Bonjour mes petits capybaras à poils un peu trop long ! (je commence à manquer d'imagination pour les animaux... faut que je me trouve un dictionnaire des animaux méconnus, tant qu'à faire) Je vous remercie du fond du coeur pour l'accueil que vous réservez à ma petite gribouille qui va les faire tellement souffrir...héhéhé. Aujourd'hui au programme, l'arrivée de mon personnage préféré. D'entre tous. Et un Arthur à l'apogée de son art, c'est à dire être stupide et ne pas réfléchir plus de dix secondes, tirant des conclusions hâtives pour tout. Il avait si bien commencé, ce serait bête de ne pas continuer xD (et c'est le début de la souffrance, la vraie, la bonne, la rude !)
Bonne lecture !
Chapitre 3
Arthur avait passé en revue l'intégralité de ses placards quand la porte sonna. L'inventaire tenait en bien peu de choses : absolument rien, à part une scolopendre morte, et deux araignées bien vivantes qui, désormais, ne l'étaient plus. Il en avait aussi profité pour découvrir que le frigo n'était pas branché, ce qu'il avait fait, et il espérait qu'il serait rapidement assez froid pour s'en servir.
Puis, bien décidé à se débarrasser des cadavres des insectes, il s'était armé d'eau chaude, d'une éponge et de détergent trouvés à leur place habituelle, et avait entrepris le nettoyage en profondeur de la cuisine. Cela lui faisait du bien d'avoir un but, quelque chose pour s'occuper. À part un peu de poussière, la maison était parfaitement habitable, mais s'occuper les mains lui permettait de ne pas trop penser.
Il s'essuya les mains sur un vieux torchon quand il entendit la sonnette, et ne put s'empêcher de se regarder dans le miroir de l'entrée avant d'ouvrir. Une partie de lui avait hâte de découvrir cette fameuse Morgan, et il voulait être à son avantage, sans en connaître la raison. L'autre partie soutenait fermement qu'il était un crétin.
Et de toute manière, comme lui apprit son reflet dans la glace, il ne ressemblait à rien. Les longs cheveux blonds qui avaient fait sa fierté étaient coupés courts sur son crâne, son visage était plus émacié et adulte que lorsqu'il était adolescent, et ses yeux bleus trahissaient un peu trop de son vide intérieur.
On re-sonna, et il entendit juste derrière la porte un chuchotis agacé. Il se pressa pour ouvrir.
– Bienven...
Ses salutations moururent dans sa gorge tandis qu'il contemplait le spectacle sur le pas de la porte. Merlin n'était pas venu seul, comme il l'avait annoncé. Mais il n'était pas non plus venu avec sa copine comme Arthur l'avait supposé. Il avait un sac à l'épaule, qui semblait peser lourd, un sac de courses dans une main, et un enfant dans les bras.
Un enfant dont les grands yeux bleus paraissaient transpercer Arthur de part en part. Ses yeux étaient si bleus, si clairs et ne cillaient pas, et ils auraient mis mal à l'aise n'importe qui. De grandes boucles noir corbeau caressaient son visage pâle, et il ressemblait assurément à Merlin. Sa bouche ronde accueillait un pouce sucé avec vigueur, et il ne paraissait pas avoir plus de cinq ans.
– Enlève ton pouce et dis bonjour ! le morigéna Merlin.
– Bonjour, Arthur.
Il n'y avait aucun défaut de langage ou zozotement propre à l'enfance. Il avait obéi à son père sans le regarder, ses prunelles toujours braquées dans celles d'Arthur, et une maturité bien trop grave inscrite au fond. Cette maturité qu'Arthur avait déjà cru voir dans celles de Merlin. Père d'un gamin de cinq ans, donc. Devenu père à dix-huit ans, semblait-il, s'il calculait bien à partir du spectacle qu'il avait sous les yeux.
