Bonjour à tous mes petits pangolins, et bonne année ! Fin de la partie épistolaire, ils ont été séparés presque pendant dix mois, et ça les a frustrés autant que vous, sachez le ! Il est plus que temps qu'on arrive à la conclusion de cette histoire ! 7 chapitres dans cette partie, et ensuite ce sera fini !)
(Désolée pour le retard de publication, je sais qu'habituellement, c'est le matin, mais nouvel an, vacances, tout ça tout ça quoi...)
Bonne lecture ! :)
Partie 4 – Les retrouvailles
Chapitre 10
– Merlin ! J'ai entendu un grand bru…
Morgan s'immobilisa en arrivant sur le seuil de la maison, ses yeux tombant (ou plus exactement se relevant) aussitôt dans ceux d'Arthur. Au sol, près de ses pieds, Merlin était tombé. Ses yeux étaient clos mais sa respiration et ses battements de cœur paraissaient relativement normaux.
Arthur regarda l'enfant, qui avait désormais six ans. Il regarda son meurtrier droit dans les yeux, et vit distinctement se succéder les fantômes de son passé.
Mordred, âgé d'une dizaine d'années, blessé, malade, la peau pâle et en sueur sur laquelle le triskèle noir tranchait, Morgana le veillant comme une louve. L'enfant de six ans devant lui avait exactement les mêmes traits, les cheveux noirs, les yeux bleu-vert étincelant, le regard frondeur, la peau très pâle.
Mordred, quelques temps plus tard à peine, une simple silhouette emmitouflée dans une cape vert émeraude fuyant les soldats de Camelot parés de rouge, une silhouette à laquelle Arthur ne faisait pas vraiment attention. L'enfant de six ans devant lui portait la même teinte de vert, mais en sweat-shirt. En avait-il seulement conscience ? Aimait-il seulement la couleur ?
Mordred, majeur, adulte et vacciné, ployant le genou et se parant de rouge et d'or si propre à la chevalerie et au blason royal, un sourire doux aux lèvres et une envie folle de bien faire, de prouver à Arthur sa loyauté. Ce Mordred adulte, dont les pupilles étaient plus souvent bleues que vertes, et jamais Arthur n'aurait pu soupçonner qu'elles pouvaient se pailleter d'or, était très présent dans ses souvenirs. Jusqu'à la dernière seconde.
Jusqu'au Mordred furieux, les yeux cernés de noir et bordés de rouge, animé par la colère et la haine qui n'étaient plus les siennes depuis longtemps, pantin manipulé qui avait cessé d'exister, homme déterminé qui agissait en connaissance de cause pour obtenir la mort et réaliser son destin sans avoir été capable de s'en défaire, marionnette d'un monde plus fort que lui, de puissances le dépassant.
Ils avaient tous été des marionnettes du destin. Leur histoire était tracée et ils ne pouvaient pas s'en exonérer, plus s'en exonérer.
Le destin les réunissait tous les trois une nouvelle fois, et il ne tenait qu'à eux de changer les choses. Alors Arthur brisa l'échange de regards avec le jeune Morgan, faisant disparaître les fantômes du passé. Moins de cinq secondes s'étaient écoulées, et Merlin était toujours à terre.
– Sa chambre est toujours au même endroit ? demanda-t-il en abandonnant sa valise.
– Oui.
Arthur n'hésita pas un instant, et Morgan ne fit rien pour l'en empêcher. Il récupéra au creux de ses bras le corps évanoui, s'effrayant de sa maigreur, de sa légèreté.
– Il ne va pas très bien.
Les mots de Morgan le frappèrent alors qu'ils grimpaient tous les deux l'escalier de pierre, Arthur chargé de son précieux fardeau. Arthur n'avait que trop étreint le corps de Merlin, même si cela datait désormais d'une dizaine de mois, et il s'en souvenait comme si c'était hier. Le poids dans ses bras n'était plus le même. Les formes n'étaient plus les mêmes.
Les mots de Morgan ne venaient que confirmer cette angoisse. Merlin allait très mal. Bien plus qu'Arthur n'avait pu le comprendre au travers de leurs échanges épistolaires, trop focalisé sur sa propre petite personne.
