RaR Anonyme - LaFougiere sur le 9 juillet (oui, je suis très à la bourre, pardon !) : En vrai, ces deux là s'échangent depuis le début des lettres d'amour. C'est leur manière d'aimer, même si elle n'est pas très conventionnelle xD Mais oui, Merlin en dit beaucoup à travers les lignes sur combien il aime Arthur... qui est un grand nigaud. Et qui a déjà fort à faire avec cette histoire de réincarnation, il a bien du mal à lire les sous textes... quant au happy-end... Ahaha. C'est un texte de moi, hein. Les faire souffrir, c'est ce que je fais de mieux xD Merci pour la review et l'enthousiasme ;)

LaFougiere sur le 12 juillet : connaître la vérité, c'est beaucoup dire, il lui reste encore des tas de choses à découvrir ;p

LaFougiere sur le 16 juillet : Yep, une video, tout à fait. Et perso, moi je reçois une vidéo de Merlin, je prie que ça soit un strip-te... pardon je m'égare xD


« Moltaec, le 8 août,

Arthur,

Cela fait beaucoup de questions ! Je vais faire de mon mieux pour y répondre.

Tu es mort jeune. Tu as gouverné quelques années à peine, moins d'une dizaine. Je ne sais pas exactement. Nous ne comptions pas pareil, dans le temps, et les centaines d'années écoulées depuis ont altéré ma mémoire précise. Tu avais vingt ans quand je t'ai rencontré. Ton père était alors souverain. Il a dû mourir quatre ou cinq ans plus tard. Tu as gouverné pendant à peine plus de temps.

Ce que tu as fait de si spectaculaire serait si long à expliquer. Et si court. Tu as été toi, l'élu, le pacificateur d'Albion, et tu as gagné la paix durant ton règne. Tu n'as pas réconcilié les magiciens et les autres, mais tu as posé les bases, les fondations d'une grande nation. Albion est véritablement né le jour de ta mort. Gwen a bien fait son travail après ton départ. Nous n'avons plus jamais mené de bataille, et deux ans après ta mort, la Magie a refait son apparition au royaume de Camelot. Albion était unifiée. Voilà ce que tu as fait.

Mais ce n'est qu'une manière raccourcie de raconter ta vie. J'ai été là à chaque éclat de ta grandeur d'âme, chaque fois où tu as essayé de tendre la main vers Morgana, chaque fois que tu as été prêt à te sacrifier pour un de tes hommes, chaque fois que tu m'as engueulé parce que j'avais pris des risques et que c'était ta manière de dire que tu avais eu peur pour moi, chaque fois que tu as bravé les ordres ou la prudence pour venir me sauver la vie, chaque fois que tu as fait passer l'humain avant les ordres, la loi, l'absurdité. Il me faudrait une vie pour te raconter la tienne, Arthur.

Après ta mort ? Je suis mort à l'intérieur, voilà ce qui s'est produit. J'ai erré sur les rives d'Avalon jusqu'à ce que le temps passe, à attendre la mort et découvrir qu'elle ne viendrait jamais.

Nous ne vivons pas dans un roman ou un film américain, Arthur. Nous n'avons pas de quête ultime pour gagner le jackpot et vaincre le boss final. Il n'y a personne à retrouver, à rassembler. Il n'y a que toi, moi, et Morgan. Je le sais aussi sûrement que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. C'est la magie, MA magie qui ramène parfois, aléatoirement, des êtres chers auprès de moi. Je le sens, quand ils viennent au monde. Je peux savoir où ils se trouvent dans le monde. Ils reviennent grâce à la magie et je suis la magie. Ils sont moi, d'une certaine manière.

Tous les êtres chers de ma vie, de notre vie, sont revenus et se sont succédé durant les époques. Cela a été drôle et cruel à la fois, parfois nous sommes devenus amis, parfois ils m'ont méprisé, parfois ils n'ont même pas su que j'existais. Parfois, quand la Magie en ramenait deux côte à côte, ils se retrouvaient envers et contre tout, nourris d'un sentiment inexplicable qui les poussait l'un vers l'autre, et j'aimais les voir se rappeler sans se souvenir.

Je n'ai jamais libéré la mémoire d'aucun d'entre eux, à aucun moment, aucune époque. Je ne l'ai jamais souhaité. Ils ont toujours été heureux de leur ignorance, et c'était mieux ainsi.

Morgan est, quant à lui, un cas particulier.