D'une certaine manière, Arthur le comprenait. Merlin avait débarqué dans ce bled paumé à dix-huit ans, et à part draguer les (rares) filles (potables) du lycée, le village n'offrait guère de distraction. Un accident était si vite arrivé. Arthur savait de quoi il parlait, il avait eu des sueurs froides une semaine durant, quand sa copine de l'époque lui avait annoncé un retard de règles. Ils avaient dix-sept ans, et elle flippait tellement qu'elle avait même peur d'aller acheter un test de grossesse à la pharmacie du coin, qui irait aussitôt le rapporter à ses parents. Arthur avait fini par faire cinquante kilomètres aller-cinquante kilomètres retour, en scooter, pour se rendre dans la pharmacie la plus éloignée possible, et en ramener le précieux sésame qui, une fois utilisé, les avait rassurés. Ils avaient encore un peu flippé durant les mois suivants en cas de déni de grossesse ou de faux négatif, s'étaient séparés, et la vie avait continué.
Merlin, de toute évidence, n'avait pas eu cette chance. Ce n'était pas vraiment rare, dans le village. Se marier tôt, faire des enfants, rester au village, cela faisait partie de leurs vies. Les couples se connaissaient généralement depuis l'enfance, et ils n'attendaient pas pour s'épouser et fonder une famille. L'histoire de Merlin était peut-être tout bête.
– Tu pèses lourd, râla-t-il en déposant son précieux fardeau. Voici Morgan. Tu as dit que ça ne te dérangeait pas.
Il parlait à Arthur en le regardant droit dans les yeux, sa main serrée dans celle du garçonnet.
– Ça ne me dérange pas, réaffirma Arthur. Tu as amené de quoi cuisiner, alors ?
Il s'effaça du passage pour les laisser entrer, et se dépêcha de refermer derrière eux. Le chauffage marchait à fond et il faisait bon dans la maison, et l'air dehors était glacial. Manifestement, Merlin et son fils avaient dû arriver à la même conclusion, puisque l'enfant avait rapidement sauté hors de ses chaussures, et bataillait désormais avec son pull.
Merlin, lui, essayait de lui faire garder, de crainte qu'il n'ait froid.
– Il peut y aller, intervint Arthur. Il fait bon ici, comme dans toutes les pièces. Je peux monter le chauffage d'un cran si tu as peur qu'il ait froid.
L'enfant le regarda d'un air émerveillé, et son père vaguement inquiet.
– Je ne veux pas t'embêter...
Arthur haussa les épaules, et se rendit d'un pas résolu en direction de la cuisine, avant de passer dans la pièce où se trouvait la chaudière, et tourner résolument le bouton d'un cran et demi.
– Voilà. Il n'aura pas froid comme ça.
Morgan avait l'air enchanté, et une moitié de sourire se dessina sur le visage de Merlin. Il détourna le regard en marmonnant quelque chose. Arthur n'osa pas lui demander de répéter. Il préféra s'émerveiller du spectacle incroyable du garçonnet qui sortit aussitôt d'un sac un tablier adapté à sa taille, et réclama qu'on lui attache, afin qu'ils puissent commencer à cuisiner.
Il était enthousiaste et souriant, et peu de temps après, la cuisine embaumait des fumets qu'elle n'avait plus dû connaître depuis longtemps. Morgan aidait son père avec bonne humeur et précision, pour un enfant si jeune. Il marmonnait plus qu'il ne parlait, mais toujours avec bonne humeur. Arthur avait été chassé de la cuisine, mais il entendait de temps à autre des explosions de joie, et il se sentait bêtement sourire.
Pendant que les deux invités s'affairaient en cuisine, Arthur se mit en quête de la vaisselle, épousseta la table, les chaises, secoua le linge de maison, trouva une nappe blanche, et dressa le couvert.
Le repas fut délicieux. Merlin n'avait pas menti : il était bon cuisinier, et en plus, il s'assurait que son fils mange équilibré, autant de viande que de légumes, rendant le plat savoureux. Arthur n'aurait su dire depuis quand il n'avait pas aussi bien mangé. Depuis l'ère où ils avaient encore une cuisinière, probablement.
Après le repas, Merlin eut de nouveau ce regard gêné, celui qui disait qu'ils devaient partir, parce qu'il devait coucher l'enfant. Arthur eut en retour le regard inflexible de celui qui ne voulait pas rester seul, et que l'enfant était mieux ici au chaud, dans l'une des multiples chambres d'amis, que dans l'appartement humide et froid de Merlin. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Morgan dormait en T-shirt sous douze édredons, au fond d'un lit confortable, et Arthur et Merlin étaient seuls au salon.