– Je suis vraiment désolé, dit-il.
Il le pensait sincèrement. Merlin avait raison. Ils ne parvenaient qu'à reproduire les mêmes schémas que ceux qui les avaient déjà tués une première fois, si toutefois il était possible de parler de mort métaphorique dans le cas de Merlin. Il s'enfermait dans son égoïsme, concentré sur lui, sur ses douleurs, sur ses souvenirs, sur ses cauchemars. Il n'avait pas pensé une seule seconde à l'impact que tout cela avait sur son ami. Il connaissait pourtant, et que trop bien, la tendance de Merlin à se sacrifier pour les autres, et spécialement pour lui. Pourtant, égoïstement focalisé sur sa petite personne, il n'y avait pas songé. Et à l'autre bout de la planète, Merlin se mourait en silence.
Une fois parvenus à l'étage, Morgan passa rapidement devant Arthur, ouvrit une porte et disparut dans la pièce, invitation à venir le rejoindre. Arthur ne broncha pas. Ce n'était pas la chambre où Merlin avait dormi durant les trois mois où ils avaient partagé la maison, les trois mois de permission d'Arthur. C'était celle d'Arthur. Pas sa chambre d'enfant, sa chambre « d'adulte », qu'il avait occupée en permission. La chambre où ils avaient dormi ensemble, fait l'amour, et s'étaient envoyés en l'air.
Il ne fit aucun commentaire, déposa le corps faible et toujours évanoui de Merlin au creux des draps ouverts par un Morgan prévenant. Il était facile d'oublier que l'enfant n'avait que six ans, tant sa maturité le faisait ressembler à un adulte.
À peine Merlin fut-il étendu sur les draps que Morgan se pressa autour de lui, posant ses petites mains pâles sur le front encore plus blanc de son aîné.
– Tu vas utiliser la magie ? demanda Arthur.
Il n'y avait aucune animosité dans sa voix. C'était un fait. Morgan se retourna doucement vers lui.
– Non, répondit-il de sa voix fluette, enfantine, qui tranchait tellement avec la posture déterminée de son corps. Ça ne servirait à rien. Je n'ai pas de pouvoirs de guérison. Merlin en a, pas moi. Je ne pourrais pas l'aider. La magie ne peut pas toujours tout faire. Il s'est évanoui, il est à bout de forces, il faut qu'il récupère. Je l'entends toujours distinctement.
– Merlin a dit que tu étais bon en télépathie, c'est ça ? Tu l'entends alors même qu'il n'est pas conscient ?
Morgan souffla profondément, reculant de la proximité du lit.
– C'est plus compliqué que ça. Je peux lui parler mentalement, oui, parce que ma longueur d'onde magique, si on peut appeler cela ainsi, est au diapason de la sienne. On peut toujours, tous, communiquer avec ceux dont les longueurs d'onde sont au diapason des nôtres. On considère qu'on est télépathe quand on peut forcer les communications. C'est mon cas. Mais avec Merlin, c'est juste naturel. Je ne lui parle pas alors qu'il est inconscient, mais je peux sentir la résonance de notre lien. Savoir qu'il est là et qu'il va bien.
– Tu n'es pas obligé de m'expliquer si tu ne le veux pas, tu sais.
Morgan haussa les épaules en se détournant.
– Tu n'es pas magicien. Tu ne peux de toute manière pas comprendre.
– Mais j'ai de la magie. Non ? Je suis venu au monde par Magie, et je suis revenu par Magie. Alors j'ai de la magie aussi, non ?
Morgan ne répondit pas à cela, et Arthur ne chercha pas à insister. Cela faisait partie de ces questions qu'il voulait aborder avec Merlin.
– Tu restes ? demanda Morgan.
– C'est ma maison, répliqua Arthur.
De cela non plus, il n'avait pas envie d'en discuter avec le petit garçon. Pas avant d'avoir vu Merlin. D'en avoir discuté avec Merlin.
– Il va avoir trop chaud, nota Arthur.
