Pouvez-vous me parler un peu de lui ? "Chez Naminé"

Naminé (sœur de cœur) : « Vanitas m'avait donné le numéro de ses mères, un jour. Ouais, elles partagent le même téléphone. En même temps, faut dire qu'elles sont toujours collées l'une à l'autre, alors en avoir deux serait plutôt inutile. Je savais pas pourquoi il avait fait ça. Ce devait être une sorte d'assurance, puisque le jour où il est parti, je les ai immédiatement appelées. Si Ven sait tout de lui depuis toujours ou que Demyx sait ce qu'il ne confierait à personne d'autre, moi je connais ses doutes, ses pleurs, sa peur de son point de vue à lui, et ce qu'il pense que les autres pensent de lui. Je suis en quelque sorte une archive de sa mémoire. C'est d'ailleurs comme ça que je me suis présenté à Xion : « je suis Naminé, la princesse en blanc, gardienne de sa mémoire ». Elle m'a prit pour une excentrique, quand je lui ai dit ça et je lui ai confirmé que je l'étais vraiment. Elle aussi, apparemment, puisqu'elle s'est présentée comme « Xion, la reine noire, matérialisation de son cœur ». Ensuite, je lui ai dit que je l'ai appelée pour lui donner les informations qu'elle voulait sur Vanitas, que je savais tout de lui jusqu'au dernier message qu'il m'a envoyé. Il y a des choses que je savais devoir ne pas dévoiler, mais j'ai répondu à chacune des questions de Xion et d'Elrena le mieux possible. Cependant, je n'ai pas pu leur dire la raison pour laquelle il est parti. Je n'ai pas parlé du dernier message qu'il m'a envoyé. Pas à elles, seulement à Demyx quand il est venu me voir. Évidemment, il en avait déjà connaissance, comme il était sur place pendant cette nuit. Aors il m'a expliqué parce que moi, j'étais perdue. Et ça ne m'arrive pas souvent. Au départ, je croyais avoir compris le message, mais c'est quand Demyx m'a appelé, que j'ai su que je m'étais trompée. En même temps, recevoir un appel de la personne que Vanitas m'avait dit avoir tué était quelque peu déroutant. Enfin, ce qui l'était le plus était la manière dont il s'était présenté : « je suis Demyx, le copain de Vanitas ». En temps que sœur de cœur et confidente ultime, j'aurais dû connaître ce nom, mais jamais il ne m'avait parlé de « Demyx ». Et pourtant, j'étais au courant pour son petit ami. Quand Dem' m'a dit qu'il voulait venir chez moi, du coup, j'ai tout de suite dit oui, mais les trois heures qui ont séparé son appel de son arrivée devant ma porte, j'ai eu le temps d'élaborer beaucoup de théories toutes plus étranges et idiotes les unes que les autres. Les plus probables, donc. Mais à chaque fois, une chose est revenue : Vanitas n'a tué personne... »

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« Dommage, nan ? J'aurais préféré le contraire. Faut dire que c'est plus stimulant. En fait, les club de cinéma de ma ville me demandent d'écrire le scénario de leurs films. Parce que ouais, je suis connue chez moi. À la base, c'était pour mes peintures en tout genre. Puis, quand les gens ont enfin compris le véritable sens de mes œuvres, que derrière les titres, l'ordre d'exposition, la disposition des tableaux des uns par rapport aux autres quand ils étaient présentées en même temps, on a compris que j'avais un grand sens de la littérature. Pourtant, je trouvais ça très clair depuis le début. Je crois que certains ont commencé à trouver les messages cachés quand j'ai fait exposer une œuvre moitié en aquarelle, moitié en papier kraft d'un ours en peluche décapité dans une pièce sombre en face de la peinture d'un petit garçon qui sourit entouré de photos d'hommes d'âge mûr avec, pour les deux, le titre « miroir ». Mais bref. Je disais donc que je voulais utiliser son histoire pour le prochain scénario. Et les gens aiment mieux, quand quelqu'un meurt. La logique de l'espèce humaine... Du coup, la version finale de mon scénario, c'est un homme-rat que tout le monde déteste parce que c'est un connard et que les rats bah, personne ne les aime. Alors il est parti en exil au village des hommes-poisson, et là-bas, on lui a dit qu'il pouvait changer sa destinée sur une île perdue. Et quelques années après, il est revenu complètement métamorphosé, super gentil, qui emmerde personne. Mais au final, c'était toujours un rat, alors on l'aimait quand même pas. Et à la fin, il se suicide. Ouais, rien à voir avec son histoire, j'en conviens. Mais la chose la plus essentielle est là : à la fin, il est toujours le même. »

