FCSCN ? Ses doigts pianotèrent rapidement sur les touches du clavier, déroulant les longs rapports sur cet événement. Les informations étaient si nombreuses : état des lieux avant et après le drame, la liste des personnes ayant agis dans le secteur, que ce soit policier ou secouriste. Ainsi que le nom du héro sur qui retombaient tout le blâme, le méchant étant décédé dans cet accident. Il était difficile de tenir un mort responsable de la disparition de millier de vie. S-08 continua sa lecture jusqu'à trouver la liste des disparus de Hell, une liste si longue ! Tant de personne avaient perdu la vie. C'était une tragédie encore jamais connu pour le pays. Il y avait de quoi glacer le sang de n'importe qui, enfin, sauf le sien. L'adolescente regarda avec plus d'attention les noms des disparus, son regard vert sautant rapidement ligne après ligne, jusqu'à s'arrêter sur le nom d'une personne en particulier.

« Porté Disparu »

Cette sinistre annotation accompagnait chaque patronyme, l'incident n'ayant laissé aucun survivant. Les secouristes avaient été démoralisés par cette affaire, qui sonnaient à leurs oreilles comme le plus grand échecs de leur carrière. Hell n'était plus qu'un cratère de gravats retourné, où aucune âme ne vivaient, une ville fantôme, une ville cimetière. Elle ferma lentement les yeux, se laissant retomber au fond de sa chaise. Et dire que tout avait commencé le jour de cette horreur. Comme le dit l'adage, une tragédie en entraîne forcément d'autre dans son sillage. Le bip strident de sa montre électronique la tira de ses pensées, un message du Professeur Nilsen. D'un geste paresseux elle ouvrit l'application messagerie de sa montre, pour lire les quelques lignes. La prochaine session d'entraînement serait sous sa supervision, comme c'était étrange. Peut-être voulait-il tester un de ses nouveaux gadgets ? En tout cas il n'était plus l'heure de se poser des questions, mais celle de laisser les vieux dossiers derrière, et de se rendre à la réunion matinale.

Au garde-à-vous comme tous ses camarades de la FCSCN, S-08 écoutait l'adjoint faire son impitoyable discours. Les entraînements allaient prendre un degré supérieur au niveau de la complexité. Oh joie et confetti. Mais s'était malheureusement à prévoir. Il fallut encore quelques minutes de blabla avant que l'ordre de rompre les rangs ne soit enfin donné. L'adolescente s'apprêtait à partir comme ses collègues quand une main se posa sur son épaule, l'empêchant de faire le moindre pas. La colère, et le dégoût étaient parfaitement palpables au travers de cette poigne qui la retenait. Lentement elle se retourna, voir a qui appartenait cette main aux sentiments aussi négatif. Cette carrure imposante, l'absence de sourcil et cette cicatrice au-dessus de l'arcade sourcilière, ne laissant aucun doute sur l'identité de l'homme. Il s'agissait du chef de l'unité d'Odin, alias O-33.

« S-08 que faisais-tu dans les archives ce matin.

-Je me suis levé en avance, j'ai donc chercher à meubler un peu mon temps avant de la réunion.

-Je demanderai à ce que l'accès te sois refusé dorénavant. »

Ce n'est pas comme si elle avait souhaité y refaire un tour de toute façon, mais tout de même tout ce pinaillage juste pour un tour aux archives. À croire que bientôt il faudrait qu'elle rende un rapport sur le moindre de ses déplacements. La localisation constante de sa montre n'était elle donc pas assez suffisante aux yeux de ses supérieurs ? Le regard noir que lui lançait son O-33 la dissuada fortement d'émettre la moindre objection, bien qu'elle ressentit que s'était tout l'effet inverse que l'homme recherchait. Il n'attendait qu'une seule occasion pour avoir une justification pour pouvoir lui faire du mal en toute impunité. C'était écœurant, S-08 en avait presque la nausée. Si le chef de l'unité Odin souhaitait tant se défouler, il y avait des stands de tir. Mais il était ce genre d'homme qui aimait briser les autres. Elle ne lui laisserait pas cette occasion, ni cette satisfaction.