Et sans demander son avis au garçonnet, il s'approcha du lit, et posa les mains sur le corps allongé. Merlin était froid, mais la couette était épaisse, et à dormir tout habillé, il allait avoir trop chaud. Il n'y avait rien d'érotique dans les gestes d'Arthur. Il entendit vaguement Morgan quitter la pièce, mais n'en tint pas compte. Il commença par se débarrasser de son propre manteau, qui l'entravait, et le jeta au sol négligemment, ne pouvant s'empêcher de sourire à moitié au commentaire que ferait son ami sur son désordre, s'il était conscient.
Puis il ôta, avec beaucoup de douceur, au corps manifestement profondément endormi, le pull, le sous-pull. Le T-shirt bleu foncé faillit connaître le même sort, mais Arthur n'osa pas. Il n'estimait pas que Merlin en avait forcément besoin, mais il se souvenait du regard de son amant quand il avait voulu lui ôter. Le « Non » ferme et définitif. Bien sûr, il savait depuis ce que cela cachait, les cicatrices et le tatouage, mais il aurait l'impression de violer son ami en faisant cela.
Il lui enleva le pantalon sans pudeur particulière, laissant son boxer noir et ses chaussettes. Parce que Merlin avait toujours eu les pieds glacés. Les chaussettes dans le lit était l'antithèse du glamour, et c'était tout ce dont Merlin avait besoin en cet instant précis.
Puis lentement, il remonta la chaude couette autour de Merlin, le borda, le berça, le frictionna à travers la couverture, cherchant à apaiser le corps brisé, l'esprit en miettes, lui transmettre par ce geste qu'il était là, et vraiment là.
Morgan était dans le canapé quand il redescendit. Il avait de toute évidence mangé tout seul sur la table basse, sans tenir compte d'Arthur qui avait passé bien plus de temps que prévu à l'étage, simplement à regarder le visage amaigri de son ancien amant, à désirer de toute son âme effacer la souffrance qui se détachait si nettement des traits tirés.
– Ta valise est dans l'entrée.
Arthur remercia l'enfant d'un signe de tête. Ils avaient même oublié de fermer la porte, tout à leur volonté de s'occuper de Merlin le plus rapidement possible. Il passa dans le vestibule, récupéra ses affaires, en profita pour ôter ses chaussures, accrocher son manteau à la patère, dénicher des chaussons à sa taille, se mettre à l'aise. Ce n'était pas comme cela qu'il avait prévu son retour. En même temps, il n'était pas sûr d'avoir prévu quoi que ce soit.
– Y'a quelque chose à manger ? demanda-t-il en revenant au salon.
– Pot au feu. Il finissait de mijoter quand t'as sonné. Il est fondant mais pas brûlé.
Arthur opina du chef sans mot dire, et se glissa vers la cuisine. L'enfant n'était pas prompt à communiquer plus que ça. Au final, cela l'arrangeait bien. Il n'était pas sûr de savoir quoi ressentir face à la version rajeunie et réincarnée de son meurtrier.
– Le pot au feu ! cria Merlin.
– Il était très bon.
Merlin battit des cils, désorienté, à moitié hagard, redressé en sursaut dans son lit. A la périphérie de son champ de vision, Arthur avait le nez dans l'immense armoire en chêne qui avait plusieurs décennies et abritait un certain nombre de vêtements appartenant au propriétaire des lieux.
– Désolé, reprit Arthur en tirant une chemise d'une étagère. Je ne voulais pas te réveiller. Mais j'avais besoin de m'habiller.
Merlin cligna de nouveau des yeux, ayant résolument l'air d'une chouette effraie réveillée en plein jour.
– Tu as dormi ici ? demanda-t-il.
Arthur le regarda avec une moue perplexe, trouvant que son ami avait quand même de drôles de priorités dans la vie. Il s'évanouissait sur un pas de porte en le reconnaissant sur le porche, se réveillait le lendemain dans un lit et la seule chose dont il s'inquiétait était le pot de feu et où Arthur avait dormi ? Vraiment ?
– C'est tout ce qui t'inquiète ? demanda-t-il, amusé. Le pot au feu et où j'ai bien pu dormir dans une baraque qui compte trente-cinq chambres ?
Le chiffre était très exagéré, encore que si on comptait tous les canapés extra larges et confortables et parfois convertibles, il y avait sans doute un nombre approchant de couchages. Mais Merlin était très terre à terre au réveil.
