Bonsoir à tous !

Je suis vraiment désolé d'avoir pris autant de temps pour écrire ce chapitre. J'avais pas mal de choses à faire dans ma vie personnelle, et un manque de temps évident à consacre à l'écriture.

Je vous laisse sur ce chapitre, qui compte les rencontres entre une génération de sorciers. J'espère que ça vous plaira !

Je tiens à remercier ceux qui review, ça fait toujours vraiment plaisir de voir des gens suivre avec attention l'histoire.

Bonne lecture à tous !

Chapitre 4

Journal de Lily Potter, 1971

C'est la première fois que je suis dans le monde sorcier depuis le chemin de Traverse, et c'est vraiment génial. Le quai 9 ¾ est gigantesque, et le Poudlard Express est si beau !

Severus m'a rappelé hier comment allé sur le quai, au cas où j'avais oublié. Je me rappelais très bien ce que professeur McGonagall avait dis, mais c'était très gentil de sa part.

On partage un compartiment avec une fille qui s'appelle Marlene McKinnon. Ses deux parents sont sorciers, du coup elle connait rien à notre monde. C'est très drôle, elle ne m'a pas cru quand je lui ai dis que des gens avaient marché sur la Lune, il y a deux ans.

On a un peu fait passer le temps en discutant sur les maisons. Marlene avait l'air de penser que Gryffondor était la meilleure. McGonagall et le directeur y sont allés, c'est quand même pas mal comme anciens élèves !

Severus, lui, pense que Serpentard est mieux. Après tout, c'est la maison de l'ambition, c'est logique que parmi les plus grands sorciers et sorcières y soient passé.

Je trouvait ça très drôle de voir Marlene, qui est très exubérante et vivante, répliquer face au calme de Severus des arguments du genre : « Le rouge c'est quand même plus joli ». Je pense qu'elle serait une super amie à avoir, si on atterrit au même endroit.

N'empêche, ça serait vraiment dommage d'être séparé de mon meilleur copain !

1er Septembre 1991, Gare de King's Cross

Le groupe de cinq déambulait dans la gare moldue, en essayant de se faire discret, malgré Hedwige qui trônait dans sa cage, sur les trois valises des enfants. Bouros, de son coté, était installé confortablement dans une sacoche que portait Iris, au dessus de sa boule de chauffe.

Les trois enfants étaient très excités, même si Dora et Harry était plus expressifs que la troisième dans leur joie et sautillaient presque d'impatience. Les parents de leur côté, était tristes de devoir les quitter jusqu'à Noël. Leur foyer n'avait jamais été aussi vivant que durant ce mois, et ils s'étaient attachés aux jumeaux.

Ils était bientôt entre les voies 9 et 10, pour rejoindre la voie cachée 9 ¾. En effet, l'entrée de la voie de départ du Poudlard Express se trouvait de l'autre coté d'un mur, afin de la dissimuler des moldus.

Les parents étaient si fiers, les trois petits avait discuté avec eux la veille de leurs objectifs à Poudlard. Ils les avaient vu devenir si proches en l'espace d'un mois, et c'était donc logiquement que les enfants avaient décrétés qu'ils resteraient les meilleurs amis, même s'il n'étaient pas dans les même maisons. Ils voulaient aussi être aussi bon que possible, et apprendre le plus de magie. L'idée venait sûrement de Harry, qui après avoir lu le journal de potion de sa mère, voulait la rendre fière en faisant autant d'efforts qu'elle.

Nymphadora de son coté voulait en plus trouver plein d'amis dans cette école. De part son éducation et la présence des jumeaux, son père et sa mère étaient certain qu'elle réussirait, et qu'elle ne ferait pas de distinction en fonction de la maison des autres élèves, ou de leur sang. La doctrine « sang-pur » était resté à la demeure des Black quand Androméda l'avait fuie.

Enfin, Iris voulait tout faire pour devenir connue selon ses termes, et non pas pour un drame et un coup de chance. Elle voulait que leur trio se surpasse, accomplisse de grandes et belles choses.

La mère n'avait pu s'empêcher de laisser tomber quelques larmes en entendant leur propos, et en faisant faces à leurs regards déterminés. C'était trois magnifiques personnes qui se dressaient devant elle, et elle leur souhaitait du fond de son cœur qu'ils réussissent tout les trois.

Arrivés devant la colonne de la plate forme 9 ¾ , Ted fait un clin d'œil au enfant et franchit le mur en premier, arrachant un cri de surprise à sa fille. Cette dernière, après un cours instant, pousse à toute vitesse son chariot en rigolant, suivie de près par les deux autres. Androméda clôture le petit groupe.

De l'autre côté, c'est le brouhaha.

Ils étaient arrivé relativement tôt pour éviter le gros de la foule, mais il y avait quand même une grande activité sur le quai. Les familles faisaient leurs adieux aux enfants tout autour d'eux. Les gens se bousculaient presque pour rentrer dans le train, pour avoir leur place, leur propre compartiment.

Le trio était ébahi devant tout ce monde, et la vie du quai. Cela n'arrangeait pas du tout leur excitation,et leur envie d'embarquer vers ce nouveau monde. Ils seraient probablement déjà partis en courant à la rencontre d'autres enfants de leur âge si les parents n'étaient pas présents avec eux.

Ils sont vite obligés de se pousser de l'entrée du quai lorsqu'une autre famille franchit le mur. Ils leur font un peu de place pour les laisser passer. Le père donne quelques conseils de dernières minutes à sa fille :

« N'oublie pas de nous donner de tes nouvelles au moins une fois par semaine ! Sinon, on va trouver ce château, même s'il faut retourner toute l'Écosse, et tu seras bien obligé de nous parler quand on sera là !

-Papa ! S'exclame la fille, outrée. Bien évidemment que je vous enverrai au moins une lettre par semaine. De toute façon, ta menace ne marche pas, Poudlard est caché des moldus, et tu ne pourrais probablement pas la trouver sans un sorcier avec toi, c'était écrit dans le livre que la professeure m'a donné. »

-A ce moment là, j'en kidnapperais un juste pour le coup, renchéris l'adulte. Rien n'est trop pour mon petit bébé !

