Non sans mal voici la suite.
Julia je tiens le plan initial ^^ un petit zeste de citron.
Sea-Rune ça faisait longtemps qu'on s'était pas croisées merci ;)
Pandore Merci pour ton soutien.
Arthy un psy pour tout ce petit monde ? Mais il leur en faut plus chacun qu'à n'importe qui. Attend on manque de médecins, le temps d'en former suffisamment dans 10 ans ? à raison x psy par chevalier et autres factions. il en faut ?
Sur ce bonne lecture je vais dormirrrrrrrrrrrr !
Désolée j'avais mal corrigé le texte. c'est fait.
Clair-Obscur chapitre 2
Enfermé à double tour dans son bureau Eaque, troisième juge des enfers s'autorise quelques instants de pause. Le cas sur lequel il doit se pencher mérite toutes ses attentions. Il sort les pièces d'un classeur qu'il a archivé il y a quelques mois. Il les consulte jusqu'à tomber sur la page qu'il cherchait. Un sourire ironique joue sur ses traits. S'il avait un jour monté ce dossier, jamais il n'aurait imaginé qu'il le ressortirait et encore moins dans cette optique. Il empoche un feuillet avant de le glisser dans sa veste et vide les lieux.
La surface l'agresse plus que ce qu'elle l'accueille. Ses derniers voyages parmi les humains remontent à loin. Les ans l'ont détachés de ce monde dont il retrouve les effluves et le bruit. La vie… Il détaille la ruelle, les bâtiments et le plan qu'il vient de sortir. Il ne lui faut que quelques minutes pour trouver l'immeuble cossus et la porte qu'il passe.
Le salon où il a été introduit est banal, des fauteuils, une table basse, un placard en acajou dans un coin qui une fois ouvert révèle des classeurs sombres. Il fait à peine attention à l'homme qui le reçoit et à qui il expose le motif de sa venue. Le propriétaire des lieux dépose plusieurs dossiers sur le plateau de bois. Il en consulte quelques-uns, sans conviction. Son attention a décroché lorsqu'il a entraperçu l'homme enlever subrepticement un livret. Et foi de juge, si une personne cache quelque chose, c'est qu'elle en vaut la peine. Alors il fait trainer l'entrevue, attendant discrètement que l'homme fasse l'erreur de relâcher sa vigilance.
Et le téléphone sonne, une fois, deux fois… Avec un geste faussement négligent il invite son vis-à-vis à répondre. Et cela marche l'homme sort de la pièce. La porte est à peine refermée qu'il se jette sur le livre fin et retourne l'étudier comme s'il avait toujours été là.
Caché derrière la couverture cartonnée, ses yeux s'écarquillent, la surprise, l'incrédulité et l'amusement y passent avant de redevenir sérieux. Cette découverte ouvre un champ des possibles. Et c'est intéressant. Improbable mais diablement digne d'intérêt. Par acquis de conscience il réétudie les autres pages, et c'est assez pour confirmer sa conviction.
L'homme revient prendre place.
« Avez-vous trouvé votre bonheur monsieur ? »
« Oui c'est celui-ci que je veux. »
Eaque s'amuse de le voir tressaillir, et blanchir.
« Je crains que ce ne soit impossible. »
« Je suis certain du contraire. » s'amuse le juge.
« Il est assez cher. »
« Le prix n'est pas un problème. »
« Il a des exigences… »
« J'y pourvoirai. »
Un ange passe alors que le silence est lourd.
« Si votre frère vient remplir un dossier client, avec une photo récente. Je peux le faire passer au concerné. Mais je me dois de souligner deux points importants. Un il est actif, et de deux il peut dire non, lui seul choisi ses engagements.»