La conversation à table avait été facile et aisée, grâce à la présence de l'enfant. Il n'était pas d'un naturel bavard, mais il avait répondu sans aucun problème à toutes les questions d'Arthur, encouragé par le regard de Merlin. Le maître des lieux avait révélé à l'enfant que ce dernier fréquentait la même école que celle où Arthur avait étudié dans son enfance, et le garçonnet avait trouvé cela merveilleux. Avec l'ingénuité de son âge, il avait fait la conversation avec Arthur et permettant d'éviter le malaise entre les deux adultes.
Désormais, ils se retrouvaient seuls dans le salon comme deux idiots, et Arthur se sentit obligé de leur verser un verre de vin pour leur donner quelque chose à tenir et avoir l'air moins stupides.
– Désolé. Je ne bois pas, refusa doucement Merlin quand il lui tendit le sien.
– Oh. Pardon.
– Tu ne pouvais pas le savoir.
– C'est dommage. Connaissant mon père, cela devait être un grand cru. C'était dans la cave. C'est bien les seules denrées encore mangeables qui sont restées là.
Merlin sourit. Il imaginait sans peine la cave d'un homme comme Uther.
– Tu n'as qu'à boire ma part.
– Le repas était délicieux, au fait. Merci.
– Ce n'est rien. C'est ce que j'aurais fait si j'avais été seul chez moi. C'était du basique.
– Mais du basique bien meilleur que ce j'ai mangé depuis des lustres.
– C'est un des plats préférés de Morgan. Ce n'était pas au menu du jour, mais ça m'a paru important. Pour qu'il se sente plus à l'aise.
Arthur baissa les yeux. Le petit garçon ne lui avait paru en rien mal à l'aise, mais en même temps, il ne le connaissait pas. Il ne connaissait pas vraiment non plus Merlin. Mais le verre de vin qu'il avait vidé lui donna probablement le courage de poser la question stupide qui franchit ses lèvres.
– Et sa mère ? Elle t'a quitté il y a longtemps, ou... ?
Devant le regard étrange que lui lança Merlin de l'autre bout du canapé, il se fustigea mentalement d'avoir posé la question. Le gamin n'avait que cinq ans. À tous les coups, l'épreuve était récente. La manière dont Merlin avait dit qu'il n'était pas seul, plus tôt au cimetière, n'avait pas évoqué une compagne, même si Arthur s'était mépris sur le sexe de Morgan. Si ce n'était que lui et Morgan, cela voulait dire que la mère de l'enfant ne vivait pas avec Merlin. Elle était peut-être décédée, comme la mère de Merlin.
– Sa mère ne m'a pas quitté, non. Pas dans le sens dans lequel tu l'entends.
Le sourire narquois de Merlin se serait parfaitement accordé avec un verre en cristal et du vin rouge. Et laissa Arthur très perplexe. Il avait l'impression d'avoir déjà vu cette image, mais il n'avait jamais vu Merlin avant aujourd'hui, et il n'avait jamais rencontré quiconque ressemblant de près ou de loin à ce drôle de garçon.
– Ah, c'est toi qui l'a quitté, alors ? hasarda-t-il.
– Non plus.
Manifestement, son incompréhension amusait grandement son interlocuteur. Un bref instant, Arthur fut tenté de lui ordonner de cesser ce sourire arrogant, mais cela n'avait aucun sens. Il n'avait aucune autorité sur Merlin, aucune légitimité pour le faire.
– Je ne suis pas sûr de comprendre, marmonna-t-il.
Son cerveau s'échafaudait à des tas d'hypothèses, mais aucune n'avait le moindre sens.
Merlin mit fin à son dilemme en éclatant de rire.
– Tu as vraiment cru que Morgan était mon fils ? se moqua-t-il. Tu t'imagines quoi, au juste ? Que j'ai fricoté avec une bourgeoise qui l'a posé devant ma porte un soir d'Halloween avec un mot dans son panier disant qu'il fallait que je m'en occupe et qu'il était un sorcier ? C'était drôle de lui dire de faire attention à ne pas m'appeler directement, pour te regarder toute la soirée patauger dans tes a priori !
Il rit tout seul de sa référence à Harry Potter, et Arthur grommela un son inintelligible, vexé.
– Je pensais plutôt à un parvis d'église enneigé, comme dans un roman de Dickens, répliqua-t-il, vexé.
