Bonsoir à tous !
Ça fait longtemps !
Désolé pour ce rythme de parution plus qu'erratique. Je suis en plein stage, ce qui veut dire pas de temps en journée pour écrire… Mais je vais essayer de m'améliorer sur ma fréquence d'écriture, c'est promis !
Sans plus attendre, voici le chapitre 6 de mon histoire, beaucoup centré autour de notre blond favori, que l'on aime détester : Drago !
J'essaie d'en faire un développement un peu crédible, on verra bien ce que ça donnera par la suite.
Bonne lecture !
Chapitre 6
Redorer le blason de la famille tordue des Black, par le superbe Sirius, souvenir de première année.
Ce qui est bien, quand on passe sa nuit à arpenter les couloirs pour mettre au point des pièges pour Serpentard, c'est qu'on finit par tomber sur des conversations passionnantes. La dernière fois, j'ai même failli me faire prendre pendant que j'écoutais Flitwick raconter son duel lors de la demi-finale des championnats du monde, contre Harald Jorgunir, le fameux sorcier suédois, qui avait gagné l'année d'avant en faisant tomber la foudre sur l'estrade.
Par contre, aujourd'hui, c'était beaucoup moins amusant. Je m'aventurais près de l'infirmerie, quand j'ai vu mon oncle, ma tante et une médicomage, autour d'un lit.
Pour faire simple, Bellatrix est malade, elle a été frappée par la folie héréditaire des Black. On le sait depuis des années, elle est parfois victime de crises de colères terribles et incontrôlables. Tant que rien ne la provoque, elle est assez stable, par chance.
Mais ça, c'est plus le cas. Apparemment, son état s'est empiré. Elle a du mal à penser correctement, et son esprit perd prise sur la réalité.
Je peux même pas imaginer comment c'est, pour elle. Au fond, elle pense bien faire, peut-être même qu'elle n'a pas conscience de mal agir. Mais la vérité est toute autre : elle est de plus en plus violente, voir dangereuse pour les autres.
Aujourd'hui, c'est la première fois que ça faisait vraiment mal, de ne pas être en Serpentard avec mes cousines. D'avoir perdu quasiment tous les liens que j'avais avec la famille. Je ne suis pas là, alors qu'elle a besoin de tout le soutien du monde. Il faut que je fasse tout mon possible pour l'aider, elle, Cissy et Andy. Je ne peux pas la laisser comme ça.
Le point flou de la conversation de mes parents avec la médicomage, c'est la cause de l'aggravement de son état. Apparemment, Cygnus avait essayé un remède avec l'aide de quelqu'un d'autre. Une forme de rituel, qui est sensé contenir la maladie, auquel il l'avait soumis à la fin de l'été.
Bien sûr, il n'est pas rentré dans le détail au beau milieu de l'infirmerie, c'était un rituel très noir ! Par chance pour moi, le nom du sort a été mentionné dans la conversation, à l'intention de Druella, qui a écarquillé les yeux d'effrois en l'entendant. Et ça, ça me fait vraiment peur, par ce que ma tante n'est pas frileuse vis-à-vis de ce genre de magie.
Il ne me reste plus qu'à trouver des livres sur le « Prehensios Anima ». Quelque chose me dit que ça ne court pas les rues.
Iris fixait Pansy Parkinson, pétrifiée. Prise la main dans le sac ! Elle qui voulait garder son secret plus longtemps, voilà qu'elle se faisait griller dès la deuxième nuit, et par une des personnes qui lui était le plus hostile jusque-là !
Les deux se toisent sans dire un mot, se jaugent. Rapidement, Iris constate quelque chose. Certes, elle aimerait que son don reste inconnu du grand public, mais ce n'est pas si grave s'il est dévoilé. Par contre, Pansy …
« Alors, Parkinson, comme ça on reste jusqu'à bien après le couvre-feu à traîner dans les couloirs ? Ça serait dommage que Rogue l'apprenne, ou le directeur.
-Ne joues pas à ça Potter, ce que je faisais dehors ne te regarde pas. Et tu as un serpent entre les mains ! Peut-être que Rogue avait raison et tu penses que les règles ne s'appliquent pas à toi !
-J'ai l'autorisation de McGonagall d'avoir Bouros. Toi, d'un autre côté... Je pense que je vais aller en discuter avec des professeurs, voir ce qu'ils en pensent.