« Le « concerné actif » comme vous dites convient parfaitement. Quant à la paperasse à remplir, nous manquons tous cruellement de temps, donc contentez vous de savoir qu'il a le corps d'un héros grec. »
« Je vous répète que même si c'est un dieu du stade il me faut au moins un dossier à présenter et au minimum complet pour le convaincre. »
« Et bien forcez lui la main. »
« Mais il va me trucider ! Moi et votre frère ! »
Le débat commence à sérieusement énerver le juge du Garuda. L'argumentation lui donne l'impression de tourner en rond. Mais une chose est certaine, il obtiendra ce qu'il veut. Et c'est pas un cosmos prisonnier qui l'en empêchera. L'expression mi sadique mi hautaine il toise son interlocuteur.
« Et si je vous trucide tout de suite ? »
Le visage de l'homme s'est refermé. Et Eaque se décide à ouvrir un passage vers le puits des morts pour eux deux. L'arrivée en ce funeste lieu pour un humain vivant est suffisamment effroyable pour que s'il ne sombre pas dans la folie, il revoit ses priorités, pense le juge. Aussi il s'attend à des cris, des suppliques… Mais rien ne vient. Il hasarde un regard pour s'assurer que sa proie soit consciente et accessoirement vivante. Ce qui est le cas, l'homme a le teint pale sous son hale mais semble moins ébranlé qu'il l'aurait cru.
« Vous avez gagné. Ramenez-moi. »
Victorieux Eaque rejoint le salon avec sa victime.
« C'était pas si difficile. »
« Ne venez pas vous plaindre si vous et votre frère vous finissez démembrés au fin fond de l'univers. »
A cette sentence le juge se mord jusqu'au sang pour contenir son fou rire. Alors c'était ça, l'humain n'avait pas hurlé de terreur par ce qu'il avait déjà fait une expérience similaire. Et par Hadès que c'était comique d'imaginer un chevalier, les soi-disant parangons de vertus d'Athéna se comporter comme un juge des enfers.
« Téléphonez moi dans deux jours, je vous dirai ce qu'il en est. »
Quelques jours ont passés quand le brun regagne le monde des vivants, dans le renfoncement d'une ruelle il a pu épier son demi-frère jusqu'à ce qu'il entre dans un petit hôtel . Le souvenir de la tenue de Rhadamanthe le fait encore grimacer, mais l'essentiel est là son frère est venu. L'étude rapide des alentours, lui fait apercevoir Minos un peu plus loin. Et c'était prévisible, le griffon n'est pas du style à abandonner son frère. Ils seront donc deux à attendre. Minos vient s'adosser au mur les bras croisés.
« J'espère que t'as prévu des remplaçants ? »
« Non aucun » répond Eaque goguenard.
« Vraiment ? Tu te souviens de la force de Rhad même sans Cosmos ? »
« Mais oui ! »
« Je te trouve bien confiant. Qu'est-ce que tu caches ? »
Le geste est brutal lorsque Minos le plaque contre la paroi maçonnée, mais le brun ne s'en émeut pas plus que cela.
« J'attends ! »
Eaque se dégage nonchalamment de sa prise avec un de ses sourires calculateur qui fait froid dans le dos.
« Je t'assure que Rhad n'arrivera pas à le tuer. Le pire qu'il puisse arriver c'est qu'un des deux claque la porte.»
Le griffon est circonspect, mais pour l'instant il ne tirera rien de l'infernal troisième juge. Avec grise mine il reprend son poste d'observation. Les minutes s'égrènent monotones.
La chambre est calme, plutôt spacieuse avec son divan et une table basse d'un côté. Comme souvent sur les bords de la méditerranée elle porte le nom pompeux de suite. Nom peu approprié pour son manque de luxe. Elle ressemble plus à un studio sans cuisine confortable mais banal. Quelqu'un toque à la porte qu'il s'empresse d'ouvrir. Le battant reste un long moment inerte alors que les deux personnes se font face. L'arrivant s'est figé, alors que l'autre après un instant de stupéfaction réfléchit à toute vitesse.
Réfléchit, oui, car en ce lieu en cet instant celui qui se tient dans l'embrasement de l'entrée et la dernière personne au monde qu'il s'attendait à rencontrer. Parce que tomber sur Rhadamanthe est assez improbable. Que le spectre ne soit pas mort, n'est pas vraiment une surprise. Après tout il sert Hadès. Qu'il soit à la surface parmi les mortels est déjà plus inattendu mais pourquoi pas. Par contre qu'il soit dans cette chambre c'est plus étrange. Il étudie rapidement le juge, sur les traits duquel l'étonnement est similaire à celui qu'il a dû afficher il y a quelques instants.