– Il n'y a pas trente-cinq chambres et celle-ci est la tienne, insista-t-il.
Arthur haussa les épaules pour montrer son dégagement, mais ses mains qui froissaient le col de la chemise qu'elles tenaient révélaient sa nervosité. Il ne s'était pas vraiment attendu que Merlin énonce des évidences aussi dérangeantes si tôt.
– Le pot au feu était délicieux. Morgan avait coupé le gaz. On l'a mangé, et on a bien tout rangé au frigo après.
– C'est bien, commenta Merlin, légèrement hébété par la conversation surréaliste qu'ils étaient en train d'avoir.
– Et j'ai dormi dans ma chambre, la nuit dernière.
Le jeune homme fronça les sourcils. Les draps à ses côtés n'avaient pas l'air particulièrement froissés comme s'ils avaient été utilisés toute la nuit.
– Ma vraie chambre, celle dans laquelle j'ai toujours dormi quand je vivais ici, précisa Arthur.
– Ta chambre d'enfant, comprit Merlin.
Aussitôt, Arthur se rembrunit. Il n'appréciait guère qu'on lui fasse aussi clairement remarquer son élan de faiblesse qui l'avait conduit à vouloir retrouver son âme d'enfant et le cocon protecteur de sa chambre, quand sa vie n'était qu'une succession de jeux et de dragons imaginaires à vaincre.
– Pardon, s'excusa Merlin en réalisant qu'il l'avait vexé.
– Tu vas mieux ? demanda Arthur en balayant la conversation précédente de la main (froissant un peu plus la malheureuse chemise, victime indirecte de cette conversation épineuse).
– Oui, merci.
Ils détournèrent tous les deux le regard après cela, sans être capable de rebondir, d'enchaîner. Ils avaient tellement de choses à se dire. À se demander mutuellement.
Mais les questions étaient brûlantes sous leur langue, et les laisser sortir risquait de tout carboniser. Ils marchaient sur des œufs autant l'un que l'autre, et en avait bien conscience.
– Hem. Je, euh, je vais aller m'habiller. Prendre une douche. Tout ça. Morgan est en bas. Le petit déjeuner aussi. Je veux dire, je suis allé chercher des trucs à la boulangerie. Enfin voilà. À plus tard.
L'éloquence n'était pas toujours un point fort d'Arthur, et il s'enfuit de la pièce à peine sa tirade hésitante terminée.
Merlin le regarda partir avec une once de soulagement. Il n'était pas prêt pour une confrontation plus importante.
Il s'étira, grimaçant en sentant chacun de ses os craquer, percevant l'affaiblissement et l'amaigrissement de ses muscles. De manière générale, il se sentait aussi épuisé que lorsqu'il était vieux, et la nouvelle n'avait pas de quoi le réjouir. Il avait souvent pris l'apparence d'un vieil homme (et même d'une vieille femme une fois, qu'est-ce qu'il n'aurait pas fait pour Arthur !) au cours de sa jeunesse en terre sacrée d'Albion, et cela avait toujours été désagréable. Au cours des différents cycles qu'il avait traversé, il avait toujours fait en sorte de se rajeunir et partir avant que son corps ne soit trop douloureux à maîtriser.
Mais cette fois, il avait l'impression que malgré son corps jeune, il souffrait autant que si ce dernier essayait de brutalement rattraper les millénaires passés. Et ce n'était assurément pas une bonne nouvelle.
Il retrouva ses chaussons dans un coin de la pièce, dénicha sa grosse robe de chambre en polaire dans laquelle il enferma sa carcasse amaigrie et frigorifiée en permanence. Puis lentement, entama la descente de l'escalier.
Il entendait, plus haut dans le couloir, le glougloutement de l'eau dans les tuyaux, signe qu'Arthur était sous la douche.
Ce qui indiquait que Merlin aurait tout le loisir de discuter avec Morgan.
Comme il s'y était attendu, l'enfant bondit sur lui à peine fut-il arrivé en bas. Il savait, bien sûr, que Merlin était réveillé à la seconde même où cela s'était produit, le flux magique de Merlin émettant bien plus distinctement ce que Morgan appelait la longueur d'onde magique et qui lui permettait d'exercer sa télépathie.