En disant cela, l'orpheline se lève et se dirige vers la porte.
-Ok ok, arrête, l'implore Pansy. Tu peux dire à personne que tu m'as vu, c'est vraiment important !
-Écoute, Pansy, tu as été terrible avec moi depuis le début, et maintenant t'es au courant d'un de mes secrets, donc à moins que tu me donnes une bonne raison, je ne vois aucune raison de me taire.
« Argh, t'es vraiment insupportable ! C'est une affaire de famille, ça ne te regarde pas !
-De famille, en dehors de Serpentard, à cette heure ? Attends, ça veut dire que t'as de la famille dans l'une des autres maisons ?
-... un demi-frère, à Serdaigle, en quatrième année. Voilà, maintenant, tu sais tout, t'es contente ? Tu vas te taire ? »
C'est peut-être le visage vulnérable qu'affichait la sang-pure qui amadoue Iris et la pousse à se calmer.
« Tant que tu gardes mon secret, je ne dirais rien.
-Merci, je suppose. Qu'est-ce que tu fais beaucoup à cette heure-ci, de toute façon ? Attends, j'avais pas remarqué ce tableau, hier ! Il a toujours été là ? »
La fille aux cheveux roux ne sait pas quoi dire. Soudain, la voix de Tarek s'élève du tableau :
« Dis-lui ce que tu faisais vraiment ici, petite. Tu ne devrais pas avoir honte de ton don, surtout pas ici, dans cette maison.
-Quel don, Potter ? Tu caches quelque chose ? Est-ce que ça un lien avec ton... Sainte Morgana, t'es … !
-Je suis fourchelangue, soupire Iris.
-Toi ? Merlin... Mais... mais... Comment ?
-Iris, fait Bouros, les prochaines fois, essaie d'être moins directe quand tu l'annonces, celle-là n'arrive même plus à parler.
-Je l'aurais fait autrement si on ne m'avait pas forcé la main !
-T'es vraiment une fourchelangue ! Toi ! J'y crois pas ! » Subitement, elle se met à ricaner. « J'imagine déjà la tête de Drago quand il l'apprendra !
-Drago n'en saura rien ! Il est hors de question de crier ça sur tous les toits !
-T'es folle ? Tu serais respectée par beaucoup en Serpentard, si tu dévoilais ton don.
-Justement, s'exaspère Iris, j'en ai marre d'être respecté pour des trucs sur lesquels je n'ai pas d'influence ! »
Son interlocutrice ouvre la bouche, comme pour protester, puis se ravise.
« Okay, d'accord, je ne dirais rien. Tant que tu fais la même chose pour moi, on est bon là-dessus ? »
La Potter acquiesce de la tête, en reprenant Bouros dans ses bras. Un silence s'installe entre les deux, jusqu'à ce que Pansy se décide à s'en aller, sans un mot.
Le lendemain, devant la Grande Salle,
Après avoir mangé, le groupe d'amis, composé d'Harry, Hermione, Neville, Dora et Iris se sépare pour aller à leurs classes respectives.
Le trio de Gryffondor s'en va vers les serres, pour son cours de botanique quand il croise le chemin d'un autre trio, celui-ci Serpentard :
« Ah, l'autre Potter ! Comme si une seule n'était pas déjà trop, pique Drago.
-Malefoy, grince l'intéressé. Je croyais que tu voulais que l'on soit amis, il y a même pas quelques jours. Je vois que tu changes de veste rapidement. »
Le blond lui décoche un regard assassin, puis continue son chemin avec Crabbe et Goyle, en n'oubliant pas de les bousculer au passage.
« Pouah, quel idiot, s'énerve le garçon au cheveux noirs.
-Ça sert à rien de le prendre au sérieux, déclare sagement Neville. Tant qu'il jette son vitriol comme ça, on ferait mieux de l'ignorer, sinon on va avoir des ennuis, à répliquer.
-Je sais, mais c'est si agaçant de le voir se pavaner comme ça ! Surtout après ce qu'il a dit à Iris et Dora !
-Laisse tomber, Harry, reprend Hermione. C'est un petit prince pourri-gâté. On a pas besoin de lui accorder de l'attention.
Plus tard, dans la journée
« Attends, tu peux répéter ? Qui a découvert que t'étais fourchelangue ?
-Arrête, Ryry, c'est pas drôle !
