Chers lecteurs,
On continue dans un suspense insoutenable, comme toujours.
Portez-vous bien,
Al
PS : réponse à Nictocris : enfin de l'action, j'espère que pour toi ça vaut toutes les déclarations du monde.
« Salut Weasley.
- Ouh là, Malefoy, tu t'adresses à moi ? »
Drago cligna des yeux. Weasley paraissait réellement décontenancé. D'où son absence de sarcasme.
« Ben oui, répondit-il, y a pas d'autre Weasley dans la bibliothèque. Vous les rouquins n'êtes pas connus pour le goût de l'étude.
- Malefoy, si c'est pour nous sortir des méchancetés, va voir ailleurs, répliqua Granger, le nez toujours plongé dans un bouquin.
- C'est pas à toi que je parle, Granger.
- Pas de Miss-je-sais-tout ? Pas de la belette ? Pas de balafré ? »
Cette remarque provenait, comme de bien entendu, de Potter. Drago l'ignora et ne tourna même pas le regard vers lui. Il n'était pas venu se battre, il avait autre chose en tête.
Il était venu seul dans l'espoir de calmer les craintes des trois Gryffondor. Il ne venait pas en terrain conquis, il venait en paix.
« Je te propose un contrat, Weasley. »
Il ficha son regard dans les yeux bleus de Weasley en ignorant le hoquet de surprise de Granger. Il devait le reconnaître, Weasley s'était quand même vachement amélioré durant ces sept années. Il était même plutôt pas mal. Drago n'avait jamais regardé Weasley de cette façon, jusqu'à ce que Marcus lui fasse remarquer que la belette avait bien évolué. Oui, Weasley avait de beaux yeux bleus qui auraient pu lui faire tourner la tête quelques jours auparavant. Dorénavant, seuls des iris verts pourraient le faire réagir.
« Quel genre de contrat ? »
Après, il suffisait de voir le regard dégoulinant de niaiserie que cette guimauve de Gryffondor posait sur sa Sang-de-bourbe d'amie pour comprendre qu'il n'était clairement pas intéressé. Weasley aimait les femmes. Mais bon, de toute façon, c'était hors de question d'imaginer quoi que ce soit avec lui : un Serpentard avec un Gryffondor, c'était contre-nature.
Bref. Revenons à nos dragons, se morigéna Drago en sentant qu'il s'était perdu dans ses pensées.
« Quel genre de contrat ?, répéta Weasley, qui avait apparemment remarqué le retour parmi eux de Drago.
- Je te paye pour ta discrétion et tes talents de DJ. »
Weasley plissa des yeux. Drago sentit que la fille Granger avait levé le nez de son bouquin et que Potter et elle le mataient sans retenue, mais il se concentra uniquement sur Weasley.
« Attends, tu es en train de me dire qu'après toutes ces années tu viens vers moi sans m'insulter pour me demander un service ?
- Un service payé, Weasley. Je pense que tu ne cracherais pas sur un peu d'argent de poche. Je ne veux pas t'être redevable de quelque chose. »
Potter siffla :
« C'est encore une de tes manigances pour nous humilier ?
- Pas vraiment, Potter. J'ai un truc à régler avec un mec que je ne connais pas.
- Le patineur ?
- Exactement, Granger. J'ai mis mes meilleurs hommes sur le coup, mais je dois réussir un numéro de fou pour décrocher, comme chaque année, mon titre du Meilleur patineur. J'ai besoin de créer un numéro de fou sur une musique de fou et des figures de fou. Et j'ai besoin de Weasley pour ça, parce que c'est le meilleur dans son domaine. J'ai besoin qu'il me crée un morceau pour que je puisse montrer l'étendue de mon talent. »
Drago avait débité tout ça d'une traite, pour éviter au maximum le sentiment de gêne qui s'installait. Weasley eut un fin sourire :
« Combien ?
- Dix gallions pour un morceau et ta discrétion. »
Weasley parut pensif.
« Tu peux nous laisser cinq minutes ? »
Drago se leva et quitta la table d'étude des trois Gryffondor qui se lancèrent dans un conciliabule effréné. La bibliothèque était calme : comme elle n'était pas bien chauffée, la plupart des élèves étudiaient dans leur salle commune, près d'une cheminée. On n'y trouvait donc que les tarés du genre de Granger ou McMillan, qui avaient besoin de tous les bouquins sous la main. Résultat, on y trouvait forcément Potter et Weasley (et Hannah et Justin, mais ça c'était moins désagréable. Justin offrait une belle vue.)
« Ok Malefoy, tu peux revenir. »
Il se rapprocha d'eux.
« Je te fais pour quinze gallions trois morceaux, tu pourras choisir celui qui te plaît, et je te promets de me taire. »
Vue la fortune des Malefoy, ce n'étaient pas cinq gallions supplémentaires qui allaient le mettre en difficulté. Avoir le choix entre trois morceaux était une occasion à ne pas laisser filer.
« En échange, toi et tes copains nous accordez une trêve pour la semaine à venir : on a beaucoup d'examens, et ce serait cool qu'on ne perde pas de temps à s'envoyer des sorts à la figure.
- C'est une manière comme une autre de réviser les travaux pratiques, argua Drago.
- De plus, je viendrai te voir patiner et travailler pour trouver le meilleur morceau possible. Harry et Hermione viendront avec moi.
- T'as peur ou quoi ? »
Le visage de Weasley se durcit :
« On te connaît trop bien. Je préfère prendre mes précautions.
- Dans ce cas-là, Blaise et Théodore viendront assister à mes répétitions.
- Vendu.
- Vendu. »
Weasley tendit la main. Drago comprit qu'il devait la serrer pour sceller l'accord. Il y répugnait un peu mais il ne pouvait y couper. Ils se serrèrent la main. Puis Granger tendit un parchemin aux deux étudiants, où les termes du contrat apparaissaient clairement en paragraphes précis et concis.
« Vous avez vraiment peur que je vous piège ? »
Ils ne daignèrent pas répondre. Drago relut le document, qui lui parut en règle. Il prit une plume et signa d'un paraphe alambiqué.
« Rendez-vous à vingt heures au lac. Prends ton matériel. »
Et il quitta la bibliothèque d'un pas vif sans avoir jeté un coup d'œil une seule fois à Potter et Miss Je-suis-une-sang-de-bourbe Granger. Il avait Weasley, et c'était tout ce qui importait.
