Chers lecteurs,
Suite et fin de cette drarry. J'espère que cela vous plaira.
Portez-vous bien, merci pour vos mises en suivi et autre reviews,
Al
Drago tournait en rond. Il avait donné rendez-vous à Potter au lac, à minuit. Il avait bien entendu mis ses amis au courant, même s'il l'avait regretté dans la foulée.
« Quel romantisme ! Tu vas lui faire ta déclaration en patinant !, avait piaillé Pansy.
- Quel romantisme, tu vas te geler les miches pour lui, avait noté Blaise (en oubliant sûrement que Drago adorait le froid, et que ce n'était vraiment pas un problème de le voir à minuit au lac en plein hiver).
- Quel romantisme ? Mais si ce n'est pas lui, tu vas avoir l'air con, non ?, avait remarqué Théodore.
- Quel romantisme ? Ça veut dire quoi ce mot ?, avait demandé Vincent.
- Je crois que c'est en lien avec Rome ou un truc du genre. C'est en Italie, je crois. » avait répondu Gregory.
Drago avait tout ignoré. Il ne savait même pas ce qui lui prenait : il voulait quoi, au juste ? Voir si Potter était intéressé par une relation ? Drago lui-même voulait-il une relation ? Que voulait-il ?
Il y repensait en glissant sur la glace. Il ne voulait pas de relation amoureuse, il avait Mar… Non, il n'avait même plus Marcus. Le temps qu'il passait avant dans le lit de son préfet, il le passait depuis un mois sur la glace, à virevolter sous les commentaires de deux Serpentard et de trois putain de Gryffondor ! Ce qu'il voulait, c'était un endroit calme pour confronter Potter, loin de tout, loin des autres. Et advienne ce qui adviendra ! Marcus lui avait bien fait comprendre que c'était fini entre eux, en s'affichant avec Zacharias Smith, de Serdaigle. Drago n'était pas étonné que Smith soit homo, il était juste étonné que Marcus se rabatte sur Barbie mâle. Smith était comme Drago, la classe en moins. Marcus n'avait donc aucun goût.
« Désolé pour le retard.
- Ah ! »
Drago sursauta sous l'effet de la surprise et tomba maladroitement sur la glace. Potter, au bord du lac, lui lança un regard moqueur. Drago se releva hâtivement.
« T'es là depuis longtemps ?
- Je viens d'arriver. »
Bon, il ne le matait pas depuis trop longtemps, se rassura Drago.
« Tu viens ? »
Le regard de Potter étincela. Drago savait qu'il lui faisait une proposition qu'il ne pouvait pas refuser : patiner ensemble était le rêve de Drago, et il supposait que c'était aussi le rêve de Potter. Ils en rêvaient depuis qu'ils connaissaient leur existence commune sur patins.
Pendant longtemps, ils n'avaient été qu'adversaires, d'abord scolairement, puis au Quidditch. Ils avaient toujours cherché à se confronter l'un à l'autre, à gagner, à vaincre, à provoquer chez l'autre ce regard, ce regain de fierté blessée, cette haine si pratique pour éviter l'indifférence.
Enfin seuls !
Potter ôta son manteau et son pull, laissant apparaître ses bras musculeux et son torse bien dessiné. Un appel à la débauche, pensa Drago. Il vit que Potter avait vu qu'il matait. Drago maintint son regard fixé sur Potter tandis que ce dernier chaussait ses patins et glissait sur la glace jusqu'à lui.
En quelques mouvements, il montrait toute l'étendue de son talent.
Enfin un patineur à sa hauteur.
« Pourquoi tu voulais me voir, Malefoy ? »
Drago fit une moue et commença à tourner sur la glace. Il fallait se lancer. Au point où il en était… Il n'avait plus de plan, il se comportait comme un de ces débiles rouge et or qui foncent tête baissée dans le tas au lieu de réfléchir.
« C'est toi le patineur mystère ?
- Oui. »
Potter se lança derrière lui.
« Je ne savais pas que tu patinais.
- J'ai commencé l'année dernière. »
Drago s'arrêta et fixa les yeux verts, à la fois transparents et obscurs. Potter était sincère, mais si complexe ! Ce mec était un oxymore à lui tout seul.
« Pourquoi ? »
La gorge de Drago était tellement sèche qu'il fut surpris d'avoir réussi à coasser sa question. Ces yeux le déstabilisaient vraiment trop pour son propre bien.
