Auteur.e : ChairmanChurch – fanfiction écrite en langue anglaise, publiée sur AO3 – archiveofourown (point) org (/) users (/) chairmanchurch
Traduction française, avec l'accord de l'auteur.e : Sloe Balm
Bêta-lecture française : Ptit Bou alias Trotop – plein de mercis !
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The epitome of weirdness
(L'incarnation de la bizarrerie)
by ChairmanChurch
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Chapitre 2
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Billy se réveilla avec la sensation d'un tissu humide et froid contre sa peau. Et très probablement sale.
C'était comme ça depuis quelques mois. Billy avait déjà fait des rêves mouillés avant, comme tout adolescent normal, mais dernièrement, il en faisait presque tous les soirs. Il mettait ça sur le dos de ses hormones d'adolescent, mais au fond, il savait que la raison de son excitation constante était due au ronfleur situé sur le lit du dessous.
Était-ce approprié qu'il ait des orgasmes suite à ses rêves coquins ? Rêves dans lesquels Freddy était présent ? Était-ce approprié que Freddy soit le fruit de ses fantasmes ? Était-il trop tôt pour qu'il puisse rêver de la peau pâle de Freddy contre la sienne à son réveil ? Et s'il faisait des rêves hot à propos de Freddy, ce n'était peut-être pas de sa faute, pas totalement. Il ne contrôlait pas ses rêves. Mais avoir ce genre de fantasmes alors qu'il était réveillé était de son propre fait, et cela le faisait se sentir mal.
Mais Freddy était son petit ami maintenant. Ils s'étaient embrassés et parfois même Freddy lui embrassait le cou de manière très intime. Est-ce que cela voulait dire qu'il pouvait le faire ? Est-ce que cela voulait dire que Freddy le voulait aussi ? Est-ce que cela voulait dire que - ?
Ses pensées furent perturbées par un grognement venant du dessous. On aurait dit que Freddy faisait un cauchemar. Inquiet, Billy abandonna son dilemme, rampa jusqu'au bord de son lit pour se pencher et jeter un œil à Freddy dormant sur le lit du bas.
Avec les volets ouverts et le clair de lune traversant la pièce il pouvait voir la silhouette de Freddy. Il était allongé sur le ventre, une épaisse couverture le recouvrait de la tête aux pieds, ne découvrant qu'une partie de son visage. Bien que n'étant pas quelqu'un de gnangnan, Billy trouva son pote, maintenant petit ami - son estomac crépita à cette pensée -, très beau. Ses cils étaient longs et courbés, sa peau pâle était semblable à de la porcelaine à la lumière de la lune. Ses lèvres étaient rouges, brillantes, et ses joues étaient légèrement colorées de rose. Il avait l'air plutôt apaisé et ne semblait pas du tout faire de cauchemar. Aussi, après quelques minutes à le contempler, Billy se réinstalla dans son lit et fixa le plafond. L'image des lèvres rouges de Freddy occupait toujours son esprit et il envoya balader son dilemme intérieur de savoir s'il était ou non approprié qu'il se masturbe en pensant à Freddy. Il glissa une main sous l'élastique de son jogging et commença à se caresser par-dessus son slip. Ses vêtements étaient sales de toute façon, donc s'il venait à jouir une fois de plus ça ne changerait pas grand-chose, pas vrai ?
Il continua de presser lentement sa main contre son membre dur à travers le tissu jusqu'à ce que cela ne lui suffise plus. Avec sa main libre, il descendit ses vêtements jusqu'à mi-cuisse, s'assurant que la couverture le recouvrait de toute potentielle exposition. Maintenant que ses mains avaient plus d'espace pour s'affairer, il en guida une plus bas pour caresser ses testicules, et il enroula l'autre autour de son sexe. Au premier mouvement de main il laissa échapper un gémissement. Euh, l'avait-il vraiment fait ?
Sentant qu'il n'était peut-être pas le seul à être réveillé, Billy s'immobilisa net, en pleine masturbation. Lentement, et sans faire de bruit, il retira ses mains de son membre et se tourna de nouveau pour ramper jusqu'au bord du lit. Il pencha sa tête pour regarder le lit jumeau du dessous. Freddy était couché. Il haletait. Et puis son souffle se bloqua. Il faisait vraiment un cauchemar.
