(D-day. RIP ma jeunesse. Comprenne qui pourra xD)


« Kandahar, le 13 septembre,

Merlin,

Comment peux-tu écrire des choses pareilles, sans penser à l'effet que cela va avoir sur moi ? Mais je me mens à moi-même en écrivant cela. C'est moi qui te l'ai demandé. C'est moi qui ai insisté. J'avais besoin de savoir, maintenant, je sais. Je ne devrais sans doute pas te le dire, parce que ta souffrance suinte déjà assez comme ça de chacun de tes mots, et je n'ai aucune velléité à rajouter à ton fardeau, mais j'écris cette lettre depuis l'infirmerie.

Je me suis effondré après en avoir fini la lecture. D'après le médecin, j'ai même convulsé. Il n'a aucune explication scientifique. Il me garde en observation depuis trois jours. Il ne trouve rien. J'en profite pour me reposer et dormir sans rêver, avec des somnifères.

Mais je n'ai plus besoin de rêver. J'ai l'impression qu'une partie de mon âme est morte en lisant tes mots, ce futur qui est ton passé auquel je vous ai condamné, Gwen et toi. Rien de tout cela ne se serait produit si j'avais été là.

Tu n'aurais pas mis autant d'énergie à sauver Gwen et l'enfant. Tu l'aurais sauvée elle, peut-être, mais des héritiers, j'aurais pu en avoir d'autres. Il y avait tant d'autres scénarios possibles, si je n'étais pas mort, si je ne vous avais pas abandonnés. J'en suis si profondément désolé d'être parti si tôt.

J'essaye de me représenter ce monde dans lequel tu as dû vivre, ces douleurs que tu as dû affronter. Je n'y parviens pas. Je n'ai qu'une immense douleur qui m'étreint, et le médecin me donne des calmants.

J'aimerais être avec toi.

Arthur. »