Elle opta pour un repli stratégique tout en silence : après tout elle avait un rendez-vous qui l'attendait, et elle risquait d'arriver en retard. S-08 venait à peine de sortir de la salle, qu'elle se mit à courir dans les couloirs de l'institut. Évitant de justesse les autres soldats qui erraient dans les lieux. Grace à ses esquives, S-08 parvint à arriver dans la salle d'entraînement où son professeur l'avait convié. Une fois arrivée elle pouvait voir ce dernier qui attendait dans un coin de la salle, massant ses cheveux toujours aussi ébouriffés. À ses pieds se trouvait une étrange mallette noire, et quand il se rendit compte de la présence de S-08 il lui sourit, croisant les bras sur son torse.

« Te voilà enfin, j'ai cru un instant que tu avais ignoré mon message.

-Si je l'avais ignoré, vous l'aurez signalé dans un rapport. C'est pas vous qui me sermonnez sur le fait d'être prudente ?

-Pour une fois que tu en retiens la leçon. En tout cas continue comme ça si tu le peux. Répondit l'homme avec un brin d'amusement.

-En quoi consiste cet entraînement ? Interrogea l'adolescente un brin curieuse.

-J'aurai besoin que tu testes l'une de mes nouvelles inventions. »

Le professeur Nilsen se pencha sur la mallette et l'ouvrit : à l'intérieur se trouvait un étrange bracelet électronique, qui devait bien faire la taille de la moitié de son avant-bras. Au vu de son sourire, il était très fier de sa création. Il prit l'objet en main, et attendit que S-08 s'approche. Une fois le bracelet mit en place, il se retourna et pointa du doigt une cible se trouvant un peu plus loin. L'adolescente fixa le scientifique un brin perplexe, attendant un peu plus d'explication. En la voyant attendre il se dépêcha de fournir quelques informations simplistes, tout en se frottant les cheveux.

« Ce bracelet va te permettre de centrer l'énergie de tes attaques. J'ai repensé à notre dernière discussion. Retenir un raz de marée c'est impossible, mais on peut essayer de rediriger les flux. Essaye d'atteindre la cible.

-Sans vous manquer de respect, je suis un peu à court d'énergie actuellement. Si vous m'aviez demandé ça il y a quelques heures je n'aurais pas hésité.

-À court d'énergie ? Pourtant cela ne doit pas être un problème majeur pour toi. Il suffit que tu te creuses un peu la tête. Tu peux y aller franchement. »

Le pouvait-elle réellement ? La salle avait des murs blindés, donc elle n'allait pas faire énormément de dégât. Ce détail aurait du la rassurer, mais quand elle sentit le regard cristallin du professeur Nilsen posait sur elle, elle ne put s'empêcher d'avoir peur.

« Je vais essayer. Mais vous devriez sortir histoire de… » Au vu des sourcils froncés du concerné cette option n'était pas possible. « Bon si vous voulez rester, mettez vous derrière moi, histoire que vous ne prenez pas un ricochet ou quoi ce soit de ce style. »

S-08 attendit que l'homme se place derrière elle avant de commencer quoi que ce soit. Son regard émeraude en profitant pour s'attarder sur l'étrange bracelet. Un objet assez lourd et grand, pas très pratique en soit. Il y avait de nombreux câbles qui semblaient converger vers un même point. Elle ne poussa pas plus loin son observation, son regard remontant alors sur la cible qui l'attendait un peu plus loin. Tout doucement l'adolescente se plongea dans ses pensées, se rappelant de la colère et du dégoût qu'elle avait ressenti à la fin de la réunion. Elle se laissa doucement submerger, ses veines se colorant d'un cyan prononcé. Le visage colérique de O-33 s'imprima dans son esprit, et à cet instant précis un filament cyan sorti du bracelet et coupa la cible de haut en bas. Une coupure nette et précise. Le bracelet avait canaliser l'énergie de son alter en un seul filament énergétique fin et précis, rien avoir avec l'énergie qu'elle dégageait habituellement dans ses attaques, qui pouvait virevolter dans tous les sens. Au moment où S-08 se retourna pour questionner le Professeur sur cette invention qu'elle portait, son élan fut brutalement coupé par des applaudissements. D'un seul mouvement le duo se retourna, observant leur invité surprise. Un homme souriant à la chevelure de jais légèrement ondulés qui lui retombaient sur ses épaules, vêtu d'un costume chic aussi blanc que la neige se tenait là, applaudissant la démonstration.

