Chapitre 5 :

« Je viens de te dire de te débrouiller toi-même ! Il serait peut-être temps que tu fasses autre chose que vider la caisse, telle une junkie en manque ! »

PAF ! Fait la gifle.

Je l'ai senti en le disant, c'était trop. Pour elle, j'entends, puisque le dire m'a posé moins de problème que ce que j'aurais cru. Ou en tout cas, jusqu'à cette gifle. Le couperet est tombé et l'atterrissage est fleurit. Je vois 36 chandelles et manque me ratatiner. Encore une fois, Draco est mon roc et me soutient sans faillir. Il va pour répliquer quelques remarques cinglantes à ma tante, mais un cri d'orfraie le coupe dans son élan.

« VIEILLE PETASSE MAL BAISEE ! TU AS OSE PORTER LA MAIN SUR MON BEBE ! »

Severus est sorti de sa cuisine armé jusqu'aux dents de ses plus beaux et tranchants couteaux. Il affiche un air de bête assoiffée de sang, prête à bondir sur sa proie. Sa rage est si palpable que Draco et moi faisons un pas en arrière, peu désireux de nous prendre une balle perdue.

Ma tante se fige, indécise entre la colère qu'elle éprouve contre moi et la terreur soudaine provoquée par son cuistot.

La situation aurait pu dégénérée au point de me voir apporter des oranges à mon papa poule derrière les murs de sa prison, si Sirius n'était pas sorti de l'arrière-boutique au même moment. Avisant les risques encourus pour sa moitié, plus que pour la santé de sa « patronne », il s'élance, danseur étoile en plein saut de chat. Il saisit Severus à la taille et s'emploie à le faire lâcher prise.

Je ne comprends rien de ce qu'il lui murmure à l'oreille, mais cela suffit à calmer ses ardeurs, qui retombent comme un soufflet qu'on aurait sorti du four trop tôt.

Severus fait une moue que je qualifierais d'adorable et qui lui vaut un bécot de son amant.

Pétunia s'insurge devant cet étalage « d'anormalité ».

« Ferme-là ! s'écrie Sirius. C'est la première et dernière fois que tu lèves la main sur mon filleul ! Il part ! Et pas plus tard que tout de suite ! De plus, je ne saurais que trop te conseiller d'éplucher les petites annonces, parce qu'on va suivre le mouvement !

-Vous allez le regretté amèrement ! S'égosille-t-elle sous l'œil courroucé des clients. »

Remus ricane. Le voir avec un visage marqué par les larmes autant que par la haine, me fait un choc. J'empoigne sans vraiment me rendre compte la main de Draco à lui en broyer les phalanges. Mais il ne dit rien, ne montre rien. Il se contente de me rendre l'appareil, dans l'espoir de m'aider à ne pas perdre pied.

« Tu devrais faire attention à ce genre de promesse faite devant témoin Pét'. Ca va t'obliger à rendre les comptes que tu as toujours négligés. Surtout qu'avec notre départ, l'afflux de la clientèle risque de s'en ressentir.

-C'est une menace ?!

-Une réalité. »

Sans plus de cérémonie, il lui balance son tablier à la figure et quitte le restaurant en roulant avec autant de dédain que possible. Il a l'air empreint d'une telle détermination que je suis pris d'un affreux pressentiment. Je quitte sans sommation les bras de Draco et me lance à sa poursuite, Sirius et Severus sur mes talons.

A ma tante, je ne dis rien de plus. Tout a été dit. Le reste n'est que fioriture.

Dehors le vent de Novembre me glace le sang, mais je n'en ai cure. Je roule à la poursuite de Remus. Un peu trop vite d'ailleurs parce que je manque lui rentrer dedans. Au dernier moment, je dévie ma trajectoire et c'est le capot de sa voiture qui m'arrête.

Le choc est rude. Saleté de patins !

Je ne tergiverse pas plus de temps et me précipite dans les bras de Remus. Il ne s'y attend pas et se tend.

« Moony je suis désolé, je murmure.

-De quoi tu t'excuse ? Tu n'as rien fait de mal.