-Tu étais en train de parler au portrait d'un type dont tu sais quasiment rien, au milieu de la nuit, tu te fais griller par l'une des personnes les plus désagréables avec toi, et vous faites un pacte pour chacune garder le secret de l'autre ? Si, c'est quand même marrant ! »
Les jumeaux étaient assis au fond de la classe de charmes, en attendant l'arrivée de leur professeur.
« Tu es insupportable, tu sais ça, s'agace la fille.
Elle ne reçoit qu'un sourire espiègle de la part de son frère.
-Bon, maintenant que Pansy connaît ton secret, est-ce que tu vas le dévoiler à tout le monde ?
-Je ne sais pas. En plus, quand ils vont découvrir que je sais parler au serpent, ils vont vite comprendre que toi aussi, vu qu'on est jumeaux !
-Je m'en fiche, t'inquiète pas pour moi. Je pense que tu devrais pas tarder à le dire à tous, au moins dans ta maison. Sinon, ils vont croire que tu as quelque chose à cacher. En plus, je suis sûr que Bouros sera content de ne pas avoir à se cacher. »
Harry observe sa sœur et son combat intérieur, visible au travers son visage déformé par la réflexion.
Sa sœur n'était pas du genre à aimer attirer l'attention. Elle devait déjà redouter la réaction du reste de l'école. De son côté, il savait qu'ils pouvaient l'encaisser. Ils l'avaient toujours fait, à l'école. Les rumeurs détestables qu'avaient propagées les Dursley, ils les avaient surmontés ensemble, et il en serait de même pour celle-ci. D'autant plus que pour une fois, il y avait une part de vérité.
Tout serait plus simple si les gens ne jugeaient pas sans savoir, ou même comprendre.
« Riri, on devrait le dire aux autres. Au moins Hermione et Neville, ils ne vont pas sur-réagir. Et pour les autres, s'ils s'écartent de toi, de nous, tant pis ! Au moins on aura fait le tri avec les idiots !
-T'as sûrement raison, avoue-t-elle. On peut attendre ce soir, tu penses ?
-Bien sûr. On leur parlera après le repas. Allez, arrêtons de parler de ça. T'as vu, on a un cours de balai, cet après-midi ! »
Par chance, Iris n'a pas à supporter l'excitation de son frère sur le sujet, M. Flitwick arrivant à ce moment-là dans la salle.
Au fond de la salle d'Histoire de la Magie, Dora et Iris sont en train de de réfléchir à la situation, se demandant comment régler le problème du fourchelangue :
« Harry t'as dit qu'il n'avait pas de problème à le crier sur les toits, tant que ça t'allait. Du coup, qu'est-ce que tu vas faire ?
-Argh ! Mais j'en sais rien, c'est si frustrant. » La rouquine s'emporte. « Pourquoi tout ne peut pas être simple, et que tout le monde s'en fiche de ce truc ?
-Personnellement, je pense que tu devrais faire ça rapidement, sans te poser de question. En plus, à tous les coups, les Serpentard n'en auront rien à faire, ou mieux encore, t'apprécierons plus pour ça !
-Mais c'est pire encore ! Je ne veux pas que tous les enfants racistes de l'école me suivent parce que je ressemble à leur idole, qui est accessoirement le type qui a tué mes parents !
-Ou alors tu attends que Drago ou quelqu'un d'autre te dise que tu n'as rien à faire dans notre maison, et tu sors ton serpent de ta manche. Effet garanti ! »
Les deux filles se retourne vers la troisième voix, Pansy, qui les regardait avec une once de sourire au coin des lèvres. Sans même leur demander, elle s'assoit à côté de la métamorphomage.
« T'es la cousine de Drago, c'est ça ? Nymphadora, si je ne m'abuse ?
-Dora, juste Dora ! Jamais le nom complet !
-Quel dommage, tu pourrais être acceptée si facilement par certains sang-pur si tu arborais plus fièrement ton nom de noble. Ta mère a bien choisi.
-Je ne veux pas être accepté par cette clique de raciste, merci bien, réplique la fille aux cheveux violets, un air dégouté sur le visage.
-Compréhensible, mais c'est pas comme ça que tu vas renouer avec ta famille. Drago avait l'air assez remonté après votre rencontre.
