« Moltaec, le 9 octobre,
Arthur,
Tu étais mon destin. Tu n'avais rien besoin de faire pour mériter ma loyauté. Elle t'était acquise dès la naissance, parce que je suis né pour toi, pour te servir.
Pour te répondre, oui, Morgana est revenue, une seule fois. Durant le XVIIe siècle. Je t'ai dit que tu avais été ramené par la Magie, et les autres par une manifestation incontrôlée de la mienne. Ce n'est pas tout à fait vrai : ce n'est pas moi qui ait ramené Morgana. C'est sa propre magie qui l'a ramenée dans notre monde, mais le lien qui nous unissait elle et moi m'a permis de la sentir revenir au monde.
Et comme toute magicienne, elle avait sa mémoire dès la naissance ou presque. Elle et moi avons eu du mal. Le poids de mes regrets, la douleur de ses souvenirs. Notre relation a été chaotique, longue, et compliquée. Nous avions trop de blessures et de meurtrissures pour pardonner, pour oublier. Mais lorsqu'elle est partie, au terme de sa vie, nous avions compris l'autre et apaisé une partie de nos tourments. C'était le mieux que nous puissions faire. Cela ne change rien à l'horrible sensation de vide que je ressens dans mon cœur quand je pense à Morgana, quand je pense à tout ce que j'aurais pu faire pour elle, tout ce que je n'ai pas fait. Mais la sensation s'atténue en repensant à sa dernière vie. Un peu. C'est déjà ça. Elle ne me pardonnera jamais, et je ne me pardonnerai jamais non plus.
Merlin »
