Bonjour mes antilopes bondissantes ! Désolée de ne pas être aussi ponctuelle que j'ai pu l'être, la vie IRL, quelle petite farceuse ! Je vous remercie d'être toujours enthousiaste dans votre accueil de cette petite histoire ! Je vous laisse avec ce vous attendez avec impatience, petits sacripants !
Bonne lecture !
Chapitre 8
Il n'y eut pas de douceur, pas de tendresse. Pas de lenteur, pas de promesse. Juste de la colère et de la rage, de la fureur et de la passion, leurs corps se consumant presque aussitôt, s'embrasant de sentiments vieux de plusieurs millénaires, leur semblait-il, les écrasant de leurs poids si lourds à porter.
Les lèvres se pressaient dans une bataille effrénée, les unes contre les autres, toujours plus durement, dans une volonté féroce et farouche de dominer l'autre. Ils furent incapables de dire lequel des deux, en premier, offrit sa bouche ouverte et ajouta sa langue à la bataille qu'ils menaient, mais il ne leur fallut que peu de temps pour se retrouver haletants, pantelants, les yeux clos et le souffle court, bien trop serrés l'un contre l'autre sur le canapé.
– Morgan, murmura Merlin dans un souffle.
– Ma chambre, répondit Arthur sur le même ton.
Il ne savait pas ce qu'avait voulu dire son futur amant, et il s'en moquait. Que Merlin ait voulu dire qu'ils ne pouvaient pas rester là au risque que Morgan les découvre, ou au contraire qu'il fallait tout arrêter parce qu'il ne voulait pas faire ça à l'enfant, Arthur s'en moquait : il sentait dans ses bras le corps mince et tremblant de désir de Merlin, et il ne pouvait détacher son regard des prunelles bleues qui lui faisaient face. En cet instant précis, il y revoyait ce qu'il y avait décelé lors de sa première rencontre avec le jeune homme : la douleur. Lors de cet instant où Arthur s'était senti horriblement vide, sur la tombe de son père, il avait vu dans le regard de Merlin une douleur incommensurable. Par la suite, son existence s'était vue remplie de la présence du jeune homme et de son jeune frère, et il n'avait plus jamais ressenti cela. La douleur inextinguible de Merlin, elle non plus, ne s'était plus jamais montrée.
Jusqu'à cet instant. Où Merlin souffrait. Il souffrait plus qu'Arthur n'avait jamais vu souffrir quelqu'un. Et pourtant, au-delà de cette douleur dont il était impossible de déterminer les contours tant elle semblait grande, Arthur pouvait aussi y voir un désir dévorant de céder, lui céder, céder à ses envies, à ses pulsions, à son bonheur, à son instinct. Alors qu'importait ce que Merlin avait voulu dire en murmurant le prénom de son petit frère. Arthur lui donnerait ce qu'il désirait vraiment même s'il refusait de se l'avouer, il s'en faisait la promesse.
Alors sans laisser le temps à Merlin de réfléchir davantage, et de s'éloigner de lui, il reprit doucement son visage en coupe et l'embrassa, encore et encore.
Il n'y avait plus de lutte, cette fois. C'était Arthur qui embrassait, qui dominait, et Merlin qui pliait, ployait, s'abandonnait contre ses lèvres passionnées qui le découvraient de leur douceur, et de leur empressement.
Lorsque Merlin laissa échapper de ses lèvres entrouvertes un son étranglé qui ressemblait un peu trop à un gémissement, Arthur comprit qu'ils allaient trop loin, et qu'ils n'auraient pas la force de s'arrêter s'ils ne ralentissaient pas le rythme.
En un instant, il trouva la force de s'arracher aux lèvres de Merlin, et se releva d'un bond du canapé, ramassant son amant pour le porter. Instinctivement, Merlin se blottit contre lui, resserra ses jambes autour de sa taille.
– Tu ne tiendras jamais jusqu'à ta chambre, crut bon de mentionner Merlin.
Arthur lui répondit par un lever de sourcil aristocratique et dédaigneux.
– Tu paries ?
Il était si mince, si léger, un poids plume pour Arthur, ses muscles tendus, son corps finement dessiné sous ses vêtements.
– Oui, répliqua Merlin avec un sourire ironique. Si tu gagnes, souffla-t-il au creux de son oreille, si tu réussis à me porter jusqu'à ta chambre, tu as le droit de me faire subir ce que tu veux. Si je gagne, si tu es obligé de me poser avant d'arriver, c'est moi qui aura le droit de te faire subir les derniers outrages.