-Arrête Dan, l'interrompt la mère en lui mettant la main sur le bras, tu vois bien que tu fais honte à ta fille. Tu sais bien qu'on te fait confiance, dit-elle en se retournant vers sa fille, mais ça fait quand même mal de devoir te laisser partir pendant aussi longtemps. Tu vas nous manquer Hermione ! »

La petite fille avait une énorme touffe de cheveux bruns bouclés qui tombait juste en dessous de ses épaules. Son visage, rouge de honte aux propos de son père, était en train de redevenir blanc tandis qu'elle faisait un grand câlin à sa mère.

Le groupe Tonks-Potter avait assisté à cet échange en essayant tant bien que mal de ne pas écouter. L'émotion qui en transparaissait était évidente, et était contagieuse.

Pour combler le blanc qui s'installait, Harry pose une question à sa sœur :

« C'est vrai que le château est invisible pour les moldus ?

-Riri, comment peux-tu aller de l'autre côté de la Grande-Bretagne, dans un endroit où tu n'as jamais mis les pieds sans essayer d'en apprendre dessus ? C'était dans L'Histoire de Poudlard , franchement !

-Quoi, ce pavé ? Comment t'as fais pour le lire en entier ?!

-Arrête de pleurnicher, il était même pas si grand ! Et quand j'utiliserais un passage secret pour arriver à l'heure en cours et que je ne le partagerais pas avec Dora et toi, faudra pas te plaindre !

-Hey, s'insurge faussement la métamorphomage, tu nous laisserais pas tomber comme ça quand même ?

-On verra bien, tout dépend de ce que vous ferez pour moi, répond la fille aux yeux bleus, un sourire malicieux aux lèvres. Il n'y a pas de raisons que je lise pour trois.

-Mais tu sais bien que c'est faux, rétorque Nymphadora, rentrant dans son jeu. Harry a lu tout ce qu'on a sur les potions, et je sais plus de chose que vous sur la métamorphose !

Iris fait mine de réfléchir un instant.

-Bon ça va alors, je vais vous garder. » Ces mots font éclater de rire Andy et Ted, oubliés dans la conversation. A côté d'eux, la famille inconnue esquisse des sourires aussi, même si les enfants ne s'en rendent pas compte. Il faut dire que les enfants sont assez bruyants, et leur moquerie ont rapidement attiré l'attention. Harry et Dora échangent un regard entendu : Iris paiera plus tard pour cette blague.

Androméda prend la parole :

« Vous allez nous manquer les enfants, tous les trois. Je sais que ça ne fait pas longtemps qu'on vous connaît, Harry, Iris, mais vous faites partis de la famille maintenant. Ça veut dire pas de bêtises à l'école. Si je reçois une lettre de McGonagall qui dit le contraire, ça va barder ! »

Les enfants, émus en entendant qu'ils faisaient partie de la famille, acquiescent silencieusement. Il prennent la femme dans leurs bras, et Ted vient se joindre à eux. Il ajoute :

« Faites de votre mieux, et envoyez nous des lettres. Avec Hedwige, vous n'avez aucune excuse ! Je suis sûre qu'elle sera contente de pouvoir voler. » A ces mots, l'oiseau hulule depuis sa cage, gonflant le torse.

-Ne vous inquiétez pas, leur répond leur fille, grâce aux journaux de James et Lily Potter, on sait tout ce qu'il faut faire et ne pas faire à Poudlard !

-Merlin, jure le père, vu la réputation que James avait, j'espère qu'il ne vous servira pas de modèle ! Prenez Lily plutôt !

-Nymphadora, ne fais pas de frayeur à ton père comme ça !

-Maman, arrête de m'appeler comme ça ! Tu sais bien que je n'aime pas mon prénom.

-Tu es la seule ici, c'est du quatre contre un, lui déclare Harry. On le trouve super cool, nous. »

Les piaillements de la famille continuent ainsi pendant quelques minutes, chacun taquinant les autres. Ils savaient tous qu'ils allaient bientôt se quitter, et essayaient de retarder l'échéance, jusqu'à ce que Harry prenne le couple d'adulte dans ses bras.

-Vous allez nous manquer ! Vivement Noël !

-Vous aussi, lui répond Ted. Prends soin de ta sœur et ta cousine pour nous.

-Prenez chacun soin des autres, le corrige Androméda, en voyant Iris ouvrir sa bouche pour riposter. Allez, trouvez une cabine avant qu'elles ne soient toutes prises ! »

Les enfants font leurs adieux et se dirigent vers l'entrée du train, valises à la main et Harry portant la cage d' Hedwige sous le bras. Ils ne se rendent pas tout de suite compte qu'une quatrième personne les suit de près, jusqu'à ce qu'elle prenne la parole :

« Excusez-moi, est-ce que je peux prendre un compartiment avec vous ? Je m'appelle Hermione Granger. »

Le trio se retourne pour lui répondre et constate que c'est la petite fille qui était arrivée sur le quai juste après eux.

« Bien sûr, pas de soucis, répond joyeusement la fille au cheveux violets. Moi c'est Dora, et eux c'est Harry et Iris.

-Génial ! Désolé, je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter, mais vous avez vraiment lu L'Histoire de Poudlard ? C'était vraiment intéressant, n'est-ce pas ? J'ai lu tout les bouquins de la liste, mais j'ai encore plein de questions. J'espère que les professeurs pourront répondre. Et que la bibliothèque de l'école est aussi grande que ce qui est dit dans les livres. La professeure qui est venue me présenter la magie avait l'air stricte, mais savait vraiment de quoi elle parlait. J'ai hâte d'avoir cours avec elle ! Elle enseigne la métamorphose apparemment, Madame McGonagall...

-Stop, stop ! L'interrompt Harry, décontenancé par le flot de paroles qui sortait de la bouche de la fille. On a tout le voyage pour discuter ! Essayons de trouver un compartiment, d'abord.

-Désolé, répond Hermione, clairement gênée. C'est juste que suis tellement excitée par tout ça !