-Si ! J'ai pas su voir que tu n'allais pas bien. Et maintenant j'ai l'impression que c'est trop tard, que tu vas faire une bêtise ! »

Il me sert fort contre lui, avant de se mettre à trembler, puis à pleurer. Cette réaction me fait penser que j'avais vu juste. Je ne sais pas exactement ce qu'il avait en tête et je crois que je ne préfère pas le savoir, mais il va falloir faire attention à lui pendant quelques temps, si nous voulons le garder avec nous.

Severus et Sirius se joignent à nous pour un câlin sandwich. S'il ne faisait pas si froid, je resterais bien dans cette position pour toujours, bien que le parking du restaurant ne soit pas l'endroit pour ce genre d'effusion.

Finalement, nous convenons de cesser nos embrassades et de rentrer chez Severus et Sirius.

Remus se laisse faire, docile comme un enfant.

Alors que je m'apprête à m'engouffrer dans la voiture, je me fige. Dans le reflet de la vitre, je vois Draco qui attend patiemment près de son propre véhicule.

« Partez devant, je vous rejoindrais plus tard. »

Ils acquiescent, mais en bon papa poule, Severus insiste pour que je prenne son manteau. Il ne tient pas à ce que je tombe plus malade que je ne le suis déjà. D'un pas que j'espère assurée, je me dirige vers Draco, qui m'accueille avec un franc sourire.

« Tu m'as attendu, j'énonce à la fois soulagé et terriblement angoissé.

-Tu voulais qu'on se parle et ta mégère de tante nous a interrompus.

-Oui et à ce propos, je pense qu'on devrait peut-être…

-Aller ailleurs ? »

J'acquiesce et il déverrouille sa voiture avant de nous conduire dans un square près du resto.

« Avant que tu ne dises quoi que ce soit j'ai quelque chose à te rendre.

-Me rendre ? »

De sa poche, il sort mon pendentif. Ainsi c'est lui qui l'avait ?

« Mais, tu.. ?

-Oui, je savais qui tu étais. Mais pour être tout à fait franc, je le sais depuis que j'ai vu tes mains, même si j'ai eu un doute en voyant tes yeux. »

Je reste bouche bée, et contemple bêtement mes mains couvertes de marque depuis ce fameux accident de vaisselle. C'était la première fois que j'étais à ce point proche de lui, la première fois que je m'étais noyé dans son regard.

« Pourquoi tu n'as rien dit ?

-Tu n'étais pas vraiment à l'aise et ça pouvait se comprendre. Alors j'ai attendu. Tu m'en veux ? »

Je me penche pour lui voler un baisé. Comment je pourrais lui en vouloir ?

« Je prends ça pour un « non », ri-t-il. »

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Après nos retrouvailles, j'ai voulu comprendre l'histoire de son père et de Remus. C'est pourquoi nous avons décidé d'aller voir qui de droit pour connaître le fin mot de l'histoire et peut être, les réunir.

Draco m'a déposé chez mes parrains, et il est allé retrouver son père.

Il aura très certainement moins de difficultés que moi. Car Remus n'a jamais été très expansif au sujet de ses amours. Et maintenant que j'ai eu un aperçu, je comprends pourquoi. Il n'empêche qu'il est indispensable autant pour lui que pour nous qu'il parle.

Effondré, calé entre ses deux meilleurs amis, il finit par entendre raison. Les mots peine à passer la barrière de ses lèvres tant sa voix est entrecoupée par les sanglots, mais il tient bon et raconte tout ce qu'il a vécu.

Pour concrétiser leur rêve d'ouvrir leur restaurant, il avait entreprit avec Sirius et James des cours d'hôtellerie, de management et de comptabilité.

Un jour, alors qu'il transportait des livres pour son cours de compta, il a percuté un autre élève, qui s'est avéré être Lucius, le père de Draco. Lui-même avait débuté des études pour prendre la suite des affaires Malfoy.

Ce simple hasard c'est transformé en coup de foudre et ce qui aurait pu être une belle histoire c'est transformée en une œuvre dramaturgique.

Les Malfoy ne sont pas des gens très ouverts. Et comme si ça ne suffisait pas, le père Malfoy pouvait avoir un comportement violent lorsqu'on ne faisait pas exactement ce qu'il voulait.

Pour continuer de faire fleurir ses affaires, il avait choisi d'allier ses fonds à celle d'une autre entreprise, dirigée par une famille prestigieuse, les Black. Pour faire bonne mesure, la fille unique des Black, Narcissa, devait épouser Lucius.