– Tu vas bien ? J'étais inquiet !
Parfois, Morgan n'était rien d'autre qu'un petit garçon inquiet et ses grands yeux vert d'eau reflétaient la sincérité de sa question. Mordred et Merlin avaient un historique lourd de sens et un passé compliqué qui les avaient laissés aussi mutilés l'un que l'autre, mais ils nourrissaient réellement l'un pour l'autre des sentiments d'amour fraternel forts et indicibles.
– Je vais bien, lui sourit vaillamment Merlin. J'avais besoin de repos.
Le regard tendre du garçonnet, en accord avec ses six ans, devint soudain bien plus grave.
– Tu peux lui cacher ton état, mais pas à moi.
Il n'était pas difficile de deviner qui était « lui », et Merlin savait en outre que c'était entièrement vrai. La magie de Morgan était trop proche de celle de Merlin pour qu'il ignore à quel point ce dernier souffrait de sa magie malmenée.
– Ça n'a pas d'importance... De toute manière, on ne sait même pas combien de temps il va rester. Tu lui as parlé ?
Merlin avait essayé de prendre un ton dégagé, mais à voir l'air inquiet de son frère, il échoua complètement.
– Non. On est allés se coucher tôt. Mais...
– Mais quoi ?
Morgan secoua la tête en refusant de finir sa phrase.
– Je suis désolé d'avoir rouvert sa mémoire. Enfin non, je ne suis pas désolé de l'avoir fait. C'était nécessaire. Mais je suis désolé que cela t'ait fait souffrir.
Merlin secoua la tête.
– Ce n'était pas ta faute. Tu n'as fait que finir ce que j'avais commencé. J'aurais aimé avoir le courage de le faire.
Morgan lui rendit un sourire triste.
– Merlin...
– Les choses ne seront plus jamais les mêmes. Il sait, désormais.
– Et il est revenu, souligna l'enfant. Il sait pour toi, pour nous, et il est revenu.
Instinctivement, le regard de Merlin se leva en direction du plafond, de la salle de bains à l'étage qu'Arthur occupait.
– Cela n'a plus d'importance, de toute manière, murmura-t-il.
– Tu ne vas pas mourir, Merlin. Je te l'interdis. Tu ne peux pas mourir !
Merlin se pencha, cueillit le petit garçon dans ses bras. Oscillant entre la gravité de sa mémoire et l'innocence de son âge, l'enfant se débattit brièvement avant de se laisser aller au câlin, si rare depuis quelques temps et dont finalement, il manquait cruellement. Hunith était morte depuis bientôt un an, et même si Merlin l'aimait profondément, les deux frères n'avaient jamais été très tactiles. En outre, Merlin avait de plus en plus de mal à porter les presque vingt-deux kilos de Morgan, surtout avec ses forces s'affaiblissant de jour en jour.
Mais ils en avaient besoin, viscéralement, aujourd'hui. De cesser de ressentir seulement leur magie entre eux, et de ressentir le poids d'un corps, la chaleur d'une peau, la douceur d'une caresse, et l'amour indicible et fraternel qui les unissait.
– Ce n'est pas moi qui décide. C'est la Magie qui bat les cartes et les distribue, chuchota Merlin.
Il ne laissa pas à Morgan le temps de répondre.
– Et maintenant, j'ai faim ! Y'a quelque chose de bon pour le petit déjeuner ?
Morgan savait reconnaître un changement de sujet quand il en voyait un, et sauta des bras aimants pour filer dans la cuisine, suivi par son grand frère.
Quand Arthur descendit, rasé de près, habillé de frais et les cheveux encore humides et luisant, il découvrit les deux frères en train de se baffrer de scones à la myrtille.
– Merci ! s'exclama Merlin.
Les scones étaient en effet dus à l'intervention d'Arthur, parti faire un footing tôt ce matin et revenu avec les pâtisseries.
– T'en veux un ? lui demanda Morgan.
Arthur sourit. C'était comme s'il n'était jamais parti.
Vous attendez pas trop non plus à ce qu'ils communiquent, maintenant qu'ils se sont retrouvés, faut pas déconner non plus ;p
Prochain chapitre le Me 8 janvier !
Review, si le coeur vous en dit ? :)