-Alors c'est plus un idiot que ce que je pensais, intervient Iris. Il a lancé les premières insultes, alors qu'il avait promis de ne pas le faire. »
Une ombre d'expression traverse le visage de la nouvelle arrivée.
« Drago est… un enfant gâté. Il n'est pas habitué à ne pas avoir ce qu'il veut. Il a été éduqué par le même genre de personne que moi, à penser les mêmes choses. Mais contrairement à moi, il n'a eu personne pour contrebalancer les idioties qu'on voulait lui faire avaler. Laissez-lui du temps, il n'est pas stupide et finira par se rendre compte de ce qu'il risque de perdre. »
Les deux autres filles ne savent pas quoi répondre à cela, et choisissent plutôt de se taire, en attendant le début du cours.
Quelques minutes après le début du long monologue de M. Binns, un fantôme apathique, une note atterrit sur le bureau d'Iris :
« Qu'est-ce que tu fais à côté de Pansy ? Elle t'a menacée ? »
Elle se retourne vers l'envoyeuse, Tracey, qui lui assène un regard rempli de questions. A sa droite, Daphné suit le cours distraitement mais elle jette de temps en temps un œil curieux vers elle.
La fille Potter prend sa plume pour répondre, et renvoie la feuille :
« Vous aurez les détails plus tard, mais elle pas aussi mal que ce qu'on pensait ! »
Les élèves de première année de Serpentard et Gryffondor étaient debout, au milieu de la pelouse parfaitement taillée du terrain de quidditch. La professeur, madame Bibine, était en train de terminer son discours sur les règles de sécurité, mené sur un ton autoritaire.
Du coin de l'œil, Harry observait le comportement des autres élèves, et comment ils appréhendaient l'idée de voler, d'être dans les airs, sur un fin balai, sans aucunes protections. Bien sûr, lui comme les autres ayant déjà volé n'accordait que peu d'attention aux paroles de l'adulte, confiant dans ses capacité. Il pouvait d'ailleurs entrevoir Drago et d'autres élèves de Serpentard échanger des plaisanteries et des anecdotes. D'un autre côté, Hermione était au bord de la panique, devant la seule matière qu'elle ne pouvait pas vraiment maitriser. Le garçon lui met une main sur l'épaule et lui adresse un sourire réconfortant, pour essayer de la calmer. Ça fait son effet, jusqu'à ce que Ron se vante un peu fort de ses acrobaties.
« Bon, maintenant, chacun se met à côté d'un balai. Tout le monde est près ? Pour le récupérer, vous mettez vos mains au-dessus, et vous criez fort : Debout ! »
Tous les enfants suivent la consigne dans une cacophonie indéchiffrable, avec plus ou moins de succès. Harry attrape son balai d'une main assurée, contrairement à sa sœur, qui doit s'y reprendre une deuxième fois. Hermione, quant à elle, répète l'ordre plusieurs fois, sans réussite, pour finalement prendre son balai à la main.
« Bien, maintenant que vous avez attrapé votre balai, vous l'enfourchez calmement et VOUS ATTENDEZ que je vienne vérifier votre prise. Je veux voir tous les pieds au sol, c'est bien compris ? »
C'est à peu près à la fin de la phrase qu'un cri de panique s'élève à quelques élèves de l'orphelin. Neville, qui a perdu le contrôle de son balai, s'envole dans les airs. Il prend rapidement quelques mètres d'altitudes et accélère, sans que les ordres que la professeure lui jette, ou les hurlements du reste des élèves ne puissent l'aider. Il termine sa course droit dans un mur, avant de tomber par terre.
La foule se précipite pour avoir de ses nouvelles. Par chance, la chute était plus spectaculaire qu'autre chose, et madame Bibine déclare une simple entorse, ce qui rassure les autres sur son cas. Elle déclare d'une voix sans appel :
« Je vais amener monsieur Londubat à l'infirmerie. Pendant ce temps, personne ne monte sur son balai. Le premier qui ne respecte pas cette règle fera ses valises dès ce soir, et sera exclu de l'école, c'est bien compris ? »
A peine est-elle partie que Hermione se rue vers Harry :
« Tu as vu ? Je pense que c'est la dernière fois que je touche à un balai, c'est trop dangereux !
-C'est dangereux quand tu ne sais pas en faire, c'est sûr. Mais il y'a plein de sport moldus qui sont dangereux, et les gens continuent d'en faire.