Ne pouvant pas l'ignorer, Billy remonta son pantalon de jogging à la hâte et repoussa la couverture. Il descendit l'échelle et atterrit sur le sol en moins de deux secondes. Peut-être que les super-pouvoirs de Shazam déteignaient un peu sur son vrai lui après tout.
Billy posa une main sur le renflement de couverture où devait se trouver l'épaule de Freddy. Il était prêt à le réveiller de son cauchemar quand ce dernier se redressa tout seul, les yeux écarquillés.
« Bordel de merde. » jura Freddy, en hurlant presque. Il se releva pour se mettre en position assise. « Mec, tu m'as foutu les jetons. T'essayes de me tuer dans mon sommeil ou quoi ? »
Freddy le regarda prudemment alors qu'il enveloppait la couverture étroitement contre son corps. Billy, qui avait toujours sa main posée sur son épaule, se surprit à le sentir trembler légèrement.
« Je, euh, je pensais que tu faisais un cauchemar. » dit-il, sa main caressant automatiquement le bras de Freddy à travers l'épaisse couverture pour essayer de le réconforter. « Je t'ai entendu gémir et je voulais juste - »
Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, un éclair de panique traversa le visage de Freddy.
« OK, je suis désolé. » Billy leva les mains en l'air, abattu. « Je suis désolé d'avoir interrompu ton sommeil. J'avais souvent des cauchemars avant et je me sentais encore plus mal quand je me réveillais seul, alors j'ai pensé que je pouvais te rassurer. Je ne voulais pas que tu te sentes désorienté ou mal après un cauchemar, c'est tout. Je n'essayais pas de t'embêter, de te tuer dans ton sommeil ou quoi que ce soit. »
Billy pensait que cette confession à propos de lui ayant traversé des moments difficiles, aurait apaisé Freddy. Il venait de lui ouvrir son cœur, il pensait que le garçon l'aurait pris dans ses bras ou même embrassé, mais il n'en était rien. Freddy se recroquevilla encore plus et la seule chose que Billy voyait c'était l'air terrifié sur son visage.
Il en avait trop dit, n'est-ce pas ? Il n'aurait pas dû confier ses peurs à qui que ce soit et en particulier à Freddy qu'il ne voulait couvrir que de baisers et de bonheur. Sentant ses yeux le picoter, Billy se détourna de peur que Freddy ne voit à quel point il se sentait blessé et se dirigea vers l'échelle.
Une sensation à la fois fraîche et chaleureuse effleura ses doigts, l'arrêtant dans son mouvement. Une main s'enroula autour de la sienne et le tira jusqu'à ce qu'il se retourne et regarde Freddy à nouveau.
« C'est pas ça. » marmonna Freddy, sa voix était si basse que Billy dut se pencher pour l'écouter. « Je me branlais. »
Billy cligna des yeux.
« Quoi ? » demanda-t-il d'une voix enrouée.
« Je me branlais, OK ? » C'était au tour de Freddy de paraître bouleversé et boudeur. « Je suis un adolescent, je suis un garçon adolescent d'ailleurs, et j'ai le besoin de me vider de temps en temps d'accord ? Bon, peut être même plus que de temps en temps, et peu importe, j'ai fait un rêve coquin et je m'astiquais sous les couvertures et c'était, OMG tellement bon, que je ne vais pas me sentir gêné que tu m'aies attrapé en train de le faire, OK ? »
Il respira très longuement une fois qu'il eut fini. Son visage devint rouge vif à tel point que Billy pensait qu'il allait exploser.
« Et ne me juge pas et ne me regarde pas avec cet air amusé. Je t'ai entendu gémir dans ton sommeil aussi et c'est ce qu'il m'a fait avoir un rêve érotique de toi, ayant un rêve érotique au-dessus de moi, littéralement. Et ensuite je me suis réveillé et j'ai décidé de me masturber, donc tout est de ta faute, espèce d'idiot complètement nul pour comprendre les choses.