-Nous aussi, la rassure Iris, amusée. Ça nous dérange pas du tout, mais Riri a raison, on pourra parler plus confortablement après.

-Oh Sainte Morgana, s'exclame Dora, elles sont deux maintenant ! On a plus aucune chance Harry, on va devoir vivre dans la bibliothèque avec elles ! »

La métamorphomage plonge sur les sièges d'un wagon pour esquiver sa cousine qui lui saute dessus.

Pendant ce temps sur le quai de la gare, deux couples de parents essuient leurs larmes. Le père d'Hermione parle à sa femme :

« J'espère que tout se passera bien pour notre petite chérie. Je déteste de devoir la laisser partir comme ça, aussi jeune !

-Je sais Dan, elle va me manquer aussi. Tu as vu, elle est rentrée avec ces trois enfants. Ils avaient l'air gentils avec elle. J'espère qu'elle va se trouver plus d'amis qu'à l'école primaire, elle le mérite.

Peut-être devrions nous parler avec leurs parents. Au moins on connaîtra d'autres gens qui ont des enfants à Poudlard.

-Ça m'a l'air d'être une très bonne idée, chaton. Allons les voir. »

Le couple Granger se rapproche des Tonks, qui s'apprêtaient à sortir.

« Excusez-moi, les interpelle le père, je me présente, Dan Granger, et voici ma femme Charlotte. Notre fille est rentrée dans le train en même temps que vos enfants, et nous nous sommes dits qu'il serait bon de connaître d'autres parents d'élèves.

-Enchanté, je suis Ted et ma charmante épouse est Androméda. Nous sommes les parents de Nymphadora, la fille qui avait les cheveux violets. Les deux autres, Harry et Iris, sont de la famille.

-Quel jolis noms, Nymphadora et Androméda, s'extasie Charlotte. Pardonnez mon indiscrétion, mais est-ce que c'est commun chez les sorciers d'avoir des cheveux colorés comme ça à un si jeune âge ? »

La remarque fait éclater de rire Ted.

« Non, notre fille est un peu spéciale, de ce point de vue là, lui explique Andy. Elle a un don qui lui permet de changer d'apparence. Je suppose que vous êtes tout les deux moldus, n'est ce pas ?

-Oui, nous tenons un cabinet dentaire dans Londres. On n 'y croyait vraiment pas, quand cette dame est venue nous parler de Poudlard, mais cela expliquait finalement pas mal d'incidents autour d'Hermione. Nous sommes très fière d'elle, elle est brillante. Cependant, elle a toujours eu un peu de mal à connecter avec les autres enfants de son âge. Et quand en plus de cela des événements incroyables lui arrivent … Enfin, vous savez comme peuvent être les enfants.

-Que trop bien, je suis moi même médicomage, médecin, reprend la mère de Dora, et j'ai déjà pu voir de près ce que peut faire la méchanceté des plus petits. Mais ne vous inquiétez pas, Dora, Iris et Harry sont les enfants les plus gentils que je connaissent, et ils ont un cœur d'or. Ils ont décrétés avant de partir qu'ils essaieraient d'en apprendre le plus quand ils seront à l'école, donc ils vont sûrement bien s'entendre avec votre fille.

-Nous sommes ravis de l'entendre, déclare Dan, et un peu soulagés aussi, je dois vous l'avouez. Je suis un peu plus serein de la laisser partir en sachant qu'elle ne sera pas seule. » Il regarde sa montre pour vérifier l'heure. « Nous devons malheureusement partir, mais serait-il possible de se retrouver un soir, autour d'un repas ? Nous aimerions beaucoup en apprendre plus sur vous et ce monde. »

Le couple sorcier échange un regard et acquiesce. Pour être honnête, ils étaient aussi très contents de nouer des liens avec les parents d'une potentielle amie des enfants. Depuis qu' Androméda s'est faite bannir de sa famille, ils n'avaient plus trop de liens sociaux, hormis des collègues de travail.

Les deux couples échangent des politesses, puis se disent en revoir, une promesse d'une futur rencontre énoncée. Avant de partir du quai, l'ex-Black aperçoit du coin de l'œil un visage qui l'interpelle.

Derrière un masque impassible, un maquillage impeccable et des cheveux blonds pâles, sa sœur, à laquelle elle n'a pas adressé la parole depuis près de deux décennies.

Elle fixe Narcissa du regard, observant sa démarche noble et gracieuse pendant qu'elle fend la foule avec son fils et son mari. Leurs manières en disent long : ils ne sont pas à leur place avec le petit peuple, au milieu d'une gars moldue ! Ce mépris est la seule émotion qui transparaît, d'ailleurs.

Comme si elle s'était senti épiée, la femme Malefoy se retourne, et croise le regard d'Andy. Elle prend un instant à la reconnaître, puis, pendant quelques fractions de secondes, le masque se brise, laissant place à de la nostalgie, du regret ?

Puis à nouveau des yeux froids, et la blonde reprend sa marche.

Un bref moment qui a un si fort impact sur la mère de Dora, qui lui rappelle ce qu'elle a perdu quand elle a fui avec Ted.

Elle quitte le quai avant que les larmes ne se mettent à couler.

Le Poudlard Express, cinq minutes après son départ

Les quatre enfants étaient en pleine discussion dans leur compartiment.

« Donc vous êtes Iris et Harry Potter, conclut Hermione. On parle beaucoup de vous dans les livres d'histoire vous savez.

-Oui, mais c'est complètement stupide, rétorque le garçon. On a rien fait du tout, et les gens nous prennent pour des héros ! Tu aurais du voir le Chaudron Baveur, la première fois qu'on y est allé. C'en était ridicule !

-Changeons de sujet, propose Dora. Tu sais dans quelle famille tu veux aller, Hermione ?

-Oh oui, j'ai lu sur le sujet. Je pense que Serdaigle serait bien pour moi, mais Gryffondor à l'air bien aussi. Vous saviez que Dumbledore était un Gryffondor ? »

Avant qu'elle puisse continuer sa tirade, la porte du compartiment s'ouvre sur un garçon au cheveux roux, le visage couvert de tâches de rousseurs. Il avait encore sa valise à la main.

