Merci à tous ceux qui me lisent.

Julia ^^ un petit moment tendre nos dragons ne doivent pas être en période reproduction.

Shé ils vont toujours à la vitesse de la tortue à reculons.


Je vous donne mon sentiment sur la première rencontre sur la porte de la chambre un brin rapide Shé voulais vous faire partager la réponse que je lui ai mp :

Oui j'avoue que je suis allée vite j'ai vu l'image comme sur un manga donc en deux trois planches. Ils n'ont en plus pas grand chose à se dire. Je les imagine mal là en vieux amis se tombant dans les bras. Genre :

Tu fais quoi maintenant ?

Je me prostitue et toi ? Envie d'un plan cul ?

Mes frères m'ont forcé la main.

Ça fait bizarre ? non ?


Clair-Obscur 3

Par la porte ouverte devant lui, il aperçoit un angle de baquette bleu, une haute porte fenêtre dont la brise fait frissonner les voilages, une lumière douce baigne la pièce. Ce n'est pas riche, même pas de ce faux luxe cliquant d'hôtel aux imitations de marbre et d'or de pacotille. C'est un confort impersonnel, à la chaleur stéréotypée de l'époque. Il salut d'un imperceptible mouvement du menton Kanon qui lui a ouvert. Dans la clarté brute, une espèce de malaise lui revient. Peut-être par ce qu'il est à l'origine de ce deuxième rendez-vous. En face le gémeau s'est coulé dans son rôle comme une seconde nature. Devant cette assurance paisible, c'est lui qui se sent gêné. Comme si des deux c'était lui qui se vendait, se perdant dans une cuisine louche de lieux de tolérance. Un léger bruit lui apprend que Kaon s'est assis en face.

« Et bien te voilà encore frais. »

Il a une pointe d'amusement dans le ton, un semblant de sourire en coin qu'il lui donne la sensation d'étouffer. Il doit d'ailleurs suspendre sa main sur le col de sa chemise, geste au combien inutile car le vêtement n'y est pour rien.

« Tu veux un verre ? »

Le juge décline l'offre. Non il n'a pas soif. Avec un léger soupir le gémeau se lève fait le tour de la banquette pour se placer dans le dos du blond. Celui-ci sent le duvet à l'arrière de son cou se hérisser. Le monde semble figé un moment, puis deux mains se posent dans le ceux de ses épaules. Il avale péniblement sa salive. Ce n'est pas la première fois que Kanon a ce geste. Mais la première fois il était incapable d'en avoir pleinement conscience. Ce qui n'est plus le cas à cette heure.

Ils sont d'anciens ennemis, et ces deux mains pèsent sur lui. Deux mains, chacune d'un coté de son cou, il suffirait de peu pour qu'elles s'y resserrent, emprisonnant sa nuque dans un étaux mortel. Une prise dont il n'aurait aucune chance de se défaire en l'état des choses.

Instinctivement ses muscles se sont contractés, son souffle s'est suspendu. Mais les mains sont restées immobiles, non agressives. Elles se sont lentement décalées pour pétrir ses chairs crispées.

« T'es sûr qu'Hadès t'as pas confondu avec Atlas ? »

Le juge se retourne à cette provocation pour croiser le regard bleu vert indéchiffrable mais pas hostile. C'est Kanon qui met fin à l'échange en se reculant.

« Tu serais mieux allongé. » dit il en lui désignant le lit blanc à quelques pas.

Après quelques instants de réflexion Rhadamanthe abdique. Quand il monte en chaussette sur l'édredon, il se laisse guider par le gémeau qui le fait installer sur le ventre. Les mains reviennent comme avant sur ses épaules dont la peau le chauffe à travers son vêtement. Elles viennent, appuient, pressent, pétrissent et câlinent s'attardant en certains lieux survolant d'autres pour y retourner plus tard. Il étouffe un premier bâillement dans la taie d'oreiller, bientôt suivi d'un autre. Sa tête se fait plus lourde sur le duvet. C'est comme un doux cocon au parfum de linge propre qui se referme sur lui dans le silence feutré de la chambre.


Affalé devant son bureau, ses doigts tournent et retournent un carton blanc comme si il détenait toutes les réponses du monde. Une simple carte de visite raturée où un numéro est inscrit à la main. C'est Kanon qui lui a remise après leur deuxième entrevue. Depuis il utilise ce numéro pour le contacter. Ils se voient deux fois par semaine. La situation est assez inédite, pourquoi avec lui ? Il ne doit pas y avoir plus dissemblable qu'eux deux. Pourtant il y a quelque chose, un embryon d'il ne sait trop quoi. Minos et Eaque se moqueraient certainement de lui. Mais il y a comme un début de confiance ? A leur avant dernière rencontre le gémeau l'a convaincu d'enlever sa chemise. Depuis il peut sentir les doigts de Kanon sur sa peau. Ses mains qui courent sur ses muscles, lui procurent un inattendu bien être. Il s'est surpris à s'endormir sous ses bons soins. Et c'est d'autant plus incongru qu'il dort peu et mal.