-ça n'a rien à voir, rien ou tu te bats à plusieurs dizaines de mètres dans les airs ! Tu peux pas comp… Ne me dis pas que tu à l'intention de participer à tout ça !
-J'en ai déjà fait, Hermione, il la rassure, avec les parents de Dora. C'est l'une des meilleures sensations, de voler, d'être libre de tes mouvements, c'est vraiment si excitant ! »
Devant le regard de passion de son ami, elle comprend qu'elle ne le convaincra pas du contraire, et s'avoue vaincue.
« Au moins, j'ai au moins un an pour me préparer mentalement à te voir faire l'idiot dans les airs, vu que tu ne peux pas rejoindre l'équipe de Gryffondor en première année. »
Ce à quoi Harry répond avec un sourire, un vrai sourire comme il en accorde rarement à qui que ce soit hormis sa sœur.
« Ah, j'en attendais pas plus d'un cracmol dans son genre ! Je sais même pas comment un bon à rien comme lui s'est retrouvé à Poudlard ! »
La voix moqueuse de Drago s'élève au milieu de la foule.
« Laisse le tranquille Malefoy, il ne t'a rien fait, une fille de Gryffondor défend le blessé, Parvati, d'après les souvenirs d'Harry.
-Et il ne pourrait rien me faire de toute façon. Mais Patil, je ne me doutais pas que tu étais une défenseuse des traitres à leur sang. C'est bon à savoir. »
Le garçon au cheveux noirs, qui a du mal à se contenir en entendant les piques du sang-pur, se rend compte que ces propos sont loin de faire l'unanimité, même en Serpentard. Les deux amies de sa sœur, Tracey et Daphné, regarde le blond avec un regard peu expressif, mais on pouvait lire la colère dans leurs yeux. Quelques autres avaient le même regard impassible, et finalement peu partageaient sont hilarité.
Harry jette un coup d'œil à sa sœur, sachant pertinemment ce qu'il va lire sur son visage. Elle a du mal à contenir la haine qu'elle a pour ses propos, si cruels, et son visage vire rapidement au pourpre.
« Hey, regardez ce qu'il a perdu ! Un rapeltout ! C'est vraiment bien le seul à utiliser un truc aussi ringard, déclame le Serpentard, en prenant la petite boule dans sa main.
-Rend ça tout de suite, s'exclame Ron, c'est pas à toi !
-T'inquiète pas, Weasley, je le vais le mettre à un endroit où il ne manquera pas de le trouver. Sur un toit, par exemple. »
A ces mots, le sang de l'orphelin ne fait qu'un tour, et il s'apprête à enfourcher son balai pendant que le blond se dirige lui aussi vers le sien. Cette réaction ne passe pas inaperçu aux yeux de sa sœur, qui, toute colère oubliée, veut surtout empêcher son frère de s'attirer des ennuis inutiles.
Pendant que Drago traverse le groupe de Serpentard, elle lui fait un croche-pied discret, et le garçon s'étale par terre, en lâchant l'objet précieux.
Cela provoque l'hilarité du groupe en rouge et or, moment pendant lequel Iris récupère le rapeltout et le donne à son frère.
Là où les Gryffondor étaient trop loin pour voir la cause de la chute de Drago, les Serpentard étaient pour certains pas dupes et avaient parfaitement compris le manège de la rouquine. Le principal intéressé, notamment, lui adressait un regard mauvais qui ne présageait rien de bon.
Harry, soulagé par ce dénouement, adresse un clin d'œil complice à sa sœur, un remerciement silencieux pratiqué depuis des années.
Une simple action qui fait un bien fou à la fille, et lui réchauffe le cœur.
Le journal de James Potter, 1971, début Décembre.
Aujourd'hui, j'ai appris à mes dépends que tous les Serpentard n'étaient pas mauvais, et même que certains étaient plutôt cools (pas autant que des Gryffondor pour autant).
J'étais en détention avec Slughorn, pour l'histoire des potions qui changeaient de couleurs de ce lundi. Certes, on avait peut-être pas pensé que ça pouvait être un peu dangereux, mais c'était marrant, quand même !
Bref, je débarque dans la salle, et je sors une feuille pour commencer à faire l'inventaire des ingrédients (sans magie, malheureusement). Au moins, c'est pas très salissant, mais qu'est-ce que c'est ennuyant ! Par chance, je partageais la tâche avec une autre élève, qui était aussi en retenue : la cousine de Sirius, Narcissa !