« Kanon » laisse échapper le juge dans un souffle.
Le gémeau hoche la tête, se promettant d'offrir à son agent l'opportunité rare de nager avec un ban de requins. Un corps de dieu grec lui avait-il dit, non de héros grec, ce que Rhadamanthe est par ailleurs. Mais s'il s'est fait avoir par son agent, au vu de la tête du spectre lui aussi. Il réalise enfin que cela fait un peu trop longtemps qu'ils sont coincés dans cette situation improbable, sur le pas de la pièce. Aussi invite t'il le juge à entrer.
L'atmosphère ne s'est pas vraiment allégée, le juge n'a rien dit en s'asseyant sur le sofa. Kanon profite de l'accalmie pour mettre un peu d'ordre dans ses pensées. De Rhadamanthe il ne sait pas grand-chose, ses seuls souvenirs de lui sont en combat. Ce qui l'avance pas vraiment, il ne sont pas en guerre. Son regard discret évalue l'homme d'une vingtaine d'années, une chemise blanche boutonnée au col, un pantalon marron assorti à la veste posée sur ses genoux. Le tout lui revoit une image bizarrement empruntée, le costume a un petit coté vieillot dans le style, une tenue qu'il voit plus sur un homme de la cinquantaine. Pour le physique leur affrontement lui donne l'image d'une plastique du style d'Aiolia, sans sa tête de gendre idéal qui lui donne la nausée. Il doit bien s'avouer qu'il est tout à fait dans ses gouts. Il est un spectre, comme d'autre sont marinas, ou chevaliers mais une fois les étendards rangés il est un homme. Un homme comme les autres. Il n'a aucune idée des mœurs aux enfers, mais la nature de leur rencontre laisse supposer les préférences du juge. Préférences qui sans nulle doute dérangeraient vu sa position au sein de l'armée d'Hadès.
Son attention revient sur son vis-à-vis, dont l'expression est indéchiffrable. Seuls les doigts de sa main gauche qui froissent son pantalon lui donne une indication de son état d'esprit.
Lui a déjà fait son choix, le reste dépend du blond. Alors il se cale plus confortablement dans le fauteuil et reprendre simplement son rôle.
« Tu veux boire quelque chose ? »
Le juge trésaille, la voix n'est pas agressive, c'est peut-être cela qui l'a le plus surpris. Un ton posé, calme, amical ? Une nouvelle donnée pour le spectre. Son regard croise celui de son hôte, et c'est un peu perturbant. Ce n'est pas celui du chevalier des gémeaux qu'il a déjà pu voir.
« Non… merci. Que fais tu ici chevalier des gémeaux ? »
« Tu te trompes Rhadamanthe, Je ne suis qu'un simple civil. Comme les 10 millions d'autres en Grèce. »
Le juge hoche le menton, « civil » n'est pas un statu qu'il aurait donné à son ancien adversaire. Il ne peut d'ailleurs imaginer comment cet homme a pu quitter Athéna. Pourtant la réputation de Kanon le précède, ce n'est pas la première fois qu'il change de camps. Un traitre récidiviste, ce que lui ne comprendra sans doute jamais. Enfreindre les ordres oui, mais toujours pour Hadès et les enfers. Enfin, ce statu a au moins l'avantage de rationaliser l'échange qu'ils ont. Kanon est vivant ce n'est ni le lieu ni le moment pour juger. Il se mord nerveusement la lèvre inférieure, l'instant serait plus à se décider. Partir ou rester. Partir et se retrouver avec un autre dans la même position, rester et faire ce qu'il devait… un inconnu ou lui…
Le juge ferme les yeux, prend une longue inspiration avant de se lever et de s'avancer vers Kanon.