Freddy avait babillé avec une telle animation, bougeant son corps dans tous les sens, qu'il ne s'était pas rendu compte que la couverture avait doucement glissée de son corps. Son discours sur le fait que Billy était un abruti pour l'avoir humilié sans le savoir était à peine fini qu'il était entièrement découvert. Il portait son T-shirt de Superman abîmé mais son bas de pyjama était introuvable, probablement roulé dans le tas de tissu formé par la couverture.
Pendant un court instant, tout ce à quoi Billy arrivait à penser c'était à quel point le sexe de Freddy était vraiment mignon, comme tout le reste de sa personne.
« Oh. » dit Billy bêtement. Son cœur palpitait de bonheur et de soulagement que Freddy ait, lui aussi, fait ça. Il serra sa main et s'assit sur le lit du bas.
« Je, hm, je me masturbais aussi en pensant à toi, donc tu n'es pas le seul. Mais je suis un peu gêné. »
En une seconde, Freddy se précipitait davantage vers Billy. Il s'était agenouillé pour se pencher vers lui. Ses yeux étaient vifs et brillants et il expirait bruyamment.
« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas. » Billy haussa les épaules. « C'est comme si je t'utilisais ou quelque chose comme ça. »
Freddy leva les yeux au ciel de façon dramatique. Il tendit sa main et la posa doucement sur la joue de Billy pour rapprocher son visage.
« On est ensembles, non ? » demanda Freddy sérieusement. « Ce n'est pas s'utiliser que de le faire tous les deux, non ? Si tu me laisses faire - »
Ils s'embrassèrent avant qu'il ne finisse sa phrase. Freddy avait la bouche chaude, humide et douce, et comme tout ce qu'il faisait, le baiser était plein de dévotion et d'enthousiasme. Tous deux étaient encore un peu maladroits, leurs dents se frôlaient mais ils partageaient la même excitation dans ce baiser. Billy s'en sentit étourdi.
Freddy se pressa contre Billy jusqu'à ce que ce dernier ne perde l'équilibre. Il tomba sur le matelas et le brun le tira puis s'allongea par-dessus lui. Billy pouvait sentir que Freddy bandait contre sa cuisse. Ses mains étaient désireuses de sentir la peau du garçon alors il les glissa sur ses hanches, hésitant un instant avant de les descendre davantage jusqu'à ce qu'elles se posent sur les fesses de Freddy. Ces dernières étaient petites mais délicieusement rebondies, douces et chaudes au toucher.
Quand Billy les malaxa, Freddy grogna contre sa bouche et colla leurs corps l'un contre l'autre, cherchant à satisfaire ce que la partie inférieure de son corps réclamait tant. Quand cela ne lui suffit plus, il retira ses mains du corps de Freddy pour retirer d'un coup sec son pantalon et son caleçon. Freddy laissa échapper un halètement lorsque leurs sexes entrèrent en contact. Il abandonna la bouche de Billy pour venir gémir contre son cou. Il commença à embrasser, à sucer la gorge de Billy alors que leurs hanches se fondaient les unes contre les autres. Le sexe de Freddy était tellement chaud, lisse et brillant grâce à sa séance de masturbation précédente que Billy était très tenté de faire bien plus que simplement le toucher.
D'un mouvement rapide, il les fit rouler jusqu'à ce qu'il soit au-dessus de son petit ami et s'installa confortablement entre ses jambes. Freddy était d'une beauté dévastatrice en cet instant, ses pommettes rouges, ses lèvres roses gonflées par leurs baisers et ses yeux à demi voilés par le plaisir. Billy voulait lui faire un tas de choses qu'il avait vu sur internet lors de ses nuits de plaisir solitaire, mais il voulait aussi prendre son temps, faire durer le plaisir entre eux. Tout du moins, aussi longtemps qu'il le pourrait. Alors il prit une profonde inspiration pour contrôler son cœur qui ne cessait de s'emballer et s'abaissa pour embrasser le torse de Freddy tendrement. Il pouvait sentir les battements de cœur frénétiques contre ses lèvres, ce qui le mit davantage à l'aise. Il savait maintenant que Freddy se sentait aussi fébrile que lui.