Son regard pur ne cillait pas, et Arthur se sentit devenir écarlate devant les mots parfaitement neutres et pourtant si osés. Les images qui traversèrent son esprit en pagaille ne semblèrent avoir aucun secret pour Merlin, qui le défiait du regard, toujours accroché contre lui.
– Pari tenu, décréta Arthur.
Et raffermissant sa prise sur le corps qu'il pressait contre lui, il sortit du salon la tête haute, bien décidé à gagner ce défi.
Ils avaient à peine franchi la porte du salon qu'Arthur comprit que cela n'allait pas être si simple. Et ce n'était pas seulement ses muscles qui étaient sollicités, mais tout son self-control. Parce que Merlin, les yeux brûlant de désir, avait doucement posé sa langue contre sa jugulaire pulsante, et avait mordillé, lentement, très lentement, suçant la peau tendre où battait le pouls. Arthur grogna, non sous l'effort, mais sous le poids du désir. Il refusait de gémir, pas encore, pas maintenant.
Il sentait presque distinctement sa peau se marquer du tatouage éphémère que lui faisait Merlin à chaque coup de langue, à chaque coup de dents, tandis que son sang passait bien trop vite de sa gorge à son bas-ventre, rendant tout cela beaucoup plus dur.
La fin de l'escalier fut le plus dur. Merlin avait manifestement attendu qu'ils arrivent sur le palier pour ne pas risquer une chute, pour appuyer davantage son bassin contre celui d'Arthur, se frottant lascivement à lui autant que possible, faisant entrer en contact leurs érections gorgées de sang. Arthur en sursauta, manquant de lâcher son précieux fardeau.
– Personne n'a dit que je devais jouer réglo, le taquina Merlin.
Arthur ne répondit rien. Sa chambre était, heureusement, située le plus au bout du couloir, loin de celle de Morgan, et il devait encore se concentrer pour avancer, un pas après l'autre, essayant à la fois de se concentrer sur son chargement si impatient et fébrile qu'il ne devait pas lâcher, tout en l'oubliant pour ne pas trop faire attention à la lente torture de la bouche et du corps de Merlin.
Et quand, enfin, il déposa le corps pâle sur ses draps sombres, il sut qu'il avait gagné. Et le regard de Merlin, empreint d'une fierté et d'un bonheur indescriptible, achevèrent de le convaincre du bien-fondé de ce qu'ils allaient faire. Ce n'était plus du désir violent qui se rencontrait brusquement au fond d'un canapé et qui en oubliait toute raison, c'était la résultante d'une véritable volonté, d'un consentement mutuel offert à l'autre. Et dans les prunelles de Merlin, il n'y avait que l'envie et plus une once de douleur.
Arthur aurait pu mourir pour ce regard. Arthur était mort dans ce regard.
– Tu as ce qu'il faut ?
Arthur ouvrit de grands yeux effarés à la question de Merlin. Il n'avait pas songé à ça. Il n'avait pas songé à grand-chose, en fait. Juste à recouvrir le corps de Merlin du sien, et de s'imbriquer contre lui, ne jamais le lâcher, et ne faire qu'un. Dans sa chambre d'ado, peut-être restait-il encore une boîte de préservatifs entamée, mais ils risquaient d'être périmés...
Ce fut un léger rire doux qui le tira de ses pensées.
– Je reviens vite, lui affirma Merlin. Tu n'as qu'à te... mettre à l'aise en attendant.
Il le gratifia d'une œillade clairement perverse avant de sauter à bas du lit et de filer en direction de sa chambre, juste à côté. Arthur ne doutait pas qu'il reviendrait rapidement. Alors prestement, il se déshabilla, glissant à demi-nu sous les draps, abandonnant ses vêtements en tas au pied du lit. Il n'avait pas pu se résoudre à enlever son boxer, déformé par l'excitation évidente qui pulsait entre ses jambes. Il voulait réserver ça, ce partage, à Merlin.
Il avait à peine eu le temps de se faufiler entre les draps que Merlin revint, prenant soin de fermer la porte derrière lui et de lui donner un tour de clé. Il posa sur la table de nuit le sachet du préservatif, et du lubrifiant, qu'Arthur ne put regarder sans rougir. Cela concrétisait un peu plus leurs futures activités, et il préféra détourner le regard pour se concentrer sur les pupilles lumineuses de son amant. Ce fut une erreur. Les yeux de Merlin irradiaient d'un sentiment impossible à ignorer, douloureux à contempler. Et puis l'amusement naquit dans ses prunelles, et le regard d'Arthur tomba sur ses mains qui, mutines, caressaient lascivement ses flancs et la ceinture du jean serré que le jeune homme portait. La bouche d'Arthur s'assécha.