Le regard déterminé de Rhadamanthe fait retenir un sourire au gémeau. Il s'est enfin décidé et cette fois il sait qu'il va pouvoir se délecter du spectre.
Ça ne se passe pas vraiment comme il l'aurait imaginé, il retient un grognement de frustration. Le juge est accroupi à califourchon sur ses cuisses, il lui tourne le dos en plus d'avoir gardé ses vêtements. Enfin si ce sont les gouts du blond, il le laisse faire, il attendra après pour se repaitre à satiété de cette peau qui lui est dérobée. Parce qu'il ne le laissera pas filer avant d'avoir découvert les sons que le plaisir peut lui soutirer, savourer chacune des réactions de ce corps. Alors même si cette étreinte qui s'annonce rapide ne l'émoustille pas il n'a aucun mal à être prêt. Un courant électrique le parcourt lorsque la main du blond le guide sous cette maudite chemise qui cache à sa vue les reins du blond.
Ça risque d'être brutal, en général il aurait repris là main sur les ébats. Mais il s'agit de Rhadamanthe, il lui a déjà envoyé à la figure un nombre impressionnant d'attaques et il sait qu'il ne redoute pas la douleur. Il sent son membre exercer une pression contre l'entrée du corps du blond. C'est pas agréable, ni désagréable. Un frisson remonte le long du vêtement et du dos. Le spectre est incroyablement serré. Une lumière d'alerte vient de s'allumer chez le gémeau. Le dos devant lui tremble, Il se relève brutalement, le blond penche dangereusement en avant, d'un geste précipité il l'attrape par la taille. Le temps semble suspendu. Puis le spectre se débats pour se libérer, chose qu'il ne peut lui accorder à moins de le laisser tomber au sol ou sur la table basse.
Un moment plus tard Kanon passe une main sur sa mâchoire, là où il a reçu un coup. Son regard se pose sur le juge qui est toujours allongé sur le lit, rhabillé tant bien que mal. Il aurait pu partir, il aurait dû peut être. Mais il en est incapable lorsque qu'ils se sont battus, quoique le terme est inapproprié. Non quand Rhadamanthe s'est débattu, il a vu dans ses yeux, une lueur qu'il connait, trop bien. Après cella comment aurait il pu partir.
Un mouvement sur le matelas lui indique que le blond commence à émerger. Il pousse un soupir discret en se dirigeant vers le bar. La première bouteille qu'il attrape est du cognac, qu'il repose après un instant pour saisir un whisky dont il sert deux verres.
Le juge s'est légèrement relevé à son approche.
« Tiens t'en as besoin. »
Rhadamanthe s'assoit alors que ses doigts saisissent le verre. Kanon s'est installé sur le rebord du lit.
« Je vois qu'Hadès est un esclavagiste. »
Les phalanges du blond exercent une pression dangereuse à ces mots. En temps normal avec son cosmos il aurait déjà explosé. Mais le gémeau poursuit.
« Travailler jusqu'à en tomber d'épuisement, c'est pas un service que tu te rends, Ni à lui. »
Sa poigne se desserre, il a un peu l'impression de s'être pris un coup sur la tête. Il lui faut un temps pour réaliser où Kanon veut en venir. Il lui offre une alternative, une version qui épargne son égo.
Le silence revient, sans précipitation le gémeau se lève pour s'installer derrière lui. Instinctivement ses muscles se raidissent, ils sont d'acier quand les doigts de Kanon se posent sur ses épaules. Ils lui paraissent brulants à travers le tissu, la pression qu'ils appliquent est même douloureuse. Le contact dure, se déplace malmenant ses muscles, qui à sa surprise après plusieurs minutes de se traitement se détendent.
« Qu'est ce que je disais, à ce point c'est même plus des tensions… »
Le juge a baissé le nez trouvant passionnant le couvre lit, alors qu'une autre crispation reprend son dos.
« Si ça t'ennuie pas on va en rester là. La prochaine fois viens plus en forme. Tu comprendras qu'un amant qui tombe de fatigue c'est un peu… vexant »
(A suivre)