Billy embrassa son ventre jusqu'à ce qu'il atteigne son nombril. Il y trouva une très légère ligne de poils. Ses lèvres la suivirent et il rencontra rapidement le parfum musqué de l'excitation de Freddy. Tremblant, Billy enroula une main hésitante autour du sexe, arrachant un doux gémissement au garçon. Toucher le membre d'un autre n'était pas si différent que de toucher son propre sexe. C'était la même prise en main, la même douce texture, même si finalement, c'était quelque chose de complètement nouveau. Il y avait comme un sentiment d'altruisme dans le fait de toucher ainsi le corps de quelqu'un d'autre, de faire autant de bien à une autre personne. Donner du plaisir à quelqu'un était au moins aussi bon qu'en recevoir. Peut-être qu'il avait ce sentiment parce que c'était Freddy et pas n'importe qui. C'était son meilleur ami, un membre de sa famille, et Billy le faisait se sentir heureux, aimé, il lui faisait oublier toutes les tristesses qui avaient jalonnées sa vie.
Billy commença à caresser Freddy, abaissant la peau du membre et pressant son pouce contre le gland découvert qui perlait doucement le long de la fente. Il se pencha davantage et respira l'odeur plus forte et musquée. Il releva la tête et plongea ses yeux dans ceux de Freddy qui brillaient d'une étincelle éclatante. La même que le garçon avait eu en découvrant ses super-pouvoirs, en touchant l'éclair de Shazam. Une horrible pensée traversa l'esprit de Billy, mais il la réprima. Pour le moment, il voulait juste que cette étincelle reste dans les yeux de Freddy.
Il fit courir ses lèvres sur le corps de Freddy jusqu'à sa hampe et le garçon glissa immédiatement ses doigts dans ses cheveux. Il ne poussait pas la tête de Billy, il caressait juste ses cheveux, massant son cuir chevelu et Billy sourit à cette sensation apaisante.
Malgré toutes ses recherches, il n'avait aucune idée de comment s'y prendre pour faire ainsi du bien à Freddy. Alors il enroula juste ses lèvres autour du gland et le suçota. Et peut-être que cela importait peu qu'il soit doué ou non, parce que Freddy gémissait et tremblait tout de même. Il continua de sucer le bout du sexe et en caressa la longueur avec l'une de ses mains, l'autre malaxant une des cuisses du garçon.
Aussi bavard que Freddy puisse être, Billy réalisa que le garçon était silencieux dans ce genre de moments. Billy ne pouvait dire si c'était parce qu'il ne voulait pas que sa famille qui dormait à côté ne les entendent, ou parce que c'était la vraie vie, et qu'il n'était pas nécessaire de crier ou de dire des choses salaces comme dans les pornos. Mais bavard ou non, Billy le trouvait tout autant mignon et attachant. Et les gémissements et grognements qu'il laissait échapper à voix basse étaient plus que suffisants pour lui faire comprendre que Freddy aimait ça, qu'il appréciait ce qu'il lui faisait.
Il éjacula de manière imprévue dans la bouche de Billy. C'était soudain et même si Billy l'attendait, c'était sa première fois. Alors dès que le liquide entra en contact avec sa langue, il le recracha et toussota.
Freddy se remit à parler aussitôt. « Est-ce que ça va ? » Il avait l'air inquiet, presque désolé.
Billy ne dit rien, il se contenta de lui sourire et de se baisser à nouveau pour le lécher, nettoyant son ventre et son sexe de la semence. Freddy avait un goût sucré et salé en même temps, un mélange doux, comme le soleil durant les jours d'automne.
Avant que Billy ne puisse terminer, Freddy l'avait poussé et ramené à lui, ses mains toujours enfouies dans ses cheveux. Il l'embrassa avec passion. Billy sentit Freddy se reculer légèrement, probablement à cause de son propre goût, mais il se fondit rapidement dans un baiser fiévreux, mélangeant lèvres et langues. Ses mains se resserrèrent sur les épaules de Billy alors qu'il se cambrait, pressant son ventre lisse contre le membre dur de Billy. Ses mains se frayèrent un chemin dans le dos, pétrissant les muscles fins du bout de ses doigts. Billy sentit la main de Freddy venir autour de son sexe, il gémit et haleta dans sa bouche. Freddy le masturba avec des mouvements longs et appuyés. Son pouce se pressait contre la fente du gland, et lorsqu'il murmura le nom de Billy contre sa bouche, ce dernier éjacula dans sa main. Son corps entier se secoua en plusieurs spasmes.