Ce ne fut pas à proprement parler un strip-tease. Merlin ne se trémoussa pas sur un rythme imaginaire, ne se retourna pas plusieurs fois, ne fit pas durer éternellement le moment. Mais sous le regard brûlant d'Arthur, dans un moment d'une intensité sensuelle, il ôta chacun de ses vêtements et jamais ne rougit sous le regard impudent de son amant.
Et quand il ne resta sur lui que son boxer et son T-shirt, il rejoignit Arthur sous les draps, venait coller son corps contre le sien, embrasant leurs sens. Avidement, Arthur passa aussitôt ses mains sur les flancs de son amant, se délectant de la douceur de la peau qu'il découvrait, tirant sur le coton du T-shirt, fermement décidé à supprimer cette dernière couche de vêtement qui séparait sa bouche affamée de la peau de son amant.
Mais, à sa grande surprise, les mains de Merlin se posèrent sur les siennes, fermes et déterminées.
– Non.
– Non ? s'étonna Arthur.
– Non.
Et la réponse n'attendait pas de réplique. Arthur lâcha doucement l'ourlet qu'il tenait et qu'il voulait faire passer par-dessus la tête de Merlin. Dans les yeux bleus de son amant, il y avait des étincelles de douleur, et Arthur préférait taire ses questions, ravaler sa frustration, céder sur cette exigence, ne pas voir le torse de son amant, et éteindre cette douleur plutôt que s'acharner et la faire grandir.
Alors à la place, il reprit possession de la bouche de Merlin, et vint fermement poser ses mains sur les fesses de son amant, le collant davantage contre lui. Leurs bassins s'entrechoquant, se frottant, les firent gémir tous les deux, yeux clos.
Leurs langues ré-entamèrent le plus vieux ballet du monde, lentement et sensuellement, sans empressement et sans violence. Leurs mains caressaient, cartographiaient, apprenaient par cœur. Leurs corps s'imbriquaient et se frottaient, se découvraient.
Il n'y eut pas de préavis quand Merlin fit glisser sa paume sous l'élastique du boxer d'Arthur, caressa la peau nue de l'aine, tordit le poignet, effleura la verge tendue et toujours enfermée sous le coton, et pourtant le geste fut naturel, au bon moment. Arthur y répondit de la même manière, et par touches légères, explorations se répondant mutuellement, ils se dénudèrent entièrement. Leurs boxers échouèrent au fond du lit, et leurs érections se rencontrèrent enfin, les faisant gémir tant et plus, tandis que leurs mains jointes les masturbaient mutuellement.
Ils auraient pu jouir ainsi, exploser, mais Merlin, probablement le plus sage des deux (à moins que ce ne fut l'inverse), trouva la force de s'arracher à l'étreinte, et attraper le lubrifiant pour le tendre à Arthur.
– Je te veux pleinement... murmura-t-il, ses lèvres trop rouges d'avoir été embrassées comme un appel à la débauche.
Arthur n'était physiquement pas en mesure de lui refuser quoi que ce soit. Son érection lui faisait mal, et il avait un besoin intense et dévorant de posséder son amant, ne faire qu'un.
Il n'avait jamais fait ça, mais il trouva instinctivement, guidé par les mains et les sons appréciateurs de Merlin et ses gémissements de plus en plus aigus, ce qu'il fallait faire. Il en profita pour expérimentalement embrasser la verge de Merlin, goûtant sur sa langue le curieux goût opiacé de la semence qui suintait déjà. Soucieux du confort de son amant, il ne put s'empêcher de recommencer quand il vit à quel point Merlin psalmodiait son nom en oubliant la douleur des doigts qui le préparaient.
Et quand, enfin, Merlin fut près et qu'il plaça une de ses jambes sur son épaule, l'autre crochetée autour de sa taille, sa virilité alignée avec l'intimité de Merlin, et qu'il le pénétra lentement, ce fut en le regardant droit dans les yeux.
– On n'en a jamais été là, murmura Arthur en s'enfonçant lentement, ses pupilles rivées dans celles déformées de plaisir de Merlin, qui haletait.
Sa phrase n'avait aucun sens.
– Non, confirma Merlin.
Ça n'avait pas de sens non plus. Un éclair de pur plaisir traversa Arthur, une violente sensation de pure félicité, d'être complet, enfin. Comme s'il avait attendu toute sa vie une partie de lui-même, et qu'il la trouvait enfin. Il ferma les yeux, se mouvant dans le corps de son amant de plus en plus vite, incapable de se retenir.
– Fy mrenin Arthur Pendragon. Fy mrenin Arthur Ridrachen.