« Parce que je t'ai vu patiner l'année dernière, et remporter le trophée des Quatre patins. Et tu étais bon. Et je savais que pour attirer ton attention autrement que par des insultes, ce serait l'unique truc qui te ferait réagir. Tu étais trop loin de moi, alors que ça fait des années que je veux t'approcher. »
Drago n'avait jamais remarqué que la voix de Potter pouvait atteindre ces basses-là. C'était déroutant. Comment une utilisation particulière de cordes vocales pouvait-elle le mettre dans cet état-là ? Il comprenait à peine ce que Potter lui disait.
« J'ai passé l'été en Sibérie pour apprendre à patiner, avec les meilleurs. J'ai passé les deux pires mois de ma vie, dans le froid, au lieu de bronzer en Patagonie avec Ron et Hermione, pour atteindre ton niveau. Et tu sais comment l'entraînement est dur… »
Drago savait. L'entraînement de patin était un des pires entraînements au monde, surtout pour les non-autochtones. Potter avait souffert le martyre.
« Et puis… Et puis il y a eu la rentrée. J'ai attendu. Et les mois d'hiver. Et le lac gelé. Et j'ai commencé à patiner. Mais je savais qu'il fallait que je me cache pour créer le mystère qui me permettrait de remonter jusqu'à tes oreilles. Je me suis donc masqué. »
Drago était perdu. Potter était sincère, et sa voix, devenait de plus en plus basse, si c'était encore possible.
« Et puis tu as craqué. Tu as eu besoin de Ron. Mais tu ne m'as pas regardé, pas accordé un seul regard. J'ai compris qu'il allait falloir la jouer différemment. On a donc discuté et j'essayais de te faire réagir. Je voulais que tu me remarques. »
Il parlait beaucoup pour un Gryffondor.
« Et puis ça a finalement marché, contre toute attente. Et tu m'as demandé de venir. »
Drago déglutit.
« Et tu es venu.
- Et je suis venu. »
Ils se faisaient face. Drago ne ressentait plus rien de ce qu'il pouvait connaître. Comme si Potter, en livrant sa confession d'une voix atrocement grave et sexy, avait jeté un sortilège puissant l'empêchant de réfléchir.
Il plaisait à Potter. Il lui plaisait depuis au moins une année. Et lui…
« Alors ? Satisfait ? »
Drago n'arrivait plus à réfléchir. Il y avait comme des braises dans son estomac, qui diffusaient une douce chaleur dans tout son corps, quelque chose qu'il n'avait encore jamais ressenti. Pour la première fois de sa vie, il préférait le chaud au froid.
« Tu as fait tout ça pour… moi ? »
Potter opina. C'en fut trop pour Drago : il se rapprocha en glissant vers lui et l'embrassa furieusement. Potter répondit à son baiser et tout ne fut plus qu'échange de lèvres, de bave et de soupirs pendant un petit moment.
Quand il fallut reprendre leur souffle et leurs esprits, ils s'éloignèrent d'un pas.
« Tu me plais depuis la quatrième année, avoua Potter, haletant. Quand Maugrey t'a transformé en furet, j'ai ressenti un soulagement intense quand je t'ai vu reprendre forme humaine. Ça m'a forcé à reconsidérer la question.
- Mais alors… Pourquoi ?, répondit Drago qui n'en menait pas large non plus.
- Tu me détestais. Je te haïssais de me plaire. C'était plutôt compliqué. »
Potter ajouta après un petit silence :
« Sans oublier un mage noir qui voulait ma peau assez régulièrement, au moins une fois par an. »
Drago ricana. En effet, ça avait dû compliquer les choses.
« Tu ne regrettes pas ton entraînement chez les Valkyries ?
- Comment tu sais que je suis allé chez elles ?, s'étonna Potter.
- Ce sont les meilleures. »
Ils ricanèrent de concert, étonnés d'être autant sur la même longueur d'ondes. Puis Potter se rapprocha de nouveau de lui :
« Je ne regrette pour rien au monde. »
Ils échangèrent de nouveau un baiser passionné et irréfléchi qui les occupa quelques minutes (ou quelques heures, mais Drago n'était plus très sûr que sa perception temporelle soit valide).
« Au fait, on fait quoi pour la finale ? »