Incompris et sous pression, ce dernier avait trouvé le réconfort entre les bras de Remus, qui ne lui demandait rien de plus qu'un amour partagé. Lucius pouvait enfin être lui-même.

Un jour que son père était partit en voyage, il invita Remus à passer quelques jours au manoir familial. Mal lui en prit, car un soir, Narcissa se présenta à l'improviste et les surprit. Ulcérée que son beau mariage en blanc soit compromis par des sodomites, elle s'était empressée d'appeler le père Malfoy afin qu'il règle le problème. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il le fit.

Le lendemain, il débarqua dans la chambre de son fils et se mit à le battre comme plat. Remus avait tenté de l'arrêter et c'était vu récompenser d'un coup de point monumental, avant que le garde du corps de l'homme d'affaire ne le traîne dehors par la peau du cou.

Lui qui n'était qu'un poids plume n'avait pas pu faire autre chose que se débattre et crier.

A moitié nu, décoré d'un œil au beurre noir et d'une lèvre éclatée, il avait dû rentrer chez lui à pied.

Afin de le protégé de la colère de son père, Lucius avait pris ses distances. Séparés l'un de l'autre, ils s'étaient réfugiés dans le travail et dans les aventures d'un soir, ou du moins pour un temps. Trop amoureux, ils ne supportaient pas d'autres mains sur leur corps sans se dégoûter au petit matin.

Lucius avait épousé Narcissa et reprit les affaires de son père. Il avait fait son devoir d'époux et avait fait un enfant à cette femme qu'il n'appréciait même pas un peu, tant elle était froide et garce. Il avait voulu donner une éducation différente de celle qu'il avait reçue à son fils, mais c'était mal connaître son père et son épouse. On lui refusa le droit de s'approcher de Draco.

Pour s'éviter de trop souffrir, il quittait la ville aussi souvent qu'il le pouvait, se saoulant de travail et de voyage. Narcissa profita de cet éloignement pour monter Draco contre son père et lui faire croire qu'il se fichait bien de lui.

Les années passaient, le restaurant avait ouvert et marchait bien, jusqu'à ce que mes parents trouvent la mort dans ce tragique accident de la route, me laissant orphelin.

Etrangement cela coïncidait avec la mort du père Malfoy.

Anéantit, Remus avait retrouvé son ancien amant. Discrètement, ils reprirent leur histoire là où elle s'était arrêtée.

Cela aurait pu continuer longtemps, si Draco n'avait pas annoncé à sa mère qu'il aimait les garçons. Un garçon, comme son père. Enragée, elle était venue trouver Remus qu'elle n'avait jamais cessé de faire surveiller. Elle l'avait invectivé et promis les pires tourments ainsi qu'à Lucius qui pouvait être certain de ne plus voir son fils.

Les vieilles habitudes avaient la vie dure et Lucius était partit, pourvu qu'il garde un semblant de contact avec son fils.

Le reste, c'est Draco qui me la raconté. Il était allé trouver son père juste après ma fugue, laissant sa mère qu'il savait obtus, à ses médisances et ses menaces. Il ferait beau voir qu'on l'empêche de voir son père. Il serait peut être temps que chacun se rende compte qu'il était presque majeur et qu'il n'entendait pas se voir utilisé plus longtemps.

En le voyant si déterminé, Lucius soutint son fils et s'évertua à la protéger des foudres de sa mère. Il ne voulait pas voir l'histoire se répéter.

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Epuisé par toutes ses émotions, j'ai dormi comme un loir jusque tard le lendemain, loupant l'école au passage, ainsi qu'un appel de Draco.

Au vu de ce que dit son message et de l'heure qu'il est j'ai intérêt à me bouger.

Je saute au bas du lit et court comme un dératé jusque dans la cuisine où je trouve Severus en train de cuisiner, comme souvent. Je ne lui laisse même pas le temps de parler et lui demande où est Remus. Interloqué, il me dit qu'il est sorti avec Sirius. Nous avons convenu que Remus resterait avec nous pour quelques jours et il avait besoin de récupérer quelques affaires. Ça tombe à pic !

Je ne perds pas de temps et fait écouter le message à mon papa poule. En l'entendant, son visage, de fend d'un immense sourire et il en lâcherait son appareil à cookies de joie.