Les mots de Merlin éveillèrent subitement en Arthur une chaleur insoupçonnée, et à travers ses paupières mi-closes par le plaisir, il crut vouloir un éclat doré illuminer la pièce. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir. Merlin venait, sous ses coups de reins, de gémir son prénom, et dans un dernier effort, Arthur le rejoignit dans un orgasme dévastateur, hurlant à son tour.
Il eut à peine la force de se retirer, ôter le préservatif, avant de s'écrouler sur le matelas. Merlin vint aussitôt se blottir contre lui, murmurant des mots sans queue ni tête. Ils ramenèrent vaguement les couvertures sur eux. Ne pensèrent même pas à se nettoyer. Et sombrèrent aussitôt dans le sommeil. La clarté dorée de la pièce avait disparu. Mais la sensation de chaleur et de parfaite complétude, elles, demeuraient, et jamais Arthur ne s'était senti aussi à sa place, Merlin au creux de ses bras.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain, Arthur était seul, ce qui l'agaça, pendant un instant. Un bref coup d'œil à son radio-réveil lui apprit cependant qu'il était tard, et que Merlin devait probablement être à la librairie, et avait déposé Morgan à l'école, comme d'habitude. Arthur avait bien dormi, profondément, comme un loir.
S'étirant paresseusement, il réalisa, à sa grande surprise, qu'il n'avait pas entendu Merlin crier. Et pour cause. Selon toute vraisemblance, son amant avait passé la nuit avec lui. Sans cauchemar. Fait intéressant, qui amena un sourire fier et bêtement arrogant sur le visage d'Arthur. Il était prêt à beaucoup de choses pour que Merlin cesse ses douloureux rêves.
Il se traîna toute la matinée durant, profitant de sa tranquillité, et de son envie de flemmarder. Il aurait pu faire cela tous les matins, puisque Morgan était toujours à l'école et Merlin à la boutique, mais il ne s'y était bêtement jamais autorisé. S'accorder ce petit plaisir sans conséquence que de se reposer, traîner en pyjama et manger de la glace au lieu de faire un vrai repas lui procura un plaisir inouï. Le monde entier devrait prendre des journées flemme de temps à autre, et tout irait mieux, décréta-t-il intérieurement.
Il fit cependant l'effort, comme toujours, de s'habiller, se raser et se comporter en adulte responsable quand Morgan revint de l'école en milieu d'après-midi. Le garçonnet n'avait pas l'air au mieux de sa forme, vaguement boudeur, et Arthur lui offrit le sourire le plus charmeur de sa collection :
– Qu'est-ce qu'on peut bien inventer comme bêtises, aujourd'hui ? demanda-t-il à Morgan.
Un joyeux sourire illumina les traits de l'enfant. Il aimait faire des bêtises avec Arthur.
Merlin revint en fin de journée, râla parce que la maison était en bazar, parce que personne n'avait songé (et « personne » visait ici Arthur) à étendre la machine qui avait fini de tourner, parce que Morgan n'avait pas fait ses devoirs. C'était une journée ordinaire, en somme, et Arthur offrit à son amant un éblouissant sourire, incapable de retenir sa joie, incapable de contenir les sentiments trop grands qui l'habitaient et le possédaient et sur lesquels il n'était pas prêt, pour l'heure, de mettre un nom.
Merlin, pourtant, l'évita ostensiblement, ce qui n'entacha en rien la bonne humeur d'Arthur. Merlin le punissait sans doute pour avoir entraîné Morgan à aller faire une cabane dans les bois, alors que la nuit tombait encore si tôt, qu'il faisait encore si froid, et que le petit garçon avait quelques petits exercices à faire à la maison.
Ou bien Merlin n'avait-il juste pas envie de s'afficher devant son jeune frère. L'explication était tout à fait plausible, et Arthur avait mal aux zygomatiques à force de sourire bêtement, tout seul.
Mais il était heureux et rien ne viendrait contrecarrer sa journée parfaite.
Le dîner se déroula normalement. Merlin avait fait des merveilles aux fourneaux, comme d'habitude. Arthur avait tellement pris l'habitude d'être nourri qu'il n'avait pas progressé d'un iota, et qu'il était parfaitement incapable de trouver les épices ou le sucre dans sa propre cuisine. Il fallait aussi reconnaître que c'était Merlin qui avait tout rangé et il avait un sens de l'organisation plutôt particulier.
Ah que c'est beau le bonheur simple... si seulement ça pouvait durer... hehehe xD
Pour rappel, les mots prononcés par Merlin veulent dire « mon roi Arthur Pendragon, mon roi Arthur Ridrachen »
Prochain chapitre le Me 27 mars !
Reviews, si le cœur vous en dit ? :)