Éreintés, leurs corps reposaient l'un sur l'autre. Billy était toujours au-dessus de Freddy sans que le garçon ne s'en plaigne, essayant tous deux de reprendre leurs souffles. Quand Billy retrouva finalement un peu de force, il roula à côté de Freddy et le prit dans ses bras. Il blottit son nez dans les cheveux de Freddy et respira profondément. Il sentait le shampoing à la menthe, la sueur, le sexe et le paradis.
« Tu te sens moins coupable maintenant ? » marmonna Freddy contre son cou. Il semblait fatigué mais heureux.
« Oui. » dit Billy, et pour appuyer ses dires il glissa sa main le long du corps de Freddy et lui pinça les fesses.
Freddy éclata de rire et s'installa plus profondément dans le creux du cou de Billy. Billy supposa que c'était l'une de ses fois où ils décidèrent de dormir ensemble dans le lit du bas. Ils sortaient ensemble, et ils s'embrassaient et s'enlaçaient, et pourtant, il n'était pas normal pour eux d'être collés l'un à l'autre autant qu'ils le voulaient. Tous les membres de leur famille n'étaient toujours pas au courant de leur relation et aucun d'eux n'avait jamais discuté de la question. Peut-être que le moment viendrait, mais pas maintenant, décida Billy. Et il y avait toujours cette pensée horrible qui tournait dans sa tête depuis le jour où ils s'étaient embrassés pour la première fois sur ce même lit.
« Hé. » dit Billy. Et comme Freddy ne répondait pas, sa respiration devint plus difficile. Il décida d'abord de garder ses pensées pour un autre jour. Il y avait toujours cette voix dans sa tête qui lui murmurait des mots blessants… Mais il ne pourrait pas l'étouffer pour toujours... Ce sentiment d'insécurité continuerait de s'immiscer en lui.
« Hé Freeman, réveille-toi, je veux te demander quelque chose. » dit Billy en secouant doucement l'épaule de Freddy.
« Quoi ? » grommela ce dernier, retenant un bâillement.
« Freddy, pourquoi est-ce que tu m'aimes bien ? »
Freddy se raidit à la question. Quand il leva la tête pour faire face à Billy, ses yeux étaient grands ouverts, toute trace de sommeil avait disparue.
« Pour un garçon aussi brillant, c'est vraiment une question stupide. » dit Freddy. « Est-ce qu'il doit y avoir une raison pour que je t'aime ? Merde. Est-ce qu'il y a seulement une raison pour aimer quelqu'un ? Bon Dieu, non Billy. » Il avait l'air énervé.
Billy cligna des yeux. Non, il n'y avait aucune raison pour que quiconque aime quelqu'un, pour que Freddy l'aime, lui, parmi tant d'autres personnes. Mais pourquoi lui ? Il était juste un adolescent abandonné, sans argent, parfois trop distant. Apparemment, il avait dit ses pensées à voix haute parce que Freddy lui avait donné un coup de coude dans les côtes et avait juré.
« Je suis aussi un putain d'ado abandonné et sans argent. J'arrive pas à croire que tu puisses être si superficiel. Et si tu penses que je serais mieux avec un mec qui a de la thune, et bien vas te faire voir. » Freddy était tellement en colère qu'il se retourna et se mit dos à Billy. Il continua cependant de grommeler. « Peut-être que tu veux juste que je te complimente ? Que je te dise que j'aime ton cul super sexy, que je te trouve tellement beau et grand et cool ? Que tes cheveux sont doux et magnifiques et toujours bien coiffés et que tu sens terriblement bon comme du bois de santal ? C'est ça ? »
Billy rit, mais son sourire disparut quand il vit l'imprimé d'une cape sur le dos du T-shirt Superman de Freddy. Ça. C'était ça qui continuait de foutre le bordel dans sa tête.