Sa réplique fit mouche, et Merlin ne rit que davantage. Arthur se joignit à lui. Ça n'expliquait en rien qui était l'enfant, mais bizarrement, cela le rassurait qu'il ne soit pas le fils de Merlin.
– C'est mon frère, finit par lui dire Merlin dans un sourire. Du moins, je le soupçonne et c'est ce qu'il croit. Il est ma famille, et je suis la sienne, tout simplement.
Son sourire était doux en disant cela, mais Arthur entendit distinctement la douleur dans sa voix. Les mots prononcés par Merlin un instant plus tôt lui revinrent en mémoire « Sa mère ne m'a pas quitté, non. Pas dans le sens dans lequel tu l'entends ». Si Morgan était son frère, cela voulait dire que sa mère était celle de Merlin... Et elle les avait effectivement quittés, mais certainement pas sous l'angle d'une rupture amoureuse comme l'avait effectivement cru Arthur.
Obéissant à son instinct, il reposa subitement son verre de vin vide, et glissa sur le canapé pour se rapprocher de son nouvel ami, et lui prendre d'autorité la main, dans un geste de réconfort logique qu'il n'avait pas envie de réfréner.
Merlin sursauta, mais ne se déroba pas à son contact.
– Je suis désolé. Toutes mes condoléances, pour ta mère, votre mère, je veux dire, je...
Merlin secoua la tête en récupérant sa main, se recroquevillant sur lui-même.
– Ce n'est rien. Oublie ça. Je vais le récupérer et rentrer. Je...
Un bref instant, Arthur voulut le retenir, lui demander ce qu'il voulait dire par « soupçonner qu'il s'agissait de son frère », l'obliger à lui parler. Mais il savait au fond de lui que le garçon au regard trop sérieux ne lui répondrait en rien s'il ne l'avait pas décidé. Son regard était trop profond pour ça.
Pourtant, l'idée que le jeune homme et le garçonnet rentrent dans leur appartement glacial lui parut absurde et lui arracha un frisson.
– Hors de question. Laisse-le dormir au chaud. Y'a bien assez de chambres dans cette immense baraque, rien qu'avec le premier étage. Choisis-en une, et reste ici cette nuit. Tu t'occuperas de ta plomberie et ton chauffage demain.
Merlin parut surpris de l'invitation. Et hésita.
– Pour Morgan, insista-t-il. Il a cinq ans. Il mérite de dormir sans attraper une pneumonie.
Merlin le considéra de nouveau, intrigué, yeux plissés, trop proche sur le canapé trop rouge et trop confortable.
– Avant, tu n'aurais jamais proposé cela de toi-même. Il aurait fallu que l'on t'y pousse.
Les mots de Merlin n'avaient été qu'un murmure, un éclat de vent. Arthur n'avait même pas compris la moitié des syllabes. Il n'eut pas le temps de demander des précisions que son ami s'était levé et plongeait son regard dans le sien.
– D'accord. Si tu me le proposes et que tu le veux, j'accepte.
Arthur n'hésita pas une seule seconde avant d'acquiescer.
– Je te le propose, je le veux et j'accepte, affirma-t-il.
Et il eut aussitôt le sentiment grandissant d'avoir fait une erreur monumentale, sans savoir quoi.
Un hurlement déchirant le fit sursauter au milieu de la nuit. Paniqué, Arthur chercha instinctivement l'arme au pied de son lit, mais il ne rencontra que le vide. Bien sûr. Il n'était pas sur un champ de bataille, mais dans une chambre dans la maison de son enfance. Le cri résonna de nouveau. Sur les cinq chambres du premier étage, l'une était celle d'enfant d'Arthur, et une deuxième celle de son père, et il n'y était pas entré.
Les trois autres, il s'en souvint dans un sursaut de lucidité, étaient respectivement occupées par Merlin, Morgan, et lui-même.
On hurla de nouveau. Il alluma l'écran de son téléphone. Trois heures du matin, et le cri n'était pas enfantin. Ce n'était donc pas Morgan. Ce n'était pas lui. Cela ne laissait que Merlin comme possibilité.