«Bonjour, est-ce que je peux me mettre ici avec vous ? Tout les wagons sont remplis ou occupés par des élèves plus vieux.

-Bien sûr, il nous reste de la place, accepte la métamorphomage.

-Super ! » Il range sa valise sous les banquettes et s'installe à côté d'Harry. « Moi, c'est Ron Weasley, et vous ? »

Les quatre autres enfants se présentent tour à tour.

« Woah, vous êtes les jumeaux Potter, s'extasie le nouveau venu. Est-ce que vous avez les cicatrices, comme dans les livres ? » Au regards consterné que s'échangent les autres occupants de la pièce, il comprend son erreur « Merlin, je suis désolé, je voulais pas dire ça. Juste, vous êtes des célébrités ! Il y a des tonnes de livres sur vous, et ce qui s'est passé, cette nuit !

-Comment est-ce possible, questionne Iris, froidement.

-Quoi ? Je comprend pas la question.

-Comment peut-il y avoir des livres sur nous, sachant que l'on ne savait même pas que la magie existait avant il y a quelques semaines. J'ai moi même lu les livres sur ce qui c'est passé, le soir où nos parents se sont faits ASSASSINES ! Personne n'est venu nous poser des questions, donc comment savent-ils ce qui s'est passé ?

-Je... je, bredouille le roux, penaud. J'en sais rien, moi ! C'est pas de ma faute !

-Excuse Iris, fait Dora, qui essaie de calmer la situation. Tu peux comprendre que c'est un sujet qui lui tient à cœur. Et honnêtement, quand tu choisis de suivre ce qui se dit sans réfléchir, c'est de ta faute. »

Ron se tait, très clairement déboussolé par la remontrance dont il vient d'écoper, par des enfants de son âge, en plus ! Il pouvait voir sur le visage des deux jumeaux qu'il n'avait pas fait une très bonne première impression. Il essaie de se racheter tant bien que mal.

« Je... je suis désolé. Je pense que l'on oublie facilement que ce jour ne veut pas dire la même chose pour vous que pour le reste de la population sorcière. Mes parents en parlent pas beaucoup, mais c'était vraiment la guerre, cette période. Les gens disparaissaient sans laisser de traces, tout le monde était terrorisé. A vrai dire, je pense qu'ils avaient perdu espoir, pour une bonne partie. Du coup, quand par miracle Vous-Savez-Qui est mort, cet Halloween, les gens ont oubliés à quel prix. »

L'explication calme un peu les enfants, qui tentent de se mettre à la place des sorciers. Il est difficile pour eux de s'imaginer à quel point la situation était horrible, les parents Tonks ne leur avaient pas du tout parlé de cette période non plus. Harry décide pour eux et donne le bénéfice du doute au garçon.

« On accepte tes excuses, mais si on pouvait éviter de parler de ça, ça serait mieux. On était en train de demander à Hermione dans quelle maison elle voulait aller.

-Moi ça sera certainement Gryffondor, c'est la meilleure maison, déclare le rouquin, comme si c'était une vérité absolue.

-Comment ça, s'étonne la petite fille à la chevelure touffue, je croyais qu'il n'y avait pas de maison meilleure que les autres.

-C'est pas vrai Hermione, répond Iris, toutes les maisons se valent.

-Les plus grands sorciers viennent de Gryffondor, s'exclame Ron. Dumbledore y est allé, comme toute ma famille !

-Et une bonne partie de la notre est allé à Serpentard, rétorque la fille au yeux bleus.

-Quoi, les serpents ? C'était la maison de Vous-Savez-Qui, et de tout les mages noirs... Ce sont les pires !

-Hey, ma mère était une Serpentard, s'insurge Dora.

-Et Androméda est l'une des personnes les plus gentils que l'on ait rencontré, ajoute Harry. Nos parents à nous étaient aussi chez Gryffondor, mais la personne qui les a trahi y était aussi, donc je pense pas que tous les mages noirs viennent de la même maison. De toute façon, elle aurait été supprimé si c'était le cas, non ? »

Ron croise les bras en signe d'agacement. De toute évidence, il ne gagnerait pas ce débat.

Après quelques minutes de silence, il décide d'amorcer un nouveau sujet de conversation :

« Vous avez une équipe de quidditch préférée dans la ligue ? »

A ces mots, les yeux de Dora et Harry s'illuminent. Durant le mois que les jumeaux ont passé avec les Tonks, la petite métamorphomage avait converti le garçon au sport sorcier, et il était devenu fan de balai volant durant les quelques leçons de Ted et Andy sur le sujet.

De son côté, Iris ricane en voyant la réaction de son frère et sa cousine. Elle s'empresse d'expliquer le sport à Hermione. La petite fille est rassurée en voyant que la née-moldue n'a pas l'air de partager l'engouement des autres pour le sport. Au moins il lui restera une personne saine d'esprit pendant les matchs de la coupe.

« Les meilleurs c'est les Harpies, s'exclame la fille au cheveux violets. Cette année elles vont gagner le championnat, c'est sûr ! »

-Hermione, ça te dit de faire un tour dehors, lui demande Iris. Je n'ai pas envie de les entendre se battre pour du quidditch.

-Allons-y, on peut essayer de trouver d'autres première-années ! »

Les deux filles sortent du compartiment, ces autres occupants ne s'en rendant même pas compte au milieu de leur débat houleux.

« Ouf, soupire la Potter. Je ne me voyais pas les supporter plus longtemps !

-Tu as déjà fait du balai, toi ?

-Oui, oncle Ted nous a appris à en faire pendant les vacances. C'est pas si compliqué, tu verras. C'est juste que je trouve pas ça aussi passionnant qu'eux. Tu aurais vu Harry, il était comme un fou ! Surtout depuis qu'il a appris que notre père était dans l'équipe de Gryffondor quand il était à l'école.

-Oh. Tu penses que... ça sera dur, Poudlard ? Je veux dire, j'ai jamais vraiment fais de magie, ça se trouve je serais en retard sur les autres ! J'espère que non, j'ai pas envie d'attirer l'attention comme ça.