On a du boulot ! Ce soir, il y aura foule à la maison !

Après plusieurs coups de fil pour fixer l'heure des retrouvailles, je file sous la douche, avale un casse-croûte en catastrophe et aide Severus en cuisine. Lorsque nos deux vadrouilleurs reviennent, Sirius s'arrange pour passer le reste de la journée dans son garage avec Remus à bricoler sa moto. Ce qui ne l'empêche de faire régulièrement irruption dans la cuisine pour voler à baiser à Severus.

Ces deux là roucoulent comme deux pigeons, amoureux comme au premier jour, je trouve ça terriblement romantique.

Alors qu'il commence à se faire tard, nos mécanos amateurs rangent leurs matériels avant d'aller prendre une bonne douche, histoire de retirer les traces de cambouis qu'ils ont jusque sous les ongles.

Sirius descend le premier et nous rejoint dans le salon.

Quelques instants plus tard, alors de Remus n'ait pas encore descendu, la sonnette retentit.

Je saute comme un cabri et me précipite pour mieux aller ouvrir. Sans surprise je retrouve Draco et son père derrière la porte. Ce dernier est sa copie conforme avec vingt ans de plus, c'est comme faire un bon dans le temps ! Je souris amusé que Remus et moi aimions le même genre d'homme, tandis que je les laisse entrer.

Lucius semble fébrile et ne cesse de contempler le sol comme s'il s'apprêtait à l'engloutir.

Sirius lui sert son meilleur bourbon vieilli en fut et lui tapote gentiment l'épaule, tandis que je me pose aux côtes de Draco.

Le silence est presque palpable. On entend juste quelques bruits de casseroles, grâce à mon papa poule, qui décidément vit de sa passion H24 !

Lorsqu'enfin la porte de la salle de bain s'ouvre en grinçant et que Remus descend nonchalamment les escaliers, inconscient de ce qui est en train de se tramer, Lucius se dresse sur ses pieds, comme un diable sort de sa boîte.

La pression ne cesse de grimper au point de rendre l'air irrespirable.

Mon Dieu se suspense va me tuer !

Remus entre enfin dans le salon.

Il se fige un instant sur le seuil, interdit.

Lucius va pour ouvrir la bouche, mais il n'a pas le temps de prononcer un mot que son amant court à lui pour mieux se jeter dans ses bras.

Draco me serre un peu plus contre lui, tandis que j'entends Severus renifler bruyamment.

Il n'y a pas besoin de parler dans un moment comme celui-là

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Comme je n'ai plus rien à me mettre sur le dos, et que j'en ai marre de faire des ourlets aux vêtements que je prête mes parrains, je décide de retourner chez ma tante pendant qu'elle n'y est pas.

Pour éviter les problèmes et aussi porter aussi vite que possible mes maigres possessions sans trop s'attarder, Draco, Blaise, Hermione et même Luna m'accompagnent.

Peine perdu puisque lorsque je tente de glisser ma clé dans la serrure, elle bloque.

La salope à changé les verrous !

Je donne un grand coup de pied dans la porte histoire d'évacuer la pression sur quelque chose quand Luna et son bol légendaire me lance un :

« 'Ry ? C'est pas tes affaires ça ? »

Elle est en train de désigner un tas de sac poubelle auquel je n'avais pas fait attention en arrivant.

Bordel du cul ! Elle a pas osé ?!

Je me précipite ! Pourvu que mon matériel photo n'ait rien !

J'ai travaillé dur chez un photographe alors que j'étais encore au collège, jusqu'à ce qu'il estime que mon salaire paye le matériel dont j'avais besoin. Mr Ollivander. Il m'a beaucoup appris et ma même offert un vieil appareil à pellicule argentique auquel je tiens particulièrement.

Je farfouille comme un dingue, mais il n'y a rien à part mes vêtements, et quelques babioles.

Je vais buter cette salope !

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Hello les gens !

J'espère que vous allez bien ?

Cette histoire sent la fin n'est ce pas ?

Je ne sais pas quand sortira le dernier chapitre, mais j'espère dans pas trop longtemps^^

Pour ceux qui suivent « Sang Noir » le prochain chapitre arrive bientôt, cette semaine ou celle d'après.

Sur ce j'espère que vous avez aimé de chapitre et je vous dis à bientôt

Angel