Et toi, bien sûr, tu es encore plus particulier, comme tu l'as toujours été. Bien sûr que ton père est ton père. Tu as ses gènes, et ceux de ta mère, Ygerne. Mais c'est la Nature qui t'a ramené en ce monde. Pas ma magie, mais LA Magie.

Je me doute que tu ne dois plus comprendre grand-chose. C'est plus simple pour moi d'en parler à [mot rayé de noir, parfaitement illisible] Morgan, lui comme moi entendons le chant de la Magie dans notre sang et dans nos veines depuis toujours. Te l'expliquer à toi est si compliqué.

Je suis né de la Magie, comme toi. Quand tu es mort, j'ai échoué, et j'ai reçu comme punition de vivre éternellement à errer sur Terre. Au fil du temps, la Magie naturelle, celle qui m'a fait naître pour être ton ombre, s'est lentement éteinte, et il n'est resté plus que la mienne, celle que je tiens emprisonnée dans mon corps et qui, lentement, se délite et m'échappe. C'est MA magie qui a ramené auprès de moi nos amis disparus depuis des siècles, ce n'est pas quelque chose que j'ai fait consciemment, mais je sais que c'est la mienne car à chacune de leur naissance, j'ai senti un bout de moi se détacher pour aller faire battre leur cœur, danser leur sang, se gonfler leurs poumons. Et j'en ai toujours été heureux.

Toi... Je ne t'ai pas senti naître. Je ne t'ai pas senti revenir. Tu n'es pas un bout de moi, de ma magie. En revanche, tu es le dernier cadeau que la Nature, Terre nourricière m'offre et offre au monde. Je la croyais éteinte depuis plusieurs décennies, mais j'avais tort. La dernière étincelle de pure Magie t'a créé, re-créé, une nouvelle fois. Raison pour laquelle j'ignorais que tu étais sur Terre. Quand je suis arrivé à Moltaec, j'ai entendu parler de toi, de ton père, de tous vos noms si semblables, j'ai trouvé l'ironie du sort très cruelle. J'étais persuadé que cela ne pouvait être toi, sinon je l'aurais senti. Et de toute manière, tu étais parti.

Alors quand je t'ai revu, dans ce cimetière, cinq ans après être arrivé à Moltaec, cela m'a ravagé. Je n'y croyais pas, et pourtant tu étais là.

Je ne suis pas immortel. Je suis simplement un enfant de la Magie. On peut me tuer, mais personne n'a jamais essayé. Et comme le temps n'a pas d'emprise sur moi, je me contente de rester là et ne de pas mourir. Je vieillis, et puise dans ma magie pour revenir à des cycles plus normaux, changeant de ville et de pays au gré de mes cycles. J'ignore mon âge, et je ne peux le compter. Aujourd'hui, dans cette vie, j'ai vingt-trois ans.

Bien sûr que ma mère est ma mère et n'est pas ma mère ! C'est évident ! Elle ne m'a pas mis au monde, mais elle est bien ma vraie mère, la « réincarnation » (je n'aime pas plus ce mot que toi, cela décrit bien mal la réalité de toutes ces vies ramenées auprès de moi) de celle qui m'a mis au monde il y a des millénaires, qui m'a élevé et protégé, qui m'a appris à maîtriser ma colère et ma magie, et m'a toujours aimé, inconditionnellement, malgré l'horrible statut de mère sans mari qu'elle est devenue par ma faute. Quand j'ai senti qu'elle naissait, qu'elle me revenait, quand je l'ai retrouvée et que j'ai vu que c'était elle, je n'ai su résister à la tentation et j'ai usé de plus de magie que d'habitude pour rajeunir d'un cycle complet, revenir à l'enfance, au bambin. Elle m'a trouvé sur le pas de sa porte et m'a adopté, comme je savais qu'elle le ferait, et pendant quelques merveilleuses années, malgré le poids de ma conscience qui restait encore tapie sous mon innocence, j'ai été un enfant retrouvant le giron de sa mère et cela était fantastique. Alors oui, ma mère est ma mère et n'est pas ma mère, et cela est très logique.

J'espère avoir répondu à tes premières interrogations. Je n'arrive pas à savoir si cela m'aide de te dire tout ça, ou me bouleverse encore plus, mais je m'épanche plus que je ne le voudrais. J'en suis désolé si cela te paraît brouillon et compliqué. Je n'ai pas la force de me relire, de réécrire, de faire des brouillons. Je veux juste que les choses sortent. Que tu saches, enfin.

Merlin. »