-T'inquiète pas Hermione. Harry et moi, on a découvert la magie il n'y a même pas un mois, on sera dans le même bateau que toi. Et puis, on s'entraidera. C'est fait pour ça les amis, non ? »

La fille regarde son interlocutrice, qui arbore un sourire au lèvre. Iris ne s'en rend pas compte, mais ses mots on beaucoup plus d'impact qu'elle ne le croit.

Les deux passent devant une dame qui vend des friandises. Elles en prennent quelques une, notamment une choco-grenouille qui, à leur grande surprise a quasiment sauté de la main d'Iris avant que la née-moldue ne l'attrape par réflexe.

Elles continuent aussi de discuter de leurs vies respectives. L'orpheline au yeux bleues reste très discrète et ne mentionne que très peu de son enfance passée avec les Dursley, tandis qu' Hermione est bien plus bavarde, et bientôt la Potter sait tout de l'autre. Son goût prononcé pour la lecture. La fierté qu'elle éprouve en pensant à ses parents, qui sont ses modèles de persévérance dans les études. Et surtout la joie quand elle appris qu'il y avait d'autres enfants qui, comme elle, on cassé des trucs sans faire exprès autour d'eux, où qui transformait la bibliothèque municipale en véritable labyrinthe.

La joie de ne pas être la seule, et l'excitation à l'idée de rentrer dans ce monde nouveau, où peut-être elle trouvera enfin sa place. Elle ne l'avait pas dit en autant de mot, mais Iris l'a compris dans ses yeux, dans son comportement. Et secrètement, elle ressentait la même chose.

Un petit garçon un peu rond leur demande timidement si elle ont vu passer un crapaud. Il était bien habillé, mais sa posture laissait dévoiler qu'il n'avait aucune confiance en soi.

« Non, répond Hermione avec enthousiasme, mais on peut t'aider à le chercher. Pas vrai Iris ?

-Euh, oui, bien sûr, déclare la fille qui était encore en train d'étudier leur interlocuteur. Je suis Iris Potter, comment t'appelles tu ?

-Neville Londubat, dit-il, en se redressant un peu sous le regard inquisiteur de l'orpheline. Je ne veux pas vous embêter avec ça, mais Trévor est dans la famille depuis des années.

-Ne t'inquiètes pas Neville, on va le retrouver. Tu as pensé à demander à des préfets ou des élèves plus grands ? Il doit bien exister un sort pour le retrouver.

-Les seuls auxquels j'ai demandé se sont moqué de moi, déclare t-il, embarassé.

-Oh. T'as pas du parler aux bons alors. Viens on va essayer de trouver des préfets. Normalement ils ont une insigne sur la robe. »

Le groupe de trois part donc vers l'avant du train. Leurs recherches sont fructueuses, puisque même pas deux minutes plus tard, ils trouvent un préfet arborant les couleurs de Serdaigle, qui utilise le sortilège d'Attraction pour récupérer le crapaud.

Neville remercie l'élève de sixième année. Pendant qu'il explique à Hermione que Trévor est vieux pour un crapaud, mais que ceux-ci ont des propriétés magiques très intéressantes, les yeux pâles d'Iris dérivent vers les occupants d'un compartiment juste à côté d'eux. Au centre, en train de discuter d'autres enfants de leur âge, se tient Drago Malefoy.

Sa figure lui rappelle les écrits de Sirius Black, et le lien familial entre la mère du blond et Androméda. Elle aimerait ne pas couper les ponts avant même de les avoir érigé, et du coup elle prend rapidement la décision d'aller lui parler.

« Hey, Je viens de voir quelqu'un à qui j'ai envie de parler. Hermione, tu peux raccompagner Neville à notre compartiment ?

-T'es sûre que tu veux pas qu'on vienne avec toi ?

-Je pense pas que ça soit une bonne idée Hermione. Neville, je ne sais pas si tu le connais, mais je vais aller parler avec Drago Malefoy. Tu vois où je veux en venir ?

-Totalement. Mais je sais pas si j'ai envie de te laisser seule avec lui. » La remarque était surprenante vu le comportement du garçon jusque là, mais Iris ne peut s'empêcher de sourire en entendant l'inquiétude de Neville.

« Il me fera rien. Après tout c'est lui qui m'a invité la dernière fois qu'on s'est vu. »

Ces mots semblent calmer leur nouveau compagnon, même s'il n'est pas totalement rassuré. Cependant Iris voit leur regard blessé de la fille au cheveux bouclés.

« Hermione, t'as l'air d'être une fille géniale, vraiment. Mais il y a des choses que tu ne sais pas encore sur le monde sorcier, et je sais pas comment certains réagiraient en ta présence. S'il te plaît, Neville, est-ce que tu pourrais lui expliquer ? Sinon Harry pourra le faire aussi, il sait de quoi je parle.

-D'accord, je te fais confiance sur ce coup là. On se voit plus tard ?

-Je vais essayer. Le voyage va sûrement encore durer longtemps, donc j'aurais le temps de revenir avec vous plus tard ! »

Une fois Neville et Hermione partis, Iris reste un instant dans le couloir à questionner son choix. Est-ce vraiment une bonne idée de fréquenter des enfants de criminels ? Des gens racistes, arrogants, et prêts à la juger selon le sang de ses parents. Des gens qui ont suivi leur meurtrier.

Et en même temps, une petite voix dans sa tête lui rappelle que les enfants ne sont pas des copies conformes de leurs parents. Que Drago est de la famille, dans un sens. Elle repense aussi à l'éclat de tristesse qui traverse le regard d'Andy quand elle parle de ses sœurs. Elle repense à sa propre joie quand elle a découvert les Tonks. Et elle se réconforte mentalement. S'il y a ne serait-ce qu'un brin d'espoir de trouver la même chose chez Drago, il faut qu'elle essaie.

Elle toque à la porte du compartiment et l'ouvre calmement. Le silence se fait rapidement à l'intérieur et tout les occupants la dévisage, se demandant ce qu'une inconnue venait faire ici, les déranger.