« Bien bien. Je vois que vous faites un excellent travail Professeur Nilsen avec S-08. Je constate avec joie les progrès du sujet. C'est formidable. »

Chaque son qui sortait de la bouche de cet homme donnait à l'adolescente des sueurs froides. C'était lui, son démon, le maître de cet enfer, Andersen Magnus. Le patron de la FCSCN s'approcha sans perdre son sourire, et attrapa le bras de S-08 pour mieux observer l'invention. Son regard noir comme l'onyx analysait chaque détail de l'objet, mais également les réactions de la porteuse. Un léger tremblement parcourait les membres de S-08, elle avait horreur de cet homme, elle détestait qu'il la touche. Peu importe ses efforts l'adolescente ne pouvait pas cacher cette peur viscérale, depuis le tout première jour et même après des années elle n'arrivait pas à se débarrasser de ce sentiment. Elle était comme une poupée entre ses mains, si l'envie lui prenait il pourrait la casser.

« J'ai appris que tu avais quelques soucis de sommeil S-08, rien de gênant pour une mission j'espère. Il serait dommage que tu nous deviennes inutile. Après tout ce que j'ai fais pour toi, malheureuse orpheline. »

La menace était claire, et le sourire du patron du FCSCN était sadique. Comme un prédateur s'amusant avec l'une de ses proies. Il tira un peu plus sur sa prise, obligeant l'adolescente à s'approcher plus près de lui. Le parfum acide de l'homme lui piqua le nez. Rien ne lui échappait, absolument rien. Comme si il avait des yeux partout dans l'institut.

« Et on m'a également rapporté que tu flânais dans les archives. Une envie soudaine de lecture ?

-Ce n'était qu'un hasard, je ne dormais plus, j'avais besoin d'une occupation.

- La prochaine fois que tu n'arrives plus à trouver le sommeil, viens dans mon bureau. Je te donnerai un entraînement spé Alter est des plus intéressant S-08, j'apprécierai grandement le pousser jusqu'à son plein potentiel. Un tel pouvoir qui serait au service de la nation ne serait il pas une bonne chose ? »

Les mots de cet homme eurent l'effet d'un sceau de neige renversé sur sa tête, l'adolescente prit une teinte proche de l'aspirine, ses veines une couleur vert maladif. Comme si en une fraction de seconde elle s'était transformé en mort-vivant. Andersen Magnus lui sourira amicalement et relâcha le bras de S-08 qui retomba mollement, comme sans vie, puis il salua le professeur Nilsen avant de quitter la salle. Le professeur attendit que les bruits de pas s'éloigne suffisamment, avant de se précipiter sur l'adolescente la forçant à s'asseoir sur le sol. Le teint de S-08 le préoccupait beaucoup, s'était rare de la voir dans cet état. Cela n'arrivait que dans certaines conditions, comme une rencontre avec le chef du FCSCN. Tout le monde le craignait, même lui, mais plus encore S-08, il savait très bien pour quelle raison. Des raisons qui le révoltait, mais il ne pouvait rien faire. Comment un petit scientifique de son niveau pourrait bien sauver cette fille. Andersen Magnus avait pris soin de tout arraché, sa liberté, son identité, S-08 n'était plus rien, à part un agent du FCSCN. Même si elle arrivait à fuir, elle n'aurait nulle part où aller, personne qui pourrait la recueillir sans danger. Il lui parla alors avec douceur, essayant de sortir l'adolescente de sa torpeur. Mais dans l'esprit de la concerné s'était l'ouragan, la tempête d'émotion. Le sourire d'Andersen la hantait, lui faisant remonter de vieux souvenir, si douloureux, comme un acide qui vous remonte la gorge.

« Vous êtes à moi désormais. Que croyez-vous pouvoir faire ? Personne ne s'intéressera jamais à une gamine comme vous. Cet Alter est bien trop instable, une bombe à retardement, et il n'y a que moi qui a les moyens de le canaliser. »

Elle ferma ses yeux, et plaqua ses mains sur ses oreilles, espérant que cela suffirait à faire barrage à ses monstrueux souvenirs.

« Votre famille est morte mademoiselle, vous m'entendez ? Ils sont tous n'avez plus personne. Vous n'avez à présent que moi.