Il fait des cauchemars depuis des années. Ils s'étaient espacés avant de revenir plus brutalement que jamais après leur résurrection. Il ne compte plus le nombre de fois où il s'est réveillé en sursaut, le souffle court et le corps tremblant.

C'est troublant de trouver enfin un vrai repos dans ces chambres d'hôtel garnis, en la présence de cet homme.

Il jette un dernier coup d'œil à l'antique carillon. Il est temps justement de rejoindre une de ces petites chambres retrouver le gémeau. Et c'est une sorte de routine convenue qui s'est établie entre eux. Jamais on ne parle de la guerre ou de politique. Les dieux n'ont pas leur place entre les quatre murs. Le passé, leurs vies, leurs rêves aucun mot. Il n'en sait pas plus qu'avant sur Kanon et c'est réciproque. Leurs paroles sont celles de n'importe qui. Leur silence semble plus bavard, comme s'il remplissait toutes les zones d'ombres que les mots sont incapables de faire.

Comme à chaque fois Kanon lui ouvre, il s'installe sur un siège. C'est silencieux, d'un silence douillet de duvet. Un verre d'eau gazeuse à son attention attend sur la petite table. Ils sont tout deux sur un canapé. Il fait bon être ici. Très lentement Kanon se penche pour saisir une cheville du juge. Une prise légère dont il pourrait s'échapper sans mal. Dans ce geste on retrouve le même schéma que dans toute leur relation. Les gestes sont calmes, les doigts du gémeau ont défait les lacets et ôté la chaussure. Il recommence simplement sur l'autre pied. Le juge est du coup assis les jambes sur le canapé. Une chaussette, deux chaussettes.

Le blond lance un regard interrogateur à son compagnon. C'est la première fois qu'il agit ainsi. Le gémeau marque une longue pause, puis ses doigts effleurent à peine sa cheville. Le geste se répète, un peu comme s'il caressait machinalement un chat. Au fur et à mesure le touché gagne du terrain, s'aventurant sur pied. Puis au-dessous.

Au bout de quelques minutes le juge abandonne sa réserve, il laisse faire. Face à sa reddition le contact change, devient plus présent. Un léger frison remonte le long de la jambe du blond, qu'il pourrait même reconnaitre comme agréable. Les doigts se sont faits plus insistant, exerçant une pression profonde et fait naitre une autre sensation qui fait s'écarquiller les yeux du juge et tenter de récupérer son pied. Peine perdue son tortionnaire tient du dragon et garde fermement son prisonnier. Ses mains portent une autre action sur la chair capturée, plus pernicieuse. L'attaque est sournoise et imprévue, une sensation violente en naît, clouant sa victime sur le canapé.

« Depuis quand sers-tu Aphrodite » Halète le juge.

Les yeux d'or croisent ceux de l'océan, une eau joueuse empreinte de malice.

« Voyons, Rhadamanthe. C'est toi qui as pris rendez-vous avec un escort. »

Et ses doigts continuent, encore et encore, comme des vagues qui se succèdent. Jusqu'à ce que le juge vaincu gémisse le souffle court, la tête rejetée en arrière sur l'accoudoir.

Il faut un temps pour que le blond se remette, que le gémeau lui accorde avant de l'inviter au lit. Il n'esquisse pas un geste pour défaire la chemise du spectre. Il attend, que Rhadamanthe le fasse de lui-même. Et le juge s'exécute. Alors reprend ce rituel entre eux. Il se remet à Kanon. Le massage vient sur ses muscles crispés par ses fonctions en bas, le manque de sommeil et le surmenage. La couche est douillette, la taie d'oreiller douce sous sa joue. Pour ne pas sombrer trop vite dans la somnolence il jette un regard pardessus son épaule. Une question semble flotter dans la pièce. La même pour les deux. « Pourquoi ? »

Un sourire énigmatique passe sur les lèvres du gémeau. « Pourquoi ?» La réponse ne peut être que muette. Ils en ont tout deux consciences. C'est trop privé pour être exprimé, trop gênant aussi sans doute.

« On pourrait se voir ailleurs. Ça te dirait d'aller à la pêche samedi ? »

La phrase se finit dans le silence. Le même pourquoi rode. Mais il y a une note plus importante et l'instinct du blond ne s'y trompe pas. Sortir du cadre de l'hôtel. D'une certaine façon c'est changer plus qu'un détail. C'est donner un tournant à leur relation. Il n'est pas certain de la réponse à faire mais quelque chose lui donne envie d'accepter. Il se contente d'acquiescer et les mains de Kanon viennent enserrer sa nuque. Son visage s'enfonce un peu plus dans le coussin comme il laisse la someil le gagner dans cette détente de tout son être.

(A suivre)