La première chose que constate Iris est qu'elle ne peut pas lire aussi facilement les visages de ces enfants que ceux d'Hermione, Dora où Neville. Ils ne portent pas leur cœur sur la peau, et leur trait sont impassibles pour la plupart. Elle respire un coup et prend la parole :

« Bonjour, je suis Iris Potter. Je suis venu voir Drago. Nous nous étions croisés au Chemin de Traverse. »

Ces mots sont reçus avec un mélange d'émotion. La surprise de certains, bientôt remplacée par de l'appréhension, de la colère, presque. Le jugement des autres qui voient une opportunité se présenter.

« Bonjour Iris, je suis content que tu es pue nous trouver. Ton frère n'es pas avec toi, demande le sang-pur.

-Non, nous avons un compartiment, et il est resté avec d'autres élèves de première année. Nous en avons rencontré quelques uns, et on voulait pas être malpoli et les quitter tout les deux en même temps. »

Ce n'était pas la vérité, mais la petite fille pensait que c'était une bonne idée de brosser son interlocuteur dans le sens du poil.

« Bien sûr, il n'y a pas de soucis évidemment. Je te présente mes amis : Gregory Crabbe, Vincent Goyle, Theodore Nott et Pansy Parkison.

-Enchanté de tous vous rencontrer. Vous vous connaissez depuis longtemps ?

-Nos parents se connaissaient depuis l'école, pour la plupart, explique impassiblement le prénommé Theodore. On est ami depuis notre naissance, pratiquement.

-En parlant de ça, personne ne sait où vous avez grandi, ton frère et toi, déclare Pansy, un peu abruptement. »

Iris fixe du regard l'autre fille. Pansy est un peu plus grande qu'elle, avec des yeux noisettes et une des cheveux noirs coupés au carré. Elle croise les bras en attendant une réponse à sa question informulée.

-Jusqu'à récemment, nous étions chez la sœur de notre mère. Mais nous avons changer de famille d'accueil juste après avoir reçu nos lettres.

-Quoi, chez des moldus, s'insurge Vincent. Ce n'était pas trop horrible ? » Sa consternation est partagé par le reste du compartiment, mais pas aussi visible.

-Ce... n'était pas les meilleurs années de nos vies, j'espère. Mais ce n'était pas parce que nous étions chez des moldus, mais plutôt parce que nous étions chez ceux-là, spécifiquement. Je ne suis pas venu parler de ça, à vrai dire. » A ces mots, elle jette un regard à Drago, comme pour lui demander si cela le gênait qu'ils parlent devant ses amis

-On peut parler ici, personne ne dira rien.

-Notre grand-mère, Dorea, était une Black avant de se marier. Tout comme ta mère. Du coup je pense que c'est une bonne idée qu'on apprenne au moins à se connaître. En plus, on vit chez ta tante maintenant.

-Quoi, vous êtes chez chez Bellatrix Lestrange, s'exclame Gregory Goyle.

-Soit pas stupide, Goyle, elle parle de l'autre, la traître à son sang, le recale le blond.

-Ne l'appelle pas comme ça, rétorque Iris sèchement. Andy est une personne formidable et aucun de vous ne resterait debout bien longtemps devant elle si vous l'insultiez en face !

-Pfft, elle nous ferait rien, nos parents ont trop d'influence, réplique Théo, en ricanant.

-Et pourtant quand elle était à l'école, tout le monde avait peur d'elle et de ses sœurs. A tout hasard, ton père était pas à Poudlard en même temps qu'elle ? »

-Attends, comment tu sais ça, l'interrompt Drago. Ma mère ne me parle jamais de sa famille ou de quand elle était à l'école.

-Disons qu'Harry et moi avons accès à un certain nombres d'informations sur cette période. De source sûre.

-Je vois. Je suis d'accord avec l'idée d'être amis, au moins pour l'instant. Mais de toute évidence on sera en désaccord sur plein de points, donc on fait comment ?

-Je peux rester polie tant que vous l'êtes aussi, et n'insultez pas mes amis gratuitement. Sinon, je promet rien, et encore moins pour mon frère. »

Le sang-pur fait mine de réfléchir quelques instants, et puis tend la main, avec un sourire, moins arrogant que celui qu'il arborait jusqu'à présent :

« Je pense que nous avons un accord ! »

Iris n'est pas restée beaucoup plus longtemps avec Drago. Elle sentait bien que les autres enfants étaient un peu froids avec elle. Au moins, elle avait fait le premier pas.

Elle revient tranquillement rejoindre son frère et ses amis. Elle rentre pour voir sa cousine se tordre de rire en écoutant une histoire de Ron. Les autres habitants du compartiments sont aussi hilares.

« Vous auriez du voir la tête de Percy, quand il a compris que c'était une lunette de toilette qu'il avait autour du cou ! Fred et George se sont dépassés ce jour là !

-Hey, l'interpelle Dora, t'étais allée faire quoi ?

-J'étais allé voir ton cousin, Drago Malefoy. » A ces mots Ron bondit presque de son siège.

-Quoi, mais son père est un mangemort, tu devrais pas traîner avec lui !

-Oui, son père, répète la métamorphomage en insistant sur le dernier mot. Mais c'est surtout un Black, tout comme la grand-mère d'Harry et Iris, et donc par extension comme eux. Et comme ma mère ! T'aimerais qu'on te juge pour ce que ton père ou ta mère a fait, ou tes frères et sœurs ? Il était comment du coup, Drago ?

-Définitivement arrogant, et il tient pas ta mère en très haute estime. Mais on a au moins conclu de rester cordial l'un envers l'autre.

-Cool, j'espère qu'on pourra lui parler un peu.

-Apparemment, on en sait plus sur les Black que lui.

-Vraiment, s'étonne Harry. Pourtant sa mère était vraiment proche de Bellatrix et Andy, d'après ce que tu me disais.

-Ma mère m'aurait sûrement jamais rien dit non plus, si on avait pas accès au journaux. »

Iris va s'asseoir à côté d'Hermione, et ouvre une choco-grenouille qu'elle a acheté plus tôt.