J'admets volontier que j'avais un apriori assez négatif sur elle, vu comment Sirius parle de sa famille en général.
Au final, elle était plutôt drôle, elle lâchait des piques sur Gryffondor, et se moquait de nos talents de farceurs. Je me laissais pas faire, loin de là ! Je rendais chaque vannes par deux au moins aussi drôle.
Toujours est-il que la retenue passait plutôt vite, mais que j'étais loin d'avoir fini ma partie, ce qui voulait dire que j'étais bon pour une deuxième soirée de comptage. Heureusement, Narcissa me propose de m'aider avec ma partie, moyennant un service qu'elle peut me réclamer plus tard. Désespéré comme j'étais, j'accepte !
J'aurais dû me douter que c'était une erreur, surtout qu'elle avait mentionné plus tôt qu'elle avait reçu une moins bonne note sur sa potion, à cause de notre blague.
A la fin des deux heures, je suis tout fier de pouvoir montrer une liste complète à Slughorn. Et soudain, pendant qu'il regarde la feuille, j'aperçois par-dessus son épaule deux étagères qui réapparaissent comme par magie. Deux. Etagères. Complètes. Et cette maudite sorcière qui me fait un clin d'œil par la porte.
Je me suis fait avoir. Par une Serpentard. Et en plus je lui ai promis une faveur. Et j'ai une autre retenu demain.
C'est quand même fort, de pouvoir faire disparaître des armoires complètes à treize ans. J'ai l'impression que Sirius nous a sous-vendu les qualités de sorcier de sa famille. Faut que je lui pose plus de question sur ses cousines.
Iris rentre dans sa salle commune, près des cachots, en compagnie de Daphné et Tracey. Leur dernier cour s'était déroulé sans encombre, et elles avaient mangé ensemble par la suite.
A peine a-t-elle le temps de rentrer que des mains l'agrippent par les épaules et la poussent violemment contre un mur.
« Alors, c'est ça ta version de la solidarité Serpentard ? M'embarrasser devant les lions ? »
Le visage rouge, teint par la colère de Drago était qu'à quelques centimètres du sien.
« Furio Chiro ! » Un jet de lumière frappe le blond dans à l'arrière de la tête et un tourbillon de chauve-souris se met à lui attaquer le visage. Tracey va au chevet de l'orpheline, paniquée et choquée par le comportement du sang-pur. Pendant ce temps, Daphné range tranquillement sa baguette et s'adresse calmement mais avec conviction au garçon.
« Plus jamais tu fais ça, Drago, à elle ou à qui que ce soit.
-Toi, Greengrass ? Une sang-pure qui favorise une traîtresse comme elle ?
-Tu te comportais comme un idiot, tout à l'heure. Comme un gamin pourri gâté qui ne se rend même pas compte que personne ne le trouve drôle, ou intéressant.
-Fais attention à ce que tu dis, mon père a beaucoup d'influence au ministère, et pourrait créer des ennuis au tien, s'il le décidait. »
La bataille de regard noirs entre les deux fait rage, pendant qu'un petit attroupement se crée autour de l'altercation. Pendant ce temps, Iris recouvre ses esprits et prend la parole.
« C'est toi le traitre à Serpentard, Drago. »
-Ah, vas-y, starlette de pacotille, éclaire-nous donc sur comment, moi et pas toi, suis un défaut à notre maison.
« Tu t'en prends gratuitement à des élèves qui t'ont rien fait. Tu déclames tes propos racistes à haute voix. Tu donnes une mauvaise image de Serpentard, tu antagonises les trois-quarts de l'école, et qui en paie le prix ? Nous tous ! Tous ceux ici qui croit que c'est une bonne idée de se mettre à dos les trois autres maisons, sous prétexte qu'il ne croit pas la même chose qu'eux sont des idiots ! Cela veut dire que vous fermez trois quarts des portes qui s'offrait à vous, d'office ! Je vois mal quelque chose de moins Serpentard que ça ! »
Quelques hochements de têtes approbateurs accueillent cette remarque, mais Drago n'a pas dit son dernier mot.
« Ce Londubat l'a bien mérité, il fait honte à nous autres sang-purs avec sa maladresse.
