Chers lecteurs,

Je continue à poster tous les deux jours. Je suis dans la rédaction du 10ème et dernier chapitre. Donc normalement vous aurez la fin très bientôt.
C'est drôle comment une petite fiction semble plaire. C'est tant mieux pour moi et tant mieux pour vous ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'ai toujours grand plaisir à vous lire.

Portez-vous bien,

Al

PS : Réponse à Max132 : vraiment le suspense est insoutenable. drago est plutôt lent à la détente (j'aime un drago comme ça. ça le change des fics où il est super intelligent). bonne lecture, et merci pour ta review !


« Merlin, Drago, il fait abominablement froid ! »

Pansy avait remplacé Théodore au pied levé, puisque ce dernier avait apparemment attrapé un rhume fulgurant (Drago soupçonnait plutôt une flemmingite aiguë) et n'avait pas pu venir au lac ce même soir. Pas que ça déplaise à Pansy : la compagnie de Blaise semblait valoir tous les degrés au monde. Elle se blottit contre son petit-ami et coinça en ronronnant ses bras dans son manteau.

« Tu allumes un feu, mon amphisbène ?

- Avec plaisir, ma couleuvre. »

Blaise leva sa baguette et des flammes chaudes léchèrent le tas de bois qu'il avait préparé. Il sortit de son havresac des friandises et des piques et Pansy et lui préparèrent des brochettes bonbons-chamallow-chocolat en minaudant.

Drago sentit avec effroi la chaleur du feu rayonner.

« Éloigne-toi bien du lac, j'ai pas envie que tu me fasses fondre ma glace. »

Blaise leva les yeux au ciel. Drago jeta un coup d'œil à sa montre. Huit heures moins cinq.

« Qu'est-ce qu'ils fabriquent ?

- Ils ne devraient pas tarder, répondit Blaise. Tu leur as dit vingt heures. Et si on doit bien reconnaître une qualité à Granger, c'est qu'elle est ponctuelle. Elle viendra pas sans les autres. »

En effet, trois silhouettes descendaient la côte vers le lac en se frayant difficilement un passage dans la neige fraîche. Quelques instants plus tard, trois Gryffondor leur faisaient face.

Drago frémit : s'il n'y avait pas eu ce concours de patinage artistique et cette menace sérieuse et cagoulée, il n'aurait jamais fait appel à eux. Mais cas de force majeure : il avait besoin de Weasley. Résultat, il devait se coltiner Potter et Granger.

Il les ignora royalement en s'adressant à Weasley :

« Bon, vous avez vu, y a pas de piège. Rassurés ? »

L'ironie de Drago laissa les trois Gryffondor de marbre. C'est Granger qui dénoua la situation.

« On peut squatter votre feu ? On a des biéraubeurres. »

Pansy acquiesça. Granger s'assit près d'elle, Weasley à ses côtés. Potter resta en retrait, le visage dans l'ombre.

« Il est où ton matos, Weasley ?

- Je ne vais rien faire ce soir, répondit Weasley en lorgnant sur les brochettes de Pansy. J'ai besoin de te voir évoluer sur la glace avant de faire quoi que ce soit.

- Tu m'as déjà vu. »

Les compétitions de patinage étaient vraiment prisées par tout Poudlard. Comme cela faisait des années que Drago y participait, Weasley l'avait forcément déjà vu patiner.

« Je n'ai jamais fait vraiment attention à ta manière de faire. Là, j'ai besoin de t'observer de près. »

Drago souffla bruyamment. À vrai dire, il était ravi. L'ambiance autour du feu était glaciale, ça l'arrangeait grandement d'aller patiner. Il ôta sa veste : il se retrouva vêtu d'un marcel noir dans la fraîcheur nocturne et fit rouler ses muscles pour les chauffer avant de s'élancer sur la glace. Il entendit quelqu'un à sa droite retenir son souffle. Tiens tiens, il faisait de l'effet à Granger ? Il tourna la tête pour lui jeter un regard goguenard.

C'était pas Granger. C'était Potter.

Le balafré avait baissé les yeux, comme honteux. Tout ça mettait Drago mal à l'aise.

Il posa sa baguette dans la neige, pour éclairer le lac comme il avait l'habitude de le faire. Granger ronchonna et immédiatement de grandes boules de lumière bleutée apparurent et flottèrent autour du lac, éclairant beaucoup mieux la piste de glace. Ça lui faisait mal de le reconnaître, mais elle était douée.

Drago étouffa la pincée de jalousie qui l'avait pris en voyant ces boules de lumière et s'élança sur le lac. Il oublia dans l'instant son mécontentement. Il patina, tourna, virevolta, sauta, vrilla, dérapa, ravi des crissements de ses patins affûtés sur la glace. Il jouissait du froid qui lui lacérait la peau et des cristaux de gel qui s'envolaient à chaque coup de patin trop appuyé.

Au bout de longs instants, il revint vers les cinq sorciers qui l'attendaient :

« Alors ?

- Alors tu es plus doué que ce que je pensais, avoua Granger. Tu m'impressionnes.

- Je vais prendre ça pour un compliment, Granger, répondit Drago.

- C'en est un. »

Drago lui adressa un regard surpris. Il n'y avait aucune malice dans les yeux marron cochon de la Gryffondor.

« Tu es rapide et gracieux, nota Weasley. Mais tu peux avoir des moments de calme. J'ai besoin de te voir refaire certaines figures. Tu pourrais refaire ton triple axel ? »

Drago s'exécuta. Il vit du coin de l'œil que Weasley prenait des notes tandis que Granger et Pansy commençaient à échanger quelques mots. Blaise et Potter écoutaient les remarques anodines des filles et se passaient une bouteille de whisky et des cigarettes moldues sans échanger un mot.

Ils restèrent plus de trois heures près du lac.

Et bizarrement, Drago ne les vit pas passer.