Il ne réfléchit pas. Bondit sur ses pieds. Et se précipita dans la chambre d'à côté. Le spectacle qui s'y jouait lui brisa momentanément le cœur. La lampe de chevet était allumée, et à la tête du lit, le petit Morgan, T-shirt flottant sur ses hanches et pieds nus, murmurait des « schhh », et autres « calme-toi, Merlin, tout va bien » à un Merlin en proie à un horrible cauchemar. Et Merlin, dans le lit, les couvertures jetées à terre, les yeux révulsés et nimbés de blanc qui ne voyaient rien, se débattait et hurlait dans son sommeil des mots indistincts.
Il pleurait et sanglotait, s'étouffant avec sa propre salive. Et continuait sa litanie de « non, non, non, ne me le prenez pas, ne me le prenez moi, prenez-moi, prenez-moi à sa place, non pas lui, pas lui, pas lui, non, non, non, je vous en supplie, le destin, le destin, non, je vous en prie, ne le prenez pas, ne le prenez pas, ne me le prenez pas... ».
Arthur n'avait aucune idée de qui il parlait, mais sa voix étouffée et balbutiante, rendue pâteuse par le sommeil, était douloureuse à entendre. Et voir le garçonnet de cinq ans penché sur son frère aîné, sa petite main posée sur le front en sueur ne rendait le spectacle que plus difficile à regarder encore.
Dans un élan surprenant de voyeurisme, Arthur remarqua néanmoins une large cicatrice sur le torse nu, à moitié caché par les couvertures, du jeune homme qui cauchemardait. Sur le côté gauche, épaisse et blanche, à mi-hauteur du torse, elle accrocha son regard, et il porta instinctivement la main à sa propre poitrine. C'était absurde. Lui n'avait pas de cicatrice. Pourquoi en aurait-il eu une ? Il resta un peu trop longtemps figé, quand un nouveau sanglot désespéré le sortit de sa torpeur. Il s'approcha, et constata qu'à sa grande honte, le cauchemar de Merlin était en train de se calmer alors qu'il n'avait rien fait et laissé l'enfant gérer. Le corps agité de soubresauts s'apaisait lentement.
– Il ne faudrait pas le réveiller ? chuchota-t-il à Morgan, toujours penché sur son aîné.
– Surtout pas, lui répondit l'enfant. Ce serait pire pour lui.
De nouveau, Arthur fut frappé par la gravité du garçonnet. Il avait cinq ans, plus de mère, et apaisait les cauchemars de son frère aîné. Par-dessus le marché, ils vivaient dans un appartement insalubre et glacial. La vie était tellement injuste. Arthur, lui, disposait d'un château et d'une dizaine de chambres pour lui tout seul. Son salon de réception devait faire la taille de leur appartement.
– Ça lui arrive souvent ? murmura-t-il alors que la respiration de Merlin ralentissait et ses yeux exorbités se refermaient alors qu'il replongeait dans le sommeil.
Morgan ne répondit rien dans un premier temps.
– Avant, oui. Je crois.
La réponse énigmatique fut la seule qu'Arthur obtint.
– Je vais dormir avec lui, souffla l'enfant en se hissant dans le lit.
Il se blottit aussitôt contre le torse nu de son grand frère, et Arthur s'empressa de récupérer les couvertures, plutôt malmenées, échouées sur le sol et au fond du lit pour les en revêtir. Et ne put, au passage, s'empêcher d'ébouriffer les cheveux du garçonnet et sécher les joues humides de Merlin du plat de sa main.
– Bonne nuit, murmura-t-il. N'hésite pas à venir me réveiller si tu as un problème.
Il n'y eut aucune réponse. Les yeux clos, Morgan s'était déjà rendormi. Sans un bruit, Arthur éteignit la lampe de chevet, et quitta la pièce pour rejoindre sa chambre. Aucun autre incident ne vint troubler leur repos. Mais Arthur fut incapable de fermer l'œil de la nuit.
Ahh, il était temps qu'il se passe quelque chose ! Eh bien voilà mesdames et messieurs, on entre directement dans le vif du sujet ;p Mais rassurez-vous; c'est normal de ne rien comprendre ou de n'avoir aucune certitude ;p Et croyez-moi, si vous pensez ne rien comprendre, c'est encore pire pour ce grand nigaud d'Arthur :D
Prochain chapitre le Me 13 février ! Review, si le coeur vous en dit ? :)
