« Kandahar, le 12 juillet,
Merlin,
Quand j'ai reçu ta lettre, je t'ai traité de fou. Je l'ai lue plusieurs fois, puis je l'ai froissée, et je l'ai jetée. Puis je suis allé me coucher. Mes rêves n'avaient jamais été aussi réels. J'ai distinctement senti le poids de la couronne sur ma tête, quand j'ai été couronné. Dans mes mains quand j'ai couronné Guenivere. Le sang dans ma bouche, quand ton visage a été la dernière chose que j'ai vu. La douleur, dans mes côtes, quand Mordred a planté sa lame. L'écho de son dernier sourire, quand j'ai planté la mienne.
J'ai fouillé la poubelle dès le lendemain et j'ai défroissé ta lettre.
Il m'a fallu du temps et bien des heures de sommeil pour parfaitement accepter tout ce que tu dis. Cela me semble encore si irréel. Mais les noms que tu écris, qui ne sont que ceux des légendes arthuriennes, sans grande improvisation, ont brutalement trouvé en moi un écho dans les personnes que je vois prendre vie dans mes songes. C'est irréel et impossible.
Je peine encore tellement à y croire.
Arthur »