«J'espère que tu m'en veux pas de t'avoir demandé de partir. » La petite orpheline avait senti une connexion avec l'autre fille, et ne voulait surtout pas l'avoir blessé.

-Non non, je comprend maintenant. C'est juste … bizarre de savoir que des gens vont me détester juste parce que je suis née de certaine personnes et pas d'autres.

Dans le ton, la rousse entend une question : « Est-ce que tu y crois, toi ? »

-Honnêtement, je trouve que c'est vraiment stupide. Mais … on a pas beaucoup de famille encore en vie. Du coup le peu qui reste, j'aimerais au moins essayer de les connaître. Tu comprends ? »

La brunette acquiesce avec un sourire.

« De toute façon, renchérit Harry, notre mère était aussi une née-moldue, et McGonagall nous a dit qu'elle était brillante !T'as pas de souci à te faire Hermione, pas avec nous. »

Dora, puis Ron et Neville s'empresse de la rassurer. Et c'est dans la joie et la bonne humeur que se poursuit le reste du voyage.

« Les première-années, par ici ! »

Le groupe de six venait de sortir du train, et se dirigeait maintenant vers un homme gigantesque. Il arborait une chevelure et une barbe touffue. Ses habits laissaient transparaître sa vie d'extérieure, tant par leur propreté que par les marques de griffures et les entailles.

Il interpellait les élèves de première année et leur faisait signe de le suivre. Lorsqu'il croise du regard Iris et Harry, il leur adresse un grand sourire :

« Dit-donc, vous avez tellement grandis ! J'ai l'impression de revoir Lily et James !

-Vous étiez un ami de nos parents, s'exclame le garçon, comment vous les connaissiez ?

-J' était déjà garde-chasse quand ils étaient à Poudlard ! Je m'appelle Hagrid. C'est moi qui vous ait

retrouvé après... vous savez. Je suis désolé de ce qui est arrivé à vos parents. Enfin, n'hésitez pas à passer me dire bonjour durant l'année ! »

Le groupe de nouveaux arrivés est maintenant devant plein de petites barques, sur le bord du lac.

Par groupe de quatre, ils s'installent. Ron, Hermione, Neville et Dora, qui étaient un peu devant pendant que les jumeaux parlaient avec Hagrid, prennent un bateau pour eux. Les Potter, pendant ce temps, montent dans une barque avec deux filles. L'une d'elle étaient à peu près de la taille d'Iris et portait ses cheveux de couleur jais en une tresse sophistiqué, qui laissait découvert son visage. Ses traits, animés lors de sa discussion avec son amie se sont vite refermés en présence d'inconnus.

L'autre à l'inverse avait l'air très abordable et ses yeux transpirait la malice. Elle portait elle aussi une queue de cheval, mais plus simple et naturelle.

Une fois que les bateaux commencent à bouger, sans aucune aide particulière, et que les jumeaux calme leurs étonnement, Harry se présente pour arrêter le silence gênant qui s'était installé. Il n'arrive à obtenir que leurs noms, Daphné Greengrass et Tracey Davis, avant que la vue du château les surplombant coupe le souffle à tout le monde.

Poudlard était tout simplement majestueux, et démesurément grand. Les pointes des tours se noyaient dans l'obscurité de la nuit tombée, et la lumière au travers des fenêtres rejoignait les étoiles dans le ciel.

Ce spectacle ne laissait personne indifférent, et tout les enfants étaient bouche-bée. L'idée d'habiter en ces lieux pendant les trois-quart de l'année, pendant sept ans leur était pour l'instant extraordinaire.

Une dizaine de minutes plus tard, les bateaux accostait au pied du château, et les enfants montaient les escaliers menant à la Grande Salle. Le groupe de six s'était réunifié, et ses membres partageaient leurs réactions devant les bizarreries du monde sorcier. C'était tout d'abord les jumeaux et Hermione qui se sont extasiés devant les peintures vivantes, les Tonks n'en possédant pas chez eux. Puis, lorsque des fantômes se sont mit à fendre métaphoriquement la foule, c'est tous ensemble qu'ils ont poussé des cris de surprises, repris par leur camarades. Quand ils ont compris qu'ils ne se faisaient pas vraiment attaquer par des chevaliers brandissant l'épée à la main, il ne restait plus que la fascination dans leur yeux.

Une fois le cortège arrivé devant les portes de la Grande Salle, professeure McGonagall les accueille.

« Bonjour à tous et à toutes, et bienvenus à Poudlard. Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez savoir, en effet, que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Vous y suivrez les mêmes cours, vous y dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune d'elles a formé au cours des ans des sorciers et des sorcières de premier plan. Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à coeur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. Veuillez me suivre, s'il vous plaît. »

Les portes s'ouvrent devant eux, et laisse voir une immense pièce, avec quatre tables installée parallèlement. Les élèves plus âgés sont déjà installés, par maison, comme laisse le deviner les cravates de différentes couleurs. La professeure de métamorphose les fait traverser la salle, jusqu'à une petite estrade où est installé une unique chaise. Non loin de là, la table des professeurs domine la pièce.

Chez les enfants, la tension monte. Le choix de la maison où ils passeront leur scolarité et l'un des premiers tournants de leur vie. On voit l'angoisse se dessiner sur le visage de certains. Harry se tend un peu, et les doigts de sa sœur se crispe dans des poings.

McGonagall va récupérer un vieux chapeau tout émacié et le dépose sur la chaise. A la surprise de tout les première-année, il se met à chanter. En vieil anglais, une chanson retraçant l'histoire des quatre fondateurs, de leurs maisons, de leur valeurs.

A la fin, la salle applaudit, puis rapidement un silence s'installe, quand la femme au regard sérieux se dirige vers le centre de la scène :

«Un après l'autre, je vais appelez vos noms. Lorsque c'est votre tour, veuillez vous diriger vers le Choixpeau et moi. Hannah Abbot ! »

Iris ne regarde même pas la fille s'asseoir, ni même être répartie à Poufsouffle. L'orpheline n'est toujours pas plus avancée sur sa maison. Bien sûr, ses parents étaient à Gryffondor, mais voulait-elle vraiment aller dans une maison juste pour faire comme ses parents ? Peut-être Serdaigle serait bien pour elle, après tout elle était très studieuse et avait soif d'apprendre. Après, Poufsouffle serait bien aussi, elle rencontrerait des gens de valeurs là-bas, honnête, des vrais amis peut-être. Et Serpentard … L'ambition, elle n'en manque pas, et elle est aussi rusée.