-Non ce n'est pas possible… S'il vous plaît à l'aide…

-Croyez-vous vraiment que quelqu'un viendra vous sauver ?

-Il y a Monsieur le Héro…

-Mais ma pauvre petite, ne le sais tu pas… C'EST LUI QUI T'A LIVRÉ A MOI. »

Ses veines la brûlaient, jouant de concert avec sa mémoire traître. À travers sa douleur elle perçue cependant quelques choses de très léger. Un sentiment qui n'était pas le sien. C'était de l'inquiétude. S-08 entendait la voix du professeur Nilsen à ses côtés, qui tentait de la tirer de ses ténèbres. Doucement elle rouvrit les yeux pour fixer ceux de son supérieur.

« Professeur, arrêtez de vous faire autant de soucis. J'arrive pas à me concentrer. Je vais bien c'est passé. Et puis cela passera comme à chaque fois, il faut juste… et bien un petit temps.

-Désolé de te transmettre mon inquiétude. Soupira Nilsen. Tu n'as clairement pas besoin de ça. Bon on peut dire que l'expérience fut un franc succès. Je vais essayer d'améliorer le prototype, histoire qu'il soit plus ergonomique.

-Ce serait bien oui. J'avais l'impression d'avoir une bûche à bout de bras. Mais avant de vous la rendre j'aurai besoin d'un dernier tir. »

Le professeur hocha la tête, les veines prononcées de S-08 donnait un diagnostic sans appel. Elle était en surcharge d'énergie, et avait un besoin impératif de s'en décharger, avant que son corps ne commence à en faire les frais. Il se remit derrière S-08 qui venait de se relever. L'adolescente laissa toute ses émotions négatives, qu'elle venait involontairement de ressentir à cause de l'invité non désiré, coulaient hors de ses veines. Chassant tout ça loin de son cœur. Le filament énergétique était bien plus gros que le précédent et coupa les restes du mannequin, entailla par la même occasion le mur d'en face. La couleur verdâtre quitta les veines de S-08, qui reprenait doucement une teinte normale. Avec précaution elle retira l'objet et le rendit au Professeur qui le rangea dans sa mallette. Elle l'observa un instant sans bruit. Le cœur encore gros de tout ce qu'elle ressentait, elle décida de se partager un peu envers le scientifique. Il était le seul de l'institut a qui elle pouvait parler un peu de ses ressentis.

« Vous savez Monsieur Nilsen, je sais bien que je ne peux pas fuir le FCSCN. Andersen me retrouvera quoi qu'il arrive. Tout ce qui me reste à faire, c'est devenir plus forte, bien plus que lui. Pour un jour le battre. La justice ne tombera jamais sur un homme tel que lui, alors je lui donnerai ma propre justice. Je suis prête a en payer le prix. Je n'ai plus rien à perdre après tout. »

Les paroles de S-08 figèrent le Professeur sur place, il n'y avait aucune hésitation dans le ton de l'adolescente. Juste une terrible résignation, celle d'une personne au bord du vide. Que pouvait bien espérer un oiseau en cage à qui on a arraché les ailes ? Pas grand-chose à part l'espoir de se transformer en un puissant rapace vengeur, et ceci même si il doit être abattu plus tard en vol. S'était la résolution qu'avait prit S-08, une justice personnelle qui la conduirait à sa perte.

L'entendre de la bouche de cette fille, lui donna mal au cœur. Était ce vraiment la seule option ? Andersen Magnus était tout-puissant au sommet de son organisation, et ce n'est pas le gouvernement qui irait enquêter sur ses agissements. Et au sein du FCSCN ils étaient tous les poings liés, même lui ne pouvait pas faire sortir S-08, et comme l'adolescente l'avait souligné, le grand patron la retrouverait à coup certain. Aucun citoyen étranger à l'institut ne pouvait intervenir. La situation ne brillait pas par ses multiples possibilités. L'esprit torturé du Professeur Nilsen trouva un rayon d'espoir. Une option fragile, mais une option tout de même. Mais arriverait-il à la saisir? En voyant S-08 quittait la pièce pour se rendre à ses exercices quotidiens il prit sa décision. Il allait tout faire pour pour suivre le chemin de l'espérance, si tortueux soit il.