-Au-delà du fait que c'est complétement stupide comme réflexion, tu pensais faire quoi en volant son rapeltout ? Tu as volé quelque chose devant une trentaine de témoin, et tu t'apprêtais à monter sur ton balai alors que l'on nous avait dit explicitement de pas le faire ! Tu devrais me remercier ! Si Bibine était revenu à ce moment-là, non seulement tu aurais fait perdre plein de points à notre maison, mais en plus tu serais exclu ! Tu te rends compte de l'image que tu donnes de Serpentard ?
-Et alors ? Je fais ce que je veux, je n'ai pas d'ordre à recevoir de ta personne, toi, qui vient de débarquer dans notre monde et qui croit déjà tout mieux savoir que nous, qui y avons vécu toute notre vie ! Tu as aucune légitimité ! Pas dans la maison des nobles et des sang-pur, alors que tu passes tes journées avec des sang-de-bourbes et des traitres à leur sang !
-Tu peux être fier de tes racines sans être un enfoiré raciste, s'emporte Iris. Mais non, tu préfères te comporter comme un idiot ! Et provoquer les gens sans rien savoir d'eux, foncer tête baissée dans un terrain inconnu, tu sais ce que comment j'appelle ça ? Un Gryffondor, un Gryffondor stupide qui plus est !
-Tu m'insultes, là, devant tout ce public, s'insurge son opposant, en sortant sa baguette. On va voir si la petite Miss Potter sait se battre à la baguette, ou est juste plein de belles paroles ! Furunculus ! »
Iris esquive de justesse le sort violet, qui fait impact grésillant dans le mur. Elle sort sa baguette, tout en se mettant à réfléchir furieusement. Elle ne connaissait pas grand-chose en duel, et avait pratiqué encore moins. Certains des maléfices qu'elle avait rencontré dans les grimoires de famille chez Androméda étaient extrêmement dangereux, et même s'il était enragé par les propos de Drago, elle ne pouvait les utiliser maintenant.
« Rictumsempra, elle s'écrie en pointant sa baguette vers Drago, qui esquive facilement le trait peu précis.
-Vraiment, c'est tout ce que t'as à proposer ? C'est pathétique. Locomotor Mortis ! »
La fille au yeux pâles saute par-dessus un premier jet mais prend de plein fouet un deuxième qui l'a fait s'effondrer par terre. Des ricanements se font entendre dans la foule, et les cris de protestations de la part de Tracey, retenue par Daphné. Cette dernière sait très bien que si Iris ne se débrouille pas toute seule, elle perdra définitivement la face et ne sera plus prise au sérieux au sein des Serpentard.
« L'Elu, la Fille Qui A Survécu, qui perd aussi facilement ? Un juste retour des choses, si vous voulez mon avis, s'exclame le blond. C'était évident qu'une traitre à son sang comme toi ne pouvait rien contre un sang-pur, un Malefoy, qui plus est ! Tiens, pour avoir essayé de me provoquer : Furnunc…
-Si tu termines ton sort, je te mords ! »
Bouros, qui a traversé la scène discrètement, derrière Iris, se trouve désormais sur sa poitrine, alors qu'elle n'a toujours pas repris le contrôle de ses jambes. Il avait la tête levée vers le blond.
Un silence tendu se propage dans la salle, personne ne sait comment réagir. Drago, la baguette toujours pointée devant son adversaire, reste figé, de stupeur et de panique.
Un éclat de rire prend soudain la jeune fille. Un fou rire incontrôlable qui prend tout le monde par surprise.
« Tu vois ton problème Drago ? Tu avais gagné, tu m'avais battu, je l'admets volontiers. Mais il fallut que ton arrogance te rattrape, que tu te vantes. Ne le mords pas, s'il te plait, mais fait lui peur !
-Avec plaisir ! » Sur ses mots, il montre ses crocs et commencent à avancer lentement vers le blond, qui recule précipitamment, en poussant des petits cris de peur.
« Oui, je suis une fourchelangue, pas la peine d'en faire tout un plat, déclare Iris, en se retournant vers le reste des élèves qui la regardait maintenant avec une mixture d'appréhension et de fascination. Mais je suppose qu'on fait difficilement plus Serpentard que ça, non ? »
L'éclat de rire de Pansy est vite recouvert par les exclamations des autres, que ce soit de panique ou d'approbations.