« Hermione Granger ! »

Harry fait signe à la née-moldue que tout va bien se passer. Le stress se lit sur son visage, qui rougit sous le coup de l'attention. Timidement, elle s'assoit, et la professeure pose le Choixpeau sur sa tête.

Quelques dizaines de secondes plus tard, le Choixpeau s'exclame :

« Gryffondor ! »

La petite fille a l'air soulagée. Elle jette un regard vers les autres, qui ne sont pas encore répartis, leur adresse un petit sourire puis se presse vers la table rouge et or.

Quelques minutes plus tard, c'est au tour de Neville d'être envoyé à Gryffondor. La surprise était visible sur son visage, comme s'il ne s'attendait pas du tout à se retrouver là.

« Draco Malefoy ! »

Il se déplace vers le choixpeau avec son arrogance caractéristique. Ce dernier n'est même pas posé sur sa tête qu'il s'exclame « Serpentard ! ». Un sourire satisfait se glisse sur son visage, et il se dirige vers sa table, où il rejoint des amis Crabbe et Goyle.

De leur côté, les jumeaux n'écoutent plus qu'à moitié. Leur tour est bientôt proche, et ils sont concentrés sur l'estrade, anxieux d'entendre ce qui leur est réservé.

Ils ne partagent pas la certitude de certains de leurs camarades sur leurs destinations. Tout le monde appartient un peu aux quatre maisons, non ? Et pourtant, c'était quelques chose de si important, dans l'imaginaire sorcier. Un passage qui va guider ta scolarité, et peut-être même plus encore ! Un événement déterminant, presque sacralisé !

« Harry Potter ! »

Le silence s'abat sur la Grande Salle. Tout les yeux se rivent vers le groupe de première-années. Iris lâche un petit sourire à son frère, pour l'encourager.

Le garçon sort du groupe et se dirige vers l'estrade. Quelques murmures se font entendre, pendant qu'il s'assoie, et que McGonagall pose l'artefact magique sur sa tête.

« Hmm, une tête très intéressante ! Que faire, que faire... »

La voix qui s'élève fait presque sursauter le garçon. Il n'avait pourtant pas entendu le choixpeau parler avec les autre élèves.

« Ah ne t'inquiète pas, garçon. Les autres ne peuvent pas entendre ce que nous nous disons. Si tu veux me dire quelque chose, il suffit de le penser ! Alors, où pourrais tu aller … Tu es curieux, et parfois studieux, mais peut-être pas assez pour Serdaigle. Poufsouffle ? Tu ne manques pas de loyauté envers les personnes qui te sont chères mais... Non probablement pas. Serpentard serait une bonne maison, Gryffondor aussi. Tu es fier de ta famille, de tes parents, tu as envie de trouver ta place. Mais tu ne manques pas de courage non plus ! Alors, aurais-tu une préférence ?

-Je veux rendre mes parents fiers, où qu'ils soient ! Je ne les ait pas connus mais je ne veux faire honneur à leur sacrifice, c'est pour ça que je suis là !

-Je vois, je vois. A ce moment là, ce sera Gryffondor ! » Le dernier mot est crié et résonne dans la salle.

Harry se lève sous un tonnerre d'applaudissement, notamment de la table en rouge. Il aperçoit Hermione et Neville qui lui font de grands signes, l'invitant à les rejoindre. Avant cela il adresse un clin d'œil à sa sœur et lui souhaite bonne chance silencieusement.

« Iris Potter ! »

La rouquine prend la place de son frère sur la chaise. Elle joue avec ses doigts sous le coup du stress.

« Oh, des jumeaux ! Intéressant. Un lien très fort, indestructible, forgé par une enfance cruelle. Vais-je te placer avec ton frère ? Là est la question. Vous êtes pareils sur certains points, mais motivés par des ambitions différentes. Tu es définitivement la plus studieuses de vous deux, donc Serdaigle serait plus logique pour toi. Mais Serpentard et Gryffondor sont de sérieux concurrents. Tu es ouverte, tolérante, comme Godric il y a longtemps. Mais tu n'es pas du genre à foncer tête baissée, sans un semblant de plan. D'ailleurs, tu n'aimes pas trop perdre le contrôle, comme maintenant, n'est-ce pas ?

-Non, et j'ai l'impression que comme Harry vous êtes du genre à aimer jouer avec ça !

-Pardonne-moi, je n'ai guère l'occasion de m'amuser ! Mais passons. As-tu une envie particulière ?

-J'aimerais être avec mon frère, mais si ce n'est pas la meilleure maison pour moi, ce n'est pas grave.

-Hmm. Je vois des projets forts, une envie de se démarquer, de sortir de l'image préconçue que le monde a de toi. Tu auras besoin d'autres personnes que des Gryffondor pour atteindre tes objectifs. Combinées avec tes qualités, et peut-être même celle de ton frère, peut-être pourrez-vous commencer le changement ici. Serpentard ! »

Le silence complet dans la salle, personne ne parle. Tout le monde à l'air sous le choc. La fille qui a survécue, à Serpentard, le choixpeau s'est sûrement trompé. Son frère est chez Gryffondor, mince !

Harry se lève de son banc et se met à applaudir, tout seul. Les élèves assis à côté de lui le regarde avec des yeux ronds, comme s'il avait perdu la tête. Mais cela ne l'empêche d'offrir un large sourire à sa sœur.

Bientôt, il est rejoint dans ses applaudissement par la table en vert, et notamment par un Drago Malefoy qui s'est rapidement remis de sa surprise. Le reste de la salle reste effaré.

« Génial, pense Harry. J'ose même pas imaginer comment ils vont réagir quand ils vont découvrir Bouros ! »