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« Je pense que je dois parler de ma collocation avec Demyx. Parce qu'elle a tout de même duré trois semaines. Pendant les deux premiers jours, on n'a fait que se parler de nous-même, puis de Vanitas, puis de tout ce qu'on savait de lui et de tout ce que personne ne nous avait dit sur son passé avant notre rencontre avec lui. Parce qu'on se doutait que, même si on était les personnes à qui il se confiait le plus actuellement, des choses devaient nous être cachées. On a cherché pendant une semaine pour découvrir un mot : « Another-Gaze », son nom de famille de naissance. Mais finalement on a abandonné cette voie, on s'est dit que lui-même n'était peut-être pas au courant de ce qu'on aurait pu découvrir. On a passé les jours suivant sans presque se parler. Je crois que Demyx avait compris que j'avais l'habitude du silence, et que la présence de quelqu'un d'autre faisait tâche dans ma maison. Je n'habite pas avec mes parents parce qu'ils ne s'intéressent pas à moi. Ils préfèrent ma grande sœur qui est morte le jour de ma naissance. Mais ils faisaient comme si elle était toujours là, et ça m'a saoulé... et ils parlaient beaucoup trop. Pour en revenir à Demyx, le dernier jour, il se sentait pas bien. Si il n'a utilisé son téléphone que deux fois pendant les six ans, pendant son séjour chez moi, il a pas arrêté de le regarder, comme si Vanitas allait l'appeler. Et le dernier jour, justement -enfin, la nuit avant le dernier jour-, il a reçu un message de sa part. »

Demyx (petit-ami à vie) : « J'avais déterré le téléphone. Première fois que j'ouvrais la tombe que j'avais creusé. Et les mains pleines de terre, j'ai récupéré mon portable et composé un numéro que je connaissais par cœur, sans pour autant l'avoir utilisé une seule fois jusque là. Il m'avait dit que Naminé était l'archive de sa vie, et j'avais espoir qu'elle sache quelque chose sur le lieu où il pouvait être. Je sais, j'ai attendu très longtemps avant de l'appeler, mais j'étais pas au mieux, avant. Quand elle m'a dit que je pouvais venir, j'ai tout de suite raccroché. Elle n'avait pas eu le temps de me dire où elle habitait, mais je connaissais déjà son adresse. Quand ils se les ont échangé, il m'a dit d'apprendre par cœur celle de Naminé sans la marquer nulle part et de ne jamais la lui dire sans cas d'urgence. Quand il a disparu, quand j'ai enterré le cadavre, juste avant que je pose mon téléphone dans la main gauche du corps étendu sous la terre, je lui ai envoyé l'adresse de Naminé. Et quand je suis arrivé chez elle, une maison blanche au milieu des autres plus sombres, elle m'a fait entrer et j'ai vu qu'elle avait préparé du thé et une pizza. J'ai tout de suite su que je ne m'étais pas trompé de personne. »

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« Habituellement, je dors pas, la nuit. Depuis que Vanitas est parti, je dors, mais très mal. Le genre de nuit où on se réveille toutes les demi-heures. Une des fois où j'ai ouvert les yeux, j'ai vu mon écran de téléphone s'allumer : c'était lui. Il m'avait envoyé un message, une phrase sans vraiment de sens pour quelqu'un d'autre, mais que j'ai tout de suite compris : ''pour que un fasse un, la transition doit être égale à la valeur de x''. Il voulait recoller les morceaux, réparer ce qu'il avait brisé. Retrouver son propre droit chemin. Et pour cela, il devait disparaître six ans. Pourquoi six ? Parce que c'est la valeur de x. Il n'y a aucun problème de maths derrière cette phrase, juste le temps de sa disparition. 'x', en anglais, ça se prononce ''ex''. ''Pour que un fasse un, la transition doit être égale à la valeur de x'', donc si je traduis ça donne ''pour que son âme soit de nouveau complète, il faut qu'il parte loin de nous pendant six ans'', soit x le nombre associé à mon ex : Ienzo. Je suis sorti avec Ienzo au collège. Il aimait lire, et moi jouer de la musique. Quoi de meilleur combo pour nous deux qu'un fond sonore pour apprécier la lecture pour lui, et qu'un auditeur attentif pour moi ? On était vraiment bien, ensemble, en bonne harmonie. Jamais on ne se serait séparé de nous-même. Un jour, Ienzo m'a dit : ''je suis le numéro six, comme le nombre de cordes sur ta guitare. Quand tu joues, j'ai le sentiment que tu m'enlaces et me caresse le dos. Et puis, le six représente l'harmonie, celle que tu recherches quand tu joues. Quand tu joues, tu penses à moi, non ? Mais alors, pour m'être complémentaire, tu dois être le neuf : mon opposé, mon symétrique. Tu es mes neuf dames qui me mettent en échec et mat, les neuf Muses en même temps, l'immortel aux neuf vies, contrairement à moi... Parce qu'à nous deux, nous formons le nombre de ma fin : quinze''. Avec Ienzo, on est sorti ensemble, mais quand j'ai rencontré Vanitas, je n'étais plus avec lui, alors qu'aucun de nous n'avait voulu qu'on se sépare. Mais le temps en dit autrement, et Ienzo n'en avait plus quand il est arrivé à sa fin. Et c'est le neuf juin qu'elle est arrivé, trois jour après qu'il ait eu quinze ans, le neuf du sixième mois... c'est à un jour égal à quinze qu'il est mort. Au début de l'été séparant le collège du lycée. J'ai longtemps arrêté la guitare après ce jour-là. Je devais passer à autre chose, trouver quelqu'un d'autre. Puis Vanitas est arrivé et un jour, j'ai ressorti ces cordes qui me plaisaient tant. »

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« Mais six ans, c'est trop. S'il s'est lui-même imposé un temps si long, c'est qu'il devait vraiment s'en vouloir. Je sais que cette nuit à été traumatisante pour lui, et même pour moi, mais pour ce qu'il a vraiment fait, c'est beaucoup trop. Après tout, je ne suis pas vraiment mort... »