« Est-ce que c'est à cause de Shazam ? »
« Quoi ? » Freddy se tourna pour le regarder de manière incrédule. Il cria presque « Quoi Shazam ?! »
« Je ne sais pas. » dit Billy en haussant les épaules. « Comme, tout d'un coup, BAM !, je suis devenu un super-héros cool qui sauve le monde tout ça, et… sincèrement, on sait tous que tu aimes les super-héros. »
« Dans le genre super-héros, tu es vraiment à chier pour être honnête. Je dois te rappeler que quand Shazam est arrivé, il y a de ça deux ans, il n'était qu'un idiot relativement inutile qui se la pétait ? »
Freddy s'était retourné à nouveau et l'avait frappé fort sur la poitrine. Billy était à court de mots maintenant et se sentait un peu offensé. Il attrapa juste la main de Freddy et la porta à sa bouche pour en embrasser la paume, un geste d'excuse pour avoir été aussi idiot.
« Tu t'es battu avec les Breyers à ton premier jour au collège. » murmura Freddy. « Tu me connaissais à peine à ce moment-là pourtant... Tu ne t'es pas laissé faire, tu t'es jeté sur eux pour les frapper. En faisant ça, tu savais que tu allais te les mettre à dos. Tu savais que tu allais ensuite avoir des problèmes et une vie sociale pourrie au bahut... Et pourtant, tu l'as fait, pour moi. »
« En fait, je l'ai fait parce qu'ils ont dépassé les bornes, tu sais, en disant que tu n'avais pas de mère et tout ça. »
« Oui. » déclara Freddy. « Justement. Parce que toi et moi on est pareils. On a traversé les mêmes merdes, donc tu as compris… tu as compris à quel point ça faisait mal. Et tu connaissais ce sentiment, tu savais que cette tristesse pouvait s'arrêter si un jour une mère voudrait vraiment de nous. Et, encore une fois, on venait juste de se rencontrer. La première impression est toujours la bonne par vrai ? »
Billy crut qu'il allait s'effondrer. Il se rappelait bien de ce moment. Il se rappelait bien qu'il avait failli fuir, mais il n'avait pas hésité à se retourner et frapper ces connards. Il n'avait pas su combien cela avait compté pour Freddy. Et Freddy avait raison, il avait été puéril.
« Et puis, après tu as commencé à me jeter quelques coups d'œil à table, à marcher derrière moi, soulevant mon sac pour m'aider sans que je ne le sache, pendant que personne ne regardait. Et je ne l'ai su que parce que Darla me l'a dit. Pour être honnête elle sait tout, peut-être même qu'elle sait pour nous deux. » dit Freddy, ses yeux écarquillés et l'air un peu effrayé face à ce constat.
Billy sentit ses oreilles chauffer à l'idée que Freddy sache toutes ces choses sur lui, mais avant qu'il ne puisse dire quelque chose Freddy continua.
« Elle m'a aussi raconté comment tu avais demandé à la dame de la cantine de me donner plus de nourriture parce que je sautais souvent le déjeuner. Chose qu'elle a dite à Darla parce qu'elle est gentille et que tout le monde adore lui parler, même ce stupide Moran. Et elle m'a confié aussi que tu avais dit à tes amis que j'étais le mec le plus cool du coin, et que tu avais même donné des astuces sur PS3 aux Breyers pour qu'ils m'emmerdent moins au bahut. Si tu penses que je t'aime bien parce que j'idolâtre Shazam et ses super-pouvoirs, tu te trompes, parce que c'est toi Billy Batson, mon héros. Et si tu doutes de toi encore une fois, je te jure que je te botte le cul, que tu sois en Shazam ou non. »
Une fois qu'il eut terminé, Freddy respira fébrilement. Puis il se jeta sur Billy et empoigna son T-shirt avant de nicher son visage contre son torse. Quand Billy le prit dans ses bras et murmura un 'je t'aime' dans ses cheveux bouclés, Freddy commença à pleurer, purement et simplement.
Billy réalisa que sans Freddy, il ne serait peut-être qu'un idiot, nul et égoïste. Que sans lui, il douterait du monde entier simplement parce qu'il se refusait d'être heureux, qu'il pensait ne pas mériter un garçon aussi génial que lui dans ses bras. Et pour tout ça, Freddy était aussi son héros.
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À suivre
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